Bonsoir,
Je sais, je suis en retard. Je suis désolée. Vraiment. Le chapitre de novembre n'est jamais venu, ce n'est pas faute de volonté mais j'ai vraiment eu un novembre pourri. Je voulais poster deux chapitres pour me faire pardonner. J'ai eu une panne d'inspiration. 2013 fut une année pourrie pour écrire '
Je vous souhaite donc un Joyeux Noël en retard, une bonne année en avance et une bonne lecture, encore mille excuses!
Merci à ceux qui reviewent/followent/favorisent (oui, je conjugue ces verbes :P)
Gwen
Chapitre 22: Captive
Nom: The Slytherin Lioness
Résumé: "Elle était la Reine des Serdaigle, leur phare dans la nuit. Elle était la soeur des Serpentard, une des leurs malgré tout. Et elle était sous la protection des Maraudeurs, Tigresse parmi les Lions. Elle était toi et moi."
Attention: Cette fic est aussi ancrée dans les romans que possible mais j'avais besoin de Lucius et Narcissa et à vrai dire, tous les Mangemorts, donc Lucius est à Poudlard en même année que Lily, James et Severus!
Disclaimer: Rien n'est à moi (sauf Roslynne, Katharina et Gab évidemment!) tout appartient à la magnifique J.K Rowling que je remercie de tout mon coeur!
Prochain update: Aux alentours du 31 janvier
Chapitre 22 : Captive.
"La lumière pense voyager plus vite que quoi que ce soit d'autre, mais c'est faux. Peu importe à quel vitesse voyage la lumière, l'obscurité arrive toujours la première, et elle l'attend. »
Terry Pratchett.
Je ne sais comment vous conter ce qui s'est passé, ni comment vous expliquer ma situation aujourd'hui. C'est bien compliqué, même pour moi qui suis en plein cœur de cette tourmente. Je vais m'appliquer à vous raconter ce qu'il s'est passé mais je ne vous garantis rien. C'est drôle, je ne sais même pas si quelqu'un, un jour, va prendre la peine d'ouvrir ce journal et pourtant, j'y étale mon cœur, comme une idiote et j'y écris ce que j'aurais écris à un ami. Vous qui me lisez, seul témoin de ma pitoyable existence, ne me méprisez pas pour ma faiblesse. Vous ignorez probablement ce que c'est d'être un être qui aime au milieu de tant de haine. J'espère pour vous que vous lisez mes mémoires alors que la guerre est finie...
Enfin, je ne peux le savoir, alors je vais finir mon histoire.
Je suis donc partie de Poudlard à dix-sept ans, sans autre diplômes que mes BUSES et avec une valise pleine de choses inutiles pour ma vie quotidienne. Mon errance a été longue avant que je ne pose mes affaires pour la première fois. Pendant un mois j'ai sillonné l'Écosse, cherchant un abri où personne ne me trouverait, usant de la magie pour me camoufler. Je ne vivais pas, je survivais, seule. J'étais un peu perdue, je ne savais que faire dans cette situation dangereuse dans laquelle je me trouvais. Chacun de mes actes pouvait permettre à quelqu'un de me retrouver et je ne voulais pas retourner là-bas. Je ne voulais pas voir les visages des gens que j'avais aimé puis abandonné.
Au bout d'un mois, je me suis résignée. J'ai quitté l'Écosse pour la France, ce pour quoi mon permis de transplanage a servi. Puis, je me suis mise à courir aussi vite que possible. Je m'étais rendue dans le village qui abritait le manoir de mes parents et je ne voulais pas être prise. Ma fuite me mena dans une ville moldue de Normandie dans laquelle je passais un an.
Cette année me permit de devenir une presque moldue. Hébergée dans un foyer puis dans un appartement, je me familiarisais avec le monde honni de mes parents. Je savais que personne ne penserait à me chercher parmi les Moldus, tous pensaient que j'étais la digne descendante d'une lignée raciste que je méprisais. Je vivais de petits travaux, en paix.
Je me suis enfuie de cette ville quand j'ai commencé à détecter l'ombre qui me suivait. Je ne sais toujours pas, trois ans après, qui était cette personne, je sais juste qu'elle m'a suivie à chaque étape de mon exil et que c'est elle qui m'a livrée à mes tortionnaires... Mais continuons, vous comprendrez plus tard.
