Le Fruit de nos Actes

Chapitre 05 : Bolg

-Que s'est-il passé ensuite ? Demanda Gimli à Bilbo qui avait stoppé son récit

Tous trouvaient cruel de forcer le cambrioleur à parler mais ils savaient qu'il devait le faire. Toutes les informations qu'il pouvait donner étaient précieuses et en partageant ce qu'il avait vécu il gagnerait de solide soutient car ses compagnons seraient alors comment se comporter vis à vis de lui.

Thorin observa Bilbo du coin de l'œil. Il le voyait tirer nerveusement sur ses rênes agitant son poney, la tête basse, il parvenait à retenir ses larmes, à rester digne. Ce comportement gonfla le cœur du roi autant par fierté de voir son hobbit si solide que par colère après tout son hobbit pouvait librement se confier à lui sans crainte.

-Il l'a égorgé. Répondit tout de même Bilbo et son ton indifférent montrait à quel il point il avait été marqué

Nul ne se prêta trop longtemps à s'imaginer son ressentit réel lors de la scène. Bilbo était, et cela depuis toujours, un excellent conteur, mais pour ses amis qui l'écoutaient à présent c'était le pire des talents qu'il soit car les images affluaient avec une telle précision, un tel réalisme que leur mal aise ne cessait de croître.

-Il a dit que jamais il m'avait promis de lui laisser la vie sauve et qu'elle ne lui servait à rien. Il avait fait exprès que ce soit toujours la même personne qui vienne me voir pour que je m'attache et cède. Poursuivit-il. J'ai pourtant essayé de faire pression, je n'arrêtais pas d'appuyer mes mains sur sa gorge mais le sang continuait de couler encore et encore. Elle a mit tellement de temps à mourir.

-Il l'aurait tué quoi que vous ayez fait. Assura Dwalin. Il l'a fait juste pour le plaisir.

-Il n'y a rien que vous auriez pu faire.

-J'aurai pu...J'aurai dû dire mon nom dès le début. Culpabilisa-t-il

On essaya bien de le rassurer, de l'inciter à parler y comprit d'un sujet complètement différent mais Bilbo s'était à nouveau renfermé sur lui-même. Si il commençait à ouvrir la bouche il ne serait capable que de pleurer et cela il s'y refusait. Il considérait que pour s'en être sortit, il devait prendre sur lui et se battre qu'importe ses envies de fuite.

-Il va bientôt faire nuit. Arrêtons-nous, nous continuerons demain. Proposa gentiment Bofur

Il fut décidé que c'était une bonne idée et ils installèrent un camp. Gimli notait le chemin qu'ils avaient emprunté ainsi que toutes les autres informations données par Bilbo, malgré son caractère bourru il était celui à l'écriture la plus appliqué après Ori. Dwalin et Bofur s'occupaient du bois. Thorin, Fili et Bilbo préparaient les sacs de couchage et ce dont ils auraient besoin pour cuisiner lorsqu'ils auraient du feu.

Thorin tentait d'alléger les taches de Bilbo mais à chaque fois que ce dernier s'en apercevait il rabrouait le roi en affirmant qu'il allait bien et qu'il n'avait pas à être traité comme une faible petite chose. Ce à quoi le nain répliquait que le hobbit n'était peut être pas faible mais que petit il était. Cette simple remarque ranima Bilbo qui retrouva tout son caractère pour le plus grand plaisir de Thorin et tant pis si tous ces défauts étaient soigneusement décortiqués, le nain avait une bonne répartit à ne pas en douter et il n'allait pas se laisser faire.

Fili regardait en souriant son roi et le cambrioleur se chamailler affectueusement. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas vu son oncle ainsi, ses responsabilités à Erebor ne le rendait que très peu disponible et si sérieux. Là, il devait rendre le sourire à Bilbo pour l'aider à aller mieux alors il souriait le premier. Fili avait l'impression que Thorin était heureux maintenant et ceux malgré la situation dans laquelle ils se trouvaient, uniquement parce que Bilbo s'y trouvait aussi. Peut être avait-il tort mais il ne l'espérait pas. Un peu de bonheur ne faisait pas de mal, pensa-t-il en regardant en direction des arbres.

