Ohayo mina !
Merci à toutes pour vos reviews ! y'en a qui me donnent des suées et qui mettent ma réserve à l'épreuve, chaud-chaud patate ! vos suggestions et vos interrogations m'obligent à me tenir tranquille, j'ai tellement envie de vous répondre dans les PM... mais faut que j'résiste ! ["Résiiiste, prouve que tu exis-hum, désolée.] ... bref, après cet interlude France Gall, je remercie aussi la Guest Lena18 qui est toujours au RDV pour une review ;) et clin d'oeil à mon chauffe-patate dans ce chapitre !
Stop flood, je vous laisse apprécier et, comme pour le chapitre précédent, je vous souhaite en avance ou en retard une très bonne année :) ! so...
Enjoy it !
« It's bugging me, grating me
and twisting me around…
Yeah I'm endlessly, caving in
and turning inside out… »
Muse
.
Ace fixa longuement Law par-dessus son verre et plissa les yeux, son cerveau explorant toutes les possibilités qui s'offraient à lui.
La discothèque « Marquee » de New York était pleine à craquer, et l'ambiance était délirante. Rien à voir avec celle de Rio, dont Ace gardait un souvenir particulièrement… brûlant ; moins chaude, moins sensuelle… simplement plus électrique, plus intense en un sens.
Law était à l'aise dans les rues torrides brésiliennes, presque dans son élément, mais Ace préférait largement les boîtes de nuit du nord, maintenant qu'il y avait goûté.
Peut-être par pudeur : la discothèque, hormis ses lasers et les lumières des stroboscopes, restait dans la pénombre. Alors que la rue était illuminée par les lampadaires, lampions et autres clartés, qui vous révélaient au grand jour, au vu et au su de tous.
- Action ou vérité... ?
- Action, lança Law en avalant une gorgée de son cocktail, ses traits faiblement éclairés par les lasers.
- Y'a une nana qui te reluque depuis tout à l'heure.
- Laquelle ?
- La brune, là-bas. Avec les yeux bleus. Les cheveux longs.
- Avec le décolleté plongeant ? railla Law en l'avisant d'un regard critique.
- Ouais, celle-là. Comment tu la trouves ?
- Mmn... plutôt pas mal. Carrément mignonne, même.
- OK. Va la convaincre de t'embrasser et roule-lui un patin.
- T'as vraiment cinq ans d'âge mental, Portgas.
- T'as voulu jouer non ? allez, vas-y !
Law leva les yeux au ciel, se leva et fendit la foule vers la jeune femme qui le regardait avec un intérêt non-dissimulé depuis une bonne demie heure.
Ace le regarda lui murmurer quelque chose à l'oreille – elle sourit, tourna la tête, et leurs lèvres se nouèrent dans un baiser fougueux. L'adolescent sentit un coup de chaud lui enflammer les joues désir et jalousie mêlés.
Ce défi était une mauvaise idée, en fait.
La jeune femme semblait prendre un pied évident et Ace se surprit à songer à tout ce qu'il pourrait lui faire subir en matière de torture, pour avoir osé ressentir elle aussi ce que Law lui faisait ressentir à lui.
« Il la baise pas » objecta sa conscience.
« Pas faux. »
« Il la fait pas hurler son nom sur la banquette de l'Aston. »
« Je sais. »
« Il a pas la tête entre ses cuisses. »
« ... ... il l'a pas entre les miennes non plus. »
« Ouais ben ça, c'est parce que t'es trop coincé du cul
pour oser lui demander… » déplora la petite voix.
« Classe et poésie, bonsoir. »
Law revint, l'air très satisfait ; de lui-même ou de l'inconnue ? Ace était incapable de le dire, et c'était bien ce qui posait problème. Est-ce que ses baisers à lui étaient satisfaisants ?
Il savait qu'il n'avait que peu d'expérience. Law ne semblait pas non plus être le genre d'homme à aimer exhiber fièrement un tableau de chasse interminable, mais lui pouvait se targuer d'avoir l'avantage de l'âge et des « connaissances anatomiques », comme il les appelait. Ace était sensible à chacune des caresses de ses doigts sur sa peau.
Et lui n'était encore qu'un gosse.
