Chapitre 7

Ils étaient encore étroitement enlacé lorsque Kurt interrompit leur baiser. Non, il ne pouvait pas une nouvelle fois se permettre de tomber amoureux de Blaine. Il en voulait pas être à nouveau brisé à cause de lui. Les mains posées sur le torse brûlant du jeune bouclé, Kurt le repoussa, le regard baissé. Il sentit tout autour de lui, l'emprise des bras de l'autre garçon se resserrer. Non il ne craquera pas une nouvelle fois. Il ne devait pas...

« Kurt, laisse-toi faire bébé...
- Non. (Il fut étrangement surprit d'entendre sa voix rester si calme.), Non, Blaine ce n'est pas un jeu...
- Kurt... tu m'aimes encore n'est-ce-pas ?, lui demanda-t-il dans un souffle.
- je... Je ne peux pas... Je-

Il ne put finir sa phrase. Levant ses yeux azurs et larmoyants vers les yeux mordorés qui le fixaient, il eut le souffle instantanément coupé. Comment pouvait-on être si parfait ?
Puis, il n'entendit qu'un simple « hey... » avant de sentir des lèvres avides de contact, rencontrer les siennes. Le bouclé le poussa puissamment en arrière, contre le matelas, le bloquant à l'aide de ses cuisses. Kurt voulut se débattre, le frappant comme il le pouvait, mais les mains du brun, viennent arrêter chacune des siennes, enlaçant leurs doigts ensemble.
Les baisers mouillés de Blaine descendirent par la suite, le long de sa mâchoire, avant de rejoindre son lobe d'oreille, qui lécha et mordilla avec passion.
Le jeune garçon ne put s'empêcher de soupirer d'aise à cette sensation.

Pourquoi fallait-il que cela soit si bon et agréable de le sentir contre lui ? Pourquoi est-ce si dur de le repousser pour de bon ? Et pourquoi son cœur battait si fort tout contre sa poitrine ?

« Bla—aine... », se mit à gémir le plus grand lorsque celui-ci commença à caresser le haut de son fessier.
Non, décidément, il était impossible pour lui de partir en courant. Surtout maintenant qu'il sentait les lèvres brûlantes de son vis-à-vis mordiller et lécher la peau de son cou. Toute volonté venait de le quitter. Il se laissa faire, incapable de quoi que ce soit, à part de gémir son prénom encore et encore.
Sa chemise vola bien vite à travers la pièce, laissant paraître sa peau de porcelaine sous l'air doux de la chambre.

« Sei bellissimo,mio amore... », murmura le jeune bouclé, le surplombant, avant de venir goûter chaque parcelle de son torse.
C'était quoi cette voix qui sonnait comme du sexe à l'état brut ? Ce geste ne réussit qu'à tordre un peu plus son bas ventre. Oh mon dieu, il allait devenir fou !

« Non Blaine s'il te plaît... »
Le bouclé venait d'attaquer le coin le plus sensible de son torse. Mordillant gentiment la peau, au-dessus de son os iliaque, il entraîna Kurt à déjeter inconsciemment ses hanches contre le sexe déjà bien dur de celui-ci. Il grogna tout contre sa peau, les mains de Kurt dans ses boucles en bataille. Il devait impérativement empêcher ce qui allait finir par se passer, de se produire.
Il rassembla alors toute cohérence encore possible dans son esprit et lâcha d'une voix qui se voulait ferme :

« Blaine, arrête. » Blaine s'immobilisa, ses lèvres toujours posées contre le début de son jean. Il resta ainsi, le front collé tout contre sa peau, un long moment.
Puis, il se redressa, s'asseyant tout en lui tournant le dos, sur le rebord de son lit.
Kurt rouvrit ses paupières encore fermées, sur le dos de Blaine.
Comment avait-il pu en arriver là tous les deux ?
Lorsqu'il détailla le dos de son ami (parce qu'ils ne pouvaient pas être plus que cela), il remarqua à quel point ses épaules s'étaient développées aux fils des années. Il réalisa par la même occasion à quel point il était avide de son toucher et de ses baisers. Mais la chose qui le fit le plus mal, c'est de se rendre compte de la douleur qui se lisait sur Blaine, cette douleur dont il ne connaissait qu'à moitié la cause, cette douleur qui lui fit prendre conscience d'à quel point il ne savait rien du nouveau Blaine,
« Je... »

A quel point, ils ne savaient rien l'un de l'autre,
« Je vais aller dormir sur—sur le canapé... »
Ne pas craquer, ne surtout pas craquer maintenant.

Il partit rapidement, manquant à plusieurs reprises de se ramasser de tout son long. Il préféra ne pas se retourner malgré le fait qu'il sentait parfaitement le regard pesant de Blaine sur lui...