Ainsi donc, je fus obligée de quitter ma petite vie confortable et de me remettre sur la route. Après la Normandie, ce fut en Bretagne que je me dissimulais du monde sorcier. Chaque jour, je remerciais (pour la première fois de ma vie), les tuteurs qui m'avaient enseigné le français que je parlais désormais couramment.
Encore une fois, je fus délogée par l'ombre qui m'effrayait chaque jour davantage. De plus, j'étais désarmée par sa passivité. Elle se contentait de me suivre dans mes pérégrinations sans tenter de me parler. Si elle n'avait pas eu cette aura maléfique, jamais je n'aurais su qu'il fallait m'en méfier.
Je dus me résoudre à quitter la France quand, après six mois de fuite dans tous les coins perdus, je me rendis compte que je ne pourrai guère la semer ici. Cela faisait un an et demi que j'avais quitté le Royaume-Uni et pourtant, je savais que je ne pouvais pas encore y revenir. Et que plus j'attendais, plus il me serait difficile de reprendre ma place. Je n'étais pas prête, mais chaque jour passé loin de chez moi était une torture insoutenable et résonnait comme un glas en mon cœur.
J'ai alors tenté une folie : je me suis réfugiée en Asie. Oui, en Asie. Plus précisément, j'ai vécu trois mois en Inde, cinq mois au Japon et six mois en Chine Chine. Là-bas, je me rendis compte de la vanité de ma vie. Je ne réciterai pas les clichés moldus de l'apprentissage de la sagesse avec quelque vieillard perdu au cœur des montagnes. Non, je vivais au sein de populations pour lesquelles l'individu n'est que le maillon d'une chaîne infinie. Un grain de sable à l'échelle du pays. L'ombre ne me quittait certes jamais, mais je n'en avais cure. J'étais loin de chez moi, je me battais pour survivre. J'ai été heureuse en quelque sorte puisque, dans ma lutte quotidienne, je ne prenais pas le temps de penser, ni de questionner mes motifs.
Je crois que c'est cette indifférence envers lui qui a poussé celui qui me traquait à passer à l'acte. Je ne prêtais plus vraiment attention à sa présence, me contentant de lui donner trop d'occasions pour m'assaillir. Je sais que vous devez me trouver idiote, mais cet homme – car je pense qu'il s'agit d'un homme – ne m'avait rien fait jusque là et j'étais lasse de courir. Même si je n'avais aucune attache là où je me trouvais, ni amis, ni famille, ni travail durable, je ne voulais pas partir et me donner encore une occasion de regretter les somptueux manoirs qui m'attendaient en France et en Angleterre, les sourire amicaux de mes amis, qui devaient d'ors et déjà m'avoir oublié. Bref, je m'étais résignée à être suivie et, après avoir tenté d'interpeller en vain l'ombre, j'avais commencé à faire abstraction d'elle.
C'est donc un jour de février en 1981 que ma vie fut de nouveau bouleversée. Étonnement, il me semble que mon histoire n'aurait pas pu continuer autrement. J'aurais dû savoir que mon passé et mes relations me rattraperaient. Mais à l'époque, je n'y avais guère pensé. Ce jour-là, je rentrais plus tard que d'ordinaire dans le petit appartement que je louais en Chine. J'avais quitté le Japon six mois plus tôt, après avoir fait changer les dernières Noises qui me restaient en argent moldu. J'avais alors quitté le pays par pure paranoïa. Je revenais des courses, les bras chargés de paquets.
Je traversais la ruelle qui me séparait de mon appartement quand, soudain, je sentis quelque chose de brûlant me heurter. L'impact du sort dans mon dos me fis m'écrouler et je criais de toutes mes forces. La douleur était intense et mon cerveau refusait de m'aider à me défendre. Mon assaillant me lança un sort de silence qui m'empêcha d'appeler à l'aide et me débattre ne me permit que de recevoir un magistral coup de pied dans le ventre. Nombre de souvenirs me revinrent de mon passé et j'espérais de tout cœur que mon agresseur me laisserait tranquille mais tel ne fut pas le cas.