La nuit était beaucoup plus qu'avancée, et ils avaient prévu de s'amuser une heure ou deux dans la discothèque surchauffée avant de célébrer le nouvel an dans l'Aston, à l'abri des regards. Juste eux et personne d'autre.
Et entre deux danses, Ace et son esprit encore joueur et enfantin avait proposé l'idée de « l'action ou vérité » pour passer le temps ; Law avait commencé par l'envoyer bouler, comme d'habitude, avant de céder.
Encore.
- Action ou vérité ? sourit Law alors qu'ils terminaient leurs verres, récupérant leurs vestes pour sortir de la boîte de nuit trop peuplée.
- Vérité !
- … mmnn… ta plus grosse honte ?
Ace écarquilla les yeux en remontant les marches qui menaient à la surface ; ses joues s'enflammèrent et Law retint un soupir d'extase.
Il aurait dû s'en douter – Ace était une mine d'inepties à lui tout seul.
- Elle est naze cette question !
- C'est ça ou un gage, Portgas.
Le Portgas en question grogna et détourna la tête, terriblement embarrassé.
- Un jour, j'étais dans la salle de bain et… je… enfin, ma mère est rentrée au mauvais moment, grogna-t-il.
- Sois plus explicite, sourit Law, carnassier.
- Tu fais chier !
- Ouais, je sais… aller, s'esclaffa-t-il.
- Je me paluchais, comme tu le dis si bien, grinça Ace en le foudroyant du regard. Et ma mère est rentrée au moment où mon précieux fluide reproducteur offrait une retouche aux joints de la douche !
Law explosa de rire et applaudit alors qu'ils arrivaient dans l'air glacé et neigeux de New York, dans les rues encore bondées – minuit approchait.
- Excellent ! j'adore ! rit-il aux éclats.
Ace ne put s'empêcher de sourire en le voyant aussi rieur ; c'était rare que Law s'amuse autant et démontre son émotion de manière aussi forte. Il avait même du mal à croire que cinq jours plus tôt, il avait trouvé Law à genoux dans la neige, pleurant de chagrin et de désespoir.
« Pense pas à ça » grogna sa conscience.
- Action ou vérité ?
- Vérité.
Ils marchaient dans la neige, main dans la main, vers l'Aston garée un peu plus loin ; Ace entrelaça ses doigts aux siens et lui offrit un large sourire, gamin, insouciant, mais plein de malice.
- T'as déjà fait un 69 ?
- C'est moi ou toutes tes questions et actions ont un quelconque rapport avec un truc sexuel ?
- C'est l'intérêt du jeu, rétorqua Ace. Alors ?
- Déjà fait, oui. Pourquoi ? ça t'intéresse ?
Ace rougit violemment et Law sourit, se penchant pour l'embrasser ; l'adolescent lui rendit son baiser avec entrain et leurs lèvres se séparèrent à regret.
- J'ai pas dit ça, marmonna-t-il en contemplant la neige, embarrassé.
- Ben tiens, railla Law en passant son bras sur ses épaules, lui ébouriffant les cheveux en souriant. Action ou vérité ?
- Vérité, tiens.
Ils arrivèrent à l'Aston, où ils s'engouffrèrent à l'intérieur, à l'abri du froid. Law démarra et Ace se pelotonna sur le siège, pendant que la voiture traçait dans les rues.
Le jeune homme réfléchissait à une question et Ace patientait, ses mains entre ses genoux serrés pour se réchauffer.
- Comment c'était, ta première fois ? sourit-il après de longs instants de silence, pendant qu'ils s'éloignaient dans les ruelles les moins fréquentées de la ville à la pomme.
- À l'arrache et rapide, sur le canapé de mon salon, marmonna Ace en levant les yeux au ciel.
À nouveau, Law explosa de rire et tourna dans une des rues désertes, se garant souplement entre deux fous rires. Ace se serait presque senti vexé, si voir Law aussi heureux ne le rendait pas heureux à son tour.
Il coupa le contact et la neige redoubla d'intensité, couvrant les vitres en quelques minutes ; bientôt, ils se retrouvèrent à l'arrière, Ace blotti dans les bras de son amant à la peau bronzée.
- Action ou vérité ?
- Action, sourit Law, curieux de voir ce qu'Ace allait lui demander, maintenant qu'ils étaient à l'écart de tout.
