Ohayo mina' !
On se retrouve pour un autre chapitre, toujours de la neige et du froid... merci pour toutes vos reviews, c'est tellement encourageant et... ouais, ça me motive toujours autant ! :)
J'ai une guest qui m'a laissé une review super-longue ! alors je te réponds ici, Lena18 : oui, j'te pardonne d'avoir été si longue à laisser une review ! :p
Et mon énoOrme susceptibilité [t'es pas susceptible...] je sais, je déconne XD donc, je disais, mon énorme susceptibilité m'oblige à te dire qu'effectivement, tu as totalement raison de m'avoir fait remarquer ça, au Brésil, on parle officiellement le portugais !
Et que c'est justement pour ça qu'une des phrases du dialogue au poker se fait dans cette langue ;) et l'espagnol n'est que la 2ème langue du pays. Je m'excuse pour ce manque de précision ! [va mourir] j'y vais de suite u_u hAonte sur moi.
Bwef [oui, oui, bwef, vous avez bien lu], après cette interlude, où vous avez pu voir que je suis faillible [t'étais pas censée partir mourir, d'ailleurs ?] ah oui, c'est vrai...
Enjoy it !
« Cause I know you're there
Until I'm leaving
And there ain't no need for no grieving
And no time for no regrets neither… »
Bumcello
.
Law se réveilla en douceur, ce matin-là ; ses yeux s'ouvrirent après une nuit sans rêves sur le plafond lambrissé du petit chalet qu'ils occupaient à Aspen.
Une voix s'élevait de la petite cuisine, chantant au rythme d'une chanson qu'il appréciait particulièrement – « Beautiful you » de Bumcello.
Il se frotta les yeux et se hissa sur un coude, contemplant l'intérieur, cherchant Ace du regard ; l'adolescent était en boxer, les cheveux humides de sa douche, et s'activait à cuisiner tout en fredonnant doucement, à voix basse, cherchant visiblement à ne pas réveiller son amant endormi.
Law sourit et se rallongea, lové dans la chaleur des draps, contemplant le jeune garçon qui le croyait toujours plongé dans un profond sommeil.
Ace semblait affairé dans la préparation d'une recette bien précise, le nez dans ses saladiers et les poêles qui chauffaient. Law devait reconnaître qu'en plus de l'odeur délicieuse, la vue était loin d'être... désagréable. Son ventre gargouilla et il s'enterra sous les couvertures, mais c'était un peu tard pour ça ; Ace tourna la tête et lui sourit.
- Tu me reluques depuis longtemps ?
- Non, et c'est dommage, murmura Law en se redressant.
Ace abandonna momentanément ses préparatifs pour traverser la pièce et grimper sur le lit, se glissant sous la couverture que Law avait ouverte pour le laisser se lover près de lui. Ils s'embrassèrent doucement et s'enlacèrent sous les draps, inspirant chacun l'odeur de l'autre, les yeux clos.
- Bien dormi… ? murmura Law, prévenant.
Il savait que cette journée serait douloureuse pour Ace, et il avait l'intention de lui donner la normalité que l'adolescent lui avait réclamée, mais il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter.
- Mmn, ça allait… j'étais réveillé tôt, j'me suis dit que te préparer un petit déjeuner m'occuperait.
- Tu comptes m'empoisonner ?
- Je cuisine super bien ! se défendit Ace. Alors que toi, tu fais toujours de la bouffe pourrie !
- Merci, morveux. J'adore.
- Ben quoi ?
Law secoua la tête et amena son visage au sien pour un autre baiser ; Ace le lui donna avec douceur et s'assit sur ses hanches, penché sur lui pour entremêler leurs corps. Il tira le drap sur eux, les enterrant sous les couvertures ; bientôt, des rires s'élevèrent et Ace se débattit alors que Law le chatouillait.
- Non, non, stop ! sanglota-t-il en se tortillant, mort de rire, s'empêtrant dans les draps. A-a-a-arrêteee !
