Dans la chambre des filles, la nuit suivant la malencontreuse rencontre de Méliana.

La grande demoiselle, allongée sur leur lit, se trouve dans les bras de sa moitié adossé contre le mur.
Zora a utilisé pendant toute la soirée ses acquis de l'école de barde, alternant l'humour, les récits des aventures qu'elles rêvent de vivre et des bons moments vécus ensemble, pour changer les idées et remonter le moral de Méliana.

Maintenant que son aimée s'est enfin endormie, la rousse jeune fille se permet de réfléchir à la situation. Elle sait qu'au réveille l'africaine aura surmonté son choc et voudra partir retrouver son tortionnaire pour venger la mort de son père adoptif et sa torture.
Elle n'arrive pas à dire le mot viol.
Comment peut-elle aider la femme de sa vie si elle ne peut même pas dire le mot tant cela la révulse d'envisager que sa moitié est subie de tel horreur.

Il est inconcevable pour elle de ne pas l'accompagner, le problème est que pour ses deux mères et sa moitié, elle passe pour une faible jeune fille qu'il faut toujours protéger. Jamais elles ne voudront qu'elles partent dans une entreprise si risqué.
Après un temps de réflexion, elle trouve la solution. Elle imitera maman Gabrielle et la suivra. Elle se montrera quand Méliana ne pourra plus la renvoyer car trop éloignée d'Athènes.
Il va falloir qu'elle soit très vigilante pour ne pas rater son départ et avoir son sac de prêt dès demain matin.
Sur ces bonnes résolutions, elle s'endort après avoir embrassé le front de sa douce.

Le matin dans la cuisine au petit déjeuner

Comme tous les matins Gabrielle est dans les bras de Xena entrain de remuer le gruau sur le feu quand les deux jeunes filles descendent prendre leur petit déjeuner.
Elles sont toujours étonnées et ravies de voir que leurs mères trouvent toujours des paroles à se murmurer pour se faire rougir l'une l'autre. Le contraste est si grand avec leurs premières années auprès de l'ancienne barde qu'elles ont pris l'habitude d'observer quelques secondes les deux femmes, pour se réchauffer le cœur, sur le pas de la porte avant d'aller s'asseoir.

Une fois le repas fini, avant que Méliana n'évoque son intention de partir, Xena prend la parole:
-" Avec votre mère, nous avons décidé que cette année notre mois à parcourir la campagne se ferait toutes les quatre et servirait à démanteler et arrêter le réseau d'esclavagiste et la mise hors d'état de nuire du c... qui ta
La guerrière s'arrête ne pouvant toujours pas évoquer le viol de sa fille adoptive, Zora s'en aperçoit et s'en trouve rassuré de n'être pas la seule.

Gabrielle prend la relève:
-" Méliana, nous nous doutons bien que tu n'as qu'une envie c'est de tuer cette carcasse putride et immonde.
Nous comprenons parfaitement mais nous te demandons de ne pas le faire et de partir dans quinze jours avec nous pour participer au plan de ta mère.
-pourquoi vous me laissez pas simplement le retrouver et le tuer."

Xena luttant pour se contrôler, l'interpelle:
-" Tu vas le traquer. Tu vas imaginer à chaque secondes tout ce que tu vas lui faire. Si par malheur cela dure plusieurs jours, tu en feras même des rêves. Mais le mieux, c'est que cela va aussi faire revenir tous les souvenirs de cette période horrible, tout ceux que tu avais réussi à oublier, tout ceux que Zora et ta mère t'ont aidé à digérer et avec eux, leur lots de cauchemars.
Bien sûr cela ne t'arrêtera pas puisqu'il le mérite et que tout rentrera dans l'ordre après la mort de ce pourri.
Quand tu vas le retrouver et le tuer, parce que tu y arriveras, tu auras d'ailleurs tué tous ceux qui se seront interposé sans même t'en apercevoir, obnubilé que tu seras par ta vengeance, tu exulteras.
Mais l'euphorie sera de très courte durée, dès le lendemain, au réveil, quand tu voudras réfléchir ou plus probablement goûter au plaisir du souvenir de ta vengeance tu t'apercevras que la douleur est encore là. Elle sera même amplifier parce que tu découvriras tous les actes barbares que tu auras commis pour mener à bien ton projet.
Dans un premier temps, tu t'en moqueras, considérant qu'il l'avait mérité. Puis les cauchemars viendront toutes les nuits, une alternance sadique de ce que tu as subit et de ce que tu es responsable. Ta conscience t'hurleras que tu es pareille que ton bourreau.
Tu t'éloigneras des gens que tu aimes pour ne pas les blesser et là tu te retrouveras toute seule.
Pour survivre, tu utiliseras ton don pour le combat. Étant meilleur que ton ancien bourreau tu feras bien pire. Bien sûr jamais de viole, mais ce sera une maigre consolation le jour où tu retrouveras ta conscience, si tu la retrouve, si tu as la chance de croiser un être d'exception que te remettes dans le droit chemin.

