Il était une fois, une jeune femme qui appréciait grandement écrire des fanfics sur ce site. Elle mettait à jour ses histoire sur une base irrégulière, elle le consoit volontier, mais dans une période de temps relativement rapprochée. Seulement, il est arrivé des évènements dans sa vie qui ne lui ont plus permis de suivre cette cadence. Elle participa à un voyage dans une contrée lointaine pendant quelques temps, la nourrissant de merveilles. de retour parmi les siens, les maîtres de savoir lui ouvrirent les portes de l'apprentissage et cela lui prit tout son temps et son énergie. Elle n,avait alors plus de temps pour soumettre de nouveaux chapitres. Elle s'en voit grandement navrée face à ses fidèles lecteurs qu'elle fit attendre. Cela allait se remmetre en ordre à la venue du temps des Fêtes. Entre deux trimestre, la tête vide et le corps régénéré, elle se remet à la tâche pour satisfaire ses lecteurs.

Tout ça pour vous dire que je suis vraiment désolée d'avoir été aussi longue à mettre un nouveau chapitre. Aujourd'hui, je met celui-là, le dernier arrivera prochainement. Pour Noctem et Diurnum, je le terminerai également dans les prochains jours. D'ici le 8 janvier 2007, mes deux histoires en cours seront terminées.

Bonne lecture!


Chapitre 10

Nous avions quitté le bureau de Malfoy assez rapidement. J'avais écouté Lex et je suivais sagement Potter dans le manoir. Comment ne pas exécuter une requête qui avait été si gentiment ponctué d'un baiser? Bien sûr que j'allais suivre Harry Potter… jusqu'à ce que sortions de cette maison. Ensuite, je retourne au Terrier!

Seulement, après avoir franchis une dizaine de pas dans la demeure, je ne m'attendais pas à entendre la sentence de Lex. Pas que je discernais les cris de douleur ou Lex supplier son père d'arrêter ses sorts, mais j'étais encore assez proche pour entendre ce qui si passait. Bien que je ne pouvais entendre la plupart des dialogues, je l'entendais tomber, fracasser les meubles, ricaner en injuriant Draco, le provoquer en prononçant régulièrement mon nom, le menacer même. Les détonations faisaient vibrer les murs, les lueurs des sortilèges éclairaient le corridor. Chaque fois, je soupirais de soulagement de ne pas entrevoir un éclair vert. L'insolence dont faisait preuve Lex, ne faisait qu'amplifier sa situation. Draco augmentait soit la puissance ou la durée, cela revenait au même… augmenter la douleur, approcher Lex le plus près de son seuil de tolérance, de tester ses limites. Quand Lex les aura atteintes, je ne prends pas cher pour la vie de son père! J'admirais son impudence et sa résistance mais je déplorais sa tolérance. Il acceptait ces barbaries depuis trop longtemps et il n'avait jamais rien dit, il ne s'était jamais révolté… ce que j'aurais fait, il y bien longtemps.

Seulement plus que cela durait, plus cela me donnait froid dans le dos. J'avais mal pour lui, ça me brisait le cœur.

Une impulsion soudaine me poussa à aller le rejoindre, arrêter cette torture, ce carnage qu'il endurait depuis trop d'année avant qu'il n'arrive quelque chose d'irréparable… J'avais fait quelques pas en direction du bureau, mais Potter m'attrapa le bras et la descente puis la sortie du manoir se fit d'une manière étrangement rapide que je n'ai pu me débattre pour qu'il lâche prise.

Aussitôt sortis nous avons transplané dans une cabane aux aspects douteux… sans que je ne puisse rien n'y faire.

J'étais choquée. Savoir que Lex avait des difficultés et que je ne pouvais plus rien y faire m'enrageait au plus au point. J'ai bien voulu y retourner mais, j'ai du me rendre à l'évidence après quelque tentative que le transplanage soit impossible dans cette maison. Pour moi! Ne pouvant partir, je n'avais qu'à regarder autour de moi cherchant une échappatoire pour aller rejoindre Lex qui occupait toute mon attention.

Pas très accueillant comme endroit!

Un lit défait, une armoire en bois massif à la porte entrouverte d'où s'échappait une lueur argentée mouvante, un fauteuil rongé par les mites, une petite table à deux chaises avec les vestiges d'un repas pour deux, un coin « salle de bain » que je devinais derrière un rideau et une grande malle d'où s'échappait quelques étoffes et parchemins. Tout cela dans une pièce pas plus grande qu'une chambre au Terrier!

