Ohayo mina' !
Merci à toutes pour vos reviews et votre patience ! Comme promis, le nouveau chapitre ce WE :) bon, question boulot, autant vous prévenir tout de suite, ça va pas s'arranger. Je maintiens l'état "d'alerte générale" jusqu'à au moins fin juin.
... la fiction sera finie d'ici là de toute façon x) vous aurez passé votre BAC, votre BTS, vos concours, toussa toussa... et moi j'serai au boulot. Bande de fénéantes.
Merci encore pour vos encouragements, c'est un tel plaisir de vous lire et de vous faire plaisir... merci d'être au RDV, re-bienvenue aux nouvelles venues...
En parlant de nouvelles, c'est officiel : prochaine fiction en cours ! la publication démarrera rapidement après la fin de celle-ci, j'espère vous retrouver nombreuses :) [tu t'fais d'la pub] (et je t'emmerde) [roooh.]
Pour celles qui vont "fangirliser", je me suis servie d'une réplique du film "Hook" dans la première partie du chapitre ;)
Bref, je m'égare. On y va pour le chapitre 27... j'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes ! *traîne un gros carton de Kleenex* et j'suis prévoyante, z'avez vu un peu... ! et les musiques sont toujours sur le profil ! (update à ce propos, j'ai eu pas mal de demandes alors ça fait pas d'mal de rafraîchir les mémoires :p)
So...
Enjoy it !
« Ne baisse pas les bras, ne lâche pas,
Prends le temps de te dire qu'il y a un ange derrière toi...
Relève toi, et va trouver le plus fort en toi, au fond de toi
Le bonheur est au bout des doigts, ne l'oublie pas… »
K'Maro
.
Law rêvait.
Il le savait, puisqu'il était dans son lit, à Baltimore, couché sur le côté face à Jewelry. Elle dormait dans son sempiternel débardeur blanc et ses cheveux étaient de travers, mais il la trouvait toujours aussi belle. Ses grands yeux mauves le contemplaient avec douceur, mais toujours un fond de tristesse. Elle tendit la main et caressa sa joue – il frissonna au contact de ses doigts chauds et ferma les yeux, appuyant son visage contre sa paume.
- ... tu me manques.
- Je sais, murmura-t-elle. Toi aussi.
- T'as toujours été nulle pour me mentir. Je peux pas te manquer là où t'es, J.J.
- J'aurais au moins essayé.
Elle se blottit dans ses bras et Law la serra contre lui, nichant son nez dans ses cheveux irisés. Il inspira son parfum, odeur florale mêlée d'amandes, et soupira avant d'embrasser son front. Jewelry lui manquait, oui. Quoiqu'il fasse.
- ... tu l'aimes ? chuchota-t-elle.
- Oui. Différemment de toi... mais oui.
- Il est parfait pour toi. Il a besoin de toi et toi... tu as besoin de lui.
- Je surveille ses arrières et les miennes, t'en fais pas.
- ... hé, Traf'.
- Mmn.
Jewelry caressa ses tatouages du bout des doigts et il en profita pour toucher sa peau et retracer ses courbes avec délicatesse, savourant ses formes qui épousaient les siennes. Elle embrassa sa peau brune et promena son nez le long de ses pectoraux.
- ... il faut que tu arrêtes. De mener la vie que tu as. Ce n'est pas bon pour toi.
- Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais jamais rencontré Ace.
- Oh, l'excuse de merde, railla-t-elle en lui pinçant la peau du ventre.
Il pouffa et leurs rires s'élevèrent du tas de draps et de couvertures sous lequel ils étaient enfouis : Jewelry avait toujours été frileuse. Ils se chamaillèrent, comme ils en avaient coutume, chacun luttant pour prendre le dessus sur l'autre.
Elle termina assise sur ses hanches et Law repoussa ses cheveux longs derrière ses oreilles pour contempler son visage, sous le soleil qui inondait leur chambre. Il caressa son front, sa joue, joua avec l'anneau fixé à sa pommette et descendit à sa bouche, dont il dessina le contour du bout des doigts.
- ... embrasse-moi, murmura-t-il.
Elle sourit et se pencha sur lui pour lui donner un baiser ; leurs lèvres se nouèrent et Law respira son odeur, se délectant de la sensation de ses cheveux balayant son visage. Jewelry se redressa et rougit sous son regard.
- ... arrête de me regarder comme ça, t'es flippant.
- Idiote.
Il baissa les yeux et contempla l'arrondi de son ventre qui tendait son débardeur ; il le caressa et Jewelry sourit, caressant la rondeur à son tour.
- ... tu dois lâcher prise. Il faut que tu acceptes de nous laisser partir, murmura-t-elle.
Law retraça le renflement entre ses hanches, silencieux. Pensif.
Ses cauchemars se gravaient à l'acide dans sa mémoire, mais ses rêves lui échappaient toujours. À son réveil, il savait qu'il avait rêvé, mais il était incapable de se souvenir à quel propos. Mais au moins, ces matins-là, il ne se réveillait pas en hurlant, ou baigné de sueur ; il se contentait d'ouvrir les yeux et de croiser les prunelles encore brouillées de sommeil de son ado d'amant, ou son visage profondément endormi face au sien.
Il ne voulait pas se réveiller. Pas tout de suite.