Le désir de vengeance Méliana est juste une manifestation de ton ego pour reprendre le contrôle, cela ne te mèneras rien de bon. Tu es quelqu'un de trop profondément généreuse pour ça, seule les personnes narcissiques en retire du plaisir."

En larme, Gabrielle enlace sa Femme.

Méliana, arrogante bien que touchée par récit de sa mère contre-attaque:
-" Qui te dit que cela se passera comme pour toi, maman?
-tu serais prête à risquer de tout perdre pour ta vengeance? D'autant que notre proposition en est, en quelque sorte, une."

Zora profite du silence pour se manifester en prenant tendrement la main de sa moitié.
Son aimée baisse alors la tête vers cette union puis plonge son regard dans ses yeux. L'échange muet semble durée une éternité.

Le silence de la cuisine n'est perturbé que par les derniers reniflements de Gabrielle, blottie dans les bras de sa guerrière.

La connexion avec son amour apaise l'africaine, lui permettant de réfléchir objectivement au parole de Xena. Sa décision prise, elle embrasse passionnément l'irlandaise et annonce à sa famille qu'elle les suivra dans quinze jours.

Les deux bardes soulagées lui font un câlin immédiatement. Exceptionnellement, Xena se joint à elle évacuant ainsi les dernières craintes suscité par sa fille.

Méliana fait, une fois l'étreinte fini, la proposition auquel elle vient de penser:
-" Maman Xena, pourquoi ni allons-nous pas que toutes les deux, puisque nous sommes les plus fortes? Ainsi maman Gabrielle et Zora reste ici à l'abri.
La princesse guerrière intervient avant que les bardes réagissent et noient la jeune fille sous un flot de paroles acerbes et furieuses, illustrant dans un langage plus ou moins fleuris leur avis sur cette remarque pour le moins blessante :

-« Jeune fille, tes propos, bien que partant d'une bonne intention, sont parfaitement déplacés et irrespectueux vis-à-vis de ta mère. Si tu n'avais pas été en état de choc hier, je la laisserais t'expliquer elle-même son point de vu.

En ce qui concerne Zora, tu fais les mêmes erreurs que moi. C'est ton égo et ton amour qui t'influence, pas ta réflexion. Son diplôme prouve pourtant sa maturité et tu continues à te sentir responsable d'elle.

Ma grande, je vais t'apprendre un grand secret, elle est maitresse de sa vie et de ses décisions. Certes tu l'influences parce qu'elle t'aime mais ce qu'elle choisit, elle le fait en son âme et conscience, tu ne peux pas le galvauder en le considérant comme de ton faite. A contrario, tu n'as pas non plus le droit de te dédouaner, si tes actes l'entrainent dans des problèmes.

Maintenant tout le monde au dojo, jeune fille, vous allez voir la soi-disant faiblesse de votre mère à l'œuvre contre vous. Cela lui fera le plus grand bien, vous mettra un peu de plomb dans la tête et nous permettra à Zora et moi d'assister à un beau spectacle. »

Tête baissée, honteuse, Méliana s'excuse auprès des offensées qui trop touchées et en colère hochent juste le chef incapable de parler.

Pendant le trajet vers la salle d'arme, Xena glisse à l'oreille de Gabrielle de retrouver son calme pour éviter que l'une d'elles soit blessée pendant le duel qu'elle vient d'organiser.

Elle ajoute après un petit silence de réflexion qu'il lui faudra, aussi, toute sa lucidité pour vaincre sa fille qui est réellement très bonne.

A ses mots, l'adulte redevient la jeune fille de leur rencontre, celle qui cachait son manque d'assurance en parlant sans discontinuer, et demande à sa femme si elle est sûre qu'elle arrivera à battre Méliana. Elle le lui confirme d'un baisé.

Du côté des filles, devant, la grande noire s'emploie à se faire pardonner en s'expliquant et en s'excusant. Elle parle pendant tout le trajet.

Zora en est touchée, elle qui n'a pas du entendre d'aussi long discours sortir de la bouche de son aimée depuis l'épisode de l'auberge, le jour où elles ont rencontré leur mère.

Arrivée à destination, elle prend le visage de son amour entre ses mains, l'embrasse puis la gifle en lui disant que plus jamais elle ne doit même envisager de partir sans elle. Malgré la douleur de sa joue, Méliana a le sourire, comprenant qu'elle est pardonnée et lui jure d'être toujours à ses côtés.

La rousse uni leurs lèvres à nouveau.