Il se défoula sur moi qui, au fur et à mesure de ses coups, devenait une poupée désarticulée, avant de transplaner. Mon corps meurtri ne le supporta pas et je plongeai dans une bienveillante noirceur.
Encore une fois, mon réveil fut flou. Au-dessus de moi, il y avait un plafond grisâtre et humide, le genre de plafond qu'on trouvait dans les geôles des vieux manoirs. Les murs et le sol étaient du même acabit. Une unique porte en bois permettait d'accéder à ce que je qualifierai de cellule. Nulle lumière ne parvenait jusqu'à moi et l'obscurité m'effrayait.
Je restai là, seule dans le noir pendant longtemps avant que la porte ne s'ouvre, révélant une haute silhouette encapuchonnée. Je me recroquevillai contre le mur, le visage caché, présentant mon dos à mon visiteur. Il était évident que cette personne ne me voulait pas que du bien et je ne voulais pas céder plus vite que de raison à a douleur. La porte se referma mais une faible lumière éclairait encore les murs, vacillante lueur froide qui me glaçait le sang. L'obscurité, au moins, m'assurait une forme de sécurité car elle était synonyme de solitude.
J'entendis un mouvement, le froissement discret d'un tissu et soudain, une main se posa sur mon épaule. Je me repliai sur moi-même, fuyant la douleur qui allait suivre. De nouveau, elle s'empara de moi et me tira vers elle. Je résistai de nouveau mais, agacé, mon visiteur m'envoya un sort d'Entrave qui fit encore grandir la peur en moi. Je ne pouvais plus me défendre, j'étais à la merci de mes ravisseurs.
Une voix masculine se fit entendre, impérieuse. « Ne me résiste pas, Roslynne. Quand je te donne un ordre, qu'il soit verbal ou non, tu le suis ! Ton précieux Lucius t'a sûrement mieux dressée que ça, non ? »
Ma peur grandit encore. Cet homme me connaissait, il connaissait mes proches. Il pouvait très bien les menacer, les attaquer. Cela ne concernait plus uniquement ma petite personne mais aussi ceux qui un jour m'avaient été chers, ne seraient-ce que Lucius et Katharina.
« Que me voulez-vous ? » Hurlai-je, des larmes roulant sur mes joues.
« Parce que tu crois réellement que c'est toi que nous voulons ? » Ricana l'homme. « Tu n'es qu'une arme pour soumettre les idiots qui ne voient pas la réalité. Tu n'es plus rien, toi qui étais si prometteuse... Quel gâchis.. »
« De quoi parlez-vous ? »Demandai-je.
« Tu as a vécu chez les Moldus, sale Traîtresse à ton sang. » Dit-il d'un ton haineux avant de me cracher dessus.
Il clôt la conversation en hurlant un « Crucio ! » qui me fit me tordre de douleur sur le sol. Il leva le sort au bout de quelques minutes et s'en alla, laissant derrière lui un morceau de pain et un verre d'eau.
Une routine s'installa. Tel un rituel macabre, l'homme revenait me harceler, laissant toujours derrière lui un morceau de pain rassit et un verre d'eau, comme pour me tenir en vie. Je perdais peu à peu la notion du temps, ne me repérant qu'avec les visites de mon bourreau. Tout ce que je savais, c'est qu'il me laissait à peine assez de temps pour récupérer de sa dernière attaque qu'il revenait. Mon corps était lourd et douloureux. J'étais courbaturée et résignée. Quand il venait, j'utilisais les forces qui me restaient pour tenter d'étouffer mes cris. Lorsque l'un d'entre eux m'échappait, il résonnait contre les murs et me vrillait la tête.
Mon existence pitoyable se prolongea ainsi pendant un moment. Je subissais les assauts répétés sans broncher, roulée en boule et maudissant tout ce qui m'avait mené ici. Mes parents, pour m'avoir donné le jour, Sirius pour m'avoir forcé à fuir de Poudlard, et cet homme, toujours le même, qui ne se lassait pas de m'infliger d'atroces souffrances qui me laissaient souvent inconsciente sur le sol.
