Ohayo mina !
J'espère ne pas vous avoir trop fait attendre... j'espère aussi que cette suite vous plaira ! Ça me fait bizarre de voir que j'en suis déjà au chapitre 22... la fin s'amorce.
Et je vous préviens, je pousse un coup de gueule à la fin de mon chapitre. Vous verrez bien si vous avez le courage de lire le bas de page...
J'arrête de m'apitoyer, je ne m'attarde pas plus et je vous laisse lire cette suite que j'imagine très attendue ! [tes chevilles...] (...vont très bien, merci). Alors...
Enjoy it !
« Combien de rêves en route abandonnés ?
D'automensonges pour se contenter ?
Combien de verres pour que tombes ton masque ?
Combien de faux adieux, de come-back ?
Combien d'échecs avant que l'on comprenne ? »
J.-J. Goldman
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Dans le chapitre précédent :
- Tu penses que je ne suis pas en mesure de comprendre… ?
- Je pense que t'es juste mal placé pour me faire des remarques.
« Il fallait bien que ça pète un jour ou l'autre » marmonna sa conscience, défaitiste.
Law se tourna vers lui et contempla ses traits durcis par une colère qu'il ne lui connaissait pas. Ace était boudeur, comme tous les ados frustrés, mais jamais il ne lui avait vu cette détermination. Même ce soir-là, à San Francisco, Ace n'avait pas eu ce regard, cette expression.
- Donne-moi ton vrai nom, ordonna Trafalgar,
alors qu'Ace lui jetait un regard sombre à travers ses cheveux longs.
. . . . .
- Donne-moi ton vrai nom.
- Portgas D. Ace.
- Déconne pas.
- Portgas D. Ace, répéta l'adolescent. Et d'ailleurs, à ce propos, si t'avais donné mon nom aux flics, je suis sûr qu'ils ne m'auraient jamais laissé passer. Donc t'as donné une fausse identité pour moi. Et j'suis prêt à parier que t'as fait la même chose pour toi.
« Putain, il cherche la merde. Foutu marmot capricieux. »
- Il n'y a aucun Portgas D. Ace recherché dans les bases de données du comté de Forsyth à Winston-Salem ! s'emporta Law. T'étais mineur, tu t'es barré à des milliers de kilomètres de chez toi ! alors si t'es pas recherché, pourquoi est-ce que l'idée de donner ton nom te met dans des états pareils ?!
Ace pilla, donna un coup de volant et se gara brutalement sur le bas-côté dans un nuage de poussière ; il se détacha et se tourna vers Law, le foudroyant du regard.
- Mes parents ont sûrement déjà fait retourner la Caroline de fond en comble ! ils savent que je n'aurais jamais l'envie de rester là-bas ! c'est ailleurs qu'est le problème, c'est ailleurs que mon nom attire l'attention ! Et me dis pas que t'es pas foutu d'le comprendre, puisque t'as réussi à me dégoter des faux papiers ! Toi aussi, tu te caches ! t'es invisible, t'existes nulle part, j'en mettrais ma main au feu !
Law se détacha à son tour pour lui faire face, sentant sa colère prendre le dessus sur sa raison, mais Ace semblait ne pas avoir fini sa logorrhée furieuse.
- Comment t'as fait ça, hein ? quand ?! Et puis merde, t'as fait des recherches sur moi ?! tu me fais pas confiance ?! vociféra-t-il.
- Ça n'a rien à voir, espèce de crétin ! t'es-un-putain-de-gosse, martela Law en l'attrapant par son pull. Un gamin que j'ai ramassé à moitié mort de faim et de soif dans le désert ! tu crois quoi, que j'ai aucune conscience ?! que j'me fous de toi ?! si j'ai fait des recherches, c'est parce que je m'inquiète pour toi !
- T'as une manière assez bizarre de t'inquiéter pour les gens ! rétorqua Ace avec toute la hargne dont il était capable.
- C'est quoi le problème ?! hein ?! dis-le, merde !
