Ohayo mina !
Bon allez, j'suis en forme, j'avais prévu de poster mardi soir et puis finalement... let's go tonight !
Merci encore pour vos reviews, les ajouts en histoire suivie (trèèès plaisant) et en auteur favori (suuuuperrrr plaisant ! *Franky, une bonne fois pour toutes, sors de là*) : ça c'est du bonheur ! :)
Après ce chapitre 9 tout en douceur et en humour [t'excite pas trop non plus, hein] *repousse sa conscience*, voici un chapitre 10... tout en douceur aussi... :D [arrête avec ce sourire après les trois p'tits points, c'est hyper malsain] l'écoutez pas, elle rage toute seule.
Un ton léger, donc ! Alors...
Enjoy it !
« I don't know who you are now
Mystery drenches my brain
I wanna jump deep into your cloud
'Cause something tells me it's gonna rain… »
Slash ft. Fergie
.
Law s'assura que les tréteaux et les chandelles maintenaient solidement l'Aston en suspension et retourna à l'avant, agenouillé dans le sable, pour fouiller dans sa caisse à outils.
Ace s'assit en tailleur près de lui et reprit le nettoyage des carburateurs, jetant de temps à autre des regards à la dérobée à l'homme occupé à préparer ses jauges, penché sur ses outils étalés sur le chiffon ouvert devant lui.
- Le coup de la distribution m'a pas mal impressionné, mais est-ce que tu sais régler des carburateurs de ce genre… ?
- J'ai jamais fait, non.
- Un cours pratique, ça te dit ?
Ace sourit et acquiesça.
Le lendemain qui avait suivi leur baiser, ils étaient tous les deux légèrement mal à l'aise ; Ace, parce qu'il pensait qu'il avait été trop loin, et Law, parce qu'il n'était pas certain de ce qu'il ressentait exactement. C'est ce dernier qui avait finalement brisé la glace, quelques jours auparavant – visiblement, cette situation lui était aussi intolérable ; il l'avait plaqué contre la portière et lui avait donné un baiser fougueux.
Ace en avait rougi : personne ne l'avait jamais embrassé avec autant de passion et d'intensité. Il s'était appliqué, l'instant de surprise passé, à lui rendre son baiser avec la même ardeur et surtout, la même habileté. Ils avaient ri, ensuite, et la bombe s'était peu à peu désamorcée entre eux deux.
Il faisait chaud, aujourd'hui, mais Law ne voulait pas attendre pour s'occuper de ses nouveaux carburateurs ; il avait mis plus de deux heures à les changer et les remettre en état et Ace l'avait regardé faire, fasciné.
L'assurance de ses gestes, sa précision, la rapidité avec laquelle il opérait…
« Dixième année de médecine. Il voulait pas être pédiatre, à mon avis. »
« Tu penses à la chirurgie ? »
« Quoi d'autre ? et puis, chirurgien… c'est super-sexy, non ? »
« … je suis vraiment en train de parler de sex-appeal avec ma conscience ? »
« On dirait. Ça t'gêne ? »
« Euh, ouais. Quand même. »
Law se glissa souplement sous la voiture, faisant signe à Ace de le suivre. Il obéit et se faufila à ses côtés ; l'espace était exigu, et Law se serra pour lui faire une place. Ace s'allongea à plat dos, son visage près du sien, leurs bras se touchant à chaque mouvement.
« C'est moi où c'est genre hyper-tendu, ici… ? »
« Arrête, ça t'plaît » le sermonna sa conscience. « Être tout contre lui, comme ça… »
« Oh, boucle-la… »
- Bon, une fois qu'on sait le faire, ça devient un peu moins délicat… passe-moi le tournevis. Merci. Alors, tu commences par retirer les chapeaux des puits de bougie pour dégager l'accès aux connecteurs haute tension.
- OK.
- On va commencer par le réglage approché de la synchro, le réglage de la richesse et seulement après, on fera les réglages fins. Alors ouvre tes oreilles. Et tes yeux. Prends un tournevis.
- Euh… j'suis censé le faire aussi ? s'inquiéta Ace, sa belle assurance encore volatilisée.
