Ohayo mina !
Vos reviews m'ont fait super plaisir, comme toujours ! j'adore vous voir émettre des suppositions, tergiverser, hésiter... analyser ! *mention pour Mana.Y, Décortiqueuse d'Honneur !*
Bref, je suis sadique. J'aimerais dire que je suis désolée, comme d'hab'... mais ça serait pas très sincère... *je sors*
Ça cogite chez pas mal d'entre vous, mine de rien... alors pour une fois, ce sera un chapitre sans trop de réflexion. Juste du ressenti. Je vous laisse découvrir, et...
Enjoy it !
« I've become so numb, I can't feel you there
Become so tired, so much more aware
I'm becoming this, all I want to do
Is be more like me and be less like you… »
Linkin Park
.
- Maman…
Ma voix est un sanglot dans le téléphone. Elle me demande de me calmer et j'inspire profondément, mais l'odeur de l'essence, du sang et de la gomme laissée sur le bitume me soulève le cœur et je vomis, encore une fois.
L'urgentiste qui s'occupe de moi est minuscule, et elle a de longs cheveux bleus qui sont tâchés de sang, là où ils ont traîné quand elle a aidé à recouvrir Luffy.
J'ai refusé de m'éloigner et ils essayent de me faire lâcher prise, mais je n'y arrive pas.
Nefertari Vivi. C'est l'urgentiste.
C'est ce qui est écrit sur son badge.
Je suis ailleurs.
Mes yeux accrochent tout ce qu'ils croisent sans vraiment le voir.
- Maman, je… Luffy et moi… la voiture, je…
- Passe-le-moi, s'impatiente une voix.
J'entends le rugissement de la berline qu'ils conduisent ; ils sont en route, visiblement. Mon père prend le relai et il pousse un long soupir.
- Arrête de pleurer, Ace, tu n'as plus cinq ans ! comporte-toi en homme et dis-nous ce que tu as fait !
Même s'il a raison, je ne peux m'empêcher d'être furieusement amer ; tout de suite… ils en ont déduit que c'est moi, le problème. Sans même chercher à savoir ce qui s'est passé.
J'ai envie de leur cracher à la figure.
- Je… je roulais, je… et la pluie… j'étais dans le brouillard, j'ai pas fait attention au fossé… j'avais le nez dans l'autoradio, et je…
- T'as planté la voiture qu'on a achetée il y a six mois ? rugit la voix de mon père.
Ma mère renchérit et j'ai envie de les tuer. J'ai envie que leur propre voiture s'encastre dans un arbre, j'ai envie qu'ils meurent, qu'ils souffrent, qu'ils voient leur mort venir comme Luffy a vu sa vie se terminer. Qu'ils comprennent, qu'ils m'écoutent, au moins une fois dans toute ma vie…
- LUFFY EST MORT !
Je hurle dans le téléphone et le silence me répond, seulement troublé par le bruit de leur moteur. Ça y est, la bombe est lâchée.
Je serre plus fort mes doigts autour de ceux de mon petit frère caché sous un grand drap blanc tâché de rouge, lui aussi. Je tire sur le tissu, le visage baigné de larmes, alors que tout le monde s'affaire pour sécuriser la zone.
Luffy a les yeux fermés, et son visage s'est apaisé. On peut même croire qu'il sourit, et ça ne m'étonne même pas. Luffy a toujours souri pour tout.
Je me sens vide, las.
- … Luffy est quoi ?
- Luffy est mort, répété-je d'une voix monocorde. J'ai voulu éviter le fossé et on est partis en tonneaux. Luffy s'était détaché pour récupérer son portable et il a été… éjecté de la voiture
- …
- … Papa… je…
La tonalité du téléphone m'indique qu'il a raccroché. Je n'ai même pas eu le temps de lui dire où je me trouvais, mais je suis certain qu'il le saura dans la minute. Mon père sait toujours tout. Tout le temps, à chaque instant. Il sait pertinemment où trouver les renseignements dont il a besoin.
Je range mon cellulaire dans ma poche et je me penche sur le corps de mon petit frère.
- Vous ne pouvez pas rester là, murmure la voix douce de l'urgentiste aux cheveux bleus dans le creux de mon oreille. Venez, il faut vous soigner…
- Non.
