Désolé! Ce n'est pas un nouveau chapitre (et il n'y en aura pas d'autres) Après un relecture, - que j'aurais dû faire avant la première mise en ligne - j'ai constaté un fourvoiement dans les idées, ce qui peut causer des incompréhensions dans la suite du récit. (Concernant la mort d'un personnage) Je l'ai ajusté pour que ça l'ait du sens!

Les murs étaient poisseux, dégoulinant d'humidité. Une odeur de vieillit et de moisissure circulait dans l'air et pénétrait les vêtements et la chair à la seconde que l'on mettait les pieds à cet endroit. Le gardien avait une démarche traînante et avançait devant moi en faisant cliqueter les clés à sa ceinture. Il était grand et élancé, un grand squelette sous un uniforme gris foncé tout rafistolé. Il y avait cinq ans, six mois, deux semaines, quatre jours et huit heures – j'ai oublié les minutes et les secondes - qu'il n'avait pas mis les pieds à l'extérieur de ces murs, m'avait-il dit. Il était affecté à cette section depuis trois mois, une semaine et 20 heures – et des poussières - et j'étais la première personne qui venait rendre visite au prisonnier… malgré son nom si connu.

- Nous y sommes Madame, s'il y a des problèmes, je reste tout près.

Il déverrouilla la porte de la cellule, me laissa entrer et verrouilla la porte derrière moi. Il était recroquevillé dans le coin du cachot, le regard absent fixant un point invisible. Il ne s'était pas aperçu de ma présence.

- Potter! dis-je en espérant une réaction.

Mais il ne cilla même pas des yeux. Je me suis alors approchée. Avec mon pied, je lui ai touché la jambe. Il retourna immédiatement la tête et me regarda droit dans les yeux. La dernière fois que j'ai vu ces yeux, il y avait six ans déjà, il s'apprêtait à me jeter un sort. Je me recula pour le laisser se lever. Visiblement, il était terriblement faible, plus maigre que jamais, il devait se tenir aux murs pour pouvoir rester debout dans une posture passablement droite. Ses jambes tremblaient sous son poids, si faible soit-il.

- Emily, dit-il avec une voix rouillée.

Il devait y avoir longtemps qu'il avait adressé la parole à quelqu'un. Il fit un pas vers moi, mais je recula. Je ne voulais pas qu'il me touche, tout ce que j'étais venu chercher ici après six ans, c'était des réponses. Je voulais savoir ce qu'y s'était passé. La fiole de Veritaserum qui faisait un poids dans la poche de mon manteau allait m'aider à connaître la vérité. Je n'avais jamais eu confiance en lui, je n'allais pas commencer en ce moment. Quand je la lui présenta, je vis dans ses yeux qu'il comprenait la raison de ma visite. Il la prit et la but d'une traite, ne serait-ce que pour s'hydrater. D'un geste machinal, il allait s'asseoir sur le lit et attendit l'interrogatoire. J'allais enfin savoir ce qui s'était passé…

Fumseck transporta Ron dans la forêt, il le déposa au sol en face de son adversaire. Reprenant son envol, un éclair vert le frappa en plein cœur et il s'enflamma. Avant que la cendre atteigne le sol un jet d'eau éteignit le feu. Une masse calcinée tomba abruptement le sol. Le phénix était mort!

Harry regarda Ron avec un sourire triomphant.

- Tu es le prochain, cracha Harry d'un ton menaçant, le sourire ayant disparut de son visage en laissant place à la haine.

- Je ne me laisserai pas faire, je ne te laisserai pas faire Potter, répliqua Ron.

Un duel de regards s'engagea. Chacun calculant le premier mouvement de l'autre. Ce fut Harry qui lança le premier coup. Franc et net, si l'auror n'avait pas acquit de si bons réflexes pendant ces années de formations, et s'il ne connaissait pas autant son adversaire, il n'aurait jamais réussit à éviter ce jet de lumière verte qui aurait certainement été mortel. La bataille s'enchaîna par la suite. Les sorts arrivaient de partout, la magie sans baguette et le contrôle des éléments se démarquaient tout particulièrement d'un duel régulier. Ils s'épuisaient mutuellement, pendant plusieurs dizaines de minutes de combats, s'injuriant, se menaçant.

Soudain, un crac caractéristique se fit entendre. Un autre, puis un autre. Les membres de l'Ordre arrivaient. Harry fit apparaître un bouclier autour de lui et de Ron pour qu'aucun des membres de l'Ordre n'interviennent dans le combat.