- C'EST MON CONNARD DE PÈRE, LE PROBLÈME ! hurla Ace en frappant le volant. C'est lui qui fout la merde ! Il est même pas là et il continue à me pourrir la vie ! j'ai toujours l'impression qu'il est là, dans l'ombre, à me surveiller, à m'épier, à tout savoir de mes faits et gestes ! C'EST INSUPPORTABLE !
Les paroles d'Ace ramenèrent Law plus de dix ans auparavant, devant le grand portail de fer forgé d'une maison richement décorée, et une Jewelry profondément remontée faisant les cent pas devant lui.
. . . . .
« Tu veux savoir c'est quoi le problème, Law...?! C'est mon père ! Il est toujours sur notre dos, toujours à m'étouffer, à me contrôler... j'en ai assez de tout ça ! »
Jewelry hurle de colère, les yeux noyés de larmes. Son père, encore et toujours. Il n'approuve pas mon arrivée dans la vie bourgeoise et équilibrée de sa fille unique. Il la protège jalousement et, en voulant m'atteindre, c'est elle qu'il blesse.
« C'est insupportable ! il... je contrôle rien, et lui il en joue ! il le sait, j'enrage, je... »
Elle ne trouve plus les mots et je ne sais pas quoi lui dire.
. . . . .
C'était toujours la même histoire, peu importe où il allait, peu importe qui il rencontrait. Tous enfants d'une génération de "paraître" et de "responsabilités", à différents niveaux, qui importaient plus que tout le reste à leurs parents qui faisaient passer leur progéniture au second plan.
Law relâcha l'étreinte sur son pull et laissa sa main remonter avec douceur sur sa joue. Une lueur passa dans les yeux d'Ace – sa fureur s'apaisa, même si ce fut bref.
- ... pourquoi est-ce qu'on s'engueule, déjà ?
- Ton entêtement à ne pas vouloir donner ton nom à une personne autre que moi, marmonna Law.
- Ah, ouais. C'est vrai. Et ta foutue manie de poser des questions.
- Tu me fais chier, Ace.
- Et toi tu m'emmerdes. Ton problème à toi, c'est Jewelry.
- Jewelry n'est pas un problème, répondit Law avec tout le calme olympien qui le caractérisait.
- ... t'as raison, c'est pas Jewelry le problème, c'est ce que tu lui as fait, rétorqua vertement l'adolescent.
L'accusation, même si elle était justifiée, lui tomba dessus comme un coup de massue.
Sidéré, Law plongea son regard dans le sien, laissant sa main retomber entre eux. Il n'arrivait pas à croire qu'Ace avait dit ça. Est-ce qu'il réalisait la portée de... ? non. Il ne savait rien de lui, de Jewelry, de leur histoire. De leur acharnement, leurs sacrifices, de l'amour insensé qui les liait. Law s'efforça de se dire qu'Ace n'avait dit ça que pour le faire réagir. Par puérilité, par défi. Lui-même aurait fait la même chose à dix-huit ans. Et d'ailleurs...
Law se rappela brièvement la petite frappe qu'il était, à cette époque, de son assurance arrogante et de ses excès.
Il était l'anti-thèse d'Ace.
Ils n'étaient pas faits pour s'entendre, il le savait pertinemment. Il n'y avait qu'à comparer les deux êtres radicalement différents qu'ils formaient, tant sur le point de vue physique que mental.
Law contempla la peau d'Ace, si blanche par rapport à la sienne. Son corps mince, longiligne. Ses cheveux ondulés, ses taches de rousseur. Même à son âge, Law avait déjà presque tout d'un homme, tandis qu'Ace stagnait dans ce corps d'adolescent alors que ses dix-neuf ans allaient sonner en juillet.
À dix-huit ans, Law pouvait se débrouiller par ses propres moyens. Plus illégaux que légaux, il l'admettait, mais c'était un fait avéré, là où il vivait - si vous n'étiez pas capable de vous dépêtrer seuls de vos emmerdes, tant pis pour vous. Tout ce qu'il avait eu, on ne le lui avait jamais donné, il avait dû aller le chercher et le mériter, peu importe la manière. Et des choses... Law en avait convoitées, dans sa vie.
