Bonjour, un autre chapitre pour cette suite, j'espère qu'elle vous plaira!
Bonne Lecture!
Chapitre 4
" Alors Ron, tu as du nouveau? Demanda Priam en voyant sortir son coéquipier de la chambre.
Ron était blanc, les sourcils froncés, les mains tremblotantes. Il ne pouvait pas croire ce qu'il venait d'entendre. La confession de la femme chamboulait trop de chose pour que son esprit en capte tous les détails. Il devait réfléchir, vérifier, faire les liens nécessaires, trouvé quelqu'un qui l'écoutera… car il savait que cela allait être dur à faire croire, à faire accepter.
" Ron? Ça va? Tu es tout pâle…
" Shacklebolt, souffla Ron sans écouter le questionnement de Johns.
Kingsley était l'homme qu'il devait voir, au plus vite. Lui le croira, lui l'écoutera. Il devait le voir, à l'instant, mais avant, il devait mettre la main sur tous les dossiers concernant l'Ombre… les liens allaient pouvoir ce faire.
Ron prit soudainement conscience de son mutisme et de son air inquiétant. Il regarda alors son coéquipier.
" Johns, trouves-moi tous les dossiers qui font mention de l'Ombre et rejoins-moi au bureau de Shacklebolt.
" Qu'est-ce qu'il y a? La moldue l'a vu? Elle t'a dit c'est qui?
Ron le regarda et approuva de la tête, seulement Priam réussit à voir dans les yeux de Ron la douleur qu'il ressentait. Il y avait de la colère, certes, une rage même, mais une profonde angoisse submergeait le reste.
Ron avait peur, pour lui-même, pour sa femme et Emily. Si l'Ombre continuait comme il avait commencé, elles devaient figurer sur sa liste et lui, il devait être la cible ultime… la paranoïa qui le prit lui fit comprendre que son passé l'avait rattrapé… et il devait y faire face… et pour y faire face, il allait mettre tous les moyens qu'il avait à sa disposition pour empêcher que sa famille soit touchée.
Il transplana au ministère avec Priam et ils allèrent tous deux au Bureau des Aurors. Priam se faufila au travers ses confrères et alla chercher les documents qu'on lui demandait et Ron, quant à lui, il se rendit à son bureau et sortit quelque chose qu'il croyait ne jamais ressortir, son souvenir… il n'avait plus le choix, il ne pouvait plus mentir, il ne pouvait plus cacher la vérité, il devait le révéler avant que des choses plus fâcheuses n'arrivent.
Chaque auror qui le voyait passé, savait qu'il y avait quelque chose de grave qui se tramait, quelque chose qu'ils n'aient pas vu depuis la fin de la guerre, car les yeux de l'Auror Weasley n'avaient jamais paru si inquiet. Une alarme sonna dans chacune de leur tête, ils allaient ce tenir près à toute éventualité…
Ron arriva le premier dans le bureau de Shacklebolt. Ce dernier leva les yeux vers son ancien coéquipier et quand il rencontra son anxiété, il se redressa précipitamment pour s'approcher de lui.
" Weasley, mais que se passe-t-il? demanda-t-il avec empressement.
" Nous devons reformer l'Ordre, annonça Ron sans préambule.
" Quoi!
" Écoute, Johns va arriver d'ici peu avec des preuves qui vont sûrement te dresser les cheveux sur la tête, mais je sais qui est l'Ombre. Crois-moi, on a affaire à plus puissant que Voldemort… l'Ordre doit se reformer!
" C'est insensé Ron, plus puissant que Voldemort… il y en a qu'un seul qui a été plus puissant que lui et il est mort…
Ron secoua la tête pendant que la porte derrière lui s'ouvrait en laissant place à un Priam ensevelit sous une tonne de paperasse. Ron alla l'aider et ils étalèrent les parchemins sur le bureau de Kingsley.
" C'est insensé Ron, répéta le chef des Aurors, je refuse de croire…
" As-tu une pensine? Demanda le rouquin sans prêter attention aux objections de son chef.
" Bien sur, mais que veux-tu en faire?
