La matinée était à peine entamée quand Regina alla prendre son café chez Granny's histoire de retrouver son fils, comme chaque matin depuis le retour de Marianne. C'était leur rituel et ça lui faisait un bien fou. Ainsi elle avait droit aux derniers rapports de la famille Charming, et toujours plus d'anecdotes sur New York à force que les souvenirs de plusieurs années de faux souvenirs lui reviennent. Beaucoup étaient des souvenirs de leur propre passé ensemble remodelés pour être réaménagés pour lui et Emma, mais qu'importe ? C'était une bouffée d'air frais.

Elle commençait à retirer ses gants alors qu'elle approchait du panneau du 'Dinner', quand elle les aperçut, la petite famille Hood.. Ils étaient heureux semblerait-il. Robin souriait, il tenait son fils dans ses bras, et Marianne essuyait ce qui restait au coin de la bouche de Roland. Regina resta figée un instant, mais assez pour attirer le regard de Robin qui se refroidit net. Il regarda Marianne et lui tendit Roland, qui appelait Regina avec un grand sourire. Elle lui sourit en retour, mais traversa vite le chemin, les contournant. Marianne commençait à s'éloigner pendant que Robin prononçait le nom de la reine, tentant de l'arrêter alors qu'elle arrivait à la porte. Robin lui attrapa la main.

« Il va bien falloir qu'on parle Regina »

« Je ne crois pas non, la solution est claire et visible. Vas retrouver ta femme des bois, et tout est réglé. »

Elle le distança de franches enjambées, se dirigeant vers sa maison qu'elle voyait enfin se dessiner au loin. Bientôt elle serait à l'intérieur et protégée de toute possibilité de le recroiser dans les heures à venir. Il accélérait aussi et l'arrêta une première fois, se plantant devant elle.

« Ce n'est pas si simple »

« Oh si ça l'est, retourne dans ta cabane en bois. »

Elle ne manqua pas d'accélérer encore, fuir ? Oh ça oui, mais pour paraître encore assez digne elle ne courut pas, il l'arrêta encore une fois ou deux avant d'enfin atteindre la porte.

Au comble du désespoir, il attrapa la main qu'elle avait posé sur la poignet de porte, pour la retourner, et maintenir son poignet au dessus de sa tête. Ainsi plaquée contre la porte, face à lui, elle tenta de se dégager d'un mouvement de l'autre main mais il la bloqua à son tour. Dans ses yeux elle voyait le feu qu'il contenait avec elle d'ordinaire. Elle savait qu'il avait toujours eu ça en lui, sous sa façade douce et mutine, qu'il pouvait devenir l'homme dominant quand il en avait besoin.

Il la regardait avec insistance :

« Oui, je suis en proie à un dilemme, sévère et douloureux. Mais.. n'avions-nous pas quelque chose ? »

Elle secoua la tête, tentant d'échapper à son regard :

« C'était une passade » mais tout deux savaient qu'elle mentait qu'elle s'en serait giflé d'avoir dit une pareille sottise.

« Non c'est faux, je ne fais pas rencontrer mon fils à une passade. »

Le mention du petit garçon la brisa, permettant à sa surface glaciale de revenir et de mettre assez de conviction dans son geste pour le repousser.

« Alors tu n'aurais pas dû. Si tu veux bien m'excuser, j'ai des recherches à faire. »

Alors qu'elle refermait la porte derrière elle, elle ne put s'empêcher de sourire, rien qu'un peu... Mais comment résister à un homme qui dit, 'qu'il n'en a pas fini avec elle' ?*

Elle faillit sursauter à son contact qui lui ramena à l'esprit l'altercation de la veille. Il l'attira proche de lui grâce à ce moment d'inadvertance :

« Il faut qu'on parle Regina. J'en ai besoin »

« TU n'en as peut-être pas fini Robin mais moi si. »

« Oh que non certainement pas. »

L'aplomb qu'il avait mis dans cette phrase la surprit, si bien qu'elle haussa un sourcil d'indignation :

« Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Ta femme chérie ? Ton adorable garçon ? Ton obstination ? »

Elle avait tenté d'être mesquine et sèche mais il ne se décomposa pas, contrairement à elle :

« A cause de ça. », il lui montrait son tatouage, et lorsqu'elle baissa les yeux sur celui-ci, son cœur se contracta. Elle repensa à tinkerbelle, qui l'avait aussi reconnu, au baiser dans la forêt et aux nombreux autres... Elle inspira profondément.