- Je sais. J'ai pas de volonté, j'y suis pour rien.
- Si, tu en as, crétin. T'as juste la flemme, Doc, comme d'habitude.
- C'est génétique.
- La belle affaire, rétorqua-t-elle en caressant ses cheveux de jais. T'es juste un gros flemmard qui adore passer ses journées au lit.
- Rectification : je passais mes journées au lit avec toi. Tout seul, ça n'a aucun intérêt.
- Et pervers, avec ça. Quand t'auras une maison avec Ace, tu passeras ton temps libre à lui faire des avances.
- Une maison ? avec Ace ? dans quel monde tu vis...?
Elle sourit et baissa les yeux sur son ventre, que Law caressait toujours avec une infinie tendresse, ses grandes mains enveloppant le rebondi qui pointait sous le tissu blanc.
- Un jour ça sera facile, je te le promets. Mais tu dois arrêter de ressasser le passé. Profite de ce que tu as... parce que tu ne sais pas ce qui peut se passer. Toi plus que n'importe qui... tu devrais savoir ça. Que ce soit en bon ou en mal.
- J'essaye. Je te jure que j'essaye.
- N'essaye pas, fais-le, chuchota-t-elle. Crois-moi, il y a bien pire que nous perdre...
- Pire que perdre ma femme et mon bébé...? j'crois pas, non, marmonna-t-il.
- ... tu pourrais perdre Ace.
Aussitôt, quelque chose se serra dans sa poitrine ; il releva les yeux et croisa le regard doux de Jewelry, qui entrelaça ses doigts aux siens.
- Je le lâche plus depuis Frisco. Une fois m'a suffi.
Le soleil disparut et Jewelry frissonna ; aussitôt, Law tira le drap sur ses épaules, mais sa peau garda sa froideur de marbre. Il la serra contre lui et enfouit son visage dans son cou, la gorge nouée.
- ... reste. Reste encore un peu...
- Traf'...
- Je veux pas me réveiller. C'est... trop tôt...
- ... tu vois ce moment entre le sommeil et le réveil, ce moment où on se souvient d'avoir rêvé ? murmura-t-elle avec un sourire.
- ... ouais.
- C'est là que je t'aimerai toujours, c'est là que je t'attendrai.
Law sentit ses larmes revenir et rouler sur ses joues ; Jewelry les essuya et reprit ses caresses dans ses cheveux noirs.
- Et maintenant, tu as mieux à faire qu'échanger avec ton subconscient, murmura-t-elle dans son oreille.
- Et quoi...?
- ... Ace a besoin de toi.
- Le morveux dort, je vois pas ce qu-
- AAAHHH !
Ace se réveilla dans un sursaut quand la portière s'ouvrit brusquement et hurla ; une main l'attrapa par son sweat et le tira à l'extérieur. Il voulut crier de plus belle, mais une autre main le saisit pour le ramener en arrière.
Law passa souplement par-dessus lui et sortit de la voiture, debout dans l'encadrement de la portière, le canon de son revolver plaqué contre le front de l'homme planté face à lui.
Le réveil était brutal ; Ace se croyait en plein cauchemar.
À en juger par la nuit tombée sur Baltimore, ils avaient dormi de longues heures depuis la fin de l'après-midi, où Law était enfin passé à confesse. Ace était désorienté.
- Qu'est-ce que tu veux ? menaça Law.
- Celui que tu traînes avec toi, répliqua une voix grave dans son dos.
- Papa… ? s'étouffa la voix d'Ace.
Law ne lui avait jamais entendu ce ton soumis et craintif ; Ace agrippa sa main libre et il l'attira contre lui, le laissant se lover contre son dos.
Si la silhouette drapée de noir était son père, alors il était une force de la nature. Un vrai géant d'au moins deux mètres, à la carrure impressionnante – difficile à croire qu'Ace soit son fils.
A contrario, la femme qui l'accompagnait était mince et menue, et frissonnait de froid dans la neige.
- On vient chercher Ace, annonça-t-elle en cherchant son fils du regard.
- Le contraire eut été étonnant, rétorqua Law en posant son doigt sur la détente.
Les hommes qui entouraient la voiture le mirent en joue et Ace, paniqué, sortit aussitôt de la voiture, se plaçant entre les armes et Law qui voulut le repousser.
- Non ! protesta Ace en se cramponnant à lui. Traf', baisse ton arme… pour l'amour du ciel, fais-le… !
- Hors de question.
- Bouffe ta fierté mal placée et étouffe-toi avec, mais je t'en supplie, baisse ton arme… ! gémit Ace en agrippant son pull.
Law marqua un temps d'hésitation, et laissa son bras retomber le long de son corps. Soulagé, Ace fit volte-face pour se tourner vers ses parents, le cœur battant à tout rompre.
- Tu m'expliques ce que tu fiches avec lui ? grogna son père. Où est-ce que tu étais passé… ? t'as passé ton temps à te volatiliser… aucun flic ne m'a rapporté ta présence. Nulle part. Un vrai fantôme.
- Vous vous inquiétez de ça au bout de dix mois ? répliqua Ace, les mains tremblantes. Law a été là quand vous, vous étiez pas fichus de vous occuper de moi… !
