Bonjour à tous!

Voici un chapitre qui (comme d'habitude) ne me satisfait pas le moins du monde. Il signe la fin de la première partie de cette story.

Pour la chanson de début de chapitre, si vous écoutez comme moi la chanson, préférez la version de Pascal Obispo et Natasha St Pier qui est excellente!

Merci à tous ceux qui laissent des reviews/favorisent/follow!

Enjoy!

Gwen


Chapitre 21: Love is a bird

Nom: The Slytherin Lioness

Résumé: "Elle était la Reine des Serdaigle, leur phare dans la nuit. Elle était la soeur des Serpentard, une des leurs malgré tout. Et elle était sous la protection des Maraudeurs, Tigresse parmi les Lions. Elle était toi et moi."

Attention: Cette fic est aussi ancrée dans les romans que possible mais j'avais besoin de Lucius et Narcissa et à vrai dire, tous les Mangemorts, donc Lucius est à Poudlard en même année que Lily, James et Severus!

Disclaimer: Rien n'est à moi (sauf Roslynne, Katharina et Gab évidemment!) tout appartient à la magnifique J.K Rowling que je remercie de tout mon coeur!

Prochain update: Aux alentours du 30 novembre.


Chapitre 21 : Love is a bird

« You only see what your eyes want to see
How can life be what you want it to be
You're frozen when your heart's not open

[...]
Now there's no point in placing the blame
And you should know I'd suffer the same
If I loose you, my heart would be broken
Love is a bird, she needs to fly
Let all the hurt inside of you die
You're frozen when your heart's not open
You're broken when your heart's not open
Mmm,Mmm,Mmm.. If I could melt your heart »

Frozen, Madonna

Je crois ne pas avoir été la seule à me figer à cette annonce. Elle était trop soudaine, trop surprenante. Et surtout, il me semblait étrange que Katharina l'annonce ainsi, en si petit comité tant il paraissait évident qu'elle le ferait lors d'une immense réception manoir Malfoy. Ce genre de petite confidence entre « gens de confiance » montrait à quelle pont les apparences étaient trompeuses. En effet, la princesse de glace qu'elle semblait être renfermait un être sensible qui, s'il semblait vénérer la gloire, n'en restait pas moins proche de ceux qu'il aimait.

« Vos réactions sont pour le moins déconcertantes. » Commenta Lucius avec un sourire suffisant. Il posa sa main sur la hanche de sa fiancée. « Je m'attendais à des plaintes indignées ou, au contraire, des cris de joie. Vous êtes trop Serpentard, trop silencieux à mon goût. »

J'avais l'impression d'avancer dans le brouillard. Comment avais-je pu demeurer aveugle face au rapprochement des deux personnes qui m'étaient les plus proches ? Leur avais-je seulement laissé le temps de me parler de leur relation ? La réponse était évidente. J'étais trop obnubilée par ma petite vie pour voir l'évidence même et pour écouter ceux qui prenaient toujours le temps de venir me voir afin de me réconforter. Oui, j'avais été d'un égoïsme inégalable.

« Pourtant, cela ne devrait pas vous surprendre. » Déclara Katharina, visiblement douchée. « Je croyais que ça te ferait plaisir Rose... »

Sa déception me frappa et je reculai, la main sur le cœur. Il était temps que je me ressaisisse ! Et pour redevenir moi-même, je savais qu'il n'existait qu'une seule solution qui résonnait en moi comme un glas.

« Je suis désolée, Kath. » M'excusai-je. « La nouvelle est inattendue, il m'a fallu du temps pour l'intégrer. Félicitations ! »

Après avoir entendu mes félicitations, elle me bondit dessus et m'étreignit, rayonnante. Je me sentis honteuse de ne pas l'avoir félicitée plus tôt tant mon approbation lui semblait nécessaire. Je lui rendis son étreinte et souris à Lucius qui se trouvait juste en face de moi.

