Titre : L'alignement des planètes
Auteur : Ruth Dedallime
Spoilers : Tome V (ne tient pas compte du tome VI)
Disclaimer : L'univers Harry Potter et ses personnages sont la propriété exclusive de J.K. Rowling. En revanche tous ces fabuleux Beauxbâtonneurs sont à moi (et ils sont nombreux !)
Rating : T
Ce recueil compile des textes sur des personnages secondaires de La Ligue, notamment la génération des parents des élèves français. Certains de ces textes se trouvent déjà en bonus des chapitre de La Ligue.
Cet OS narre la rencontre de Valérie Doxis et de Jules de Villarmé, les parents de Aldo, qui apparaissent tout deux dans le chapitre sur les Vendanges de La Ligue (Pourvu qu'on ait l'ivresse...)
A la terrasse d'un café
Haxo, mai 1978...
Chaque dimanche matin, Valérie Doxis lit le journal à la terrasse d'un café d'Haxo. Une tasse de café noir, avec un sucre, et un croissant chaud accompagnent ce moment de tranquillité et de lecture.
Elle en avait pris l'habitude avec son père quand elle était encore une jeune adolescente. Il lisait le journal chaque dimanche avec une tasse de café noir et sa fille dévorait un croissant avec un jus d'orange, en l'écoutant commenter les articles. Il les lui expliquait toujours avec beaucoup de soin afin de mettre le contenu à son niveau.
La petite Valérie était entrée à Beauxbâtons plus d'un an après la révolte et les affrontements de mai 68, mais l'école respirait un vent de liberté jamais connu auparavant. Elle avait peu à peu changée, mis en doute les idées conservatrices de ses parents, et c'est pourquoi aujourd'hui, deux ans après sa sortie de Beauxbât, elle lisait l'Haxonaute, loin des yeux paternels. Loin du quartier Molitor, le quartier bourgeois et huppé de Paris.
Valérie sourit. Qui d'ailleurs aurait pensé il y a un siècle encore que les Doxis seraient un jour une famille des plus bourgeoises ? Une famille respectable ? Une famille de Molitor ? Mais il était bien loin le temps où les Doxis étaient la lie de la France sorcière ! Dès le XIXe siècle, les vieilles familles s'étaient vite souvenus d'eux quand ils avaient voulu trouver des conjoints qui ne soient pas un cousin. Et les Doxis avaient fini par rejoindre le rang prestigieux des familles historiques. Ne disait-on pas que l'histoire absorbait tout ? On avait pardonné aux Sorlimus d'avoir attaqué la Gaule et aux Léodène d'avoir massacré les Dyfnaint. On avait donc également pardonné aux Doxis d'avoir été des mercenaires, vendant leurs services au plus offrant. Seul leur nom demeurait en témoignage du mépris que leurs contemporains leur avaient un jour portés. Qui se souvenait que leur nom d'origine était Dokos, « faisceau lumineux » en grec ? Non, ils n'étaient que ces nuisibles de Doxis !
La jeune fille se sent vraiment le produit de cet héritage historique. Fille de Célestin Doxis et de Lucille Jarnac, la très courtisée Valérie Doxis arbore fièrement ses 8/8e de sang sorcier dans les rallyes mondains, tout en lisant chaque dimanche un journal polémiste et libertaire de gauche. Elle n'est plus à une contradiction près...
Elle tend la main vers son café sans interrompre sa lecture. L'édito de Henri Bellamie démonte point par point les derniers mensonges d'Albin Touraine, le Premier Ministre. Valérie ne peut pas s'empêcher d'apprécier la prose au vitriol du rédacteur en chef de l'Haxonaute. Elle sourit à nouveau.
Quelqu'un se racle la gorge à sa gauche.
« Excusez-moi, mademoiselle, si vous ne lisez pas la page Quidditch, vous pourriez me la passer, s'il vous plaît ? »
Valérie hausse les épaules et tend l'une des dernières pages du journal à son voisin. Elle le regarde à peine, trop absorbée par sa lecture. Il la remercie et un bruit de feuille froissée indique bientôt qu'il a commencé sa lecture. Elle se plonge ensuite dans un article de politique économique assez poussé par Sophia Ellie. Cette dernière fait un brillant compte-rendu de la montée du chômage chez les moldus et mesure l'impact que cette crise aura sur le monde sorcier. En effet, de nombreux sorciers depuis deux décennies travaillent à la coopération avec les moldus et cette ouverture risque d'être la première victime de la crise, prédit l'économiste.
« Mademoiselle, navré de vous déranger à nouveau... Je peux vous prendre le sucrier, s'il vous plaît ? » fait la voix à sa gauche.
Valérie prend une courte inspiration pour masquer son impatience. Ce que les gens peuvent être saoulant !
« Mais je vous en prie, prenez donc ! » répond-t-elle, en replongeant son nez dans le journal, marquant ainsi son mécontentement à être sans cesse dérangée.
Il prend le sucrier sur la table de la jeune fille.
« Merci... » fait-il d'une voix un peu contrite.
Le silence se fait à nouveau et Valérie passe à un nouvel article. Celui sur la situation en Angleterre par Simon Bellamie, correspondant à Londres, fait froid dans le dos. Le gouvernement semble complètement noyauté et les mesures prises contre les nés-moldus, tout comme les discriminations de toutes sortes, augmentent de jour en jour. Valérie regrette amèrement l'échec de la Brigade Desruelles.
Le voisin de gauche se racle à nouveau la gorge :
« Ecoutez, mademoiselle, je suis vraiment désespéré, là... Est-ce qu'il faut que je danse en caleçon sur la table pour attirer votre attention ?! »
Valérie tressaille de surprise et lève vivement des yeux écarquillés vers son voisin, qui lui tend la main avec un grand sourire :
« Jules de Villarmé ! » se présente-t-il. « Et en fait, je ne prends jamais de sucre dans mon café... »
