Ohayo mina' !

Merci pour vos dernières reviews pleines de soutien (parce que mine de rien, y'a quand même de sacrés trou d'uc sur Terre, et qu'ils se rappelent à votre bon souvenir) mais aussi pleines de frustrations, de rage et de promesses de torture. Hé hé hé.
Aujourd'hui, je promets, pas de questionnement ou d'autres fumisteries. Juste un chapitre pour se laisser un peu aller à la douceur de la vie, aux rires et aux sourires... avant que l'on n'attaque les derniers chapitres (oui, les derniers, vous pouvez commencer à vous impatienter d'avoir le fin mot de l'histoire) et, par extension, les sujets qui fâchent.

C'est aussi (tapez-moi, y'a pas d'problème) un gros clin d'oeil à Pyro, qui reconnaîtra la chanson et une conversation que l'on a eue il y a... de très, très, très nombreuses semaines de ça ! la deuxième partie du chapitre est pour toi !

Je ne blablate pas plus que ça et je vous laisse profiter ! alors...

Enjoy it !

« Back in black, I hit the sack !
I been too long I'm glad to be back
Yes I am !
Let loose from the noose
That's kept me hanging about… »

AC/DC

.

Law n'aimait pas ça du tout.

Oh non, pas ça du tout.

Qu'Ace lui demande quelque chose… soit. Qu'il trépigne, proteste, menace, couine ou frappe du pied, ça lui était totalement égal. Mais qu'il y ajoute son air d'enfant battu, et qu'il lui chuchote tout ce qu'il avait l'intention de faire une fois à l'ombre de l'Aston s'il acceptait de céder… Law avait un mal de chien à ne pas craquer.

Ace avait de bons arguments, en prime : anonymat, petite ville perdue à quelques kilomètres de Miami, étrange temps de chien qui ne leur donnait pas envie de traverser le parking pour rejoindre la voiture… et l'envie qu'il avait de l'écouter chanter.

Ils prenaient leur temps sur la route, vivant toujours leur vie de roadies, et chaque jour différait de la veille ; il n'y avait pas de routine, juste une tranquille habitude qui rythmait leurs voyages.
Ace aimait s'endormir le nez dans le cou de Law, pour respirer son odeur... et Law aimait entrelacer ses doigts aux siens pour sentir sa présence.

Les cauchemars du gamin s'éloignaient, et ceux de Law semblaient s'apaiser à leur tour.

Il avait passé le cap fatidique de l'année entière écoulée sans Jewelry, la semaine dernière, et Ace lui avait pardonné ses emportements et ses crises de colère de cette journée de février. De même qu'ils avaient passé le cap de leur prise de tête au bord de cette route, entre Orlando et Miami. Une remise à plat qui leur avait fait beaucoup de bien : ne pas empiéter sur les plates-bandes de l'autre.

Leurs démons semblaient enfin s'éloigner et leur laisser du répit, voire des journées entières à ne penser qu'à eux.

- Allez, s'te plaît… !

Ah, ça. Il avait presque oublié pourquoi Ace le suppliait de ses yeux trop doux.

« Foutu gosse. »

Il soupira et secoua la tête.

- Non c'est non. N-O-N.

- J'aime bien quand tu chantes… et tu joues super bien !

Le barman frappa contre le comptoir en demandant à la petite foule si quelqu'un se sentait de prendre un instrument et d'improviser quelque chose pour l'ambiance, et Ace tira frénétiquement sur le sweat de Law.

Ils s'étaient arrêtés dans un bar-scène à la demande d'Ace, pour passer une soirée hors de l'Aston. La ville, pas loin de Jacksonville, était discrète, les gens plutôt accueillants, et une rivière passait juste à côté pour la toilette quotidienne ; la fraîcheur de l'eau était loin de déranger Law, mais Ace avait fait tout un foin pour ne pas y rentrer.

Frigorifié, les bras serrés autour de lui, il s'était dandiné sur la berge, jusqu'à ce que Law perde patience et le pousse dans le courant. Ace y était tombé en hurlant et avait refait surface, furieux, lui balançant des pierres trouvées dans le fond pour exprimer son énervement. Law, hilare, l'avait envoyé promener et s'était éloigné pour le laisser passer sa susceptibilité sur les hautes herbes de la rive.