« Écœurant... « Grommela Gabriel en se levant. « Vous me demandez de venir, moi qui ai tant aimé Katharina, pour m'annoncer qu'elle ne m'a pas quitté pour rien ? Qu'elle sera heureuse ailleurs ? Comment avez-vous trouvé l'aplomb pour me faire un tel affront ? »

Katharina me relâcha et regarda le Gryffondor qui avait les traits déformés par un atroce mélange de haine, de douleur et de dégoût. Ses poings étaient serrés et des vagues de fureur semblaient émaner de lui. Lucius vint se poster entre lui et nous et sortit sa baguette qu'il pointa sur lui.

« Personne ne te force à rester, Turner. » Grommela mon cousin. « Nous ne t'avons invité que parce que Katharina t'estime, ne serait-ce qu'en tant qu'ami. Ne perds pas ton temps à cracher ton venin, nous ne changerons pas d'avis. »

Gabriel baissa les yeux et je crus voir les larmes scintiller et couler le long de ses joues. Sans un mot, il s'en alla, claquant la porte derrière lui.

« Excusez-moi. » Fis-je en m'éloignant des autres. « Gabriel a besoin de quelqu'un et je me chargerai de lui apporter quelque réconfort. Ne doutez cependant pas de mon approbation, je suis heureuse que vous soyez heureux au milieu de toute cette histoire. »

Je me dirigeai vers la porte mais me repris rapidement, me jetant dans les bras de Lucius qui se tendit avant de m'entourer de ses bras et de me serrer contre lui. Il avait compris et me montrait, par le biais de cette étreinte, son soutien, quelque soit la douleur que cela lui occasionnait. M'arrachant à lui, à sa gentillesse, je mis en place le masque que j'avais appris à présenter depuis ma plus tendre enfance et sortit à la suite de Gabriel.

Cependant, je ne retrouvais jamais le Gryffondor brun, préférant me rendre à l'infirmerie après m'être dissimulée sous un sort de Désillusion. Tout en moi était de nouveau sous contrôle, comme si toute cette histoire avec Sirius n'avait jamais eu lieu, comme si le self-contrôle qui m'avait été inculqué par mes parents n'avait jamais failli. Oui, j'avais tout barricadé en moi, rejetant toute pensée trop sombre ou trop sérieuse, toutes mes inquiétudes étaient étouffées sous le poids des apparences.

A cette heure-là, Poudlard semblait vide et je ne croisais personne en chemin ce qui me soulagea immensément. En effet, il était certain que personne ne viendrait à mon secours puisque je m'étais éclipsée sans heurt et donc, sans que personne ne ressente le besoin de me suivre.

Une fois arrivée à l'infirmerie, je poussai le lourd panneau de bois qui me cachait Severus. Celui-ci était tranquillement assis sur le fauteuil à côté de son lit et avait le nez plongé dans un épais volume que je lui avais déposé plus tôt et qui évoquait l'influence des ingrédients provenant d'êtres vivants sur les potions de soin. Il ne m'entendit pas arriver et garda les yeux baissés sur la page.

Je demeurais dans l'ombre, l'observant de loin, appuyée contre l'encadrement de porte. Avec ses gestes vifs et précis, il était difficile de croire que Severus avait été dans le coma à peine quelques jours plus tôt. Le caressant des yeux, je ne pus que sourire. Qu'il était bon de le voir se mouvoir après l'avoir vu immobile pendant si longtemps.

Tandis que cette pensée m'emplissait de joie, Severus leva les yeux et son regard se posa sur moi. Nous nous fixâmes quelques temps et je me perdais dans l'immensité obscure de ses prunelles. Je m'étonnais toujours de ne pouvoir les distinguer de ses iris. Cela rendait son regard aussi profond qu'hypnotisant. Le Serpentard se racla la gorge.

« Bien que je sois ravi de t'accueillir ici, peux-tu me dire pour quelle raison tu viens à une heure si tardive, Rose ? » Me demanda-t-il. « Black te fait encore des misères ? »

« Quoi ? » Lui demandais-je, perdue. « Non, enfin, pas maintenant. Je l'ai vu tout à l'heure mais pas ce soir. Pourquoi l'aurais-je vu ? »

Severus ricana. « Tu sais, il est coutume de voir l'être aimé le soir. Je crois ne rien t'apprendre. »

« L'être aimé ? » Reniflai-je. « Il faut te mettre à la page, Severus. Si... Black et moi ne sommes plus ensembles. »

« Il t'en aura fallu du temps. » Remarqua le brun. « Je suis heureux d'avoir failli mourir si cela t'a permis de rompre avec lui ! »

L'ironie qui dégoulinait de sa voix me rendait malade. Il était froid et tellement amer que je ne pouvais m'empêcher de le détester. J'avais l'habitude de dissocier Severus, le garçon que j'appréciais et qui faisait tout pour me rendre heureuse et l'« autre », le monstre de sarcasmes et de cruauté qu'il utilisait pour se défendre.

