Quelques jours venaient de passer où les choses s'étaient enchaînées. Après la confrontation au bureau du shérif, tout était pareil au chaos dans la vie d'Emma, déjà elle avait eu une TONNE de paperasse à remplir, redevenir shérif après autant de temps nécessitait beaucoup de travail et de remise à niveau surtout au sujet des affaires qui s'étaient multipliées … voire doublé en deux jours ! En effet Regina lui faisait vivre l'enfer, lui donnant des tâches des plus insignifiantes comme un chien errant qui rôde et terrorise une famille avec son ombre, ou même prévention des dangers de la violence dans les bars bref, elle faisait tout pour lui faire payer le retour de Marianne. D'ailleurs plus les tâches insipides augmentaient, plus elle doutait de son vrai bonheur. Plus elle doutait d'y avoir droit, déjà car elle n'arrivait pas à capter un moment avec Killian.. ou plutôt évitait d'en avoir. Sa culpabilité la rongeait tellement qu'elle retournait au travail aussitôt qu'il tentait une approche. Celui-ci resta patient, quelques temps du moins. Mais maintenant qu'il avait réussi à faire tomber quelques barrières qui l'entouraient il était hors de question qu'il la laisse faire machine arrière.

Un jour il s'était pointé au bureau du shérif après s'être assuré que David n'y était pas.

*Killian rejoint le bureau du shérif, un cup de chocolat chaud à la cannelle dans une main. L'odeur fit immédiatement relever la tête de la blonde de ses papiers. L'odeur de la cannelle ? Ou celle de l'océan et du cuir qui s'apparentaient à la présence du pirate continuellement et lui faisait tourner la tête chaque fois de plus en plus ? Elle ne l'avouera jamais.

Cependant elle rabaissa immédiatement la tête sur ses documents :

« Un soucis Killian ? »

« Bonjour à toi aussi love. »

Il avait tenté d'être neutre dans sa phrase, mais la froideur n'échappa pas aux oreilles de la sauveuse qui soupira, affaissant ses épaules, se leva et s'approcha, lui vola un baiser, sec, puis lui prit la tasse :

« Bonjour Killian, désolée j'ai beaucoup de travail. »

« Je vois ça, mais il faut savoir se détendre aussi. Et il paraît que je suis une très bonne distraction » la taquina-t-il, essayant de relativiser sur ce bonjour sec et court auquel il eut droit pour la première fois depuis plusieurs jours. Au moins elle ne faisait pas marche arrière, sinon elle l'aurait déjà renvoyé dans ses deux deux connaissant la sauveuse. Mais les choses n'allaient pas en s'améliorant.

Avec exaspération elle retourna s'asseoir, reprenant de la distance :

« Je n'ai pas le temps Killian, si tu veux bien m'excuser. »

Il haussa un sourcil, refroidit :

« Arrête de fuir »
« Tu commences à radôter. »
« Et toi tu recommences. Alors parle-moi, ou lâche ce que tu as sur le cœur, mais arrête de fuir. »

« Je ne fuis pas »

« Tu esquives, tu croules volontairement sous le travail pour ne pas avoir à me faire face. »

« Tout n'est pas forcément en rapport avec toi »

Il s'approcha, et d'un geste tourna sa chaise pour qu'elle lui fasse face. Posant son crochet et sa main sur les accoudoirs de la chaise, la forçant à le regardant :

« Alors si ce n'est pas moi, qu'est-ce ? »

Elle resta interdite, le regardant dans les yeux puis les baissant. Quelque chose se fissura en lui, alors qu'il s'accroupissait.

« Je croyais pourtant que tout commençait bien.. »

« C'est le cas mais... Je me sens coupable par rapport à Regina. »

Il montra son incompréhension, lui disant qu'il ne voit pas le rapport.

