c'est parti c'est parti, j'espère que ça vous plaira toujours

je rappelle que le contexte est celui de la saison 4 !


« Je suis désolé », dit Sam en se retirant.

Ryder acquiesça les yeux fermés.

« Maintenant tu dois embrasser Blaine. Pour voir la différence quand il y a de l'amour ».

Sam s'appuya contre le meuble de cuisine, son verre à nouveau en main, le regard fixé sur la porte. Ses lèvres picotaient. Maintenant ça y est, il y était il avait embrassé un garçon. Pourquoi dans ce cas n'était-il pas satisfait ? Eh bien, c'était évident, parce qu'il n'était pas gay !

« Et je sais comment tu peux faire sans avoir à risquer votre amitié », continua Ryder.

« Tu n'es pas en colère contre moi ? Je viens juste de me servir de toi ».

« Oh, ça ! »

Ryder fit un geste de la main comme s'il chassait quelque chose sans importance.

« Au moins j'aurai eu un peu d'action, ce soir, pas vrai ? Pas vrai ? »

Il força un sourire.

Sam but encore à son verre. En étant honnête avec lui-même, est-ce qu'il serait prêt à embrasser Blaine s'il y avait moyen que ça ne soit pas douloureux pour lui peu importe son verdict final ?

Putain, mais oui.

Tout d'un coup Sam ne voulait rien faire d'autre. Un baiser, seulement un petit baiser, bon sang, pourquoi Evan était-il le seul à tout obtenir quand Sam était à la base celui qui en donnait envie à Blaine ?

« Tout d'abord il nous faut couper tes cheveux ».

« Pardon ? »

Ryder leva ses mains vers les cheveux de Sam et avec légèreté il y passa ses doigts. Ca chatouillait un peu. Il était conscient du fait ils étaient vraiment devenus longs.

« Evan a les cheveux courts. Si tu veux que Blaine pense que tu es Evan tu es obligé de passer par là ».

« Non je ne veux pas – ce serait mentir. Non, je ne veux pas mentir à Blaine pour lui voler un baiser ».

« Si tu l'embrasses alors que tu es toi et après coup ne souhaite rien de plus là tu le blesseras ».

Sam mordit sa lèvre. Mais est-ce que ça ne serait pas une bonne idée ?

Putain mais oui.

Ok, peut-être que non mais l'alcool, lui, disait oui, et Sam n'avait pas envie d'écouter sa raison pour le moment. Il monta à l'étage accompagné de Ryder, et les deux garçons se rendirent dans une salle de bain où ils trouvèrent une tondeuse électrique.

A peine deux minutes plus tard ses cheveux étaient tombés dans l'évier, et son reflet dans le miroir (pas Evan) ressemblait à s'y méprendre à son frère jumeau (Evan ha!) sans ses lunettes.

Ce qui n'était pas un problème en soi puisqu'il arrivait assez souvent qu'Evan retire ses lunettes. Quand il embrassait quelqu'un avec la langue par exemple, ou qu'il était fatigué et devenait tout sensible du nez.

« Il reste une dernière chose. Il faut que tu t'occupes d'Evan et le distraie », dit Sam à Ryder qui avait commencé à examiner ses propres cheveux dans la glace.

Sam s'empressa de mettre la tondeuse hors de sa portée et le poussa hors de la salle de bain.

« Oh ! Je pourrais l'utiliser pour montrer à Jake que je suis intéressé par les garçons ! Il ne peut pas embrasser si mal que toi ».

« Mec, non, non ! »

Sam s'arrêta au milieu des escaliers et se tourna vers Ryder.

« Pourquoi est-ce que tout le monde pense qu'Evan n'est ici que pour faire sa place au milieu de mes amis ? »

« Euh... parce que c'est le cas ? »

Ryder ne montrait pas de trace de regret, et Sam soupira.

« Oui, j'imagine que oui. Embrasser mes amis a toujours été son but dans la vie. Oh une dernière chose : je n'embrasse pas mal, c'est pas vrai. C'est juste que je ne t'apprécie pas de cette façon ».

