Ohayo mina !

Merciiii aux habituées et aux guests pour vos reviews et vos appréciations ! *ondule façon Chopper* j'me sens plus trop, là, mais je garde quand même les pieds sur Terre, si j'm'envole trop j'pourrai plus écrire la suite et ça serait un peu dommage... [ouais, quelle grosse perte...] *facepalm la conscience*
La partie que vous verrez vient d'un James Bond récemment [Récemment… ?] (Moins de 10 ans :D) sorti sur nos écrans…

Dernier chapitre de l'arc Amérique du Sud ! et oui, toutes les bonnes choses ont une fin... je vous laisse le savourer, avant qu'on ne parte dans une direction toute autre ! Et après le cours de mécanique du chapitre 10... cours de Hold'em pour celui-ci !

Alors...

Enjoy it !


« Top down and I'm at it again
It's hot now and I'm at it to win
Who want it with me ? Nobody wanna it with me
Oh I'm so fly
Sit it down, back up, bring it on back up
Move it till you feel something hard on your back… »

Juelz Santana

.

Law s'étira et contempla les eaux calmes du fleuve Amazone, où ils avaient embarqué quelques kilomètres auparavant à Manaus, en plein cœur du Brésil.

Ils étaient restés à Foz de Iguaçu pendant environ quatre semaines, avant qu'Ace ne lui demande une faveur avant leur départ : descendre, sur quelques kilomètres, le plus grand fleuve au monde en bateau. Law avait trouvé un guide en quelques jours et Ace avait été insupportable pendant deux journées entières, surexcité – il réprima un sourire à ce souvenir et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule pour regarder l'adolescent occupé à bavarder avec le guide.

Il avait fait beaucoup de progrès en espagnol, et Law pouvait le laisser se débrouiller seul quelques heures en ville sans craindre de le retrouver avec un morceau en moins – ce qui aurait été plutôt fâcheux.

Ace s'était également vite remis de son léger incident et le reste de leur petit périple en Argentine et au Brésil s'était déroulé sans encombres. Du moins, jusqu'à maintenant – Law priait intérieurement pour qu'Ace ne fasse pas une des boulettes dont il avait le secret.

- Tiens, Ace, regarde, lança-t-il en désignant l'eau devant eux.

L'interpellé se détourna et écarquilla les yeux, se penchant pour contempler la surface avec une admiration mêlée de perplexité.

- Wooooaaah… classe… ! comment ça se fait ?!

Il désigna l'étrange phénomène qui se déroulait devant ses yeux ; une eau noire qui serpentait à côté d'une eau claire, couleur café au lait, sans qu'elles ne fusionnent, formant deux bandes distinctes s'écoulant côte à côte.

- Es mágico, sourit Law.

Ace lui jeta un regard de travers et Law pouffa de rire avec le guide. L'adolescent leur offrit la plus belle grimace de son répertoire et croisa les bras sur sa poitrine, la susceptibilité incarnée.

- Te fous pas de moi.

- Pardon, c'était trop facile… le Rio Negro se jette dans le Solimoes. Mais à cause de la différence de rapidité… de densité… de température… les eaux ne se mélangent pas. L'Amazone coule à 8 kilomètres par heure et le rio Negro à 3… le flot rapide arrête le flot lent. Et les eaux du Solimoes sont à 20, 22 degrés environ, alors que celles du Rio Negro sont entre 28 et 35 degrés.

L'adolescent semblait émerveillé, comme d'habitude ; son carnet sur ses genoux commençait à être noirci de notes, et Law songea qu'il serait bon qu'il lui en rachète un autre, même s'il savait que ce carnet-là était spécial.

- J'crois que tu vas devoir rajouter des pages.

- J'ai l'impression, ouais. Ça commence à être une vraie Bérézina là-d'dans, on dirait la chambre de Luffy, sourit-il.

Une photographie s'échappa du trombone qui la retenait aux pages et Law la rattrapa au vol, laissant son regard s'attarder sur l'image cornée.

Ace était très jeune sur la photo – cinq ou six ans, pas plus – tout sourire, et tenait un bébé noir de cheveux riant aux éclats dans les bras. Il la redonna à l'adolescent qui la contempla brièvement avant de sourire et de la ranger sous la couverture en cuir, la raccrochant avec les autres.

