Le Fruit de nos Actes
Chapitre 04 : Promesse
Le lendemain matin, Fili alla chercher son oncle pour le petit-déjeuner et il resta interdit face à l'état de la chambre. Elle était inondée, ni le sol ni les meubles et certainement pas les rideaux n'avaient été épargné par la pluie, les fenêtres ne cessaient de s'ouvrir et de se fermer et Thorin était absent. Il remarqua la corde qui s'agitait et s'avança vers elle, il regarda si son oncle était en bas mais ne le voyant pas il conclu qu'il devait être en haut avec le cambrioleur. Quelle étrange méthode pour pénétrer dans la chambre du hobbit, certes cela avait apparemment marché, mais Thorin aurait pu trouver un moyen plus conventionnel. Décidant de ne pas chercher plus loin son oncle et son roi, Fili ferma les fenêtres et retourna dans la grande salle où il s'excusa pour l'absence du Durin et expliqua à ses amis son hypothèse sur le lieu où celui-ci se trouvait actuellement. Des échanges de bourses se firent dans toute la salle à cause des paris des nains, certains avaient eu le malheur de croire que Thorin n'entrerait jamais ainsi et d'autre avait mal calculé combien de jour Bilbo tiendrait avant de craquer. L'ambiance était festif et l'on attendait beaucoup de l'entrevue entre ces deux-là.
Lorsque Thorin se réveilla son corps le fit souffrir tant il était courbaturé, il chercha à changer de position en grognant et ne parvint pas à ouvrir les yeux. Ce fut un gémissement plaintif qui l'intrigua, il releva une paupière puis l'autre et vit son cambrioleur calé contre lui, dans une position qui allait lui donnait autant de courbature que le nain possédait.
Ils s'étaient tous deux endormis sans en prendre conscience, se laissant aller d'un sommeil lourd et dépourvu de rêve.
Le nain voulu installer plus confortablement le hobbit alors, encore engourdi par le sommeil, il le porta jusqu'au lit afin de l'y poser. Tout le corps du semi-homme avait conscience du changement de support comme le montrait chacun de ses membres qui s'étirèrent avec paresse avant de se détendre. Bilbo émergea agréablement du sommeil, se permit un sourire avant d'observer intrigué Thorin qui se trouvait encore au-dessus de lui.
Ni l'un ni l'autre ne voulait bouger, ils restèrent figés. Thorin au-dessus de Bilbo avait chacune de ses main d'un côté de la tête du semi-homme, les pieds au sol mais tout le haut de son corps était penché sur le lit. Ses vêtements amples dégageaient la poitrine du nain permettant au hobbit de l'observer sans difficulté. Les années de règne ne l'avaient pas rendu bedonnant, le roi malgré le peu de temps qu'il parvenait à s'accorder n'avait jamais négligé ses entraînements, élevé en tant que prince puis accomplit en tant que guerrier, il n'aurait su renoncer au maniement des armes. Il était de ceux qui avaient été façonné par les conflits et en conséquence, il ne poserait pas son arme même lorsqu'il était décrété qu'ils vivaient tous en temps de paix. Bilbo était quand à lui allongé de tout son long, droit comme un piquet à cause de sa proximité avec Thorin, il avait les mains près de sa tête qui frôlaient celles du nain. Ses habits étaient aussi amples que ceux du Durin, mais ils étaient plaqués contre son corps donnant ainsi l'illusion qu'ils ne cachaient pas grand chose. Le hobbit avait maigri au cours des derniers mois, ses côtes étaient bien visibles et ses clavicules ressortaient un peu trop. La proximité de leur visage les perturba, certes ils ne sentaient pas le souffle de l'autre sur leurs lèvres mais la distance pouvait être facilement parcourut.
-Ne me dites pas que vous m'avez embrassé. Finit par dire Bilbo
-Quoi ? Non, bien sur que non.
Le semi-homme soupira de soulagement à l'entente de cette réponse et se permit même un sourire quand il demanda :
-Que faites-vous là ?
-Nous nous sommes endormi sur le fauteuil la nuit dernière alors quand je me suis réveillé je voulais juste...afin je pensais...il était préférable que vous finissiez votre nuit dans votre lit.
-Par Ilúvatar ! S'exclama Bilbo en se redressant d'un coup sec surprenant Thorin. Je suis désolé, sincèrement désolé, de vous avoir dérangé de la sorte. Je n'aurais pas dû vous ennuyer avec ça. En plus vous avez dû me réconforter.
Le hobbit était tellement embarrassé par la situation qu'il s'était levé du lit pour parcourir de manière précipité sa chambre, bougeant ses membres de manière sèche et sans parvenir à regarder Thorin. Ce dernier aurait bien aimé lui dire qu'à aucun moment il n'avait été dérangé ou ennuyé et qu'au contraire cette marque de confiance lui réchauffait le cœur.
Seulement voilà, le hobbit ne semblait pas décidé à se taire et à s'arrêter de bouger, empêchant le nain de s'exprimer et également de le regarder car, il devait sans cesse tourner sur lui-même afin de l'avoir dans son champ de vision tant et si bien qu'il finit par tomber sur le lit.
-Bilbo. L'appela-t-il mais rien alors il recommença. Bilbo.
Le hobbit s'excusait juste deux fois plus vite. Le roi soupira agacé puis l'attrapa par le bras dès qu'il le pu et l'obligea à lui faire face, le collant contre lui. À cause de leur position, Thorin assis et Bilbo debout, le nain dû lever la tête pour le regarder droit dans les yeux et cela lui parut étrange alors il força gentiment le semi-homme à s'asseoir à côté de lui pour qu'il puisse à nouveau le dominer d'une tête au moins.
-Il est inutile de vous excuser. Dit-il d'une voix calme qui ne permettait aucune contradiction. Je ne vous en veux pour rien. Il est normal que je vous soutienne comme vous m'avez soutenu, je souhaite vous apporter mon aide pour protéger votre chez vous, à défaut d'avoir pu éviter que l'on vous cause du tort il y a quelques mois.
-Et qu'auriez-vous pu faire ? Vous vous trouviez à Erebor.
-Je serais venu dès que j'aurais eu vent des disparitions.
-Et comment en auriez-vous eu vent ? La Comté est loin de chez vous.
-Si la reconquête d'Erebor s'était déroulé différemment alors nous...enfin le peuple d'Erebor, nous vous aurions traité en ami bien plus tôt et en tant qu'ami nous nous serions préoccupé de la Comté et envoyé des nains dès le début de l'affaire.
-Merci de vouloir protéger la Comté alors que c'est bien loin d'Erebor et que votre royaume se remet à peine de Smaug et de la Guerre des Cinq Armées. Sourit Bilbo
La gratitude du hobbit toucha Thorin qui pourtant ne s'en sentait pas digne. Les événements de la reconquête d'Erebor le hantait et il avait le sentiment de devoir s'absoudre. Il attrapa la main de semi-homme tout en prononçant son nom à voix basse presque effrayé par l'idée de le faire fuir comme la dernière fois où il avait souhaité en parler. Bilbo avait redressé la tête et observait soucieux le roi qui n'en menait pas large.