Blaine n'arrivait pas à trouver le sommeil. Le simple fait de repenser à comment Kurt était partit le faisait se sentir mal. C'était lui qui s'était imposé de nouveau dans sa vie et c'était lui qui l'avait de nouveau fait fuir. Il venait de se confier à lui, de lui ouvrir une partie de son cœur et il l'avait repoussé comme une vulgaire chose. Il s'assit sur les couvertures. Réfléchir lui donner mal à la tête. Il avait envie de fuir en prenant ses jambes à son cou et de ne jamais revenir ici. Il voulait disparaître de la vie de Kurt et effacer tous leurs souvenirs ensembles. Si seulement il serait aussi simple d'oublier que de s'habiller. Dans la chambre du jeune homme tout était calme et la pâle lumière de la lune, qui filtrait du store, lui rappela d'horribles souvenirs de son adolescence seul et misérable.

00h54, voilà ce que le jeune garçon bouclé voyait affiché au radio réveil de sa chambre. Une légère brise venait caresser sa joue de la fenêtre, au-dessus de son lit. C'était un été très chaud et ce petit courant d'air l'apaisait. Il venait de se faire réveiller par par un craquèlement au rez-de-chaussée. Il se leva d'un coup et enfila ses pantoufles à l'effigie de son super héros préféré depuis son enfance : Iron man. Le tout jeune adolescent, descendit lentement les marches de l'escalier séparant sa chambre aux bruits qui s'amplifiaient petit à petit. Arrivant dans la cuisine, il regarda par la serrure l'intérieur de la pièce.

« ... Non mais... Oui je sais mais mon fils est déjà un moins que rien !... Je ne sais pas... Ahahah!Je l'imagine pas pouvoir réussir comme ton fils est en train de faire !... Tu ne sais pas combien je m'en veux d'avoir épousé sa mère, une moins que rien elle aussi... Oui je suis tranquille maintenant-

- Non maman était gentille et pas du tout une bonne à rien!Tais-toi TAIS-T-Le petit bouclé se retrouva d'un coup allongé sur le sol. La soufflet que son père venait de lui donner, l'avait projeté au sol. Il avait envie de hurler tout ce qu'il avait sur le cœur, lui parlait de toutes ses larmes qu'il avait versé depuis que ses parents se disputaient jour et nuit, depuis qu'il avait perdu sa mère l'un de ses seuls réconforts. Mais il n'en fit rien. Il se contenta juste de se relever et de laisser le sang couler le long de sa joue. Stupide dignité. Il partit pleurer une fois de plus dans sa chambre...

Blaine secoua la tête, essayant d'effacer les larmes dont ses yeux s'emplissaient. Il se leva brusquement, remballant ses affaires, avant de jeter un petit coups d'œil sur les photos accrochées au mur, au-dessus de son bureau. Des photos du magnifique garçon pour qui il serait prêt à faire n'importe quoi, avec ses nouveaux amis dont Finn (qui n'aimait vraiment pas!)
Puis, il remarqua qu'une photo était caché derrière le une pile de livre. Il recula un peu les manuels scolaires et se figea. C'était une photo d'eux deux, durant ce fameux été avant leur rentrée au collège. Ils étaient tous les deux blottit l'un contre l'autre et comprit que cette photo avait du être prise sous cet arbre où ils s'étaient après leur course.
Il eut envie de l'arracher mais se contenta de la remettre à sa place. Que cherchait réellement Kurt ?

Descendant les marches d'un pas décidé, il passa devant l'entrée du salon avant de se retrouver dans le corridor de la porte d'entrée. Là, il entendit des sanglots étouffés. Il avait complètement oublié que Kurt avait décidé de dormir sur le canapé. Il prit une faible inspiration avant de tourner la clé de la porte dans la serrure. Mais au même moment, il l'entendit plus clairement pleurer comme s'il n'avait pas remarqué que Blaine était toujours dans la maison.

Le jeune bouclé fit demi-tour et avança vers le salon. Celui-ci était plongé dans l'obscurité totale. Il s'approcha du fauteuil et vint s'asseoir au bord. Bien qu'il faisait vraiment noir, il arrivait tout de même à percevoir les yeux océans du jeune garçon.

« Kurt... »
Ce dernier se jeta brusquement dans ses bras pleurant ouvertement.

« Ne pars pas s'il te plaît... Je... Je peux pas faire une croix si facilement sur—sur toi... »
Il pleurait toujours autant rendant la compréhension de ses paroles compliquées. Mais Blaine ne répondit pas. Il le serra juste un peu plus dans ses bras, murmurant des shhh je suis là ou encore des ça va aller sans savoir ce qui se passait vraiment. C'est en sentant le liquide chaud qui gouttait de son poignet qu'il comprit ce qu'il venait de se passer. Nonononon ! Pas ça, pas ça alors qu'il était juste à côté. Pas ça alors qu'il se doutait que c'était en partie de sa faute ! Pourquoi fallait-il que tout dégénère tout le temps autour de lui?...