- C'est Luffy… ?

- Mn-mmnn. Il a même pas un mois sur la photo. Il braillait déjà toutes les nuits, j'te raconte pas le foutoir dans la maison. Ma mère en était dingue.

- Alors que toi, tu devais être un modèle de sagesse, se moqua Law en lui donnant un coup de coude.

- Mais parfaitement, monsieur. Y'avait pas plus calme que moi. Alors que Luffy était un emmerdeur de première.

- Marrant venant de la part d'un petit con dans ton genre, sourit Law en reportant son attention sur le fleuve paisible.

Ace secoua la tête en souriant, tourna les pages à la recherche d'une place libre et en trouva une seule.

Un large « ? » suivi d'une date… mi-août, un jour ensoleillé à San Francisco.

Avec un léger sourire pour lui-même, Ace raya ce qu'il avait écrit ce jour-là,
sous le Golden Gates,
avant de griffonner un :
« Le jour où je suis tombé amoureux de Trafalgar Law »
à la place.

Il referma son carnet et sourit plus franchement à Law qui le considérait d'un air intrigué. Le guide leur indiqua qu'ils retournaient bientôt à Manaus – le soleil était bas dans le ciel, et il leur restait assez de temps pour prendre la voiture et se rendre à Rio de Janeiro.

Une exigence de Law, cette fois-ci ; l'ambiance de cette ville, une fois la nuit tombée, était démentielle et il voulait qu'Ace en profite avant leur retour aux États-Unis. Il ne lui avait rien dit de leur destination et pouvait affirmer sans se tromper que l'adolescent allait adorer cette ville.
Le voyage sur le fleuve s'acheva et ils retrouvèrent la terre ferme, et la voiture garée sur l'embarcadère. Ace remercia Law d'un baiser, une fois à l'abri des regards, avec un des sourires immenses et espiègles dont il avait le secret.

- C'était super… ! merci beaucoup !

- On verra ce soir pour les remerciements… il nous reste quelque chose à faire avant de partir, sourit Law en passant la première, s'éloignant dans la ville pour rejoindre la route principale, qui les mènerait à Rio de Janeiro.

- On en a pour longtemps ?

- Cinq heures de route. Je te conseille de dormir, parce que je ne vais pas te laisser te coucher avant le petit matin, Portgas.

. . . . .

*dans une rue de Rio de Janeiro, à la tombée de la nuit*

- Plus que quatre joueurs, donc… ?

Law hocha la tête, suivi par les trois hommes qui s'appuyèrent à la vieille table de bois installée en plein air, au milieu de la rue bondée de monde.

La nuit était brûlante sur Rio, et les gens étaient nombreux à se presser dans les avenues, ce soir-là, que ce soit pour danser, faire la fête, passer de bar en bar ou tout simplement flâner dans les rues pavées.

Law avait trouvé un moyen de se faire de l'argent facilement – un poker, qui avait démarré à huit concurrents, réduits au nombre de quatre à présent. Les mises avaient commencé bas, avant de grimper de plus en plus ; même lui avait cessé de compter.

Le type qui faisait office de croupier posa quatre cartes sur la table avant de les retourner ; Law les contempla avec indifférence.

Il appuya son menton dans sa main et ses trois adversaires se tendirent, chacun guettant les réactions de l'autre du coin de l'œil ; le premier n'était visiblement pas du coin – noir et bâti comme une armoire à glace, alors que le second semblait être un autochtone. Mais c'était sans compter le troisième, un blanc de peau avec un chapeau de cowboy, qui faisait encore plus américain qu'eux. La caricature parfaite du touriste.

- Ouverture à cinq cents. A toi de parler, lança le croupier à l'homme blanc.

Il jeta des billets sur la table.

- Relance à mille. Tête à tête. À toi, lança-t-il à Law.

- Deux.

Il posa le double de la mise sur la table.

- Sur-relance, deux milles. À toi, invita-t-il en désignant à nouveau l'américain, visiblement texan au vu de son accent.

Il prit longuement son temps pour réfléchir, ses yeux noirs plongés dans ceux de Law.

- … tapis.

