Hey tout le monde!
J'espère que ça va, je suis désolée du retard mais j'ai été malade...
Bref, voici un chapitre dont y'a personne qu'en a vraiment quelque chose à faire à part une seule lectrice qui se reconnaitra :)
Prochain chapitre le 28 février 2013
Bonne lecture!
Chapitre 11 : Espoir
« Many nights we've prayed
With no proof anyone could hear
In our hearts a hopefull song
We barely understood
Now we are not afraid
Although we know there's much to fear
We were moving mountains long
Before we knew we could »
When you believe, Celtic Woman
J'eus du mal à comprendre ce qu'il m'avait dit tant ça me paraissait utopique. Il ne pouvait pas, au bout de deux jours, avoir trouvé le remède pour effacer ces immondes balafres. Et pourtant, son regard excité, son agitation soudaine démontraient bien un coup de génie inespéré. Il me fixa, attendant une réaction mais j'étais choquée. Se pourrait-il que mon calvaire se finisse aussi tôt ? Pouvais-je me permettre d'espérer ?
« Roslynne ? » M'interpella mon ami. « M'entends-tu ? Je crois que je peux soigner tes cicatrices. Les enlever de ton visage. Roslynne ? »
« Severus... » Soufflai-je et il se rapprocha pour m'entendre. « Est-ce que tu penses que ça pourrait marcher ? Je veux dire, es-tu sur de toi ? »
Le Serpentard se recula, l'air pensif. Il s'empara d'un morceau de parchemin dans son sac et se mit à griffonner dessus de son écriture en patte de mouches. Il écrivait à toute vitesse, ne s'arrêtant que pour mettre de l'encre sur sa plume. Je tentai de le ramener avec moi mais il ne m'accordait aucune attention. L'angoisse monta en moi.
Au bout d'une dizaine de minutes, il leva enfin son visage d'ordinaire si dur de son parchemin, l'air d'un enfant qui ouvrait ses cadeaux de Noël. Il rangea sa plume et me tendit son rouleau. Il s'agissait d'une recette de potion qu'il avait écrite. Il avait écrit les ingrédients et leur rôle dans le filtre. Il avait ensuite montré comment les coordonner grâce à des Runes que je ne comprenais pas. La potion semblait très longue à faire et plutôt compliquée mais au vu des capacités de Severus dans ce domaine, je ne doutai pas qu'elle fût réalisable.
« Roslynne.. » M'appela-t-il. « Je ne te garantis pas que cette potion marchera, ce n'est qu'un ébauche. Je vais devoir la tester sur des êtres vivants, un rat puis un épouvantard. Ça va prendre un moment mais elle devrait être prête au mois de janvier. Mais ne t'inquiète pas, même si elle ne marchait pas, j'en ferai une autre. Je ne lâcherai rien, je t'en fais la promesse ! »
L'émotion m'emporta et je me jetai dans ses bras, le remerciant sans relâche. D'abord surpris, il referma ensuite son étreinte autour de moi en caressant mon dos. Sa détermination était mon moteur. Il me soignerait, ce n'était qu'une question de temps, je le savais.
« Roslynne, tu sais ma lettre. » Me demanda-t-il alors que j'étais encore submergée par l'espoir.
« Quelle lettre ? » L'interrogeai-je, un funeste pressentiment grandissant en moi.
« Celle que je t'ai envoyée avant que tu ne descendes à la volière. » Me répondit-il, un peu moins confiant.
« Je suis désolée Severus, je n'ai reçu qu'une lettre de Sirius ce soir là. » Rétorquai-je, ignorant le doute qui s'immisçait en moi.
« Une lettre de Sirius ? » S'étonna-t-il.
« Oui. Il ne l'a pas signée mais je sais que c'est la sienne. Il me demandait pardon de m'avoir blessée. Tu sais, on est de nouveau en couple ! C'est génial n'est-ce pas ? » Claironnai-je, ivre de joie et de fierté.
Severus pâlit d'un coup et bredouilla avant de se détourner et de se mettre à réunir des ingrédients tous plus rares les uns que les autres.
« Ça ne va pas Severus ? » M'inquiétai-je. « Tu as l'air tout drôle. »
« Dirige-toi vers ton prochain cours, Rose. » Me répondit-il, atone. « Je m'occupe de préparer la potion. »
« Severus, parle-moi si ça va pas. Je sais que tu n'aimes pas Sirius mais notre amitié ne s'arrêtera pas pour ça, si ? »
« Non. Va en cours Rose. » Répliqua-t-il un peu plus sec. Quelque chose n'allait vraiment pas.
