Chapitre 5

Il était dans les alentours de dix-huit heures. Kurt, assis en tailleur sur le rebord de son lit, était en train de finir son commentaire de texte mais son esprit ne pouvait s'empêcher de divaguer et de penser à toute autre chose. Un mal étrange comprimait sa poitrine depuis quelques temps maintenant, mais depuis le début de la journée, il avait de plus en plus de mal à reprendre son souffle « Certainement une crise d'angoisse » s'aimait-il à répéter, « ça finira bien par passer ».

Puis alors qu'il était profondément perdu dans ses esprits, la sonnerie de la maison résonna, le faisant sursauter. Il se leva alors d'un pas lent, se dirigeant vers la porte d'entrée où il fut surprit de voir Rachel.

_ Qu'est ce que tu fais là ? Finn est sorti avec Puckerman si c'est pour lui que tu es là !

_ Je n'ai pas le droit de venir voir mon meilleur ami ?, lui coupa-t-elle la parole, j'ai besoin d'une soirée comme tu sais les faire.

Il la dévisagea avant de sourire faiblement et de la laisser entrer. Connaissant maintenant la maison aussi bien que la sienne, la jeune fille descendit les escaliers tranquillement, se tournant par moment vers Kurt un regard interrogateur. Lorsqu'ils arrivèrent dans le petit monde de celui-ci, Rachel posa ses affaires sur le bureau plus que dérangé de cahiers de cours. Puis elle retira ses bottes noires qu'elle posa au pied du meuble. Enfin, elle se laissa tomber dans le lit où Kurt avait déjà retrouvé sa place initiale. Il continuait même de travailler sous le nez de sa meilleure amie. Rachel lui retira sa copie de ses mains sous le regard ahuri de l'intéressé.

_ Qu'est-ce que tu fous ?, lui demanda-t-il d'une voix lasse.

_ Comment tu le connais ? Le nouveau !, se contenta-t-elle de lui répondre.

_ Quoi ? De qui tu me parles ? Qu'est-ce que ...

Puis, il comprit. Blaine. Ce ne pouvait qu'être que de lui qu'elle parlait. Et merde ...

_ Le nouveau, un garçon vraiment mignon, avec de magnifiques yeux mordorés et des boucles rebelles brunes profondes. Et

...

_ Stop ! Arrête, je crois que j'ai compris ...

Sachant parfaitement qu'il ne ne servirait à rien de lui mentir, il lui raconta toute l'histoire de sa rencontre avec le fameux Blaine Anderson, il y a maintenant plusieurs années. Le garçon qui avait réussi à le rendre terriblement dépendant de lui, à quel point, leurs retrouvailles ce matin même l'avait vraiment désorienté mais garda pour lui beaucoup de partie plus sombre sur lui.

_ Donc si je comprend bien, vous êtes encore tous les deux accro l'un à l'autre ? C'est cela ?

Kurt leva les yeux au ciel, avant de reprendre sa copie de ses mains. C'est toujours plus simple de nier que de se l'avouer.

_ N'importe quoi, j'ai fais une croix sur toute cette partie de ma vie, je préfère passer à autre chose.

Puis il se mit à penser « De toute façon, je ne suis plus capable d'aimer ... ».

Le lendemain fut incroyablement dur pour Kurt. Il était resté avec Rachel jusqu'à la barrière des minuit qu'il avait fixé lui-même. Non pas que sa présence le dérangeait mais tout simplement parce qu'il voulait être seul, comme il se sentait depuis tellement longtemps. Il voulut rester au lit, faire croire à une panne d'oreiller mais il déchanta très vite lorsqu'il entendit la voix de son débile de demi-frère retentir dans sa chambre. C'est à ce moment là qu'il remarqua qu'il aurait pu faire un meurtre sur place. Il préféra ne pas répondre et plaça son oreiller sur le dessus de son visage. Au bout de plusieurs longues minutes, il voulut se lever mais sa tête se mit à tourner violemment. Un horrible goût de sang se fit alors sentir dans sa bouche. Kurt ferma les yeux, assis sur le rebord de son lit et prit trois grandes inspirations comme il avait déjà vu à la télévision.

Il réussit ainsi à se calmer quelque peu bien qu'un mal de tête carabiné s'était installé. « Pourquoi faut-il toujours que le sort s'acharne sur moi ? »

_ Mamie, je vais en cours !, lâcha d'un ton aimant Blaine se dirigeant vers la cuisine.

_ D'accord mon grand, essaie de ne pas trop t'attirer d'ennuis cette fois-ci, s'il te plaît.

Blaine se contenta d'avancer vers elle et de lui poser un doux baiser sur la joue la regardant ensuite continuer à préparer le repas du soir. Elle lui adressa un sourire emplis de sentiment et lui fit un signe de la main de partir. Le bouclé rit faiblement et prit son sac posé dans le couloir de la porte d'entrée. Quand il entendit sa grand mère l'appeler:

_ Blaine, ton père a appelé pendant que tu étais dans la salle du bain ...

Elle fit une pause, regardant sa réaction et comme il ne dit rien, reprit:

_ Il voulais savoir si tu étais encore ici. Blaine, je pense que tu devrais ...

_ NON! je ne devrais rien du tout avec cet homme!, lui coupa-t-il la paroles, Rien! alors s'il te plait, ne me parle plus de lui. De toute façon, il ne représente plus rien dans ma vie ...

Il se dirigea alors vers sa moto qui avait laissé le long de la fenêtre de la petite cuisine de la maison. Puis démarra et se rendit à McKinley ...

