Coucou tout le monde!

Je suis heureuse de vous livrer le chapitre le plus long de la fic pour le moment (et j'en suis as peu fière). Bien sur cette longueur est exceptionnelle.

Cette fic devrait compter encore 10 chapitres (au moins).

Merci à tous ceux qui ont posté des review/mis en favori/suivent.

Bonne lecture!

Gwen


Chapitre 17: Vengeance

Nom: The Slytherin Lioness

Résumé: "Elle était la Reine des Serdaigle, leur phare dans la nuit. Elle était la soeur des Serpentard, une des leurs malgré tout. Et elle était sous la protection des Maraudeurs, Tigresse parmi les Lions. Elle était toi et moi."

Attention: Cette fic est aussi ancrée dans les romans que possible mais j'avais besoin de Lucius et Narcissa et à vrai dire, tous les Mangemorts, donc Lucius est à Poudlard en même année que Lily, James et Severus!

Disclaimer: Rien n'est à moi (sauf Roslynne, Katharina et Gab évidemment!) tout appartient à la magnifique J.K Rowling que je remercie de tout mon coeur!

Prochain update: Aux alentours du 13 août. (anniversaire de Roslynne)


Chapitre 17 : Vengeance

« Quel est le prix, qu'on va nous payer pour sa vie ?

Quel est le sort, qu'on donne à ceux qui donnent la mort ?

Mon fils a tué,

Mais vous tous ici vous savez,

Tybalt avant,

Avait déjà fait couler le sang. »

La vengeance, Roméo et Juliette, de la Haine à l'Amour

Nous n'eûmes que quelques heures à attendre avant que l'aube ne baigne la chambre de ses rayons dorés. La lumière bienfaitrice de l'astre diurne calmait mes appréhensions, comme si d'une chaude caresse, le monde avait balayé mes doutes. Oui, sous la lumière fauve de la naissante journée, rien ne venait troubler le calme discret de la nuit désormais envolée.

Un mouvement discret suivi d'un juron étouffé attira mon regard et je dus contenir un éclat de rire quand je compris que Lucius tentait de s'extirper des draps qui l'avaient fait prisonnier. Ainsi emmailloté, mon cousin perdait toute dignité et quand il croisa mes yeux, sa détresse m'acheva et je fus prise d'un fou rire qui m'attira un regard noir. Un Malfoy ne se rendait jamais ridicule. Ou en tout cas, personne n'avait vécu assez longtemps pour aller le raconter.

Ayant pitié de mon cousin, je me levai, lui rendant un pan de draps qui lui permit de s'extirper de sa prison nocturne. Sans un commentaire, l'air pincé, il quitta la pièce, le dos droit et la tête haute, drapé dans ce qui lui restait de dignité. Je levais les yeux au ciel et commençais à me préparer pour ma journée qui se promettait déjà longue et compliquée.

Une fois prête, je descendis dans le petit salon que comptait l'appartement des Préfets en chefs. Lucius m'y attendait, nonchalamment appuyé contre le mur, les bras croisés sur sa poitrine. Il avait revêtu une chemise d'un noir si intense qu'on aurait dit qu'il aspirait la lumière. Ce n'était pas la chemise réglementaire mais ce genre de considérations n'arrêtaient pas Lucius et son obstination avait fait baisser les bras aux professeurs qui l'ignoraient juste. Cela représentait d'ailleurs une source d'amusement considérable pour moi de voir les enseignants bouder Lucius à cause de ses chemises en satin qui avaient pour seul défaut de ne jamais être blanches. De même, la cravate verte et argent, souvent jugée indigne par mon ami, était dédaignée et remplacée par des ourlets verts sur ses robes de sorcier et une gamme effrayante d'accessoires élégants et plus nobles arborant les deux couleurs de la Maison Serpentard.

C'est donc accompagnée que je quittai la douceur de mon refuge pour rallier le monde des vivants, le panier d'intrigues et de complots que représentait Poudlard. En effet, il me semblait que j'allais me jeter au milieu d'une salle emplie de gens hostiles avec, écrit sur on front « pas encore morte, NA ! ». C'est dans cet état angoissé et délirant que j'arpentais les couloirs, ignorantes des regards et des murmures qui ponctuaient ma progression vers la Grande Salle.