- Embrasse-moi…
Law sourit, amena son visage au sien et l'embrassa tendrement, glissant sa langue dans sa bouche pour l'emmener danser avec la sienne ; Ace se laissa guider, les yeux clos, lové sous le plaid qu'ils partageaient.
Du calme, de la solitude, enfin. Juste eux et rien d'autre.
- … action ou vérité… ? murmura Law contre ses lèvres.
- Vérité.
- Est-ce que t'as envie de moi ?
- Oui, souffla Ace en se hissant vers lui pour l'embrasser de plus belle.
Law sourit et l'enlaça, le serrant doucement contre lui lentement, Ace s'assit sur ses cuisses, noua ses bras autour de son cou et reprit leurs baisers, à l'abri des regards, comme toujours.
- Action ou vérité… ? lui demanda-t-il avec un léger sourire.
- Action.
- Passe tes mains sous ma chemise, chuchota Ace.
Law s'exécuta et caressa doucement sa peau nue ; Ace ferma les yeux et se laissa aller au mouvement léger de ses mains sur ses hanches. Ses doigts tracèrent des cercles lents sur ses reins, remontèrent le long de sa colonne et ses ongles griffèrent légèrement ses omoplates.
- Action ou vérité… ?
- Action.
- Déshabille-toi, murmura Law en dépliant la couverture pour la poser sur les épaules de l'adolescent, le protégeant du froid à venir.
Ils étaient seuls au monde, bien à l'abri derrière les vitres entièrement enneigées, et loin de tout. Et comme quelques jours plus tôt, minuit approchait. Une nouvelle année qu'ils avaient visiblement l'intention de fêter tous les deux comme il se devait.
Ace déboutonna sa chemise, lentement, descendit à son jean dont il fit sauter la pression et enfouit son visage dans son cou, repoussant son pantalon et son boxer sur ses cuisses, sa chemise tombant le long de ses bras dans le même mouvement.
Il se tortilla et bientôt, se retrouva nu sur Law qui fit attention à le garder au chaud sous le plaid, son corps dénudé tout contre lui.
- Action ou vérité… ? chuchota Ace à son oreille.
- Action.
- Guide mes mains sur toi comme tu aimerais que je le fasse…
Law sourit et prit les poignets d'Ace pour amener ses mains sur son cou, les faisant lentement descendre sur ses épaules ; Ace soutint son regard incendiaire, sentant son propre désir s'éveiller peu à peu entre ses jambes. Law laissa ses doigts retracer la ligne de ses pectoraux – Ace pinça légèrement ses pointes de chair à travers le tissu de sa chemise et le souffle de Law se coupa brièvement, avant qu'il ne mette lui-même fin à cette torture pour guider les mains d'Ace sur son ventre.
Ses doigts dessinèrent le renflement de ses abdominaux, s'attardèrent autour de son nombril ; Law libéra une de ses mains pour déboucler sa ceinture et dégrafer son jean, avant d'amener la main d'Ace à l'intérieur.
L'adolescent rougit furieusement mais referma ses mains sur lui, le caressant au rythme que Law lui imposait – de lents effleurements.
Bientôt, ses mains terminèrent sur ses cuisses, ses ongles raclèrent le tissu de son jean, descendirent à ses genoux avant que Law ne leur fasse refaire le chemin inverse, s'attardant cette fois sur ses hanches puis ses épaules.
- Action ou vérité ? sourit Law à voix basse.
- Vérité.
- Dis-moi ce que tu voudrais que je te fasse… susurra le métis.
« Putain, Portgas, ce mec lit dans les pensées ! j'en suis sûr maintenant ! »
hurla sa conscience, exaltée et paniquée à la fois.
« N'importe quoi… ! »
- Je… hum, je…
Il rougit, se tortilla. S'il passait son tour, Law allait lui coller un gage qu'il était certain de ne pas apprécier.
De ne pas apprécier du tout.
D'un autre côté… avouer à Law ce qu'il avait en tête… c'était s'exposer à deux réactions tout à fait plausibles : que Law se foute de sa gueule de façon mémorable, voire durable… ou qu'il l'envoie bouler. La deuxième option étant tout de même la plus humiliante et surtout, la plus susceptible de se produire.
