Ohayo mina !
Merci pour vos reviews, elles sont toujours tordantes ! Mes lectrices ont de l'humour, ça m'plaît ! Et c'est toujours un plaisir d'être à votre service ! ;) [on dirait qu'elles ont aimé le lemon] on dirait, oui... ! et si ça vous plaît, alors... continuons le voyage à bord de notre Aston pour "the american dream".
Le calme après la tempête pour ce chapitre... fin de l'arc Big Sur ! nouveau départ pour nos deux chouchous. Voyons où la vie, sa douceur et son amertume nous mènent...
Enjoy it !
« Now it's my time
I'll do what I want 'cause this is my life...
I'll stand my ground and never back down
I know what I believe inside
I'm awake and I'm alive... »
Skillet
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*Plage de Big Sur*
Law fut réveillé par les rayons de l'aube, qui inondèrent la plage de Big Sur ; il passa une main sur son visage, repoussa les cheveux qui tombaient devant ses yeux et fronça les sourcils.
« … depuis quand j'ai les cheveux dans les yeux, moi ? »
Il écarta les longues mèches ondulées et se redressa légèrement ; Ace dormait profondément, étendu sur lui, ses bras noués autour de son cou, sa joue contre la sienne. Sa respiration apaisée soulevait ses épaules, et son souffle dans son oreille était régulier.
Pas de cauchemar.
Law caressa son dos nu, lentement, appréciant la douceur de sa peau. Il était bien, ainsi : Ace avait terriblement chaud – une vraie bouilloire.
Délicatement, il le souleva au-dessus de lui ; la tête de l'adolescent retomba en avant, bras pendants, et Law eut un mal fou à retenir un rire.
Il le déposa sur la banquette arrière à sa place, tira le plaid sur ses épaules et dégagea ses cheveux longs de son visage pour embrasser ses lèvres. Ace soupira dans son sommeil et se retourna sur le ventre, envoyant paître la couverture sur le plancher de l'Aston.
Law en profita pour le contempler, ses yeux gris s'attardant sur les lignes menues de son corps – Ace promettait de s'embellir encore avec le temps – et les taches de rousseur et grains de beauté qui parsemaient sa peau légèrement hâlée.
Il les compta en les frôlant du revers du doigt, descendant le long de sa colonne, suivant le rebondi de ses fesses, la naissance de ses cuisses et-
Il fronça les sourcils et écarta délicatement sa jambe, intrigué.
« … OK. S'il hurle à la mort à son réveil, tu te d'manderas pas pourquoi » le sermonna sa conscience.
Ils y étaient peut-être allés un peu fort, pour leur première fois ; Law se demanda si sa cargaison d'antidouleur serait suffisante. Il le recouvrit du plaid et sortit de la voiture, marchant sans bruit jusqu'au coffre pour en sortir son sac, un boxer de rechange, sa serviette et sa brosse à dents, qu'il coinça derrière son oreille avant de s'éloigner vers la cascade, derrière les arbres.
Il n'avait presque pas fermé l'œil de la nuit – à peine une heure, au vu de la pendule dans le tableau de bord. Ses pensées l'avaient empêché de trouver le repos auquel il aspirait. Et les images d'Ace en proie au plaisir ne l'avaient pas aidé non plus.
« Ce gamin… où est-ce que ça va encore me mener, cette histoire… ? »
Law se glissa dans l'eau fraîche au pied de la cascade et fit la planche, la nuque appuyée sur le rebord d'une pierre, les yeux clos.
Son corps était léger, ainsi, et ses pensées tumultueuses s'allégèrent à leur tour.
Il songea à Jewelry et soupira ; qu'est-ce qu'elle penserait de tout ça ?
Était-elle jalouse, là où elle était… ?
« Y'a rien après la mort, mon gars. J'croyais qu'on était d'accord là-d'ssus. »
Elle se foutrait de lui, c'était certain ; il sourit et inspira profondément l'air frais du matin, encore songeur. Jewelry était et serait toujours la femme de sa vie. C'était une certitude. L'intensité des sentiments qui ne s'étaient jamais éteints, malgré toutes ces années, le poussait à croire qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort.