- Laisse-moi rire, ricana-t-il. Lui, s'occuper de toi… ? alors qu'il n'est pas capable de s'occuper de lui ?
- Ouais, OK, pousse-toi, Ace, siffla Law en le repoussant sur le côté.
Ace agrippa le bras qui tenait l'arme, implorant.
Au moindre faux pas, Law se ferait abattre d'une balle entre les deux yeux et ça, il ne le supporterait pas.
Plutôt mourir que de perdre une deuxième fois ce qu'il avait de plus cher.
- Tu sais rien sur lui ! protesta Ace, tremblant. Et j't'interdis de…
- Tu m'interdis… ? ça y est… quelques mois de vadrouille et tu te crois d'avoir des prétentions… ? ricana l'homme de sa voix grave teintée d'une moquerie perverse.
- Et vous… ? qu'est-ce qui justifie que vous lui parliez de cette manière… ?
Law commençait à sérieusement croire qu'Ace n'avait pas exagéré ; il avait en revanche beaucoup de mal à comprendre comment deux individus de ce genre avaient pu donner naissance à un garçon aussi parfait qu'Ace, ou doux comme Luffy.
L'homme laissa un sourire étrange étirer ses lèvres, dans la pénombre. Law ne voyait pas ses yeux et ça le dérangeait.
Qui était ce type… ?
Le sourire s'agrandit – un sourire fourbe – quand l'homme remarqua sa perplexité et Law sentit que le reste de la conversation n'allait pas lui plaire.
Pas lui plaire du tout.
- … Trafalgar Law. Comment va ton père ?
« L'enfoiré. Fils de pute. »
Law serra les dents et Ace amorça un mouvement de recul, surpris.
Law avait toujours prétendu que ses parents étaient morts ; pourtant, cette réaction n'était pas celle de la colère ou du chagrin, mais l'expression d'un lourd sentiment de haine et d'appréhension. Qu'avait-il à redouter, s'il était orphelin ?
- Alors ? insista-t-il.
- Je n'ai plus de père ! martela Law, furieux.
- La belle affaire. Il ne t'a pas oublié, tu sais… ? il attend le retour du fils prodigue…
- Traf', de quoi il parle… ?
- De rien du tout ! Vous, bouclez-la… !
- Il se demande où est passé son unique et adoré petit garçon, depuis toutes ces années. Il a pris soin de se rappeler à ton bon souvenir mais tu n'as pas eu l'air de bien saisir le mess-
Trafalgar ôta le cran de sûreté de son arme et tendit le bras, le canon s'immobilisant à quelques centimètres du front de l'homme qui souriait toujours dans le noir, imperturbable.
Ace cria et tenta de le faire lâcher prise, mais c'était peine perdue.
- Fermez-la, cracha Law, hors de lui, alors que des points rouges se figeaient sur son front et son cœur.
- LAW ! ARRÊTE ! hurla Ace en courant se mettre devant son père. Papa, ça suffit, on rentre !
- Tu n'iras nulle part avec eux ! rétorqua Law. Hors de question que j'te laisse partir avec des cinglés pareils !
- Est-ce que tu sais seulement qui je suis ? s'emporta l'homme en s'emparant de la lampe torche qu'un de ses hommes portait, la braquant sur son propre visage.
Sous le choc, Law écarquilla les yeux, et ses doigts se relâchèrent sur la crosse de son arme ; un des gardes du corps en profita et il fut plaqué au sol, le visage dans la neige, un genou entre ses omoplates l'empêchant d'esquisser le moindre mouvement.
Une chaussure cirée se glissa sous son menton et le releva ; Law serra les dents, un filet de sueur perlant sur sa joue malgré le froid polaire qui régnait dans la nuit.
- Tu me reconnais, maintenant… ?
Law garda le silence et le garde du corps lui tordit le bras.
- Réponds !
- Gol D. Roger, cracha-t-il en soutenant son regard noir. Le Secrétaire à la Défense…
S'il s'était attendu à ça… Ace protestait et se démenait contre les bras qui le retenaient. Law avait du mal à réfléchir. Les supplications de l'adolescent le perturbaient et l'empêchaient de penser rationnellement.
- Tout juste. Alors, si l'envie me prend de te faire croupir le reste de ta misérable existence dans la prison la plus reculée de ce foutu pays, sache qu'il ne me faudra pas plus d'une heure pour que l'attorney général ne m'accorde ce petit privilège…
- Et en vertu de quoi est-ce que vous m'enfermeriez ? le nargua Law. Vous n'avez strictement rien contre moi.
Lentement, Roger s'accroupit, empoigna ses cheveux et lui tira violemment la tête en arrière ; Ace voulut se jeter entre eux mais un des gardes l'en empêcha, le rattrapant à la volée – et l'adolescent était loin de faire le poids.
Law soutint le regard du visage qui lui faisait face.
Ace tenait un peu de son père, c'était indéniable. Les mêmes cheveux sombres, l'expression du visage en général. Le même sourire, même si c'était dur à avouer. Luffy lui ressemblait plus, à ce qu'il avait vu des photographies.