-Je suis navré. S'excusa humblement Thorin plongeant son regard dans celui de Bilbo
-Mais...Mais de quoi ? Parvint-il à lui répondre bien trop troublé par la situation
-De mon comportement à Erebor envers vous.
-Ne parlons pas de ça. Le coupa-t-il prestement en entreprenant le mouvement pour se dégager
Or Thorin le tint avec plus de détermination et força son vis à vis à le regarder.
-Je dois en parler. Je ne serais être en paix sans m'être excusé comme il se doit. Laissez-moi parler, je vous prie.
Et comme Bilbo ne se souvenait pas avoir un jour vu le grand Thorin Ecu-De-Chêne roi sous la montagne aussi désemparé et submergé par le remord, il l'écouta sans essayer de le dissuader.
-Je n'aurais jamais dû vous insulter comme je l'ai fais, vous traiter en tant qu'ennemi. M'empêcher de décocher ma flèche pour atteindre le porte parole de Bard a été l'acte le plus sensé que vous auriez pu commettre. Jamais je n'aurais dû essayer de vous tuer sous le coup de la colère et jamais je ne remercierais suffisamment mes neveux d'avoir réussi à vous préserver de moi. Ils ont fait preuve de plus de bon sens que moi.
Profondément touché par les paroles de Thorin, Bilbo eut dû mal à trouver ses mots mais pourtant il ressentait à son tour le besoin de s'exprimer sur Erebor.
-Je me sens mal à l'aise quand au fait d'avoir manqué de vous blesser avec Dard pour vous empêcher de tirer et de vous avoir fait chanter en prétendant que j'avais rendu l'Arkenstone invisible puis caché quelque part. Je sais que je me suis mal conduit envers vous et que c'est également de ma faute si nous nous sommes quitté en mauvais terme...
-Il n'y a aucun pardon qui ne doit émaner de vous. Contredit Thorin. Vous avez pris sur vous et vous êtes mis dans une situation bien dangereuse dans l'unique but de nous éviter la désolation. Tout ce que j'ai aujourd'hui je vous le dois.
Sans s'en apercevoir, Thorin diminua la distance les séparant et dévora Bilbo, le regard empli de reconnaissance, en cajolant la main qu'il tenait toujours. Recouvert par toute cette tendresse, le hobbit ne savait pas sur quel pied danser. Il avait pris l'habitude d'un Thorin colérique, il savait comment se comporter avec ce Thorin-là. Celui en face de lui, était inconnu de lui. Non pas qu'il ne l'appréciait pas, il avait juste l'impression de devoir parler mais ne savait quoi dire, comme si il avait oublié le texte auquel il était habitué. Maladroitement et en silence, il prit la main du nain qui ne le tenait pas et laissa leurs doigts se croiser. Quand il parla, il eut la sensation que sa voix était devenu de trop et lui faisait défaut mais il continua tout de même.
-Je...Je vous remercie de m'en avoir parlé. Vous n'avez pas à vous blâmer davantage pour ce qui s'est passé. Votre présence ici alors que rien ne vous y obligeait est la preuve qui me suffit pour savoir que nous sommes amis et que je peux vous faire confiance.
Allégé par le poids qu'il portait depuis des années grâce au pardon de Bilbo, Thorin sourit confiant et rassuré. Le semi-homme ne tarda pas à lui sourire à son tour dont l'assurance de ne pas avoir était dépossédé de treize amis, rendait heureux. Pris dans l'allégresse du moment, ils ne prirent pas attention à l'intrusion qui bien gêné fit rapidement savoir sa présence par un raclement de gorge.
Face à eux se tenait Gimli dont l'embarras rendait brusque ses propos.
-Le déjeuner est servi. Vous devez vous y rendre...Votre Majesté.
Puis il ressortit à pas lourd ne voulant pas être de trop plus longtemps. Bilbo et Thorin se lâchèrent et s'écartèrent prenant conscience de leur proximité, n'osant plus se faire face. Le hobbit se leva et invita le nain à faire de même et dit :
-Bien nos vêtements doivent être secs maintenant et nous sommes attendus.
Le hobbit rendit ses vêtements au roi qui l'en remercia et se fit conduire à la porte. Thorin n'alla pas plus loin et déclara sur le ton de la confidence craignant qu'un autre de ses hommes ne le voit trop proche du hobbit :
-Je suis heureux que vous vous soyez confié à moi l'autre soir et que vous ayez pris le temps de m'écouter.
-Contrairement à mes craintes, j'en suis heureux aussi.
Ils devaient tous deux se préparer pour s'installer à la table d'Elrond alors ils mirent fin à la discussion sur un dernier sourire, ils se reverraient dans un instant de toute manière. Mais lorsque la porte fut fermée les isolant, les derniers heures passaient ensemble paraissaient être des songes et ni l'un ni l'autre ne savait comment ils devaient se comporter.
T-T-T-T-T-T-T
Le semi-homme allait beaucoup mieux, constata Elrond dont sa position en bout de table lui permettait d'observer tous ses invités. Bilbo qui portait des vêtements simples était arrivé avant Thorin, l'ombre qui avait envahi son esprit semblait perdre en puissance bien qu'étant toujours présente. Il riait de bon cœur avec ses amis, sous entendait à mainte reprise qu'il était heureux et reconnaissant de les voir. Cela fit plaisir à l'elfe car il appréciait le hobbit, c'était un être curieux, poli, quoique qu'un peu étrange, un bon hôte qui respectait leur connaissance et avec qui il était toujours agréable de les partager. Ainsi sans même le savoir, son amitié avec les elfes permettait à Bilbo d'avoir accès à des savoirs anciens et transmis à une poignée d'être.
De plus, le côté seigneur d'Elrond voyait dans le rétablissement de Bilbo un bon moyen de connaître l'ennemi tapis dans les ténèbres et comment le débusquer pour l'éliminer afin de protéger ses gens. Le père y voyait un espoir de maintenir la paix dans le monde où vivaient ses enfants.
L'entêtement des nains avait donc parfois du bon.
Lorsque Thorin s'avança, ce fut le dos droit et le regard sûr, il s'excusa pour son retard et le repas pu commencer.
Tous les nains regardaient leur roi et leur cambrioleur, observaient leur réaction pour connaître le résultat de leur pari. Gimli n'avait pas gardé pour lui ce qu'il avait vu un peu plus tôt mettant tout le monde au courant, chacun y était allé de son commentaire, hypothèse, blague et rapidement des nouveaux pari avaient vu le jour, certain plus stupide que d'autre. Alors pour être sûr de gagner l'argent de son voisin on décortiquait chaque mot, geste et regard de Thorin et Bilbo.
Tous deux décevaient inconsciemment la compagnie car ils se comportaient normalement. Certes avec une certaine réserve, mais ils discutaient de tout et de rien en se regardant dans les yeux. Leur échange n'avait rien de romantique malgré une chanson jouée par des elfes parlant de l'amour qui brille sous les étoiles en arrière fond. Thorin parlait d'Erebor, expliquant de quelle manière le royaume avait redressé leur économie et retrouvé progressivement sa gloire. Bilbo faisait parfois des comparaisons avec la Comté, présentant sa région aux nains qui l'avaient finalement peu vu.