Ils entrèrent dans le séjour. Personne ne fit de commentaire sur la nouvelle coupe de cheveux de Sam. Apparemment ils n'y avaient jamais trop prêté attention avant, ou alors ils s'étaient faits à cette coiffure parce que Evan était resté parmi eux toute la soirée. Va savoir. Marley lui lança un regard interrogateur néanmoins, mais cela pouvait tout aussi bien être parce qu'elle s'était demandé où lui et Ryder avaient disparu ces dernières trente minutes. Sam s'assit à côté de Evan et le regarda. Dieu soit loué il n'y avait pour le moment pas de pelotage en cours avec Blaine, assis à la gauche de Evan. Mais ça ne l'empêchait d'avoir un bras passé autour de lui.

Blaine se pencha vers l'avant et observa les cheveux de Sam tandis que Evan les ébourriffait en passant sa main dedans.

« Est-ce que j'ai vraiment envie de savoir petit frère ? »

« J'ai perdu un pari », se justifia Sam.

« Quel genre de pari ? »

« Le genre dont tu ne veux pas en entendre parler ».

Evan regarda Sam comme s'il avait tout compris, et savait son plan de A à Z. Mais c'était impossible, il ne le pouvait pas. Il n'y avait aucune raison de virer à la paranoïa de jumeaux pas vrai ?

Une heure était passée, et Sam se trouvait toujours assis au même endroit. Il ne pensait plus que son plan soit une bonne idée. Peut-être y avait-il un lien avec le fait qu'il ait arrêté de boire. Il s'était au début senti nerveux de la façon dont tourneraient les événements, mais maintenant c'était différent et il ne souhaitait plus qu'une chose, celle de tout arrêter. Il guettait Ryder en attendant de pouvoir lui faire un clin d'oeil pour qu'il comprenne qu'ils devaient aller se concerter dans la cuisine, mais celui-ci ne quittait pas Evan des yeux.

Après s'être inquiété de si Ryder était en train de se mettre à en pincer pour son frère Sam se leva.

« Ryder, il faut que j'aille chercher quelque chose dans la cuisine ».

« Cool ! »

Ryder brandit ses deux pouces en l'air puis retourna à son occupation favorite.

« Tu viens avec moi ? »

« Oh... non... je suis fatigué ».

Bien qu'il n'en ait plus eu tellement l'air lorsque Evan se leva et tira Sam par la main Ryder ne retira pas ce qu'il venait de dire.

Sam dégagea sa main. Il n'était plus un bébé. Pourquoi fallait-il toujours que son frère se montre aussi embarrassant ? Il entra la premier dans la cuisine et Evan l'y suivit.

« Ok, maintenant tu vas me raconter tout ce qui se passe. C'est quoi ça ? » dit-il en montrant la nouvelle coupe de cheveux de Sam.

« Rien du tout ».

« Tu as fait une crise pour qu'on arrête de porter les mêmes habits quand on avait six ans et maitenant tu t'arranges pour que tes cheveux soient comme les miens ? »

« Ok, écoute... j'avais quelque chose en tête c'est vrai, mais j'ai abandonné mon plan. Je te dirai tout quand on sera à la maison d'accord ? Je préfère pas ici ».

Evan retira ses lunettes et obligea Sam à se rapprocher. Un clignement d'oeil plus tard les lunettes se trouvaient sur son nez et le firent tout voir un peu flou. Evan arrangea ses cheveux pour y remettre un peu d'ordre, et Sam le laissa faire. Apparemment les gens aimaient bien ses cheveux ce soir.

« Est-ce qu'on échange de rôle? » murmura Evan.

Sam libéra sa tête de ses mains et répondant à une impulsion soudaine il serra son frère dans ses bras, en laissant son menton s'appuyer sur son épaule. Il ne voulait pas parler, il ne voulait pas penser à des choses aussi compliquées que Blaine. Pourquoi est-ce qu'il ne pouvat pas simplement vivre et se sentir en paix ?

« Pourquoi est-ce que tu es toujours aussi loin de moi ? » s'entendit-il demander.

« Ca te fait plaisir alors que je vienne te voir ? dit Evan. Aujourd'hui on aurait dit que non ».

« C'est que, tu me voles mon Blaine ».

« Je sais, dit Evan doucement. Je sais ».

Un moment passa dans le silence. Puis ils entendirent des pas venir et à contrecoeur Sam dut s'écarter de son frère.

« Oh, pardon, on ne voulait pas vous interrompre », s'excusa Ryder.