Ace avait les traits plus fins de sa mère. Ses yeux en amande, ses taches de rousseur, l'ovale de son visage. Sa mère…
Son cerveau tournait à cent à l'heure, une grosse partie tournée sur la situation désastreuse dans laquelle il se trouvait, et une autre qui se remémorait tout ce qu'il savait d'Ace. Son regard se tourna sur la silhouette menue qui se tenait près du géant, et son esprit fit le reste. La femme de Gol D. Roger... il devait faire un considérable effort de mémoire. Ses souvenirs des dernières élections, où le gouvernement d'Akainu avait été présenté à la Maison Blanche, quelques semaines après l'investiture, cinq ans auparavant.
Rouge. Portgas D. Rouge. C'avait soulevé par mal d'interrogations, à cette époque. Roger était un puriste, un "sang-pur" comme il aimait s'appeler. Un descendant direct des Pilgrim Fathers, qui avaient fondé les États-Unis d'Amérique. Il revendiquait ses idées racistes et militait contre l'immigration – logique hypocrite, quand tu nous tiens – quand il n'était encore qu'un sénateur, pas même encore dans la ligne de mire d'Akainu pour son administration. Alors... qu'il s'entiche d'une étrangère...
Elle avait fermement lutté contre ça, prétextant être une pure américaine, mais elle n'avait dupé personne.
Voilà pourquoi le gosse parlait aussi bien la langue de Molière : Portgas D. Rouge était française.
Ils poussaient l'hypocrisie jusqu'au bout... Ace l'avait prévenu. Ses parents étaient de vraies ordures et mentir devait faire partie de leurs prérogatives.
Ils étaient tous les deux hauts placés dans l'administration d'Akainu. Leurs revenus leur assuraient un train de vie très confortable, et Law était prêt à parier qu'en plus de ça, ils passaient leurs vacances là-bas. D'où les photographies qu'il avait vues dans le carnet d'Ace.
Et si Rouge parlait français dans leur maison, pas étonnant que le gosse ait appris cette langue avec une facilité déconcertante.
Et dire qu'il s'était imaginé les pires scénarios sur le passé du gamin… la réponse était là, sous son nez. Ace et son aversion des informations, parce qu'elles lui rappelaient la présence constante de ses parents. Ses parents, qui avaient la mainmise sur toute la Caroline, et dont l'ombre s'étendait sur chaque kilomètre carré des États-Unis.
- Enlèvement et abus de mineur. Ace avait 17 ans quand il est parti de la maison, pas 18. Tu peux tirer pas mal de décennies de prison pour ça et je peux te garantir que je pourrais m'assurer que tu les fasses jusqu'au bout. Incompressibles. Et qu'on oublie de te faire apporter de la flotte et de la bouffe pendant le mois qui suit ta supposée libération. Personne n'osera faire le contraire, crois-moi.
- Papa, arrête… ! implora Ace. J't'en prie… ! Maman, fais quelque chose… !
- C'est de ta faute, Ace, répliqua-t-elle. Si tu ne t'étais pas enfui comme un lâche, rien de tout ça ne serait arrivé ! assume, maintenant !
L'adolescent se tendit, et Law vit passer dans ses yeux bruns une expression qu'il s'était juré de ne plus laisser revenir – une immonde culpabilité.
Tous ces mois passés à lui faire surmonter ce sentiment n'avaient servi à rien ; Ace était bel et bien persuadé qu'il était encore une fois responsable de cette situation.
Law voulait hurler sa rage et son impuissance. Faire comprendre à Ace que ses parents faisaient tout pour le voir ployer à nouveau, pour le briser et mieux le contrôler.
- Les écoute pas ! s'écria-t-il. Ace, c'est pas de ta faute, ça n'a rien à voir ! j'te l'jure !
- Si, c'est d'ma faute… ! si tu m'avais laissé crever comme un chien dans ce désert… t'aurais continué ta vie et je…
- Je refuse de t'entendre dire ça ! cria Law en se débattant contre l'étreinte du garde du corps. T'entends ?! …
Roger lui écrasa le visage dans la neige d'un coup de talon, le faisant immédiatement taire avant de tourner la tête vers Ace, le regard sombre.
L'adolescent vit beaucoup de choses dans ce regard : de la haine, de la colère. Des sentiments violents, que Roger ne lui cachait pas, et qui lui étaient entièrement destinés. Ace avait la preuve définitive que son père le haïssait et, pire, ne l'avait jamais aimé. Pas un seul instant.
Ace avait souvent rêvé d'une vie où ses parents l'auraient chéri, où sa mère l'aurait étreint en lui murmurant qu'elle l'aimait, où son père l'aurait félicité pour ses notes et lui aurait fêté son anniversaire chaque année. Rêvé d'une vie où tout aurait été plus simple, où Luffy serait toujours là.
Rêvé, seulement.
- Il ne t'a jamais rien dit sur sa famille, pas vrai… ?
- Je m'en fous ! s'écria Ace en s'arrachant enfin à l'étreinte du garde pour se jeter à genoux dans la neige, repoussant la jambe de son père pour dégager le visage de Law.
Law cracha dans la poudreuse le sang qui coulait de sa lèvre fendue et fixa le géant avec hargne. Il n'allait pas le dire… il n'oserait pas… ?
- Don Quixote Doflamingo, murmura Roger.
- Hé ben quoi ? rétorqua Ace en essayant de repousser le garde qui maintenait toujours Law au sol.
- C'est son père. Le père de l'homme avec qui tu t'envoies en l'air, cracha Roger.
