Il me sourit une nouvelle fois et me tendit sa main, je la lui pris non sans ressentir de légers picotements à son toucher. Il me sera la main pour me donner du courage et nous partîmes vers la villa.

Nous arrivâmes vite (trop vite) devant la villa. La villa paraissait immense vu de l'extérieur. Elle comportait trois étages entièrement murés avec des portes vitrées. Nous montâmes les quelques marches afin de nous retrouver devant la porte d'entrée. Edward me lâcha la main et ouvrit la porte et m'invita à rentrer. J'étais terrifiée à l'idée d'y rentrer. Et s'ils ne m'aimaient pas ? Ou bien s'ils me demandaient de partir où irais-je ?

Nous entrâmes dans un faste hall, les murs étaient de couleur beige et les quelques meubles modernes s'associaient aux décorations plus anciennes. Il m'invita à continuer mais n'osant pas bouger, il me dépassa et monta l'escalier qui se trouvait à gauche :

Tu veux visiter d'abord ou tu préfères rencontrer ma famille avant ?

Euh… je préfère visiter d'abord si ça ne te dérange pas ?

Il rigola discrètement et continua. La visite de la maison se passa beaucoup trop rapidement à mon goût. Non seulement la villa paraissait immense de l'extérieur mais elle était réellement immense. Le premier étage se composait du salon qui devait faire la taille de mon ancienne maison et qui possédait deux grands canapés beiges et d'un écran de télévision le plus grand que je n'ai jamais vu. Il y avait ensuite la cuisine (qui ne servait qu'à sauver les apparences mais qui toute fois n'était pas négligée au niveau de la décoration et de la high-tech puisque l'on y trouvait toutes les appareils dernier cris) et le bureau appartenant à son père, Carlisle. C'était la pièce que je préférais même si je ne pouvais y aller. La plupart des murs du bureau étaient cachés par d'immenses bibliothèques contenant les romans des plus grands écrivains aux bouquins d'études de la médecine depuis sa première utilisation autant dire des siècles et des siècles d'auteurs en tout genre. L'un des seuls murs libre possédait un tableau d'une grandeur que je n'avais vu, il représentait quatre hommes qui même s'ils étaient différents possédaient les mêmes caractéristiques : pâles comme la craie et aux traits qui semblaient figés dans un autre temps. Edward, devant mon intérêt pour ce tableau, m'expliqua qu'il retraçait une période de la vie de Carlisle qui était représentait en arrière-plan. Les trois autres hommes étaient Caius (un homme aux cheveux blonds et qui portait un air à vous glacer sur place s'il était en face de lui), Aro (un homme aux cheveux noirs et qui portait une attention perverse et malsaine sur la scène qui se passait sous leurs yeux) et ensuite Marcus (qui semblait ne pas s'intéresser à la foule en furieux sous eux). Il m'expliqua notamment l'importance que ces trois hommes avaient d'en le monde des vampires : ils le dirigeaient tout simplement. Carlisle les avaient rejoint à un moment de son existence mais était parti car il ne supportait pas leur manière de se nourrir. Nous restâmes un assez long moment devant ce tableau qui me fascinait mais qui m'effrayait en même temps sans savoir pourquoi. Il me fit visiter ensuite le second étage : il comportait les chambres afin plutôt les suites de toute la famille.

C'est à ce moment-là qui m'expliqua la composition de la famille. Il y avait Carlisle et Esmée, les parents, Rosalie et Emmet ainsi que Alice et Jasper. Ces derniers étaient en couple et il y avait lui. Sans vraiment comprendre pourquoi, une joie immense que je tachai de cacher tant bien que mal m'envahie quand j'appris qu'il était seul. Il termina par la pièce qui avait servi lorsque je me transformais :

Tu peux rester dedans si tu veux pour l'instant, ma famille nous attend tu es prête ?

Je ne réussis qu'à hocher la tête. Il avait été clair, je pouvais garder la pièce pour l'instant seulement et c'était sa famille. Je me sentis très triste à ce moment-là. Comment avais pu me convaincre en faisant cette visite que j'appartenais à cette famille ? Je n'étais qu'une étrangère en fin de compte. Une étrangère que l'on avait transformée par simple pitié et que l'on essayait d'amadouer pour poursuivre le même régime alimentaire afin de ne pas regretter d'avoir fait un monstre qui pourrait tuer des innocents.

Nous redescendîmes vers le salon et je remarquai qu'Edward semblait contrarier car ses lèvres formaient plus qu'une fine ligne sur son visage et ses sourcils étaient froncés. Peut-être que ma présence commençait à la déranger et qu'il réfléchissait à la meilleure manière de m'annoncer que je devais partir ? Lorsque nous arrivâmes dans le salon, je me retrouvai devant 6 paires d'yeux onyx qui me fixaient intensément. Edward me présenta les personnes qui se trouvaient devant moi : le premier couple était Carlisle et Esmée. Carlisle était exactement comme sur le tableau, la seule chose qui pouvait changer était le changement d'époque des vêtements. Une petite femme au visage en forme de cœur était enlacée dans ses bras. On s'apercevait immédiatement qu'elle donnait tout l'amour qu'elle pouvait à ses enfants. J'eus un pincement au cœur lorsque je me dis que je n'en ferrais jamais partie le deuxième associait Rosalie et Emmet. Rosalie était le portrait parfait de la vedette du lycée : grande et blonde cependant on pouvait voir qu'elle était tout de même naturelle, Emmet quant à lui était le genre de garçon costaud et imposant mais qui inspirait la sympathie immédiate. Le dernier couple était donc Alice qui me faisait un sourire encourageant et Jasper, il fut beaucoup moins enjoué en me voyant que sa compagne et je remarquai qu'il était presque entièrement recouvert de cicatrices de morsures que je devinais étant celles de vampires. Je leur fis à tous un petite sourire en guise de bonjour, je ne pus faire plus quelque chose en moi me disait que quelque chose allait se passer et que ce ne serait pas une très bonne partie de plaisir.