- Pour avoir dit que je faisais de la bouffe pourrie, sourit Law en s'arrêtant, le laissant reprendre son souffle.
- Mais c'est vrai !
- Et tu t'enterres, en plus !?
Law se lança dans une autre partie de chatouillis appliquée ; Ace riposta aussitôt et sourit en voyant Law se démener pour tenter de lui échapper, écroulé de rire.
« Putain ! il est chatouilleux ! ATTAAAAAAQUEEE ! » hurla sa conscience.
Law pleurait de rire, incapable de se défendre. L'adolescent eut la brève vision de Luffy hurlant, hilare, sous ses chatouilles et un sourire nostalgique brisa un instant sa concentration.
Finalement, leurs chatouillis devinrent caresses, puis étreintes plus fermes, plus sensuelles ; ils roulèrent sur le côté, Law dominant Ace, plaquant ses poignets au-dessus de sa tête. Ace se hissa tant bien que mal vers lui et l'embrassa passionnément, leurs lèvres retrouvant celles de l'autre avec délice. Doucement, il ondula des hanches contre les siennes, et Law répondit d'un léger coup de bassin – Ace haleta brièvement et rejeta la tête en arrière, légèrement tremblant.
Il pensa à la douche quand Law passa une main dans ses cheveux humides et songea à celle qu'ils avaient prise à Rio ; ses pensées durent avoir une influence directe sur l'état de son sous-vêtement, puisque Law sourit contre sa gorge.
- À quoi tu penses, morveux ?
- À toi et tes exceptionnelles qualités sexuelles, rétorqua Ace.
Un silence s'étira, avant qu'ils n'éclatent de rire ; une odeur alerta Ace, qui renifla et écarquilla les yeux avant de bondir du lit, manquant envoyer Law voler au sol au passage. Il courut vers ses poêles et les releva du feu, les agitant brièvement avant de retourner les pancakes d'un coup de poignet souple.
Law repoussa les couvertures et se leva, traversant la pièce pour rejoindre son jeune amant qui s'activait à terminer le petit déjeuner.
Pancakes, donc, au sirop d'érable, à en juger les rivières ambrées qui coulaient dans leurs assiettes.
Des muffins au chocolat.
« … il a utilisé le four et a trouvé le temps de faire des muffins… ? »
« On dirait, ouais. »
Il y avait des toasts grillés au beurre. Law s'approcha et les jaugea d'un regard incertain ; non, pas des toasts. C'était quelque chose qui lui était totalement inconnu. Ace lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule et sourit.
- C'est du pain perdu. Tu connais ?
- Pas du tout. Qu'est-ce que c'est… ?
- Du pain, des œufs, du lait, du sucre roux. On mélange les œufs et le lait…
Pendant qu'il expliquait, ses mains s'affairaient à brouiller des œufs dans une poêle – à la fourchette, s'il vous plaît. Law le regardait faire avec étonnement ; cuisiner était un talent qu'il ne lui connaissait pas.
- ... on fait tremper le pain dedans, et on le poêle légèrement avec du beurre. Et on parsème de sucre. Moi je préfère le sucre roux, j'espère que t'aimeras ça… assieds-toi. Ça va bientôt être p-mmn.
Il se tut et sourit quand les bras de Law l'enlacèrent par-derrière, son torse nu pressé contre son dos ; des mains hâlées caressèrent son ventre, redessinèrent ses côtes et empaumèrent ses hanches. Ces caresses étaient douces, juste tendres. Law l'embrassa dans le cou, remonta à sa joue et leva une main pour tourner délicatement son visage vers le sien, nouant ses lèvres aux siennes.
Doucement, Ace lâcha ses saladiers et se tourna vers lui, se hissant sur la pointe des pieds pour ne pas briser leur baiser. Les mains fraîches de Law explorèrent ses courbes, retraçant son corps du bout des doigts, caressant sa peau nue. Ace l'imita, sentant ses muscles fermes sous ses paumes, et ne put s'empêcher de rougir en percevant leur différence.