Ron sortit la fiole de sa poche, « si Hermione pouvait être là, elle verrait, elle aussi… », pensa-t-il en versant le souvenir dans la bassine qu'on lui donnait. Chacun leur tour, ils se penchèrent au-dessus de la substance et touchèrent la surface avant d'être emporté dans le souvenir. Ron fut le dernier à y entrer. C'était terriblement angoissant d'être là de nouveau, mais il devait y être. Ils atterrirent dans le sinistre tunnel suintant d'humidité. Ses deux confrères regardèrent autour d'eux avec attention. Il y avait peu de sorcier à être entré dans la Chambre des Secrets…
Ron se vit trébucher sur ce qui était Nagini et ensuite approcher de la porte. Derrière, il savait qu'il y aurait Voldemort étendu par terre et ensuite… ils devaient faire vite sinon, ses coéquipiers allaient manquer ce qui l'avait poussé à commettre l'acte fatidique. Il poussa alors les deux hommes à l'intérieur. Juste à temps!
" Ils sont vivant! murmura Kingsley sans quitter la scène des yeux.
C'est alors que Ron entraperçut l'éclair vert, traverser le corps de Ginny, il fut incapable de regarder une nouvelle fois sa sœur mourir, il baissa la tête.
Il entendit Kingsley jurer et jurer encore. Il déblatéra tous les blasphèmes qu'il connaissait et se retourna vers Ron.
" Pourquoi ne nous en as-tu jamais parlé? Demanda-t-il mais il fut interrompus.
" Tu n'aurais pas du voir ça Ron, avait dit Harry.
Shacklebolt se retourna alors vers l'action. Les sourcils froncés, les poings serrés. Il avait du mal à croire ce qu'il venait de voir. Il regarda la scène en entier, sans dire un mot. Priam était aussi silencieux.
Ron se sentait terriblement mal de revoir ce souvenir, de revoir chaque détail, de ressentir encore une fois toutes les souffrances qui l'avaient rongé pendant ces quelques minutes. Quand il se vit attraper la gorge de son meilleur ami, il ne put que détourner les yeux et se retourner, c'était trop dur… Quand Dumbledore apparut, Ron sut qu'ils en avaient assez vu, alors il les ramena dans le bureau de l'Auror.
Puis, il attendit! Il attendit que le souvenir soit analysé, il attendit l'un ou l'autre poser un commentaire, faire une déclaration, réagir quoi… mais c'était le silence total dans la petite salle où ils étaient.
Ron osa les regarder. Il y découvrit deux hommes atterrés, tout comme lui l'était.
Shacklebolt daigna enfin bouger. Il contourna son bureau et alla s'asseoir dans son fauteuil. Il accota ses coudes sur la surface de bois et joignit ses mains, comme pour faire une prière… soupirant, il ferma les yeux. Plusieurs minutes passèrent sans qu'il y ait quelqu'un qui dise mot. Ron attendait encore. Il ne voulait pas être le premier à parler.
C'est Priam qui rompit le silence. Il était incertain de ce qu'il devait dire, mais ce risqua quand même.
" C'était Harry Potter?
" C'était Harry Potter, approuva Kingsley dans un murmure.
Le chef soupira encore et leva les yeux vers son ancien coéquipier.
" Ron, tu sais ce que je vais devoir faire…, je n'en ai pas envie, mais je dois le faire…
" Tu n'auras pas à la faire, parce qu'il n'est pas mort. Je ne l'ai pas tué…
Bizarrement, cette phrase ne le soulagea même pas.
" Weasley … soupira encore le noir.
" J'ai des preuves, s'exclama soudain Ron.
Avant que son supérieur ne chamboule ses plans, et qu'il lui lise ses droits, il devait à tout prit leur montrer sa théorie, il agrippa un dossier qu'il avait vaguement étudié et le lança devant son chef.
" Bellatrix Lestrange, indiqua-t-il. Première victime de l'Ombre, le jour même de l'enterrement de Dumbledore. La femme qui tua Sirius Black.
" Mais Ron..
Ron accrocha un autre dossier et le mit par-dessus l'autre.
" Peter Pettigrew, coupa-t-il. Deuxième victime de l'Ombre, l'homme qui rompit son serment, il avait juré d'être le Gardien du Secret, mais livra quand même Lily et James Potter à Voldemort, les menant à la mort. Le serviteur qui ramena son maître à sa puissance, tuant au passage Cédric Diggory.
" Je sais tout ça Ron, mais ce…
Un autre dossier apparut devant Kingsley avec la même force que les deux précédents.