Potter agita sa baguette pour mettre un peu d'ordre dans ce brique à braque et me présenta une chaise et s'assoyant sur l'autre. Un regard froid et les bras croisés sur ma poitrine fut ma seule réponse. Comme si j'allais m'asseoir à cette table où ma mère à pris son petit déjeuner avec son amant! Comme si j'allais m'asseoir et discuter tranquillement avec cet amant en question, celui qui a brisé toute ma famille, celui qui se prétend être mon père… Qu'il se mette un doigt bien profondément où je pense!

Il ne m'intéressait pas, tout ce que j'avais à savoir de lui, mon père me l'avait dit ou je l'avais entendu, alors qu'il cesse de me regarder ainsi où je ne réponds plus de rien! Cette manière qu'il avait de me détailler, d'essayer de lire en moi, commençait sérieusement à m'agacer. Je n'avais absolument rien à lui dire, mis à part quelques phrases peu convenables qui me chatouillaient dangereusement le bout de la langue.

- Qu'est-ce que tu faisais chez Malfoy? demanda-t-il après un long moment de silence impatient.

Ça ne le regarde absolument pas. Je ne veux pas lui expliquer les raisons de ma visite chez les Malfoy. Même s'il en est en parti la cause. La trahison de ma mère, le mensonge de mon père m'avaient complètement déboussolée. Je n'avais plus de repère, plus d'identité. Potter, ce nom me faisait peur. Il m'enlevait tout ce que j'aimais, ma famille, mes espoirs… moi. Je n'étais plus une Weasley, mais une Potter, et je ne savais pas ce que cela signifiait… Mon phare s'était écroulé, me laissant dans la noirceur complète, vulnérable aux dangers.

Je ne leur avais pas montré ma profonde tristesse due à leur mensonge, j'avais exprimé ma rage, enfin, le peu qui avait réussit à sortir… J'étais désemparée, je ne contrôlais plus ce que je ressentais et perdre le contrôle me faisait peur. Alors j'avais fuie, lâchement, comme jamais je ne l'avais fait. J'avais cette sensation désagréable de pincement au cœur, de boule énorme dans la gorge empêchant l'air de passer, mes yeux picotaient, j'avais mal au cœur. Je voulais que ça cesse. La seule solution qui c'était immiscé dans ce désordre fut Lex. Mon ami. La déchéance qui s'en est suivit camoufla momentanément ma détresse mais après le fait accomplis ne fit qu'amplifier ce cahot émotionnel.

Je ne voulais lui dire, je ne pouvais lui dire…

- Et toi? répondis-je alors pour me changer les idées.

Selon de vieux souvenir que je fus auditrice, Draco Malfoy et Harry Potter n'étaient pas de grands copains, loin de là, la guerre était déclarée entre les deux hommes. Mais ce que j'ai vu et entendu au manoir ne m'apparaissait pas comme une discussion d'ennemis, plutôt d'allié.

- Alexander est ton copain? Questionna-t-il en ignorant complètement ma question.

Et le sujet revint sur Lex. Je n'avais pas vraiment de réponse concrète à lui donner. Moi-même j'étais un peu désorienter à ce sujet. Était-il mon copain? Pas vraiment! Eliot est mon petit ami depuis quelques mois déjà et Lex mon ami depuis cinq ans. Ce que Narcissa a insinué «Voyez ce que j'ai trouvé en train de forniquer à l'étage » n'était qu'autre qu'un dérapage dans notre relation.

Ou peut-être pas…

Une évolution?

J'avais souvent souhaité au fond de moi que cela arrive et à défaut d'avoir Lex, je m'étais réfugiée dans les bras d'Eliot. Alexander avait du respect pour moi c'est pour cela qu'il ne profitait pas de mon attachement et ne me prenait pas comme les autres greluches éperdues de son corps. Ce qui c'était passé quelques temps plus tôt dans la journée avait une signification importante pour moi, pour lui, je ne pourrais le dire. Soit il avait oublié momentanément sa considération pour moi, soit il avait outrepassé son sentiment d'amitié. Je crois que pour une fois, nous aurons besoin d'une petite discussion…

- J'ai entendu dire que tu avais fait du grabuge à Poudlard? reprit-il.

Enfin, changement de sujet, mais cela revient au même. Avec qui ais-je fait ce carnage?

- Rien de très extraordinaire, lui répondis-je.