Law sourit et caressa sa joue, délicatement.
- ... pourquoi est-ce que tu rougis ?
- Faut que je me mette à la muscu, marmonna Ace contre ses lèvres. On va déjeuner, et après j'compte sur toi pour me montrer comment on travaille les abdos et les pecs, histoire que j'ressemble moins à un lombric.
- Ben... la position de la brouette est plutôt pas mal pour faire travailler le haut du corps, susurra Law en frôlant son ventre lisse de la pulpe de ses doigts.
Ace sourit et le repoussa lentement pour l'asseoir à leur table, avant de retourner à la gazinière. Law secoua la tête en réprimant un rire, patientant quelques minutes supplémentaires avant qu'Ace ne lui serve un petit-déjeuner royal, avec du jus d'orange, des céréales, du café à la noisette et un verre de lait.
- Tu veux me faire grossir ?
- Ouais, comme ça j'pourrai te bouffer. Et conduire ta voiture, railla Ace en s'asseyant face à lui. Bon ap' !
Law goûta à tout et fut encore plus surpris en se rendant compte que ça n'avait pas l'air seulement bon, mais que ça l'était réellement.
Ace surprit son expression et sourit largement, visiblement très fier de lui.
- C'est super bon, hein ?
- Carrément... j'te nomme chef cuisinier de l'Aston, maintenant ! s'exclama Law en agitant sa fourchette vers lui. Où est-ce que t'as appris à cuisiner comme ça ?
- Ben, Luffy bouffait littéralement, et j'ai toujours été un énorme mangeur. Avec du goût, merci mes parents. Du coup... j'ai demandé à ma mère si j'pouvais prendre des cours de cuisine et mon père m'en a payé pour que je leur lâche la grappe avec ça, expliqua-t-il patiemment. Et j'me targue d'être plutôt bon.
- Et bah, chapeau. J'aurais jamais soupçonné que t'avais un talent pour la cuisine, confessa Law.
Ace rougit de plaisir et d'embarras et plongea le nez dans ses œufs brouillés, gêné. Ils tendirent leurs jambes et les entremêlèrent sous la table, comme à leur habitude – tout était prétexte pour se toucher et se rapprocher.
S'il le pouvait, Ace passerait son temps dans les bras de Law, mais il savait que ce n'était pas possible ; toutefois, il appréciait de plus en plus la tendresse et la prévenance dont Law faisait preuve à son égard depuis quelques temps. Il avait l'impression, quelques semaines plus tôt, d'être le seul à réclamer caresses et baisers – il n'osait pas tellement, d'ailleurs, parce qu'il avait peur que Law ne l'envoie promener.
Depuis quelques temps, leurs rôles s'équilibraient ; Law lui volait ces baisers et ces caresses à son tour. Ace n'y prenait que plus de plaisir à répondre à ses étreintes.
Le portable de Law sonna, les faisant brusquement sursauter. Il avala une gorgée de son café-noisette, se leva et alla fouiller dans son jean, en sortant son téléphone qu'il contempla longuement avant de décrocher, portant son cellulaire à son oreille.
- ... Law.
Il ferma les yeux et laissa un infime soupir s'échapper, avant de se détendre ; c'était léger, presque imperceptible, mais l'adolescent le remarqua.
- Ouais, je sais, j'suis à la bourre. On peut repousser en mars ? murmura-t-il.
Ace mâchonna son pancake, le regardant intensément ; Law avait l'air un peu plus tranquille, et il se demanda ce qui se serait passé si son interlocuteur n'avait pas été celui qu'il espérait.
- Merci. Ouais, ouais, t'en fais pas. Vaya con Dios, mon frère, sourit-il avant de raccrocher. Désolé, lança-t-il à Ace en rangeant son téléphone.
- Pas d'problème. Tout va bien... ?
- Très bien, oui. Une vieille connaissance. Excuse-moi.