« Je ne vois pas comment être heureuse, et profiter de mon bonheur alors que j'ai brisé le sien. »

Elle avait laché l'information sur un ton tendu. Killian s'approcha et prit son visage dans sa main :

« Tu ne vois peut-être pas le comment, mais moi je vois le pourquoi : car tu le mérites. Plus que quiconque. Tu t'es battue toute ta vie pour quitter le monde des orphelines afin de trouver ta famille. Your home. Tu n'as pas brisé le bonheur de Regina, tu as réuni une famille, sans le savoir. The queen réussira toute seule à retrouver le bonheur, sans qu'en plus tu te mettes à faire la grève pour la soutenir. »

Elle le regarda, et posa son front contre le sien, soupirant, elle n'était pas forcément convaincue.. Mais ce qui était sûr, c'est que chaque fois qu'elle douterait, il lui rappellerait ce qu'il faut.

« Comment se fait-il qu'à chaque fois que je doute tu sois là pour me rattraper ? »

« Je suis là pour ça love. Et resterais là pour ça. »*

Entre temps, après avoir mis de l'ordre au bureau et dans ses effets professionnels, Henry et Emma visitèrent un appartement, en bord de mère, qui leur plut énormément. Ils signèrent et Emma fit en sorte que leurs affaires soient empaquetées et livrées au plus tôt par des professionnels. D'ailleurs elle aurait sûrement besoin d'un coup de main, et c'est peu de le dire, de quelques personnes.


Les choses s'étaient largement amélioré depuis la discussion du bureau, ils tentaient de se voir plus avec Killian, mais toujours en cachette. Cependant la tension montait, de manière spectaculaire.

Actuellement plaquée à lui dans le couloir de chez granny's, Emma s'adonnait à cœur joie au plaisir des baisers que le pirate lui prodiguait. Ses mains se baladaient sur sa nuque et son buste, a hauteur décente, mais la chaleur grimpante entre ceux deux-ci aurait pu pousser à plus d'indécence. Seulement ils voulaient prendre leur temps, c'était la règle. Mais encore combien de temps ?

La main de crochet qui, après multitudes de scènes de ce genre volées à la dérobée, s'était abandonnée dans ses cheveux, pendant de son crochet, calé dans son dos pour la rapprochait ne bougeait pas.

« J'étais venu... te demander... si tu pouvais... nous aider... à emménager... avec Henry. » Elle tentait de parler, mais chaque fois il reprenait ses lèvres et elle ne l'aurait empêché pour rien au monde.

« Hum, j'aurais plaisir à t'aider à monter le lit »

Un léger rire échappa de la gorge d'Emma, qui tentait de reprendre son souffle, jetant des oeillades aux alentours pour vérifier qu'aucun espion n'était là.
« Il va peut-être falloir arrêter de se cacher » souffla-t-elle.

Killian acquiesca, frôlant ses lèvres :
« Que dirais-tu d'un diner, ce soir ? »

Emma fronça les sourcils, surprise : « Un diner ? »

« Oui, toi, moi.. histoire d'officialiser ? » murmura-t-il en laissant son pouce caresser sa joue, puis ses lèvres, pouce qu'elle embrassa d'ailleurs. Le cœur de Killian faillit lacher à ce seul geste d'ailleurs.

« Comme un rendez-vous ? »

« Si tu ne veux pas... » s'inquiéta-t-il légèrement mais elle le coupa en l'embrassant. Idée approuvée conclut-il.

Plus tard il se séparèrent Emma devant retrouver ses parents pour voir comment allait son petit frère. Le capitaine rejoint Henry.


Elle était arrivée depuis un moment et jouait avec les pieds de son petit frère, ce qui le faisait sourire. Snow était non loin derrière, à regarder avec amour, accompagnée de David. Lorsqu'il bava légèrement, la mère s'empressa de prendre son enfant dans les bras pour lui éponger la bouche d'un bavoir.
Emma observa les traits de sa mère, fatigués, mais une belle fatigue, du genre de celle d'une personne heureuse et qui ne pouvait être davantage comblée ! Il faut dire que même si le petit Neal leur menait les nuits dures, il était adorable, à croquer !