« Severus... Dis-moi ce qui te gênes... » Le suppliai-je.
« Ce qui me gêne ? » Rugit-il en me plaquant contre le mur. « Ce qui me gêne c'est que je t'aime Rose ! Je t'aime et je t'ai toujours aimée ! Quand tu as commencé à voir Black j'ai cru cauchemarder ! Puis tu as commencé à me regarder avec pitié ! Quand il t'a quitté, Lucius s'inquiétait sans cesse pour toi ! Regulus ne cessait de parler de Katharina qui te surveillait de loin ! J'ai pris mes distances pour que tu ne subisses pas le courroux des Maraudeurs ! Puis tu es redevenue souriante du jour au lendemain. Je savais que tu avais repris ta fichue liaison avec cet idiot ! Puis tu as commencé à avoir des marques, à être blessée. Un jour tu souriais, le lendemain tu étais pensive, blessée, et tu le fixais avec peur. Me prends-tu pour un abruti ? Mais j'ai cru que c'était fini. J'ai cru que j'avais ma chance, je t'ai envoyé cette lettre que j'avais depuis des mois et que je n'avais jamais osé t'envoyer ! Et aujourd'hui tu arrives, me dis que cette lettre vient de mon pire ennemi, de mon rival, et que tu l'aimes malgré le fait qu'il soit violent ? Je suis sur que lui et son abruti de meilleur ami te frappent ! Et tu viens me dire que tu es de nouveau avec lui ? Ne t'étonnes pas si j'en suis écœuré ! » Il finit son discours, me laissant tremblante. Je lui avais fait tant de mal. Je ne m'étais jamais rendue compte de son amour et je l'avais sans cesse oublié.
« Severus... » Murmurai-je, anéantie.
« Chut, tais toi mon amour. » Souffla-t-il avant de plaquer ses lèvres si douces sur les miennes pour entamer un baiser passionné.
Au début je me débattis mais il me tenait d'une main de fer. Puis, comme le soir de l'attaque de Lucius, je cédais à la passion incontrôlable que je lui vouais. Je lui rendis son baiser sauvagement, m'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. Il passa alors ses bras autour de ma taille en une étreinte torride. J'agrippais une de mes mains à une de ses épaules et laissait l'autre glisser dans ses cheveux étonnement doux. J'avais l'impression que mon corps allait exploser sous l'impulsion de cette passion sauvage, brûlante, de l'afflux de sensation.
Savais-je, à ce moment là que je faisais une erreur ? Oui, j'en étais consciente, mais le charme et le charisme écrasant de Severus ravageaient mes sens, écrasaient toute résistance. Dans ses bras, je me sentais une femme belle, désirable, une femme aimée et capable d'un amour sans borne. Il éveillait chez moi des sensations que Sirius n'arrivait même pas à effleurer.
La porte s'ouvrit à la volée et nous nous retournâmes de concert vers l'intrus. Mon cœur s'arrêta quand je tombais sur le regard accusateur de Remus. Il devait être au courant de cette chance supplémentaire accordée par Sirius et il était clair qu'il était furieux de me trouver ainsi avec Severus, leur ennemi juré. Je repoussais doucement ce dernier qui me jeta le regard qu'aurait eu un animal blessé mortellement et qui s'enfuit sans plus de cérémonie.
« Qu'ai-je fait ? » Me lamentai-je en me laissant glisser contre le mur de la salle. « Merlin, qu'est-ce que j'ai fait ? »
« Je me le demande aussi. » Rétorqua Remus d'un ton mauvais. Je sursautai au son de sa voix, ayant oublié sa présence à cause du regard que m'avais jeté Severus avant de quitter la pièce. « Merde Rose, depuis quand ce petit jeu dure-t-il ? Ça fait trois jours que tu as recommencé avec Sirius et tu vas déjà voir ailleurs ? Explique-moi ! »
« Je sais pas Remus. J'aime Sirius. Mais Severus m'a embrassée et j'ai perdu tout contrôle. C'est comme s'il me donnait tout l'amour que Sirius me refuse... » Fis-je, les larmes menaçant de déborder.