Il le rejoignit, déposa un baiser sur sa tempe et reprit sa place face à lui pour terminer son déjeuner, renouant leurs jambes ensemble, sous la table, leurs pieds nus jouant avec ceux de l'autre. Ace lui sourit et Law tendit la main, essuyant une perle de jus d'orange au coin de ses lèvres de son pouce.
L'adolescent s'empourpra et Law sourit, amusé.
- C'est quoi cette manie de rougir à tout bout-de-champ... ?
- J'en sais rien. T'aimes pas... ? le défia-t-il.
- Si. Surtout quand c'est moi qui te fais rougir.
Pour le coup, Ace se transforma en framboise trop mûre, et Law éclata de rire avant de remettre le nez dans le petit-déjeuner qu'Ace avait préparé avec tellement d'application.
. . . . .
*Quatre jours plus tard, en haut d'une piste noire*
Law enfila ses gants, contemplant la piste – ou tout du moins, ce qui y ressemblait – qui s'étendait sous eux, à côté d'Ace qui enfilait ses lunettes-masques sans un mot.
- Tu ne dis rien... ?
- J'me concentre. Y'a un mois de vaisselle en jeu et c'est hors de question que j'perde.
En deux jours, Ace s'était considérablement amélioré, pour une raison qui était totalement inconnue à Law ; au point de le surpasser.
Le jeune homme s'en était rendu compte quand Ace l'avait doublé sur une piste rouge avec une aisance qui l'aurait presque rendu jaloux, deux jours auparavant. Il avait décidé de passer l'étape au-dessus, très agréablement surpris, et avait initié Ace au snowboard.
L'adolescent avait mis peu de temps à s'y habituer et se montrait encore plus à l'aise que sur les skis, et Law avait pris sur lui de l'emmener sur une piste noire, histoire de voir ce qu'il avait dans le ventre. Ace ne s'était pas dégonflé et l'avait suivi, et ne semblait toujours pas vouloir se raviser.
« Quand l'élève dépasse le maître... »
- Si tu tombes... j'veux pas t'entendre gueuler.
- Je gueulerai pas, répliqua Ace en ajustant son bonnet, avant de s'assurer que ses chaussures étaient bien fixées au snowboard.
- Celui qui arrive en bas le premier. Peu importe le chemin pris. Si tu te perds, c'est pas mon problème.
- Ça me va.
Ace avait presque l'air trop calme ; Law, soupçonneux, se tourna vers lui et tendit une main gantée pour saisir son menton et le tourner vers lui, scrutant son visage impassible. Ace ne broncha pas et releva son masque pour soutenir son regard.
- ... t'as l'intention de te suicider en te jetant dans un ravin ? l'interrogea-t-il.
- Ben, non, s'étonna Ace en haussant un sourcil. Pourquoi tu dis ça ?
- ... t'es toujours à gueuler pour rien et t'agiter partout. Ça m'étonne de te voir... si calme.
- J'suis en train de réfléchir et comme tu le sais, j'ai le cerveau d'un mollusque et j'peux pas afficher un air joyeux et penser en même temps, sourit le gamin, espiègle.
- ... mouais.
Law termina sa préparation et jeta un coup d'œil à Ace, qui venait de remonter sa fermeture Éclair sous son nez.
- ... t'es prêt ?
- Ouais. J'peux juste faire un truc avant ?
- Vas-y.
Ace tendit les bras et, incapable de se mettre sur la pointe des pieds, attira le visage de Law au sien. Il noua ses lèvres aux siennes et sa langue avide explora sa bouche – Law se prit au baiser et soupira de plaisir, laissant Ace en prendre le contrôle, cette fois-ci. Sa langue caressa ses joues, chatouilla son palais, redessina l'arrondi de ses dents et s'enroula autour de la sienne.
Il fit la seule erreur à laquelle s'attendait Ace – se laisser distraire. L'adolescent sourit contre ses lèvres et le repoussa brutalement en arrière. Law s'effondra dans la neige dans un cri et Ace s'élança, atterrissant trois mètres plus bas avant de filer à toute vitesse entre bosses, creux et arbres sur son passage, prenant une précieuse avance sur leur parcours et leur course.