Le duel se poursuivit jusqu'à ce qu'il s'arrête net. Tous deux était étendu au sol, le souffle court, incapable de lancer le plus simple des sortilèges de base. Soudain, à travers le crépitement du feu, de la pluie et du vent, un sanglot étouffé se fit entendre. Puis un autre, et un autre. Les pleures ne venaient pas d'un combattant en particulier, mais bien des deux et peut-être même des spectateurs…

Harry était étendu sur le dos, les mains sur le visage, se tordant de douleur. Il savait qu'il ne devait pas les voir, l'Ombre avait échoué, Harry avait réussit. Dans les derniers instants de combats, il avait croisé le regard de Lupin, celui de M. Weasley, ceux des jumeaux, mais celui qui le fit craquer fut celui de Molly. Il l'avait reçu droit au cœur, toute la douleur qu'elle ressentait, il la ressentit. Son cœur, il l'avait retrouvé. Sa respiration s'était coupée, une énorme boule lui monta à la gorge et toutes les atrocités qu'il avait faites lui revint en mémoire.

Ron rampait douloureusement vers Harry, les jambes inertes, la douleur au cœur, laissant une traînée de sang derrière lui. Ne pensant même pas que les larmes pouvait être un piège, arrivé à sa hauteur il s'allongea à ses côtés et pleura en silence avec lui.

- Pourquoi?

Ce mot résonna dans le bouclier après plusieurs minutes de silence et de calme. Pourquoi?

- J'ai été faible, répondit une voix rauque.

- Faible?

- C'est la force qui nous fait éviter les forces du Mal… je n'ai plus cette force Ron. Je me suis épuisé en L'affrontant. Tout ce qu'il y avait de lui en moi a prit le dessus. J'ai si longtemps refoulé cette partie sombre en moi que cette magie est devenue plus puissante. Et j'ai aimé ça. J'ai aimé la toute puissance, l'allégresse de la satisfaction complète, du pouvoir. Je n'avais plus aucune mesure entre le bien et le mal, il n'y avait que le pouvoir. Hermione attendait un bébé et il était peut-être de moi, il était de moi, rien ne devait être entre moi et ce bébé… J'ai succombé à ce besoin de possession. Je sentais que je pouvais avoir ce que je voulais, quand je le voulais, sans penser aux autres, sans prendre conscience que je pouvais faire souffrir les autres autour de moi. Je pensais à moi et à moi seul. J'aimais ça… Et ça continu toujours à me gruger.

- Tu étais plus fort que ça Harry.

Le bouclier se rompit et les membres de l'Ordre se précipitèrent sur eux. Ron était maintenant inconscient et Harry marmonnait des désolations. Tous les deux furent transportés à St-Mangouste, puis Harry à Azkaban.

Pour le reste, je savais parfaitement ce qui c'était passé. La Gazette ne s'était jamais aussi bien vendu depuis la mort du Lord Noir. Les gros titres proclamaient la résurrection de Harry Potter et sa descente dans les forces du Mal. Ron et Hermione avaient divorcé dans le calme, par l'intermédiaire d'un avocat de la justice magique. Ils ne s'étaient plus jamais adressé la parole par la suite. Ron n'avait jamais parlé à personne de ce qui c'était dit à l'intérieur du bouclier, même pas à moi. Il lui arrivait de partir pendant plusieurs semaines, quand nous étions chez maman. Ça non plus, il n'en parlait pas. Tout ce qu'il m'a confié, c'est qu'il se rendait au même endroit où il avait été l'année de ma conception. Mais pas plus! Je finirai bien un jour par le découvrir…

La porte de la cellule s'ouvrit derrière moi.

- Madame Malfoy, son temps de visite est écoulé, dit le gardien en nous regardant.

- Très bien, j'arrive.

J'ai regardé une dernière fois Harry, puis pour la première fois, j'ai eu un brin de sentiment pour lui. Il était tout de même mon père biologique, je ne pouvais plus le nier. J'étais comme lui. J'avais cette rage à l'intérieur de moi que je refoulais sans cesse. Je devais l'apprivoiser pour ne pas terminer comme lui, pour ne pas me faire dominer par cette force toute puissante. Oui! En le regardant, j'ai eu de l'amour pour lui. Je comprenais pourquoi il avait agit ainsi, je comprenais qu'il y avait vraiment de l'amour sous ses actes meurtriers. Je voyais plus clair maintenant. Je m'approcha de lui et l'embrassa dans le front.

- Adieu, soufflais-je.

Je me retourna et j'alla rejoindre mon mari qui était, lui aussi, venu rendre visite à son père. Je n'ai jamais oublié Harry Potter, mais je ne l'ai plus jamais revu. Certain disent qu'il est mort, d'autres prétendent qu'il vit toujours dans sa cellule, mais moi je sais qu'il est quelque part en liberté et qu'il rôde, attendant l'heure de sa mort, car à ce moment seulement, il saura qu'il a payé pour tous ses péchés. La porte de sa cellule s'est sûrement mal refermée après ma visite… qui sait? J'ose croire qu'il restera fort et que la première faiblesse ne l'envahira pas de nouveau…

Depuis ce jour, chacun reprit le court normal de sa vie en ignorant que le Mal nous guette, qu'il est en nous et qu'à la moindre faiblesse, il peut resurgir sans avertir… Gare à vous!


La correction faite... à la prochaine... peut-être...
Emily