Ohayo everyone !

[Hé ben, Japano-anglais, tu t'améliores pas, ma viei-...] oh, ça va, hein ! -_-" j'essaye d'être cool ! [Essayer c'est bien, réussir c'est mieux...]*mmmn, tu gagnes celle-là... à charge de r'vanche !

Allez, j'arrête là pour le monologue et je vous remercie pour être toujours plus nombreux à me suivre et me laisser des commentaires ! :) (le "surkiff intersidéral" de Zazou m'a littéralement liquéfiée sur mon canapé, merci à toi :D)

Comme je l'ai noté sur mon profil, j'ai reçu des MP me demandant quelles chansons j'utilisais pour écrire mes chapitres... pour ceux dont Google ne serait pas l'ami (et qui ont donc la flemme de chercher), je mets les liens sur mon profil à chaque sortie d'un nouveau chapitre, z'avez plus qu'à cliquer sur mon prestigieux pseudonyme *tousse*

Comme promis, chapitre posté un peu plus tôt que prévu ! hé hé hé, j'ai d'l'avance... [Ouais ben prie pour pas avoir de retard, sinon j'peux t'dire qu'il y en a qui vont pas t'louper]

On lève peu à peu le voile sur nos personnages au fil des chapitres, celui-ci nous en apprend un peu plus sur...bwah, j'vous laisse lire XD

Mention spéciale pour Pyrolouve, qui se reconnaîtra peut-être ;) [Prie pour que ça soit le cas, sinon c'est la honte.] oh, m'en parle pas...

Bon allez, stop flood et...

Enjoy it !


« My lady D'Arbanville, you look so cold tonight
Your lips feel like winter
Your skin has turned to white…

your skin has turned to white… »

Cat Stevens

.

Ace fut réveillé par un copieux juron, suivi d'un fracas métallique ; il se frotta les yeux en se redressant, alors qu'un coup agitait la voiture.

- Putain de merde. Fait chier.

La nuit n'allait pas tarder à tomber, et la faible luminosité empêchait Law de voir le bloc moteur. Il était parfaitement capable de réparer sa voiture, puisqu'il la connaissait sur le bout des doigts après toutes ces années, mais pas dans une telle pénombre.

« … pfff, quelle poisse. »

Ace s'extirpa de son siège et sortit du véhicule, frissonnant dans le froid glacial de l'air, s'étirant avant de rejoindre son partenaire qui pestait en se débattant avec ses clés à molette.

- … qu'est-ce que tu as… ?

- La courroie de distribution est morte, on est à dix bornes de Big Sur et on est coincés ici parce qu'on y voit comme à travers une pelle !

Il s'efforçait de contenir son agacement ; après tout, l'adolescent n'y était pour rien dans son manque de veine, et s'en prendre à lui n'arrangerait pas la situation.
Ace sourit, lui prit sa clé des mains et lui fit signe de se pousser.

- … qu'est-ce que tu fais ?

- Je la change, ta courroie.

- … si c'est une blague, j'suis pas spécialement d'humeur, Ace.

- Je ne blague pas, murmura-t-il avec douceur.

Il fit tourner le moteur avec la vis du vilebrequin, tendant l'oreille pour aligner les poulies de la distribution.
Law le regarda faire avec un certain scepticisme, mais resta silencieux, le laissant faire ce qu'il avait en tête.

« … depuis quand tu laisses quelqu'un d'autre tripoter ta voiture ? » toussota sa conscience.

Il n'en avait strictement aucune idée ; Ace semblait savoir ce qu'il faisait, et lui était las de s'acharner dans la pénombre. Au pire, quoi que ce gamin puisse démonter, il serait remis le lendemain matin.
Il aurait juste préféré arriver plus tôt à son nouveau point d'ancrage.
Ace plongea ses mains dans le moteur à l'aveuglette et ferma les yeux, semblant chercher quelque chose, avant de desserrer le galet tendeur et de retirer la courroie avec une facilité déconcertante quelques instants plus tard.

- Comment tu…

- Chacun son truc. Chanter, jouer, avoir de la culture, ça impressionne toujours les filles, mais j'ai mieux, s'esclaffa Ace en maintenant la pompe à eau pendant qu'il replaçait la courroie neuve.

« Il se fout de ta gueule, mon pote. Chanter… ? jouer… ? putain, mec, dans cinq minutes il te transforme en Bee Gees ! »

Oh, la ferme, songea-t-il en repoussant les grognements de sa conscience.
Il était resté trop longtemps sur la route et son cerveau était grillé, c'était la seule explication logique. Parce que la voix devenait vraiment envahissante, par moment.

- Tes chevilles, ça va ? toussota Law. Tes chaussures te serrent pas trop... ?