Il savait qu'il allait le payer cher, mais ça en valait définitivement la peine.
Enfin, en théorie.
Le vent fouettait son visage, et la sensation de glisse, désormais mieux maîtrisée, était grisante. Il lâchait prise, enfin.
La journée de l'anniversaire où Luffy l'avait quitté lui avait laissé un goût amer dans la bouche, mais il s'était efforcé de penser à la joie de vivre contagieuse de son petit frère, et aux paroles de Law.
Si toi tu n'as pas de rêves, alors poursuis celui de Luffy. Fais-le vivre à travers toi.
Être heureux, donc.
C'était ce qu'il faisait, en ce moment ; rire, embrasser Law, profiter de ses baisers, jouer, apprécier leur voyage et se laisser porter par la douceur de leurs moments.
Sans se poser de questions, ou alors... le moins possible.
Juste vivre.
Une bosse le projeta brièvement dans les airs avant qu'il n'amortisse le choc au retombé en pliant les genoux. Il reprit son équilibre tant bien que mal et un large sourire étira ses lèvres – évènement rare dans sa vie, il était fier de lui. Et ces moments n'étaient arrivés que deux fois, jusqu'à présent.
Il était fier d'être le grand-frère de Luffy. Fier d'avoir été le modèle de cette perle rare qu'était son petit frère, fier de l'avoir élevé en l'absence et la négligence complète de leurs parents trop occupés pour les voir grandir. Fier de l'avoir rendu heureux pendant les douze courtes années qu'avait été sa vie. Fier de voir ses yeux s'illuminer quand il venait le réveiller d'un baiser d'un matin. Fier de voir son sourire immense sur son visage quand ils se chamaillaient ou s'étreignaient simplement.
Et il était fier d'être l'amant de Law. D'être celui qui comptait dans sa vie, alors qu'il semblait avoir vécu beaucoup plus de souffrances que lui. Fier d'être celui que le métis embrassait, d'être celui qu'il gardait dans ses bras la nuit venue, d'être celui au centre de ses attentions. Fier de lui donner du plaisir quand il le chevauchait, de voir ses yeux se fermer et son corps se tendre sous l'orgasme, de sentir ses mains l'étreindre avec force, de l'entendre gémir son nom au creux de son oreille. Fier de sentir sa main le chercher, parfois, au matin, pour l'attirer contre lui et s'enrouler autour de sa chaleur, sous les draps d'un lit quelconque ou la couverture dans l'Aston.
Une voix l'interpella et il tourna la tête – une boule de neige le frappa en pleine tête et manqua l'envoyer rejoindre le décor, alors qu'il essuyait son masque en râlant.
- CE SOIR, T'ES UN HOMME MORT, PORTGAS !
Il sourit et releva son masque sur sa tête, le vent lui cinglant les yeux ; la piste noire arrivait à sa fin et il donna une dernière inflexion, une dernière poussée, pour grappiller quelques secondes supplémentaires sur son amant. Il passa la dernière balise et s'arrêta dans une gerbe de neige, avant que quelque chose ne le heurte avec force, l'envoyant valser sur plusieurs mètres.
Law et lui dévalèrent légèrement la pente et son corps se retrouva bloqué sous le sien.
- Saleté de tricheur, grogna Law dans son oreille.
- J'avoue, murmura Ace en le dévisageant quand il se redressa, ôtant son masque pour plonger ses yeux gris dans les siens. T'es fâché... ?
- Très, oui, ça doit se voir, rétorqua Law en levant les yeux au ciel. J'aurais dû m'y attendre, t'es tellement prévisible... petit con.
Ace sourit et noua ses bras autour de son cou, plongeant son nez dans le col de sa combinaison pour inspirer son odeur. Law, un peu surpris, l'enlaça et lui frotta doucement le dos.
- ... hé... ça va ?
