Bonjour tout le monde ! *contemple l'immense salle presque vide, occupée par une dizaine de sièges seulement* Hum. Oui, donc, je disais... *fouille dans ses fiches* ... ah, oui ! voilà ! *s'éclaircit la gorge*
Let's go pour le chapitre 3 ! Voyons voir si la situation se décoince un peu entre nos deux protagonistes... ["Oh, oui, décoince-les…] *fait taire sa conscience d'un kick-in-the-face judicieusement placé* ... ne faites pas attention à elle, le meilleur moyen c'est de l'ignorer...
Je me suis rendue compte que j'ai sans le vouloir fait un placement de produit dans mon histoire... tant pis, j'suis lancée, j'continue, mais je m'excuse pour les non-adeptes de la marque à la Pomme... ^^"
Merci à tous ceux qui me suivent et me laissent des reviews d'encouragement, c'est super plaisant et ça motive carrément pour écrire ! ;) J'espère vous voir toujours plus nombreux sur La Route avec Ace, Trafalgar et moi-même...! J'vous embrasse tous !
Mais bon, sans plus attendre... plus d'humour (j'ai essayé... être drôle c'est pas facile.), mais ambiance un peu spéciale sur la fin, *pas taper, pas taper* je vous laisse juger...
Enjoy it !
« Broke our mirrors
Sunday morning is everyday for all I care
And I'm not scared, light my candles
In a daze 'cause I've found God… »
Nirvana
.
- Oh, non, sérieusement… j'en peux plus, là, t'as pas autre chose ?
Law jeta un regard surpris à Ace qui s'était tourné vers lui, extrêmement sérieux, alors que Lithium de Nirvana crachait ses saturations par les fenêtres ouvertes, dans la chaleur infernale des Mojaves.
Quatre jours s'étaient écoulés depuis leur départ de l'hôtel, et Ace était peu à peu sorti de sa réserve, même s'il restait taciturne et gardait son extrême politesse en toute circonstance – il avait visiblement décidé de la laisser de côté pour le moment, elle aussi.
- … pardon ?
- C'est quoi, tes groupes ? t'écoutes que des chansons de rock, de métal ou d'autres… trucs dans le genre du siècle dernier ?
- … il faut croire. Tu n'aimes pas Nirvana… ?
- J'connais même pas et tu vois, ça me manque pas... !
Law soupira et secoua la tête, alors qu'ils fonçaient toujours à toute allure sur la route. Le jeune freluquet manquait de culture et il comptait bien combler ses lacunes artistiques ; il poussa le volume à fond et son hôte grimaça en plaquant ses mains sur ses oreilles.
- Savoure ! lança Law pour couvrir le son de la guitare. Saisis l'opportunité d'agrandir tes connaissances !
Ace marmonna en fouillant dans son sac, en sortit un baladeur que Law n'avait pas encore vu jusque-là et le lui tendit. Il débrancha son iPod et plugga le sien à la place ; son propriétaire fit défiler les chansons et en lança une soigneusement choisie.
Law serra les dents et sentit sa peau se hérisser quand Lose yourself d'Eminem résonna dans l'habitacle.
- Putain, non, non, non, c'est sataniste, retire-moi cette merde !
- … quoi ? Ce mec est terrible ! cette chanson, c'est juste… ses tripes, sa vie, son passé, l'envie qu'il avait de percer dans un monde qu'était pas fait pour lui ! tu peux pas dire que c'est une merde ! s'effara Ace, plein de véhémence.
- Et Kurt Cobain, tu crois qu'il se contente de s'arracher la voix ?
- Parce qu'il y a autre chose, derrière, peut-être ?!
- T'as vraiment aucune culture, Portgas.
Ace, buté, ne baissa par le regard, le fixant avec hargne, attendant qu'il poursuive ; Law soupira, leva les yeux au ciel et le foudroya du regard.
En ce moment, il haïssait ce type. C'était sa voiture, sa musique, c'était lui le conducteur, et s'il voulait écouter Nirvana, Dire Straits ou Black Sabbath en s'éclatant la voix, c'était son problème. Il allait lui rabattre son caquet une bonne fois pour toutes.
- La chanson parle d'un mec déprimé, et de toute évidence au bord de la folie, sa fiancée vient de le quitter et en dernier recours, il se tourne vers la religion. Il est dérangé, bipolaire, et c'est de là que vient le nom de la chanson. Lithium, c'est le nom du médicament aux Etats-Unis qu'on prescrit aux patients qui souffrent de troubles mentaux.
- Comment tu sais ça ? s'étonna Ace.
- Je le sais, c'est tout, marmonna Law en éludant soigneusement sa question, reportant son attention sur la route. Question de culture générale. Ce dont tu manques cruellement.
Ace, piqué au vif, lui balança son stylo à la figure ; Law le lui renvoya et ils se chamaillèrent de plus belle, comme à chaque fois qu'ils exprimaient leurs désaccords – et ils étaient nombreux.
Il se rassit plus sagement sur son siège et prit de nouvelles notes dans son carnet. Law loucha sur la photographie qui en dépassait, et qui montrait Ace et un autre garçon ; bras dessus, bras dessous, immortalisés sur le papier glacé.
Law ne posa pas de questions, même si des dizaines se pressaient à ses lèvres. Qu'est-ce que ce carnet contenait ? Venait-il vraiment de Caroline du Nord… ? avait-il réellement traversé tous les Etats-Unis d'est en ouest… ? et surtout, pourquoi ? qu'est-ce qui l'avait poussé à tout abandonner derrière lui ?