- Pot à quatorze milles, murmura le croupier en se tournant vers Law, alors que le texan poussait son argent au centre de la table. À toi.

- Suivi, murmura-t-il en poussant sa mise à son tour.

- Comme tu le sens. Abattez vos cartes, les gars, réclama le croupier en ouvrant les mains.

Law montra son roi et son as sans quitter le texan du regard, affichant un visage neutre à toute épreuve.

- Full aux rois par les as. T'as mieux ? sourit le croupier à l'américain.

Avec un immense sourire aux lèvres, il retourna ses cartes : deux valets, qui déclenchèrent les soupirs et exclamations de la foule.

- Oups, sourit-il.

- Carré de valets, la meilleure main, toussota l'homme en alignant les cartes. Tu gagnes.

- T'as dû croire que j'bluffais, non ? gloussa le texan en jaugeant Law d'un regard plein de mépris.

Law se contenta d'un léger sourire énigmatique, silencieux. Un peu frustré par sa retenue, le touriste fronça le nez et se rajusta sur sa chaise, déçu de ne pas le faire sortir de ses gonds. Un art qui n'était pas donné à tout le monde.

- Pause, lança le croupier. Allez cherchez à boire, on va attaquer la dernière phase, les gars. J'ai la gorge qui se dessèche, vous me filez des coups de sang depuis tout à l'heure avec vos mises…

- Une cachaça pour moi, s'il te plaît, murmura Law à la jeune femme qui tenait le bar d'à côté et qui s'occupait de leur apporter à boire depuis le début de leur partie, une heure plus tôt.

Il se réinstalla correctement sur sa chaise et croisa ses longues jambes, contemplant la table de fortune et les cartes mêlées aux mises, pensif, ramené des années en arrière.
Plus de dix ans, maintenant.

Quand les enfants normaux apprenaient à jouer aux petits chevaux ou aux dames, lui avait appris le Texas Hold'em. Une exigence de sa famille, qui voulait qu'il fasse honneur aux plus grandes tables lors que leurs regroupements.
A quinze ans, il égalait son père mais n'avait jamais pu le surpasser. Et Dieu seul savait qu'il était vraiment bon ; le meilleur joueur qu'il eut connu. Redoutable et plein d'assurance.
Alors, le blanc-bec qui lui faisait face était loin de lui faire peur ; s'il voulait l'impressionner, il avait encore beaucoup de chemin à faire. Law savait attendre son heure et perdre quelques plumes si ça en valait la peine.

La pause se prolongea pendant un bon quart d'heure, avant que tous ne reviennent s'asseoir et posent une nouvelle mise devant eux.
Le croupier battit et mélangea les cartes, opérant sa distribution avant d'en sortir cinq. Law jaugea l'as de cœur et les huit, six, et quatre de pique, jeta un rapide coup d'œil à ses cartes et les garda tournées face contre la table – il n'avait pas besoin de les regarder plus longtemps, il savait déjà ce qu'il avait à faire. Peu de combinaisons possibles.

- À toi de parler, lança le croupier à Law.

Un public conséquent s'était massé autour d'eux ; cet attroupement attira l'attention d'Ace, occupé à bavarder un peu plus loin avec un autre touriste américain de passage à Rio.
Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et aperçut les boucles d'or de Law – intrigué, il s'excusa auprès de son partenaire de comptoir et traversa la foule, rejoignant son amant toujours stoïque.

- Check, murmura-t-il.

- … à combien est la mise ? marmonna Ace à un homme qui se tenait près de lui, dans le public.

- Si je me suis pas trompé, vingt-quatre milles, chuchota le type.

- Qu'est-ce qu'ils ont choisi… ?

- Un Hold'em à cinq cartes communes, deux en main.

- Check, annonça l'armoire à glace.

- Check, suivit le brésilien au regard perçant derrière ses lunettes de soleil.

- Check, concéda le dernier.

- Tout le monde a checké, soupira le croupier en déposant la cinquième carte, un as de pique.

Le brésilien fouilla dans son portefeuille et avança tous ses billets, annonçant un « tapis, six milles » qui déclencha des murmures dans la foule.

- Ouverture à six milles, lança le croupier. Tapis.