- Y'a qu'en pratiquant qu'on devient meilleur.
« Et pour les baisers, ça marche aussi… ? »
- Dévisse les vis-bouchon en laiton. Celles qui sont près des vis de richesse. Tu vois les trous de progression… ?
- Ouais… c'est la tranche des papillons, ça ?
- Exact, sourit Law en étendant ses longues jambes.
Elles touchèrent les siennes et Ace sentit un violent frisson hérisser ses cheveux sur sa nuque. La tension qui régnait sous l'habitacle le perturbait.
Il devait vraiment avoir un grain, parce que de son point de vue, tout était parfait : proximité de Law, espace réduit, parfum d'essence et chaleur étouffante. Ouais, vraiment un gros grain. Qui dans le monde était susceptible de trouver cette situation excitante...?
« Toi, mon vieux. Toi. »
- Ces trous de progression assurent une carburation progressive entre le ralenti et… environ… 2500 à 3000 tours-minute, lorsque le papillon est encore quasi-vertical. Ça fait une émulsion air/essence qui est fournie par le gicleur au ralenti, et elle est aspirée à travers les trous de progression. Toujours en supplément de celle aspirée via les vis de richesse.
- Au-delà de 3000 tours-minute, ils doivent plus vraiment servir à rien… la dépression en aval du papillon chute avec l'ouverture du papillon, justement, non ?
Ace tourna la tête et croisa le regard brillant de Law. Apparemment, il faisait vibrer sa corde sensible : la mécanique. C'était leur seul vrai point commun, avec ce même goût du voyage.
Sinon, on ne pouvait pas faire plus diamétralement opposé qu'eux deux.
- … j'ai dit une connerie ? s'effara-t-il.
- Au contraire, Portgas, au contraire. Tu patauges peut-être pas tellement dans l'eau tiède, en fin de compte…
En temps normal, Ace se serait emporté et aurait trouvé une réplique cinglante à lui balancer au visage, mais pas aujourd'hui ; ce qu'il venait de dire valait tous les compliments du monde, à ses yeux.
- Donne les fils d'acier.
- C'est quoi ? s'étonna Ace en les prenant à tâtons sur la couverture.
- Des vieilles cordes à piano. Tiens, commence par le carbu avant. Tu le glisses à l'intérieur et tu accroches le papillon pour l'amener en butée. Si t'y arrives pas, joue sur la vis de ralenti.
Ace tremblait un peu, nerveux ; Law tendit la main et la referma sur la sienne, ferme et immobile, pour l'empêcher de trop bouger.
L'adolescent déglutit difficilement sa salive et tira sur le papillon, alors que Law tenait son autre main pour l'aider à dégager les vis.
« OK, j'vais crever, là. »
- Le carbu arrière, maintenant. Et pour les vis… ?
- Euh… la vis de synchro ?
- Bien joué. En théorie, les deux papillons d'un carburateur sont strictement parallèles, mais ceux-là ont aussi un peu vécu. Je les ai remis dans l'axe tout à l'heure, donc tu ne devrais pas avoir trop de problème.
- Tu t'es p't'être foiré.
- Je ne me foire jamais en mécanique, monsieur Portgas.
- Les « Putain » et les « Fait chier » que tu as braillés le mois dernier indiquent le contraire.
Toujours de la provocation. Toujours, toujours, toujours. Law se contenta de sourire, avant de récupérer les fils et de les redonner à Ace, qui les déposa sur le chiffon. Ça y est, il avait les mains dégueulasses. Génial.
« … t'avais l'intention de tripoter Law ? »
« C'était l'idée générale. »
- Bon… réglage de la richesse. Là, c'est moi qui fais, ma confiance a ses limites.
- Rooooh, tout d'suite !
- Bon, bon. On a un modèle 45DCOE 38/39 avant l'indice 1000, alors donne-moi le nombre de tour à dévisser pour la vis de richesse, le défia Law d'un regard sombre.