Et pourtant, d'autres sentiments, d'une nature différente,
s'éveillaient en lui quand il était question de Portgas D. Ace.
Ace était beau, attrayant, espiègle malgré sa jeunesse et son côté renfrogné prédominant ; et au-delà de la raison physique, il était terriblement intelligent et gagnait un peu plus en maturité à chaque instant passé près de lui.
Il faisait ce qu'il pouvait pour s'assumer financièrement et participait de bonne grâce à tout ce que Law organisait ; il se faisait discret et se contentait de suivre le mouvement… surtout, ne pas faire de vagues. Mais ce comportement ne l'empêchait pas de se faire remarquer de façon toujours plus loufoque et hilarante – vraiment, Law s'amusait. À ses dépends, puisqu'Ace ne manquait jamais une occasion de protester quand il se fichait de lui, mais l'adolescent semblait avoir un don pour s'attirer des ennuis.
Cette dualité fascinait Law. Ace arborait presque deux visages ; celui joyeux et souriant qu'il offrait à ceux qu'ils croisaient – que Law appelait le masque – et l'autre.
Son vrai visage, triste, amer et renfermé.
Que Law s'efforçait de faire disparaître, en vain.
Il avait pu voir une autre facette de lui, cette nuit, qu'il n'avait que brièvement aperçue, des semaines auparavant, dans cette discothèque de Bakersfield, où l'adolescent avait relevé son défi de mettre la jolie jeune femme dans son lit.
Une facette d'Ace qui lui était presque inconnue, jusqu'à hier soir. Un Ace sensuel, charmeur et séducteur ; le souvenir de son corps ondulant voluptueusement sur le sien lui arracha un long soupir.
« Et j'suis censé résister à ça… ? »
De toute évidence.
Il ignorait où ce début de relation allait les mener, mais il préférait ne pas envisager un avenir plus lointain qu'un simple lendemain.
Se projeter ne lui avait apporté que des désillusions et de la souffrance, jusqu'à présent, et il n'allait certainement pas commettre deux fois la même erreur.
Il prit une longue inspiration et se laissa couler dans l'eau translucide, chassant ses dernières pensées noires pour se concentrer sur Ace et leur nuit passée.
. . . . .
Ace cligna des paupières, réveillé par le bruit des vagues heurtant les falaises ; il se frotta les yeux et se redressa – une plainte lui échappa quand une douleur lui vrilla les fesses et les reins.
- Putain, siffla-t-il en serrant les dents, se hissant sur les coudes, remarquant qu'il était étendu sur la banquette arrière de l'Aston.
Il reconnut le plaid moelleux sous lequel dormait Law quand il faisait froid, l'écarta doucement et constata qu'il était entièrement nu. Un orchestre désaccordé se jouait dans sa tête, conséquence de la grosse quantité d'alcool ingérée la veille.
Qu'est-ce qu'il fichait dans cette tenue… ?
Il s'assit en grommelant, avec la sensation de passer à côté de quelque chose de très important ; son corps était perclus de douleurs et de courbatures. Il tira légèrement sur le bord du plaid, découvrant ses jambes parsemées de bleus et de griffures qu'il frôla du bout des doigts ; il grimaça quand ses muscles le rappelèrent à l'ordre et baissa les yeux. L'intérieur de ses cuisses était…
« … c'est du sang ? ... okéééé... »
Il écarquilla les yeux, alors que son cerveau embrumé tentait désespérément de recoller les morceaux.
L'alcool. Les rires. Le lagon sous la lune.
La banquette arrière, les geignements de plaisir. Law allant et venant en lui.