Je l'entendis pousser un long soupire d'exaspération en se levant. Il était irrité peut-être? Cela m'était bien égal. À quoi s'attendait-il? Que je lui saute dans les bras, disant que je suis si heureuse qu'il soit mon père, que plus jamais je ne le quitterais? Non mais vraiment? Je ne vais pas répondre docilement à ses questions, ni bavarder gaiement avec lui.

Il n'est pas mon père!

- Tu ne me facilites pas la tâche Emily, murmura-t-il en s'approchant de moi.

- Et à quelle tâche devrais-je t'aider?

- Je veux te connaître, dit-il en prenant ma main que je dégagea aussitôt. J'ai tellement perdu de temps alors j'aimerais tout rattrapé de ta vie. Savoir ce que tu penses, connaître tes rêves, tes ambitions, je veux connaître tes amis, ce que tu aimes… tout!

Non, mais il rêve!

- Et si je ne le veux pas?

- Tu me briserais le cœur.

Oh! Pauvre chou…

- Je ne veux pas te connaître, je ne veux pas que tu me connaisses, répondis-je abruptement. Mon père c'est Ron et rien ne pourra changer cela!

J'en avais vraiment marre de cet énergumène, je devais quitter cet endroit au plus vite. Si je ne peux pas transplaner, je peux toujours utiliser la voie commune… la porte! Malheureusement, elle s'avéra infranchissable. Avoir ma baguette en main m'aiderais peut-être mais elle est cachée quelque part dans la chambre de Mamy Molly. Je me suis alors retourner vers lui, émeraudes contre émeraudes.

- Laisses-moi sortir, lui dis-je.

Il secoua la tête.

- Tu n'as pas le droit de me garder ici contre mon gré, me défendis-je sachant pertinemment que ça l'affectait nullement et que c'était complètement pathétique.

Mais où était passé l'Emily d'avant qui aurait fracassé la porte à coup de poings et de pieds, qui se serait jeté sur l'énergumène à la cicatrice pour lui voler sa baguette, qui n'aurait pas demandé gentiment qu'on lui ouvre la porte? Elle a disparut. Elle n'est plus en moi. Elle s'est volatilisée en même temps que mon nom…et je n'aime pas ça.

- Je suis ton père, contredit-il, j'en ais parfaitement le droit.

- Nous en avons déjà parlé, m'emportais-je. Tu n'es pas mon père!

Bien voilà, là c'est mieux!

- Tu as mes yeux, les yeux de ma mère. Tu lui ressembles tellement, dit-il tendrement.

- Je ressemble à tante Ginny, tu te souviens? Celle que tu as tuée!

Il prit un air grave et croisa les bras sur son torse. Monsieur se referme? Ais-je touché une corde sensible?

- Qu'est-ce qu'on t'a dit? demanda-t-il.

- Tout ce que j'avais à savoir, commençais-je. Que tu es un assassin, un fourbe sans cœur qui tue en prétendant que c'est pour le mieux. C'est bien ça que tu as dit n'est-ce pas? Que c'était pour son bien? Mais je sais que ce n'est pas ta faute. Ton combat avec Voldemort t'a complètement transformé, peut-être que tu es devenu comme lui? En fait, tu fais simplement pitié.

Ses traits se déformèrent, ses yeux si semblable aux miens prirent une teinte profondément noire et sa baguette se retrouva à quelques centimètres de mon nez.

Suis-je allée trop loin?

- Je ne suis pas comme lui, ragea-t-il dans un murmure à peine audible.

Puis tout devint sombre.


Depuis plus d'une heure, Ron maugréait seul dans l'ancienne chambre de Ginny. Faisant les cent pas en grognant des paroles inintelligibles, s'assoyant pour se calmer et réfléchir, criant des bêtises aux Aurors qui s'acharnaient à se procurer le mandat… Il restait à l'étage pour ne pas croiser sa famille. Ses parents et Remus étaient au rez-de-chaussée en compagnie d'Hermione, il ne pouvait aller les confronter pour le moment. Il les avait entendus arrivé, il les avait entendus parlé, mais aucun d'eux n'était monté le voir. C'était probablement mieux ainsi. Il ne savait pas ce qu'il leur aurait dit. Il savait qu'Hermione était toujours à l'étage inférieur, mais il ne l'avait pas entendu parler. Molly l'avait bien interrogé, mais aucune réponse n'était venue. Peut-être était-elle encore sous le choc, peut-être avait-elle peur de leur dire qu'elle les avait trahit… Mais Ron s'en moquait de la réponse qu'elle pouvait donner. Tout ce qui remplissait son esprit était Emily.

