Ohayo mina !
Merci pour toutes vos reviews et vos ajouts, c'est suuuupeeerrr plaisant ! [que ce soit pour cette fiction ou pour les OS ;) ]
J'essaye toujours de privilégier la qualité par rapport à la quantité, mais si ça vous plaît toujours autant, alors soyons fous ^^ je poste plus tôt cette semaine... c'est pour l'anniversaire de mon irremplaçable Pyrolouve ! ce chapitre est pour toi, ma p'tit boule de poil !
Comme toujours, quelques touches d'humour, mais comme son nom l'indique, petit chapitre d'introspection pour Ace-kun, et premières confusions et remises en question malgré les tentatives de Law pour le dérider un peu...
Bref, je vous laisse découvrir ! et...
Enjoy it !
« Rock on ! Rock on !
Drive me crazier, no serenade
No fire brigade, just Pyromania, come on… !
What do you want ? What do you want ?
I want rock'n'roll, yes I do
Long live rock'n'roll… ! »
Def Leppard
.
Ace leva le nez de son livre quand le moteur de l'Aston rugit entre les arbres, signe que Law était revenu de la ville la plus proche pour laquelle il était parti tôt le matin, chassant littéralement Ace de la voiture – apparemment, il voulait être seul et le jeune garçon n'avait pas émis d'objection, s'emmitouflant dans son plaid en allant s'asseoir sur la plage avec son roman.
L'adolescent se redressa, assis dans le sable, et leva un majeur bien senti à son intention quand Law lui adressa un appel de phares.
- Au lieu de m'envoyer chier, ramène-toi, j'ai fait le plein et j'dois t'emmener voir quelque chose ! cria Law en sortant la tête par la vitre.
- J'veux rester ici aujourd'hui !
- JE conduis et JE choisis la destination ! rétorqua-t-il avant de klaxonner. Viens poser ton petit cul de blanc-bec sur le siège, maintenant… !
Ace se dégonfla devant son air intraitable, resserra le plaid sur ses épaules et traîna son sac derrière lui en rejoignant la voiture, qui leur servait d'hôtel la nuit et de moyen de transport le jour.
Cette vie dissolue et bohème lui convenait ; libre, sans attaches… et assez riche en évènements pour l'empêcher de trop penser.
Il avait pris de l'argent avant son départ, au cas où, mais Law le refusait à chaque fois ; il avait eu l'idée subite de lui demander d'où venait le sien, qui ne semblait jamais s'épuiser, et Law lui avait rétorqué qu'il avait braqué une banque en tuant un maximum de personnes avant de prendre la fuite – Ace avait compris que c'était une façon polie de lui dire de ne pas poser de questions et il n'avait pas insisté, supposant que tout ça avait encore un rapport avec le passé de Law.
- Cul de blanc-bec toi-même, marmonna-t-il en claquant la portière derrière lui.
- J'ai mal entendu.
- J'ai rien dit.
- Il est sept heures et t'ouvres déjà les hostilités ? t'es en forme, ce matin, morveux, sourit Law en faisant demi-tour pour remonter jusqu'à la grande route, qu'il prit en direction de Monterey.
Ace, intrigué, tourna la tête vers le conducteur occupé à bidouiller l'autoradio ; Law fredonnait déjà l'air de Rock of Age de Def Leppard, frappant la mesure sur le volant, lunettes de soleil sur le nez. Est-ce qu'ils quittaient Big Sur… ? Ace avait fini par s'habituer à cet endroit, trois semaines après leur arrivée.
Les soirées sur la plage, les nuits à la belle étoile, la fraîcheur de la cascade au milieu des falaises… Law sentit son hésitation et lui jeta un coup d'œil.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- On s'en va… ?
- Pour la journée, oui. Pourquoi ?
- Pour rien, j'ai… j'ai cru qu'on partait définitivement.
- Ça ne fait pas partie de mes plans pour le moment. Plus tard, peut-être.
- Et où on va… ?
Law ouvrit la boîte à gants, en sortit un dépliant qu'Ace considéra d'un regard surpris, avant de s'émerveiller.
- Noooon ? San Francisco ?!
- C'est à un peu plus de deux heures et demi, avec une pause on sera là-bas à dix heures. Petit-déjeuner, Chinatown, encore à manger pour toi et ton estomac d'ogre, et visite d'Alcatraz. Et si t'es sage… j't'emmène faire la bringue dans les vieux quartiers de Frisco, ajouta-t-il avec un sourire.
- Merci ! s'exclama Ace en lui offrant un immense sourire. J'ai toujours rêvé de voir ça… !
Law se contenta de lui ébouriffer les cheveux avant de retourner à la contemplation de la route, alors qu'Ace gardait son regard fixé sur la main qui l'avait touché.