« D'accord.. Nous parlerons.. Mais pas maintenant. »

En lui quelque chose se relâcha. C'était pas un oui, même pas un peut-être, mais il n'osa pas demander plus, ni quand. C'était déjà un énorme pas, connaissant la reine. Il serra sa main dans la sienne puis la relâcha pour rejoindre son fils qui avait couru quasiment jusqu'à lui. Le petit fit au revoir de la main à Regina, qu'elle lui rendit avec plus de retenue, car elle voyait du coin de l'oeil sa mère qui guettait. Celle-ci était énormément perdue dans ce monde, mais rien ne pouvait être plus fort que l'instinct de protection maternel. Regina souffla, tiraillée entre peine, soulagement et crainte. L'avenir était si incertain à présent qu'elle ne savait plus sur quel pied danser, sans compter la nouvelle menace qui ne présageait rien de bon..

La brune rentra dans le 'Dinner' et trouva son fils déjà attablé, seul. Elle sourit amoureusement en découvrant qu'il avait déjà commandé pour elle et lui. Il la connaissait bien.

« Bonjour Henry » dit-elle en se penchant pour embrasser sa joue, un sourire jusqu'aux oreilles de bonheur de le retrouver. « Tu attendais tout seul ? En général ta mère ou tes grands-parents attendent avec toi non ? »

« David et Mary-Margaret ont eu une rude nuit à cause de mon oncle » Elle sourit, Henry avait toujours été capable de s'adapter à toutes les situations possibles, sans que ça ne le choque que son oncle ait 13 ans de moins que lui. « Et Emma je ne l'ai pas vu depuis hier. »


Celle-ci d'ailleurs était emmitouflée dans une couverture, au chaud, un bras reposant près de sa tête, le second étalé devant elle, un troisième sous sa tête, et le dernier autour de sa taille, bien serré. Le pirate était collé à son dos, ce qui dégageait une chaleur immense dans la pièce. Toujours endormi, elle regardait ses doigts, enlacés dans les siens avec lesquels elle jouait délicieusement, tendrement. Quand elle fermait les yeux, elle revivait très agréablement la soirée passée.

*Il laissa glisser la robe le long de son corps et prit le temps de l'observant, retenant mal un juron d'approbation, auquel elle répondit par un sourire, le retournant contre le mur pour reprendre les commandes.

Ne jamais baisser sa garde pendant une bataille.*

Cela la fit sourire. Cependant ce qui élargit son sourire, fut le souffle qu'elle sentit dans son cou.

Il était réveillé, ou du moins s'éveillait car ses doigts dessinaient de salvateurs rond sur son ventre nu.

*Après de nombreuses batailles pour savoir qui prendrait le dessus, l'urgence avait été de retirer les vêtements de Killian immédiatement. Il eut du mal avec les mini-boutons de cette chemise, qu'elle aida à régler très vite d'une main experte. Quand il voulut s'attaquer à son pantalon, elle l'en empêcha, préférant s'en charger, juste pour le plaisir de le dévêtir et de le découvrir elle-même.

Il faillit ne plus respirer quand elle l'effleura à divers endroits extrêmement sensibles.

La bataille est forgée d'armes puissantes.*

Elle sut qu'il était bien réveillé quand d'un geste, il la retourna pour rouler sur elle, enfouissant sa tête dans son cou la faisant rire. Il pesait sur elle, mais ça lui était égal. Elle en frissonna même délicieusement.

*Il s'appuyait sur ses avants-bras pour ne pas l'écraser, mais le reste de son corps la maintenait quand même au sol, clouée par les formes suaves de son corps, de son buste sculpté, de sa taille fine et solide contre la sienne. Une main aventureuse ne cessait de lui arracher des gémissements qu'elle ne se connaissait pas.

Mais parfois, il faut savoir offrir une partie de soi à l'ennemi*

Il frottait son nom contre son cou, raflant légèrement sa barbe contre sa peau, mais tant pis si ça laisse des marques. C'était sa marque. Ses mains à elle se baladaient sur son dos, ce qui ne manqua pas de le faire frissonner et adorablement grogner.

*Elle roula, reprenant le dessus pour explorer ses formes. Elle voulait le connaître, l'apprendre, graver chaque parcelle, chaque ligne contre ses doigts, sous ses lèvres. Elle voulait connaître ce qui le faisait gémir, à quel endroit il lui faudrait mordre pour l'entendre prononcer son prénom, à quel endroit elle devait passer sa langue pour le faire supplier.