Dwalin et Bofur ramassait chacun du bois, s'éloignant un peu mais restant proche pour ne pas perdre l'autre de vu et répliquer de manière efficace en cas d'attaque. Encore sous les émotions qu'avait provoqué le témoignage de Bilbo, ils n'avaient pas envie de plaisanter. D'autant plus que les deux nains n'avaient jamais été très proches.

-Tu ne devrais pas faire ça. Fit Dwalin toutefois au bout d'un moment

L'autre nain le regarda hébété avant de répondre :

-Il est parfait mon bois pour allumer un feu de camp.

-Je ne parlais pas de ça. Je faisais allusion à ton comportement avec Fili.

-Oh. Tu as vu.

-À quoi jouez-vous tous les deux ? N'avez-vous pas été suffisamment prévenu à Erebor ?

-Si, le message a été très clair.

-Cessez de vous comporter de manière aussi inconsidérée alors.

-Non mais je rêve. Avant personne ne s'en souciait d'avec qui Fili pouvait bien être.

-Mais maintenant il est prince.

-Il l'était aussi avant.

-Ne fais pas l'imbécile. Avant il n'avait que le titre, maintenant il a un royaume. Ça m'étonne de toi. Tu es celui qui a cédé le plus facilement à la raison d'État pourtant.

-Je sais parfaitement quel est le devenir d'une quelconque relation que je pourrais avoir avec Fili, même d'amitié, mais...on n'est plus à Erebor, on peut oublier juste quelque temps cette foutue raison d'État. S'agaça Bofur

-Mais cela rendra le retour plus difficile.

Les deux nains se fixaient silencieusement, un peu à cran. Ce genre de discussion, ils en avaient déjà eu des années auparavant et ni l'un ni l'autre ne voulait remettre cela sur le tapis. Sauf qu'ils n'avaient pas vraiment le choix.

-J'ai beaucoup d'affection pour vous deux. Dit Dwalin. Et j'ai envie que vous soyez heureux. Mais vous ne serez pas heureux ensemble, ce n'est pas possible. Je n'ai pas envie de devoir encore faire le méchant mais si il faut y repasser, je recommencerai.

Sur ces derniers mots, Dwalin retourna au campement donnant à Bofur l'intimité nécessaire pour se disputer avec lui-même.

Il savait ce qu'il les attendait, à Fili et à lui, une fois de retour à Erebor, ils avaient déjà vécu cette situation. Mais comment être raisonnable ? Et pourquoi lui refuser Fili ? Les choses seraient plus simple si il ne faisait que désirer le blond. Si il n'avait s'agit que de cela il ne doutait pas qu'il serait déjà passé à autre chose. Mais voilà, les choses n'étaient pas aussi simple et contre toute logique il se sentait près à replonger dans tous ces soucis sauf qu'il devra tout faire afin de s'en empêcher.

Bofur soupira en se disant qu'il devait avoir l'air d'un imbécile, à râler tout seul au beau milieu des bois avec ses bouts de bois dans les bras, et il reprit le chemin vers le campement. Toute la soirée, il ne pu que penser à tous les problèmes qui risquaient de leur tomber dessus sans trouver de solution.

Bilbo et Thorin n'avaient cesser de se disputer, dénichant toujours un nouveau sujet de conflit. Mais leur regard et leur proximité ainsi que leur sourire montrer indubitablement toute l'affection qu'ils se portaient. Petit à petit, ils se rapprochaient sans même en avoir conscience. Aurait-il fait quelque chose si ils s'en étaient aperçus ? Sûrement que non, la situation ne prêtait pas à un quelconque rapprochement mais l'envie de profiter de l'autre ne les aurait pas fait arrêter pour autant. Il n'y a après tout aucune inquiétude à avoir, chaque chose viendra en son temps.

Le lendemain, Bilbo décida du chemin à prendre plus lentement que d'ordinaire, son récit de la veille l'ayant chamboulé plus qu'il n'avait pu le supporter malgré le soutient de Thorin. Cela ne l'empêcha pas de se montrer fiable et à coup de profonde respiration de recommencer à raconter.

T-T-T-T-T-T-T

Le corps d'Iris avait été emporté depuis plusieurs jours mais Bilbo avait toujours l'impression qu'il était toujours là, ses yeux vides le fixant accusateur.