« Lance-toi, mon pote ! »
- Ace… murmura Law, légèrement menaçant – juste ce qu'il fallait pour lui rappeler qu'un gage l'attendait s'il s'avisait d'échapper à la question.
- Ouais, ouais, marmonna l'adolescent qui rougissait de plus en plus. Je… j'aimerais que tu… t'occupes de moi… avec la bouche… bredouilla-t-il avant de fermer fort les yeux, se préparant au hurlement de rire ou de protestation du siècle.
« Voilà. Maintenant je peux mourir de honte. »
Le silence s'étira et il osa rouvrir un œil ; Law semblait simplement… surpris. Ace songea qu'il ne connaissait peut-être pas Law aussi bien qu'il le pensait, ou alors que l'alcool aidait – il n'en savait rien.
En tout cas, il ne semblait ni pour, ni contre ; seulement plongé en pleine réflexion.
Ace n'eut pas le temps d'ajouter quelque chose. Law le renversa brusquement à plat dos sur la banquette arrière et Ace trembla, se hissant sur les coudes pour regarder son amant parsemer son ventre de baisers brûlants.
« Est-ce qu'il va… vraiment… vraiment me… »
« Et si t'arrêtais de penser ?! laisse-toi faire… ! »
Law embrassa son genou, mordilla la chair lisse et douce à l'intérieur de ses cuisses en remontant de plus en plus haut, embrassant chaque parcelle de peau à sa portée. Ace agrippa le cuir de la banquette et inspira brusquement quand Law lécha le pli de son aine, de sa hanche à son pubis.
Ses mains tatouées écartèrent lentement ses genoux et Ace se laissa retomber sur la banquette, le cœur battant la chamade dans sa poitrine, les yeux grands ouverts sur le plafond.
Il préférait sentir plutôt que voir…
… et ne regretta pas sa décision quand la langue de Law caressa son extrémité sensible. Il gémit et plaqua une main sur sa bouche, son dos s'arquant sous le toucher aérien de son amant sur sa peau.
- … tu vas pas me la faire précoce, Portgas, quand même… ? sourit Law contre sa cuisse.
« Ce connard… »
- Arrête de parler et fais c'que t'as à faire !
Law pouffa de rire et embrassa doucement son ventre, avant de redescendre à son entrejambe.
Ace avait déjà reçu ce genre… d'attentions, dans sa vie, par des filles qui avaient un peu (totalement) plus d'expérience en la matière que Law. Et pourtant, pour rien au monde il n'aurait échangé une minute avec Law contre une heure complète avec ces nanas-là.
Doucement, son amant le caressa de sa langue et le prit entre ses lèvres ; Ace trembla et enfouit ses doigts dans ses cheveux noirs, un faible geignement s'échappant de ses lèvres. Délicatement, Law l'aspira et le prit de plus en plus loin, et Ace décida de mettre ses préférences de côté pour relever la tête et profiter de la vue qui s'offrait à lui.
Un spasme contracta son ventre et son contrôle flancha sérieusement quand Law l'avala sur toute sa longueur.
« Comment il fait ?! » hurla sa conscience en s'agrippant les cheveux.
« LA FERME ! »
- L-Law… stop… gémit-il, à deux doigts de craquer.
L'intéressé se retira lentement et remonta à sa hauteur, un autre sourire d'auto-satisfaction sur le visage. Ace se plaqua une main sur les yeux, s'efforçant de reprendre un souffle correct.
- … deux minutes, Portgas. Tu la joues timide, aujourd'hui… ?
- Puisqu'on en est aux questions déplacées… tu m'expliques comment t'as fait ça ?!
- Ça quoi ?
- … ben, ça ! s'empourpra Ace.
Law sourit plus largement et se redressa, ramenant Ace sur lui au passage.
- Jewelry s'est entraînée à faire ses premières fibroscopies sur moi. Au bout de la dixième, autant te dire que le réflexe de régurgitation est devenu inexistant, chez moi.
Ace écarquilla les yeux et Law pouffa de rire.
- … tu mens !
- J'te jure que non ! rit Law en le serrant contre lui, avant de parsemer son cou de baisers. Bon, à part ça… et si on arrêtait avec les sujets douteux pour revenir à quelque chose de plus… intéressant… ?