Lucius m'avait assurée que c'est par là que je devrai débuter mon retour à la vie normale, afin d'y retrouver mes repères, les gens qui me soutiendraient durant ce long jeudi. Une journée que je haïssais car elle ne comptait que de doubles cours dont deux heures d'Histoire de la Magie, un cours que je craignais de par son pouvoir soporifique. Celui-ci m'avait valu une note atroce (un Acceptable) aux BUSES. Après cet examen j'avais d'ailleurs décidé de garder toutes mes matière d'auparavant ce qui en avait étonné plus d'un. Ainsi, j'étudiais la Métamorphose, la Défense contre les Forces du Mal, la Botanique, les Potions, l'Histoire de la Magie, les Runes Anciennes, les Sortilèges et les Soins aux Créatures Magiques. Mon emploi du temps était, par conséquent, le plus chargé des septièmes années.

« Roslynne ? » M'appela Lucius.

Je relevais la tête et aperçus les lourdes portes qui menaient à la Grande Salle. La panique m'envahit à l'idée d'en franchir le seuil et d'affronter les regards de centaines d'élèves hostiles, curieux, effrayés ou dégoûtés. J'hésitais à faire demi-tour quand une main rassurante se posa sur mon épaule. Lucius manifestait ainsi son soutien et je hochais la tête, lui signalent que j'étais prête. D'une main tremblante, je poussai la porte et pénétrai dans la pièce. En un instant tous les regards furent braqués sur moi et seul la main de Lucius posée dans mon dos m'empêcha de m'enfuir.

La tête haute et un air indifférent sur le visage, je me dirigeai vers ma table. Les murmures autour de moi me mirent mal à l'aise mais je tins bon et m'assis sur les bancs de Serdaigle, en face d'une Katharina qui rayonnait. En un instant, ma maison m'environna, la plupart s'inquiétant pour moi. Une fois que mes camarades se furent assurés que j'allais bien, ils me laissèrent seule avec Lucius et Katharina qui se trouvaient en face l'un de l'autre et qui m'observaient attentivement.

« Tu es revenue ! » Glapit joyeusement la blonde. « J'étais si inquiète mais Lucius, » elle le fusilla du regard. « ne voulais pas que je vienne te rendre visite. Cela veut dire que tu vas mieux ? »

Je souris tendrement devant son excitation mal contrôlée. « Oui je suis de retour Kath et ça va beaucoup mieux. Si telle est ta question, oui je me souviens de toi et non je n'ai pas envie de parler de ce qu'il s'est passé maintenant. »

Elle semblait prête à m'interrompre de nouveau quand un jeune homme s'installa en face de moi, à côté de Lucius dont le visage arbora brièvement un air dégoûté. Le garçon n'était pas venu seul et son ami s'installa à ma droite. Le premier semblait heureux bien que fatigué tandis que le second m'éblouissait avec ses sourires, ne cessant que pour fusiller Katharina du regard. Le premier avait les traits tirés d'un garçon qui porte un trop lourd fardeau. Le second arborait un air joyeux et des yeux brillant de détermination. L'un était un Remus, un Maraudeur, certes, mais un ami. L'autre répondait au nom de Gabriel Turner.

« Content de te revoir Rose ! » S'exclama Remus avec un sourire sincère auquel je répondis. « Je suis désolé que Sirius en soit arrivé à de telles extrémités. »

La confirmation sonna comme un mandat d'exécution, c'était la seule chose qui me permettrait de me venger.

Lucius siffla, aussi mortel qu'un serpent et le son me parut étrange. Entre ses dents serrées il rappela Remus à l'ordre. « Pas ici, Lupin ! D'autres pourraient t'entendre ! Manques tu à ce point de retenue ? »

L'interpellé pâlit et hocha la tête. Il avait en effet manqué de discrétion.

