Confrontation mère-fille

Arrivée au dojo les deux femmes se changent et s'échauffent. Le bâton est choisi comme arme puisque Gabrielle n'aime pas l'épée et Méliana ne s'est jamais vraiment entrainé aux saïs.

Gabrielle s'astreint à des exercices respiratoires pour évacuer tous les ressentiments et les émotions de la matinée. Elle doit, à la fois, être pleinement lucide et totalement concentré pour ce combat qui, bien qu'amical, est vital. Il lui faut ramener sa fille à plus de modestie dans ses capacités aux combats, sinon elle risque de mourir en se surestimant.

Bien sûr, elle est très douée mais Gabrielle, au cours de ses aventures avec Xena, a vu de meilleures guerrières qu'elle se faire battre du faite de leur trop grande croyance en leur capacité. Elle est consciente d'être, avec sa moitié, responsable, pour beaucoup, de ça. Elles l'ont surement trop survalorisé pour compenser les mauvais traitements de son passé.

Maintenant il lui faut lui remettre les idées en place pour qu'elle comprenne que l'option de se battre n'est pas sans conséquence, qu'il faut y réfléchir à deux fois avant de l'envisager et qu'elle est loin d'être imbattable. Pour toutes ses raisons, il faut qu'elle gagne avec la manière.

Heureusement que depuis le retour de son aimée, tous les matins, elle s'entraine une heure au combat sinon vu la différence de gabarit elle n'aurait aucune chance.
Elle recommence ses exercices de relaxation et cette fois ci elle les réussi.

Melilla s'est isolée avec sa moitié dans le vestiaire des élèves.
Enfin c'est Zora qui l'y a menée d'autorité dès leur entrée dans le bâtiment. Le changement de la belle africaine se fait dans un silence assourdissant des pensées, l'une culpabilise pour ses paroles trop vite prononcées, l'autre doit les oublier pour soutenir et surtout donner les dernières recommandations indispensables.

Comme à son habitude, c'est la barde qui rompt le silence la première:
-"Mél, j'ai mis du temps pour comprendre que le sentiment que j'éprouvais pour toi n'était pas de l'amitié mais de l'amour. J'ai appris à te connaitre avant de savoir t'aimer. Je comprends très bien pourquoi tu veux que je reste à l'abri mais c'est MA VIE et je veux en disposer comme je l'entends.

Evidemment, je suis touchée que tu prennes soin de moi, mais je veux aussi que nous deux ce soit ensemble sur un pied d'égalité, pas tu décides, je subis. Pour durer, notre relation doit être celle d'un vrai couple, qu'il y ai une concertation, du dialogue et surtout que l'autre soit écouté.

J'ai sais que tu n'es pas encline à beaucoup parler et j'ai toujours respecté ça, mais je ne pourrais jamais accepter que tu décides unilatéralement les choses. Je refuse catégoriquement de souffrir comme maman Gabrielle quand maman a décidé que ce serait mieux pour tout le monde si elle ne ressuscitait pas.

-Je suis d'accord, mais comprend moi je ne peux vivre sans toi. C'est égoïstement, je te l'accorde, que j'ai dit cela tout à l'heure, si tu étais blessée par ma faute je m'en voudrais toute ma vie et s'il t'arrivait malheur je n'aurais pas le courage de maman Gabrielle et ni survivrais pas.

-Méliana, je te comprends très bien, je te l'ai dit, je ressens la même chose que toi.

Je m'en veux toujours de ne pas avoir été là lors de ton tabassage dans les rue d'Athènes. Alors s'il te plait ne me tient pas éloigné de toi la torture est trop grande."

Un câlin tout doux et plein de tendresse vient clôturer cette mise au point nécessaire.

Zora, après un trop court moment au goût des deux demoiselles reprend:
-"Chérie ce n'est pas la raisons de notre isolement, ici. Cette conversation n'était pas préméditer.
Je t'ai fait te changer loin des mamans pour te dire qu'il est impératif que tu combattes maman Gabrielle comme tu le ferais de maman Xena.

-Mais c'est impossible.

-Pourquoi?"

Le silence s'installe dans le vestiaire pendant que la jeune fille cherche la réponse à cette question:
-" Parce que c'est Maman Gabrielle.
Celle qui nous a recueillies.
Celle qui était là quand j'avais mes cauchemars.
Celle grâce à qui tu es encore en vie.

-Je me doutais de ta réponse.
Mais si tu veux lui montrer ton respect, il faut aussi que tu la considère comme une combattante.
Certes pas au niveau de maman Xena, personnes ne l'ai de toute façon, mais qui a créé et entraîné la milice de Potidé et qui c'est plus que défendu face à l'hydre.
Tu dois, donc être à ton maximum et surtout ne pas retenir tes coups.
Il faut que tu sois la Méliana qu'elle a vu combattre lors de tes entraînements pour lui montrer qu'elle est une adversaire du même ordre que sa Femme pour toi.

-Je vais essayer mais cela va être dur.