Blaine était à coté de lui, et bien qu'il ne souriait pas il avait l'air aussi content et réjoui qu'un petit chiot bien nourri.

« Y a pas de mal. J'aurai Evan pour moi toute la semaine de toute façon », répondit Evan.

Sam le regarda sans comprendre. Depuis quand il ne se souvenait plus de qui il était ? Mais la seule réponse qu'il obtint fut un clin d'oeil avant que Evan ne se dirige naturellement vers Ryder. Il s'adressa à lui comme s'ils étaient des amis de longue date tout en le guidant hors de la pièce.

Sam resta seul avec Blaine. Il se souvint alors qu'il portait toujours les lunettes de Evan. Etant donné que son jumeau venait de l'appeler par son propre nom Blaine pensait surement qu'il était Evan à présent. Cela explique pourquoi il émit un petit rire façon « Kurt-gloussement » lorsqu'il s'approcha de lui, et pourquoi il mit ses mains sur son torse comme si c'était leur routine de tous les jours.

Sam réagit par réflexe. Ses mains se posèrent sur la taille de Blaine et le rapprochèrent plus encore. Son corps était agréablement chaud. Et très confortable sous ses doigts. Sans compter qu'il n'y avait pas de sensation d'étrangeté. La situation aurait-elle du lui paraître étrange ? Il se sentait bien comme s'il était chez lui et plein d'autres clichés similaires. Sam imagina que c'était parce qu'ils s'étaient déjà touchés avant. Pas sexuellement cela va sans dire, mais un contact physique était toujours agréable. Sam était tactile sans s'en rendre compte la plupart du temps.

« C'est tellement bizarre, dit Blaine. Et je sais que je ne devrais pas y prendre autant de plaisir. Mais Sam... »

Il soupira.

« C'est ok », répondit Sam, parce qu'il ne savait pas quoi dire d'autre et n'avait pas nécessairement envie de parler de lui maintenant.

Comment faisait Evan ? Comment rassemblait-il le courage d'embrasser Blaine ? Maintenant que Sam en avait l'occasion son corps était incapable de faire un geste. Sa réaction habituelle qui était de refouler ne voulait pas partir, pas encore.

Blaine avait sa tête contre son torse, et il entoura son cou avec ses mains pour l'enlacer plus étroitement. Oh, oui, c'était une bonne première étape pas vrai ? Plus audacieux que la normale mais sans franchir de limites trop dangereuses. Ses mains sur la taille de Blaine étaient moites. Sam sentit un doigt se promener doucement sur sa chemise.

« J'aurais juré que Sam portait ça aujourd'hui ».

« Oh, tu sais comment c'est avec les jumeaux ! », dit Sam, sans vraiment savoir ce qu'il entendait par là.

Est-ce que les jumeaux avaient pour habitude d'échanger magiquement leurs habits dans la journée ? Evan et lui ne faisaient pas ça en tout cas.

« Oui », gloussa Blaine (oh mon dieu, peut-être qu'il n'était pas aussi intelligent que Sam l'avait cru).

Il leva les yeux. Quand leurs regards se rencontrèrent Sam s'attendit au fond de lui à ce que contre toute raison Blaine le reconnaise, peut-être qu'il lise à travers lui et d'un coup s'exclame « eh, mais c'est toi ! ». Parce que tout était exactement comme les autres jours où ils étaient ensemble, Sam ne se sentait pas différent. Exceptée la petite étincelle qui lui chatouillait le ventre.

Mais Blaine ne dit rien. Leurs visages s'approchèrent, peu à peu, et l'instant d'après Sam sentit ses lèvres contre les siennes. Elles étaient chaudes. Douces. Sam se libéra de sa raideur, et commença à retourner le baiser. Il aimait le goût qu'avait Blaine, même le ponche à la framboise sur ses lèvres était bon. Et l'embrasser était comme de goûter à un fruit défendu. Peut-être que c'était parce que Blaine croyait que Sam était Evan, mais c'était aussi cela qui donnait à Sam le courage de s'abandonner, de chérir l'instant présent et de ne pas se sentir gêné quand l'intensité du baiser traversa littéralement son corps, le faisant délicieusement frissonner.

Blaine... Ce n'étaient plus les gloussements autrefois destinés à Kurt. Il fit ce son, il gémit pour Sam tout en passant ses mains sur son dos. Sam fondait sous la caresse. Oh misère.