David regardait amoureusement sa femme, puis se tourna vers Emma, qui souriait niaisement devant cette scène maternelle qui lui rappelait beaucoup celle de ces faux souvenirs d'avec Henry.

« Comment ça se passe au bureau ? »

« Bien, mais beaucoup de cas d'accidents du au givre. L'hiver est rude. »

« Pire que les années précédentes en tout cas, je n'ai jamais vu la température chuter autant !

« C'est du ressort de Regina de s'occuper de protéger la ville dans ce domaine. »

David se frotta la nuque, s'interrogeant sur la dernière scène où ils avaient été réunis avec Regina. Depuis plus grand monde à part Henry n'avait pu lui parler. En fait juste Henry. Elle s'enfermait beaucoup, rejetant tout contact autre que son fils. Robin n'eut pas faute d'avoir essayé.

Emma se releva, se raclant la gorge. Elle devait reprendre contenance :

« Je peux vous demander un service ? »

« Bien sûr, qu'y-a-t-il ? »
« C'est supposé être mon tour de garder Henry ce soir.. ça vous dérangerait de le garder ? »

Emma se félicita d'avoir réussi à ne pas faire monter le rouge à ses joues.

« Évidement, un tour de garde? Tu sais que je peux être de garde si tu veux passer un peu de temps avec Henry »

Presque se dit-elle intérieurement, elle a failli éviter l'interrogatoire.

« Euh non en fait.. c'est pour un rendez-vous »

Les charmings s'arrêtèrent et se tournèrent vers elle, Snow était toujours penchée sur le lit où était allongé son fils, avec lequel elle jouait, mais n'empêcha pas son regard inquisiteur aller vers sa fille :
« Euh, d'accord, pas de problème. »

Snow tentait de dissimuler un sourire alors qu'elle revenait vers Neal. Bien sûr en tant que mère elle avait capté les quelques signes de l'émoi. De son côté Charmant n'était pas très enclin. Il se doutait qui était derrière se rencard, mais son instinct de père souhaitait protéger sa fille de tous ces hommes qui pouvaient lui faire du mal, bien qu'il doute que le pirate puisse lui en faire et quand bien même il lui en ferait, Emma aurait tôt fait de lui botter les fesses avant qu'il n'ait sorti son épée. Mais son côté protecteur le poussait à vouloir une discussion avec le pirate. Il faut dire que les temps avaient changé, qu'il avait changé et plus encore. Une mise à jour s'impose.


De son côté, Killian allait toquer chez Henry. Il avait besoin d'un réel coup de main. Tout devait être parfait,et qui mieux que le fils de la femme qu'on aime pour nous conseiller ? Quand on est en bons termes en plus.

Henry ouvrit la porte, surpris de le voir là :

« Hey Killian, entre. Tu attends maman ? »

Le pirate se gratta l'oreille comme il le fait quand il est un peu gêné, ce que le jeune garçon ne manqua pas de remarquer et commença à sourire, il sentait que quelque chose d'assez drôle allait se passer, il n'imaginait pas à quel point. Il tenta de garder son sérieux et de maintenir son euphorie à l'intérieur. Une demande pareille ? On en entendait pas tous les jours de la part du pirate le plus connu de tous les disney. Le capitaine Crochet bien sûr.

Henry le guida alors vers la table pour tout lui expliquer, Killian ne manqua pas de retenir que la demande l'avait amusé et était réticent quant à tout ce qu'il allait devoir faire ou ne pas faire. Mais il vit dans le regard du garçon aucune animosité quant à ce qu'il se passerait.

C'est vrai qu'il faut dire, que c'est pas tous les jours que le Captain Hook débarque chez toi, et te demande « ce qu'il faut faire pour rendre un rendez-vous, dans ce monde, parfait. » Il n'imaginait pas à quel point les choses allaient être rudes !