C'était une fois propres qu'ils avaient rejoints le bar, où les groupes du soir se produisaient sur la scène.

Le dernier venait de partir, et Ace commençait à devenir aussi pénible qu'un caillou dans sa chaussure.

« Fais-lui plaisir » s'impatienta sa conscience. « Allez, juste une chanson ! ça t'dérangeait pas de jouer devant toute la fac de médecine, tu vas pas commencer à faire ton timide devant des gens que tu reverras jamais ! »

« Toi, tu l'ouvres pas ! »

« Tu peux toujours t'exciter, j'suis la p'tite voix que tu peux pas frapper ou faire disparaître. »

« C'est pas toi qui me traites de carpette quand j'lui cède un truc ?! »

Sa conscience ne trouva rien à redire à ça, et il eut du mal à cacher sa satisfaction. Il jeta un regard en biais à Ace, soupira et se leva, faisant signe au barman qui sembla surpris de voir un étranger se lever, mais qui demanda aux personnes présentes de saluer le grand courageux.

Law traversa le bar, monta sur la petite scène et croisa le regard d'Ace qui lui offrit un des sourires immenses dont il avait le secret.
Bon. Raison définitive de rester là, juste parce que ça le rendait heureux.

- Alors, d'où est-ce que vous venez ? s'enquit le barman en souriant.

- Philadelphie, mentit-il en ajustant le réglage de la guitare mise à disposition.

- Oh, et qu'est-ce qui vous amène ici, monsieur le pennsylvanien ?

- Besoin d'un peu de dépaysement, sourit-il en passant la bandoulière de la guitare sur son épaule. Très joli coin, la Floride.

- Ah, le temps est meilleur, c'est certain ! s'esclaffa le barman. Vous allez nous jouer un air du Nord ? y'a pas mal de bons chanteurs qui viennent de Pennsylvanie… Pink, Taylor Swift…

- Au risque de m'attirer les foudres de ceux qui sont ici, je ne les qualifierai pas de « bonnes chanteuses »… pas vraiment mon style, en tout cas, s'excusa Law avec un sourire.

- Et pour vous, c'est quoi un bon chanteur pennsylvanien ?

- Bret Michael Sychak ! scanda une voix dans la foule, avant que des rires ne s'élèvent.

- Ah, là, on est d'accord, sourit Law en plaquant quelques accords de la chanson « Valley of lost souls » du groupe Poison dont le chanteur venait d'être cité.

Sifflements et applaudissements montèrent et Ace sourit, toujours assis au fond de la salle, jouant avec sa bouteille de bière. Ouais… Law était indéniablement doué. Leurs styles musicaux différaient, mais Ace ne se lassait pas de l'entendre jouer.

Et plus que tout, il avait hâte d'entendre sa voix. Basse, douce et mystérieuse…

Leurs regards se croisèrent et Law resserra les chevilles de la guitare. Maintenant qu'il y était… il ne pouvait plus reculer.

- On veut pas vous influencer, alors on vous laisse démarrer et si vous plaisez au public… on signe pour une autre chanson ! merci de montrer l'hospitalité des floridiens à cet homme venu du nord !

Des clameurs s'élevèrent et Ace se demanda soudain d'où venait réellement Law ; Philadelphie était un mensonge éhonté, il le savait. Et sa peau métisse, ses tatouages… et un accent, indéniable, à peine audible, qu'Ace était incapable d'identifier…

Il n'eut pas le temps de se poser davantage la question ; les lumières baissèrent un peu, et des accords qu'il ne connaissait pas s'élevèrent.

« J't'aimerais même avec la gueule de travers
J't'aimerais même en femme, même en militaire… »

Le silence revint dans la salle ; la voix de Law imposait toujours le respect même si, pour le moment, il chantait en français.
Ace sentit son cœur se serrer – une chanson juste pour lui. Law s'était souvenu de cette particularité, de cette langue qu'il parlait avec aisance, et les paroles n'étaient destinées qu'à lui. Lui et personne d'autre.

« J't'aimerais n'importe où n'importe comment
J't'aimerais même si tout à coup j'pouvais faire autrement… »

Il n'avait jamais dit « je t'aime » à son amant. Pas parce qu'il ne le pensait pas – il était profondément amoureux de lui, c'était une certitude, pour Ace. Seulement… peut-être que par pudeur…

« J't'aimerais même sans charme, même sans ce sourire
Qui me fout des larmes au milieu des rires… »

Les mots pouvaient paraître maladroits, mais c'était tout le contraire ; même si Law utilisait souvent un vocabulaire soigné et affable, il était doté d'un franc-parler qu'Ace n'égalerait jamais.