Ma réponse est sans appel et elle n'insiste pas. Sous la pluie, le sang qui macule Luffy se dilue et s'éparpille sur l'asphalte. Sa peau retrouve sa couleur de neige et je repousse délicatement ses cheveux mouillés de son front, avant de me pencher pour y déposer un baiser.
Sa peau est fraîche, mais son parfum l'a déserté depuis longtemps. Ses lèvres sont pâles… il a seulement l'air un peu malade.
Si l'accident l'a brisé, il a toutefois épargné son visage. Je contemple sa perfection lisse et encore ronde de l'enfance, le pli de ses lèvres que je caresse du bout des doigts.
Luffy… je suis tellement désolé.
Je caresse sa joue et me penche sur lui ; mes cheveux nous cachent au reste du monde et mes lèvres trouvent les siennes. Elles sont encore douces mais, comme sa peau, leur parfum les a désertées.
Mes larmes se mêlent à la pluie qui a coulé sur mes joues et j'enfouis mon visage dans son cou, le serrant contre moi. Je reste immobile et je l'entoure de mes bras, comme si je cherchais à le protéger. De quoi... je n'en sais rien.
Je ne sais pas combien de temps se passe, mais j'entends un crissement de pneus.
Je n'ai pas le temps de comprendre quoi que ce soit que des bras m'arrachent à Luffy. Ma mère hurle et pleure. Je ne l'ai jamais vue dans un tel état, elle qui ne montre jamais rien – rien, si ce n'est de l'affection pour Luffy, qu'elle a toujours préféré à moi.
Ils voulaient une fille, j'aurais dû être une fille… ils ont cru dur comme fer jusqu'à ma naissance que mon nom serait Ann. L'obstétricien était formel, même si je passais mon temps à me cacher sur les échographies.
Mes parents m'aimaient parce que j'aurais dû être la petite poupée qu'ils avaient si ardemment désirée…
Et je suis né garçon.
Ils sont restés sidérés quand l'accoucheur leur a annoncé qu'en fait, leur Ann était dotée d'un pénis. Le drame, la fin du monde, l'apocalypse. Une tragédie grecque, ou un évènement digne d'un veux soap au scénario douteux.
Mon père s'est détourné de mon petit corps vagissant, le regard noir, et ma mère a fondu en larmes en se cachant derrière son oreiller.
C'a choqué tout le monde, à la maternité. Ma mère ne me touchait pas. Elle me laissait seul et moi, je restais bien sagement dans mes draps, silencieux. Comme si j'avais déjà compris qu'on ne désirait pas ma présence.
C'est mon oncle Shanks qui a choisi mon nom, puisque mes parents étaient trop furieux pour le faire eux-mêmes. Celui-là même qui a offert son chapeau de paille à Luffy.
Quand je lui ai demandé pourquoi Ace, il m'a répondu que les as étaient souvent les cartes maîtresses du jeu. Et qu'il avait senti que j'allais avoir besoin d'être le plus fort pour passer au-dessus des épreuves que la vie allait me réserver.
Ace…
Mon père ne m'a jamais reconnu. Et si ma mère avait pu me renier, elle l'aurait fait, mais l'éthique passait avait tout… alors, ils étaient bien obligés d'afficher leur bonheur fabriqué de toutes pièces. Par défaut, je porte son nom. Le nom de cette femme qui ne m'a jamais donné une étreinte, qui ne m'a jamais dit « je t'aime ».
Un nom que j'exècre tout autant que si c'était celui que porte mon père.
- Qu'est-ce que tu as fait ?! hurle mon père en me secouant.
- Je… je suis désolé…
Mes larmes ruissèlent sur mes joues. Je m'en veux tellement… je me dégoûte à un point que personne ne peut imaginer.
- Et tu crois qu'être désolé va nous ramener notre fils ?!
Les secours et les flics sont dépassés par ce qui se passe. Ils s'attendaient à ce que mes parents me réconfortent, me soutiennent – après tout, je suis leur fils… Cette pensée me soulève le cœur. Je partage le même sang que ces deux monstres d'insensibilité.