-Vous avez une curieuse vision d'Erebor, Bilbo.
-Vos aprioris sur la Comté ne sont pas mal non plus. Je vous la ferais visiter.
-Volontiers.
Non vraiment on ne pouvait pas faire une discussion plus banale. On commençait à se demander si Gimli n'avait pas un peu exagéré.
Or si Thorin et Bilbo se comportaient de manière aussi normale, c'était bien à cause du fait qu'ils aient été gênés par la situation dans laquelle ils se trouvaient quand Gimli les avait trouvé.
Thorin ne souhaitait pas que ses nains le voient dans un tel état, il avait été dépendant du pardon du hobbit et le fait de l'obtenir l'avait rendu si heureux qu'il n'avait pu se maîtriser. Mais il était roi, tout un peuple reposait sur ses épaules, il se devait de maîtriser ses émotions et surtout n'être dépendant de rien ni de personne. Ce moment d'égarement ne devait se répéter. Si le roi était faible alors le royaume était perdu.
Les hobbits étaient des êtres très tactiles et moins naïfs et prudes que leur minois pouvait le faire penser. C'est pourquoi Bilbo n'avait pas hésité à utiliser son regard et son corps pour montrer son soulagement et son bonheur d'être de nouveau l'ami de Thorin et du reste de la compagnie, lui permettant de ne pas affronter seul les orcs et le danger qui planait sur la Comté. Mais lorsqu'il fut seul, il s'était interrogé sur le bien fondé de sa réaction sachant bien que son attitude pouvait être mal interprétée et craignait d'avoir été trop expansif, après tout il ignorait ce qui était bienséant chez les nains. Le fait que Thorin l'ait un jour enlacé n'était pas un bon exemple pour Bilbo puisqu'ils avaient alors manqué de mourir.
Tous deux craignaient d'avoir dépassé une limite et les répercussions que cela pouvait provoquer,
Le déjeuner s'acheva sans que rien de notable ne se produise. Les nains décidèrent de s'occuper en s'entraînant, Bilbo eut une toute autre idée.
Il alla trouver Elrond afin de lui demander un accès aux différentes de la région.
-Que comptez-vous en faire si cela n'est pas indiscret ? Demanda le seigneur elfe en allant les lui chercher
-J'espère me rappeler des chemins que les orcs ont pris et peut être, vous fournir une idée de l'endroit où ils se cachent.
-Souhaitez-vous de l'aide ?
-Non, il n'y a bien que ma mémoire qui peut y faire quelque chose.
Elrond acquiesça et laissa Bilbo s'installer dans une partie de la bibliothèque pour étudier les cartes.
Bilbo mit les papiers en ordre et soupira avant de se replonger dans ses souvenirs pour repérer tous les lieux qu'il avait traversé. Dans un premier temps, il prit une carte de la Comté afin de localiser l'endroit où Myca et lui avaient été enlevé, puis il regarda l'est.
Des flashes aveuglèrent son esprit, les souvenirs lui firent tourner la tête. Il notait fiévreusement chaque indice qu'il lui revenait, chaque hypothèse des lieux traversés, chaque itinéraire possible dont certain lui paraissait au final dénué de logique. La nuit commençait à se faire une place quand il gribouilla une autre hypothèse et qu'il fut interrompu par une présence inattendue.
-Il se fait tard.
Sursautant Bilbo se tourna vers le jeune homme.
-Oui, je ne l'avais même pas remarqué. Merci Estel.
-Le seigneur Elrond m'a chargé de vous dire que vous pouvez prendre les cartes dans votre chambre, il sait que vous en prendrez soin.
-C'est vraiment aimable de sa part. Sourit Bilbo en rassemblant ses affaires décidant de regagner sa chambre
-Allez-vous mieux ?
-Oui, je vais mieux. Finit-il par répondre après un moment d'hésitation. Bonsoir.
-Bonsoir.
Bilbo quitta la bibliothèque et marcha tranquillement vers sa chambre profitant de l'air frais du soir. Il essayait de se convaincre de persévérer dans ses recherches mais les souvenirs qui s'imposaient le terrifiaient. Ce n'était pas tant le trajet qui avait été horrible, cela avait été la suite. Il frissonna d'horreur et dû se stopper pour reprendre son souffle. Il laissa son regard se perdre cherchant juste quelque chose lui permettant de se changer les idées. Il était bientôt arrivé à sa chambre, il était en dessous de son balcon. Thorin s'y trouvait et cela ne le surpris pas, il avait laissé la porte ouverte espérant que le nain vienne lui rendre visite pour qu'il puisse parvenir à confier les événements de ces derniers mois et ainsi s'en libérer.
Étrangement une scène d'une vielle pièce qu'il avait lu il y a longtemps lui revint en mémoire et sans qu'il ne s'en empêche il dit à voix haute une réplique :
-Quelle lumière jaillit par cette fenêtre ? Voilà l'Orient, et Thorin est le Soleil !
Thorin qui l'entendit lui demanda sèchement si il se moquait de lui ayant mal pris les mots de Bilbo.
-Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça. C'est tiré d'une œuvre elfique que vous ne devez pas connaitre. Je monte tout de suite.
-Bilbo ! Pourquoi es-tu Bilbo ?
Le hobbit ne put faire ne serait-ce qu'un geste abasourdi par la voix profonde de Thorin qui continua de réciter :
-Renie ton père et abdique ton nom, ou si tu ne le veux pas, jure de m'aimer et, je ne serais plus un Durin.
En réponse au silence de Bilbo qui le fixait incrédule, Thorin sourit et dit :
-Je connais tout de même certains classiques. Dépêchez-vous de monter.
Le hobbit n'avait plus très envie de retrouver sa chambre et réfléchissait à l'éventualité de retourner à la bibliothèque. Il n'avait pas réfléchis lorsque les mots sont sortis de sa bouche, le fait que Thorin se trouve au balcon et lui en contre bas et dans un premier temps cachait à sa vue, lui avait fait vaguement pensé à cette célèbre pièce. Mais jamais il n'avait voulu mettre dans le casting, Thorin dans le rôle de la demoiselle, il n'avait pas pensé que le nain puisse connaitre les répliques ni même qu'il lui répondrait. Il commença à faire demi-tour en se rappelant qu'il devrait bien faire face au Durin un jour ou l'autre et que plus il retarderait l'échéance plus la mauvaise humeur du nain serait grande. Il pénétra en soupira dans le bâtiment.
Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ? La tête dans ses mains, Thorin était excédé par sa propre bêtise. Il avait été contrarié quand Bilbo avait sous-entendu qu'il n'avait aucune culture mais il n'avait pas besoin de lui répondre et surtout il n'avait pas à dire la réplique de la femme. Il cumulait les erreurs aujourd'hui et il devait immédiatement se reprendre. Il était Thorin Ecu-De-Chêne fils de Thrain, fils de Thror. Il avait un nom à honorer, des responsabilités à assumer alors il devait cesser de perdre le contrôle. Il espérait sincèrement qu'aucun des membres de sa compagnie n'avait surprit cet échange.
T-T-T-T-T-T-T
-Maintenant on est sûr que Gimli n'a pas exagéré.