Le noir poussa ce qui restait de ses billets à son tour et montra cinq de ses doigts.

- Suivi, cinq milles, tapis. Six milles pour suivre…

- Relance, souffla le texan en poussant une partie de son argent.

- Relance, douze mille, marmonna le croupier, un peu perplexe quant au choix de l'homme. Hum… tête à tête.

Law leva les yeux et plongea son regard dans celui de son adversaire, impassible ; le touriste garda son immobilité, yeux plissés. Ace contourna discrètement les badauds, et son regard croisa celui de Law, qui lui offrit un léger sourire en coin.
Les trois hommes frémirent et suivirent son regard. Law lui fit signe de le rejoindre et attendit qu'il se soit accroupi à côté de lui pour reporter son attention sur le texan.

- T'as déjà joué au Texas Hold'em, Portgas… ?

- Une fois, avec des potes. J'suis pas très bon, j'arrive pas à bluffer.

- Ça ne m'étonne pas, sourit-il, amusé. Quarante mille et cinq cents dollars, tapis, souffla-t-il en poussant le paquet de billets qui s'amassait devant lui, alors que des exclamations montaient dans le public.

Ace se gratta la nuque, hésitant – il n'avait pas l'étoffe ou les connaissances d'un grand joueur, mais il en savait assez pour deviner que le jeu était serré depuis le début de la partie et que Law avait certainement déjà perdu quelques mains, au vu de la réaction des passants.
Il prenait des risques, comme toujours. Cette attitude plut à Ace, malgré son inquiétude.

- Relance à tapis, annonça le croupier.

Le texan jaugea les cinq cartes avec un rictus amusé qu'il ne chercha même pas à dissimuler. Il jeta un coup d'œil à ses deux cartes, soigneusement cachées aux regards indiscrets, et son sourire s'agrandit.

Il était visiblement sûr de gagner.
Les deux autres semblaient tout aussi confiants, dans une certaine mesure, mais aucun des trois n'affichait le flegme de Law. Avoir perdu précédemment ne semblait pas le perturber outre mesure.
C'était ça, le problème, avec lui, songeait Ace. On ne savait jamais vraiment ce qu'il pensait. Il n'avait pas besoin de se la jouer mystérieux, c'était simplement sa nature ; tranquille, réservée, calculatrice.
Encore une fois, Ace porta son regard sur les tatouages qui dépassaient de sa chemise entrouverte, retroussée sur ses coudes, et ne put s'empêcher de se poser mille questions sur ce qu'avait été la vie de Law avant Jewelry.

- Bien… je crois que je vais te suivre, cette fois, gamin, susurra le touriste.

Il jeta toute sa mise – une somme visiblement conséquente – au centre de la table avec dédain.

- Payé, lança le croupier.

Les quatre concurrents se jaugèrent du regard sans un mot ; Ace n'avait toujours pas vu les cartes de Law, qu'il tenait posées face à la table, comme les autres, mais avait eu le temps d'apercevoir brièvement celles de ses adversaires. Leurs jeux semblaient plutôt bons.

- … há cem e quinze milhas na mesa, lança une voix dans la foule.

Ace fronça les sourcils, et son regard croisa celui de Law, qui tendit la main pour chasser une mèche ondulée de son front avec patience.

- Il dit qu'il y a cent quinze milles sur la table, traduit-il, cynique.

- Vos cartes, messieurs, marmonna le croupier en passant une main sur sa nuque mouillée de sueur, un peu nerveux.

Le noir lui tendit les siennes. Le croupier les examina rapidement, sortit deux cartes des cinq alignées devant lui et les remplaça par les siennes.

- Couleur. As, roi, dame, annonça-t-il.

Ace jaugea l'As, le roi, la dame, le six et le huit de pique qui formaient le jeu du regard, profitant de ce moment pour s'instruire au passage – au moins, cette partie ne servirait pas à rien.
Le brésilien se lécha la lèvre, satisfait, et lança ses propres cartes au croupier qui les disposa devant eux, sous les murmures enthousiastes de la foule.

- Full, aux huit par les as, toussota-t-il en alignant l'as et le huit de cœur, les huit de pique et de trèfle et l'as de pique. Meilleur main du moment. À toi, lança-t-il au texan, qui vibrait presque d'impatience sur sa chaise.