Et il était obligé de reconnaître qu'Ace en faisait partie.
À dix-huit ans, Ace s'émerveillait d'un rien, alors que sa propre vision des choses était entachée par celle de la ville corrompue où il vivait. Ces riens qui fascinaient Ace le laissaient de marbre, quand il avait son âge. Jewelry lui avait appris à apprécier tout ce qui pouvait l'entourer. Elle lui avait montré ce que lui n'avait jamais eu et n'avait jamais su chercher.
À dix-huit ans, Law n'avait jamais fait l'amour. Couché, oui, mais sans sentiments, sans tendresse, sans toutes ces choses qui le faisaient vomir. C'était Jewelry qui lui avait appris à le faire, il avait aimé ça au-delà du raisonnable et en avait redemandé encore et encore. C'était la première chose qu'elle avait changée en lui – sa façon de la toucher.
À dix-huit ans, sa vie aurait déjà dû être toute tracée, et la suivre l'aurait mené sur des chemins que malheureusement, il se sentait prêt à reprendre. L'arme au bout de son bras à San Francisco n'avait fait que confirmer ce qu'il pensait à ce propos.
À son âge, Ace avait déjà eu du sang sur les mains. Celui de Luffy, avec toute la culpabilité qui en découlait, la haine de ses parents, la peur d'être rejeté à nouveau... toutes ces choses, tous ces sentiments que n'importe quel humain normal serait susceptible de ressentir.
De sang, Law, lui, en avait déjà été éclaboussé de la tête aux pieds.
Un torrent rouge, qu'Alvida avait goûté sur sa joue du bout de sa langue. Cette folle sadique qui lui collait au train pour mieux le surveiller. Pour vérifier qu'il restait bien ce qu'il était destiné à être.
Law ignorait depuis combien de temps il était aux proies de ses pensées. Une minute ? dix ? peut-être plus ? Ace le ramena à la réalité en refermant ses doigts sur sa chemise.
- Il faut que tu le dises, murmura sa voix. Que tu laisses tout ça s'en aller.
- Pour quoi faire, hein ? et au lieu de me donner des conseils, occupe-toi de faire du vide dans les cadavres que t'as dans ton placard, Portgas.
- Mon placard ferme encore très bien. Alors que le tien il est plein à craquer. Quand est-ce que t'as trouvé le temps de me faire faire des faux-papiers ? et par qui...?
- Oublie ça, c'est vraiment pas le plus important, crois-moi.
- Pourquoi t'as fait ça...? rien t'y obligeait. Et t'as eu l'idée de faire ça tout seul... j'sais même pas pourquoi.
- Et ben, on va dire que j'étais inspiré ce jour-là, rétorqua Law. On dirait qu'ils te servent plus que ce que je ne le pensais, ces faux papiers.
- Tu exiges de moi que je sois honnête... mais t'es pas foutu de l'être toi-même.
- J'ai jamais dis que je répondrais à tes questions en échange d'une réponse aux miennes.
- ... tu ne m'aimes pas, marmonna Ace.
Law haussa un sourcil et se redressa, saisissant son menton pour tourner son visage vers le sien. Le morveux avait de ces sorties, parfois... c'était quoi, encore, sa pulsion de l'instant ?
- Pardon ?
- Tu ne m'aimes pas.
Ce n'était pas une question mais une affirmation, un constat, une remarque. Law ignorait si Ace le pensait vraiment ou s'il le provoquait. Venant de lui, les deux solutions étaient encore plausibles.
- D'où tu sors une telle connerie ?
- Je t'ai dit mon secret. Pas toi.
- Regarde dans un dico. Avouer un secret implique pas une notion de réciprocité, grogna Law.
- Donc tu m'aimes ?
- Sérieusement, tu commences à m'emmerder, là. Ce que je fais tous les jours te suffit pas à comprendre que...
- Montre-moi que j'ai de l'importance pour toi, souffla Ace en l'attrapant par le col de sa chemise.
Law l'attira à lui avec brusquerie et leurs bouches se trouvèrent, leurs mains s'égarant sur les courbes de l'autre. Et un autre souvenir, plus douloureux que les autres, remplaça les lèvres d'Ace par une bouche plus ronde et ses cheveux par de longues mèches irisées de rose.