-C'est même pire que ce qu'il a décrit.
-Nori me doit de l'or.
-Tu m'en dois aussi, tu ne pensais pas que c'était réciproque.
-J'avoue que j'imaginais plus Thorin en conquérant et Bilbo qui subit. Mais apparemment notre cambrioleur n'est pas en reste.
-Donc Dwalin doit de l'or à tout le monde.
-Et Ori aussi car il était de ceux qui pensait qu'il n'y avait rien. Et Bombur ?
-Il n'a pas fait de pari. Bifur doit de l'or à Balin, par contre car il croyait qu'ils se voyaient aussi dans la chambre du roi.
-Tu crois qu'on va toujours les voir pour leur proposer de boire avec nous ?
-Non, je pense que l'on va gêner plus qu'autre chose.
Fili et Bofur repartirent sur leur pas en rigolant et racontèrent immédiatement la scène dont ils avaient été témoins aux autres nains et l'argent s'échangea entre deux rires.
T-T-T-T-T-T-T
Pendant ce temps, Bilbo était entré dans sa chambre où Thorin s'était déjà installé sur un des fauteuils. Ils ne dirent rien, ne firent aucune allusion à ce qui venait de se passer. Bilbo posa les cartes sur une table puis s'assit à côté de Thorin.
-Attendez-vous depuis longtemps ?
-Non, je viens d'arriver.
Ni l'un ni l'autre n'ajouta quoi que ce soit, hésitant même à se regarder. Finalement Thorin jeta un coup d'œil aux cartes et demanda :
- Vous agrandissez votre collection de carte ?
-Pas que je n'aimerais pas les posséder mais à dire vrai j'essayais de me souvenir quel chemin les orcs ont emprunté pour…et bien pour m'amener jusqu'à chez eux.
Bilbo s'agita dans son fauteuil, se retenant de le quitter pour faire les cent pas comme à chaque fois qu'il était agité, la crainte de réussir son objectif se fit plus forte sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit. Thorin le remarqua et de la voix la plus rassurant qu'il pu il lui dit :
-Cela nous serait une grande aide si vous y arrivez. Ainsi nous pourrons nous débarrasser de la menace que les orcs représentent et vous pourrez retourner vivre chez vous comme avant.
Un rire nerveux s'échappa de la gorge du hobbit qui ne surprit pas son vis à vis. Le semi-homme devint pensif entraînant un silence entre eux deux, il avait des centaines de phrases qui lui tournaient dans la tête et ne demandaient qu'à sortir mais elles restaient bloquées dans sa gorge lui donnant l'affreuse sensation qu'il s'étouffait. Il finit par plonger son regard dans celui de Thorin. Le nain y vit un abandon qui le désarçonna. Bilbo avait souvent râlé, regardé en arrière nostalgique, déclaré haut et fort qu'il laissait tomber mais jamais il n'avait abandonné. Devant la porte caché, alors que tous pensaient que les jeux avaient été fait, Bilbo était resté. Non, Bilbo n'était pas le genre à abandonner. Le roi savait qu'il devait dire ou faire quelque chose mais il ne parvenait pas à bouger, c'est à peine si son visage montrait ses émotions.
-Depuis que vous avez récupéré Erebor, est-ce que les choses sont redevenues comme avant ? Demanda le hobbit mettant fin à son mutisme d'une voix plus assurée qu'il ne l'aurait cru
-Non. Ce n'est pas comme avant, ni même comme je l'imaginais. Avoua le nain qui ne parvint à mentir comme il aurait dû le faire pour rassurer Bilbo. Les pertes que j'ai subi n'ont pas été remplacé.
-Comment ? Commença le semi-homme sous le regard surpris du nain. Comment avez-vous pu faire tout ce que vous avez fait malgré les pertes ? Conduire votre peuple après la perte de votre royaume ? Assumer votre titre et votre nom après la perte de votre grand-père, de votre frère et la disparition de votre père ? Prendre la décision de reconquérir Erebor malgré le risque de perdre votre vie et celle de vos neveux ?
-Ce ne sont pas des choses dont j'ai à me justifier. Répondit-il sur la défensive
-Mais comment ? Je ne comprends pas. C'est que je n'y arriverais pas. Je ne peux pas vivre en faisant comme si de rien n'était, en oubliant Myca.
Thorin se leva brusquement attrapant le poignet de Bilbo pour le forcer à se redresser, bloquant les yeux du hobbit dans les siens avec une pression sur sa nuque.
-N'oubliez jamais Myca, ni ce qui vous est arrivé. Cela fait partie de vous, vous devez y survivre. Vivre heureux malgré ce poids.
-Je ne peux pas. Comment pourrais-je rentrer chez moi et y vivre heureux ? Comment faire face aux parents de Myca ? Comment expliquer pourquoi, moi, je suis en vie ? Je n'aurais pas dû revenir. Je ne suis d'aucune aide, je n'arrive même pas à me souvenir de ce foutu chemin que les orcs ont pris. Je ne peux pas non plus les empêcher d'attaquer la Comté même en sachant ce qu'ils veulent faire.
- Si vous ne m'étiez pas revenus vivant, j'aurais été le plus malheureux des nains de tout Arda.
-Vous exagérez. S'agaça Bilbo qui n'appréciait pas ce type de réconfort où on le surestimait afin de satisfaire son égo alors qu'il avait parfaitement conscience que c'était faux.
Thorin soupira face à la réaction de son vis-à-vis et brisa le contact visuel le temps de trouver les mots qu'il souhaitait dire et qu'il accepterait de laisser sortir. Quand son regard vint à nouveau se poser sur Bilbo, il était rempli d'une certaine détermination malgré une crainte qui le faisait légèrement vaciller.
-Si j'ai pu tenir après tout ce qui s'est produit c'est uniquement grâce à ma sœur, grâce à mes neveux. Parce qu'ils étaient là, je savais que…je pouvais vivre une journée de plus, juste pour les voir, passer du temps avec eux. Juste pour ces petites choses du quotidien, je pouvais affronter n'importe quoi.
-Mais je n'ai plus de famille. J'ai perdu mes parents, je suis fils unique et que l'on ne me vienne pas me parler des Sacquet de Besace. S'énerva-il sur les derniers mots avant de se radoucir. Et puis vous ne serez plus là. Vous devrez tous rentrez à Erebor, vous ne pouvez pas rester.
-Acceptez-moi comme soutient. Nous…Je vous dois beaucoup et même si votre expression de bienheureux qui ne sait rien du monde m'agace parfois, je n'ai pas envie que vous la perdiez.
-C'est trop tard.
Le roi secoua la tête refusant obstinément cette éventualité répétant « non ». Le hobbit lui attrapa doucement son visage le maintenant en plaçant ses mains sur ses joues et sans honte, ni espoir, ni même de regret il lui dit :
-C'est trop tard. Si. C'est trop tard. Ma maison est derrière et j'ai vu le monde devant, c'est fait. C'est comme ça.
-Ne dites pas ça.
-Si, sinon je vais vous voir chercher quelque chose qui n'existe pas.
-Mais vous, vous existez, vous êtes là avec moi et tant qu'il en sera ainsi je chercherai toujours à vous rendre heureux.