Il lui avait souvent parlé de son sourire, qu'il voulait ne jamais voir partir de son visage. Il suffisait que ce sourire étire ses lèvres pour que Law l'embrasse.

« J't'aimerais l'air de rien au-delà de tout
J't'aimerais rage aux poings, j't'aimerais corde au cou… »

Ah, ses humeurs… hormis quelques dérapages – fureur à San Francisco, larmes à New York – Law restait égal à lui-même ; calme, détaché et plein d'assurance. Ace, lui, était sa petite « tête à flammes », changeant et imprévisible comme le feu. Tour à tour emporté, nerveux, ou empli d'idées noires. Law avait visiblement appris à composer avec ça.

« J't'aimerais contre tout, avec des bas et des hauts
J't'aimerais même si tout à coup t'étais plus le plus beau… »

Encore un compliment glissé entre deux phrases. Ace se rappela brièvement leur première fois : sa gêne, d'être nu devant Law, sa voix qui lui murmurait qu'il était beau… tout l'or du monde à ses yeux.

« J't'aimerais toujours trop mais jamais assez
À en devenir beau à ne pas m'en vanter »

Law était déjà beau ; il le savait, puisqu'il pouvait user de son charme pour avoir à peu près tout ce qu'il désirait, mais n'y faisait jamais allusion.

Ace se demandait encore comment un homme aussi parfait que Law pouvait lui accorder un tant soit peu d'importance, à lui qui n'avait rien d'exceptionnel.

« J't'aimerais dans la boue, j't'aimerais en enfer
J't'aimerais même si tout à coup j'avais aut' chose à faire… »

Ace contempla l'homme qui lui disait enfin ce qu'il brûlait d'envie d'entendre depuis des mois, et sentit sa gorge se serrer.

Ce n'était pas le moment de pleurer et surtout, ce serait vraiment trop embarrassant.

« J't'aimerais à genoux moi qui ne prie jamais,
j't'aimerais même si tout à coup tu me disais que…
tu m'aimais… »

Peut-être que c'était ce que Law avait attendu; qu'Ace lui dise ce qu'il ressentait. A cette pensée, Ace sentit ses joues s'enflammer. Avouer à Law toute l'intensité de ses sentiments… ?

C'était encore trop tôt. Il ne se sentait absolument pas le courage de faire ça. Et même, ça lui semblerait… trop banal. Et trop pauvre, surtout.
Oui, il aimait Law. Mais c'était encore plus fort que ça. C'était… plus que tout ce qu'il avait pu ressentir dans sa courte vie.

Il lui avait dit qu'il l'aimait, mais il savait qu'ils avaient tous les deux besoin de temps pour aller plus loin.

Des applaudissements s'élevèrent, des huées, des voix qui en réclamaient plus ; Law eut un bref sourire et Ace acquiesça – lui non plus n'en avait pas assez.

Law sembla brièvement réfléchir, avant de changer l'accordage de la guitare et d'esquisser quelques accords.

« Aaaah, ça, j'connais… ! »

Law aimait particulièrement cette chanson et la mettait souvent dans la voiture. Une note beaucoup plus légère, qui déclencha l'enthousiasme de la foule.

Apparemment, tous branchés vieux rock.

« On est seuls contre tous, Portgas. Personne écoute de musique moderne » grogna sa conscience.

Ace laissa sa conscience maugréer et reporta son attention sur Law, qui chantait les premières mesures de Sharp dressed man du groupe ZZ Top. Il s'installa plus confortablement dans sa banquette et avala une gorgée de bière – ici, personne ne semblait faire attention à lui.

Law s'arrangeait toujours pour ne tomber que sur des endroits qu'il appelait « sans prise de tête » ; par là, Ace comprenait que personne ne lui demandait de cartes d'identité. Lui-même serait bien dans la panade si quelqu'un s'aventurait à lui demander une justification pour son âge.

En théorie, l'alcool était interdit aux moins de vingt-et-un ans, comme la cigarette. Law semblait pas mal se ficher de ça et considérait qu'Ace devait apprendre à se gérer tout seul. En le traitant comme un adulte… comme son égal.