Ace fit mine de réfléchir, mais Law était trop doué pour découvrir les supercheries. Il s'aperçut tout de suite qu'il n'avait pas la moindre idée de la réponse à donner et s'esclaffa, tendant le bras pour accrocher la vis visée ; son corps se colla au sien, et leurs torses nus se touchèrent.
Ace sut qu'il venait de prendre la subtile couleur d'un poivron rouge et retint son souffle.
- Pour un modèle 38/39 c'est un demi-tour. Mais dans le doute, si jamais tu auras à régler ce genre de carburateurs, mets un tour. Ni trop, ni pas assez.
« Comme la chaleur de ta peau » songea Ace en inspirant discrètement
son odeur musquée. « Ni trop, ni pas assez. Chaude juste comme il faut… »
Il avait envie de le toucher. C'était viscéral. Il donnerait n'importe quoi pour laisser ses doigts errer sur son torse nu, et sa langue retracer chacun des tatouages qui ornaient sa peau.
- … Ace ?
La voix de Law le ramena à la réalité. Il leva les yeux et son regard croisa celui de l'homme penché sur lui, ses yeux gris sondant les siens.
Il haussa les sourcils, feignant la surprise.
- Quoi ?
- T'écoute c'que j'te dis ?
« Pas trop, là. »
- Ouais, ouais, j't'écoute. Un tour dans le doute.
Law sembla sceptique mais ne releva pas. Il se rallongea près de lui et aussitôt, la sensation de sa peau sur la sienne manqua terriblement à l'adolescent.
- Les réglages fins, maintenant. Il va falloir qu'on mette le moteur en route.
- … euh…
- Faut savoir vivre dangereusement, Portgas. Le moteur doit être à 90°… avec la chaleur qu'il fait, ça ne devrait pas poser de problème. Bouge ton p'tit cul et va démarrer. T'accélère jusqu'à ce que je te dise stop.
- Genre, comment tu vas savoir qu'on a atteint 90 ? t'as un thermostat intégré ?
- Une sonde de température. Tu m'accordes des pouvoirs magiques ou quoi ? s'esclaffa Law en secouant la tête.
Ace marmonna et se tortilla pour s'extraire du dessous de la voiture ; son regard s'attarda sur les abdominaux marqués de Law, et le V hypnotique de ses iliaques.
« Code rouge ! » brama sa conscience. « C'est pas l'moment, Portgas ! »
Ses yeux errèrent sur son torse finement musclé, le dessin de ses tatouages et la petite ligne sombre qui serpentait sous son nombril, et disparaissait sous son jean ajusté bas sur ses hanches.
« Arrête de fantasmer sur ce qui se trouve sous ses fringues et va démarrer ce putain de moteur ! » s'énerva sa conscience en gesticulant dans sa tête.
Il décida que ce n'était pas le bon moment pour baver et contourna la voiture, mettant le contact avant de démarrer ; le moteur se mit en route et il tendit le bras pour presser l'accélérateur, tendant l'oreille, jusqu'à entendre la voix de Law lui dire d'arrêter, quelques minutes plus tard.
Minutes nécessaires pour qu'Ace lui-même évacue sa tension.
- OK… maintenant, tu vas régler le ralenti à 1200 tours-minutes ! lança sa voix.
- … hein ?!
- Fais c'que j'te dis, j't'explique en même temps !
Ace obéit, pas très rassuré – l'idée que les doigts de Law se fassent entraîner dans le moteur…
« Ça s'peut pas, crétin. »
« Il peut quand même bien se faire cuire…
ça doit être une vraie fournaise là-dessous ! »
- Là, pour chaque vis de richesse, on va serrer ou desserrer d'un quart de tour en attendant au moins cinq secondes après chaque quart pour avoir le réglage max ! tu me suis ?
- Ouais… faut trouver le point de réglage où visser ou dévisser…
Ace compta brièvement sur ses doigts, avec la sensation d'être plutôt ridicule – mais le calcul de tête n'avait jamais été son fort.
- … la vis de richesse d'un seizième entraîne une chute de régime ?
- Félicitations, gamin ! d'où l'intérêt d'avoir un compte-tours assez sensible et pas une antiquité moisie !
- Ta caisse est une antiquité ! se moqua Ace.