Plus particulièrement sur les lettres « D.E.A.T.H » tatouées sur ses doigts ; elles ne semblaient pas récentes, au vu de leur dépigmentation, et Ace se demanda comment un médecin aurait pu assumer cette apparence.
Un sourire étira ses lèvres, attirant l'intérêt de Law qui remarqua l'objet de ses attentions.
- J'avais seize ans, une petite période de rébellion. Je me suis vite calmé mais… c'a laissé ses traces, expliqua-t-il patiemment.
- Et tous les autres ?
- Tatouages… ? juste pour le plaisir. Faudrait que tu t'en fasses faire un, d'ailleurs.
- Hein ? rougit Ace, embarrassé. Pourquoi tu…
- « Emmerdeur » en plein sur le front, ricana Law en s'engageant sur la voie rapide.
Ace protesta et le frappa à coups de sacs alors que Law riait aux éclats en se protégeant d'un bras, cheveux au vent.
. . . . .
*Grant's Avenue, Chinatown, S.F.*
- Je savais que c'était une mauvaise idée de te laisser acheter ça, soupira Law en suivant Ace dans les vieilles rues du Chinatown de San Francisco.
- Ça m'fait un souvenir, rétorqua l'intéressé en se tournant vers lui, s'assurant de l'avoir dans le cadre de son mini-caméscope. Présentez-vous, monsieur, s'il vous plaît.
- T'es barge.
- Allez, insista l'adolescent en marchant à reculons dans les rues bondées, au milieu de l'agitation, des passants et de la musique.
Law considéra d'un regard sombre la caméra et son porteur, avant que son sourire ne le déstabilise, une fois de plus ; il se laissait beaucoup trop avoir, ces derniers temps. Il avait suffi qu'Ace parle de son envie de visiter Alcatraz pour que Law arrange une journée de visite à la « City by the Bay ». Enfin, ce jour était un peu spécial, mais… ça revenait au même.
« Manquerait plus qu'il te demande à voir l'Empire State Building… »
Ace dût remarquer son air troublé, puisqu'il coupa court au film en refermant le cadran de l'appareil, lui lançant un regard intrigué mêlé d'inquiétude.
- … ça va ?
- Ouais, ouais, j'aime pas trop les caméras, c'est tout, murmura-t-il en lui offrant un sourire qu'il voulait naturel.
- OK, pas de caméra, sourit Ace en revenant à ses côtés. Merci encore pour le p'tit-déj de c'matin et le repas ! J'avais jamais mangé de… de… euh…
- … crabe Da Zha… ? compléta Law.
- Ouais, c'est ça ! c'était juste super bon ! et les autres trucs aussi, les… z… zan…, articula-t-il en se grattant la tête.
- Zòngzi. Les feuilles de bambou farcies. Il veut mieux que tu arrêtes de parler, sourit Law, tu vas finir par dire quelque chose de vraiment stupide…
L'adolescent rougit – marmonnant qu'il finirait bien par retenir tous ces noms un jour – et fouilla dans son sac avant d'en sortir son vieux carnet, qu'il ouvrit pour prendre des notes que Law aperçut brièvement avant de détourner le regard.
Après tout, Ace avait le droit à sa vie privée : libre à lui de parler s'il le voulait, ou de garder le silence comme lui le faisait sur son passé.
Il jeta un regard à sa montre et évalua rapidement le temps qu'il leur restait avant d'embarquer sur le petit bateau qui les emmènerait sur l'île d'Alcatraz pour la visite de la prison ; Ace avait été tellement surexcité dans la voiture qu'il avait cru que l'adolescent allait lui faire une crise d'hyperventilation.
Il sourit à ce souvenir et tourna la tête pour contempler le Golden Gate sous le soleil ; Ace suivit son regard et toussota pour attirer son attention.
« Mon Dieu, faites qu'il ne dise pas une autre ineptie dont il a le secret… »
- Tu sais quelle hauteur fait le Golden Gate… ?
- … pas du tout, mentit-il. Dis-moi, tu as l'air de savoir.
- Soixante-sept mètres depuis le tablier, annonça fièrement l'adolescent en reprenant sa marche à reculons. Et deux cents vingt-sept du haut des pylônes !
- Si je te balance depuis le pont, tu sais combien de temps il va se passer avant que tu ne disparaisses enfin de ma vue ? sourit Law, les mains dans les poches de son jean.
- Quatre secondes, et je vais me manger la surface à plus de cent-vingt-kilomètres par heure, pouffa Ace. Sauf si j'ai pas de bol et que je tombe les pieds en avant, ça risque d'être assez moche.
- Ça serait vraiment dommage, en effet, railla le conducteur en le toisant par-dessus ses lunettes de soleil.
- Arrête, j'te manqu-aaAAhh !