L'homme semblait n'attendre que ça ; il plaqua vivement ses cartes retournées sur la table, un sourire méprisant aux lèvres. Le brésilien grogna, alors que des rires et des exclamations s'élevaient de plus belle. Battu.

- Full supérieur, aux as par les six, sourit le croupier, amusé, en positionnant les as de pique, cœur, et trèfle au milieu des deux six restants. Désolé, vieux, je vois pas ce que tu peux faire de mieux, soupira-t-il à l'intention de Law qui n'avait toujours pas bougé d'un pouce.

- C'a été un plaisir de faire affaire avec toi, le bleu, susurra le texan.

Ace leva les yeux vers Law, qui jouait toujours avec une de ses mèches de cheveux, son regard plongé dans celui de son adversaire. Délicatement, il laissa ses cartes glisser vers lui et les retourna. Ace se hissa légèrement et écarquilla les yeux.

« Putain, ce mec est sérieux ?! » hurla sa conscience en s'arrachant les cheveux.

Un cinq et un sept de piques.
Deux cartes merdiques, sans valeur aucune.
Des applaudissements s'élevèrent en fond.

- Cinq et sept de pique, murmura le croupier en les alignant avec les quatre, six et huit de pique du début de la partie. Quinte flush par le huit… la meilleure main.

Le texan serra les dents, et ses ongles raclèrent la vieille table de bois.

Law laissa un sourire pervers étirer ses lèvres, entortillant toujours une mèche de cheveux de son amant autour de son doigt, imperturbable – Ace frémit en voyant son expression carnassière et arrogante.

Du grand Law Law, dans toute sa splendeur. Sûr de lui et séducteur.

- Perso, murmura Law en tendant un billet de cinq cents dollars au croupier. Pour le service.

- Obrigado, sourit l'homme. Tiens, tes gains… ils sont bien mérités.

Le texan se leva, renversant sa chaise, avant de fendre la foule et de s'éloigner, furieux. Le noir à la nationalité inconnue et le brésilien lui frappèrent l'épaule, fair-play, avant de disparaître à leur tour.

Law réunit les billets d'un habile tour de main, les frappant rapidement sur la table pour les empaqueter et les rangea dans son sac avec un soin tout particulier, satisfait.

- … faire un tapis sur un cinq et un sept de pique… t'es gonflé, quand même, marmonna Ace en se redressant.

- Il faut savoir vivre dangereusement, Ace. Tu apprendras ça plus tard, quand tu seras un peu plus vieux…

- T'as déjà réellement perdu au poker, dans ta vie ?

- Bien sûr que oui. Il n'y a que comme ça qu'on apprend.

Ils se mêlèrent à la foule à leur tour, traversant les rues jusqu'à l'Aston garée plus loin ; Law rangea son sac dans le coffre pendant qu'Ace prenait une dernière note dans son carnet, qu'il cacha dans la boîte à gants.

- C'est quoi le programme, maintenant… ?

- Quartier libre. Va te déhancher un peu pour voir si ton côté gay attire les filles… sourit Law, sentant qu'Ace allait tout de suite monter au créneau et s'énerver.

Sa réaction ne se fit pas attendre et Law pouffa de rire quand le jeune garçon se jeta sur lui pour le marteler de coups de pieds et de poings en bramant qu'il était rien de plus qu'un « hétéro curieux ».

Ouais, vraiment trop facile.

. . . . .

*plus tard, dans la soirée*

Ace avala son verre de caïpirinha que Law lui avait conseillé ; c'était l'alcool le plus répandu au Brésil et le cocktail qui se rapprochait le plus de leur mojito. L'amertume du citron lui piqua la gorge mais il s'efforça de ne pas le montrer – Law risquait de se foutre ouvertement de lui s'il montrait une énième faiblesse à un cocktail alcoolisé.

Mais il n'avait rien à oublier cette nuit, et ce deuxième verre allait lui suffire, puisqu'il tenait pitoyablement l'alcool ; un troisième serait de trop et il voulait pouvoir se souvenir de tout sans être malade.