Il regarda frénétiquement autour de lui, le cherchant du regard, mais il n'y avait personne. Enroulant le plaid autour de ses hanches, il sortit de la voiture et scruta la plage. Pas le moindre signe de la présence de son… du conducteur de l'Aston. Alors qu'une terrible impression d'abandon lui enserrait la poitrine, des branches craquèrent derrière lui, le tirant de ses pensées morbides.
- … jolie tenue, Portgas.
Il fit volte-face ; Law avait sa brosse à dents dans la main et avait remis son sous-vêtement. Une serviette était posée sur ses cheveux trempés qui collaient à son front, signe qu'il était allé se laver dans la chute d'eau derrière les arbres.
Ace sentit son cœur rater un battement quand Law s'approcha de lui, le dominant d'une bonne tête – il frémit quand ses doigts tatoués repoussèrent ses longues mèches auburn de son visage, frôlant sa peau dans une caresse légère.
Chacun soutint le regard de l'autre ; ce n'était pas une attitude de défi, juste un regard, puisque les mots manquaient.
Doucement, Ace franchit l'espace les séparant, se hissant sur la pointe des pieds pour embrasser ses lèvres ; Law lui rendit son baiser avec la même douceur, caressant sa joue, avant de se séparer lentement de lui.
Ace n'en réclama pas plus pour le moment et prit son sac et ses vêtements pour rejoindre la chute d'eau à son tour – chaque pas le faisait atrocement souffrir, et le chemin lui parut infiniment long.
Arrivé à la cascade, il laissa tomber ses affaires et le plaid sur un palier rocheux au sec et entra dans l'eau fraîche en frissonnant, savon à la main. Il se glissa sous la cascade, laissant l'eau frapper sa tête et ses épaules, chassant les brumes de l'alcool, la tension de la nuit et les traces de leur plaisir mutuel.
L'eau froide lui faisait du bien et lui remettait les idées en place ; il se savonna longuement et, une fois propre, alla s'asseoir sur le fond sableux, un peu plus loin.
Il ignorait depuis combien de temps il se trouvait là, mais Law dût s'inquiéter, puisqu'il sentit sa présence sur les plateaux rocheux, derrière lui.
- … Ace ?
- Ça va, murmura-t-il, son front posé sur ses genoux ramenés contre sa poitrine.
- … ça fait plus d'une heure que tu es là.
- Désolé.
Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et sourit à Law assis sur la roche, au-dessus de l'eau, ses pieds nus se balançant dans le vide. Il lui rendit son sourire et expira une bouffée de cigarette, qui se perdit dans la chaleur de l'air.
- … ça va mieux ?
- Mm-mmn.
- … tu as beaucoup saigné, cette nuit.
Ace, vexé, leva les yeux au ciel – sa conscience ricana qu'il était une vraie gonzesse et son agacement dût transparaître sur son visage, puisque Law fronça les sourcils.
- Je m'inquiète simplement pour toi.
- Je sais… ça va aller. Je vais rester encore un peu.
- Comme tu voudras.
Law s'étendit à plat dos sur la roche, un bras passé derrière sa tête ; les minutes passèrent, puis il entendit le clapotis de l'eau et une ombre lui cacha le soleil, en même temps qu'un corps frais et nu s'asseyait doucement sur ses hanches.
Il rouvrit les yeux et contempla le beau visage d'Ace, le pli de son front qu'il lissa du bout du doigt.
- … à quoi tu penses ? murmura-t-il.
Ace tendit la main, prit sa cigarette de sa bouche et tira brièvement dessus, avant de souffler un panache bleuâtre qui se dissipa rapidement – une sale manie qu'il avait prise de lui voler une ou deux cigarettes par jour, mais Law songeait qu'après tout, il faisait ce qu'il voulait.
- À toi, chuchota l'adolescent.
Law caressa sa joue parsemée de taches de rousseur et se mordilla la lèvre, pensif, jouant avec les mèches mouillées de ses cheveux.
Il avait eu toute la nuit pour y penser en regardant Ace dormir profondément, étendu sur lui, nu et vulnérable.
Est-ce qu'il aimait les hommes ? non.