. . . . .
Mine de rien, je pose mon bras sur le dossier du siège passager ; l'obscurité nous enveloppe, et le visage de Jewelry n'est brièvement éclairé que par les animations de l'écran géant du cinéma en plein-air. Nous n'avons pas de voisins à proximité et c'est tant mieux, pour ce que je prévois de faire.
Elle ne me résistera sûrement pas longtemps. Enfin… elle n'a pas l'air d'une fille comme les autres, en tout cas, alors ça va sûrement prendre un peu plus de temps qu'avec celles que j'ai l'habitude de tirer. Je la vois sourire, avant de pouffer de rire. Je hausse un sourcil, surpris par son amusement qui sort de nulle part.
« Ben, qu'est-ce que t'as ? »
« Tu crois que j'te vois pas venir ? » rit-elle. « Ton bras, gros malin ! »
« C'est juste pour le confort. »
« Et joli menteur, avec ça. Y'en a beaucoup qui sont tombées dans ton piège ? »
« Y'a jamais de piège » souris-je.
Pas besoin, en tout cas.
Elle tourne la tête vers moi et m'offre un sourire presque moqueur.
« Tu m'attires pas du tout. »
« Jolie menteuse. »
Elle rit, et son rire réveille quelque chose de doux en moi. Du revers de l'index, je caresse sa joue et elle sourit.
« Là, c'est mieux », m'encourage-t-elle.
J'entortille ses longues mèches nacrées entre mes doigts et caresse doucement sa tête, avant de reporter mon attention sur le film. Elle pose sa tempe sur mon épaule et mon bras se pose sur les siennes, nonchalant.
En fait… ça me suffit.
Juste une étreinte, même brève. C'est doux.
Le film passe, elle rit, frissonne ou marmonne pour elle-même au rythme de l'intrigue. C'est hilarant de la voir comme ça, alors que moi, je suis statufié. Elle exprime tellement d'émotions...
Ce sont finalement ses lèvres qui cueillent les miennes au moment où je m'y attends le moins – en pleine scène gore – et je réponds à son baiser avec la même délicatesse. Juste nos bouches qui se trouvent. J'ai horriblement envie de plus, mais la braquer est la dernière chose à faire ; je l'embrasse avec une tendresse teintée de passion et nos langues se rejoignent, se touchant, s'effleurant, avant de finalement se mêler l'une à l'autre.
Je n'ai jamais embrassé de cette manière et n'ai jamais été embrassé ainsi non plus. C'est étrange, mais c'est loin de me déplaire. Sa main caresse ma joue et vient s'enfouir dans mes cheveux alors qu'elle approfondit notre étreinte. J'y réponds toujours avec mesure... parce que je sais qu'elle n'attend rien d'autre de moi ce soir.
Les filles que j'ai l'habitude de mettre dans mon lit le temps d'une nuit ne veulent qu'une chose : du sexe, point. Jewelry a visiblement un credo et des étapes qu'elle tient à respecter. Une première accroche, des rendez-vous, une étreinte... et pas n'importe laquelle.
C'est à ce moment-là que je me rends compte que Jewelry me donne mon premier vrai baiser. Quelque chose de soigné, de langoureux...
Doucement, je me penche sur elle et je caresse son cou, la naissance de sa poitrine, avant de retracer sagement ses clavicules. Elle sourit contre mes lèvres, je rouvre les yeux et deux yeux bruns me fixent, à travers des mèches sombres qui balayent un visage constellé de taches de rousseur. Qu'est-ce que... ... ...
. . . . .
- Tu penses à elle, hein ? murmura Ace en caressant sa joue.
Law était encore sous le choc, surpris, déstabilisé par la puissance de son souvenir ; il avait la nausée.
- C'était elle que t'embrassais, pas moi, chuchota Ace en se rasseyant dans le siège, contemplant le volant avec amertume.