- Ouais. Du coup... la vaisselle, c'est pour ma pomme ?
- Non, on reste un coup sur eux. J'ai trouvé mieux pour te punir, murmura la voix de Law dans son oreille.
Ace sentit un ignoble frisson lui hérisser la nuque.
- ... qu'est-ce que tu vas me faire ?
- Rien, justement. Pas de sexe pendant trois semaines.
«Oh l'enfoiré. »
. . . . .
Law s'étira et s'installa confortablement dans leur lit, le nez dans son livre.
L'eau de la douche coulait encore, Ace s'attardant sous l'eau chaude, comme toujours. Il l'entendait fredonner et sourit, se replongeant dans sa lecture.
Ils étaient rentrés après quelques courses supplémentaires, où ils avaient gagné et perdu à tour de rôle. Ce qui ne changeait rien à sa décision, malgré les tentatives pitoyables d'Ace pour le convaincre de changer d'avis.
Bientôt, la douche se coupa et la porte de verre coulissa, avant que des pieds nus ne résonnent sur le carrelage de la salle de bain. La lumière s'éteignit et il leva les yeux, jetant un coup d'œil à la silhouette qui sortait de la petite pièce saturée de vapeur.
« Mauvaise idée » toussota sa conscience.
Son regard était happé par le corps svelte d'Ace ruisselant d'eau, son boxer trempé collant à ses formes.
« Je crois que c'est un message subliminal pour dire : viole-moi. »
« ... »
« T'en penses quoi... ? »
« ... »
« Bon, ben, c'est toi qui gères, hein... »
Ace alla s'assurer que le chalet était fermé et retourna vers le lit, dans la pénombre de la pièce seulement éclairée par la lampe de chevet. Law contempla les perles d'eau qui roulaient sur sa peau, ses mèches ondulées humides et son regard insolent et charmeur.
Apparemment, Ace avait décidé que les trois semaines sans sexe seraient une torture pour tous les deux. Il marcha jusqu'au lit et Law reposa son livre.
- ... on dort... ? murmura Ace.
- Ouais.
- ... pas de regrets ?
- À quel propos... ? répliqua-t-il, feignant l'indifférence.
Ace grimpa sur le lit et avança vers lui à quatre pattes avant de se redresser, debout à genoux sur ses jambes. Law avala sa salive et soutint son regard en s'efforçant de penser à des tas de choses autres, susceptibles de l'aider à maîtriser les pulsions qui pourraient éventuellement le faire changer d'avis.
Ouais, penser à d'autres trucs.
Aux escarres des personnes âgées soignées lors de son stage en gériatrie.
Aux lymphogranulomatoses vénériennes.
Aux chatons morts.
« Si tu vomis, Ace va se vexer. »
« Tant pis. Pas le choix. »
Ace se mordit sensuellement la lèvre et passa une main dans ses cheveux, la laissant descendre dans son cou, glisser sur sa clavicule. Law se sentit blêmir quand il comprit ce qu'Ace avait en tête – le gosse allait l'allumer avec tout ce qu'il avait en réserve.
« On est foutus. »
« On a encore une chance, déconne pas ! »
« Cite-moi un seul moment où t'as pu lui résister. »
« ... »
« Voilà, j'préfère. Maintenant, j'te dis bon courage, parce que moi, j'abandonne le combat. »
Ace glissa sa deuxième main dans ses cheveux dans un geste sensuel et laissa la première errer sur la ligne invisible de son sternum.
« Ça va... ? »
« Euh... ouais. Enfin j'en sais rien. »
Ace se ré-avança vers lui et laissa ses doigts suivre des perles d'eau sur son ventre, traçant des cercles lents autour de son nombril, descendant à la lisière de son boxer. Law suivit la direction de ses mains, muet, la gorge nouée.
« ... trois semaines, hein ? »
« Oh, ta gueule. »
L'adolescent se pencha sur lui et passa lentement sa langue sur ses lèvres – Law entrouvrit sa bouche et la langue d'Ace s'y glissa brièvement, avant qu'il ne se recule, reprenant ses caresses sur son propre corps.