L'ambiance était au beau fixe, et Ace sentait que leur nuit allait encore être longue.
À la fin de la chanson, Law récolta encore une salve d'applaudissements. Des titres fusèrent et Ace entendit quelqu'un crier "Johnny B. Goode".

« S'il joue et chante ce truc, on le massacre. Trop la honte. »

Notion de honte qui laissait Law totalement indifférent, apparemment ; les premières notes résonnèrent et Ace se frappa le front contre la table, désespéré. Qu'est-ce qu'il avait fait au ciel pour tomber sur le seul adulte de moins de trente ans qui n'écoutait que de la musique anté-90... ?

« Faut qu'on lui montre c'qu'on sait faire. »

« Hors de question. »

« Merde, Portgas, montre-lui qu't'en as dans l'froc ! »

« Il le sait déjà... »

« ... ... Portgas, joue pas au con avec moi. J'suis ton Jiminy Cricket
et je t'ordonne d'aller lui montrer un truc
vraiment cool. »

Ace, maugréant contre la purge sans nom qu'il hébergeait dans un coin de sa tête, termina sa bière d'une traite quand la chanson se termina et se leva sous les huées et les clameurs.

- Oooh, un autre courageux ! du Nord, vous aussi ? sourit le barman dans le micro.

- Du Nord, oui, lança Ace en balayant la salle du regard, cherchant quelque chose qui avait attiré son regard dans la décoration. Ça vous gêne pas si j'vous emprunte ça ?

Il désigna quelque chose au fond, près de la scène, et tous les regards se tournèrent vers l'endroit visé ; le barman haussa un sourcil en souriant et se contenta d'ouvrir les bras.

- Ce qui est à moi est à toi... !

Ace alla chercher l'objet de sa convoitise sous les rires et décrocha le fedora un peu poussiéreux fixé au mur avant de se tourner vers Law, qui le considérait d'un regard surpris – il n'aimait pas se faire remarquer, étant plutôt réservé mais en termes de timidité et de discrétion, Ace avait la palme. Law se demandait ce qu'il allait pouvoir faire.

L'adolescent épousseta le chapeau avant de monter sur l'estrade, qu'il jaugea du regard. Un plancher stratifié... le pied intégral. Il délaça ses chaussures et d'autres rires s'élevèrent, avant qu'une voix ne clame "Michael Jacksooon !" au fond du bar. Ace leva le pouce, un large sourire aux lèvres.
Law haussa un sourcil alors que le barman fouillait dans ses disques pour en sortir un album de l'artiste, qu'il inséra dans la chaîne reliée aux enceintes fixées aux coins du bar. Le gosse allait réellement improviser une danse... ? Bon... il reconnaissait qu'Ace était plutôt bon pour se déhancher en général – boîte de nuit, et même quelques pas improvisés pendant leurs pauses. Même à Rio, en quelques minutes, son corps s'était mû de lui-même contre lui, sur le rythme sensuel de la musique qui résonnait dans la rue.

Ace, en chaussettes, fit signe à Law de lui laisser la vedette et, visiblement très sûr de lui, fit signe au barman de lancer une musique, posant le fedora sur sa tête. Smooth Criminal résonna dans le bar et Law ne put réprimer un large sourire en voyant Ace lui monter un nouveau talent caché. La chorégraphie de Jackson était parfaite, exécutée avec une aisance déconcertante, et il ne put s'empêcher d'applaudir au milieu des cris enthousiastes du public quand Ace exécuta un moonwalk avec une perfection révoltante.

Son regard croisa celui de l'adolescent qui lui offrit un sourire en coin sans cesser de danser.
Law n'était pas tellement étonné, en réalité : Ace était un garçon plutôt sensuel. Qu'il se déhanche avec une telle facilité n'était vraiment pas surprenant. Il eut l'idée géniale (ou catastrophique, au choix) de repenser à un autre genre de déhanché dont Ace lui faisait une régulière démonstration et sentir ses doigts se crisper à mort sur le manche de la guitare, manquant faire sauter les cordes qui grincèrent sous la tension exercée.

« ...la soirée va être longue... »

. . . . .