« En tout cas Rose, je suis ravi de te voir ! » Me sourit Gabriel, tentant de chasser le malaise. « Tu sais, avec toutes ses rumeurs qui courraient, il y avait de quoi s'inquiéter. Surtout quand on sait que personne n'a de nouvelles de Severus. Au moins, pour toi on avait Malfoy et sa seule présence était encourageante. Alors que Severus... »

« Severus est à l'infirmerie. Il, » Je ne pus finir ma phrase puisque Lucius me coupa en me lançant un regard d'avertissement.

« Il est encore trop faible pour quitter son lit. Si cela t'inquiétait à ce point, tu aurais du venir me voir, Turner. »

« Venir te voir ? Entrer dans le nid des serpents ? Non merci, je préfère m'inquiéter ? Je ne suis pas assez aimé dans ma Maison pour tenter de me rapprocher de sa rivale sans risque. » Rétorqua le Gryffondor, recevant un regard compatissant de la part de Remus.

« Maintenant que tu es venu voir et que tu sais que Rose va bien, cela te dérangerait-il de nous laisser ? » Demanda Katharina aussi poliment que possible.

« Nous partions. » Déclara Remus en tirant Gabriel par le bras et en étouffant toute forme de protestation.

Cependant, Gabriel ne semblait pas disposé à le suivre et préférait fusiller son ancienne petite amie du regard. Visiblement, il ne lui avait pas pardonné cette rupture froide et sans émotion. Comme tout Gryffondor, il croyait visiblement à l'Amour et un sourire moqueur s'imprima sur mes lèvres, jusqu'à ce que je me rappelle que moi aussi, j'avais aimé avec pour seul appui mon petit cœur qui me paraissait mort depuis. Moi aussi, j'avais cru que je pourrais aimer jusqu'à la fin des temps mais on m'avait détrompée. Tellement violemment que j'en avais été brisée. Il était de mon devoir désormais de protéger les autres de mon tourmenteur. Je ne laisserai plus Sirius Black empoisonner la vie de jeunes filles sensibles et naïves.

« Rose, tu viens ? » M'appela doucement Katharina. « L'Histoire de la Magie commence dans moins de dix minutes, alors si on veut arriver à temps, il va falloir accélérer le mouvement. »

Je la suivis le long des couloirs et m'assit à côté d'elle durant le cours du Professeur Binns. Bien sûr, aucune d'entre nous n'écoutait. Nous n'étions que trois à avoir choisi ce cours-ci après les BUSES, Katharina, un garçon prénommé Nathan et moi. Nous avions tous trois décidé de ne pas écouter et de lire le livre, bien plus intéressant que notre fantomatique professeur qui ne voyait même pas que nous étions inattentifs. Les deux heures écoulées, ma camarade Serdaigle et moi sortîmes de la salle en soupirant.

« Je ne comprends toujours pas pourquoi je m'embête à venir.. » Déclarai-je.

« Toi, j'en ai aucune idée. Par contre moi, c'est obligatoire. Si tu veux faire carrière au département de la Justice Magique, il vaut mieux avoir étudié l'Histoire de la Magie. Pourquoi tu t'embêtes à venir par contre... Après tout, c'est pas comme si tu étais destinée à travailler. »

Je soupirais. « Au moins, mes parents ne m'ont pas encore trouvé un mari bien sous tous rapports. Je ne comprends pas pourquoi ils se donnent tant de mal. Je crois que je vais finir vieille fille vu ce que les hommes m'ont apporté. »

« As-tu fini de te plaindre ? » S'emporta ma comparse et je me retournai, étonnée. Elle s'était arrêtée, les poings sur les hanches. « Par la barbe de Merlin, ouvre les yeux, Rose ! Tu as Lucius à tes pieds. Pas en tant qu'amant, certes, mais il préférerait être brûlé vif plutôt que de te perdre ! Et je ne parle pas de Severus. Je ne sais pas comment tu le vois, si c'est un ami pour toi ou bien plus que cela mais il t'aime plus que c'est permis ! Severus te porte un amour pur. Alors oui, tu as souffert de Black mais ne généralise pas cela à tous les hommes ou tu vas perdre ceux qui comptent pour toi ! »

A la fin de sa tirade, ses yeux envoyaient des éclairs et je baissais la tête honteuse. Évidemment, elle avait raison. Il était complètement stupide de ma part d'avancer que les hommes étaient tous des diables quand on voyait que Lucius prenait autant de temps pour prendre soin de moi, en dépit de sa réputation. Cependant Katharina ne semblait pas attendre de réponse puisqu'elle mena la marche vers les cours de Défense contre les Forces du Mal.