" Une activité étrange qui se trame dans un quartier résidentiel moldu, Square Grimmaurd. J'y suis aller faire un tour, au numéro 12 tout particulièrement, un elfe du nom de Kréature fut retrouvé mort, il avait littéralement perdu la tête. Mais personne n'en fit un plat, ce n'était qu'un elfe… l'elfe des Black!
" Après la mort de Dumbledore, plusieurs personne avait accès à…
Le plus récent dossier, un dossier inachevé - puisque Ron n'y avait rien inscrit encore à l'intérieur - arriva sur le dessus de la pile, coupant ainsi la parole à Kingsley.
" La nuit dernière, deux personnes sont assassinées. Deux moldus qui depuis une vingtaine d'années n'ont pas eut de contacte avec des sorciers. Vernon et Dudley Dursley. Vous savez qui ils sont Kingsley. La femme, Pétunia Evans-Dursley, la sœur aînée de Lily Evans-Potter, elle m'a affirmé qu'il l'avait laissé en vie pour qu'elle souffre autant qu'il l'avait fait souffrir…
" ÇA SUFFIT! Cria Shacklebolt en se leva d'un trait.
Mais Ron n'en fut pas effrayer, il ne bougea même pas d'un poil, regardant toujours son supérieur dans les yeux avec une détermination qu'on ne lui connaissait pas.
" Vous savez que j'ai raison, dit finalement Ron en croisant ses bras sur sa poitrine.
Le chef des aurors lui jeta un regard noir et commença à arpenter la pièce, marmonnant pour lui-même. Ron se tourna vers son nouveau coéquipier. Priam était en grande réflexion. Tout ça était extrêmement embêtant. Il y avait trois ans qu'il était en Angleterre et la Dernière Grande Guerre, il l'avait vécu à des milliers de kilomètre de là. Bien sur, il en avait entendu parler, il avait posé des questions, il savait que son coéquipier était le meilleur ami de Harry Potter, et qui ne sait pas qui est ce Potter? Et il savait ce qui tout le monde savait. Harry était mort suite à son combat avec Voldemort… Mais à la lumière de ce qu'il venait de voir, Potter était encore en vie après la mort du Mage Noir, et c'était Weasley qui l'avait tué. Par vengeance, par peur, par haine. C'était ce qu'il avait compris. Mais il voyait autre chose, Potter ne lui avait pas paru comme étant un homme bon, au service du monde, au grand cœur et surtout un ami fidèle… il avait vu un homme insensible, imbu de lui-même, sans cœur et surtout un homme avec il ne voudrait être ami… il avait vu ce qui avait poussé Weasley à commettre l'acte qu'il avait commis. Que Potter soit encore en vie, il avait de la difficulté à comprendre, seulement, il avait bien vu que Kingsley comprenait que les personnes tués avait bien un rapport avec ce Potter. Juste à regarder le regard de son coéquipier, plus déterminer que jamais, il le cru.
" Je te crois Ron! dit-il après un long moment de silence arrêtant de ce fait les cent pas de Kingsley.
" Merci, souffla le rouquin avec un regard remplis de gratitude.
Shacklebolt les regarda un instant, il ne pouvait nier l'évidence…
" D'accord, je te crois aussi Ron, dit-il. Même si j'ai de la difficulté à l'admettre, ta théorie se tiens.
" Merci chef!
" Tu es vraiment chanceux, sinon c'était Azkaban pour toi…
Ron le savait, il avait apporté la preuve qu'il tuait quelqu'un, il aurait eut de la difficulté à prouver son innocence…
" Alors, que fait-on? Demanda Priam. Parce que si j'ai bien compris, Potter s'en prend à des personnes qui l'on fait souffrir, donc d'après moi, tu dois figurer sur sa liste…
" C'est ce que je crois aussi, approuva Ron.
" L'Ordre, tu disais Ron? Je crois que je connais un vieil auror paranoïaque qui sera enchanté de reprendre du service…
" Fol Œil est encore en vie? demanda Ron surprit.