« Severus, je ne suis pas venue pour me battre avec toi. » Soupirai-je.

« Et moi qui pensais que m'agacer était ton but ultime. » Se moqua le Vert et Argent mais quelque chose dans sa voix indiquait qu'il n'y mettait plus tout son cœur.

« Severus. » Le rappelai-je à l'ordre. « Arrête. Je suis venue te voir pour te parler. Pas pour me chamailler avec toi. Depuis ton réveil, il m'est impossible de te parler, tu es sans cesse sur la défensive. »

« Et de quoi veux-tu parler ? » Me demanda-t-il d'un air sceptique. Là encore, son ton était plus doux.

« De tout et de rien. Je voulais juste te voir. » Avouai-je en rougissant.

« Ton visage a pris une teinte intéressante. » Me taquina-t-il et la gentillesse dans sa voix me déstabilisa.

Je restais auprès de lui plus d'une heure et tout se déroula avec douceur. L'amertume et le ressentiment semblaient avoir disparu et je retrouvais mon ami. Je finis même par m'asseoir sur l'accoudoir de son fauteuil afin de commenter avec lui le texte de potions qui, s'il était intéressant, possédait de nombreuses failles.

« Vois-tu à quel point cette information est imprécise ? » S'énerva Severus. « L'auteur déclare que la peau de Lutin de Cornouailles s'avère toxiques quand elle est mélangée à certaines plantes mais il n'indique pas avec lesquelles. »

« Si je me souviens bien, Slughorn a dit qu'il ne fallait surtout pas mélanger l'aconit avec cette peau sous peine de nuire à l'efficacité d'une potion de correction oculaire mais je n'en sais pas plus. » Déclarai-je.

« Et pourtant, » S'emporta mon ami. « comment peut-on prétendre à la création de potion si l'on ignore de telles informations ? Plusieurs fois je me suis heurté à de telles imprécisions et cela m'agace. »

Le silence s'installa entre nous et je sentais la fatigue s'abattre sur moi mais je ne désirais pas laisser Severus seul ni briser un moment si agréable. Je ne pus m'empêcher de poser la tête sur l'épaule du Serpentard. Il se tendit puis enfouit son visage dans mes cheveux. Je fermais les yeux et savourais ce moment aussi exceptionnel qu'inattendu.

« Tu sais Rose... » Chuchota Severus. « J'ai vraiment eu peur pour toi, ce soir-là. Je n'ai pas trouvé d'autres solutions que d'utiliser ce sortilège pour te sauver.. »

« Pourquoi t'excuses-tu ? » Lui demandai-je, surprise. « A ce que je sache, tu m'a sauvé la vie, pas l'inverse. »

« Tu te doute que le sortilège que j'ai employé n'est pas anodin. » Rétorqua le Serpentard. « Il ne t'a pas seulement empêchée de te vider de ton sang sur le sol mais nous a aussi liés. » Je m'écartais afin de protester mais il me fit taire d'un seul regard. « Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de dramatique. Juste une façon pour toi comme pour moi de savoir si 'autre est en vie. »

« J'ai lu quelques ouvrages sur ce type de magie... » Hésitai-je. « De la magie très noire, Severus. Je ne m'attendais pas à ce que tu connaisses ce genre de... rituels. Je sais ce que ce genre de liens implique. Si l'un de nous connaît une douleur trop importante, l'autre s'en trouvera affligé. Si il meurt, l'autre sera immédiatement au courant. Tu n'as pas besoin de me faire un cours là-dessus. »

« Alors tu sais également qu'il nous est impossible de nous cacher l'un de l'autre. Où que tu sois, quelle que soit la raison de ton éloignement et peu importe tes efforts, tu ne pourras m'échapper. »

Je hochais la tête et soudain, ce fut comme si cette conversation n'avait jamais eut lieu, l'atmosphère était redevenue légère. Severus me regardait fixement et je savais qu'il détaillait les immenses balafres qui ornaient mon visage et que je laissais apparaître quand j'étais trop fatiguée pour les masquer d'un Glamour. Sa main se leva pour suivre le tracé de la cicatrice qui allait de mon menton à mon front, barrant mon visage et éclipsant toute autre chose.