"C'est un goût sur tes lèvres, juste après les baisers
Une amertume à peine devinée…"
- Je…
- C'est rien. J'ai l'habitude, c'est pas la première fois que ça arrive. J'sais très bien quand tu penses à elle. Tes baisers sont… différents.
Law avait salement merdé, il le savait. Déjà, l'autre jour, à New York, l'image fugitive de Jewelry penchée sur lui avait momentanément occulté la place de l'adolescent. Cette erreur s'était déjà produite, dans le passé : l'impression d'embrasser la femme de sa vie plutôt que le garçon qui partageait ses journées et ses nuits. Mais aujourd'hui...
Law tendit les bras et attira Ace contre lui, reprenant ses lèvres avec ardeur ; Ace s'accrocha à lui et noua ses bras autour de son cou, fermant les yeux pour savourer le contact de sa bouche.
Il avait appris à voir ce changement. Rien qu'une petite différence... quand Law l'embrassait, lui, il était sensuel, délicat et osé à la fois. Quand il l'embrassait en pensant à Jewelry, ses lèvres devenaient plus douces, sa langue joueuse, et ses mains caressaient ses joues avec une tendresse qui ne lui était pas familière.
Ace retrouva enfin le parfum de ses baisers habituels, et se laissa aller dans son étreinte.
- Je te demande pardon, chuchota Law contre ses lèvres. J'suis désolé… si tu savais à quel point je…
- Hé… ça fait rien, souffla Ace en se blottissant contre lui. T'as passé dix années de ta vie à aimer la même femme… tu peux pas faire une croix là-dessus après quelques mois de… de relation avec un autre, rougit-il après un temps d'hésitation. Et puis, je n'aurais pas dû réagir comme ça tout à l'heure, parce que je suis aussi vraiment mal placé pour te juger.
- … pourquoi tu…
- Quand je me réveille, la nuit… c'est pas toi que je cherche. C'est Luffy. Ça ne dure que quelques secondes… mais ça m'arrive encore. D'essayer de trouver son parfum, ou la chaleur de son corps. Alors… on est quittes.
- T'as une drôle de façon de faire des compromis.
Ace sourit, et se réinstalla sur le siège pour se tourner vers la route, remettant le contact de la voiture.
- Ton nom, Ace.
- Portgas. Je te jure que j'te raconte pas de crack. J'ai aucun intérêt à te mentir, murmura-t-il.
- Tu ne me mens pas, tu me caches des choses. C'est différent mais c'est du pareil au même.
- J'te l'ai dit, t'es pas vraiment en droit de m'adresser des critiques, Law...
- Je ne rends de comptes à personne, à mon âge. Alors que...
-... alors que moi, je suis le blanc-bec immature qui est censé vivre dans les jupes de ses parents ? mon père est une ordure, et ma mère ne vaut pas mieux. Mon immaturité, j'la gère tout seul.
- Pour un type qui se gère tout seul... tu m'avais l'air d'être plus proche de la mort que de la vie, dans les Mojaves.
Ace pinça les lèvres, coupa le moteur et ouvrit la portière, sortant dans l'humidité du matin. Law l'imita et s'appuya au toit de la voiture, soutenant son regard noir.
Apparemment, le gamin aimait aller au-devant des problèmes. Law pensa à leur petit règlement de comptes à San Francisco et se demanda ce qu'Ace allait être susceptible de lui cracher à la figure, aujourd'hui.
Leur voyage l'avait endurci ; il ne semblait plus prêt à se briser sous la moindre étreinte, plus prêt à ployer sous le poids de ses maux. Ace avait visiblement l'intention de l'affronter comme Law l'avait fait.
- Tu m'as sauvé la vie. OK, d'accord, c'était sympa de ta part. J'me suis pas jeté sous tes roues pour que tu t'arrêtes. Ton choix, tu l'as fait tout seul. Laisse-moi faire les miens.
- C'était "sympa de ma part"... ? t'es sérieux ? crever comme un chien au bord de la route t'aurait fait ni chaud ni froid ?
- J'avais peur, admit Ace en détournant le regard. J'avais la frousse de mourir, même si je le voulais.
- Dis-moi que cette lubie débile t'es passée, grogna Law en se passant une main sur le visage.