Rien d'autre.

Elle était chez les Malfoy, il ne savait dans quel état émotionnel. Elle était partie rageuse, mais il savait qu'elle avait été terriblement blesser par les aveux qu'Hermione avait prononcés. Qu'il l'avait trahit…

Ron savait qu'Alexander était son ami, mais pas à ce point. Pour qu'Emily s'enfuie sans exprimer ouvertement et fortement ce qu'elle ressentait l'avait surpris mais qu'elle se réfugie chez Malfoy et prendre la chance qu'il la voit pleurer… il devait être plus qu'un ami aux yeux de sa fille!

C'est en méditant sur la relation qu'entretenait sa fille et le fils Malfoy que Ron remarqua la vivacité de la boulette animée au centre du tas de cendre. Quand il était arrivé dans la chambre, il avait espéré trouver un protecteur pour sa fille, mais l'oiseau n'était qu'un simple oisillon fripé, les yeux à peine ouverts, presque immobile. À présent, l'oiselet émettait un croassement aigu en le regardant de face. Peut-être qu'il essayait de lui dire quelque chose, mais Ron n'avait jamais été très proche de cet oiseau, alors il ne pouvait le comprendre. Fumseck persista et exprima une nouvelle fois sa requête avec un cri plus perçant et plus soutenu que le premier tout en déployant les moignons duveteux qui lui sert d'ailes. Ron s'approcha de lui et le pris dans sa main. Le phénix lui rappela étrangement Coq. Une boule de vie infatigable. Ron commença alors à comprendre mais le phénix était trop petit pour voler, il n'avait pas encore de plume! C'est probablement la morsure que Fumseck lui infligea ou les petites pattes griffues qui pénétraient la paume de sa main qui incita Ron à s'approcher de la fenêtre. A l'instant ou il étira son bras à l'extérieur, l'oisillon s'avança lentement en se dandinant dans la main de Ron et se laissa tomber dans le vide.

Il voulut le rattraper, mais trop tard… La petite boule chiffonnée fit une chute libre de quelques mètres en laissant derrière elle une traînée de cendre, cependant avant de s'écraser contre le sol, le phénix explosa laissant une immense gerbe dorée et réapparut grandeur adulte. Fumseck plana un instant près du sol, les ailes majestueusement déployées, captant la brise, les longs brins d'herbe frôlant son ventre, puis battit gracieusement des ailes, prit de la vitesse et de l'altitude pour s'éclipser dans un éclair doré.

Le spectacle fut tellement magnifique que Ron resta immobile un instant. Tout comme les aurors dans la cour et Remus qui était sortit prendre de l'air. La réputation sur la fidélité de Fumseck n'était plus à refaire, mais que l'oiseau accélère sa croissance pour protéger un élève de son défunt maître était déconcertant.

Cette stupeur ne dura cependant pas très longtemps. Un crac sonore retentit dans la cour. Les Aurors présents se précipitèrent sur l'homme qui était apparu, l'encerclant, baguettes levées.

De la fenêtre de la chambre, Ron le reconnu sans peine. Il se précipita dans les escaliers et sans un regard pour les gens dans la cuisine, il sortit de la maison.

Il traversa le jardin à grande enjambée suivit de près par Remus.

- Où est-elle? s'exclama Ron arrivé à la hauteur des Aurors et de leur capture.

- Potter, souffla Alexander.

Ron devint blanc comme neige mais il garda tout de même son aplomb. Il scruta le jeune homme devant lui et eut de plus en plus peur. Malfoy était dans un piteux état. Il était presque étonnant qu'il tienne encore debout. En plus d'un œil bleuté et d'une lèvre fendue, sa chemise était déchirée à la hauteur d'une épaule tombante et la chair fraîchement déchiquetée laissait s'échapper un long filet de sang, il se tenait le ventre où une tache de sang grandissait à vu d'œil et il était évident qu'il évitait de s'appuyer sur l'une de ses jambes.

- C'est lui qui t'a fait ça? s'empressa de demander Ron.

Lex ne répondit pas. L'extrême douleur qu'il éprouvait était évidente. Son visage d'une couleur verdâtre était complètement crispé, tous ses muscles étaient tendus et tremblotants. C'est lorsqu'il pressentit la défaillance du jeune homme que Ron se résigna à l'aider. À peine s'était-il approché que la jambe de Lex céda sous son poids et il tomba inconscient dans les bras de Ron.