J'ai merdé… sérieusement. J'ai tout foutu en l'air… sans moi, Luffy rirait toujours et sa peau n'aurait pas cette pâleur de mort. Mais… leur fureur… la haine dévastatrice qu'ils ont pour moi, plus forte que jamais…
- Je te déteste ! hurle ma mère en sanglotant, serrant le petit corps de mon frère contre elle, tâchant son tailleur hors de prix de sang et d'eau. Tu as tué mon ange !
Ils voulaient un deuxième enfant. Moi, je voulais une petite sœur, pour pouvoir l'embêter. Lui tirer les cheveux, tremper ses poupées dans la peinture, repeindre ses murs avec son vernis et son maquillage.
J'ai eu un petit frère, aux immenses yeux curieux et aux cheveux d'ébène.
J'ai passé mes nuits à le contempler, endormi dans son berceau, bébé minuscule blotti au milieu des oreillers et des peluches. Sa peau était douce et sentait bon, et son visage lunaire portait déjà les marques de ce qu'il allait être plus tard ; un magnifique petit garçon, et un adolescent qui promettait de s'embellir encore.
C'est notre bonne qui s'est toujours occupée de moi. Nico Robin. Elle était douce et réservée, mais elle prenait toujours le temps de sécher mes larmes quand mes parents me témoignaient leur habituel mépris ou me punissaient pour ne plus m'avoir dans leurs pattes.
N'importe qui aurait pu croire que Luffy était fils unique, en entrant dans notre maison bourgeoise. Aux murs, il y avait ses dessins, ses premiers pas, des photographies de son immense sourire, ses petites mains peinturlurées imprimées sur un papier. Une toise improvisée sur l'encadrement de la porte de la cuisine, qui commentait sa croissance.
Et après l'accident, le peu de photographies que mes parents possédaient de moi avait terminé en brasier pour la cheminée.
J'avais surpris ma mère à lacérer une de mes photos de classe avec une paire de ciseaux, le lendemain de l'accident, après qu'elle ait descendu une bouteille de vin. Ses yeux gonflés de larmes m'avaient fait mal, et chacun des coups de ciseaux sur le papier glacé m'atteignait en plein cœur.
J'avais l'impression que c'était moi qu'elle poignardait et que, si elle en avait eu le courage, elle m'aurait planté ces lames dans la poitrine.
J'ai toujours déçu mes parents, et pourtant j'ai toujours fait ce que je pouvais pour qu'ils soient fiers de moi. Multipliant les bonnes notes, leur obéissant aveuglément.
Faisant tout pour obtenir le moindre sourire, la moindre félicitation de leur part.
Juste… de la reconnaissance pour l'être que j'étais.
Et la proximité que Luffy et moi avions les agaçait, mais ils ne se sentaient pas le cœur de réprimander leur petit trésor pour ça.
Luffy ne se laissait pas gâter, et il se montrait volontiers un peu hostile, parfois, envers nos parents ; ils pensaient que je lui bourrais le crâne et ça me retombait immanquablement dessus, mais ça en valait la peine. Voir Luffy les envoyer bouler de temps en temps m'amusait.
Il avait le courage de faire ce que moi je n'avais jamais osé.
- T'as toujours été jaloux de lui ! vocifère ma mère, les joues noyées de larmes et de pluie. Tu crois que tu vas avoir toutes les attentions, maintenant ?!
- J'ai jamais voulu ça !
Je crie à mon tour, sidéré par ce que j'entends. Ils ne vont rien m'épargner, on dirait. Les secours sont sciés, eux aussi ils n'en croient pas leurs oreilles. Mais mon père les fera tous taire, comme toujours. Il en a le pouvoir et il ne se gênera pas.
Roi tout-puissant dans son royaume…
Et ils vont me faire payer, chaque jour de ma vie, de leur avoir enlevé ce qu'ils considèrent comme leur unique enfant.
- J'espère que ça te poursuivra chaque minute de ta vie, crache mon père en m'agrippant les cheveux pour m'obliger à regarder mon petit frère brisé, pantin disloqué dans les bras de ma mère. Je veux qu'à chaque fois que tu fermes les yeux, tu vois ce que tu as fait ! Et que tu l'assumes !
- Tu crois que j'assume pas déjà… ?
Ma voix se brise…
- Tu crois que ça ne me fait rien… ? que je m'en fous… ? J'ai tué la seule personne qui m'a jamais aimée et vous pensez sérieusement que ma vie ne sera pas différente… ?