L'adolescent sourit, ferma les yeux et se laissa aller à ses baisers et ses caresses.
- Action… ou vérité… ? geignit Ace, alors que Law poussait ses attouchements un peu plus loin à chaque instant.
- Action…
- Fais-moi l'amour, chuchota l'adolescent au creux de son oreille.
Law déboutonna sa chemise pendant qu'Ace le débarrassait de son jean, tirant sur son boxer pour libérer son désir de lui ; leur étreinte se fit plus ferme, sensuelle et bientôt, ils finirent nus sous les couvertures, Law dominant Ace de sa longue silhouette. Le jeune garçon prit les doigts de Law entre ses lèvres et les caressa de sa langue, son regard plongé dans le sien. Law les récupéra et les glissa entre eux pour le préparer, et Ace se laissa aller, s'abandonnant à la sensation étrange mais agréable de ses doigts en lui.
Les minutes passèrent, le silence entrecoupé de respirations courtes, de baisers mouillés et de froissement de tissus, alors qu'ils s'embrassaient doucement, la main de Law toujours coincée entre eux.
Finalement, ses doigts quittèrent son corps et Ace gémit quand Law le pénétra, lentement, prenant son temps.
Doucement, Law débuta un va et vient délicat, ses hanches seules oscillant entre ses jambes ouvertes ; Ace frissonna et se blottit contre lui, nouant ses bras autour de son cou. Leurs regards se croisèrent et leurs souffles dans l'air froid se mêlèrent, alors que la buée formait une couche opaque sous la neige qui avait recouvert la voiture, et les coupait du reste du monde.
Ace l'attira à lui et ils s'embrassèrent sans se lâcher des yeux, tous les deux pensifs, ici et ailleurs à la fois. Il l'entoura de ses bras et de ses jambes et nicha son nez dans son cou, leurs corps ondulant lentement sous les couvertures.
- Ace… regarde-moi…
L'adolescent laissa sa tête retomber sur la banquette et plongea ses yeux noirs dans les siens, le cœur battant à un rythme fou dans sa poitrine.
Law se pencha et l'embrassa passionnément, s'arrachant à lui pour le contempler à nouveau, avant de fondre de plus belle sur ses lèvres. Ace se laissa faire, répondant à ses baisers avec la même ardeur que celui qui s'appliquait à les lui donner.
Ace geint doucement quand Law creusa les reins pour toucher sa zone érogène ; il lâcha son cou, sa tête bascula en arrière et son dos se cambra, l'amenant un peu plus profondément en lui. Law, appuyé sur ses coudes, enfouit ses mains dans ses cheveux longs et mouillés de sueur et l'obligea à le regarder. Ace avait du mal à soutenir l'intensité de son regard, qui exprimait beaucoup plus que du plaisir.
Il l'avait déjà dit et redit, Law n'était pas le type le plus avenant du monde ; ses expressions glaciales suffisaient à refroidir n'importe qui.
Mais ses yeux, couleur de perle… Ace pouvait s'y noyer pendant des heures, parce qu'ils reflétaient toutes les pensées de son amant. Law lui disait qu'il l'aimait juste par un regard. Il ne pouvait pas encore lui dire, il le savait… mais ça lui suffisait. Savoir qu'il comptait pour lui de cette manière.
Le va-et-vient de Law se fit plus ferme, plus rapide, signe imminent de sa délivrance ; Ace haleta à chaque coup de rein qui l'enterrait un peu plus loin dans le plaisir.
- L-Law… geint-il, se mordant la lèvre pour s'obliger à ne pas détourner le regard.
- Je sais… souffla-t-il, pressant son front contre le sien.
Il caressa sa joue et son doigt se posa sur ses lèvres.
- … chut…
Encore trop tôt.
Ace voulait lui dire. Tant pis s'il n'avait pas de réponse… il en avait besoin. Il devait exprimer ce qu'il ressentait, peu importe les conséquences, peu importe toutes ces choses…
Les doigts de Law se crispèrent dans ses cheveux ; Ace gémit, tendit les mains et les enfouit dans ses mèches noires, l'attirant à lui.
Leurs lèvres s'effleurèrent mais ne s'embrassèrent pas, alors que leurs yeux ne se lâchaient plus. Leurs peaux se caressaient, leurs sueurs se mêlaient, leurs souffles se mélangeaient.
