Désolée pour le retard, je n'ai aucune excuse... :/


Chapitre 3

Un manteau de neige avait recouvert tout le pays de son blanc immaculé. Roulant depuis plus de deux heures, Kurt commençait vraiment à s'impatienter. Le petit aux yeux bleus, qui avait bien grandit maintenant, tenait, serré contre lui, un gros paquet recouvert d'un papier cadeau d'un vert pâle.
« Pour faire ressortir le vert de ses yeux »,s'aimait-il à répèter.
Il n'avait pas plus eu de nouvelles du magnifique petit brun depuis plus d'un mois.
Alors aujourd'hui que noël retentissait un peu partout dans le monde, il voulait le passer avec lui parce que c'était son meilleur ami même au bout de deux années loin l'un de l'autre, il ne pourrait jamais le remplacer. Sa maman avait souvent voulu le voir se trouver un autre « vrai » ami avec lequel il passerait ses mercredis après-midi mais rien ne faisait, il n'arrivait pas à retrouver quelqu'un comme lui.
Tous les garçons de son âge préféraient jouer au football ou encore parler des filles qui trouvaient « mignonnes ». Aucune chose dont lui n'aimait passer son temps. Et puis lorsqu'il essayait de parler de filles avec les autres, il finissait toujours par critiquer le goût vestimentaire visiblement absent de certaines de son collège.

« - Kurt ? Kurt, ça va mon chéri ?, lui demanda sa mère, le voyant visiblement perdu dans ses esprits.
_ Oui, oui je repensais à une chose ...
Il se reconcentra sur le paysage doux et brillant qui avançait au rythme de la voiture ...

Lorsqu'ils arrivèrent dans une grande rue résidentielle typiquement américaine, ils cherchèrent du regard la maison au numéro 350.
Ils virent alors une belle maison à l'architecture moderne et très française, cachée par un grand portail noir électrique et d'une haie touffus et d'un vert profond. Pourtant, elle paraissait froide et triste. Le jeune garçon fut constellé de million de frissons.

« - J'espère qu'ils sont là, se contenta de grommeler Burt tandis qu'il se garait devant le portail qui faisait barrage à l'entrée de la demeure.
Kurt se précipita vers la porte, manquant plusieurs fois de se retrouver tête la première dans la neige. Il s'arrêta devant la porte, se retrouvant pour ainsi voir ses parents le rejoindre. Puis, il sonna.
Lorsque la porte s'ouvrit, il s'attendait à voir Chiara l'accueillir comme elle l'avait fait la dernière fois qu'il l'avait vu et qu'elle l'éblouirait de son magnifique sourire.
A la place, se fut un garçon bouclé de son âge, aux yeux vides et cernés qui l'accueillit d'un visage d'un air morne.

« - Bl ... Blaine ?
Avec ses yeux cernés, il avait l'impression que son ami avait prit dix ans d'un coup. Il en resta bouche-bée. Quant au brun, il ne prit même pas la peine de répondre.
Il dévisagea Kurt prit ses parents, s'attardant sur sa mère. Son regard revint ensuite vers Kurt. Kurt ... Mais qu'est-ce qui faisait là ?

« - Blaine, qui est là ?, lança un ton dur et grave derrière lui.
_ C'est ... Les Hummel ...,répondit-il d'une voix cassée.
Des pas rapides se firent alors entendre. Puis une silhouette d'un homme se décida derrière Blaine.
_ Oh. Bonjour, on ne s'attendait pas à vous voir ici. Vous êtes là pour les condoléances ?
Les condoléances ?. Ce mot résonna dans la tête de Kurt. Il se souvient avoir entendu ce mot il n'y a pas longtemps, mais pour quelle raison ?
Il se tritura les souvenirs, essayant de se rappeler. Son visage blêmit d'un coup. Des larmes lui montèrent aux yeux. Il se souvenait parfaitement de la dernière fois où il avait entendu son père « présenter ses condoléances » à la mort de leur ancienne voisine.

« - Je ... Je suis désolé mais je ne comprend pas ... de quoi vous parlez ?,demanda alors Burt apparemment totalement perdu.
_ Vous n'êtes pas au courant alors ... (Il baissa son regard sur son fils, le tirant par l'épaule contre lui), ma femme nous a quitté, il n'y a, à peine deux semaines ...
Kurt cherchait désespérément le regard de Blaine, mais celui-ci faisait tout pour le fuir.
« - Toutes nos condoléances ..., sortit Burt pour les trois .
_ Merci ... mais permettez-moi de vous poser une question, pourquoi être venu jusqu'ici si ce n'est pas pour les doléances ?, questionna-t-il, un sourcil relevé.
_ Kurt voulait revoir Blaine et comme on lui avait promis pour les fêtes de noël ... mais si vous souhaitez que l'on vous laisse tranquille, nous comprendrions parfaitement.
Kurt vit alors la soudaine panique qui se lisait dans les yeux de Blaine. Il aurait voulu le prendre dans ses bras à ce moment là, mais il eut tout d'un coup un doute sur la réaction de son meilleur ami parce que l'était-il encore pour lui ? Plongé dans ses esprits, il ne remarqua même pas que le bouclé était en train de l'observer, les yeux humides.