… pour finir par s'éteindre.
- Je ne veux plus te voir, murmure mon père en me repoussant brusquement. Va-t'en.
Il rejoint ma mère et s'agenouille pour toucher Luffy et lui caresser doucement le bras.
Mes larmes montent à mes yeux et je songe que même mort, mes parents ne m'accorderont jamais autant d'attention.
J'ai envie qu'ils le lâchent. Qu'ils arrêtent de le toucher, qu'ils le laissent en paix.
Je prie pour que Luffy, où qu'il soit, n'ait pas assisté à ça. Qu'il ne voit pas nos parents penchés sur lui, et moi, sous la pluie torrentielle, à quelques mètres de là.
Seul.
. . . . .
Ace se réveilla en sursaut, le visage baigné de larmes ; ses yeux s'ouvrirent et croisèrent les prunelles de Law, grises et insondables.
- Qu'est-ce que…
- Un cauchemar, murmura-t-il en lui caressant la joue. J'ai cru que tu n'allais jamais te réveiller…
Ace se redressa et constata que la pendule du tableau de bord indiquait sept heures du matin. La neige recouvrait toujours entièrement les vitres, et il faisait nuit noire. Machinalement, il s'essuya le visage et se rallongea sur Law, nichant son nez dans son cou avant de fermer les yeux.
- … je suis désolé de t'avoir réveillé.
- Je ne dormais plus depuis un moment, marmonna Law en caressant son dos.
Il s'était endormi dans les bras d'Ace après avoir pleuré tout ce qu'il pouvait, avant de se réveiller un peu plus tard, en proie à des cauchemars effroyables, à la même scène qui se rejouait en boucle dans sa tête depuis tout ce temps.
Law se voyait prendre cette décision, presque un an auparavant, faire ce choix, accroché au téléphone mural, le sourire aux lèvres. Une décision banale, un choix anodin.
Rien qu'un instant.
Il se hurlait à lui-même de ne pas faire ça, de se taire, de la fermer ; il voulait se secouer, se gifler… prendre le premier scalpel à portée de main et se trancher la gorge plutôt que de prononcer les mots qui allaient définitivement faire basculer sa vie de la pire des manières.
Il s'était réveillé à ce moment-là, au moment où la main de son double passé reposait le combiné et où lui-même hurlait en s'agrippant les cheveux, explosant en sanglots de rage et d'impuissance.
Ace dormait profondément, lui aussi, mais avait commencé à s'agiter au bout d'un long moment, alors que Law souffrait de ses éternelles insomnies. Le jeune homme avait fait ce qu'il pouvait pour l'apaiser, mais Ace semblait aux prises d'un cauchemar que ses étreintes n'étaient pas en mesures de chasser. Il avait alors simplement attendu qu'il se réveille, le gardant serré contre lui, parsemant son visage de baisers.
L'adolescent se lova un peu plus contre lui et rapprocha ses lèvres de son oreille.
- ... ça va, toi ?
- Mieux, oui, murmura Law en jouant avec ses cheveux longs. Merci.
- Pourquoi tu me remercies... ?
- ... pour avoir été là. Pour m'avoir ramassé alors que je me morfondais sur ma vie et la vacuité de mon existence.
Ace sourit et Law l'imita, vaguement amusé ; ils reprenaient un ton badin, comme toujours.
Sauf que Law avait très bien compris pourquoi ils faisaient ça : ils fuyaient tous les deux le dialogue. Un dialogue fatidique, définitif, où ils seraient obligés de livrer tous leurs secrets.
Celui d'Ace résidait dans l'identité de sa famille, Law en mettait sa main à couper.
Et son secret à lui tenait dans son coffre. Ou... tout du moins, une partie. Juste ce qu'il fallait pour que n'importe qui soit en mesure de fuir, ou de se poser de sérieuses questions en voyant son contenu.
Il avait longtemps – et il continuait toujours – tenté d'imaginer quelle serait la réaction d'Ace en découvrant toute l'histoire. En sachant comment il en était arrivé là, à vivre dans cette voiture qui lui rappelait à chaque instant tout ce qu'il avait perdu.
- Traf'... ?
- Mmn.
- ... qu'est-ce qui a réveillé tout ça...? chuchota Ace en restant blotti sous la chaleur de leurs couvertures.