« Est-ce que tu as changé d'avis ? » murmura Blaine.

« Quoi ? »

Sam traçait le contour de ses lèvres. Etre Evan était cool. Toucher Blaine était tellement... génial. Il était doux, sentait la framboise et l'après-rasage, et son corps s'accordait parfaitement à celui de Sam.

« Qu'est-ce qu'on fait de Sam ? »

« Qu'est-ce qu'on fait de lui ? »

Sam ne pouvait pas ouvrir les yeux. La jambe de Blaine était pressée contre son entrejambe, où la chaleur était devenue brulante, et on ne pouvait certainement plus parler de douceur. Et ces lèvres, oh, elles l'incitèrent à passer sa langue entre elles et... oh... parties.

Pourquoi ?

« Est-ce que ce n'est pas trop tôt pour savoir si ça marche ou pas ? ».

« Quoi ? »

Sam recula sa tête, il ouvrit enfin les yeux et regarda directement dans ceux de Blaine. Leur pupille était dilatée. Il pensait qu'il était en train d'embrasser Evan, et il aimait ça. Beurk.

Mais Sam aussi était dégoutant. Il venait de mentir à son ami dans le seul but de pouvoir l'embrasser. Non, non !

Il se libéra de tout contact et quitta en trombe la cuisine, ravalant l'excitation que la situation avait fait monter en lui.

Tout en marchant il retira les lunettes de son visage. Mieux valait partir. S'ils rééchangeaient de place maintenant Blaine le saurait parce qu'il avait remarqué la chemise, et s'il continuait de faire passer pour Evan il continuerait de mentir.

De plus Evan était assis sur les marches à embrasser passionément Ryder, et Sam ne tenait sincèrement pas à ce que Blaine croie que c'était lui.

« On s'en va ! Allez viens ! » Sam tira Evan loin du garçon aux cheveux châtain qui lui fit un signe de « appelle-moi ».

« Et toi, arrête de faire tomber tous mes amis amoureux de toi ! » dit Sam une fois qu'ils furent dehors.

Evan lissa sa chemise et remit ses lunettes.

« On ne devrait pas attendre Blaine ? »

« Non ! Il comprendra ».

« Alors tu l'as embrassé ? Comment c'était ? »

Evan sourit franchement, et Sam se demanda si lui aussi pouvait avoir un sourire aussi lumineux.

« Je te le dirai à la maison ».

Ils marchèrent les quelques rues qui les séparaient de la maison des Hummel, Sam constamment à deux doigts de se retourner pour jeter un regard en arrière. Blaine les avait-il suivis ? Il devrait lui aussi emprunter ce chemin à un moment ou un autre étant donné que sa voiture était garée devant chez eux.

Sam jeta un regard méfiant au véhicule tandis qu'ils passaient devant. Quand ils arrivèrent dans sa chambre un instant plus tard il se laissa tomber sur son lit et plaqua ses mains sur son visage.

« Bon sang ! C'était mal de faire ça tellement mal ! Jamais je n'aurais du le faire ».

Evan s'assit à coté de lui : « Mais la véritable question est comment c'était ? »

« Est-ce que c'est la seule chose qui t'importe ? J'ai menti à mon meilleur ami. Pour pouvoir l'embrasser. Il ne me le pardonnera jamais et je ne me pardonnerai jamais ! »

Evan tapota le dos de Sam. Quelque part dans la chambre on entendait le tictac d'une horloge qui continuait de compter les secondes, comme si le temps ne venait pas de brusquement s'arrêter.

« Il n'est pas obligé de le savoir », dit Evan dans le silence.

Puis soudain Sam se rappela de quelque chose. Il enleva ses mains de son visage et regarda son frère :

« Qu'est-ce que tu lui as dit ? A un moment il m'a demandé si tu avais changé d'avis ou si quelque chose avait fonctionné... ? »

« Oh, oui ». Evan se racla la gorge. « Ca. C'était lorsque..., par où commencer, quand tu étais dans la salle de bain tout à l'heure, je veux dire dans la salle de bain de cette maison, j'ai embrassé Blaine. Mais, devine quoi, ce n'est une surprise pour personne il a gémi ton prénom et c'est à ce moment que j'ai compris que ce garçon était complètement et irrémediablement amoureux de toi ».