" Et plus grincheux que jamais…
Les deux hommes rirent de bon cœur, laissant un Priam interloqué qui ignorait tout sur l'Ordre…
Après avoir expliquer en quoi consistait l'Ordre du Phénix à Priam, Kingsley ordonna à deux de ses aurors d'aller se poster au alentour du Terrier, et de garder l'œil ouvert et alerte. Il ne donna pas trop de détail, mais les avertis que l'Ombre était très puissant, plus que Voldemort. Il ne lui restait qu'à contacter les membres de l'Ordre et de leur expliquer la situation, cela allait être dur, compte tenu que les membres de l'Ordre aimait bien Harry. Lupin, Hagrid et les Weasley allaient être les plus durs à convaincre… Quant à lui, Ron se rendit chez lui pour avertir la moins facile à persuader, Hermione, en lui montrant son souvenir et lui expliquer ce qu'était devenu leur ancien meilleur ami. Il espérait seulement qu'elle voudrait l'écouter…
Hermione était couchée à plat ventre sur son lit, les pieds pendant dans le vide et se réveilla en sursaut. Un énorme fracas et un cri de douleur l'avaient réveillé. Mais ce n'était peut-être que dans son rêve, il était assez étrange et angoissant pour ce terminer par de tel bruit. Harry vivant… c'était insensé… Ron tuant Harry… impossible… seulement, quand elle se regarda, ses mains étaient noires de terre, sa robe de nuit également… ce n'était pas un rêve. Son cœur se mit alors à battre la chamaille, elle se mit à trembler et un autre cri la fit s'asseoir dans son lit.
" Bordel Dobby arrête!
Elle reconnu son mari pour qui maintenant elle ressentait une haine profonde.
" Vous avez tué Harry Potter! hurla l'elfe d'une voix aiguë.
Un autre fracas fit trembler la maison et elle entendit clairement Ron juré.
" Arrête Dobby, je n'ai pas envie de me battre avec toi!
Hermione cru que la cuisine s'était transformée en champ de bataille, elle entendait les meubles se fracasser, craquer, éclater et elle entendait Ron tomber. Elle se leva précipitamment pour aller arrêter ce combat et quand elle arriva dans la cuisine, elle vit l'elfe lancer une boule d'énergie bleue à Ron qui la reçu de plein fouet et alla s'écraser contre le mur.
" DOBBY! cria-t-elle.
L'elfe se retourna, le visage déformer par la rage, les yeux ravagé de larmes et puis il disparut dans un crac sonore.
Ron se leva avec peine, la main derrière la tête, chancelant légèrement. Il pouvait sentir le liquide chaud s'étendre sur sa main, l'elfe ne l'avait pas manqué…
Hermione regarda son mari se relever, elle n'alla même pas l'aider, il méritait ce qui lui arrivait.
" Je t'avais demandé de partir, dit-elle d'une voix glaciale.
Ron la regarda, ça n'allait pas être facile.
" J'ai quelque chose à te montrer, essaya-t-il.
" Je n'ai rien à voir, cracha-t-elle.
" Hermione, soupira Ron, laisse-moi t'expliquer…
" NON! Je n'ai rien à entendre de ta part Ronald. J'en ai assez entendu. Tu vas partir et ne revenir que si je te le demande. J'ai besoin de temps, tu dois comprendre ça, non?
Bien sur qu'il comprenait, c'est ce qu'il lui avait demander dix-sept ans plus tôt…
" J'ai besoin d'être seule, j'ai besoin de réfléchir… tu m'as enlevé une partie de moi-même… tu m'as blessé… laisse-moi du temps. Si ça en vaut encore la peine, je vais peut-être consentir à t'écouter.
Si ça en vaut encore la peine? Peut-être consentir? Elle n'avait quand même pas l'intention de le quitter? De se séparer après temps d'année? Il ne le voulait pas, il l'aimait, il ne voulait pas la perdre. Son cœur se comprima, il allait la perdre…
" Qu'est-ce que…, s'étrangla-t-il par un sanglot. Tu veux qu'on… Hermione…
Hermione se retourna, cachant ses larmes.
" Part!
" Hermione, implora-t-il.
" SORT!
Il refoula un sanglot et tourna les talons. Arrivé à la hauteur du hall, il se retourna une dernière fois. Il voyait sa femme secouer de sanglot, la tête entre les mains. Une question le grugeait, une question qui ne lui avait jamais posé, quant à tout briser, autant le faire jusqu'au bout…
" Une question, Hermione, après je pars, dit-il. Qu'est-ce que tu aurais fait s'il n'était pas mort?
Il vit sa femme rompre tout mouvement, toute respiration, mais elle ne répondit pas.
" Répond à ma question, cria-t-il dans une plainte suppliante.
Elle secoua la tête, elle n'en savait foutrement rien.