Il laissa une de ses mains s'immiscer sous son boxer et se caressa lentement ; Law se plaqua une main sur les yeux et soupira, secouant la tête.
- ... Ace...
- Mmn ?
- Arrête ça.
- J'vois pas pourquoi, chuchota-t-il, frissonnant.
Il balança lentement ses hanches dans sa main, et Law ne put s'empêcher de libérer son regard pour le contempler ; la tentation était trop forte. Ace semblait vraiment s'amuser, même si son visage était parfois traversé par des expressions qui trahissaient le plaisir qu'il se donnait lui-même.
- ... si tu fais ça pour te venger, c'est très réussi.
- Tu m'as dit trois semaines sans sexe avec toi. J'ai le droit de me palucher, non... ?
« Il joue pas franc-jeu, là ! » beugla sa conscience, brandissant un carton rouge.
« Mais tu vas la fermer, merde ?! »
- Tu pourrais éviter de faire ça sous mon nez ?
- T'as peur de t'en prendre dans l'œil ? railla Ace en baissant son boxer de sa main libre, ne cachant rien de ses gestes à Law qui prit un oreiller pour y enfouir son visage.
« Je vais le buter. Oh, ouais, lentement. Histoire qu'il déguste bien. »
Ace lui retira brusquement le coussin et l'envoya voler au loin, plongeant son regard dans le sien, alors que sa main raffermissait son étreinte sur son érection, allant et venant un peu plus rapidement. Son souffle s'accéléra et quelques perles de sueur se mêlèrent à l'eau qui gouttait toujours sur son corps presque nu.
Un gémissement ténu s'échappa de ses lèvres et Law céda ; il le plaqua brusquement en arrière, saisit son sous-vêtement et le laissa glisser le long des jambes d'Ace qui affichait un immense sourire satisfait. Law se débarrassa du sien, se fit une place entre ses jambes et l'embrassa à pleine bouche, sa main fouillant dans le tiroir de la table de chevet pour en sortir le lubrifiant. Ace se laissa faire, nouant ses jambes autour de ses hanches, caressant son torse avec envie.
- Dépêche-toi... chuchota-t-il.
Law lui envoya une giclée de lubrifiant au visage et Ace pouffa de rire, se hissant sur les coudes pour regarder son amant s'enduire de gel – son cœur rata un battement, alors qu'il songeait qu'il avait rarement vu quelque chose d'aussi érotique dans sa vie.
Il se laissa retomber dans les draps quand Law se pencha sur lui, ses doigts mouillés et froids caressant son entrée avant de s'y glisser pour le préparer, lentement.
Ace gémit doucement et ferma les yeux, s'étirant, arquant le dos, croisant ses chevilles sur les reins de son amant qui laissait ses doigts aller et venir en lui ; leurs souffles se mêlèrent et ils s'embrassèrent longuement, avant que Law ne juge Ace assez préparé pour l'accueillir en lui.
Il se pressa contre lui mais Ace recula ses hanches, rouvrant ses yeux charbon pour les plonger dans les siens.
- Qu'est-ce que...
- J'veux t'entendre me le demander, chuchota Ace.
« ... il déconne, là ? »
« J't'avais dit que le morveux prenait de l'assurance. »
- Ace.
- Demande-le-moi...
Sa voix était sensuelle ; et Law était surpris et sidéré à la fois. Toutefois, son étonnement ne dura qu'une poignée de secondes – si Ace pensait qu'il n'était pas capable de le faire, alors il s'était trompé d'adversaire.
Il sourit, se pencha à l'oreille d'Ace et la caressa de sa langue, se délectant des frissons qui firent frémir la peau de l'adolescent.
- ... Ace... laisse-moi te prendre...
L'intéressé déglutit difficilement.
- P-pas assez convaincant.
- Bébé... j'ai trop envie de toi... j'veux t'faire l'amour...