Ace referma le carnet et le rangea, alors que la playlist passait à One love de Nas, faisant grimacer un peu plus le conducteur de la voiture, qui s'obligea à ne rien dire – bon, après tout, Ace avait aussi le droit d'écouter les musiques qui lui plaisaient.
… un peu.
- Je peux te demander quelque chose… ? murmura-t-il après de très longues minutes de silence.
- Essaye toujours, chuchota Ace en se renfermant légèrement, sur la défensive.
- … quel âge tu as ?
Ace sembla surpris – il s'était visiblement attendu à quelque chose de beaucoup plus personnel, comme les raisons de sa présence sur l'Interstate 40.
- … dix-sept ans.
Law soupira et pesta contre lui-même. Il aurait dû s'en douter – un gamin. Ace était juste un gosse paumé au milieu de nulle part, à environ quatre milles kilomètres du foyer où il aurait dû se trouver. Normal.
- Et toi ?
- Quoi, et moi ?
- Ton âge.
- C'a de l'importance ?
Ace acquiesça, soudainement très intéressé. « Puisqu'on est dans la confidence… ». Sidéré, il s'étrangla quand Law lui annonça avoir fêté ses vingt-huit ans le mois dernier. Le conducteur de l'Aston lui tapa dans le dos pour l'aider à reprendre son souffle, inquiet, avant de sortir la bouteille d'eau de sous son siège pour la lui tendre, le laissant boire abondamment pour retrouver une respiration correcte.
- T'es vieux !
- … pardon ?
- On a… plus de dix ans d'écart !
- … je comprends pas bien le problème… ça va changer ta vie, de savoir que sur les six milliards d'êtres humains de la planète, il a quelqu'un plus vieux que toi de dix années … ?
- Rien à voir ! rétorqua Ace, tout rouge. C'est juste que… j'pensais que t'étais… plus jeune… !
Le silence revint, seulement troublé par les musiques d'Ace qui défilaient toujours, alternant rap et techno à tour de rôle.
La réaction du jeune homme amusait Law ; ce gosse s'offusquait d'un rien, et lui faire perdre ses moyens ou l'énerver était devenu un de ses passe-temps préférés. C'était tellement facile de le faire sortir de ses gonds… peut-être à cause de sa jeunesse.
- J't'ai pas demandé… où on va, exactement ? s'enquit Ace.
- À Big Sur. Au Burns State Park. Enfin… c'est là que j'ai prévu de me poser. Libre à toi de faire ce que tu voudras ensuite.
- Mmmn.
- Encore une question, tu as le droit de ne pas répondre, toussota Law.
Ace lui fit signe de continuer avant de triturer ses doigts, nerveux.
- … t'avais peur de moi. Je veux dire… c'en était presque maladif.
- Ce n'est pas une question, murmura Ace, soudain beaucoup plus calme.
- C'est vrai. Mais ça n'empêche pas qu'il y a une réponse à ça.
L'adolescent joua avec la bandoulière de son sac pendant quelques instants, cherchant ses mots. Law lui laissa le temps de la réflexion, ses yeux toujours rivés sur la route qui s'étendait devant eux.
- … quand tu es arrivé ça faisait déjà trois jours que je marchais, murmura-t-il. Nuits comprises. J'avais froid la nuit, chaud le jour, faim et soif. Je pensais que j'allais mourir ici. C'est pour ça que je suis monté, même si… ma conscience me disait que c'était une mauvaise idée.
- Pourquoi ça… ?
- Tu m'as pris avec toi sans me poser de questions, alors que tu aurais eu le droit de m'envoyer balader. Tu ne me demandes rien… en contrepartie.
Law fronça les sourcils, plein d'incompréhension ; il ignorait totalement où cette conversation allait les mener, mais ça ne lui plaisait pas du tout. Mauvais pressentiment sur la suite.
- … il y a une semaine, un type m'a pris en stop, lui aussi. Un peu bizarre, mais j'essayais de me dire que c'était juste pour quelques kilomètres, histoire de m'avancer un peu. La nuit est tombée, et il s'est arrêté, alors… je pensais qu'il voulait faire une pause, ou que je sorte mais… il a… juste… dit que je devais lui être… reconnaissant. Il a…
Ace avala difficilement sa salive, triturant son sac pour cacher le tremblement de ses mains.
- … posé sa main… sur moi et… je…
Il serra les dents et Law sentit ses doigts se crisper sur le volant, à en blanchir ses jointures.
« Gros porc dégueulasse. »
- … j'ai paniqué. J'ai voulu sortir de la voiture mais il avait verrouillé les portières. C'était… je sais pas comment j'ai réussi à sortir, mais… j'ai couru. Longtemps. Je ne voulais pas qu'il me rattrape, qu'il me… touche de cette manière. C'était… répugnant.
- Je suis désolé. Que ta route ait croisé le chemin de ce genre de personnes, souffla Law en s'exhortant au calme.
- Ça fait rien… c'est presque déjà oublié, t'en fais pas. Et puis… t'es pas comme ça. Alors je n'ai plus peur, confessa-t-il.
Law sourit légèrement avant de tendre la main et de lui ébouriffer gentiment les cheveux ;
Ace protesta et leur bagarre reprit de plus belle.
.
J'espère n'avoir perdu personne en route avec la fin du chapitre ! ^^" À bientôt pour le prochain...
(sans vouloir m'avancer, il arrivera normalement en milieu de semaine prochaine, puisqu'écrit dans la foulée de celui-ci... aah *soupir*, les Happy Hour de l'écriture, quand elles nous tiennent... ^^)