À l'entente du nom du fils d'Azog, Bilbo ne douta plus de ce qui avait entraîné pareil monstruosité jusqu'à chez lui. Il regrettait amèrement qu'il n'ait pas été trouvé en premier afin qu'il n'y ait que lui comme victime de leur sadisme, lorsque la douleur et les remords étaient trop fort il regrettait d'avoir pris part à la reconquête d'Erebor, d'avoir laissé ses maudits nains pénétrer sa maison. De plus depuis qu'il avait donné son nom, il avait quitté les luxueuses cellules et s'était retrouvé esclave et souffre douleur d'Ogan. L'orc adorait cela, il délaissait les autres hobbits qu'il s'était approprié pour ne se concentrer que sur Bilbo. Il le blessait inlassablement, l'obligeait à faire des taches dégradantes, à regarder les siens être torturé et massacré sans qu'il ne puisse y faire quoi que ce soit. Ogan avait entendu parler de Bilbo, il savait pourquoi Bolg le voulait et martyriser ainsi celui qui avait réussi à faire chuter leur chef, était pour Ogan le même plaisir que si il martyrisait son chef. Il avait bien sur envoyé une missive pour prévenir Bolg de sa trouvaille, cacher son nouveau jouet comme il l'avait pensé au début aurait été un acte suicidaire alors il profitait de Bilbo tant qu'il l'avait encore sous la main. Le blessant, le rabaissant, le torturant et le soignant pour que son jouet puisse continuer à fonctionner.

Bilbo était bien incapable de dire combien de temps cette période avait duré, comment il avait pu y survivre, il savait juste que tout ce qu'il avait enduré l'affaiblissait toujours un peu plus.

Le coup fatale n'avait pas été porté par Ogan mais par Bolg.

Il avait été impossible d'ignorer la venue de Bolg, les orcs s'étaient comportés comme si un monarque venait leur rendre visite. Le repaire avait été rendu digne d'être foulé par les pieds du fils d'Azog et chacun se comportait remarquablement bien, faisant preuve de respect et de retenue. Un tel comportement surprit Bilbo indubitablement.

Mais sa surprise ne dura qu'un temps, debout à côté d'Ogan qui s'était placé à droite de son fauteuil afin que Bolg puisse s'y asseoir, Bilbo avait vu Bolg arrivait et la peur le submergea à nouveau. D'un pas assuré et calme, l'orc prit place et dès qu'il fut installé il s'exclama :

-On m'a promis un hobbit ! Où est-il ?

-Juste ici maître. Répondit respectueusement Ogan en tirant Bilbo forçant ainsi le semi-homme à se tenir debout et seul face à Bolg

-Ton séjour parmi les miens t'a changé mais tu es sans nul doute Bilbo Sacquet.

Le ton de Bolg désarma complètement Bilbo, l'orc parlait d'une voix calme et réfléchi mais cela présageait le pire car il devait avoir un mal calculé, précis et destructeur. Ogan donna également en cadeau Dard qu'accepta froidement Bolg puis ensuite la plupart des orcs avaient été remercié, Ogan en faisait partie, et ceux-là partis sans demander leur reste.

Dans cette immense place où les feux restaient perpétuellement allumé, il ne s'y trouvait qu'un hobbit entouré d'une dizaine d'orcs. Ceux qui étaient restés devait être les orcs les plus proches de Bolg.

-Ignores-tu l'objectif de tout ceci ? Demanda-t-il à Bilbo

-Cela a un rapport avec Erebor. Répondit ce dernier choisissant ses mots avec soin

-Oui c'est cela. Un rapport avec Erebor, avec le déshonneur que tu as infligé à ma famille et du sang que tu as fait verser.

Bilbo ne comprit pas comment il pouvait être coupable de ces crimes mais se garda bien de le dire, préférant le silence. Bolg continua :

-Tu t'es fait allier des hommes, des elfes et des nains d'Erebor. Tu t'es fait allier de Thorin Ecu-De-Chêne. Le nies-tu ?

-Je n'ai pas la prétention de me croire l'allié d'autant de personnes mais je reconnais être un ami de Thorin et des nains de sa compagnie.

-Tu le reconnais ? Ne comprends-tu pas qu'il est dans ton intérêt de nier ces faits, de cracher sur ces gens-là ?

-Je sais que c'est ce que je dois dire mais je m'y refuse. J'aime ces gens.