" Qu'est-ce que tu ferais s'il était encore en vie? reprit-il.
Hermione se retourna, Ron savait-il que Harry était toujours vivant? Il n'attendit toutefois pas sa réponse qu'il transplana aussitôt, incapable de plongé son regard dans le sien. L'ancienne Gryffondor s'écroula sur le plancher au travers les débris laissés par Ron et Dobby. Comment en étaient-ils arrivés là? Comment avaient-ils refoulés tous ses sentiments, toutes ses questions, ses remords et incertitudes pendant toutes ses années? Pourquoi tout revenait à la surface tout d'un coup sans crier gare?
Elle ne pouvait avoir de réponse de la part de son mari, elle était trop en colère contre lui, elle ne l'écouterait pas, et qui sait, il lui mentirait peut-être… il lui avait mentit pendant dix-sept ans, pourquoi pas encore. Elle venait de perdre complètement confiance en lui, une confiance qu'elle avait acquise au court de leurs années à Poudlard, une confiance qui n'avait jamais faillit. Jusqu'à ce jour… Elle voulait des réponses et elle ira les chercher là où elle ne croyait plus pouvoir les trouver. Auprès de Harry…
Hermionese ressaisit soudainement et se prépara à partir. Elle se surprit à prendre un temps fou devant le miroir, vérifiant ses cheveux qui étaient toujours aussi touffus et indomptable, son habillement qu'elle trouvait mettre trop en évidence les rondeurs qu'elle avait prises, son maquillage qui ne cachait pas qu'elle avait pleuré, elle se trouvait hideuse. Mais qu'avait-elle à ce préoccuper de son apparence? Ce n'était que Harry… en fait, c'était Harry!
Elle était nerveuse, terriblement nerveuse. Elle appréhendait sa réaction, la sienne, celle de son meilleur ami qu'elle n'avait pas vu depuis plus de dix-sept ans… depuis qu'il avait dit l'aimer… Elle ne devait pas penser à ça, il allait ce retrouver, en amis, et discuter, en amis, s'expliquer, en amis… si elle en était capable…
Elle transplana sur le chemin de terre où Fumseck l'avait emmené. Un regard autour d'elle, rien n'avait changé. (Un peu normal en considérant qu'elle l'avait quitté que quelques heures plus tôt.) Elle devait se rendre au sentier, une dizaine de minutes vers l'avant. Seulement, cela lui prit plus de dix minutes pour arriver au sentier. Elle s'arrêta plusieurs fois, incapable de continuer, croyait quelques instants qu'elle était devenue folle, qu'elle avait rêvé… mais elle finissait toujours par reprendre sa marche. Elle ne pouvait rebrousser chemin, elle y était… il y était… elle devait savoir pour alléger son cœur et son âme. Elle devait continuer…
Elle arriva enfin à ce sentier redouté mais tout à la fois espéré. Elle n'avait décidément pas rêvé! Seulement, elle hésita de nouveau. Elle ressentait un mélange d'appréhension et d'excitation, elle voulait terriblement y aller, mais elle avait peur d'y aller. Peur de ce qu'elle allait découvrir, peur des sentiments qu'elle allait ressentir…
Elle prit une grande respiration et quitta le chemin de terre et entreprit sa marche dans le sentier. Contrairement à ce qui c'était produit le matin même, son univers ne se transforma pas, elle voyait toujours le chemin de terre derrière elle, la lumière était toujours présente. C'était complètement différent. L'atmosphère était moins hostile, l'air était moins froid, le décor moins noir et silencieux, en somme moins ténébreux. Elle pouvait entendre la ritournelle des oiseaux, le chant du vent, plus de murmure effrayant. C'était beaucoup plus accueillant! Seulement, il restait une chose qui la fit frissonner malgré la température mielleuse de l'endroit, il y avait un « arrière goût » dans l'air, une amertume qu'elle ne pouvait distinguer correctement, mais qu'elle savait là…
Il y avait déjà quelques minutes qu'elle marchait, mais rien ne laissait paraître qu'il pouvait être encore là. Elle était accrochée à sa sacoche, la main sur sa baguette, juste au cas… Son cœur battait terriblement vite, sa respiration était rapide, mais elle devait continuer…
" Harry? s'essaya-t-elle.