« Je comprends pourquoi il te le refuse ! Regarde-toi ! Si je vous avais pas interrompu qui sait ce qui aurait pu arriver dans cette salle éloignée du reste du château ? » Tonna Remus.
« D'ailleurs, comment as-tu trouvé cette salle ? » L'interrogeai-je.
« C'est pas le plus important. Jure moi que ça ne sera arrivé qu'une fois et je garde le silence ! »
« Je le jure. Mais dis-moi, j'ai besoin de savoir si quelqu'un d'autre sait que je suis ici ! » Le pressai-je.
« Non, personne. Je suis sorti du cours en avance. Je voulais te voir et je t'ai cherchée sur la Carte des Maraudeurs. J'ai eu du mal à trouver la salle, je savais même pas qu'elle existait. » M'avoua-t-il.
« Et que voulais-tu me dire ? »
« D'abord, je voulais m'excuser pour ce que je t'ai fait. J'ai vu ton visage et tes cicatrices. Je sais que tu as du souffrir et j'en suis plus que navré. Je sais que ça ne suffira pas à te consoler. J'en suis navré. » S'excusa-t-il. « Ensuite, je voulais te demander si tu étais sure de vouloir retourner avec Sirius. C'est un brave gars mais il peut être violent. Ne me dis pas le contraire, je sens ces choses-là. Je t'ai observée et Sirius m'a parlé de plusieurs pertes de contrôle qu'il aurait eu avec toi. Je sais que tu penses l'aimer mais crois-tu qu'il est sage que tu restes avec lui ? »
« Remus je l'aime... » Lui déclarai-je. « Je sais qu'il m'arrive de ne pas être droite. Mais je l'aime. Je sais que je ne le mérite pas, c'est pas de sa faute si il lui arrive de perdre le contrôle. Il peut me faire tout ce qu'il veut, je l'accepterai. »
Remus soupira en me regardant l'air apitoyé. Je lui souris gentiment et il tourna les talons sans un mot de plus. Je restais là, à me demander que faire quand la sonnerie retentit, bourdonnement à peine audible dans cette partie du château. Je saisis mon sac et me dirigeais vers mon cours de Runes d'un pas las, l'esprit embrouillé. Pourquoi aimais-je tant embrasser Severus alors que j'étais amoureuse de Sirius ? La réponse ne m'apparaîtrait que bien plus tard.
La journée se passa sans heurt mais je ne revis pas Severus ni Lucius . Les deux semblaient m'éviter et cela m'angoissa. M'en voulaient-ils ? Après les cours j'allais ranger mes affaires et trouvais Lucius, assis sur mon fauteuil, l'air préoccupé.
« Lucius ! » M'étonnai-je en allant me mettre sur l'accoudoir. « Que fais-tu là ? »
Mon cousin me sourit. « Je suis venue te voir ma belle. J'ai croisé Severus aujourd'hui et il a pas voulu me dire un seul mot. »
« Certes... » L'encourageai-je à continuer. « Mais encore ? »
Lucius leva les yeux au ciel. « Qu'est ce que tu peux être impatiente ! » S'exaspéra-t-il. « Je me suis dit que c'était forcément de ta faute puisque toi seule arrive à le mettre dans de tels états ! »
« Si tu es venu pour me sermonner, tu peux partir. » Répliquai-je sur le ton le plus glacial que je pouvais faire. « Je n'ai rien fait à Severus. »
« Roslynne... » Soupira-t-il. « Je ne te veux pas de mal mais tu n'es pas sans savoir que Severus est très attaché à toi... »
« Tout sentiment que nourrit Severus à mon égard est déplacé, je suis avec Sirius . » Rétorquai-je.
« Arrête tes conneries, Roslynne ! » Tonna mon cousin. « Tu sais que Severus est fou amoureux de toi, et je sais bien que l'inverse est réciproque ! »
« Nan mais tu délires mon pauvre gars ! » Ricanai-je, ignorant la petite voix dans ma tête qui confirmait ses dires. »
Sans un mot il se leva et me jeta un regard noir. Il me fixa longtemps puis s'adoucit légèrement, même s'il semblait encore vexé. « Je vais faire comme si tu ne venais pas de te moquer de moi et de m'insulter. La nouvelle est surprenante je suppose. Mais je suis sur de ce que j'avance. » Et c'est sans se retourner qu'il quitta ma chambre, me laissant seule et déboussolée.