- Remus, va chercher ma mère et prévient l'Ordre, requit Ron en allongeant le jeune Malfoy dans la pelouse.

Le lycanthrope partit sans plus attendre.

- Pourquoi a-t-il parlé de Potter? Il doit avoir l'esprit embrouillé le pauvre, proposa l'un des aurors.

Ronald n'avait pas la force d'expliquer la complexité de la situation. Alors il se contenta de les écarter.

- Je n'ai plus besoin de vos services, annonça Ron en relevant la tête vers eux. Retourner au ministère.

- Que fait-on pour le mandat Weasley? reprit l'auror.

- Continuer les démarches, ordonna-il. Vous en aurez peut-être de besoin plus tard.

Les aurors se regardèrent entre eux et haussèrent les épaules. Weasley avait toujours été un excellent aurors, très habile et puissant, alors ils n'avaient pas à s'inquiéter sur la suite des évènements. S'il disait qu'il n'avait plus besoin d'eux, il n'avait plus besoin d'eux. C'est ainsi qu'ils transplanèrent au ministère afin de remplir la panoplie de paperasse.

Ron était seul avec Lex encore quelques instants. Il en profita pour le réveiller et le questionner.

- Alexander, dit-il brusquement sans oublier de lui tapoter le visage. Alexander.

Le jeune homme ouvrit les yeux lentement mais n'apparaissait pas complètement présent.

- Alexander, tu dois me dire ce qu'il s'est passé, reprit-il.

Malfoy ne répondit pas et essaya de ce lever, mais Ron l'en empêcha d'une main sur le torse.

- Tu ne bouges pas, ordonna-t-il. Ma mère arrive, elle va te soigner.

- Je vais très… aïe!

Le blondinet avait fait une nouvelle tentative pour se relever mais il avait mis son poids sur son bras blesser. La douleur avait été fulgurante et assez convaincante pour qu'il se rallonge sans aide. Quel orgueil!

- Tête de mule, souffla Ron. Comment ce fait-il qu'Emily soit avec Potter?

- Il était venu voir mon père…- il grogna de douleur - pour lui demander un service.

Cette révélation alluma un signale d'alarme dans la tête du rouquin. Il savait pertinemment de quel genre de service Harry était venu demander à Malfoy père. Il le connaissait trop pour connaître ses plans. Un service en échange de la vie sauve…

- Quel service?

- Te tuer.

Quel surprise!

- Mon père voulait m'envoyer à sa place, continua Lex.

- Et c'est pourquoi tu es là? Navré jeune homme mais je ne crois pas que tu y arriveras dans cet état, déclara Ron.

Le Serpentard voulu rire, mais après quelques soubresauts de ricanement, une toux s'empara de lui, le faisant gémir de douleur. Des perles de sueur commençaient à apparaître sur son front dû à la souffrance qu'il subissait.

Ron l'aida en faisant apparaître un verre d'eau et quand la toux s'atténua, Lex répondit :

- Il y a longtemps que je ne fais plus ce que mon père me demande, je venais seulement à propos de Potter, dit-il le souffle court.

- Pourquoi?

C'est la seule question qui traversa l'esprit de Ron. Pourquoi le jeune Malfoy était-il de leur côté? Pourquoi lui apparaissait-il si docile? Gentil? Peut-être qu'Emily avait-elle raison. Alexander n'est pas comme son père.

Ne voyant pas de réponses venir de la bouche du blessé, l'auror s'attarda d'un regard paternel aux blessures : profondes, généralisés, apparemment douloureuses. L'œuvre de qui?

- Qui t'a fait ça? reprit-il. C'est Potter?

- Non!

Pour la première fois depuis qu'il connaissait Alexander, il eut de la compassion pour lui. Et pour la millième fois, un grand mépris et une haine profonde envers Draco. C'était inconcevable pour lui de faire cela à un enfant, à son propre enfant.

- Ça lui arrive souvent? demanda Ron.

- Assez, répondit sincèrement Lex. Mais cette fois fut la pire.

- Pourquoi? ne put s'empêcher de questionner Ron.