Carlisle s'approcha de moi en me disant :

Bienvenue Bella, comment vas-tu ?

Bien, je vous remercie Monsieur.

Appelles moi Carlisle, que dirais-tu de s'assoir et de discuter un peu.

Je les suivis jusqu'aux canapés. Le moment crucial allait arriver : ils allaient gentiment me demander de partir d'ici mais de ne surtout pas tuer d'humain pour me nourrir. Alors que mon stress montait au plus haut point, une vague de calme m'envahit sans que je sache d'où elle vienne. Toute la famille s'assit sur les canapés, je dus donc m'asseoir dans le siège en face des canapés. Ils m'observaient tous dans l'attente d'un quelconque signe de ma part.

Vous vouliez parler de quelque chose ?

Carlisle me répondit en souriant :

Oui, dis-moi Bella, te souviens-tu de ce qu'il s'est passé avant ton réveil ce matin ?

Pour une première question, je ne m'attendais pas du tout à celle-ci. Cette question m'avait déroutée, je n'y avais pas réfléchis une seule fois. Tout était flou dans ma mémoire. Je me souvenais d'un grand bruit et d'un moment où je ne voyais plus rien, tout était noir autour de moi, mais je me sentais tellement bien jusqu'à cette douleur atroce qui m'avait parcouru. J'essayai de me concentrer sur ce qu'il s'était passé avant. Je me souvenais d'une voiture qui fonçait droit sur nous. Nous… j'étais accompagné de quelqu'un.

-CHARLIE ! Oh mon dieu ! Où est-il ? L'avais-vous transformé aussi ? Il est toujours en vie ? Réponds-moi je vous en supplie !

Je devenais réellement hystérique, je ne savais pas où était mon père, ni même s'il était en vie. Des ondes de calme m'envahirent mais je ne voulais pas me calmer avant de savoir ce que mon père était devenu. Je m'étais levée du siège et j'arpentais la pièce à vitesse vampirique. Des paires d'yeux me suivaient dans tous mes mouvements.

-Calmes-toi Belle s'il te plaît et assieds-toi.

Je m'assis de nouveau et lui fit fasse.

-Répondez-moi s'il vous plaît.

Il lança plusieurs regards à Edward et Jasper qui me regarda par la suite et des vagues de calme m'envahirent. Etait-ce lui qui me calmé en me regardant simplement ?

-Ecoutes le choc avec la voiture a été très violent, les secours sont arrivés très rapidement, Edward a pu te sortir de la voiture avant qu'ils n'arrivent et t'as ensuite emmené dans les bois…

C'était donc Edward qui m'avait transformé.

-Et mon père ?

-Et bien, lorsque les secours sont arrivés, il était dans un état plus que critique… Lorsqu'ils sont arrivés à l'hôpital, je l'ai tout de suite pris en charge mais les blessures étaient très importantes et il n'a pas survécu…

Les dernières phrases résonnaient encore dans ma tête. C'était impossible que mon père ne soit plus de ce monde, je venais à peine de le retrouver que l'on me le prenait déjà. Une colère immense m'envahit, je ne devais pas survivre à cet accident alors que mon père en était mort. Je n'en avais pas le droit, j'aurais dû mourir avec lui. Je n'en pouvais plus, je devais partir d'ici, loin de cet endroit où j'avais perdu mon père, loin de cette famille qui je savais déjà aller bientôt me demander de partir, loin de cette vie dont je ne voulais plus déjà….

-Pourquoi ne l'avez-vous pas transformé comme moi ? Je devais mourir avec lui ! Pourquoi avez-vous choisi de me laisser vivre, je ne voulais pas de cette nouvelle vie, je devais mourir à sa place. Je n'ai pas le droit de vivre alors qu'il est mort dans le même accident ! Comment avez-vous oser me transformer, comment avez-vous décider à ma place si je voulais vivre ou mourir ? Je ne veux pas de cette vie où à chaque instant je me souviendrai que mon père est mort et que moi j'ai survécu alors que je n'aurais pas dû !

J'avais hurlé ces paroles, tout en fixant Edward dont les yeux n'avaient cessé de noircir de plus en plus que mes paroles sortaient de ma bouche. Je me levais du siège, le faisant tomber à terre. Des vagues de calme me percutaient sans qu'elles n'agissent sur moi. Je courus à vitesse vampirique vers la porte d'entrée et m'enfuis dans la forêt. Je devais partir loin d'ici avant que quelque chose d'autre de grave n'arrive à cause de moi ou que je ne m'attache de trop à cette famille qui allait me demander de les quitter. Je pouvais sentir et entendre au loin mon prénom que l'on criait et les bruits de pas de course qui me suivaient. Mais je redoublais d'effort afin de les distancer ce que j'arrivai à faire en peu de temps. Je ne sais combien de temps je courus mais je m'arrêtai lorsque je vis une clôture au loin.