_ Monsieur Anderson, veuillez me rejoindre dans mon bureau s'il vous plait !, lança Figgins alors qu'il passait devant son casier.

Blaine se tourna vers lui afin de le défier du regard mais le vit plus loin dans le couloir, entrant dans son bureau. Il soupira fortement afin que tout ceux qui se trouvaient assez proche de lui puissent l'entendre et se résigna à s'y rendre.

Il frappa un grand coup contre la porte d'entrée du bureau et le vit alors en compagnie d'une femme d'une trentaine d'année,

aux cheveux d'un roux pâle et au look ... elle vit à quelle époque franchement ?

_ vous vouliez me voir ?, demanda-t-il d'un ton las, se tenant appuyé contre l'encadrement de la porte.

_ Oui, je viens de lire ton dossier et apparemment tu es venu ici vivre avec ta grand-mère après t'être fais virer de ton ancien lycée pour manque total de discipline, vrai ?

Blaine plissa les yeux se reconcentrant sur le proviseur. Il essayait de comprendre le pourquoi de tout ceci.

_ Ouais ..., répondit-il d'un air méfiant, et qu'est-ce que ça change ?

_ Rien ... je me disais juste que vu ton suivis scolaire tu es un très bon élève mais pourtant incroyablement perturbateur alors je pensais que parler au moins une fois par semaine avec Mademoiselle Pillsbury ne te ferais pas de mal ...

Il posa alors son regard sur la jeune femme qui se contentait d'acquiescer un grand sourire aux lèvres.

_ Attendez, vous voulez me prenez pour un dérangé ou quelque chose comme cela ?

Il les regardait, ahuri que l'on puisse lui sortir une chose pareille. Il se mit à jouer avec son briquet.

_ Je suis désolé de vous décevoir, mais je n'ai aucunement besoin de votre aide ni de l'aide de quiconque d'ailleurs !

Il fit apparaître de nouveau une flamme sous le nez de son proviseur, fit un petit sourire de coin avant de sortir d'un pas provocateur. Il se permit même un petit signe de la main avant de disparaître dans le couloir principal et de rejoindre son prochain cours.

Il aperçut alors une silhouette qui le fit sourire. Kurt. Et remarqua par la même occasion sa mèche de cheveux teinte en bleu pâle en concordance avec sa chemise ... Armani ? Pourquoi fallait-il que depuis qu'il l'avait retrouvé la veille, il n'arrêtait pas d'analyser ses moindres faits et gestes ?

La dernière sonnerie retentit entre le brouhaha des élèves pressés de quitter l'établissement. Et pourtant, Blaine n'avait pas réussi une seule fois à coincer Kurt. Il y avait bien eut ce moment, au repas mais il fut très vite entouré de toute la bande au complet des attardés du Glee club. Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi l'évitait-il autant et sa réaction de la veille.

Alors il se secoua un bon coup la tête. Qu'était-il en train de faire? Franchement, ce n'est pas son genre de s'inquiéter sur ce que pouvait ressentir quelqu'un envers lui. Plus maintenant. Plus après ce qui s'était passé.

Il quitta l'établissement d'un pas lent mais décidé regardant autour de lui le parking à la recherche de sa moto posée dans le coin quelques heures plus tôt.

Lorsqu'il eut parcouru les rues de la ville jusqu'à une petite maison à la limite de Lima, il remarqua la présence d'une voiture inhabituelle garée à proximité de l'entrée. Avançant avec prudence, il reconnu alors la voiture de l'homme qui aurait préféré ne jamais avoir du connaitre. Son propre père. Soudain, un vent de panique l'importa. Il avait envie de s'enfuir et de revenir chez sa grand-mère que lorsque l'intrus sera repartit dans un de ces pays d'Europe ou bien ailleurs, il s'en fichait bien.

Mais il partirait pour aller où? Il n'avait nul part ailleurs qu'ici, nul part. Il pouvait toujours aller squatter chez une de ses nombreuses "connaissances" mais n'en avait pas particulièrement envie ce soir. Mais le coup de rentrer chez lui ne le tenta pas plus que ça non plus. Alors il reprit la route, gagna le carrefour qui l'amena vers l'autre bout de la ville, suivant un chemin que son esprit seul reforma depuis toutes ses années.

Mais qu'est-ce que je fais ici? , ne put s'empêcher de se demander le bouclé se tenant devant une maison qu'il ne lui était que trop loin familière. Il posa sa cylindrée sur le côté de la maison et sonna par la suite à la porte. Il ne fut pas étonné de voir Kurt ouvrir la porte.

_ Désolé, on n'est ... Blaine?, (il regarda derrière lui dans un reflexe puis referma la porte derrière lui), mais qu'est ce que tu

fous ici?

C'est vrai ça, qu'est ce qu'il foutait ici? Il ne le savait même pas lui-même. Il se passa alors une main nerveusement dans les boucles de sa nuque et lâcha un bref rire nerveux.

_ Si tu veux tout savoir, j'en sais rien ... je ne sais pas où passer la nuit et je me disais que peut être ...

Putain mais qu'est ce qu'il foutait ma parole? S'il pouvait il se serrait enfuie prenant ses jambes à son cou.

_ Oh ... entre?!, lança-t-il sur un ton qui laissait penser que Kurt n'était pas sûr lui-même de sa proposition.

Blaine le regarda alors d'un regard fermé mais pourtant brillant d'une nouvelle lueur qui ne sut dire lui-même ce qu'elle signifiait...