« Non il ne l'est pas. Ce n'est qu'un béguin de rien du tout. Il a dit mon nom parce que je te ressemble, ça me parait évident ».

« Naturellement j'ai tout arrêté et j'ai mis au point un plan. Je lui ai dit qu'on pouvait agir de manière ambiguë, un peu comme si on était un couple, pendant quelques jours mais sans s'embrasser, uniquement pour voir si ça te rendait jaloux. Et si ça ne marchait pas je lui ai promis quelques baisers pour que sa frustration n'en vienne pas à le tuer un de ces jours ».

Sam grogna et donna une tape sur l'épaule de son frère :

« Imbécile! »

Mais avant qu'il ait eut le temps de songer à une meilleure punition on sonna à la porte. Tout d'un coup stressé Sam se redressa d'un bond :

« Il sait ! Vite, il faut qu'on échange nos chemises ! »

« Quoi ? »

Sam avait déjà retiré sa chemise qu'il envoya dans la figure de son frère. Evan n'agissait pas toujours en idiot heureusement et il donna à Sam ce qu'il avait porté aujourd'hui. Juste à l'instant où ils finirent leur échange quelqu'un toqua à la porte.

Sam se leva et prit quelques brèves inspirations.

« Oui ? »

« Hey, les gars... Pourquoi vous êtes partis sans prévenir ? »

« Oh, c'était ma faute ! dit Evan. Et j'ai embarqué Sam avec moi. Complètement ma faute ».

Blaine jeta un regard interrogateur à Evan et s'approcha de lui.

« Oui, qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« Oh, tu sais, on ne peut pas changer Evan, haha ! » rit Sam un peu trop fort.

Il se tourna vers son frère : « Excuse-toi auprès de Blaine pour être parti si vite, allez ! » Puis se retournant vers Blaine avant que Evan n'ait le temps de répondre : « il ne voulait pas te blesser, je te le promets. Parfois il agit vraiment de façon immature. Je suis vraiment désolé qu'on t'ait laissé seul là-bas... On a juste... J'ai... »

Sam passa une main dans ses cheveux, il se rendit compte qu'ils étaient courts à présent et il soupira.

« Je suis désolé, dit-il encore.

Blaine ne voyait peut-être pas ce qu'il voulait dire mais il ne pouvait s'empêcher de le répéter.

« Bon... dit Blaine d'un ton hésitant. Il est tard maintenant de toute façon, je vais rentrer », acquiesça-t-il.

Il lança un regard à Evan qui lui fit au revoir d'un signe de la main. Sam avait de plus en plus de mal à supporter leur attitude complice. Il décida de raccompagner Blaine jusqu'à la porte. Une fois qu'ils furent en bas il s'excusa encore, mais avant qu'il ait eu le temps d'ouvrir la porte Blaine se tourna vers lui, les bras croisés.

« Evan n'a pas bu de ponche ».

« Euh, oui... Il a une ligne de conduite assez stricte sur l'alcool », répondit Sam, les sourcils froncés.

Il avait un effroyable pressentiment, quelque chose n'allait pas.

« Mais c'était comme s'il... » Blaine interrompit sa phrase et ses yeux se fixèrent dans ceux de Sam : « C'était toi il y a quelques minutes dans la cuisine, pas vrai ? »

Le sang se retira du visage de Sam, de son corps, de partout. Il se recula de quelques pas en remontant les marches, sa main crispée sur la rampe. Il ne pouvait plus respirer. Blaine n'avait pas l'air furieux mais tellement blessé.

« Je suis désolé Blaine, bégaya Sam. Je - je voulais juste - je n'aurais pas du faire ça ».

Blaine inspira profondément. Il acquiesca, le regard perdu quelque part dans le vide. Lorsqu'il se refocalisa sur Sam ses yeux étaient humides. Sam faillit se mettre à pleurer lui aussi.

« Je croyais que tu étais mon ami Sam, apparemment j'avais tort. Dis au revoir à Evan pour moi, je ne veux plus le revoir. Je veux dire, si tu es vraiment Sam ».

Il fit demi-tour si vite que Sam ne put que le regarder s'en aller. Il resta devant la porte, jusqu'à ce que la voiture de Blaine ait disparu au loin.