Ce cours était le plus prisé auprès des septièmes années, notamment à cause du danger qui rôdait en dehors des murs de l'école, un danger insidieux et angoissant qui nous tordait les tripes. Ainsi, seuls trois élèves n'avaient pas daigné prendre cette option là. Parmi ces trois là figurait Severus pour qui tout le monde s'accordait à dire que le cours était inutile, puisqu'il était de notoriété publique qu'il connaissait plus de maléfice en première année que certaines sixièmes années. Le fait qu'il ait quand même demandé à être inscrit pour les ASPICs avait en revanche fait jaser la moitié de l'école, certains prétendants qu'il s'agissait là d'un affront au système scolaire.

Devant la porte se tenaient mon redouté groupe des Maraudeurs accompagné de Evans, de Franck Londubat et de sa copine Alice, deux personnes que j'appréciais et à qui il m'arrivait de parler. Voir Sirius fit manquer un battement à mon cœur et deux choses me vinrent à l'esprit.

Tout d'abord, sa beauté me frappa. Tout, de son élégante désinvolture, à son regard vif et espiègle, glorifiait les traits déjà savamment sculptés du jeune homme. Je pus me rappeler ainsi pourquoi tant de personnes l'aimaient. Sirius était populaire parce qu'il était « cool ». Cependant, je ne m'attardais pas plus que ça sur le physique très avantageux de l'apprenti assassin. Non, ce qui m'envahit en le voyant, ce fut un dérangeant mélange de haine et de peur. J'avais à la fois envie de fuir et de le frapper. Mon cerveau semblait incapable de décider la meilleure technique de survie te je fus soudain ravie qu'il ne m'ait pas encore vue car ma vengeance demanderait de la froideur.

Pour me calmer, je cherchais Lucius parmi la foule d'élèves et le rejoignis, entraînant Katharina avec moi. Mon cousin se trouvait au cœur d'un groupe de Serpentard qui nous laissèrent passer sans un mot pour Katharina. Cependant, et à ma plus grande surprise, beaucoup eurent un mot gentil et la plupart voilèrent à peine la chaleur dans leur voix. J'avais beau ne pas bien les connaître, ces personnes s'étaient inquiétées et c'était tout à fait digne de la maison Serpentard.

En effet, si celle-ci était réputée pour sa froideur et son insensibilité, c'était sans compter que cette attitude n'était dirigée qu'envers les autres maisons, d'une façon cependant moins prononcée pour les Serdaigle. Les Serpentard entre eux pouvaient, à l'occasion, tout à fait laisser tomber leur masque si l'un des leurs était atteint. Ainsi, cet accueil me fit chaud au cœur puisqu'il m'identifiait comme l'une de leurs et j'osais même espérer que cela les pousserait à m'aider lors de ma vengeance.

Atteignant Lucius, je lui signalais ma présence en lui tapotant l'épaule. La conversation que j'avais interrompue ne devait pas être plaisante puisqu'il fit volte-face d'un air ennuyé et ne se détendit que quand son regard se posa sur moi. S'excusant d'un revers de la main auprès de son interlocuteur délaissé, il prit de mes nouvelles, ses yeux scrutant la foule. Il ne me fallut que quelques minutes pour comprendre que mon cousin tentait de me cacher de Black, une attention aussi honorable qu'inutile puisque l'intéressé ne semblait pas me chercher.