- Elle est pas toute jeune, mais elle t'emmerde, ma caisse antique, sourit la voix de Law depuis le moteur. Tiens, lâche l'accélérateur et viens prendre le voltmètre !
Ace contourna la voiture, prit l'appareil et dénuda les sondes, se penchant sur le moteur avant de mettre à la masse chaque bougie.
- T'oublie pas, c'est…
- … entre le puits de bougie et le connecteur HT, oui, merci papa, railla Ace. C'est bon pour la chute !
- Parfait. Fais la même avec les quatre cylindres que t'as devant le nez.
- … pour quoi faire ? s'étonna-t-il en s'exécutant.
- Pour la synchro de la masse, idiot. T'as la même chute que pour le régime ?!
- Euh non, ça chute pas assez.
- Bien, comme ça j'vais pouvoir te montrer… on va augmenter en vissant la vis de synchro. Pose ton truc et va donner des coups d'accélérateur quand j'te le dirai !
L'adolescent retourna côté conducteur et pressa la pédale, faisant rugir le moteur.
- Pas si fort ! brama Law. Le but c'est de stabiliser les jeux ! tu manques vraiment de subtilités, Portgas… !
- Désolé ! rétorqua Ace en pressant plus doucement.
- Voilà, c'est mieux. Bon… viens prendre la pissette d'essence.
- T'as soif ? railla Ace en venant s'agenouiller près de lui.
- Ma patience aussi a ses limites, morveux.
Ouais, ça, il le savait mieux que personne. Le souvenir de sa colère lors de leur fin de soirée désastreuse à San Francisco lui revint en mémoire, malgré les brumes de l'alcool ingéré ce soir-là.
- Pour voir si le réglage est bon, tu vas envoyer une giclée d'essence dans chaque corps du carbu. Si le réglage est bon, le moteur doit tolérer un mélange un peu plus riche sans faire varier le régime. Si ça accélère, c'est que le réglage est trop pauvre, et qu'on doit recommencer. Alors que si ça ralentit…
- Réglage trop riche, compléta Ace.
- Yep.
Law exprima sa satisfaction en soupirant de contentement quand le moteur ne broncha pas à l'addition d'essence. Il prit le temps d'augmenter légèrement le ralenti avant d'interpeller Ace resté devant la voiture.
- Tiens, Ace… le gicleur de pompe est bouché.
- Merde, marmonna l'adolescent.
- Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de cet argument de protestation ?
- Ben, le gicleur fait à peine 0,35 millimètre de diamètre… comment on est censé déboucher un truc pareil ?!
- T'as jamais eu à faire ça ?
- Non, jamais.
- Prend le foret à côté de la clé à molette. Tu l'enfonces dans le tube et tu fais tourner. Et pour l'amour du ciel, ne le mets pas dans le gicleur, sinon je te tue… !
- OK, OK, panique pas, sourit Ace en s'exécutant.
Il se pencha sur le moteur et son regard croisa celui de Law, à travers les pieds et les ramifications. Ils échangèrent un sourire ; Ace rougit intensément et reporta son attention sur le gicleur de pompe, s'efforçant de ne pas trembler.
Le pied nu de Law caressa son mollet et Ace serra les dents.
- Arrête ça.
- C'est pour toutes les fois où tu m'empêches de lire en me mordillant l'oreille.
- Tu m'déconcentres, là.
- Je sais, sourit Law, amusé.
- J'risque de péter ton gicleur.
- Et j'te donnerai une fessée.
Ace s'étouffa et Law éclata de rire, imperturbable, ses mains sûres procédant toujours aux réglages des carburateurs.
Le jeune garçon reprit sa tâche, sur le qui-vive – hors de question de se laisser impressionner par ça, ou déstabiliser d'une quelconque manière.
- Puisque les bougies sont neuves, on va aller tester ça, annonça Law en sortant de sous la voiture.
- Euh… tester ça ?
. . . . .
- Tu vas serrer le moteur ! s'affola Ace.
- Bien sûr que non, idiot, c'est pas une Ford Focus ! répliqua Law. C'est d'une Aston dont on parle, elle est faite pour ça !