De tout le weekend Sam refusa de bouger, et il serait probablement resté dans son lit si Evan ne l'avait pas forcé à en sortir. Ils allèrent rendre visite à Ryder, trop souvent à son goût, et firent également quelques tours en ville.

Et puis le lundi arriva, et étant donné que c'étaient les vacances il n'y avait pas classe. Cela signifiait qu'il ne verrait pas Blaine et sa ridicule bouille de chiot boudeuse. C'était une bonne chose, étant donné ce qui s'était passé, car si Blaine s'était mis à regarder Sam celui-ci savait qu'il se serait immédiatement mis à fondre en larmes.

Mais se retrouver séparé de son meilleur ami était une véritable torture, surtout quand il savait qu'il lui avait fait du mal et que tout était de sa faute.

« Non, donne-moi ca ! »

Sam avait commencé à écrire un texto à Blaine quand quelqu'un lui prit le téléphone de ses mains.

« Quoi ? », dit Sam en clignant des yeux, l'air perdu.

Il les leva et vit Evan qui marchait à travers la cuisine.

« Je ne dis pas que tu devrais arrêter de t'excuser mais pour etre honnête un simple « je suis desolé » ne marchera pas. Dis-lui pourquoi tu as fait ça. Ca ne le fera pas se sentir mieux mais il sera en mesure de te comprendre".

« Je ne vais pas lui dire « j'ai fait semblant d'être Evan parce que j'étais curieux », Blaine n'est pas stupide, il est parfaitement apte à le comprendre » répliqua Sam.

Il se redressa et regarda le temps par la fenêtre : le ciel était gris et maussade de pluie, complètement en adéquation avec ce qu'il ressentait.

« Je veux dire la vraie raison pour laquelle tu as fait ca ».

Sam fronça les sourcils et regarda son frère qui se tenait adossé contre le frigo.

« Et qui est... ? »

« Parce que tu n'as pas le cran de lui demander en personne de sortir avec toi ».

Sam roula des yeux.

« Tu ne devrais pas traîner autant avec Ryder ».

Evan croisa les bras : « Tu ne m'as jamais dit comment c'était au final. Le baiser. Est-ce que tu as aimé ? »

« Eh bien, oui, forcément j'étais saoul ».

« Est-ce que tu as aimé embrasser Ryder ? »

« Quoi ?! Il te l'a dit ? Je vais le tuer ! »

Sam serra ses poings.

« Est-ce que tu as aimé ? » répéta Evan.

« Je ne sais pas. C'était court et je n'avais pas vraiment envie de continuer », dit Sam, en repensant au garçon aux cheveux châtains qui devrait appprendre à se la fermer quand il le faut. Et pourquoi d'abord passait-il son temps avec Evan si c'était de Jake dont il était secrètement amoureux ?

« Et avec Blaine ? C'était court ? »

« Quoi ? »

Sam redressa la tête, et desserra ses poings. Le plus gros défaut de Evan était la curiosité, c'était le moins que l'on puisse dire.

« Non, ça a duré un certain moment, si tu veux savoir. Au début j'étais complètement figé puis après je me suis souvenu qu'il pensait que j'étais toi et j'ai osé faire des choses. C'était chaud ».

Sam humidifia ses lèvres. Penser à ce moment n'était pas quelque chose qu'il s'était autorisé à faire beaucoup. Principalement parce que la culpabilité déferlait dès qu'il s'en rappelait. Deux minutes de plaisir avaient détruit toute une amitié. Mais, n'empêche, avec le recul c'était totalement incompréhensible que Sam ne l'ait jamais demandé avant.

« Alors... Si tu avais les couilles de faire des chose lorsque tu es toi-même et... » Evan regardait le plafond, essayant de trouver les bons mots. « Et si Blaine le voulait toujours... Après cela vous seriez toujours les meilleurs amis qui existent... »

« Arrête, Evan », l'interrompit aussitôt Sam.

Il se leva, remuant la tête.

« Ne me parle pas d'être gay ok ? L'un de nous deux c'est déjà suffisant ».

Il reprit son téléphone, quitta la cuisine puis alla s'enfermer dans sa chambre. Evan s'était installé dans celle réservée aux invités (l'ancienne chambre de Finn pour être exact) alors Sam avait parfaitement le droit d'interdire l'accès à la sienne.