Au bout d'une dizaine de minutes, un Patronus envoyé par le professeur de Défense contre les Forces du Mal nous fit part de son absence et nous envoya en salle d'étude afin de rédiger un essai portant sur l'utilisation créative des sortilèges basiques lors d'un duel. Si le sujet paraissait innocent, il permettait une réflexion évidente sur la magie, insistant sur le fait qu'elle n'était ni blanche, ni noire mais ce qu'on en faisait. Ainsi, un simple Expelliarmus pouvait s'avérer mortel si employé d'une certaine façon.. Le sujet était d'autant plus étrange qu'il laissait supposer que les sortilèges de « Magie Noire » n'en étaient pas vraiment car tout dépendait de leur usage et de l'interprétation que l'on en tirait.

Le travail ne nous prit qu'une petite heure avec Katharina et Lucius car nous avions déjà entretenu maintes conversations à ce sujet, chacun tentant de défendre son point de vue et nous n'étions jamais arrivé à un accord. Pour Katharina, la Magie était instrument et, comme le feu, utilisée à mauvais escient, elle pouvait s'avérer dangereuse. Lucius avait dit qu'elle se divisait entre les sorts ménagers et les sorts de combat, ceux-ci n'étant ni Noirs ni Blancs, juste utiles. Pour ma par, je savais reconnaître la Magie noire durant un duel et j'étais donc exaspérée par leurs arguments vains. Certains sorts avaient été clairement conçus dans le but de mutiler ou de tuer. Et, si je voulais bien concéder que même les sorts de Magie Blanche pouvaient s'avérer dangereux, je refusais de croire qu'un sort tel que les sorts Briseurs d'os pussent avoir un quelconque intérêt hormis celui de blesser.

Nous finîmes à quelques minutes d'intervalles et nous roulâmes nos parchemins avant de les envoyer au professeur d'un coup de baguette désinvolte. Nous dissertions encore sur le sujet, comparant nos arguments et corrigeant les éléments inexacts. Trop plongés dans notre débat, nous ne vîmes pas débouler Sirius, Evans et James.

« Non, Lucius, je veux bien t'accorder le danger que peuvent représenter les sortilèges simples si mal employés mais cela n'amoindrit pas la haine que je porte aux sorts noirs. Eux, contrairement aux autres, n'ont aucun usage « sain », si ? » Avançais-je pour la millième fois.

« Enfin une parole sage sortant de la bouche de la Malfoyette, qu'en penses-tu Sirius ? » Demanda James, moqueur.

Nos réactions furent instinctives. Lucius se releva, baguette déjà en main et même dans la précipitation il manifesta une grâce et une élégance admirable. Sa baguette pointée sur la poitrine de Sirius, il paraissait prêt à tuer. A ses côtés, Katharina se tenait droite, elle aussi baguette en main et pointée sur James. Tous deux me cachaient de mes tourmenteurs et ce fut d'autant plus bénéfique que je m'étais figée, paralysée par la peur de devoir affronter mes bourreaux.

« Je pense qu'elle aurait dû rester là où elle se terrait. » La voix froide et cruelle de Sirius m'atteignit comme s'il m'avait frappée.

Cependant, cela n'eut pas la réaction escomptée car en quelque seconde je fus sur mes pieds, devant Lucius, interposée entre mon cousin et l'homme que j'avais tant aimé. Mes yeux étaient rivés dans les siens et des vagues de haine secouaient mon corps qui ne vibrait plus que d'un désir, anéantir Sirius comme lui m'avait anéantie la nuit de l'attaque.

« T'as pas un autre endroit où aller jouer Black ? » Aboyais-je. « Les autres filles te délaissent-elles tant que tu te sens obligé de venir voir celles dont le cœur t'a servi de jouet ? »

« Dis-moi, Malfoyette, qu'est ce que ça fait de savoir qu'un autre souffre à ta place de ta propre idiotie et pour tes propres méfaits ? Dis-moi comment ça fait de tuer celui qu'on aime à force de jouer avec les autres ? » Rétorqua-t-il.

Je sentis quatre regards se poser sur moi et le venin des mots de Sirius pénétra mon sang, poison bouillant qui me figea le cœur et me fit enrager. Il osait me donner le rôle de la méchante !