Le moteur affichait un régime de six mille tours-minute. Le bruit était plus agréable que jamais à l'oreille, mais Ace n'avait jamais poussé sa propre voiture à ce point, malgré tous les essais mécaniques qu'il avait l'habitude d'y faire.
Law semblait parfaitement sûr de ce qu'il faisait, mais Ace ne pouvait s'empêcher d'être nerveux – comme à chaque fois qu'il ne maîtrisait pas quelque chose.
Law relâcha l'accélérateur, débraya et coupa le contact, alors qu'ils étaient lancés à plein régime sur la route qui revenait vers la plage ; Ace ramena ses genoux contre sa poitrine et y enfouit son visage.
- On va mourir ! protesta-t-il, alors que Law éclatait de rire en lui ébouriffant les cheveux.
- Bien sûr que non, Ace. Tu as confiance en moi… ?
- … oui, couina-t-il.
- Regarde, on va s'arrêter en roue libre.
La voiture ralentit sa course et mourut dans le petit chemin qui menait à la plage, dévalant lentement la pente avant d'être définitivement freinée par le sable, à quelques mètres du chiffon et des outils laissés un peu plus loin.
- Allez, poule mouillée, viens m'aider.
Ace sortit de la voiture en grognant que Law était un malade mental et l'aida à ouvrit le capot.
- Et ça rime à quoi, ton p'tit jeu ?
- Vérifier l'état de la carburation. Regarde… on démonte les bougies deux et trois. C'est elles qui reflètent mieux l'état de la carburation, sous charge maximum à 6000 tours-minutes, et pour chaque carbu. Regarde un peu l'isolant.
Il démonta les bougies en quelques instants et les lui tendit ; Ace souffla dessus – elles étaient brûlantes – et les inspecta avec minutie.
- … l'isolant est vachement clair.
- Carburation pauvre, donc. Ça peut être dangereux pour le moteur.
- Alors on fait quoi… ?
- Tiens, prends ça, lança Law en lui donnant un tournevis. Tu vas augmenter d'un cinq-centimètre le gicleur d'essence. Et moi, je m'occupe du gicleur d'air.
Ils s'acquittèrent de leur tâche chacun de leur côté dans un silence presque religieux, qu'Ace ne put s'empêcher de briser quelques minutes plus tard.
- J'peux te d'mander un truc ?
- Vas-y.
Ace le regarda s'affairer sur le moteur et se mordilla lèvre, hésitant – il avait une peur terrible de faire une bourde.
- Tu… tu l'as eue comment, cette voiture ?
- Elle prenait la poussière dans une casse auto. Jewelry a pensé que ça serait sympa qu'on s'en occupe et on a pris du temps pour la remettre en état, expliqua-t-il avec douceur.
- Ah. Tu l'as depuis longtemps ?
- Presque huit ans, maintenant. C'est mon bébé, s'esclaffa-t-il en tapotant le moteur.
- Jewelry la conduisait ?
- C'était un gros sujet de dispute, sourit Law d'un ton léger. Mais oui, elle la conduisait, parfois.
Ace avait des dizaines d'autres questions qui lui brûlaient les lèvres, mais inonder Law avec ses interrogations risquait de le braquer et ça, c'était la dernière chose qu'il souhaitait faire.
- Comment t'as appris tout ça… ?
- Je te retourne la question.
- À l'école, murmura Ace. Je préparais un diplôme en mécanique automobile.
- Pour… ?
- Être ingénieur.
Enfin… ça, c'était la raison officielle. Celle déclamée et colportée par ses parents, qui n'en attendaient pas moins de leur aîné. Alors que lui, tout ce qui l'intéressait, c'était la mécanique pure. La vie semblait tellement plus simple quand il faisait de la mécanique…
Il avait toujours su tout réparer. Tout arranger, tout remettre à neuf… et pourtant, il n'avait rien pu faire pour sauver Luffy.