-Il s'y refuse. Rit Bolg ce qui provoqua l'hilarité dans ses rangs

Le mal aise de Bilbo se fit plus imposant et il souhaita avoir son anneau pour se rendre invisible et déguerpir ou son épée pour leur faire face dignement. D'un geste rapide et rigoureux, Bolg attrapa la nuque du semi-homme exerçant une pression telle qu'il plia et ne pu lutter quand l'orc le fit s'avancer. Il se débattait autant qu'il le pouvait afin d'inspirer l'air qui lui manquait lorsque Bolg reprit toujours tranquillement.

-Puisque tu aimes ces gens alors tu paierais le prix fort comme eux. Tu es leur allié, tu t'es battu à leur côté, à déshonorée mon nom, tu t'en es sortis dans la joie et la richesse. Mais le vent tourne.

La poigne se resserra un peu plus.

-Si tu crois que ce que j'ai fait à ton peuple ici est horrible, attends de voir ce que je lui réserve.

Il balança avec facilité le hobbit qui inspira et expira vivement l'air une fois qu'il se trouva la tête écrasée contre le sol. Bolg se leva et attrapa une des lanternes suspendues à sa hauteur pour ensuite se rapprocher de Bilbo que ses hommes n'avaient pas touché, connaissant leur chef. D'un coup de pied, il mit Bilbo sur le dos l'obligeant à lui faire face.

-Sais-tu ce qu'il y a dedans ? Demanda-t-il en désignant la lanterne

-Du...du feu...

-Du feu qu'il me dit. Qu'il est mignon.

D'un coup puissant, il écrasa le ventre de Bilbo avec son pied. Le hobbit hurla et toussa et cracha. Quel spectacle pitoyable il interprétait.

-Tu y étais presque pourtant. Ce qu'il y a dedans, c'est du feu grégeois.

-Ce...ce n'est pas possible...Sa fabrication est tenue au secret...Comment... ?

-Croyais-tu vraiment que nous n'aurions pas recherché comment produire un feu que l'on ne peut éteindre, qui brûle tout, même la roche, même l'eau ? J'espère que tu aimes ton village Bilbo Sacquet car dès que mes hommes auront tout le feu nécessaire, nous le brûlerons avec tous ses habitants. Et le plus beau est que le feu débutera par l'eau.

-Non ! Ce n'est que moi le responsable ! Ne faites rien à la Comté ! Réclama Bilbo

-Ne réagis pas comme cela. Ce n'est pas comme si j'allais te tuer. Sourit Bolg. Et puis pour ne pas faire de jaloux nous détruirons de la même façon la foret noire, Dale et Erebor. Brûlant tous ces gens que tu aimes.

-Pitié ! Non ! Ne faites pas ça ! Supplia-t-il encore plus fort qu'il n'avait réclamé

Bolg l'attrapa par le col, le remettant sur ses pieds et dégainant Dard il dit avec calme :

-Je vais t'arracher tout ce que tu aimes, te laissant vivant dans les décombres.

Sans permettre au semi-homme de dire un mot de plus, il lui planta Dard dans le ventre suivant une ligne droite avec précision, se délectant des cris et des déformations du visage de Bilbo. Quand il retira enfin la lame, il laissa le hobbit s'échouer par terre et ordonna à ses hommes de le soigner efficacement mais douloureusement. Et son souhait fut exaucé.Son corps le faisait tellement souffrir que Bilbo ne parvenait même plus à se lever ou à respirer sans siffler de mécontentement. Des jours et des jours qu'il était enfermé dans ce qui avait été emménagé en infirmerie, il ne pouvait que penser, ce qui le détruit. Il s'avoua coupable de tout, regretta chacun de ses gestes, pleurant et hurlant sa Comté qu'il savait perdu, rien ne pouvait arrêter le feu grégeois, il pleura les amis qui allaient périr, il pleura son coup de sang à Erebor, il pleura de ne pas avoir su profiter de la présence de Balin pour lui faire savoir son ressentit et pour prendre des nouvelles de tout le monde. Il pleura encore et toujours plus. Cela si bien que lorsqu'il cessa, une nouvelle forme de détermination prit possession de son corps et de son esprit. Il n'aurait droit qu'à une chance, une seule.

T-T-T-T-T-T-T

-C'est là-bas. Déclara Bilbo en désignant une montagne. Nous n'avons plus qu'une semaine à voyager et nous y serons enfin.