Regina raccrocha. C'était au moins de trentième appel d'un habitant qui se plaint du verglas et du manque des bulldozer à neige qui pourrait mettre du sel dessus car les routes glaciales sont bien glissantes. Elle ne manqua pas de noter mentalement que le temps s'était rafraîchit nettement plus tôt que les années précédentes, ce qui l'avait intriguée, au point qu'elle tenait une carte sur laquelle elle cochait les endroits où on lui avait dit que c'était verglaçait, et la dernière croix suivait un chemin précis : vers la maison de Zelena. Cette donnée l'intrigua. On était en fin d'après-midi, elle pouvait bien partir pour enquêter. La mairesse enfila son manteau et s'en alla vers la ferme abandonnée de Zelena.

Là-bas tout était gelé, du givre couvrait tout, ce qui ne manqua pas d'intriguer la reine. Elle suivit un chemin de neige et de pas, qui menait vers la forêt. Elle s'arrêta à l'orée de la forêt, inspirant profondément. Elle avait passé plus de temps dans la forêt dernièrement pour accompagner Roland ou voir Robin.. Mais là, cela n'avait rien avoir, et plus rien avoir.. Elle se redressa fièrement et suivit le chemin.

« Tu vas quelques part ? »

Elle ne manqua pas de sursauter, mais ne se retourna pas. Cette voix lui était familière, bien trop familière pour être inoffensive. Elle entendit les pas se rapprocher, mais continua sa route :
« Je suis une piste pour trouver d'où vient ce givre. »

« Je dirais qu'il vient de l'hiver »

Elle secoua la tête, avançant toujours. Elle savait qu'il la suivait, et pas besoin d'entendre ses pas pour le savoir, c'était dans la chaleur qu'il dégageait quand il était près d'elle.

« Ca ne viendrait donc pas de la saison ? »

« Je ne pense pas non. »

Le fait qu'ils abordent un sujet neutre la soulagea, mais ne dénoua pas la tension dans ses muscles qui lui disaient de fuir avant de craquer. Mais rien à faire, elle était et resterait fière. Ils continuèrent longuement. Robin tentait de garder de la distance, dans son esprit c'était le chao entre Marianne et Roland, puis Regina.. Il ne savait trop comment se sentir. Ce qu'il savait c'est que quand il était avec Marianne il était bien et revivait l'amour de sa jeunesse.. Mais quand il était avec Regina, ses poumons se gorgeaient d'air, et il revivait, tout simplement.. C'était un renouveau.

Plus ils se rapprochaient, plus l'air se refroidissait, si bien qu'ils croisaient les bras, tremblant. Soudain un flash, comme une sorte d'onde les firent s'arrêter.. Puis ils coururent voir de quoi il s'agissait. Une autre onde bleu se dispersa, Regina en tête, elle n'eut pas le temps d'entendre Robin crier de faire attention, qu'elle se retrouva projeter au sol par celui-ci, une onde bleu passant juste au dessus d'eux.

Regina sentit le froid de la neige dans sa nuque, mais rien qui ne puisse la refroidir car Robin était sur elle, la maintenant au sol. Ils échangèrent un regard, long, qui témoignait d'une souffrance accrue. Sèche, elle le repoussa et se dégagea, s'éloignant :

« Regina ! »

Elle s'arrêta net, sans se retourner. Il s'approcha posant ses mains sur ses bras. Elle laissa planer cette position un moment avant de se défaire quand elle l'entendit ouvrir la bouche pour parler, sortant son téléphone, ce qui le coupa net :

« Que fais-tu ? »

« J'appelle la sauveuse, de toute évidence nous avons droit à une visite surprise d'une magie glacière. »

« Magie glacière ? Mais.. »

Elle lui fit signe de se taire alors qu'elle posait l'appareil sur son oreille.