*plus tard, dans la nuit*

« I keep looking at the sky cause it's gettin' me high
Forget the hearse cause I'll never die
I got nine lives cat's eyes… »

Les larmes qui tombaient du ciel semblaient ne pas vouloir s'arrêter ; l'Aston filait sur la route mouillée, alors que la musique s'éteignait dans l'habitacle.

- À mon tour, lança Law en tendant la main vers son iPod.

- Oooh, s'te plaaaaît, laisse-moi en mettre une autre ! argumenta Ace en lui offrant sa mine de cocker.

- Hors de question ! c'est moi qui choisis !

- Maaais t'as joué que du rock ce soir ! moi j'veux du rap ! et j'ai super bien dansé ! c'est ma récompense !

- C'est mort, Portgas. Et fais gaffe à tes ch'villes.

Ace, boudeur, le regarda sélectionner une nouvelle chanson ; ses yeux se posèrent sur le profil concentré de Law, qui surveillait la route et cherchait un titre à lancer.

Doucement, il tendit le bras et laissa ses doigts errer sur le bras de Law, qui lui jeta un regard noir.

- Essaye même pas de me prendre le baladeur par la force. T'y arriveras pas.

- Qu'est-ce qui te dit que c'est ce que j'essaye de faire… ? chuchota Ace, mutin.

Law haussa un sourcil ; Ace était tout sauf un allumeur. Il avait ses moments charmeurs, mais rien à voir avec l'expression qu'il affichait en ce moment même. Bon, il avait eu son instant de gloire à Aspen en se caressant devant lui, mais c'était soigneusement calculé – juste pour le faire renoncer à sa privation de sexe.

Il s'efforça de l'ignorer – juste pour le faire rager – et reprit le tri de ses chansons, gardant un œil sur la route déserte éclairée par les phares crus de l'Aston.

Ace frôla son épaule, remonta le long de son cou et redessina l'arc de sa mâchoire, s'amusant de voir un frisson parcourir la peau de son amant.

Law semblait plutôt réceptif à sa caresse, et Ace poussa le vice à se tendre vers lui pour caresser son oreille du bout de sa langue. Law se crispa et sa main se referma sur le volant avec force, arrachant un sourire à l'adolescent qui laissa son autre main errer sur sa jambe, avant de se glisser entre ses cuisses.

- Tu cherches les emmerdes, Portgas.

Ace sourit et mordit son cou, joueur, alors que sa main se plaquait contre sa braguette.

Back in black d'AC/DC éclata dans la voiture, que Law gara brusquement sur le bas-côté ; il serra le frein à main, ouvrit sa portière et sortit sous le temps maussade, alors qu'Ace le regardait faire avec des yeux ronds.

« Euh… il va me foutre dehors ou quoi ?! »

Law ouvrit sa portière, le saisit par le poignet, détacha sa ceinture et le tira hors de la voiture.

- Qu'est-ce que…

- Tu m'allumes ? pas d'soucis, assume et assure, Portgas.

Ace claqua la portière derrière lui et se jeta sur ses lèvres, l'embrassant à perdre haleine, le cœur battant à tout rompre. Law lui rendit son baiser avec ferveur et l'entraîna, dans la lumière des phares, au nez de la voiture pour le plaquer contre la calandre. Ace défit la ceinture du jean de Law, tira sur la pression du pantalon et glissa sa main sous son boxer – Law gémit doucement et Ace en profita pour inverser leurs positions, le plaquant contre le capot avant de tomber à genoux devant lui.

- Que…

- Tu m'as demandé d'assurer, non ? haleta Ace en repoussant son sweat vers le haut, dévorant son ventre de baisers et de coups de langue.

- T'es sûr de vouloir te lancer dans ce genre d'exercice ? souffla Law en repoussant vers l'arrière les cheveux longs et trempés de pluie de l'adolescent, dégageant son visage.

Ace ne lui avait jamais fait ça ; Law en avait toujours eu furieusement envie, mais avait préféré se taire, parce qu'il ne se voyait pas demander cette faveur à Ace. Non pas par gêne ou pudeur, mais parce qu'il estimait que ce n'était pas à lui de décider de ça.

- J'peux faire l'étoile de mer, si une fellation appliquée te plaît pas, chuchota-t-il en mordant sa hanche musclée, tirant son jean sur ses cuisses, entraînant son sous-vêtements au passage.

- Oh, j'voudrais surtout pas te contrarier, souffla Law en caressant sa joue.