Je baissais les yeux, gênée. « Arrête s'il te plaît. » Soufflai-je.

Il chercha mon regard. « Ne sois pas gênée du travail de Lupin, Rose. » Fit-il d'une voix qui se voulait douce mais qui débitait des mots d'une dureté impressionnante. « Lui seul doit se sentir navré de t'avoir ainsi blessée. Cet animal t'a blessé mais le fait même que tu aies survécu à toutes leurs attaques à lui et à sa bande prouve ta force. N'aies pas honte de l'idiotie des autres, c'est inutile et éreintant. Et, ne t'ai-je pas promis de les guérir ? »

« Pourquoi perds-tu ton temps avec moi, Severus ? » Soupirai-je. « Je ne t'ai jamais rien apporté. »

« Tu m'as défendu face à la bande de Potter. » Répondit-il en haussant les épaules. Et tu es la cousine de Lucius, personne ne veut déplaire au leader de sa maison, si ? »

Il parlait d'un ton détaché qui me fit me raidir. Je savais que c'était mal d'exiger une réponse à mes sentiments chez quelqu'un comme Severus, qui avait souffert à chaque fois qu'il aurait dû aimer, mais je désirais qu'il se rende compte de toute l'estime, de toute la gratitude que j'éprouvais pour lui. Et ce besoin s'était amplifié depuis ma prise de conscience d'un peu plus tôt.

Et la certitude qui m'avait frappée tandis que je me trouvais dans le salon de Lucius me frappa de nouveau. Je savais qu'en demeurant à Poudlard, je prenais le risque d'encore plus m'exposer à toutes ces émotions qui m'avaient déjà abattue. Je savais que je risquais de désespérer de ne pas recevoir l'affection de Severus, que je pouvais très bien souffrir tant physiquement que mentalement de ma proximité avec Sirius et ses amis. Que Katharina et Lucius ne pourraient pas me protéger, ils avaient d'autres choses à faire. J'avais été assez égoïste comme cela, il me fallait prendre mes responsabilités.

Sans un mot pour Severus, je me levai et sortis, ignorant ses appels interloqués. Je me concentrais uniquement sur mon visage, je tentais de le figer dans le marbre, de ne pas me laisser aller et de me mettre à pleurer. Mon choix était fait, je ne pouvais plus demeurer auprès de ceux qui m'étaient chers car, en les côtoyant, je les mettais en danger. En me protégeant, ils pouvaient être attaqués et je ne voulais pas que cela arrive encore. Pour ma protection, et pour la leur, je me rendais dans ma chambre et me préparais à effectuer la plus grande aventure de ma vie.

Je ne crois pas, encore aujourd'hui, que pendant mes préparatifs, j'ai eu le moindre doute quant à ma décision. J'étais assurée. Je pensais œuvrer pour le bien, faire preuve d'altruisme en m'enfuyant.

Car il s'agissait bien d'une fuite. Lâche comme j'étais, je ne souhaitais par faire face à mes ennemis. Je ne l'avais jamais fait, je n'avais cessé de me cacher derrière ceux que j'aimais, au péril de leur vie. Oui, j'étais sans nul doute de la famille Malfoy de ce point de vue là.

Ainsi, disparaissant dans la nuit suivie par ma valise, je ne vis pas Katharina sortir du château en trombe, je ne l'entendis pas m'appeler jusqu'à s'en briser la voix et je ne la vis pas non plus sangloter sur le sol, avec pour seul soutien les bras de Lucius qui avait bien compris que mon départ était inévitable. Et nous savions tous deux que je partais avec l'intention de ne jamais revenir.