Ace baissa les yeux vers Law qui détourna le regard, les dents serrées. Il s'était juré de ne plus jamais avoir affaire à lui, et voilà que ce nom ressurgissait à nouveau du passé, malgré toutes ces années. Il faisait tout ce qu'il pouvait pour éviter soigneusement celui qui l'avait élevé. Et pour cause.
Abasourdi, Ace se laissa tomber les fesses dans la neige, le cœur battant à tout rompre.
Il avait déjà entendu ce nom à de très nombreuses reprises. Don Quixote Doflamingo était à la tête d'une pègre en plein développement dans les états de l'est, où il vivait comme un roi et exerçait une influence considérable sur tout ce que son regard embrassait.
Trafics en tout genre, gangs, exécutions… il avait la main sur tout ce qui se tramait de louche dans la côte Est des États-Unis et la manufacturing belt, et son empire gagnait peu à peu du terrain.
Il était la raison pour laquelle Roger et Rouge n'étaient pas allés chercher Luffy, ce jour-là, au collège : trop de travail et de préoccupations politiques après l'explosion de l'usine SAD.
Don Quixote monopolisait leur attention depuis des années ; Ace en entendait vaguement parler – ses parents n'étaient jamais à la maison, trop occupés à suivre les directives de leur acharné de président – entre deux conversations de ses géniteurs, et les informations à la télévision.
Cet homme représentait tout ce que Sakazuki, Roger et Dragon haïssaient. Et Ace, par extension, détestait celui qu'il considérait comme le responsable indirect de la mort de Luffy.
… et c'était lui, Law, qui était chargé de prendre la relève de son père. Le fils dont personne ne connaissait le visage, pour la bonne raison qu'il n'était plus aux ordres de son père depuis une décennie entière.
Ace songea avec amertume qu'il avait fait assassiner la future femme de son propre fils par simple vengeance. Et Law n'avait jamais cherché à laver cet affront, en une année entière... ? Ace en doutait, à présent. Lui-même n'aurait pas besoin de grand-chose pour se retourner mortellement contre ses parents s'ils s'étaient avisés de faire du mal à Luffy.
- Doflamingo l'a adopté alors qu'il n'était qu'un gamin même pas sorti des jupes de sa mère. Il lui a appris toutes les ficelles du métier, et il était en train de devenir la même belle petite ordure que son père quand sa bourgeoise lui a ramené les pieds sur t-…
Law lui cracha à la figure ; le garde lui décrocha un coup de pied dans le cou qui lui coupa le souffle, tandis que Roger s'essuyait lentement, le regard sombre.
- Pas… Jewelry… geint Law, furieux. J'vous… interdis de… parler d'elle…
- Tu crois que tu es en position de me dire quoi que ce soit… ? s'esclaffa Roger en lui relevant le menton du bout de sa chaussure. Si je décide de te mettre une balle dans la tête maintenant…
Un canon froid se posa sur sa nuque et Ace implora de plus belle, désespéré et paniqué. Law ferma les yeux, résigné.
Il n'était plus à ça près.
- … personne n'en saura jamais rien, et ta petite vie merdique s'arrête là. Ace est promis à quelque chose de beaucoup plus grand que votre vie de roadies, et je ne permettrai pas que mon fils s'abaisse à vivre dans une antiquité rouillée avec une pourriture dans ton genre.
- Alors allez-y, murmura Law, les yeux baissés dans la neige. Si vous me connaissez si bien, comme vous le prétendez, vous devez savoir qu'on m'a appris que mourir n'était qu'une expérience. Alors faites ce que vous avez à faire, qu'on en finisse.
Ace se tirait les cheveux à se les arracher, totalement paniqué ; il était inconcevable, dans son esprit, que Law puisse mourir. Pas comme ça. Pas alors qu'il l'aimait désespérément.
Désespérément…
Pris d'une intuition soudaine, Ace agrippa l'arme de service d'un des gardes et colla le canon sous son menton – sa mère cria et il l'arrêta d'un regard noir, malgré les larmes qui inondaient ses joues, alors que tous se tendaient autour de lui.
- Si tu le tues, alors je meurs aussi ! cria-t-il à son père.
- Tu n'auras pas ce courage, sourit Roger. Tu n'en as jamais eu et tu n'en auras jamais.
L'adolescent ôta le cran de sûreté et posa son doigt sur la détente ; s'il devait retenir quelque chose de tous ces mois passés avec Law, c'était ça : le courage. La force des convictions, la liberté et l'envie de vivre.
Tous ces principes, pas forcément incompatibles, même en cet instant – mourir sans regrets, puisqu'il en avait l'envie. Puisqu'il avait choisi.
Roger fronça les sourcils et leva une main ; le canon se retira de la nuque de Law qui tourna la tête et plongea son regard dans celui du jeune garçon.
- Ne fais pas ça, murmura-t-il. Crois-moi, ça n'en vaut pas la peine… je n'en vaux pas la peine.
- C'est à moi de décider, et je préfère mourir plutôt que de laisser quelqu'un se sacrifier pour moi… !
- C'est un cercle sans fin, morveux. S'ils me tuent, tu meurs. Et si tu meurs par toi-même, ils me tuent.
Ace se sentit aussitôt stupide – Law avait raison. Comme toujours.