-Vous n'y êtes pas obligé.
-Non, c'est vrai. Il n'empêche que je vais le faire.
-Vous êtes tellement entêté. Sourit faiblement Bilbo
-Au moins autant que vous.
Tous deux rirent doucement, puis ils prirent soudainement conscience de leur proximité et ne surent pas comment réagir, ils avaient peur qu'en s'écartant précipitamment de froisser l'autre. Mais leur cœur battait trop rapidement et ils avaient beaucoup de difficulté à se regarder.
Bilbo était décidément bien petit, ses mains chaudes allaient laisser une trace indélébile sur ses joues Thorin en était persuadé et le nain aimait cette capacité du hobbit à faire face même quand il voulait s'enfuir. C'était cela qui lui avait forcé à revoir son opinion. C'était cela qui lui avait fait aimer Bilbo. Il était sincère en souhaitant son bonheur, il avait juste envie de le voir sourire, de le voir ronchonner même. Ce satané hobbit.
Thorin avait beaucoup de force, le semi-homme le sentait autant par la main posée sur sa nuque que par le regard et l'attitude qui lui faisaient face. Cette force avait été acquise à cause de tout ce qu'il avait dû affronter si jeune. Tellement jeune et tellement de malheur. Ironiquement cette force se transformait en faiblesse sous la forme d'entêtement, d'insensibilité et d'incapacité à accepter de l'aide, Bilbo l'avait bien remarqué. Et si cela l'énervait par moment, il n'oubliait pas que cela faisait partit du peu de preuve que Thorin ne pouvait contrôler au sujet de son humanité. Le roi avait beaucoup de défaut, beaucoup de faiblesse et dans un sens cela rassurait Bilbo qui avait alors la sensation d'être proche de ce nain-là, de pouvoir sans contrainte être lui-même à ses côtés. Car après tout, certain défaut qu'il voyait chez Thorin, il les avait aussi.
En avaient-ils conscience que chacun se perdait dans la contemplation de l'autre ? Sûrement que non. Sans cesser de penser à leur vis-à-vis, leur regard se perdait sur leur corps, retenant des détails qu'ils n'avaient jusqu'alors pas remarqué et qui ravivait leur attachement qu'ils essayaient de tempérer.
Ils voyaient les rides aux coins des yeux, sentait la douceur des cheveux, la rudesse de la barbe, ils devinaient où leur souffle s'écrasait sur leur peau, il savait enfin la couleur de leurs lèvres.
Si Bilbo s'approchait juste un peu alors ils pourraient s'embrasser.
« Je vais t'arracher tout ce que tu aimes »
Il fut pris d'un frisson d'horreur et fit glisser ses mains effleurant la peau du nain, pour les placer sur son torse afin de retrouver une distance convenable. Thorin respecta cela et se dégagea retirant sa main de la nuque du semi-homme, pour ne pas prolonger ce silence il décida de parler des cartes.
-Je ne pense pas que vous êtes incapable de retrouver le chemin que les orcs ont emprunté.
-Je n'en suis pas aussi certain que vous. Répondit Bilbo et en montrant les cartes ajouta. Je n'ai cessé de les étudier et je n'arrive à rien.
-Vous êtes trop pressé, vous n'avez commencé qu'aujourd'hui et puis...
-Et puis quoi ?
-Je ne pense pas que ces cartes vous soient très utiles.
-Parce que ce sont des cartes elfiques ?
-Non, parce que vous retrouveriez plus facilement le chemin en vous y rendant sur place.
-En y retournant. Là-dedans.
-Je vous l'ai promis, vous n'y retournerez pas. Il s'agirait juste de repartir d'un endroit dont vous vous rappelez, comme le lieu où vous avez été enlevé, et nous guider jusqu'au alentours de leur repaire.
Bilbo commençait à mettre de la distance entre eux deux, regardant le nain méchamment.
-Vous ne pouvez pas rester éternellement à Fondcombe. Vous m'avez dit il y a un instant savoir ce que prévoyait les orcs, vous devez nous le dire pour que nous pussions les arrêter.
-Et si La Comté tombe malgré tout, si tout ce que nous avons fait ne sert à rien, si les morts ne peuvent être empêchés, si je perds ma maison alors qu'est-ce que je fais ?
-Et si elle ne tombe pas, si la mort doit faire demi-tour alors vous n'aurez pas perdu ce à quoi vous tenez. Si vous ne vous battez pas pour votre maison alors personne ne le fera.
Devant l'expression fermé de Bilbo et son corps tendu, le roi eut l'impression qu'il allait devoir faire preuve de toute la patience et la persuasion qu'il possédait pour le convaincre. Or, Bilbo abdiquait lentement mais sûrement déjà. Il savait très bien ce que risquait La Comté et qu'il devait coopérer mais il craignait tellement la désillusion et de devoir y retourner qu'il avait fait en sorte de toujours trouver la trappe pour s'enfuir. Il n'avait plus le choix, il avait assez couru. Là, au pied du mur il abdiqua sans un mot de plus de la part de Thorin.
-Très bien, nous retournerons demain à La Comté pour retrouver leur trace.
T-T-T-T-T-T-T
Bilbo avait chaleureusement remercié Elrond pour son accueil et les soins qu'on lui avait prodigué tout en assurant qu'il tiendrait au courant le seigneur elfe de leur recherche. Ils avaient ensuite récupéré leurs poneys et pris la route vers La Comté où ils séjourneraient chez Bilbo. Ce dernier se faisait de plus en plus anxieux au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient de Cul-De-Sac, mais loin de se plaindre ou de partager ses inquiétudes, Bilbo avançait aussi rapidement que les autres et se refermait sur lui-même. Le roi nain inquiet n'en dit rien, il avait conscience que la situation du hobbit n'était pas facile et qu'importe ce qu'il dit ou fait, il ne pouvait l'améliorer pour l'instant. Le semi-homme devait affronter son retour chez soi.
Par chance pour Bilbo, la compagnie arriva à Cul-De-Sac dans la nuit si bien qu'ils ne croisèrent aucun hobbit. L'autre bonne nouvelle était que son absence prolongée n'avait pas entraîné à nouveau la vente de presque tous ses biens, sa maison avait été laissé telle qu'elle était quand il était partit. Cela lui procura une sensation étrange qu'il ne parvenait à définir, il pouvait presque avoir l'impression que rien ne s'était passé. Qu'il rentrait s'installer au coin du feu après une journée de ballade. Ce qui était évidement faux, se rappela-il brisant de ses mains ses illusions.
-Il y a suffisamment de chambre d'amis pour tout le monde, installez-vous où vous voulez. Finit par dire Bilbo après avoir soupiré en voyant sa maison être à nouveau envahi par treize nains
Ces derniers ne se firent pas prié et dévalisèrent également son garde manger, on ne change pas une bonne habitude. Ce geste surprit Bilbo plus qu'il ne l'énerva. Cela faisait sept mois qu'il n'avait pas été au marché et pourtant son garde manger était plein et avait même des aliments frais. Il se demanda comment cela pouvait être possible, ne voyant pas qui prendrait le temps pour faire cela. Y avait-il quelqu'un qui l'avait attendu ou bien est-ce uniquement Balin qui avait vécu chez lui les derniers mois ?