Il toisa Law d'un regard noir en constatant que, de son côté, il avait descendu son énième verre ; son foie avait décidément une résistance à toute épreuve. Il détourna brièvement le regard pour reposer son verre et soupira de frustration en voyant qu'il l'avait perdu de vue – dans la foule, Law s'intégrait beaucoup mieux que lui avec son teint mat et ses cheveux de jais, alors que lui détonait au milieu des autochtones.

Dommage… ils avaient passé une bonne partie de la soirée et de la nuit à danser chacun de leur côté, seul ou avec des filles, et Ace aurait bien aimé passer un peu de temps avec lui à présent.

Quelques jeunes femmes s'étaient même intéressées de très près à ses taches de rousseur, le faisant atrocement rougir avant que Law ne le sauve de là. Une fille, OK, mais plusieurs à la fois… c'était un cap qu'il ne se sentait pas de franchir.

« Tapette » pouffa sa conscience.

« Je t'emmerde. »

Deux mains tièdes se posèrent sur ses hanches, à travers sa chemise, et une bouche frôla son oreille.

- Ramène ton p'tit cul par là, Portgas.

- J'sais pas danser la samba, marmonna Ace.

- Dis plutôt que t'es trop coincé pour danser avec moi en public, sourit sa voix dans son oreille.

- Ben ouais, c'est l'idée, rougit-il.

Il se sentit tiré en arrière – ses fesses heurtèrent les hanches de Law, lui arrachant un soupir de plaisir. Dieu qu'il avait envie de lui…

- … personne ne nous connaît ici et crois-moi, dans le coin, que deux hommes dansent ensemble, c'est absolument pas un problème…

Ace se laissa entraîner dans la foule grouillante, presque compacte, où la proximité des corps donnait en réalité une certaine intimité ; personne ne vous remarquait, vous faisiez partie d'une seule et même masse dansante. Law le garda serré contre lui, son torse contre son dos, ses mains sur ses hanches.

Ace ferma les yeux et posa ses mains sur les siennes en ondulant lentement des hanches ; Law le guidait en bougeant avec lui, bien plus à l'aise et loin d'être aussi réservé que son cadet.

- T'es beaucoup trop tendu, Ace, chuchota-t-il à son oreille. Laisse-toi aller…

L'adolescent déglutit difficilement et hocha brièvement la tête, laissant ses mains remonter le long de son propre corps, sur ses flancs, son torse, passant dans son cou avant de les nouer derrière la nuque de Law, s'accrochant à lui en lui tournant toujours le dos, son corps guidant les oscillations du sien.

À cet instant, il regrettait de ne pas être une femme ; c'était tellement facile pour elles d'être séduisantes et sensuelles…

- Tu vas devoir me faire un cours accéléré sur la samba si tu veux que je sois à la hauteur… murmura-t-il.

- Pas besoin, sourit Law en caressant son ventre de sa main libre. Tu peux très bien t'en sortir tout seul…

- J'vois pas comment, monsieur le génie.

- Il faut... de l'assurance... de la sensualité...

Sa voix au creux de son oreille fit fondre Ace de désir.

- ... des hanches souples... les reins cambrés...

Ses doigts caressèrent le creux de son dos.

- ... en clair, t'as qu'à imaginer qu'on fait l'amour et que tu te déhanches sur moi, susurra-t-il à son oreille. Je crois me souvenir que tu es plutôt bon pour ça...

Ace rougit intensément – la chaleur de l'embarras lui incendia le visage et le cou.

« Roh la honte. T'es vraiment une gonzesse » se moqua sa conscience.

Il l'envoya se faire voir à grands renforts d'insultes intérieures et tourna la tête à demi pour embrasser langoureusement le jeune homme, ondulant avec un peu plus de conviction contre lui.

Imaginer leur ébat… ouais, ça, il pouvait le faire. Sans hésitation.

Il ferma les yeux et se remémora la nuit qui avait vu leur dernière danse, sous les draps du lit de l'hôtel, deux jours auparavant. Il se rappela de Law, étendu dans les oreillers, de ses mains sur ses hanches pour le guider, et de son regard brûlant qui détaillait son corps nu avec un plaisir évident.
Ace avait toujours été pudique, mais une fois lancé, il oubliait sa réserve timide et se laissait aller, oublieux du reste ; il se sentait important dans les yeux de Law, lui qui avait toujours été considéré comme le deuxième après Luffy, et c'était tout ce qui comptait.