Il trébucha sur le trottoir – il voyait déjà le sol se ruer vers lui à toute vitesse et ferma fort les yeux, les muscles bandés, prêt à encaisser le choc. Un bras se glissa autour de sa taille et le ramena vivement en avant, le plaquant contre un torse musclé, au parfum indéfinissable. Il rougit alors que Law le redressait pour le remettre sur ses pieds.
- J'aurais dû parier, t'es tellement maladroit et prévisible… murmura dans un rire la voix basse et grave de l'homme qui le tenait contre lui.
- …
Ace ne trouva rien à répondre, le cœur battant à tout rompre.
Il ignorait ce que c'était, mais c'était là. Une sensation vénéneuse, qui serpentait dans chaque recoin de son cerveau, qui empoisonnait chaque cellule de son corps ; c'était brûlant et terriblement inconnu.
Semblable à ce qu'il avait ressenti pendant la nuit passée en discothèque, dans la chambre d'hôtel, avec cette fille dont il n'avait même pas su le nom… sauf que cette nuit-là lui paraissait à présent incroyablement fade comparée à ce qui enflait en lui.
Il recula et remercia Law en se cachant derrière ses cheveux pour dissimuler la rougeur cuisante de ses joues – il la devinait rien qu'à la chaleur qui lui dévorait le visage.
Ace entendit à peine sa voix lui dire de presser le pas pour qu'ils soient à l'heure sur le bateau ; il le suivit mécaniquement, le nez dans son carnet, son crayon en suspension au-dessus du papier.
Il voulait mettre des mots sur le sentiment qui l'avait traversé un peu plus tôt, mais la seule chose qu'il parvint à noter fut : « ? », accompagnée par la date du jour.
Il aurait bien assez le temps d'y penser après.
Plus tard.
Bien plus tard…
Law lui parlait toujours sur le même ton, égal à lui-même ; Ace prenait soin de ne pas croiser son regard et eut un mal fou à faire attention à ce qu'il lui racontait sur l'histoire de San Francisco.
- … et c'est comme ça que SF est devenue une ville « symbole de la libération hippie. » Tu me suis toujours ?
- Oui, oui, murmura-t-il, totalement absorbé dans ses pensées.
- Donc, en 1963, pendant les marches de contestation du Free Speech Mov-…
Ace n'écoutait déjà plus ; il leva les yeux et contempla enfin le profil de Law, cherchant vainement une réponse à ses interrogations muettes en l'examinant avec soin. Ses cheveux noirs désordonnés, son long nez fin et son visage mince. Sa peau mate, couleur de terre glaise… et ses yeux, cachés sous ses lunettes de soleil.
Il tenta vainement de se représenter leur couleur et échoua.
… de quelle couleur étaient les yeux de Law… ?
C'était obsédant. Comment avait-il fait pour ne pas le noter jusqu'à cet instant… ? ils passaient toutes leurs journées ensemble depuis des semaines et il n'avait jamais accordé d'importance à ce détail.
Il se rendit à peine compte qu'ils étaient arrivés sur l'embarcadère et sortit de ses pensées quand Law claqua des doigts devant son visage.
- … t'as rien écouté. A quoi tu pensais ?
- Désolé, s'excusa Ace, j'étais dans la lune. Tu disais… ?
- Oublie, sourit-il, amusé. Tu seras un peu plus attentif pendant la visite, ou tu prévois de faire la même tête… ?
- Hein ? quelle tête ?! s'affola l'adolescent. « Putain, j'me suis fait griller en flagrant délit de matage, c'est ça ?! »
- La tête de quelqu'un qui peine à réfléchir. T'as vraiment le cerveau qui baigne dans l'eau tiède, Portgas, ricana Law en lui donnant un coup de coude bien placé dans les côtes.
« … enfoiré. »
. . . . .
*île d'Alcatraz*
- … savez-vous pourquoi Alcatraz est nommée ainsi… ? lança la jolie guide en adressant un sourire au petit groupe.
- À cause des pélicans, marmonna Ace, intimidé.
Law lui jeta un coup d'œil surpris ; il avait peut-être parlé un peu trop vite, tout à l'heure – en fait, Ace cachait bien son jeu, et il était bien plus intelligent qu'il ne le laissait paraître.
- Hé oui, « pélicans » qui se dit « alcatraces » en espagnol, sourit-elle. Bravo ! nous sommes ici dans le couloir central de la prison, appelé le « Broadway », qui dessert les blocs-…
Tout le monde était suspendu aux lèvres de la jeune femme, Ace ne faisant pas exception. Law le jaugeait du coin de l'œil, cherchant à comprendre ce qui avait tant perturbé l'adolescent pendant leur traversée de Chinatown.
Ace pouvait être bavard quand il s'y mettait, et il avait l'air visiblement bien parti dans une des logorrhées interminables dont il avait le secret, avant de manquer s'étaler de tout son long sur la route – depuis, silence radio et retour du visage fermé.