Pour mieux répondre*

Il releva la tête pour la regarder, toujours les yeux clos, car il voulait la voir elle, dès le réveil, pas un mur, pas un sol, juste elle. Pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve. Et lorsqu'il ouvrit les yeux, il plongea dans ses prunelles, la langueur de son corps et cette profondeur dans ses iris le ramena directement à leur activité de la veille.

*Il la regarda dans les yeux, ses cheveux étaient légèrement humide, tout comme chaque parcelle de peau qu'ils avaient en contact. Cette exquise transpiration était dûe au fait que par leur rage de désir et de plaisir, ils avaient fait monté la température de la pièce, si bien que de la buée et condensation se devinait sur la fenêtre, mais ils n'en avaient cure. Car l'intensité de ce regard le cloua, elle était là, ses barrières baissées. Il prononça son prénom, mais ne put continuer, car elle chercha timidement, et tremblante ses lèvres.

Parfois pour gagner la bataille... chacun doit déposer les armes.*

Ce même regard. Celui de la veille..

« Je t'aime. »

Il l'avait dit. Laché ça comme une bombe. La veille il avait voulu lui dire, mais avait eu trop peur de la faire fuir. Mais ce matin pas le choix, il devait lacher ses mots qui lui rongeaient les lèvres depuis bien trop longtemps. Mais au lieu de détourner les yeux et de s'enfuir comme il l'avait attendu, elle lui sourit, un sourire tendre, affectueux et l'embrassa. Il n'avait pas attendu mieux ! Elle n'avait pas fui. C'est tout ce qui compte.

« Bonjour à toi aussi. »

Et il rit. Tout viendrait à point à qui sait attendre.

Ils avaient tenté de se faire discret, en passant par derrière le 'Dinner' pour rejoindre les chambres qu'ils occupaient encore à l'hotel, mais la chance n'allait pas avec eux. David passait par là et s'arrêta net en les voyant ensemble cherchant à rejoindre l'escalier qui menait aux chambres.

Emma sourit, un peu gênée et amusée de se sentir comme la fille prise en flagrant délit avec son copain comme à l'adolescence, mais s'approcha lui embrassa la joue, le salua et fila direct à l'étage, sachant que le pirate la suivrait très vite. Celui-ci resta quelques instants de plus, laissant le temps aux deux hommes d'échanger un regard entendu.

« Je suis surpris de ne pas avoir encore une épée sous la gorge, camarade » se moqua Killian , mais il savait que cela n'avait rien de drôle.
« Tu préférerais que je te menace ? Je peux encore le faire si c'est ton souhait, ça me soulagerait même.»

Le pirate prit le temps de la réflexion :
« Hum, tu me poses un dilemme là. »

Ils continuèrent de marcher en silence toujours. Mais Killian savait que quelque chose n'allait pas, qu'ils allaient devoir mettre les choses au clair car c'était du sérieux.

« Je n'ai jamais eu à faire ça. »

« Faire quoi ? »

« Parler au père. Mes histoires se résumaient à des passades nocturnes, et Milah n'avait pas de parents près d'elle.. »

« Milah ? Oh... la femme de Mr Gold. »

Il se retint de grommeler, malgré toutes ces années, il avait toujours été possessif quant à la jeune femme, et il l'était bien plus envers Emma, mais ça il ne le montrerait pas, sachant qu'elle trouverait de quoi redire. La sauveuse savait se défendre et n'avait pas sa langue dans sa poche avec lui.

Il arrêta le prince d'un geste :

« Tout ça pour dire.. Que je suis sérieux... par rapport à Emma. »

« Je le sais. »

Killian parut surpris « Vraiment ? Ce sont mes multiples approches loin d'être subtiles qui t'ont mis la puce à l'oreille ? »

David camoufla un faible sourire amusé, mais le regarda avec franchise :

« Je reconnais ce regard.. ces gestes, que tu as quand elle est dans les parages. Je les connais par cœur pour vivre la même chose avec Snow. »

David reprit sa marche, suivit d'un Killian confus mais en parti soulagé, le suivant :

« Donc pas besoin de te rappeler tes paroles pour prince Charles... »

« Et pas besoin que je te fasse le refrain du père protecteur qui te le ferais payer si tu lui brisais le cœur. »

Quelques secondes passèrent avant que le prince n'ajoute :

« Quand bien même, on sait tout deux que si tu lui faisais du mal, elle te botterait tes fesses de pirates avant que j'ai dégainé »

« Ça je n'en doute pas, tel père telle fille ! » gloussa le pirate *