- Lâche prise, chuchota Law. Tu m'as promis de vivre et je veux que tu tiennes cette promesse. Ton père a raison, il y a beaucoup mieux pour toi que cette vie.
- C'est pas c'que j'veux et tu le sais…
- On ne fait pas toujours ce qu'on veut, Ace…
Oh non. Il le savait plus que quiconque ; tout ce qu'il désirait, c'était emmener Ace loin d'ici et lui dire les mots qu'il n'avait jamais osé lui dire avant cet instant.
Et ça non plus, il ne pouvait pas le faire.
Roger baissa les yeux, son regard vrilla Law toujours au sol et sa bouche se tordit dans une expression sévère. Et autoritaire, qui ne supporterait aucune réplique.
- Tu as deux minutes pour dire définitivement adieu à Ace. Et si tu cherches à le revoir, peu importe la manière… je te tue. J'espère que le message est clair. Pour vous deux.
Il releva la tête et toisa son fils.
- On part, lança Roger en faisant signe à son équipe. Deux minutes, Ace. Considère que c'est bien assez. Et compte sur moi pour te faire passer l'envie de nous faire tourner en bourrique.
Le garde du corps consentit à relâcher sa prise sur Law, qui se releva en époussetant la neige accrochée à ses vêtements ; Gol D. Roger et Portgas D. Rouge s'éloignèrent vers la limousine restée en arrière, escortés par les agents impassibles.
Doucement, il essuya les larmes qui roulaient sur les joues d'Ace ; ils n'avaient plus que deux minutes et c'était beaucoup plus qu'il ne pouvait espérer.
- Law, je-
- Attends, laisse-moi parler, souffla-t-il en prenant son visage entre ses mains.
- Je sais très bien c'que t-…
- Ace, s'il te plaît, pour une fois dans ta vie, tais-toi et écoute-moi, on a pas beaucoup de temps.
Le jeune garçon ravala ses protestations et posa ses mains sur les siennes, le dévisageant en s'imprégnant de chacun de ses traits.
- Tu vas me faire une promesse.
- L-…
- Non, tais-toi ! je veux que tu me promettes de tout faire pour être heureux. Tout, d'accord ? Vis. Amuse-toi. Profite de ce que la vie te donne, parce qu'on ne sait jamais quand est-ce qu'elle décide de tout reprendre…
- Elle nous a déjà tout pris, chuchota Ace en se rapprochant. Qu'est-ce que tu veux qu'elle nous prenne de plus… ?
- Si tu meurs, alors je n'aurais définitivement aucune raison de rester là.
- Je… j'veux pas d'une vie comme ça, je… la mienne vaut rien, à leur yeux…
- Et pour moi elle vaut plus que tout ce que je pourrai jamais te donner…, murmura Law en passant son pouce sur ses lèvres, avant de se pencher pour l'embrasser à pleine bouche.
C'était un baiser comme Ace n'en avait jamais eu ; à la fois plus tendre, et plus passionné que tous les autres. Avec un goût salé, légèrement amer. Un parfum de larmes.
Un baiser d'adieu.
Il se cramponna à sa veste et lui rendit son étreinte avec la force du désespoir ; Law s'arracha à lui mais Ace reprit ses lèvres, avide – il n'en avait pas eu assez et, s'il avait su, il aurait profité des baisers de Law beaucoup plus souvent.
Leurs langues se caressèrent, leurs lèvres se mélangèrent ; ils se respirèrent l'un l'autre, s'enlaçant étroitement, leurs corps s'épousant à la perfection.
Ace songea à son corps qu'il n'étreindrait plus, à son parfum qu'il ne humerait plus jamais. À son visage qu'il ne verrait plus à son réveil.
- Deux minutes, claqua la voix de Roger, au loin. Ace, viens ici.
Quinze seconde de dialogue et un peu plus d'une minute de baiser effréné ; Ace n'avait pas vu le temps passer. Il ignora la voix de son père et noua ses bras autour du cou de Law. Des pas se rapprochèrent et Law le repoussa brusquement avant de se détourner et d'ouvrir rageusement la portière de l'Aston.
- Tu as promis, rappela-t-il.
- Law…
Il claqua sa portière, mit le contact et démarra ; le moteur rugit, cachant la voix d'Ace qui l'appelait désespérément.
L'adolescent était retenu manu militari par deux gardes, qui l'empêchaient de se ruer vers la voiture.
- Law !
Il l'ignora, passa la marche arrière et s'éloigna dans une gerbe de neige, avant de donner un coup de volant pour se mettre face à la route ; il n'avait qu'à passer une vitesse, et tout serait terminé.
Ses doigts se crispèrent sur le volant et il tourna la tête, jetant un dernier regard empli d'amertume et de regrets à sa petite tête à flammes.
C'était mieux comme ça. Roger avait été clair ; si Law cédait et retrouvait Ace, il le tuerait. Et Ace était assez fou et dépourvu d'espoir pour se suicider... et ça, Law ne l'acceptait pas. S'ils étaient séparés, ils vivraient. Douloureusement, mais comme ils l'avaient tous les deux dit... c'était plus simple de mourir. Trop aisé.