Il abandonna ses pensées lorsque Nori le tira pour l'installer à sa propre table. Le repas consistait à se battre afin d'obtenir la nourriture désiré entre deux rires et deux choppes de bière vidées. Il eut même quelques chansons.
Bilbo revivait sa rencontre avec les nains sauf que cette fois-ci il n'était pas spectateurs mais partie intégrante de leur bonne humeur à tous. Seule son anxiété gâchait ce moment de joie.
À cause d'elle, il avait du mal à prendre part aux plaisanteries, à être attentif à ce qui l'entourait, il ne réalisait pas que la compagnie s'inquiétait sincèrement et essayait du mieux qu'elle le pouvait de le mettre le plus à l'aise chez lui. Mais aucune de leur tentative ne fonctionna.
Quand le repas fut terminé, Bilbo s'éclipsa dans sa chambre et les nains qui avaient remarqué son absence laissèrent tomber les masques.
-N'y a-t-il donc rien à faire ? Demanda Gimli à son père
-Non. Il faudra du temps à Bilbo pour qu'il aille mieux.
Thorin, le regard perdu dans le vide, savait que Gloin avait raison mais il aurait souhaité tout autant que les autres, voir même plus qu'eux, trouver un moyen rapide d'alléger le poids qui broyait le dos de leur cher cambrioleur et de lui faire retrouver sa bonne humeur. Son retour chez lui l'avait chamboulé et perturbé plus qu'il ne l'avait rendu heureux.
Progressivement chacun alla se coucher, leur journée de demain serait chargé, retrouver la trace des orcs uniquement à partir des souvenirs de Bilbo et défendre la Comté avec le peu d'information qu'ils possédaient ne seront pas des taches aisées.
Thorin se rendait dans la chambre d'ami la plus confortable dont il y avait eu naturellement droit grâce à sa position, quand il aperçut une faible lueur provenant de la chambre de Bilbo. Il toqua doucement et entra sans attendre la permission. C'est ainsi qu'il surprit Bilbo, assit sur une chaise et le regard hypnotisé par la flamme de sa bougie.
Ce regard, par Aulë, Thorin l'avait souvent vu et le voir sur le visage du hobbit lui glaça le sang.
Ce regard, Thorin l'avait souvent vu sur les cadavres de ceux qu'il avait aimé.
-Je peux vous aider ? Demanda Bilbo quand il vit le nain
-Non. Je voulais juste...Reposez-vous bien, Bilbo. Parvint-il seulement à répondre
-Bonne nuit Thorin.
C'est en emportant avec lui, l'image d'un sourire naissant en contraste avec ce regard mourant, que Thorin referma la porte.
T-T-T-T-T-T-T
Tôt le lendemain, malgré les courbures et la fatigue d'un voyage récent, la compagnie se sépara en deux groupes, l'un devait revenir sur les lieux de l'enlèvement de Bilbo et tenter de retrouver le repaire des orcs, l'autre devait aller voir le Maire de Grand'Cave et le Thain afin d'obtenir le plus d'information sur les enlèvements et aider à la sécurité de la Comté.
Retrouver l'endroit où le hobbit a été enlevé fut simple et sa bonne mémoire lui permit de les guider même si il hésitait parfois.
Comme les nains le craignaient, la piste était trop vielle et si il n'y avait pas eu le semi-homme pour les conduire, ils n'auraient jamais pris cette route. Pendant qu'ils marchaient, Bilbo prenait sur lui et racontait avec retenue ce qui s'était passé durant ces sept mois aux nains se trouvant avec lui, c'est à dire, à Thorin, Fili, Bofur, Gimli et Dwalin. Un petit groupe avait été jugé plus pratique.
Il dépeignit en prenant autant de distance qu'il le pouvait pour être rigoureux et ne pas se laisser engloutir par tous ces sentiments qui lui sautait à la gorge.Ainsi, ils surent comment avait été enlevé Bilbo et Myca, comment ce dernier avait été séparé de leur hobbit et que durant les deux semaines où ils avaient chevauché chaque jour se ressemblait et apparaissait pour Bilbo le prologue de sa fin.
La troupe se stoppa brutalement lorsque le semi-homme s'immobilisa et garda le silence.
Après trois jours, ils étaient arrivés à l'endroit où Bilbo avait abandonné le petit Touque.
-C'est ici que j'ai perdu Myca. Finit-il par s'expliquer puis le regard suppliant il demanda. N'y-a-t-il aucune chance de le retrouver même à partir d'ici ?
Thorin voulu s'empresser de lui donner de l'espoir mais se garda bien de le torturer de la sorte et c'est Fili étant descendu du poney afin d'observer l'environnement qui tua toute illusion avant sa naissance.
-La piste date beaucoup trop, il n'y a rien ici qui permettrait de savoir ce qu'il est advenu du jeune hobbit.
À cela Fili eut pour toute réponse un sec hochement de tête et ils reprirent leur route.
-Tu aurais pu être plus subtil. Reprocha Bofur quand Fili fut à sa hauteur
-C'est l'orc qui se fout du gobelin. Je te rappelle que tu l'as fait tomber dans les pommes avec ta subtilité.
-La situation n'était pas la même. Bredouilla le brun
-Et tu voulais que je fasse quoi ? Que je lui mentes en lui donnant de faux espoirs ? Cela aurait été cruel.
-Je le sais bien mais...
-Si tu le sais, qu'est-ce que tu me reproches ?
-Je ne dis pas que c'est de ta faute.
-Mais tu me reproches bien quelque chose pour m'ennuyer avec ça.
-Juste d'être le messager je suppose. Je suis désolé Fili, je crois que j'ai les nerfs à vifs avec cette histoire.
-Non, tu as raison. On a tous les nerfs à vifs.
Dans un espoir de réconfort, voulant baisser un peu la tension, ils se sourirent de manière quelque peu forcée. Ils se trouvaient en bout de fil, côte à côte, personne ne les voyait, personne ne les écoutait et c'est cet état des faits qui les détendit. Sans aucune brusquerie, Bofur attrapa une des mains de Fili qui la lui céda bien volontiers, avec bienveillance le brun la porta à ses lèvres et déposa une multitude de baisers sur le dos de la main, remonta le long des doigts, la tourna afin d'embrasser la paume, effleurant la peau ou à défaut le tissu qui la recouvrait. Le cœur du blond battait un peu plus vite alors qu'il regardait Bofur et que ses doigts caressaient tout ce qu'ils pouvaient atteindre. Juste pour un instant, ils pouvaient bien se le permettre.
Ils eut soudain l'impression que cela faisait une éternité qu'ils ne s'étaient pas vu.
Ils avaient l'impression d'avoir soudainement émergé. Sortant brutalement la tête de l'eau et de respirer enfin.
Pourtant ils ne s'étaient pas aperçu qu'ils étaient entrain de se noyer.
Dwalin remarqua ce qui se passait et capta le regard de Thorin afin de le lui faire comprendre silencieusement, mais au regard de son roi il comprit qu'ils n'en parleraient pas. Pas maintenant.