- Je t'aime… haleta Ace.
Law embrassa tendrement son front et vint nicher son nez dans son cou ; Ace colla sa bouche à son oreille et laissa ses larmes rouler sur ses joues.
- Je t'aime… je t'aime tellement… tellement fort…, balbutia l'adolescent, à mi-chemin entre les sanglots et les soupirs.
L'étreinte de Law se resserra sur lui et Ace cria de plaisir, se répandant entre leurs deux corps étroitement entremêlés ; il se cambra et lui griffa le dos, se cramponnant tant bien que mal à sa peau glissante. Une douce chaleur s'insinua en lui et Law soupira de plaisir dans son oreille, frissonnant de bien-être.
La pendule du tableau de bord s'arrêta sur minuit et Law se redressa, juste assez pour plonger son regard dans le sien ; il chassa du visage d'Ace les mèches mouillés de sueur qui collaient à sa peau et lui sourit, tendre.
- … bonne année, Ace.
- À toi aussi, Law, chuchota-t-il en se blottissant contre lui, fermant les yeux en inspirant son parfum épicé.
Leurs lèvres se trouvèrent pour un long baiser alors qu'ils s'enterraient sous les couvertures, lovés l'un contre l'autre, leurs corps étroitement entremêlés.
. . . . .
Law changea les pistes de l'autoradio et s'arrêta sur Wanted dead or alive de Bon Jovi. Il reporta son attention sur la route et contempla l'asphalte avalé par l'Aston, une main sur le volant. L'autre se perdit brièvement dans les cheveux d'Ace profondément endormi sur le siège passager, ses genoux ramenés contre lui, la bouche entrouverte.
« Il bave. »
Law sourit et reposa sa main sur le volant, vérifiant la jauge d'essence, un peu trop basse à son goût. Son ventre gargouilla et il songea que son dernier repas remontait à presque deux jours ; comme pour confirmer ses dires, une station se dessina dans son champ de vision, à quelques centaines de mètres.
Il ralentit, se gara sous l'auvent des pompes à essence et sortit de la voiture, la verrouillant derrière lui ; Ace dormait toujours, lové sur lui-même.
Law s'étira, contourna la voiture et rejoignit la boutique, où le vendeur avait le nez dans le journal du matin – leurs regards se croisèrent et Law eut un bref sourire de circonstance.
- Bonjour… vous pouvez faire le plein, s'il vous plaît ?
- Ouais, bien sûr… une Aston ? sourit-il en se levant.
- Aston, oui. Essayez de pas réveiller le dragon qui dort à l'intérieur, il a pas encore mangé et il risque d'être ronchon.
Le vendeur acquiesça avec un autre sourire et sortit dans l'air froid du matin du premier janvier ; Law remplit un panier de nourriture, l'apporta à la caisse et attendit que l'homme revienne, contemplant le comptoir où s'entassaient des tas de coupures de presse. Law tendit le bras et saisit le journal, le parcourant du regard, tournant les pages pour voir ce qui se passait dans le monde hors de l'Aston, lisant les gros titres.
« Le lobby NRA attaque Aokiji, l'ancien maire de New York, et décide d'en faire sa nouvelle cible politique… le régulateur FCC prévoit d'instaurer un traitement préférentiel pour les connexions internet… Le secrétaire à la Défense Gol D. Roger raffermit les mesures contre l'immigration… Playoffs de la NBA : Les Spurs chutent, Portland et Miami confirment… le chef de la Commission de la Sécurité intérieure Monkey D. Dragon joue la montre dans le dossier de fusion avec la Garde côtière des États-Unis… Ben, super-joyeux, tout ça… » songea Law en refermant le journal, alors que le vendeur revenait, sa facture à la main.
- Les actualités font envie, avec cette nouvelle année, hein ? railla-t-il en passant derrière son comptoir.
- Comme d'habitude. On vit vraiment dans un pays de fous, soupira Law en ajoutant du tabac à rouler et des feuilles au panier.
- C'est notre président qui est fou, si vous voulez mon avis… Sakazuki Akainu… lui, on se demande vraiment comment il est passé, grogna le vendeur en scannant les articles avant de les ranger dans des sacs. Il a organisé son gouvernement d'une telle manière… c'est totalement surréaliste. Il n'y a que des acharnés qui occupent les postes les plus hauts placés… !