Il voulait faire demi-tour. Emmener Ace avec lui. Il regrettait de ne pas avoir pris le temps de savourer les moments passés à ses côtés. Il regrettait de ne pas pouvoir lui demander de quitter l'Aston et d'avoir un endroit à eux, rien qu'à eux, sans le reste et l'ombre de leur passé.
Il regrettait tout, comme d'habitude.
Dix mois de rires, de larmes et d'étreintes, qui se terminaient en quelques minutes. C'était cher payé pour avoir le droit d'oublier l'amertume de leur vie.
- LAW ! hurla Ace, bras tendus vers lui, le visage inondé de larmes.
Il accéléra et l'Aston mordit le bitume avant de s'éloigner à plein régime vers l'Ouest, dans la direction totalement opposée à Baltimore.
. . . . .
Ace regardait le paysage défiler derrière les vitres teintées, un dossier barré sur les genoux ; ses doigts s'y raccrochaient avec force. Toute la vie de Law tenait dans ce papier cartonné. Les résultats de l'enquête que ses parents avaient menée ces derniers mois.
Le silence dans la limousine était pesant. Personne n'avait échangé un mot depuis près d'une heure.
- Il vient de Nouvelle-Zélande, grogna Roger en contemplant ses propres notes. Putain d'indigène.
- C'étaient ça, les horreurs qu'il avait sur la peau ? grimaça sa mère à ses côtés.
La limousine était spacieuse, et pourtant, Ace s'y sentait de plus en plus à l'étroit, comme si les parois de la voiture se rapprochaient pour l'écraser.
- C'étaient pas des horreurs, marmonna-t-il. C'étaient des tatouages maori.
- Qu'est-ce qu'on en a à faire ?
- Rien, mais ça faisait partie de sa culture et il a le droit de faire ce qu'il veut de son corps.
- Sa culture, ricana Roger en lissant sa moustache proéminente. C'est beau, hein, ça fait exotique ? ton petit-copain qui vient de la Polynésie… tu sais comment il a tourné, une fois que ses parents sont passés ad patres et que Doflamingo s'est occupé de lui… ?
- Ça m'intéresse pas, souffla-t-il, la voix sourde.
- Si tu ne lis pas, je le fais pour toi, menaça son père, profondément agacé.
- J't'écouterai pas.
La gifle fut cuisante, mais il tint bon, les yeux rivés sur la forêt qui bordait la route.
Sa mère pouvait le frapper autant qu'elle le voulait, ça lui était totalement égal. La perte de Luffy avait brisé son cœur, et perdre Law lui avait retiré tout ce qu'il lui restait de bonheur et de plaisir. Il haïssait ses parents plus que tout, et il aurait donné n'importe quoi pour qu'ils se soient plantés en voiture à la place de son petit frère.
Il ne s'était jamais réellement entendu avec eux ; leurs opinions divergeaient, Ace ne supportait pas la vie coincée qu'ils menaient, mais il avait toujours fait des efforts pour leur plaire. Aujourd'hui, tout ce qu'il désirait, c'était les envoyer se faire foutre.
- Laisse, chérie, ne te fatigue pas, murmura Roger en saisissant le menton de son fils dans sa main, tournant brusquement son visage pour l'obliger à le regarder. On n'a rien à tirer de cette petite tête de con pour le moment, tu le sais bien.
- Je vous déteste, cracha Ace en se dégageant de l'étreinte de son père.
- Ne t'en fais pas, on ne t'aime pas non plus, répliqua Rouge. Seulement, on ne peut plus se permettre de laisser notre fils aller et venir comme un vagabond. C'est d'un mauvais genre, même pour toi. Les gens se posent des questions.
- Depuis quand vous vous intéressez à mon existence, hein ? vous vous êtes toujours bien foutus de savoir si ma vie était heureuse pendant dix-huit ans, c'est pas maintenant que vous n-
- Ton existence ? on parle de l'image, ici, n'aies pas l'audace de croire que ta vie a autant de valeur à nos yeux que celle de Luffy.
- Je préfère encore que Luffy soit mort plutôt qu'il vous entende dire ça, rétorqua l'adolescent.
Sa mère blêmit dangereusement et Ace se plut à croire que le choc allait lui causer une crise cardiaque. Ça ne serait que justice.
Roger le saisit par les cheveux ; Ace serra les dents et agrippa son poignet, s'efforçant de lui faire lâcher prise, mais son père se contenta de le secouer comme un fétu de paille.
- Trafalgar Law était un dépravé de la pire espèce avant qu'il ne rencontre Jewelry Bonney, cracha-t-il, retenant ses poignets pour l'empêcher de se boucher les oreilles. Un salaud, une ordure, un déchet de l'humanité… ! il était sous les ordures de la pourriture qui lui servait de père et il s'y plaisait très bien avant qu'elle vienne se trémousser devant lui !
- Tu mens ! s'écria Ace.
- Je mens ?!
Il ouvrit le dossier d'un geste rageur et lui baissa brusquement la tête au-dessus des feuilles – Ace vit ses larmes tomber sur les rapports que ses hommes lui avaient ramenés.
- Tu crois que le fric qui déborde de ses valises vient de la vente de légumes sur les festivals du coin ?! Trafalgar Law dealait et il se faisait des putains de couilles en or ! il engraissait le marché noir et il entretenait la merde que son père répandait partout !