Son esprit réveilla d'autres souvenirs : lui, ondulant sensuellement sur Law. Doucement, d'avant en arrière, de haut en bas... en se balançant lentement sur lui, comme la cabine d'un bateau tanguant sur les flots. Son déhanché, son corps trempé de sueur, leurs soupirs de plaisir... les ongles de Law raclant ses reins... puis leurs mains, qui se cherchaient, s'étreignaient, leurs doigts qui s'entrelaçaient et le chuchotis de leurs peaux qui semblaient se parler...

Ils ne s'étaient jamais dit : "je t'aime". Ace n'osait pas et ignorait si Law partageait ses sentiments dans leur plénitude. Il craignait d'être ridicule, de passer pour le gosse dépendant et entiché de l'autre, loin d'une relation mature comme celle que Law désirait peut-être.

Les minutes passaient et Law perdait peu à peu son contrôle chèrement acquis ; Ace sourit en sentant son désir de lui se presser contre ses fesses, passa une main dans ses cheveux humides pour les repousser de son visage et tourna la tête à-demi.

- T'as vraiment aucune retenue, Traffy.

- Appelle-moi encore une fois comme ça et je t'abandonne ici, sourit sa voix.

- T'oserais pas.

- Ne te lance pas dans des paris foireux avec moi, Portgas, j't'ai déjà prévenu…

Ace sourit et se hissa légèrement vers lui pour happer ses lèvres dans son baiser langoureux ; la main tiède de Law passa sous sa chemise pour caresser ses reins brûlants et Ace sut que c'en était fini de sa résistance.

- J'ai envie de toi, chuchota Ace contre sa bouche.

- … maintenant… ? le taquina-t-il.

- Maintenant, ouais, j'attendrai pas une minute de plus…

- Pour un type pudique, tu me parais bien entreprenant tout-à-coup…

- C'est une habitude, chez toi, de te foutre de moi dès que t'en as l'occasion ? sourit Ace en ondulant toujours contre lui.

Law prit sa main et l'entraîna à travers la foule compacte, se frayant un chemin dans les rues pavées, pressant le pas ; ils finirent par courir jusqu'à l'hôtel où ils avaient loué une chambre et entrèrent dans le hall désert – le réceptionniste somnolait derrière son comptoir, les pieds croisés sur le plateau de bois.

Ace retint un rire et se laissa guider dans les étages, jusqu'au dernier palier ; Law déverrouilla la porte, le poussa à l'intérieur, claqua le battant et tira le verrou.

Ace se jeta contre lui, enfouit ses mains dans ses cheveux et se hissa sur la pointe des pieds pour l'embrasser passionnément. Law agrippa ses longues mèches et lui rendit son baiser avec acharnement. Ace gémit de plaisir et pressa son corps contre le sien.

- Dépêche-toi, implora-t-il.

- T'es toujours trop pressé, Ace, susurra Law en l'entraînant à reculons à l'autre bout de la chambre.

- Oh, tu parles, t'es… héééééé, le lit est par là ! brama-t-il en désignant frénétiquement le fond de la pièce.

- Tu parles trop, Portgas, occupe ta bouche utilement.

Law ramena son visage au sien pour un autre baiser et le poussa dans la salle de bain dont il claqua la porte derrière lui.

Rapidement, il saisit la chemise d'Ace et la fit passer par-dessus sa tête avant de reprendre ses lèvres ; l'adolescent, impatient, tira sur les pans de celle que Law portait – les boutons cédèrent et roulèrent sur le carrelage et Law lui jeta un regard noir.

Ace déglutit difficilement.

- … euh… désolé… ? bredouilla-t-il, pas certain de ce qu'il fallait dire à ce moment-là.

- Tu vas avoir de gros ennuis, Portgas.

.


Bien, bien, bien... j'aime la frustration. Et vous frustrer, surtout. J'aimerais dire que j'suis désolée, mais... non.
À bientôt pour la suite du voyage ! RDV pour un nouveau trip !