Ce jour-là, Bilbo refusa de dire un mot de plus sur ce qu'il lui était arrivé. Ce n'est que le lendemain qu'il recommença son récit, reprenant là où il s'en était arrêté et ainsi il prit une profonde inspiration et raconta son séjour chez les orcs.
T-T-T-T-T-T-T
Quinze jours qu'il avait été enlevé, douze jours que Myca avait été sauvé et finalement, malheureusement, il était arrivé au repaire des orcs. Ces derniers avaient emménagé au sein d'une montagne, l'entrée y était si bien caché que même si il était très attentif à tout, Bilbo ne voyait pas quels indices guidaient les orcs qui s'avançaient aisément dans ce labyrinthe de roche. N'importe qui se trouverait perdu et blessé si ce n'est mort en essayant de prendre ces chemins.
Ils se stoppèrent un instant le temps qu'un des orcs n'ouvre l'entrée et alors Bilbo regarda le soleil avait qu'on ne le fasse pénétrer de force ayant le sentiment que c'était la dernière fois qu'il pourrait le faire.
Une odeur nauséabonde le frappa comme un coup de poing dans le ventre tandis que ses yeux peinaient à s'habituer à l'obscurité. Il fallait qu'un orc lui prenne par le bras et le tire violemment pour qu'ils avancent rapidement dans les galeries sombres ne cessant de tourner à droite ou à gauche. À l'entente de la rumeur qui s'élevait, Bilbo sut qu'ils se rapprochaient du but. Son cœur cognait, cognait tellement fort dans son crane. Ils tournèrent une dernière fois à gauche avant d'arriver au cœur du repaire. Les pauvres yeux du hobbit qui venaient de s'habituer devaient à présent faire face à une luminosité aveuglante.
Du feu partout.
La seule source de lumière provenait des flammes. Des centaines de lanternes reparties dans tout le repaire étaient allumées, des feux avaient été fait également pour faire cuire de la viande, pas toujours morte.
Les orcs ne cessaient de le pousser à marcher quand il passa à côté d'une cage plongée dans un grand brasier, un bras calciné en sortit brusquement avec l'intention de l'attraper sans y parvenir, en suppliant de l'aider entre deux cris de douleur, le corps ne cessait de s'agiter. Et là, Bilbo vit un visage défiguré dans le feu.
Il trembla de la tête aux pieds, s'éloigna précipitamment de cet abominable spectacle.
Le hobbit, car Bilbo était persuadé qu'il s'agissait d'un hobbit, continua de hurler en se tordant pitoyablement, il se brisa le bras à cause d'un mouvement trop violent.
Les orcs riaient de voir le semi-homme face à cette horreur. Leur rire reprirent de plus belle quand, beaucoup trop écœuré, Bilbo vida le maigre contenu de son estomac à ses pieds.
-Les hobbits sont des petites créatures bien fragile !
Et ils riaient encore alors qu'ils le tiraient de nouveau dans une direction connu de eux seuls.
Rapidement, Bilbo comprit ce que les orcs faisaient des hobbits enlevés. Ils étaient des esclaves, des souffres douleurs, des cobayes servant à tester l'efficacité de nombreuse tortures. Ils n'avaient ni la bonté, ni la pitié de les tuer rapidement bien au contraire. Le semi-homme pria Nienna d'avoir pitié de lui et de lui accorder une mort rapide et indolore car à présent, il n'avait plus d'espoir.
Plus ils s'avançaient, plus il avait d'information sur le lieu. Le repaire était uniquement composé de galeries plutôt étroites avec des milliers de pièces exigus taillées dans la roche, seule la place était immense mais elle ressemblait à une parodie de salle de trône. On le jeta au pied d'une estrade faite d'objets hétéroclites où des morceaux de fer étaient posés formant un siège. L'orc assit était inconnu de Bilbo mais les siens l'appelaient Ogan.
Le chef des lieux regarda de manière désapprobateur le hobbit et critiqua violemment ses subalternes de n'avoir amené qu'un hobbit quand ils pouvaient lui en amener facilement trois. À cela, l'orc possédant Dard rétorqua qu'ils avaient amené le bon hobbit, celui que le maître voulait et appuya ses dires en dédaignant l'épée du semi-homme. Ogan se leva brusquement et arracha l'épée des mains de l'orc qui lui faisait face et l'observa cherchant un probable mensonge.
-Cette arme est la tienne ? Demanda-t-il au semi-homme
Déglutissant, bafouillant, il réussit pourtant à donner une réponse claire.
-Oui, c'est la mienne.
-Quel est ton nom ?
Cette fois, il garda délibérément le silence. En donnant son nom il craignait de mettre en péril sa famille. Ogan n'apprécia pas cela et dans un accès de rage frappa le crane du hobbit avec le plat de Dard le faisant chuter.
-Quel est ton nom ? Siffla-t-il
Bilbo posa la main sur sa blessure, constata qu'il saignait mais refusa de dire quoi que ce soit. Son refus catégorique entraîna la fureur d'Ogan. Fureur que craignait également ses subordonnés, ils s'écartèrent rapidement alors qu'il rouait de coup Bilbo.
-Ton nom !
Le corps meurtri, désespéré à l'idée de sortir d'ici vivant, Bilbo s'appuya sur ses membres tremblants, se releva et fit face à Ogan, il dit calmement :
-Non.
Il se retrouva attrapé au col et jeté pour se heurter douloureusement au sol avant d'avoir pu le réaliser. Son corps n'en pouvait plus, il se sentait partir. Il perdit connaissance après avoir entendu Ogan ordonner qu'on l'emmène dans une cellule.
Ce qui le réveilla fut l'eau glacée qu'on lui lança dessus, la quinte de toux massacra sa gorge et il ne sut comment il était parvenu à s'asseoir.
La cellule était si petite que Bilbo y entrerait à peine si il s'allongeait au sol, faite dans la roche les murs et le sol étaient inconfortables, la porte était de bois et une ouverture permettait de regarder à l'intérieur sans avoir besoin de l'ouvrir.
-Ton nom.
Ogan toujours le seau dans la main, se tenait courbé face à Bilbo. Encore une fois, ce dernier refusa de répondre et contre toute attente il ne prit aucun coup.
-Très bien. Soupira Ogan et repartit fermant dans un bruit sourd la porte
Seul dans le noir et parfaitement réveillé, Bilbo trembla de la tête au pied terrifié par le sort qu'on lui resservait, refusant de croire qu'on le laisserait tranquille. L'appréhension ne cessait d'augmenter dans l'attente. Il avait envie que son châtiment arrive dans l'immédiat afin de ne plus imaginer ce que l'on allait lui faire, mais le peu qu'il avait vu démontrait la cruauté qui habitait les orcs. Qu'il était horrible d'être dans l'attente de l'inévitable. Recroquevillé sur lui même, il se réconfortait en se disant que Myca devait être depuis longtemps rentré chez lui, en sécurité parmi sa famille.
Il étouffa un sanglot quand la porte s'ouvrit à nouveau. C'est bien un orc qui tenait la poignée de la porte mais c'est une hobbit qui entra.