-Je vous avais bien dit que ces cartes elfiques étaient inutiles et que vous saurez parfaitement nous guider. Sourit Thorin

Bilbo lui rendit son sourire malgré l'épuisement qu'il ressentait en revivant ses souvenirs. Ils s'arrêtèrent décidant de manière implicite d'attendre que le hobbit se soit reposé. Une fois le camps installé, ils prirent place autour du feu et se détendirent après avoir mangé, Bilbo se fit même une place dans les bras de Morphée. Bofur et Fili étaient allés au fleuve avoisinant afin de remplir les gourdes. Gimli écrivant ce qu'ils avaient appris redressait souvent la tête pour regarder le hobbit endormit contre un arbre aux côtés de Thorin.

-Comment quelqu'un d'aussi petit et fragile peut survivre à autant d'horreur. Lâcha-t-il n'y tenant plus

Thorin regarda son cambrioleur endormi avant de répondre :

-Tu ne le sais pas car tu ne l'as pas vu à l'œuvre mais Bilbo n'est pas fragile. C'est un membre de ma compagnie, il est fiable et doté d'une force que l'on ne soupçonne pas.

-Malgré tout Gimli n'a pas tort. Bilbo a survécut à sept mois passés en captivité chez des orcs, vu ce qu'il a vécu il aurait été normal de le retrouver mort.

Le roi ne retint pas un tremblement d'horreur, il se sentait suffisamment en confiance face à Dwalin pour montrer ses faiblesses. Les secousses de son corps fit bouger Bilbo qui se retrouva la joue contre l'épaule du nain. Thorin ayant besoin d'être rassuré passa un de ses bras autour des épaules du hobbit et posa ses lèvres sur son front.

-Mais il n'est pas mort.

Dwalin le regarda faire et ne put retenir un profond soupir.

-Quoi ? Je n'allais pas le laisser tomber. Se défendit Thorin se braquant

-Toi et ton neveu ne vous rendez même pas compte que vous vous causez plus de soucis en agissant ainsi.

-Mon neveu ? Kili ?

-Je te parle de Fili et de Bofur. Dire que cette histoire était fini, ils nous font une rechute.

-Laisses-les donc. Nous sommes loin d'Erebor.

-Mais nous finirons bien par rentrer. Tu crois que cela va se passer comment si on est trop laxiste maintenant ?

-Bofur saura se montrer raisonnable, il nous l'a déjà prouvé. Pour Fili je supporterais toute sa rancœur.

-Il faut que tu discutes avec Fili et régler ce problème avant que l'on rentre.

-Je sais. Tu as raison. Mais je ne lui parlerais qu'à notre retour dans la Comté.

-Tu es trop laxiste avec tes neveux.

Thorin n'osa pas répondre que si il était aussi laxiste avec ses neveux en ce moment, c'était parce qu'il l'était avec lui-même. Discrètement, il raffermi sa prise sur Bilbo s'assurant qu'il était bien ici avec lui.

Pendant ce temps, Fili et Bofur avaient rempli les gourdes rapidement et s'étaient posés contre un arbre collé l'un contre l'autre enlaçant leur doigt ensemble. Les déclarations de Bilbo les avaient chamboulé plus qu'ils ne pouvaient endurer, ils avaient besoin d'un moment de tendresse, de se remémorer que le mal n'était pas permanent et partout, qu'il pouvait être défait par des petits gestes du quotidien. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas tenu aussi proche l'un de l'autre. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas été seul. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas embrassés, pensa Fili. L'héritier intercepta le regard du brun et fit comprendre ses intentions en se rapprochant sensiblement. Il parvint à frôler ses lèvres mais Bofur se déroba au dernier moment lui baisant la joue, la mâchoire, la nuque, lui refusant à chaque fois ses lèvres.

Fili s'en aperçu et n'étant pas d'humeur à se disputer, prit tout ce que lui offrait Bofur. Une de ses mains était toujours liée à celle du brun, mais l'autre glissa le long de la poitrine, s'arrêta sur le ventre avant de se placer dans le dos qu'elle remonta pour se poser sur une des épaules. Bofur redressa la tête pour lui faire face, tant de mots et de résolutions lui traversaient l'esprit et seulement le silence passait la barrière de ses lèvres. Lèvres que Fili essaya à nouveau d'embrasser et à chaque tentative le brun s'éloignait mais pas trop, le bras du blond lui coupant toute retraite.