- 'peccable.

« ... et il se jette des fleurs, avec ça... »

- Et elles tombent toutes sous ton charme ravageur, je suppose… ? ironisa-t-il.

- Au moins ça, sourit Ace en remontant les enrouleurs et les galets, ajustant leur tension, toujours sans regarder. Je pense que ta copine n'a pas résisté non plus à la guitare près du feu de camp ?

OK.
Celle-là, il ne l'avait pas vue venir.

Ce gosse était définitivement un problème. Malin et observateur… c'était bien sa veine de tomber sur une purge pareille.

- Qu'est-ce qui te dit que j'ai une copine… ? marmonna-t-il, mine de rien.

- Dans le pare-soleil. Il y a une photo d'elle et toi.

« Je savais que j'aurais dû la mettre ailleurs, celle-là. »

- Encore une fois, qu'est-ce qui te dit que c'est ma copine… ?

- Je ne pense pas que tu sois adepte des photos de nu avec ta sœur, pouffa l'adolescent en réalignant les poulies avec soin.

« Petit con. »

Law sourit et secoua la tête, croisant les bras sur son torse dans un geste qu'il voulait désintéressé. C'était toujours pareil quand il pensait à Jewelry – il avait l'impression que son cœur allait s'éjecter de sa poitrine et que la douleur allait le tuer.
Ace sembla percevoir son trouble, malgré ses efforts pour ne rien laisser paraître, et se sentit aussitôt bête et mal à l'aise.

Comme lui, Law fuyait quelque chose, et il n'avait jamais osé lui demander ce que c'était ; trop personnel, trop intime, trop triste… trop de choses.

- Désolé. Ca ne me regarde pas, marmonna Ace en remontant les caches de la distribution.

- Ça ne fait rien.

Law avait envie de le frapper.
Il n'y était absolument pour rien, mais c'était comme ça. Il voulait défouler sa colère et son amertume sur quelqu'un, n'importe qui, et Ace était le seul être humain aux alentours. Il savait que ce n'était pas la solution, qu'Ace avait seulement voulu le taquiner, faire de l'humour, le sortir de son silence... tout ça partait d'une bonne intention.

Tout partait toujours d'une bonne intention. Seulement voilà, les choses ne se déroulaient pas toujours comme prévu.

Il avait salement merdé ce jour-là et, s'il s'en prenait à Ace, il ne ferait que confirmer et aggraver le dégoût déjà marqué qu'il avait de lui-même.

- … elle n'est pas venue avec toi… ? vous êtes… enfin, vous êtes… plus ensemble… ? hésita Ace.

L'adolescent se sentait idiot et ridicule ; Law pouvait très bien l'envoyer promener – sa présence devait déjà plus l'encombrer qu'autre chose, puisqu'il avait de toute évidence envie d'être seul, et ses questions maladroites n'allaient faire qu'empirer les choses.

Law sentit l'amertume de la bile remonter le long de sa gorge ; il la ravala en réprimant mal sa grimace.

- … elle est morte.

Ace laissa tomber la clé à molette sur le sol dans un fracas sourd, qui les laissa tous deux indifférents. Mortifié, il resta debout, les bras ballants, planté entre Law et la voiture, à ne pas savoir ce qu'il devait faire.

Il en aurait bouffé son tee-shirt.

« Quel crétin… j'suis décidément doué pour tout foutre en l'air. »

Ace avait rarement vu une expression comme celle qui s'affichait sur le visage de Law : tristesse, colère… et culpabilité. Mais il aurait reconnu ce dernier sentiment entre mille, puisque c'était celui qu'il croisait tous les matins dans son propre reflet.

Law brisa la glace en premier en venant inspecter le travail d'Ace, toujours figé dans sa position.

- Joli boulot. Tu m'impressionnes, Portgas.

- Traf'… tu…

- Allez, monte. Dans vingt minutes, on sera enfin arrivés. J'ai hâte que tu vois ça.

- Attends… !

Law se tourna vers lui et vit l'émotion dans ses yeux noirs ; étonné, il referma son capot et s'approcha, debout face à lui, ignorant totalement quoi faire.

- … qu'est-ce que tu as… ?

- Je… j'suis désolé, balbutia le jeune homme en levant les yeux vers lui. J'voulais pas… j'ai… j'ai pas réfléchi et…

Law soupira, lui étreignit brièvement l'épaule et le fit reculer jusqu'au côté passager, ouvrant la portière pour forcer Ace à s'asseoir. Il opposa une légère résistance, cherchant visiblement toujours quelque chose à dire, mais Law posa un doigt sur sa bouche pour le faire taire – il n'y avait rien à dire, de toute façon.
Il referma la portière, rangea ses outils dans le coffre et monta côté conducteur, démarrant l'Aston qui rugit quand il s'engagea de nouveau sur la route qui longeait la côte californienne.
Il abaissa le pare-soleil, en sortit la photographie et la tendit à Ace qui s'en empara avec délicatesse, comme s'il s'était agi d'un trésor inestimable.