Elle se rendit soudainement compte de l'absurdité de la chose. Elle, Hermione Granger, se promenant dans une forêt, appelant son ami qui est mort depuis plus de dix-sept ans. Elle ria d'elle-même, de sa stupidité, de son besoin de croire que son mari est peut-être innocent…
C'est à cet instant qu'elle remarqua, au travers les branches, au loin, une masse solide, immobile, bien enraciné dans le sol. Une cabane de bois qui paressait avoir toujours existée. Elle s'en approcha, poussé par un élan de curiosité…
Le bois était rongé, pourri à certains endroits, les vitres des fenêtres étaient crasseuses, fendue, les volets ne tenaient que par des pentures fragiles et rouillées, et la porte ne paressait pas avoir servi depuis longtemps. Ce devait être un endroit inhabité, délaissé…
M'ais une ombre s'installa derrière la fenêtre…
Elle sursauta, eut soudainement peur et décida de rebrousser le chemin. Quand elle tourna le dos à la maison, elle entendit la porte grincée, des pas, puis un cri :
" Hermione, dit la voix derrière elle.
Elle cessa tout mouvement, même son cœur arrêta de battre quelques instants avant de reprendre à une allure incontrôlable. C'était sa voix. Elle la reconnaîtrait parmi tant d'autre malgré le faire qu'elle ne l'a pas entendu depuis si longtemps.
" Hermione, reprit la voix cette fois beaucoup plus près d'elle.
Elle hésita à se retourner, mais une main saisit délicatement son épaule et la força à se retourner. Elle rencontra pour une deuxième fois dans la même journée ses yeux. Ses deux prunelles émeraude qui la hante même quand elle est réveillée… qu'elle voit que trop souvent… Il était là devant elle, en vie. Elle laissa échapper un sanglot et s'accrocha à son cou, enfouissant son nez dans le collet de sa chemise.
" Ça va aller, murmura-t-il à son oreille.
Il la serra à son tour, enroulant ses bras autour de sa taille, la tenant le plus près de lui, pour ne pas qu'elle lui échappe…
Il y a de ses moments où les émotions, les sentiments, tout ce qui nous submerge est inexplicable, indéfinissable, non-démontrable… c'était un de ses moments. Le temps s'était arrêté, l'univers tout entier s'était arrêter pour eux… puis Harry rompit ce moment en s'écartant d'elle, légèrement. Il monta ses mains jusqu'au visage d'Hermione, la forçant ainsi à le regarder. Il lui sourit, elle lui répondit, il l'embrassa et elle répondit.
Le baiser était fougueux, nerveux, passionné, mais il ne dura pas longtemps, Hermione y mit vite fin lorsqu'elle sentit que ça pouvait dégénérer comme la dernière fois qu'ils s'étaient embrassés. Elle le repoussa violemment, rageuse de son propre comportement.
" On n'a pas le droit! s'indigna-t-elle plus pour elle même que pour lui.
" Je comprends, murmura-t-il.
" Je dois partir, s'empressa-t-elle de dire avant de tourner les talons.
Elle devait partir, elle devait faire le point sur ce qu'elle ressentait avant de le revoir. Seulement, il n'avait pas l'intention de la laisser lui glisser entre les doigts. Il la retint par le bras, mais elle se dégagea aussitôt échappant au passage sa bourse qui se vida. Elle fut en colère, contre lui, contre elle. C'était tellement confus qu'elle éclata en pleures, s'agenouillant dans l'herbe pour récupérer ses affaires.
" Je suis désolé, murmura Harry s'agenouilla à son tour.
Elle n'osa pas lever les yeux vers lui, jusqu'à ce qu'elle le voit prendre une photo qui paraissait l'intéresser au plus haut point. Elle voulu la lui reprendre, mais il s'écarta, les yeux toujours fixe sur la photo.
Les yeux de la jeune femme présente sur la photo ne lui étaient pas inconnus, il les connaissait pour les avoir vus chaque fois qu'il se regardait dans le miroir. Puis il sourit, les cheveux auburn de la jeune femme lui tombait devant le visage et elle les revoyait vers l'arrière avec grâce.
" Que fais-tu avec une photo de ma mère dans tes affaires? demanda-t-il un peu moqueur.
Hermione détourna les yeux, rougissant et prit une grande inspiration.
" Ce n'est pas ta mère, c'est Emily, ta fille.
Hihihi!
Je remercie infiniment tous les reviewers... Merci!
Emily