- JE LE SAIS DÉJÀ ! Et j'en ai rien à foutre !
- Ce type s'est toujours servi de tout le monde pour arriver là où il en est aujourd'hui ! il était sur le point de se faire coffrer quand il a raccroché pour se ranger des voitures avec sa petite bourgeoise ! le hasard fait bien les choses, non ?!
- T'as pas le droit de parler de lui comme ça ! tu le connais même pas !
- Son père souille le sol de ce pays par sa simple existence… alors si j'entends encore parler de Trafalgar Law, tu peux être sûr que je mettrai fin à la menace qu'il représente !
Roger le relâcha et passa son bras sur les épaules de sa femme, qui toisait Ace avec un mépris évident – plus intense que celui qu'ils lui manifestaient régulièrement depuis sa naissance.
L'adolescent tremblait, ses ongles s'enfonçant dans la pochette posée sur ses genoux. Il baissa les yeux et contempla les clichés pris à la dérobée.
Beaucoup semblaient anciens. On y voyait Law, adolescent, aux côtés de Doflamingo, ou des poids lourds de l'organisation.
Il reconnut Alvida, la femme de Baggy, le type au nez proéminent qui occupait une place de choix dans l'organigramme du réseau Dressrosa. Il y avait Buffalo et une femme qui se faisait appeler Baby Five, et encore d'autres grosses pointures. Et toujours, l'une d'entre elles se trouvait dans l'ombre de Law. Discrète, mais bien là.
D'autre photographies, prises en rafale, où Law marchait dans la rue, mains dans les poches, encadré par d'autres soldats de Doflamingo. Ace ne put s'empêcher de remarquer que Law, malgré les seize ou dix-sept ans qu'il avait au moment des prises de vue, avait déjà la silhouette qu'il lui connaissait aujourd'hui. Grande, musclée et forte. Forgée par une vie difficile où Doflamingo, lui-même un géant largement de taille à rivaliser avec Roger, l'avait formé à être le meilleur.
Déjà, aussi, son expression était glaciale. Sombre, impénétrable. Ace savait que ce visage ne quitterait plus jamais Trafalgar. Il en avait beaucoup trop vu, beaucoup trop fait, beaucoup trop enduré pour avoir un jour la chance d'arborer une expression sereine.
Être numéro 2 de l'organisation alors qu'il n'était pas même majeur, s'assurer une vie confortable, à l'abri de tous les manques… en quittant tout pour Jewelry, il n'avait certainement pas choisi la facilité. Ace savait qu'il l'admirerait toujours pour avoir eu le courage de faire tout ça.
- Qu'est-ce que tu croyais, hein ? qu'il t'aimait ?! ricana Roger en croisant ses longues jambes. Oh, Ace, redescends un peu sur Terre, t'as juste été un foutu passe-temps pour lui, il avait besoin de se vider, et quoi de mieux qu'un gamin ramassé sur le bord de la route pour ça… ?
Ace était écœuré ; il songea à Luffy et ferma les yeux, fort, jusqu'à sentir son sang pulser dangereusement dans ses oreilles.
Oui… il préférait que son petit frère ait quitté ce monde plutôt que de le voir un jour assister à ce genre de scène.
Ses parents lui donnaient la gerbe. Une envie de vomir viscérale. Il entendit vaguement la voix de son père lui annoncer qu'il était consigné à la maison jusqu'à nouvel ordre, que ses cours se feraient à domicile et, qu'il le veuille ou non, que sa vie allait prendre un tout nouveau tournant.
- Tu n'as rien à dire ? siffla Rouge, agacée par son silence.
- Il sait simplement où est sa place, chuchota Roger, ses yeux noirs vrillant ceux de son fils.
Ace laissa sa tête retomber contre la vitre, ferma les yeux et ramena ses genoux sous son menton, lové sur lui-même, nouant ses bras autour de lui. Penser que Law ne serait plus la première et la dernière chose qu'il verrait à chacun de réveils lui faisait mal au-delà du raisonnable.
Il avait eu dix mois pour le connaître, l'apprivoiser, le tester et l'aimer. Dix mois pour apprendre à tourner la page, dix mois pour oublier un peu la douleur de son cœur.
Dix mois pour vivre, enfin.
Tout ça grâce à un homme qui avait tout perdu et qui voyait en lui son propre reflet, pétri de souffrances et de culpabilité. Ils s'étaient raccrochés l'un à l'autre, s'étaient trouvés quand ils en avaient le plus besoin... et avaient tout perdu à nouveau.
Ace songea au parfum et à la douceur des baisers de Law et s'endormit ainsi, le dossier serré contre sa poitrine.
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Je... crois que c'est le moment de courir. Genre maintenant. *déguerpit en sentant que la situation commence à sentir le vieux sushi*
Je vous dis à dans une semaine pour le chapitre 28... qui sera le dernier de la fiction, hors épilogue. [... t'as pas fait de prologue] aaah ben tiens, j'l'attendais, celle-là... ! je fais c'que j'veux ! [Bon, bon... dém*rde-toi...]
En espérant que tout vous a plu... si vous avez encore des questions, je suis là, mais je crois que tout a été à peu près éclairci... *croise les doigts*
J'attends les missiles. Go ! Merci à toutes de me suivre dans cette aventure :)