- Parce que… non, laissez tomber…

Le jeune homme détourna le regard et prit une grande inspiration. Ron put même voir apparaître des nuages roses sur ses joues. La déclaration que Malfoy s'apprêtait à faire devait l'embarrasser énormément. Il n'allait pas le laisser muet surtout que des pas de course retentissaient dans la pelouse derrière eux alors il le relança :

- Dis-le-moi Alexander. Pourquoi?

Ils étaient à quelques centimètres l'un de l'autre, oubliant leur différence, échangeant des secrets. Alexander ne pouvait faire autrement que de lui dire la vérité. De toute manière, pourquoi lui mentir? Dans le regard azur que lui lançait l'auror, il n'y voyait aucune hostilité comme les dernières fois qu'il avait croisé son regard. De la sympathie, de la curiosité, rien qui ne le fasse reculer. Mais le prononcer était au-dessus de ses forces, alors il le laissa transparaître à travers ses yeux.

Ron n'eut aucun mal à saisir ce regard là. Il eut un mouvement de recule malgré lui. Il s'attendait à tout mais pas à ça. Il détailla le blondinet un moment ne sachant comment réagir. Emily sortait avec Eliot, un garçon de bonne famille, aimable, très intelligent et qui était follement amoureux de la rouquine. Alexander aimait Emily, sincèrement, Ron le ressentait, mais elle, qui elle aimait? Un triangle amoureux comme il avait déjà vécu, qu'il vivait encore. Deux hommes pour une femme. Le processus ne pouvait recommencer… ne devait recommencer.

Weasley était toujours sans voix, mais son regard n'avait jamais quitté celui du jeune Malfoy. Ils s'étudiaient mutuellement et Ron compris qu'Alexander mettait son âme à nu devant lui, lui expliquant dans un certain langage qu'il n'était pas comme son père. Il en fut heureux.

La chevelure de Molly apparut entre les deux hommes coupant ainsi leur liaison visuelle. Mais chacun d'eux avait un léger sourire au visage.


Harry était assit au côté de sa fille. Sa fille. Il avait encore de la difficulté à le réaliser. Comme Hermione, elle dormait paisiblement de ce sommeil magique. Il n'avait pas supporté qu'elle le compare à Voldemort, comme Dumbledore l'avait fait jadis. Elle avait tort, ils avaient tous les deux tort. Jamais il ne serait comme le Mage Noir. Jamais! Mais alors pourquoi tout le monde le lui rappelait sans cesse, pourquoi dans les journaux on associait l'Ombre à cet être infâme? Peut-être que… non! C'est impossible! Une idée absurde. Ce qu'il est devenu, il l'a choisi, il l'apprécie, il l'assume pleinement et il n'a aucun remord. Il a tué, mais ce n'ait que vengeance, c'est tout ce que ces êtres méprisants méritaient. Il a enlevé une petite, mais ce n'est que justice, elle est sa fille, elle lui appartient. Il le fait parce qu'il aime, parce qu'il avait aimé, parce qu'il avait été blessé. Jamais Voldemort aurait agit pour ces motifs, il n'agissait que par cruauté, jalousie et peur. Ils sont complètement différents.

Harry souriait quand il en fut convaincu. Sa fille lui avait remit le doute, la possibilité d'une ressemblance, mais maintenant que cette incertitude fut chassée de son esprit, il reprit la contemplation de sa fille. Il n'aurait peut-être pas dû lui jeter ce sort, elle va lui en vouloir, elle sera de plus en plus inaccessible.

La résistance d'Emily à admettre qu'il était son père l'avait complètement dérangé sur le plan émotif. Un étau lui avait serré le cœur et il avait sentit la tristesse et la déception s'emparer de son corps. Il y avait trop longtemps qu'il n'avait pas ressentit ces émotions là. Il ne les contrôlait plus. La colère les a donc piétinées. Sa propre fille le rejetait comme on rejette un plat désagréable au goût, une vieille chaussette ou la compagnie domestique d'un Détraqueur. Son propre sang refusait le lien qui les unissait. Elle ne voulait même pas essayer…

Elle était inaccessible. Comme l'avait été longtemps Hermione! Tout ça pour quoi? Plutôt pour qui? Tant et aussi longtemps que Ron sera dans les parages, elle refusera de faire un pas vers lui, il devait être éliminer au plus vite… Malfoy allait s'en charger, il avait tellement peur de la mort qu'il allait accomplir la tâche sans problème. De ce côté, il ne devait pas s'inquiéter. Et s'il advenait qu'il n'y arrive pas, il restait bien quelques Mangemorts en libertés qui serait enchanté de rendre service à l'Ombre.