Ils finirent front contre front et leur souffle s'entrechoquait. Tout cela en silence.

Bofur brisa ce moment de quiétude sentant qu'il devait parler à Fili de sa conversation avec Dwalin.

-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée.

-Quoi ? Thorin t'a parlé ? Rigola le blond mais face à l'air sérieux du brun il redemanda presque outré. Thorin t'a parlé ?

-Non, pas Thorin.

Fili voulu demander qui avait bien pu lui en parler avant de réaliser.

-C'est Dwalin qui t'en a parlé.

-Ce n'est pas important de savoir qui m'en a parlé. Écoutes, on sait très bien comment ça va finir, je ne vois pas pourquoi on s'oblige à supporter ça.

-Moi je sais pourquoi. Souffla Fili ancrant son regard encore plus dans celui de Bofur. Si toi, tu ne sais vraiment pas alors on arrête.

-Fili, écoutes-moi.

-Non.

Le blond se redressa et commença à partir mais Bofur lui attrapa de nouveau la main et le tira face à lui.

-Si je ne...si je ne faisais que te désirer, je ne prendrais pas autant cette histoire au sérieux. C'est juste que...quand je pense à ce qui s'est passé je...

-Alors tu aurais dû me laisser partir.

-Je sais mais malheureusement je suis trop égoïste. Je veux profiter de chaque instant avec toi.

-Ne penses pas à ce qui va se passer dans ce cas.

-Ce n'est pas raisonnable.

-Je sais.

Ils s'avancèrent progressivement, doucement ayant le sentiment qu'au sinon l'autre disparaîtrait à cause d'un mouvement brusque. Pourtant quand enfin ils s'embrassèrent, ils laissèrent exprimer tout leur désespoir sans aucune retenue, s'accrochant à l'autre comme ils le pouvaient. Avec amertume et nostalgie, ils se souvinrent que leur premier baiser avait été tout aussi désespéré.

Ne me lâches pas, avaient-ils l'impression d'entendre crier l'autre.

Néanmoins, ils finirent par se séparer tout en gardant une certaine proximité.

-Il faudra qu'on en parle. Murmura Bofur

-Pas maintenant.

-Et quand alors ?

-Quand je ne pourrais plus m'enfuir.

-Il va falloir que je te brise les jambes pour ça.

-Ne sois pas idiot. Je pourrais toujours ramper.

Ils rirent tous deux à voix basse ne voulant pas déranger le calme de la foret. Leur front se touchait, leur lèvre s'effleurait, leur main prenait place sur la nuque de l'autre. Ils ne devraient pas mais ils en parleraient plus tard.

-Penses à prendre les gourdes avant de partir. Lui rappela Bofur

Fili acquiesça et quitta cette faible étreinte, récupéra les gourdes puis partit suivit de près par Bofur.

T-T-T-T-T-T-T

Comment Bilbo avait-il réussi à s'enfuir ? En provoquant le chaos

Quand il avait pu enfin bouger comme il l'entendait, il s'était placé dans un angle mort de la pièce et en silence avait attendu qu'un orc y pénètre. Il était resté un long moment sans bouger dans une position inconfortable avant que cela ne se produisit.

Quand l'orc, surprit de ne pas trouver Bilbo, se trouva déboussolé, le hobbit lui sauta dessus, le désarma et le tua sans formalité. Il courut ensuite hors de la pièce, ameutant autant d'orc qu'il le pouvait, profitant de sa connaissance des galeries pour les amener où il le souhaitait sans qu'ils le remarquent.

Plusieurs fois il manqua de se faire attraper, de se faire tuer mais il continuait de courir encore et toujours.

Il encourageait les hobbits à s'enfuir aussi et si certains sceptiques refusaient de l'écouter, d'autres au contraire firent plus de vacarme encore que Bilbo. Les orcs ne savaient pas comment s'organiser, courant après tout ce qui bougeait, plusieurs fois ils se surprirent à pourchasser un autre orc. La majorité des orcs décidèrent de rattraper Bilbo qui était la cause de tout ce remue ménage.

Aux prix de nombreux efforts, Bilbo parvint à son objectif. La grande place. Il se trouva au beau milieu encerclé par les orcs, il aperçut Ogan mais pas Bolg. Tant pis, il n'avait droit qu'à un seul essai.