- … comme elle s'appelait… ? murmura-t-il.

- Jewelry.

Elle était blottie dans un drap, pâle et menue dans les bras bronzés et musclés de Law étendu derrière elle, son visage enfoui dans son cou.

Elle prenait elle-même la photo et souriait à l'objectif, à travers ses longs cheveux nacrés.

- … elle était dans ma promotion, à la fac, chuchota Law en sortant de la grande route pour en emprunter une plus petite, qui descendait à travers une forêt, sur leur gauche.

- Tu étais à la fac… ?

- Médecine, dixième année. On devait finir notre internat en octobre.

Ace leva les yeux et contempla le profil de Law dans l'obscurité, son sérieux, le ton monocorde de sa voix – il semblait totalement ailleurs, mais aussi déployer des efforts inimaginables pour ne pas craquer.
Law aurait pu devenir médecin. Dixième année de faculté... Ace était sidéré.

Dix années d'études, de travail et de sacrifices balayées en quelques mois…
Plus que la moitié de sa propre vie...cette pensée lui donna le vertige.

Il baissa le regard sur la photographie, où Law enlaçait étroitement la jeune femme contre lui – elle semblait réellement heureuse, et Ace ne doutait pas que Law l'était aussi.

Law passa une main sur son visage, retenant tant bien que mal le torrent de larmes qui n'allait pas tarder à sortir, il le savait, s'il ne se calmait pas. Il s'était pourtant juré de ne plus pleurer ; il pensait avoir extériorisé tout ce qu'il lui était possible de faire sortir des mois auparavant mais de toute évidence, il s'était fourvoyé sur ce point. Sa peine était encore là, et elle ne semblait pas vouloir partir, malgré le temps passé.

Ace restait silencieux – il semblait avoir retenu ça depuis tellement longtemps qu'il ne se sentait pas le courage ni le droit de l'interrompre.
L'adolescent ouvrit la bouche pour dire quelque chose, après quelques minutes de silence, mais Law secoua la tête, le réduisant au silence. Pas maintenant.
Ses yeux le brûlèrent, alors qu'un lagon et des chutes d'eau se profilaient dans le pare-brise, sous l'éclat de la lune. Big Sur.
Il s'essuya les yeux et le visage d'un revers de la main, inspira profondément et pressa l'allure sur la route en lacet qui allait les emmener à la destination qu'il avait prévue.

Law ne lui avait rien dit sur ce qui allait advenir de lui après ça ; après tout, Big Sur était sa destination finale, l'endroit où lui souhaitait aller, sûrement pour être seul et prendre le temps de faire le point.
À juste titre, il ne voudrait certainement pas de lui à cet endroit.

Quand ils émergèrent de la forêt, Ace resta scié par le paysage qui s'étendait devant eux ; Law se gara entre les arbres et coupa le moteur, contemplant le lagon, l'eau limpide, les rochers et le sable blanc qui s'étendait sur ce terrain inhabité, perdu au milieu de nulle part, sous la lumière crue de la lune.

- Je te présente mon nouveau chez-moi, murmura Law en se lovant dans son siège, jetant son cuir sur lui pour se protéger du froid de la nuit. Je te ferai visiter demain... tu as su patienter une semaine, alors une nuit ne te tuera pas, ajouta-t-il avec une pointe d'humour, pour détendre l'atmosphère.

Il ferma les yeux et s'installa plus confortablement ; un sourire étira légèrement ses lèvres quand Ace glissa la photographie sur son torse – il referma ses bras autour du cliché et rouvrit les paupières, avant de se tendre.

Ace avait le visage humide de larmes.

Il se tourna vers lui, contemplant son visage torturé ; son passager semblait avoir le cœur aussi amoché que le sien.

- … c'est ton petit frère, sur le carnet… ? murmura Law, alors que le jeune homme couchait son siège pour s'y pelotonner à son tour, enfoui sous sa propre veste.

Ace acquiesça et se recroquevilla sur lui-même, serrant son collier entre ses doigts. C'était encore trop tôt.
Law tendit le bras et posa doucement sa main sur sa joue ; Ace ferma les yeux et agrippa sa main, la serrant dans la sienne, s'y raccrochant avec l'énergie du désespoir.

Ils restèrent immobiles, dans le silence brisé par les pleurs presque silencieux d'Ace lové sur lui-même,
avant que le sommeil ne les emporte enfin.

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Alors ? Vos impressions ? :)