Ace se lécha la lèvre, se pencha et laissa sa bouche courir sur son érection, passant lentement le bout de sa langue sur son extrémité sensible. Law tressaillit et se mordit la lèvre, plaquant sa main libre sur le capot pour se soutenir.

La pluie était torrentielle, glaciale, mais ni l'un ni l'autre n'y prêtait attention. Ace griffa les muscles de son ventre et le prit lentement dans sa bouche, jouant de sa langue sur lui. Une part de lui-même, qui n'était pas concentrée sur sa tâche, se demanda si Law aimait ce qu'il lui faisait.

« Lève les yeux, crétin » l'apostropha sa conscience.

Ace s'exécuta.

… oui, Law avait l'air d'aimer.

Beaucoup, même.

Il décida de ne pas jouer la carte de la bravoure ce soir – il aurait tout le temps de s'exercer une autre fois – et referma ses doigts sur ce qui ne se trouvait pas entre ses lèvres ; Law geint quand il le suça lentement et ses doigts se glissèrent sur sa nuque.

« Tu peux m'dire où ce gosse a appris à faire ça ?! » brailla sa conscience alors qu'Ace alternait pression et succion à merveilles.

« J'en sais rieeeeeen... la feeerme... »

Sa langue tourna lentement autour de lui alors que ses doigts allaient et venaient ; Law sentait la caresse de ses lèvres sur son sexe et sa résistance atteignait ses limites. Les joues d'Ace se creusèrent quand il l'aspira profondément, ses yeux bruns plongés dans les siens ; c'était tellement intense que Law avait du mal à soutenir son regard.

Il laissa échapper un faible cri de plaisir quand Ace laissa ses dents traîner sur sa longueur – juste un peu, ce qu'il fallait pour provoquer un lourd frisson qui hérissa sa peau de ses reins à sa nuque. L'adolescent l'aspira, encore et encore, s'attardant sur les zones qu'il devinait sensible en écoutant la respiration tantôt apaisée, tantôt affolée de Law. Puis, finalement, ses mains se refermèrent sur ses hanches, et Law poussa un long geignement de surprise et de plaisir quand Ace le prit tout au fond de sa bouche, le bout de son nez caressant son ventre ; Ace déglutit et Law sentit les mouvements de sa gorge autour de lui. C'était beaucoup plus qu'il ne pouvait en supporter.

Il enfouit ses mains dans les cheveux mouillés d'Ace et le força à se redresser quand il sentit que sa libération était beaucoup trop proche ; sa bouche vint cueillir la sienne et Ace sourit contre ses lèvres.

- … la prochaine fois, fais pas ta mijaurée et laisse-moi finir c'que j'ai commencé, susurra-t-il.

- J'sais pas si c'que tu dis relève de la pure provocation ou si l'idée que je décharge dans ta bouche te plaît à ce point, rétorqua Law avec un sourire pervers.

Ace rougit, légèrement embarrassé ; Law mordilla sa lèvre, tira dessus, jusqu'à ce que l'adolescent ne geigne de douleur. Une perle de sang brilla sur son menton et Law la récupéra du bout de sa langue, plaquant Ace contre le capot, saisissant ses cuisses pour les relever à hauteur de ses hanches.

Ace noua ses jambes autour de lui et s'étendit sur la carrosserie ruisselante d'eau.

Ce moment, il en rêvait depuis Big Sur. Depuis cet après-midi ensoleillé, où Law l'avait monstrueusement chauffé avant de le laisser en plan, étendu sur l'Aston, le souffle court et l'esprit en ébullition. Depuis des mois, cette idée hantait ses pensées.

Avoir une séance de sexe torride sur le capot de cette voiture.

Les mains de Law dégrafèrent son jean – son corps quitta momentanément le sien et le tissu imprégné d'eau glissa le long de ses jambes, avant de tomber au sol, entraînant ses chaussures au passage.

Son tee-shirt ne fut bientôt plus qu'un mauvais souvenir ; Law plaqua ses mains de part et d'autre de sa tête, haletant, et plongea son regard dans le sien.

Ce moment était tellement intense qu'Ace avait à peine conscience d'être totalement nu sur le capot, sous l'averse diluvienne, exposé au regard de Law malgré la nuit noire, dans le faible contre-éclairage des phares.