« Faut toujours que tu t'apitoies sur toi-même » grogna sa conscience, agacée. « Tu pourrais arrêter de penser à ça deux minutes et te concentrer sur ce que tu fais ? tu passais un bon moment et il a fallu que tu viennes encore tout gâcher avec tes idées à a con. »
Se faire sermonner par sa propre conscience eut le mérite de lui arracher un léger sourire.
- Et toi ? lança-t-il à Law, pour dissiper ses pensées noires.
- Par moi-même. J'étais assez débrouillard et… mon père avait pas mal de voitures de collection. Il passait du temps dessus et je le regardais faire, il m'expliquait certaines choses… le reste, je l'ai appris en lisant et en pratiquant.
« C'est en pratiquant qu'on devient meilleur, hein ? »
Oui, c'était ce que lui avait dit Law une heure plus tôt. Il contempla son profil sérieux, concentré, le jeu de ses muscles sous sa chair. Les dessins à l'encre, la fermeté de ses courbes… la sueur claire qui roulait sur sa peau métissée…
Ace soupira de frustration – il donnerait n'importe quoi pour le toucher, maintenant, à cet instant.
- Qu'est-ce que tu regardes, comme ça ? sourit la voix de Law, qui n'avait pas détaché son regard du moteur.
« Grillé, Portgas. »
- Toi, murmura-t-il, décidant de jouer la carte de l'honnêteté.
- La vue te plaît ?
- Boarf. J'suis insensible à ton charme, t'en fais pas.
Law ne se départit pas de son léger sourire, ni de son calme olympien ; il se redressa, donna quelques coups de chiffon ci-et-là et s'essuya les mains en balayant le moteur du regard, traquant la moindre imperfection, avant de se reculer et de refermer le capot.
Ace ne put réprimer un couinement de surprise quand Law l'attrapa par le poignet pour le plaquer contre le nez de la voiture, son corps à demi-nu et musclé collé au sien ; ses mains empaumèrent son visage et ses lèvres capturèrent les siennes dans un baiser profond… sensuel… farouche.
Ace agrippa son jean et le tira à lui, plaquant son bassin contre le sien, avant d'onduler lentement des hanches. Law sourit et mordit sa lèvre, arrachant un geignement de plaisir à Ace qui inspira brusquement une goulée d'air pour s'exhorter au calme.
Law plaqua ses mains sur le capot, obligeant Ace à se coucher sur la tôle chauffée par le soleil ; la carrosserie incandescente lui brûla le dos mis il s'en ficha totalement.
Il noua ses jambes autour de ses hanches, pressant ses talons dans les fesses de Law qui lui donna un léger coup de bassin – Ace gémit dans sa bouche et glapit de frustration quand Law se redressa, un sourire pervers aux lèvres.
- Insensible, hein… ? murmura-t-il en laissant ses doigts errer à l'intérieur de sa cuisse, griffant le tissu de son jean.
Ace geint de plus belle et cambra légèrement les reins, en voulant toujours plus, pressant son envie durcie contre son aine.
Impatience. Désir brûlant.
Son cœur battait à un rythme démentiel dans sa poitrine.
Son imagination faisait déjà le travail ; leurs jeans dans le sable, leurs corps étroitement mêlés, le va-et-vient de Law entre ses cuisses, qu'il imaginait passionné et brusque, leurs souffles haletants...
Le sourire de Law s'agrandit et il se détourna, retournant à ses outils pour les ranger dans leur boîte, laissant un Ace haletant et sidéré étendu sur son capot, sous le soleil aveuglant, son fantasme douloureusement brisé en plein vol.
- Bouge tes fesses de mon capot, morveux. Il est pas fait pour supporter tes cochonneries.
« … reconnais qu'il a du style. »
« … enfoiré. »
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Vous y avez cru, hein ?! :D [cours, ma vieille, parce que là y'a des gens avec des fourches et des torches qui attendent devant ta maison] ouais, t'as raison, vaut mieux que j'me sauve maintenant. *prend ses jambes à son cou et trace*
Je vous dis tout de même à bientôt pour le chapitre 11 ! en espérant vous avoir encore plus nombreux! *sent quelque chose lui piquer les fesses* aïe, non, on avait dit pas les hallebardes !