Belle dans sa peine, forte face à la souffrance, son visage abîmé, son corps fatigué, sa vielle tunique qui lui servait de seul vêtement n'empêchèrent pas Bilbo de la voir comme l'aube faisant fuir la nuit.
L'orc referma la porte derrière elle, mais la petite lanterne qu'elle avait, les éclairait suffisamment.
-Êtes-vous trop blesser pour bouger ? Demanda-t-elle calmement presque en chuchotant
-Non, je peux bouger.
-Bien, je vous apporte une tunique et un bol de nourriture.
Elle présenta les biens, les lui tendant pour qu'il les attrape mais Bilbo refusa d'y toucher.
-Quelle torture est-ce cela ? J'ai contrarié le maître des lieux, il n'y a aucune raison pour que j'ai y droit.
-Si vous l'avez contrarié alors il vous le fera payer. Moi, tout ce que je sais c'est que je dois vous apporter ceci et sortir avec vos vieux vêtements et le bol vide sinon je serais fouettée.
-Savez-vous ce qui m'attend ?
-Ce qui vous attend exactement je l'ignore. Ogan, car c'est son nom, est cruel et imaginatif. Ce qui risque de vous arriver je ne veux pas en parler.
-Pitié.
Bilbo lui attrapa les bras plantant son regard dans le sien et si celui de la hobbit vacilla elle resta dur dans ses propos.
-Vous apprendrez que la pitié n'existe pas ici. Dépêchez-vous de vous changer et de manger.
Bilbo insista, continua à lui poser des questions mais rien y faisait, il dû abdiquer et faire ce que la hobbit lui demandait. Elle ramassa les vêtements qu'elle plia sommairement quand elle donna un peu d'espoir à Bilbo.
-Ils ont dit que je viendrais vous voir une fois par jour donc je ne pense pas qu'ils vous feront grand mal et puis, ça vous donnera un repère pour compter depuis combien de temps vous êtes là.
Elle ne le regarda pas quand il la remercia et frappa rapidement à la porte pour sortir comme si elle avait commis une faute grave en prononçant ses quelques mots.
Comme elle l'avait dit, elle vint le voir tous les jours, sauf si les orcs mentaient après tout il n'était pas improbable qu'ils la faisaient venir deux fois par jour ou bien pas du tout, embrouillant ainsi la notion du temps chez le hobbit.
À chacune de ces visites, l'autre retrouvait progressivement son humanité et même si Bilbo refusait de trop parler de peur qu'elle ne répète leur conversation, il prit beaucoup de plaisir à parler de la Comté et elle ne se gênait pas pour se confier.
Comme toutes les filles hobbit, son nom était celui d'une fleur, elle s'appelait Iris et avait deux frères et une sœur. Elle avait toujours eu une vie heureuse et simple. Elle ne connaissait que la Comté, sa verdure, la douceur du soleil, l'odeur du tabac et des bons plats, la musique et les rires. Elle avait grandi dans l'ignorance de l'existence du mal. Récemment elle avait accepté la demande en mariage d'un ami d'enfance dont elle était tombé amoureuse et devait quitter la maison parental pour vivre avec lui, mais son enlèvement avait mis à mal ses projets. Elle avait été chez une amie et avait trouvé inutile d'y passer la nuit puisqu'elle n'avait pas beaucoup de chemin à faire. Ce choix l'avait condamné. Les orcs lui étaient tombés dessus et elle n'avait pu leur faire face ainsi depuis elle se trouvait ici. Mais depuis combien de temps exactement elle ignorait et s'était toujours refusée de demander à Bilbo quel jour il était quand il avait été enlevé. Quand le semi-homme lui demandait ce que les orcs leur faisaient exactement, elle restait muette jusqu'à ce qu'ils changent de sujet. Dans ses yeux se disputaient toujours la détermination et l'abdication.
-Pensez-vous que quelqu'un viendra nous chercher ? Avait-elle demandé
-Non, je refuse d'y croire.
-Alors peut être que c'est nous qui devons nous sauver nous-même.
-Pour cela il faudrait déjà connaître ces lieux comme sa poche.
Elle était resté silencieuse et était repartit ainsi. Le jour d'après et tout ceux qui ont suivit, elle s'arrangeait pour explorer les lieux et en faisait un rapport détaillé à Bilbo qui l'écoutait très attentivement. L'espoir s'était ranimé malgré toutes ses craintes.
Bilbo était entrain de faire une trentième marque sur le mur quand il vit la porte s'ouvrir. Évidement Iris était là, par malheur Ogan se trouvait ici aussi. Le hobbit resta aussi calme qu'il le pouvait attendant de voir ce qu'il lui voulait.
-Ton nom.
Ces deux petits mots firent un écho terrible dans la tête de Bilbo, avec beaucoup plus d'hésitation, il répondit négativement. Il allait mourir aujourd'hui, cela lui parut tellement évident qu'il ne comprenait plus comment il faisait pour respirer encore.
Ogan attrapa brutalement la hobbit mettant sous sa gorge un poignard, elle lâcha ses affaires terrifiée et s'agrippa au bras de l'orc tentant vainement d'éloigner l'arme.
-Ton nom.
-Lâchez-la ! Hurla Bilbo en se redressant si vivement qu'il faillit retomber immédiatement au sol
-Ton nom. Tout de suite. Réclama Ogan pressant un peu plus la lame
Iris sanglota, demanda pitié autant à l'un qu'à l'autre. Le sang de Bilbo pulsait dans ses veines à une allure folle, il tremblait autant de rage que de peur. Il avait juste quelques petits mots et tout serait fini mais pouvait-il réellement se permettre de les dire ? Voyant que le hobbit n'était pas prêt de prendre une décision, Ogan amorça le geste pour égorgeait Iris.
-Bilbo Sacquet !
Ogan s'arrêta et regarda Bilbo.
-Je m'appelle Bilbo Sacquet. Répéta-t-il
-Bien, il semblerait que l'on ait un gagnant. Sourit Ogan. Voilà une nouvelle qui fera plaisir à Bolg.
Et le sourire d'Ogan s'accentua, un sourire mauvais.
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Commentaires :
D'abord désolé pour l'attente mais je ne pouvais pas poster avant. J'espère que ce chapitre vous plait et que ça valait le coup que je disparaisse pendant très longtemps.
Quand j'ai écris ce chapitre le film 2 n'était pas encore sortit et je m'étais basé uniquement sur le livre. Comme le film est très different du livre j'avoue que ça m'a embeté quand je me suis relu avant de vous poster ce chapitre, puis j'ai décidé que j'allais continuer sur ma lancé.
Donc je pense que je vais surtout m'appuyer sur le livre et un peu sur le film, mais étant donné que j'ai modifié la fin du livre, vous n'êtes pas obligé de l'avoir lu. Si certaines choses ne sont pas compréhensibles à cause de ça, merci de me le signaler^^
Jojo : Est-ce que l'attente vaut toujours le coup? Parce que là vous l'avez attendu longtemps ce chapitre à ma grande honte u_u Pour Myca ce n'est pas encore que l'on sera exactement ce qu'il lui est arrivé, mais on finira par le savoir^^
L: Merci pour ta review elle m'a fait très plaisir et j'espère que ce chapitre t'a plu