Law reprit ses caresses le long de son dos, sous son tee-shirt. C'était doux... le calme après la tempête.
- ... une fille est passée dans la rue. Coiffée et maquillée un peu comme Jewelry. C'a suffit, je suppose. Il ne m'en faut pas beaucoup pour craquer, apparemment.
- Tu retenais ça depuis trop longtemps.
Ace enfouit ses mains dans ses cheveux noirs, le nez dans son cou, et inspira son odeur ; Law rouvrit les yeux sur le plafond de l'Aston et Ace se redressa, hissé à bouts de bras. Law contempla son visage et caressa ses joues tachetées, retraçant le dessin de ses lèvres de son pouce. Ace se pencha sur lui, inclina la tête et l'embrassa délicatement, effleurant sa bouche de la sienne. C'était doux, juste ce dont ils avaient tous les deux besoin.
Law respira l'odeur sucrée de ses cheveux qui caressaient son visage ; une image s'imposa à lui et son cœur se serra – Jewelry, allant et venant au-dessus de lui, ses longs cheveux nacrés frôlant son visage et ses épaules alors qu'elle se tenait penchée au-dessus de lui.
Il crut que sa conscience allait hurler, vociférer, l'insulter, mais elle restait silencieuse. Comme toujours lorsqu'il avait besoin d'elle, tiens.
Le souvenir se volatilisa, remplacé par le visage et la silhouette de son joli brun. Law leva une main et chassa une mèche ondulée de ses yeux.
« Dis-lui que tu l'aimes » l'encouragea sa conscience.
Quand on parlait du loup...
« Allez. »
« Non. C'est beaucoup trop tôt. »
« Putain, mec, on te dit pas de le demander en mariage ou de lui promettre monts,
vaux et merveilles... ! Dis-lui juste "Je t'aime"... ! »
« T'as mélangé deux expressions. »
« Va chier, connard, et assume, pour une fois...! merde, t'as plus cinq ans, dis-lui ! il attend qu'ça ! ! »
Il le savait pertinemment. Pas besoin que sa conscience le lui scande avec autant de véhémence, il s'en était rendu compte tout seul. Et lui-même se savait profondément amoureux du garçon qui partageait sa vie.
Mais voilà, là résidait toute la dualité de ce qu'il ressentait : s'il s'attachait à lui, il devrait être totalement honnête. Et l'honnêteté était un luxe qu'il ne pouvait pas se permettre.
S'il s'attachait à lui, il prenait le risque de tout avoir... pour tout reperdre à nouveau. Et ça... il était sûr que cette fois-ci, il ne le supporterait pas.
Ace caressa les tatouages de son bras et remonta à son bracelet de force, jouant avec les boucles et les sangles qui le retenaient à son poignet. Law le laissa faire, pensif, se contenta d'empaumer sa joue et de le contempler.
- Ace...
L'adolescent tourna la tête pour le dévisager, et leurs yeux se croisèrent.
« Law, putain de bordel de merde, mec, dis-lui ! » vociféra la petite voix dans la tête.
- ... je...
Ace se rapprocha et Law vit passer une lueur dans ses prunelles obsidiennes ; du doute, de l'appréhension, une envie brûlante et une impatience presque amusante. Law déglutit, caressa sa joue et amena le gamin à lui, légèrement tremblant.
- ... je...
Le portable de Law vibra et sonna dans la voiture sur l'air d' "Ashes to Ashes" des Tarbox Ramblers, brisant le silence et la quiétude de l'instant. Ace se pencha et l'embrassa, mettant définitivement fin à ce moment où le temps s'était brièvement suspendu.
Law fouilla dans son jean et coupa son téléphone, pendant qu'Ace enfilait sa veste et déverrouillait la portière pour sortir dans l'air glacé du matin.
« T'es qu'un con. »
Ouais, mais ça, il le savait déjà.
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Bon. J'ai menti, hein, vous vous en êtes rendues compte... ça ne répond à aucune question. Je m'embourbe, héhé. Un jour vous allez me lyncher. Mais pas tout de suite...
Le voyage se poursuit sur l'arc New York... je vous dis à très bientôt, comme toujours. Et je vous embrasse, vous êtes merveilleux :)