- ... ma lubie débile ?
- Mourir, espèce de crétin.
- Ah, ça...
Ace resta pensif, semblant peser le pour ou le contre ; Law garda le silence, jaugea ses réactions... ou plutôt, son absence de réactions, et balaya le visage indéchiffrable d'Ace du regard.
Il serait prêt à payer cher pour savoir ce qui pouvait bien passer dans la tête du gosse à ce moment-là.
- ... en fait, je vais suivre le même objectif que tu t'es fixé.
- ... mon objectif...? s'étonna Law avant de froncer les sourcils, suspicieux, se demandant ce que le morveux avait encore concocté comme ineptie mémorable et effroyablement stupide et dangereuse.
- ... c'est facile de mourir. Vivre, c'est plus douloureux. Alors je préfère vivre.
- Mais pas pour les bonnes raisons.
- Ça, c'est ce que tu penses et ça ne change rien à l'estime inexistante que j'ai pour moi. Laissons tomber pour cette fois… je hisse le drapeau blanc, murmura l'adolescent.
Law acquiesça, ils remontèrent dans la voiture et Ace redémarra, plongé dans ses pensées, refermant dans un claquement sec le pare-soleil où la photo de Jewelry était encore épinglée.
« Comme tu veux, gamin… mais pour combien de temps encore… ? »
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Et voilà... la route ne peut pas toujours être paisible, n'est-ce pas... elle a ses hauts et ses bas. L'entente parfaite, cordiale et amoureuse n'existe pas, selon moi. J'espère vous avoir fait passer ce message le plus doucement possible. Et comme dit le proverbe, "All good things come to an end." [une chanson de Nelly Furtado aussi !] ... il faut toujours que tu viennes foutre ta m*rde, toi... [m-mais... je...] *agite la main* laisse tomber, laisse tomber.
Je prends le temps ici de répondre aux reviews des guest :
Lena18 : désolée, je poste trop rapidement ;) j'espère que la suite aura comblé tes attentes ! merci d'être toujours là au RDV, c'est toujours super de voir des guest prendre le temps de reviewer... [faut qu'elle se créée un compte !] oui, excellente suggestion de ma conscience x) et ta mallette de torture était fichtrement efficace : tu vois ? j'ai vite posté ^^ merci pour ton soutien, ça fait chaud au coeur, surtout quand on voit que des gens démontent ton boulot. Je n'ai pas l'honneur de connaître "Sur la Route" ! mais pour ma fiction je me suis inspirée d'un film où on voit un conducteur prendre quelqu'un en auto-stop. La scène dure 30 secondes dans le film et ça m'a suffit x)
Aiko D. : bon, plusieurs choses qui m'ont fait réagir ! :p
"Y'aura combien de chapitre après le 21 ?" : tu verras bien ! je ne peux pas répondre en public, tu t'en doutes, j'espère ^^. On amorce la fin, c'est tout ce que je peux te dire. Sinon ça n'a aucun intérêt de savoir quand sera le jour du dernier chapitre... ça gâcherait le suspens.
"Ace est bien émotif pour un simple carnet" : le carnet rouge est tout ce qui reste de son petit frère qu'il adorait et chérissait plus que tout ce qu'il avait au monde. Law a remarqué qu'il était rempli et lui en a offert un neuf. C'est symbolique sur plusieurs plans : une nouvelle vie qu'il démarre avec lui et qui lui permet de passer à autre chose. Et en même temps, la continuité de la vie qu'il partageait avec Luffy, un lien ténu qui le relie à lui, même si Luffy n'est plus de ce monde. Alors bien sûr qu'il est ému que Law lui en offre un !
"Au passage, c'est Anne et non Ann (cf tome 56 chapitre 551)" : ouhlà, ma susceptibilité m'oblige à répondre... qu'au passage, je lis mes scans en anglais ^^ Je t'invite donc à te référer au tome 56 chapitre 551 dans la langue de Shakespeare... c'est Ann. Même dans la version originale d'Oda. "Anne" a été francisée, dans le même genre que "Pipo" pour Usopp... et même "Ruffy" pour "Luffy". Navrée pour les puristes françaises.