- … et on compte notamment dans les prisonniers célèbres Al Capone, le chef de la mafia de Chicago, mais aussi Robert Stroud et Frank Morris, un des ho-…
- J'te trouve bien silencieux depuis tout à l'heure, murmura Law à son oreille. Quelque chose ne va pas…. ?
- Tout va bien, marmonna Ace en reprenant ses notes. Pourquoi ?
- Tu ne rates jamais une occasion de m'ennuyer, et tu te tiens à carreaux depuis plus de deux heures… ça m'intrigue.
Ils entrèrent dans un bâtiment sombre, obligeant Law à retirer ses lunettes ; aussitôt, Ace leva les yeux pour contempler ses iris.
« … gris. Ses yeux sont gris » se répéta-t-il mentalement.
Un gris limpide, presque bleu, dont il eut du mal à détacher le regard. Law haussa un sourcil, surpris.
- … t'es vraiment bizarre, cet aprè'm… le déjeuner qui ne passe pas… ?
- Non, non, tout va bien, j'te jure, mentit le jeune homme en suivant le groupe dans le couloir central. Dis, ça te gêne pas si… ce soir… au lieu d'aller se soûler… on rentre ?
- Tu as un problème ? s'inquiéta Law, rendu nerveux par son attitude.
- Je préfère, c'est tout, sourit Ace en se voulant avenant. Si ça te dérange pas.
Ace constata l'air ennuyé de Law et fronça les sourcils ; il avait sûrement fait une connerie, pour changer, ou dit quelque chose qu'il n'aurait pas dû.
Restait à savoir quoi…
Le groupe se déplaça et les deux garçons suivirent tout en restant à une certaine distance, s'assurant de parler assez bas pour que personne n'entende. Ace jaugea l'expression légèrement contrariée de Law avec appréhension, cherchant désespérément ce qui avait pu l'agacer à ce point.
- … désolé. Tu veux t'amuser et moi, j't'en empêche… soupira-t-il, piteux.
- Je voulais qu'on sorte pour fêter ton anniversaire, marmonna Law.
« … mon anniversaire… comment est-ce qu'il sait que c'est aujourd'hui… ? »
Law saisit son interrogation muette et sembla gêné, cette fois.
- Quand ton portefeuille est tombé dans la voiture, l'autre jour, j'ai vu ta carte d'identité. J'ai noté que c'était aujourd'hui et j'ai… cherché un truc qui te ferait plaisir, débita-t-il à toute vitesse, embarrassé.
Ace resta interdit, sidéré ; il perdait la tête, il n'y avait pas d'autre explication logique, ou même possible. Quelque chose lui échappait.
Ou alors, il interprétait de travers. Et même… pourquoi interpréterait-il quelque chose de travers ? Et surtout… quelle chose… ? le comportement de Law, son air embarrassé… ?
- … et c'est en 1934 que le gouvernement décida d'en faire un pénitencier fédéral, et mille trente-trois prisonniers furent emp-…
La voix de la guide faisait toujours office de fond sonore ; il avait définitivement cessé de lui accorder son attention.
Qu'est-ce qui avait changé en un laps de temps si court ? il l'ignorait encore. Et puis… n'entendait-il pas ce qu'il désirait entendre… ?
C'était ridicule. Il était ridicule.
Lui et Law étaient amis ; ils s'entendaient comme larrons en foire malgré leurs désaccords, et leur cohabitation se déroulait plutôt sans accrocs. Ace se sentait bien, avec lui. Peut-être un peu trop, à la réflexion.
« ... j'ai vraiment tourné la carte, moi. J'suis fêlé du bocal. »
Law abaissa son visage à sa hauteur, et son sourire en coin le ramena à la réalité.
- Tu baignes encore dans la semoule, Portgas.
- T'as retenu la date de mon anniversaire, murmura-t-il sans relever la provocation. Sérieusement.
- Ben, ouais. Alors arrête de bouder et profite de ton cadeau, OK ? et ce soir, on sort.
- Puisqu'on fête ça, j'suis pas censé choisir ce que je veux ? répliqua-t-il.
- Tu sais que t'es chiant ? pouffa Law. Tu tiens tant que ça à rentrer… ?
- Bon, bon… OK pour la sortie, capitula-t-il en baissant les yeux vers ses pieds, sa timidité et sa réserve reprenant le dessus.
Il ne saurait dire pourquoi, mais un étrange pressentiment l'étreignait.
.
La suite de l'arc "San Francisco" au chapitre 7 ! [ooh, l'arc, tout d'suite... c'pas OnePiece ton truc !] Je parle d'arcs si je veux, d'abord. Alors mets-la en veilleuse, toi...!
Si le voyage vous tente toujours... :)