Est-ce qu'il aimait Ace ? oui. Irrémédiablement. Sans aucun doute.
Ace perçut son trouble et rougit, embarrassé.
- … tu penses qu'on n'aurait pas dû faire ça ?
- Je pense que… tu penses beaucoup trop, sourit Law en écrasant son mégot dans le coquillage cassé qui lui servait de cendrier depuis quelques jours. Il y a trop de choses dans cette petite tête…
- Tu ne penses pas, toi, peut-être ? ironisa Ace en caressant les larges cernes qui avaient gagné en taille pendant la nuit.
- C'est différent.
Le jeune homme s'étendit sur lui, sa joue pressée contre son torse et ferma les yeux, lové dans son étreinte. Law caressa son dos, pensif.
- … tes parents doivent s'inquiéter, chuchota-t-il.
- Les tiens aussi.
- Je ne rends de comptes à personne, à mon âge, sourit Law en jouant avec ses cheveux longs. Et je n'ai plus de parents depuis belle lurette. Toi, par contre…
- Je ne veux plus les revoir, souffla Ace en se blottissant plus étroitement contre lui.
Law referma ses bras autour de lui et l'étreignit doucement, déposant un baiser tendre sur son front.
Ace inspira profondément et frissonna quand l'image de Luffy rieur et souriant lui apparut. Il s'accrocha à Law qui resserra son étreinte, sentant ses larmes couler sur son torse.
- Désolé, souffla Ace.
- Ne le sois pas, murmura Law. Tu es leur fils quoiqu'il arrive et ils auraient dû être là pour toi. Je pense que tu as été assez puni par ce que tu as fait sans qu'ils n'aient besoin d'en rajouter.
Ace rouvrit les yeux et leva la tête, posant son menton sur le torse de Law, contemplant l'arc de sa mâchoire, le dessin de son nez et ses yeux assombris.
- … tu dis ça… parce que toi aussi, tu as un rôle dans la mort de Jewelry… ?
- Oui, murmura-t-il en contemplant le ciel azur.
Ace n'insista pas et se lova sur lui, écoutant le rythme apaisé de son cœur dans sa poitrine.
- Je me suis longtemps détesté pour ça.
- … ce n'est plus le cas… ? murmura Ace.
- Si. Mais… j'ai appris à vivre avec. C'est ma punition. Comme toi.
Il entortilla ses cheveux entre ses doigts et ferma les yeux, pensif. Ace resta longuement étendu sur lui, avant de de hisser vers lui pour chercher ses lèvres. Law l'embrassa tendrement et empauma son visage, l'attirant à lui pour l'enlacer doucement.
- Bon, ça suffit avec les sujets déprimants… j'ai une ou deux choses à voir en ville, aujourd'hui, et on part, murmura Law avec un léger sourire.
- On part où ? sourit Ace, hissé à bout de bras au-dessus de lui.
- Loin.
- Au Mexique ? s'exclama-t-il, surexcité.
- Plus encore.
Les yeux d'Ace brillèrent et Law sourit, repoussant ses cheveux en arrière pour contempler son visage béat.
- Oh, alleeeez, dis-moi où est-ce qu'on va !
- Dans tes rêves.
- Dis-moi juste si c'est long ou pas ! le pressa-t-il.
- Un peu plus d'une semaine de route non-stop.
- … tu vas tenir le coup ? se moqua Ace. Si tu t'sens trop fatigué, j'pourrai conduire…
Law haussa un sourcil, se redressa et plaqua son front contre celui d'Ace, yeux plissés.
- Crois-moi, le jour où tu toucheras le volant est pas arrivé, morveux.
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Fin de l'arc Big Sur ! on repart sur la route pour un autre trip, qui sera plus courtnéanmoins !
Alors, si la suite vous tente, il reste de la place dans l'Aston... Law, Ace et moi-même serions ravis de vous accueillir toujours plus nombreux sur le trajet... !
À bientôt pour le chapitre 13 !