L'endroit était désert, il n'y avait rien qu'eux, la pluie, la musique et leurs corps pressés de s'unir.

Ace se rallongea, ses cheveux épart sur le capot noir, le corps trempé par le déluge qui s'abattait sur eux.

- Dis-moi ce que tu veux...

- Toi...

- C'est pas assez, Portgas.

L'adolescent soutint son regard, sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration courte et saccadée. Il se mordit la lèvre et Law sentit son coeur rater un battement - Ace n'avait aucune idée d'à quel point il pouvait être désirable. Surtout à cet instant, sous l'averse.

- Prends-moi, chuchota-t-il, une légère rougeur s'étalant sur ses joues.

Law tira son sweat par-dessus sa tête, le laissa tomber sur le côté et se pencha sur lui, frôlant ses lèvres des siennes, retraçant le contour de sa bouche du bout de sa langue, savourant son parfum mêlé à celui de la pluie. Ace ferma les yeux et se pressa contre lui, impatient – Law aimait prendre son temps, faire durer, alors qu'Ace voulait toujours qu'il cède à ses avances dans la minute.

Toutefois, Law semblait aussi pressé que lui, ce soir ; Ace ouvrit ses genoux et Law l'amena à lui, glissant ses doigts à son entrée.

Ace geignit de plaisir quand les doigts de Law s'immiscèrent en lui et cambra les reins, alors que la sensation d'intense bien-être se diffusait dans son ventre.

Au fur et à mesure de ses mouvements, Ace se tortilla sous lui, avide de plus ; Law sentait sa propre envie devenir douloureuse à force d'être contenue et finit par retirer ses doigts. Ace laissa échapper une plainte, frustré par le vide aussitôt ressenti, avant de se cambrer et de gémir de plaisir et de douleur mêlés quand Law les remplaça par son envie durement éveillée.

Il débuta un va-et-vient lent, précautionneux, laissant Ace s'habituer à lui puis, peu à peu, leurs corps dansèrent sensuellement, cherchant un maximum de contact.

Leurs hanches allaient et venaient, avec volupté et délice ; leurs souffles se mêlaient, leurs gémissements se confondaient.

- Aaaahh… plus fort, haleta la voix d'Ace, presque inaudible.

Il sentait sa peau crisser sur la carrosserie à chaque allée et venue de Law en lui. La brûlure qui en résultait était la seule chose qui lui permettait de ne pas perdre pied, alors que leurs peaux trempées se caressaient au rythme de leur danse.

Law balança plus fort ses reins entre les jambes qu'Ace referma étroitement autour de sa taille, laissant ses bras retomber au-dessus de sa tête, abandonné à ses caresses et à la sensualité du moment.

L'homme qui le prenait frappa de plein fouet sa zone érogène et Ace cria de plaisir, sentant sa retenue se déliter à chaque heurt qui le rapprochait de leur plaisir final.

- Hhhnnn… L-Law… continue… !

Law se tendit alors qu'il butait à chaque fois un peu plus fort sur son point sensible de son amant – son corps réagissait intensément, électrisé par l'ardeur de leur ébat et le froid du torrent de pluie.

- … Ace… chuchota Law à son oreille.

L'adolescent rouvrit les yeux, les plongeant dans les siens ; Law souriait. Le voir totalement abandonné au plaisir qu'il lui donnait devait être grande source de satisfaction à en juger par son expression. Ace frissonna, son corps secoué par le va-et-vient profond et rythmé que Law lui faisait encaisser.

- … touche-toi…

Ace rougit atrocement et le sourire de Law s'agrandit ; il tenait enfin sa vengeance pour Aspen. Et ça valait largement la peine d'attendre deux mois entiers pour ça.

« Excellent ! » s'extasia sa conscience en entamant une petite danse de la victoire.

« Merci, merci. »

Ace sembla s'enhardir, au vu de son regard soudain déterminé ; même si la pluie rendait ça inutile, il prit soin de porter ses doigts à sa bouche pour les humidifier, son regard ancré au sien, avant de glisser sa main entre eux. Law se redressa légèrement, assez pour regarder Ace se prendre dans sa main.

- Voyeur, haleta l'adolescent en commençant un va-et-vient lent mais ferme.

- Oh... tu peux parler... souffla Law entre deux coups de bassin.