- C'est dans sa nature, je suppose. Il a décidé de faire la chasse à tous ceux qu'il considère comme des nuisibles…
- C'est plus une chasse, c'est de l'obsession, rétorqua le vendeur en prenant les billets que Law lui tendait pour encaisser l'argent. Me dites pas que vous l'appréciez... ?
- Non, non, murmura Law en secouant lentement la tête. Il est... beaucoup trop...
- Extrême. Et sa femme ne vaut pas mieux que lui. Moi, des gens comme ça, m'est avis qu'ils méritent autant la chaise que ceux qu'ils y envoient. Ils ont convaincu assez de sénateurs pour rétablir la peine de mort dans plus de la moitié des états...
- C'était dans son programme. Les gens en avaient assez du laisser-aller du gouvernement précédent... ils ont choisi quelqu'un de... plus combattif, tempéra-t-il avec un léger sourire.
- S'il est combattif, qu'il ose monter sur un ring. Et qu'il se défoule autrement... sérieux, dans ses discours, vous sentez pas le mépris qui lui dégouline de la bouche...? il vous fait vous sentir comme un moins que rien. C'est limite si vous vous sentez pas coupable de la crise économique en l'écoutant...
- Bon point pour vous. On a vraiment l'impression qu'il nous tient pour responsables des choix des décisionnaires économiques du pays...
- Content que quelqu'un soit d'accord avec moi... ce type est d'un sinistre… s'il a des gosses, je les plains. Enfin bon. Bonne année, comme on dit… !
- Bonne année à vous aussi, sourit Law en récupérant sa monnaie et ses sacs.
L'homme hocha la tête et Law sortit dans le froid, rejoignant la voiture pour déverrouiller le coffre et y déposer les sacs, fouillant à l'intérieur pour en sortir les pains au chocolat qu'il avait achetés pour sa tête à flammes.
- … 'lut, marmonna une voix ensommeillée à côté de lui.
- Héééé ! brailla Law, surpris, avant de claquer brusquement le coffre. Putain, Ace, annonce-toi !
- Ben c'est c'que j'ai fait, souffla l'adolescent en s'étirant, se hissant sur la pointe des pieds pour lui voler un baiser.
Il avisa les pains au chocolat et s'empara de la boîte avec une certaine brusquerie, qui lui attira une claque derrière la tête.
- Doucement, sale goinfre !
- J'ai faim ! grogna Ace en se réfugiant à l'avant avec son précieux petit-déjeuner.
Law leva les yeux au ciel, contourna la voiture et s'installa au volant, démarrant l'Aston qui vrombit dans le silence. Ace mordit dans un pain au chocolat et en tendit un à Law qui le prit entre ses dents et passa la première, s'éloignant sur le parking avant de monter sur la route.
Ace mâcha lentement en regardant le paysage défiler, avant de jeter un coup d'œil à l'autoradio et de brancher son baladeur, cherchant une chanson à lancer, alors que Law terminait sa viennoiserie en contemplant la route.
- Bon, on va où ?
- J'ai pas encore décidé. J'te propose ça dans une heure quand on arrivera à l'échangeur autoroutier.
Le jeune garçon acquiesça et se hissa à nouveau vers lui pour déposer un baiser sur sa joue, ses lèvres s'y attardant longuement. Assez pour que Law sourit, amusé.
- J'te trouve bien guimauve, depuis hier soir, Portgas…
- Parce que je t'embrasse et que je te dis que je t'aime ? sourit Ace contre son oreille.
- C'est l'idée.
- Bon, ben… j'assume. Vieux con.
Il lança Lucifer de Jay-Z et Law plissa les yeux, ses mains se crispant sur le volant.
« … c'est parti… » songea Ace avec un sourire
alors que Law hurlait au blasphème.
.
Bon bon bon... j'espère que ce chapitre vous aura plu tout autant que les autres...! Time to awwww pour Ace, thumbs up, il a du courage le gamin !
Je vous dis à très bientôt pour la suite. Et histoire que tout le monde se prépare psychologiquement, sachez que l'on approche lentement mais sûrement de la fin...