-Et dis-toi bien que si la surprotectrice Xena a proposé ce combat c'est quel le considère à son niveau, donc si tu ne veux pas te prendre une déculottée retentissante tu as plus qu'intérêt à être à ton max.

- Trop honteuse de mes paroles, je n'avais pas pensé à tout ça. Je mesure encore une fois la chance de t'avoir à mes côté. Merci."

Le baisé qu'elles s'échangent alors est passionné.

Après une feinte de corps la barde passe sur le côté gauche de sa fille et l'envoi au sol d'un balayage avec son bâton.
La jeune fille n'a pas le temps de se relever que sa mère lui tape doucement le front du bout de son arme en prononçant ses premiers mots depuis son entrée au dojo:
-"Gagner, maintenant tu vas te doucher et le dernier jour de classe, tu viendras m'aider à tout nettoyer."

Xena arrivant derrière sa belle rajoute:
-" Et tu as quinze jours d'entraînement au bâton à partir de demain matin car bien que doué tu n'es visiblement pas encore au niveau."

Silencieusement et accompagné de Zora, la belle africaine va au vestiaire.
Une fois rentrée dans la pièce son irlandaise la retourne pour l'embrasser passionnément puis avec son enthousiasme coutumier:
-" Votre combat est digne de ceux que maman décrit quand elle raconte les batailles de maman Xena.
Vous avez été fabuleux.
Ton premier assaut, quand tu as enchainé tous ses coups en visant alternativement la tête et le flanc gauche de maman qui sans reculer les a tous arrêtés, a été hallucinant.
À chaque fois que vos deux bâtons se heurtaient, le bruit était si assourdissant que j'avais peur qu'ils se cassent et vous blessent.
Voulant en parler à maman, je me suis retournée vers elle, son léger sourire m'a rassuré.
Tu te rends compte Mel, maman souriait, cela veut dire qu'elle était fière de vous deux.
Tu imagines votre niveau!

-Pourquoi alors j'ai quinze d'entraînement?

- parce que tu as perdu.
Si tu avais gagné, demain tu aurais eu à l'affronter au bâton, le lendemain à l'épée et le surlendemain à mains nues.
Tu aurais eu à combattre la princesse guerrière en mission éducative au près d'une des trois personnes les plus importante au monde pour elle.
Là tu aurais souffert et c'est peu dire.

- Tu veux dire que la raclé que je viens de réservoir de la part de maman Gabrielle ce n'est pas une sorte de fessé devant mon insolence de tout à l'heure?

- Non, ça c'est le nettoyage de ses salles de classes.
Ce que tu viens de subir c'est ton sermon contre ta trop grand confiance en tes capacités au combat.

- Oui bah, j'aurais préféré le sermon, je n'aurais pas trois jours de courbature en prime."

Zora la regarde les sourcils froncés et la bouche pincée. Méliana finit par admettre que seul une pareille défaite lui a permis d'intime ment comprendre qu'elle n'est pas intouchable.

La barde reprend:
-" En tout cas ton enchaînement de coups de pied vers la tête de maman et de tentative de fauchage avec une telle vitesse ont été de toute beauté."

La combattante s'est déshabillée pendant leur conversation et entrée dans les thermes.
La rousse, devant le spectacle, ne résiste pas à l'appel de ses hormones et rejoint sa moitié.

Xena prend le bâton des mains de sa femme, le pose sur le râtelier et une fois leurs fille parties, l'embrasse, exprimant ainsi toute la fierté qu'elle ressent.
Elle emmène ensuite la barde, sans un mot dans son vestiaire. Là, en la dénudant, elle prend enfin la parole:
-" la puissance et la vitesse des coups de Mel m'ont inquiétée les premières quinze secondes ensuite, j'ai regardé ce combat comme j'admirais Lao Ma s'entraîner."

Au moment où Gabrielle ouvre la bouche pour protester, Xena joint ses lèvres aux siennes pour l'en dissuader puis termine son compliment en lui assurant qu'elle l'a surpasse dans l'art du combat au bâton.

Là, la barde explose:
-" Je n'ai fait que subir et contre attaquer. Jamais je n'ai dominé Mel et si elle n'était pas tombé dans le piège de ma feinte, elle m'aurait eu car je suis épuisée.

-Penses-tu vraiment que quand j'ai combattu Callisto cela se soit passé différemment?
Amour, tu viens de gagner, sans aucun doute possible, contre une des meilleurs combattante que je connaisse. Mais comme tu ne me croiras jamais, dans deux jours, le temps que tu sois remise, nous nous affronterons au bâton.
Pour que tu sois sûr que je ferais tout pour gagner, je promets que si je perds, je viendrais dans ton école, lors du dernier jour de classe, raconter une de mes aventures.
Pas à ma manière mais avec tes mots et tous tes superlatif élogieux à mon égard, qui me rendent si mal à l'aise."

Gabrielle reste bouche bée après tant de compliment. Elle descend de son petit nuage qu'une fois dans le bain, Xena nue à ses côté et très entreprenante.