Le gosse rougit de plus belle et Law sourit, se penchant sur lui pour l'embrasser à pleine bouche. Les doigts d'Ace caressaient son ventre à chaque mouvement de sa main sur son érection et la sensation était... plus que plaisante.

Ace accéléra l'inflexion de son poignet en même temps que Law donnait un entrain supplémentaire à ses hanches ; ils gémirent tous les deux de plaisir et s'embrassèrent de plus belle, avide l'un de l'autre.

Puis, aussi violent que soudain, l'orgasme vint, chaleur brûlante au creux des reins. Ace arqua le dos, laissa sa tête basculer en arrière et vint dans un long cri de plaisir ; Law laissa son front retomber sur sa poitrine et le suivit de près dans un gémissement sonore, qu'il étouffa comme il le put.

Ace rouvrit les yeux et contempla le ciel couleur d'encre ; les gouttes de pluie tombaient sur ses lèvres, ruisselaient dans sa bouche, coulaient dans sa gorge serrée d'avoir trop gémi.

Law se redressa, hissé à bout de bras-dessus de lui et se pencha pour embrasser son front, l'arête de son nez, ses taches de rousseur avant de descendre à ses lèvres, lui donnant un long baiser tendre.

Il bougea lentement ses hanches et Ace geignit, encore sensible ; son désir se réveilla et Law sourit, amusé.

- … déjà prêt pour un second round… ? tu t'améliores, Portgas…

- J'y peux rien si j'ai tout le temps envie de toi, chuchota-t-il avec un léger sourire, avant de soupirer quand Law se retira.

- Obsédé.

- Ouais, comme si ça te dérangeait, papy, souffla Ace en s'appuyant sur ses coudes, se redressant pour s'emparer de ses lèvres à nouveau.

La pluie chassa les traces de leur plaisir sur leur peau et la carrosserie ; le jean de Law était trempé d'eau et tenait par une quelconque intervention divine sur ses hanches, et le capot ruisselant était devenue une vraie patinoire.

Doucement, Law souleva Ace dans ses bras ; l'adolescent noua ses jambes autour de sa taille, ses bras autour de son cou et y nicha son visage, inspirant son parfum exacerbé par l'eau qui tombait sur eux.

Law le serra contre lui et s'appuya contre l'aile de la voiture, fermant les yeux en l'enlaçant.

Ace semblait si mince et léger… si fragile, comparé à lui.

- J'dois pas avoir l'air très fin, comme ça, sourit Ace à voix basse contre son cou.

- Ça manque de classe, c'est vrai. Mais moi j'te trouve plutôt sexy.

- Au moins tout ça, pouffa-t-il en frottant le bout de son nez sur l'arc de sa mâchoire.

Il éternua et Law récupéra leurs affaires abandonnées sur le sol pour les jeter dans la voiture, se glissant souplement à l'intérieur, claquant la portière derrière eux, coupant les phares et la musique, les laissant dans le noir complet.

- J'te vois plus.

- J'suis là, pourtant.

- Ouais, je sais, mais ça fait bizarre, marmonna Ace en tendant les mains à l'aveugle pour toucher son visage, alors que Law l'étendait sur la couverture étalée sur la banquette arrière.

Leurs lèvres se joignirent dans un baiser tendre et les doigts de Law démêlèrent doucement les cheveux de son amant.

Ace frissonna et Law caressa sa peau mouillée.

- … tu as si froid, chuchota-t-il en parcourant son corps de ses mains, s'attardant sur son ventre plat, ses hanches et sa taille.

- Réchauffe-moi… murmura Ace en ondulant sensuellement contre lui.

- C'est c'que j'ai l'intention de faire...… répliqua Law en se penchant sur lui pour reprendre ses lèvres, ses hanches retrouvant leur place entre ses jambes.

« So look at me now I'm just makin' my play
Don't try to push your luck just get out of my way
Cause I'm back… »

.

Bon, j'espère que ce petit lemon vous aura satisfaites, ainsi qu'un nouveau talent caché pour Ace et un début de déclaration pour Law... vous avez vu, j'ai pas menti, pas de tirage de cheveux aujourd'hui ! [et t'appelles ça une victoire ?] c'est pas une défaite au moins !
Merci encore à tous (?) et toutes de poursuivre le voyage avec moi, et je vous dis à... très vite pour le chapitre 24 !