Son plan fonctionnait jusqu'à présent. Quelques embûches s'y étaient immiscées, mais la ligne centrale restait la même. Rien ne pourra l'empêcher d'arriver à ses fins…

C'est ce qu'il croyait jusqu'à ce qu'une violente bourrasque fasse trembler sa cabane. Cela le surprit et il cessa momentanément l'étude d'Emily. Baguette en main, tous les sens en alerte, il était prêt à toute éventualité… sauf à celle qui se présenta devant lui.

La mort était irrémédiable même pour les sorciers, on lui avait dit tellement de fois. Elle pouvait être évitée, ralentie, déjouée, mais jamais elle ne pouvait être réversible. Aussitôt que l'âme quitte le corps, que le dernier souffle soit rendu, il n'y a plus d'espoir de renaissance. Alors comment pouvait-il se tenir debout devant lui dans toute sa Grandeur, exorcisant sa puissance de telle force que Harry ne put que rester immobile.

Une plume frôla sa joue, mais il était déjà trop tard. Il fit volte-face vers sa fille, mais elle avait disparut. Une rage bouillonnante s'empara de lui et c'est sans pitié et sans remord qu'il se retourna pour lancer le sort mortel vers l'homme qui devait être mort. Le sort aurait du toucher son cœur… si l'homme avait été bien réel.

Dumbledore n'était qu'une illusion.

Harry s'était fait berner par un oiseau.

Le hurlement inhumain qu'il poussa se fit entendre jusqu'à Poudlard faisant trembler élèves et professeurs. La cabane s'enflamma, la forêt qui l'entourait s'anima violemment pendant un moment puis brusquement elle mourut, ne laissant qu'arbres desséchés et pourriture.

Au centre de ce désastre maintenant présent, une aura ténébreuse entourait le corps de Potter. La baguette toujours étroitement serrée dans la main, il eut un rictus diabolique tout en planifiant son nouveau plan. Plus de subalternes, il exécutera sa vengeance. Seul…


Quelques membres de l'Ordre disponibles arrivaient de partout, transplanant dans le jardin ou venant par la Poudre de Cheminette. Chacun avait une humeur assez médiocre même si chez certain c'était habituel… L'atmosphère qui régnait dans la maison n'était pas des plus agréable. Il y avait chicane et discorde entre les membres, certain croyaient, d'autres non. La nouvelle de l'enlèvement d'Emily et des plans de Potter n'était pas très bien digérée. Ron tentait de faire valoir son point de vue aidé tant bien que mal par Alexander, mais en vain. La non-crédibilité de Malfoy n'aidant pas.

Hermione avait été assailli de questions. Elle avait pu affirmer que Harry était en vie, qu'il ne lui avait fait aucun mal, mais elle doutait maintenant de son innocence. Il lui avait affirmé que Fumseck était mort. Ce n'était pas le cas, elle avait vu le phénix, comme tous les autres à l'instant qu'il avait traversé le jardin peut avant l'arrivé du jeune Malfoy. Harry lui avait-il mentit ou s'était-il seulement trompé? Elle n'en savait rien. Les propos de Malfoy l'avait bouleversé, elle ne croyait pas Harry capable de faire cela. Cependant le Serpentard ne semblait pas mentir et elle sentait une complicité entre Ron et le gamin. Tout ça la tourmentait terriblement. En plus, tous ses gens qui discutaient autour d'elle l'empêchaient de penser correctement.

Alexander avait été transféré dans la cuisine, assit à la table entourer de Molly et de Rogue. La matrone lui bandait ses blessures tandis que le professeur lui administrait des potions de premiers secours. Il se remettait peu à peu. Les jumeaux le regardaient dangereusement, il en était de même pour la plupart des occupants de la pièce. Seuls Ron et Rogue paressait l'accepter. Mais ça lui convenait!

Ce conseil de vieux sorciers était terriblement ennuyant pour ce jeune homme, mais lorsque Ron s'approcha de lui, il sut que les choses allaient enfin bouger.

- Te sens-tu capable de transplaner? Lui demanda le rouquin.

- Voyons Ronald, s'exclama Molly. Ce garçon a faillit mourir. S'il bouge de cette chaise c'est pour aller à Sainte-Mangouste et…

- Oui Monsieur! interrompit Lex.

Molly s'offusqua bruyamment avant que Rogue n'intercède.