Ace rougit et Law pouvait presque sentir son contrôle précaire partir en fumée. Il sourit et mordilla le lobe de son oreille, joueur, pressant son sexe entre ses fesses.
- ... comment... comment tu veux le faire... ? souffla Ace.
« Menace-le plus souvent, mec. Sérieusement. C'est super pour la libido » gémit sa conscience en se faisant de l'air.
- Par-derrière, chuchota Law dans son oreille. Ta jolie petite tête dans l'oreiller, tes fesses en l'air... pour te regarder encaisser tout ce que je vais te-
Il éclata de rire quand Ace se tortilla sous lui pour se mettre sur le ventre, le souffle court. Doucement, Law se glissa en lui et Ace gémit de plaisir quand il débuta un va-et-vient doux et léger. Il s'étendit sur lui, faisant attention à ne pas peser sur son corps, et enfouit son visage dans son cou, sous ses cheveux qui embaumaient son parfum sucré.
Ace agrippa les draps devant lui et rouvrit les yeux quand Law entremêla ses doigts aux siens.
Il contempla leurs mains enlacées, mélange de blanc et de hâle cuivré,
de tatouage et de peau intacte.
Il gémit quand Law heurta un point sensible et sentit ses baisers tendres dans son cou.
- L-Law... hhnnn...
- Qu'est-ce que tu veux, Ace... ?
- U-un peu plus fort...
Law se plia à sa demande et Ace étouffa ses gémissements dans la couverture ; le plaisir était trop fort et il dut se résoudre à fermer les yeux, tremblant – ses caresses, l'attente... il savait qu'il allait venir bientôt. Law était particulièrement doué pour ça.
- Encore... encore... serina-t-il, leurs corps s'épousant et s'éloignant au rythme du va-et-vient de Law.
Il voulait lui dire qu'il l'aimait. Là, maintenant, alors que le plaisir l'étreignait au point de lui donner les larmes aux yeux.
Il voulait lui dire qu'il l'aimait, comme on chuchote un secret. Parce que c'en était un : un sentiment qu'il gardait au fond de lui, par peur d'être ridicule.
Il voulait lui dire qu'il l'aimait, parce que Law et lui avaient passé depuis longtemps le stade de la simple partie de jambes en l'air et de la pure attirance physique. Ils ne baisaient pas, ils faisaient l'amour. C'était là toute la différence.
Il le voulait si fort… mais il n'avait pas ce courage.
Pas encore.
- Ace... gémit la voix de Law dans son oreille.
Ace serra plus fort sa prise sur les draps et les doigts de Law, qui lui rendit son étreinte. Il cria faiblement et se laissa aller, enfin, son corps se tendant sous celui de Law qui le rejoignit quelques instants plus tard en étouffant son soupir de plaisir dans son cou.
Le silence revint, une longue minute s'étira et Law se retira doucement, laissant sa bouche traîner dans le dos d'Ace pour parsemer sa peau de baisers. Il s'étendit sur le dos et Ace retrouva sa place sur lui, le nez contre son épaule, se tortillant pour tirer le drap sur eux.
Pas un mot, juste leurs souffles, et le bruit de leurs cœurs qui s'apaisaient enfin dans leurs poitrines. Doucement, Law entortilla une mèche de cheveux ondulée d'Ace autour de son index, pensif, son autre main caressant son dos mouillé de sueur.
L'adolescent se contenta de se lover sur son torse et de contempler les tatouages qui recouvraient son corps, sentant le sommeil le rattraper à toute vitesse.
- Bonne nuit, sale tricheur, sourit Law à voix basse.
- Bonne nuit, mauvais perdant.
.
Comme dirait Pyro, mon chauffe-patate : "time to awwww :3" !
Vous voyez, Ace sait faire des choses que Law ignore ;) j'espère que ça vous a plu !
Je vous annonce la fin de l'arc Aspen, mais je vous dis à bientôt pour un nouvel épisode neigeux...