« Je n'ai en aucun cas joué avec tes sentiments, Black ! » tonnais-je avec hargne. « Après tes nombreuses colères et les coups que tu m'as porté, j'ai entrevu un amour plus pur auprès d'un autre et je pense avoir fait les choses correctement en te demandant de venir pour que nous puissions en parler, décider de la marche à suivre. Certes, j'aurais dû te l'annoncer de vive voix et pas par un courrier cependant, cela ne permet pas de justifier la violence dont tu as fait preuve. Tu as manqué de me tuer par jalousie ! J'exprimais de simple doutes ! Je peux au moins me féliciter de ne pas avoir exprimé le désir immédiat de te quitter ! Et maintenant, tu oses pointer ta face hideuse, cette façade hypocrite devant moi ? Toi, qui te clamais si différent de ta famille, je ne puis croire que tu arrives à duper les autres tant il est évident que la cruauté des plus vieilles familles t'as corrompu. Tu te crois mieux que ton frère et ton cousin car tu es à Gryffondor et ne fréquentes que des gens placés sous le signe de la Lumière ? Eux au moins on le sens de l'honneur, ils ne frappent pas plus faibles qu'eux et ne se servent pas de leur poing pour régler leurs problèmes. Vois-tu Sirius, peut-être me suis-je pâmée devant toi mais je ne puis continuer à côtoyer une Bête ! »

Mon discours vindicatif avait tenu tout le monde attentif et lorsque ma voix mourut dans ma gorge, Lucius posa sa main sur mon épaule et, en me retournant, je pus recevoir un sourire approbateur. Je savais d'expérience que Katharina jubilait et me concentrais donc sur nos trois adversaires. Evans semblait sur le point d'exploser de rage tandis que James avait perdu toute couleur. Sirius, quant à lui, se tenait toujours aussi droit, pas le moins du monde ébranlé.

« Tu as détourné mon accusation avec une habileté troublante, je dois l'avouer. » Susurra-t-il en se rapprochant encore de moi, ne laissant plus qu'une dizaine de centimètres entre nous. « Mais tu as occulté un côté de cette soirée alors je me répéterai. Ça fait quoi d'infliger de telles souffrances à un ami qu'il en sombre dans l'inconscience ? Vois-tu, mes amis et moi avons eu vent de la raison pour laquelle ton cher Severus se trouve dans cet état de coma magique. Pomfrey a déclaré à Slughorn que Snivellus avait sacrifié sa force vitale pour sauver une élève en danger de mort et cela au prix d'un rituel de magie noire. Alors, quel est le sentiment qui a surgit en toi quand tu as appris que tu avais manqué de tuer quelqu'un ? »

Je crus mourir sous le coup de la culpabilité qui m'envahit mais ma détermination me tint droite. Quitte à mourir, je voulais emporter Sirius avec moi.

« J'imagine que c'est le même sentiment qui t'as assailli, Black. » Répliquais-je avec un faux rire moqueur.

En un instant, sa main fondit sur mon visage et elle ne fut arrêtée qu'à quelques centimètres de ma joue. D'un étrange mouvement, Lucius réussit à me faire passer derrière son dos, à l'abri des coups, tandis que Katharina maintenait Evans en respect. James, lui, semblait dénué de force, comme s'il venait de se rendre compte de ce que son comparse avait fait.

Le poignet de Sirius était fermement maintenu par Lucius qui l'envoya valdinguer dans le mur le plus proche. Sirius se releva pour se retrouver face à une baguette pointée entre ses deux yeux. D'ailleurs, derrière elle se trouvaient deux yeux qui brillaient de haine et de dégoût. Les iris d'ordinaire orage ne souffraient d'aucune distinction avec le noir absolu.

« Tu ne poseras plus jamais ta sale main sur ma cousine, Black, tu pourrais le regretter amèrement. » Lucius détacha chaque syllabe et son ton indiquait qu'il ne tolérerait aucune protestation.

Mon cousin baissa sa baguette et nous intima de le suivre. Katharina ne put s'empêcher de balancer un sortilège cuisant sur Evans avant de nous emboîter le pas et la foule se fendit devant Lucius tant sa magie provoquait de dégâts autour de lui.