- Si je peux me le permettre Monsieur Malfoy, vous n'êtes pas en mesure de transplaner, l'effet de la potion que je vous ai donné ne durera pas éternellement et vous ressentirez de nouveau la douleur. Je suis en accord avec Madame Weasley, votre prochain escale sera Sainte-Mangouste.

- Merci Severus! Dit Molly.

- Vous allez arrêter! Intervient Ron. Maman tu n'es pas sa mère et Rogue tu n'es pas son professeur en dehors de Poudlard et Alexander est majeur, alors s'il veut…

Mais Ron ne put terminer sa phrase. Le son particulier du phénix se fit entendre au fond du jardin. Sans attendre, ils se précipitèrent tous à l'extérieur pour voir apparaître Fumseck et Emily. L'oiseau la déposa dans la pelouse. Des cris d'effrois retentirent la croyant morte.

Ce fut Ron qui arriva auprès d'elle en premier, suivit d'Hermione. Après un examen rapide, Ron put remarquer qu'Emily était heureusement pas blesser, mais qu'elle était seulement endormie. Ce qui en rassura plus d'un!

Hermione la tenait serrer contre elle, la berçant, essayant de trouver une solution à ce problème. Le sommeil magique profond dans lequel sa fille était plongée, elle l'avait vécu quelques heures auparavant. Harry lui avait dit qu'elle s'était évanouie, mais elle savait maintenant qu'il lui avait mentit. Il l'avait manipulé pour obtenir ce qu'il voulait, et ça avait fonctionné. Comment avait-il pu lui faire ça? Comment avait-il put faire ça à sa fille? Hermione n'avait rien vu… maintenant elle voyait, elle savait. C'est Ronald qui avait raison depuis le début!

- Je suis désolé Ron, souffla-t-elle.

Elle croisa le regard azur de son mari et elle y lut qu'elle l'avait perdu. Il n'allait pas lui pardonner sa trahison et surtout pas d'avoir mit la vie d'Emily en danger. Il n'était pas possible d'imaginer combien elle se sentait coupable de tout ce qui arrivait. Elle regrettait terriblement ce qu'elle avait fait.

Ron essayait des sorts pour réveiller Emily, mais rien n'y faisait. Probablement était-il trop bouleversé pour que sa concentration soit à son maximum ou peut-être que seul Harry possédait le contre-sort.

- Donnez-la-moi Madame Weasley, avait dit une voix derrière Hermione.

Alexander s'était agenouillé près d'eux et tendait les mains vers Emily. Hermione n'était pas certaine si elle devait faire confiance ou non au Serpentard et involontairement, elle étreignit Emily plus fort encore pour la protéger.

De son côté, Ron s'était levé. Le visage impassible, les yeux bouillant de rage, il savait ce qu'il devait faire. L'incertitude de ne pas réussir l'envahissait, mais il ne reculera pas. S'il voulait sauver sa famille, les gens qu'il aime, il devait essayer. Même s'il y avait plus de chance qui y laisse sa peau.

Hermione le vit et compris ce qu'il s'apprêtait à faire. Elle céda la place à Alexander sa plus se poser de question sur sa confiance et s'approcha de Ron.

- N'y vas pas! supplia-t-elle. Je t'en pris Ron, n'y va pas.

Ron fit quelques pas pour s'éloigner d'elle. Elle était la cause de toute cette mésaventure alors elle n'avait aucun droit de lui dicter sa conduite.

- Tu as peur pour moi ou pour lui? lui cracha-t-il au visage.

Sa rage lui brouillait la raison.

Hermione ne sut répondre à cet interrogatoire. Le regardant insistant, les larmes ruisselant sur son visage elle reprit :

- N'y vas pas!

- Il est trop tard pour me supplier de rester, souffla-t-il.

D'un pas rapide, il se dirigea vers Emily et s'accroupit près d'elle. Après l'avoir embrassé et lui avoir dit combien il l'aimait, il se releva et alla en faire de même avec sa mère. Au fond de lui il savait qu'il n'allait pas revenir de cet affront. C'est pourquoi il prenait le temps de dire adieu aux gens qu'il aime.

Quand il fut près, il appela Fumseck et disparut dans un éclair doré.


La fin approche. Je ne sais pas le "big" caractère gras qui est sur mon écran ce projette sur le votre, si c'est le cas, j'en suis navrée. C'est pas mon ordi.

Je vous souhaite Jouyeuses Fêtes et à bientôt.

Emily