Alors que les orcs s'apprêtaient à lui sauter dessus l'obligeant à rester immobile et à lui faire payer son insubordination, Bilbo à l'aide de projectiles qui lui passèrent sous la main, décrocha autant de lanternes qu'il put, libérant ainsi le feu grégeois dans le repaire. On chercha à l'arrêter mais il était trop tard.

Du feu partout. Du feu libre détruisant tout ce qu'il pouvait.

Profitant du feu et des morts qu'il causait, Bilbo s'enfuit. La confusion était telle, que plusieurs fois il se cogna contre quelqu'un ou une paroi, chutant au sol et se redressant vivement ne voulant pas perdre de temps. Il connaissait le chemin pour sortir et essayait de l'indiquer à tous les hobbits qu'il croisait, tentant de les sauver mais la panique et la terreur étaient telles que les hobbits ne purent le suivre même si ils le voulaient et Bilbo ne s'aperçut même pas si on le suivait ou non. Lorsque Bilbo aveuglé par le soleil s'échappa des montagnes, il se retrouva seul. Totalement seul. L'adrénaline le lui fit oublier et l'obligea à courir toujours plus vite. Il traversa le labyrinthe de roche, parcourut la foret, longea les cours d'eau et cela toute une journée entière. Il n'arrêta sa course qu'une fois la fatigue le ralentissant et sa crainte légèrement évanouie. C'est ainsi qu'il se retrouva devant un fleuve où il plongea. Il s'accrocha à un bon morceau de bois et, fatigué, il s'assoupit en laissant le courant l'emporter où bon il lui semblait sans plus s'en soucier.

Bilbo finit pourtant par accoster, le choc du bois frappant contre la roche le réveilla, et la première chose qu'il vit fut un elfe qui se pencha vers lui pour voir comment il allait.

x_x_x

Commentaires :

Je publies ce chapitre parce que malheureusement mes vacances touchent à leur fin et que je n'aurais pas le temps de poster un autre chapitre avant un petit moment.

Je remercie encore une fois toutes les personnes qui prennent le temps de lire mon histoire, ceux qui l'ajoutent à leur favoris et à leur à suivre et ceux qui me laissent une review^^

Merci pour vos réactions dans l'ensemble positive au sujet du Bofur/Fili ! J'avais très envie d'écrire sur ce couple mais avec la masse de fan du Kili/Fili j'avais peur qu'il soit très mal accueilli

J'espère que vous avez aimé ce chapitre et que l'attente vaut la peine.

D.B : Tout d'abord merci de m'avoir laissé une review, comme aime bien le signaler les auteurs sur ça fait toujours plaisir^^ Surtout quand elle est aussi gentille que la tienne. Savoir que mon histoire intéresse et est facile à lire me motive à l'écrire \o/ Pour la relation entre Thorin et Bilbo il me paraissait plus logique qu'elle mette du temps à s'installer étant donné leur caractère, la manière dont ils se sont quitté, et j'avais peur que beaucoup de gens lâchent prise si il n'y avait pas plus entre eux rapidement donc ça me fait rassure que tu apprécies leur évolution telle qu'elle est. Pour Myca, si tout se passe comme j'ai envie on saura ce qu'il lui est arrivé dans les prochains chapitres.

Jojo : Voilà la suite ! Je sais que je mets beaucoup de temps ce n'est pas que j'abandonne la fic ou que je souhaite vous torturer c'est malheureusement faute de temps, ce qui va prochainement me manquer, encore une fois désolé. Oh non ! Pas les yeux de chat potté ! Nooon !

Green Eyes : Merci pour la review et contente que ce chapitre t'ai plu. Et quand est-il de celui là ? *u* (non je ne pose pas une question pour inciter à la poste de review, non, pas du tout). Malheureusement se faire capturer par les orgs n'est pas sans blessure L:Zut j'espère que mes fautes n'étaient pas trop agressive pour vos yeux, j'ai relu ce chapitre mais je m'excuse pas avance si il y en a encore. Pour la comparaison film/livre, j'ai aimé le film 2 même si il y a plein de scène qui sont dans le livre que je voulais voir (Fili et ses pommes, Bilbo chantant face aux araignées ect) qui n'y étaient pas et des scènes inventées que je ne voulais pas voir (Kili et Tauriel, même si je ne hais pas ce couple je trouve qu'il met trop en avant des personnages au profit d'autre qui aurait pu être tout aussi intéressant).