"Je trouve ça un peu dommage que tu n'aies pas mis l'anniversaire d'Ace le 1er Janvier. Parce que c'est sa date." : je sais qu'il est né le premier janvier, mais c'est une fic AU, et... voilà, AU résume bien. Et j'avais besoin qu'il soit né en juillet.
Hormis ça... merci pour tes reviews et ton passage ! ;)
Je réponds aussi à quelqu'un qui a laissé un message en "anonyme" au chapitre 21. Je vous invite à en prendre connaissance, vous, mes lectrices, puisqu'elle vous insulte au passage, mais je prends le temps de lui répondre (même si elle ne le mérite pas). Merci à Pyro pour le message !
Bonjour, d'abord. La politesse ça se travaille. Autant que ton orthographe d'ailleurs, qui m'a piqué les yeux au même titre que ta syntaxe inexistante et ta grammaire défaillante. Je ne pense pas mériter la mort, même pour tous les reproches que tu as à me faire.
Le fait que Trafalgar ait de l'argent en abondance a été un peu révélé dans le chapitre 15. Je te rappelle qu'il a gagné 115 mille dollars au poker. Jolie somme non ? Et puis, l'origine initiale de sa fortune n'a pas encore été montrée. Et vous n'en connaissez pas l'étendue... c'est ça le suspens.
Pour la différence d'âge, cette histoire une FICTION. Et non, non non et NON, je ne FAIS PAS l'apologie de la pédophilie, et je suis certaine que mes lectrices non plus. Je ne laisserai personne nous insulter de cette manière. Tes accusations sont graves, sérieusement, je crois que tu ne te rends pas compte de ça.
Quant à ta phrase : "celles qui se disent être des lectrices", petit message personnel de Pyro : "Nous ne sommes peut-être pas des lectrices, mais nous arrivons à apprécier la beauté d'un texte sans nous baser sur des préjugés fumeux. Pour la plupart, nous nous efforçons de laisser des reviews à chaque chapitre en faisant des critiques constructives s'il y a besoin, et en essayant de rester correctes. Les messages de rageuses dans ton genre, qui ne prennent pas la peine de s'imprégner de l'histoire et qui ne trouvent que du négatif à dire, me laissent juste un sale goût dans la bouche. Cordialement, Pyrolouve."
Merci Pyro !
Je n'ai jamais dit qu'Ace était le fils de Doflamingo. Par ailleurs, si c'était le cas, encore une fois, ceci est une FICTION ! J'en fais ce que je veux, point barre. Maintenant, si ça ne te va pas, je te suggère d'aller voir ailleurs si j'y suis.
Si tu ne veux pas voir la fin, ne la lis pas, ça ne m'empêchera pas de dormir la nuit.
Quant au fait de tuer One Piece, si une seule fiction comme la mienne ruinait Oda, je crois qu'il ferait fermer le site...
J'ajouterai que quand on poste des reviews comme celle-là, on a la décence de se créer un compte afin que l'auteure puisse te répondre en privé. Mais le courage n'a pas l'air d'être ce qui figure en tête de ton CV.
N'ayant pas été élevée chez les cochons et étant relativement polie en général, je te souhaite une bonne continuation sur le site, sans histoires pédophiles, et une bonne journée.
Harlem.
Et c'est là que je remercie mes lectrices qui me soutiennent et mettent particulièrement du baume au cœur, à savoir mon irremplaçable Pyro, mais aussi Larmes-Noires, Osmose-sama et Lena18. Merci, c'est rassurant de voir qu'il y a des gens normaux dans ce monde !
Et allez, j'me la fais à la Luffy : "Je ne veux pas savoir où est le One Piece ! Je ne veux pas savoir si c'est un trésor ou non !" parce que moi, j'ai déjà trouvé mon One Piece : c'est vous, mes lectrices :)
Merci du fond du cœur. Vous êtes merveilleuses, je vous embrasse, et je vous dis toutes à bientôt pour le prochain chapitre !
*Harlem, votre dévouée.*