« - Je ne veux pas !, lança d'un coup Blaine, sanglotant, je ne veux pas que tu repartes !
Kurt fut surpris d'entendre son ami lui dire cela, et eut l'impression que quelqu'un venait de poignarder son cœur d'un grand coup profond.
_ Je ... je peux peut être passer le week-end ici ?, proposa-t-il à voix basse tout en se totillant les doigts. Il vit alors les yeux hazels de son ami retrouvait un peu de leurs brillances naturelles qui fut vite disparue lorsque son père prit la parole :
« - Non, Kurt rentre chez toi. Blaine a besoin de rester seul et doit reprendre ses cours de piano ! »
Kurt regarda son père d'un air désespéré. Il ne voulait pas le laisser seul surtout après le regard que celui-ci venait de lui lancer.
Il prit alors la main de Burt dans la sienne, la serrant fort afin de lui faire comprendre qu'il devait agir, ou tout du moins dire quelque chose.
« - Excusez-moi, mais c'est les vacances de Noël, laissez-le venir à la maison quelques jours ! ».
Monsieur Anderson, toisa l'homme qui lui parlait et resta pensif. Puis, il déclara d'une voix monocorde :
« - Deux jours, pas plus ! De toute façon, j'ai du travail ! ».
Blaine afficha un large sourire qui lui redonna un peu de couleur. Il se précipita à l'intérieur, dans sa chambre pour y assembler ses affaires. Pendant ce temps, Kurt serra son père dans ses bras avant de remarquer que Monsieur Anderson était déjà repartis.

Des rires résonnèrent dans la voiture.
« - Attend Blaine, j'ai quelque chose pour toi, lança le garçon aux yeux bleus tout en tendant le paquet au papier vert pâle, la dernière fois c'est toi qui m'en avais fait un, alors à mon tour ! ».
Blaine regarda Kurt tout en prenant le cadeau dans ses mains puis reposa ses yeux sur les mains de son ami qui lui faisait face.
Il commença par arracher le papier essayant de suivre les plis scotchés. Une fois le papier retiré, il resta émerveillé devant le présent. Voyant le bonheur qui se lisait dans les yeux de Blaine, un large sourire se dessina sur le doux visage du plus grand.
« - J'ai choisi moi-même la musique que joue cette boite à musique ! Comme ça, quand tu la feras aller chez toi, tu penseras à moi ! (il hésita à ajouter quelques mots et décida de s'abstenir).

« - Bon les enfants, on va faire deux trois courses comme on a un autre ventre à nourrir ce week-end !, sourit doucement la jeune mère du châtain.
_ D'accord maman, à toutes à l'heure ! », répondit le jeune intéressé.
Il entraîna Blaine dans sa chambre, afin d'avoir un peu plus d'intimité dans une pièce qui lui appartenait. Il se fit alors la remarque que depuis le cadeau et ses mots, le jeune bouclé n'avait rien dit. Il s'en inquiéta soudain, refermant la porte de la chambre derrière eux.
« - Tu n'aimes pas mon cadeau ?, demanda Kurt, faisant la moue.
Blaine le regarda comme choqué de ses paroles.
_ Mais si, je l'adore !mais ..., commença le garçon.
_ Mais quoi ?, s'impatienta Kurt le regardant s'asseoir sur le rebord du lit et en le rejoignant.
_ ça me fait mal, ça me rend triste !, répondit-il, d'un ton agacé, énervé contre lui-même.

Kurt, au même moment, prit la main de son ami dans la sienne, la serrant fort, puis posa sa tête contre son épaule. Cette sensation lui manquait tellement ...
« - Blaine, je suis désolé si mon idée n'était pas la bonne mais je ... je voulais que tu puisses avoir quelque chose de moi comme moi j'ai ton pendentif ! Je voulais que tu te rappelles de moi au moins de temps en temps comme moi je pense tout le temps à toi ! ...
Un silence loin d'être lourd s'installa entre eux. Blaine n'arrêtait pas de se repasser les mots qui venaient de lui être prononcés. Kurt croyait-il vraiment qu'il pouvait l'oublier ?

_ ... (Il repoussa doucement la tête du jeune châtain pour ensuite pouvoir lui faire face, tout en continuant de lui tenir la main), Je t'aime, Kurt et je ne pourrais jamais t'oublier alors pourquoi penses-tu une chose pareille ?
Les joues de l'intéressé devinrent pourpres. Il l'aimait mais dans quel sens ... En tant que simple ami ou bien comme ... comme il était censé aimer une fille ?
Blaine semblait avoir entendu ses pensées. Il sourit légèrement à Kurt.
_ Tu sais ce qu'est la seule chose dont j'ai vraiment envie ? Une chose que mes amis font avec leur copine, sauf que moi ce n'est avec une fille que je veux le faire mais ... avec toi ! (Il commença à baisser les yeux sur leurs mains liées puis les remonta sur les lèvres de Kurt), est-ce que je peux t'embrasser ? Demanda-t-il timidement. Kurt pensa que ce n'était pas possible de rougir plus que ce qu'il était en train de faire maintenant. Il s'était rendu compte que Blaine comptait beaucoup plus qu'un ami pour lui, il s'était aussi rendu compte qu'il n'avait jamais eu envie d'embrasser une fille de sa classe mais que ses pensées revenaient toujours à la même personne lorsqu'il pensait à cela. Blaine.
_ Si tu en a vraiment envie ..., lâcha-t-il d'une traite.

Alors Blaine tira Kurt à lui et posa délicatement ses lèvres sur les siennes. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il que ça arrive maintenant, alors qu'ils savaient tous les deux qu'ils ne se reverraient pas ...

Les deux jours passèrent incroyablement vite pour tous les deux qui ne s'étaient pas quitté une seconde. Mais alors que Blaine venait de rentrer dans la voiture de son père, il repensa à la boite à musique.

Il se sentit bête en réalisant qu'il n'avait toujours pas écouté (tout du moins, n'avait pas eu le temps de l'écouter) la musique que Kurt avait choisi pour eux deux. Il se décida à la mettre en route ...

La douce musique retentit dans la voiture faisant par la même occasion verser des larmes d'acier sur les joues rosies du jeune garçon ...