Il y eut une trentaine de visites avant que ma fierté et mon courage me reviennent. J'avais depuis longtemps compris que personne ne m'aiderait à m'échapper. J'étais livrée à moi-même, et me plaindre de ma situation ne m'aiderait guère. Je le sentais, il me fallait m'échapper avant qu'il ne me tue, et pour cela, il fallait que je riposte.
Ma passivité passée m'assista dans mon projet. Mon visiteur avait bien remarqué que je ne tentais jamais de me soustraire à la douleur, que je ne réagissais pas et qu'il pouvait frapper à sa guise sans crainte. Il avait même commencé à ne plus fermer la porte en bois pendant qu'il me tourmentait. Au début, cela semblait être un oubli puis, peu à peu, cela était devenu une habitude. Grave erreur.
Je laissais encore six visites s'écouler, avant de réagir. Je voulais être sure que mon agresseur avait baissé la garde. Forte de ma détermination, je mettais tout en œuvre pour qu'il me croie amorphe, jusqu'à ne plus me débattre quand j'étais assaillie par la douleur. Si au début il avait semblé s'inquiéter, il avait fini par se rendre compte que je mangeais à peine et ne buvait que peu.
Lors de la sixième visite, il laissa échapper un rire tonitruant qui me noua l'estomac. Je fus prise de nausée en entendant la joie qu'il y avait dans sa voix. « Et dire que Rogue faisait ton éloge. Il te disait forte et te voilà brisée... Bientôt, tous les Traîtres à leur Sang sauront ce qu'ils risquent. Tu as de la chance que le Seigneur des Ténèbres ait choisit de ne pas t'infliger le sort de la femme de Malfoy, elle au moins saura ce qu'est la vraie douleur... »
Il continua de parler, fier de son œuvre, tandis que mon sang se glaçait. Trois choses m'avaient terrifiée durant son discours.
Premièrement, cet homme connaissait Severus et cela avait de multiples raisons de m'inquiéter. En effet, soit Severus savait où je me trouvais et ne pouvait -ou ne voulait- pas me sauver, soit il l'ignorait et le fanfaron qui me servait de bourreau allait prétendre qu'il m'avait brisée pour le blesser. Les deux situations étaient inacceptables et je me résolus d'y remédier au plus vite en m'enfuyant.
Cependant, -et cela était la seconde source de ma terreur- j'étais prisonnière de Lord Voldemort, ce qui voulait dire que je me trouvais probablement dans les cachots du Manoir Malfoy. Ce lieu était à la fois un atout pour moi et une condamnation. Je savais, pour l'avoir entendu, que personne ne pouvait s'échapper des cachots car ils étaient truffés de pièges que seuls les propriétaires des lieux pouvaient manier. Ainsi, mon bourreau n'était pas touché par les sorts car Abraxas Malfoy (mon oncle), avait du l'autoriser à accéder à cette partie du Manoir. Je ne savais cependant pas si mon sang et ma magie étaient assez proches de ceux de mon oncle pour me permettre de passer pour une Malfoy et donc de posséder toutes les autorisations. Le principal avantage à me trouver là était que j'avais passé une grande partie de mon enfance à arpenter les couloirs et les passages secrets du Manoir et que je connaissais le château comme une vraie Malfoy. Ces secrets, bien gardés, m'avaient été transmis. Un fois en dehors de ma cellule, je savais par où passer par m'échapper.
Car il fallait que je m'échappe. En effet, l'homme avait assuré que la femme de Malfoy comprendrait ce qu'était la vraie douleur. Or, j'étais certaine qu'il ne parlait pas de la mère de Lucius mais de sa femme. Aux dernières nouvelles, la femme de Lucius, ça allait être Katharina. Et en plus de trois ans, ils avaient eu le temps de se marier. Et si ce que j'avais vécu n'était rien comparé au sort qui attendait mon amie, il me fallait la sauver.
La porte se referma sur mon visiteur et je pris une décision. J'allais m'enfuir la prochaine fois qu'il viendrait me voir et me rendrait chez Severus, à l'impasse du Tisseur pour requérir son aide. Je m'endormais alors, forte de cette conviction, oubliant la douleur qui tenaillait mon corps.
