Face à la pluie de reviews qui a suivi la publication du deuxième chapitre, je ne peux que poster le troisième en avance pour vous remercier !

Sérieusement, whoaw ! Vous devez vous imaginer l'énorme sourire sur mon visage quand j'ai lu tout ça ! C'est trop gentil ! Vous êtes tous géniaux :) Katkitten4, Calypsoh, x-the-mentalist-jisbon-x, Florale, JaneDoe51, TheTruthIs, Olympe9, MissKitty77, Chou05, Paiw, CL13, Yoshilementalist, Marie, ainsi qu'un Guest qui n'a pas laissé de pseudo, MERCI !

Mais loin de gonfler mes chevilles, je suis encore plus inquiète par rapport à ce troisième chapitre, j'espère vraiment qu'il sera à la hauteur de vos attentes !

Bonne lecture, et bon week-end ;)


1. The Mess

Une demi-heure plus tard, Jane et Lisbon entraient dans un restaurant en bas de la rue. Lisbon avait revêtu une longue robe blanche à propos de laquelle Jane n'avait pas manqué de la complimenter. Ils s'installèrent sur une banquette dans un coin, un peu comme au « Il Tavolo Bianco ». Ils ne tardèrent pas à passer commande et dînèrent en discutant du pays et de l'affaire. Erica était aussi revenue quelques fois dans la conversation. Ils entamèrent le dessert et Teresa reprit la parole.

- Tu sais, je me demandais… L'autre soir, quand tu es venu chez moi et que Marcus t'as ouvert la porte… Tu te souviens, tu m'avais dit que… que tu ne voulais que mon bonheur, commença-t-elle d'un air hésitant.

Il hocha la tête.

- Tu ne voulais pas…, reprit-elle. Ce n'était pas ça que tu avais prévu de me dire, n'est-ce pas ?

Il eut un petit sourire.

- Non. J'avais prévu de te dire que je ne voulais pas que tu partes.

- C'est bien ce que je pensais.

Elle remua sa glace du bout de sa cuillère. Il y avait un autre sujet qu'elle voulait aborder sans savoir si c'était une bonne idée. Mais la question lui brûlait les lèvres.

- Et… Si je n'avais pas découvert le pot-aux-roses et si Abbott et Cho n'étaient pas venus, c'était quoi ton plan initial au restaurant ?

Elle vit que Jane avait l'air soudainement gêné. Il fit une petite moue avec ses lèvres et finit par lancer d'une voix détachée :

- Et bien, je comptais te séduire, te faire craquer en espérant que tu laisses tomber Pike.

Il y eut un silence.

- Est-ce que ça aurait marché ? demanda Jane.

- Pas la peine de poser la question, tu sais bien que ça aurait marché. Et… tout aurait commencé sur un mensonge, dit-elle d'une voix calme.

Jane baissa les yeux sur son verre, se sentant honteux. Son plan initial était égoïste et stupide, et il l'aurait véritablement exécuté si tout s'était déroulé comme il l'avait souhaité. Heureusement, Lisbon était partie. Heureusement, il avait eu la présence d'esprit de se bouger l'arrière train pour la rattraper.

- Je suis désolé.

Elle se sentit mal en le voyant comme ça. Il l'avait gentiment invité au restaurant, pourquoi le blâmait-elle maintenant ? Elle se rapprocha de lui et posa sa main sur la sienne.

- C'est derrière nous.

Il releva les yeux vers les siens et fut encore une fois frappé d'y voir l'amour qu'elle ressentait pour lui. Il s'approcha davantage et posa son front contre le sien.

- Merci de continuer à me pardonner, murmura-t-il.

Pour toute réponse, elle inclina son visage et déposa un baiser sur les lèvres de Jane. Alors qu'il s'apprêtait à l'embrasser à son tour, la sonnerie de son portable se fit entendre. Il soupira de frustration et l'embrassa tout de même.

- Décroches, c'est peut-être Abbott, souffla Lisbon.

- Et alors ? répondit-il avant de capturer ses lèvres à nouveau. Il la sentit sourire, puis elle se détacha de lui. Elle lui lança un regard mi-amusé, mi-explicite. Il soupira à nouveau et décrocha.

- Allô ? Erica ?

Il regarda Lisbon d'un air de dire « Tu vois que je n'aurais pas dû décrocher » tandis qu'elle roulait des yeux en se laissant tomber contre la banquette. Même sans être là, Erica arrivait à tout gâcher.

- Patrick, où êtes-vous ? On vous cherche partout. Il y a une urgence dans l'enquête, on doit partir tout de suite.

- Tout de suite ? Mais tout le monde est exténué, ça ne peut pas attendre demain ?

- Non. Et est-ce que vous avez vu… Oh. Je vois. Vous êtes avec Lisbon.

- Précisément.

- J'espère que je n'interromps rien, dit-elle d'un air amusé.

- Je vous pensais meilleure menteuse que ça.

- On part dans dix minutes, dépêchez-vous de revenir à l'hôtel, fit Erica avant de raccrocher.

Jane remit son portable dans sa poche.

- Laisses-moi deviner, elle a vu que nous avions tous les deux quittés l'hôtel alors elle a trouvé un moyen de nous faire revenir, dit Lisbon.

Jane fit la moue.

- C'est pour l'enquête apparemment mais… elle a pu faire gober n'importe quelle « urgence » à l'équipe, puisque c'est elle qui connait les lieux.

Lisbon leva les yeux au ciel. Mais ils furent bien obligés de s'en aller, laissant leur soirée en suspens.

Deuxième soir à Beyrouth. Minuit.
Jane referma silencieusement la porte de sa chambre d'hôtel. Il sentit un frisson d'excitation le long de sa colonne vertébrale. Avançant dans le couloir plongé dans la pénombre avec un grand sourire sur les lèvres, il savait qu'il avait vraiment l'air d'un grand gamin. Il n'avait jamais été au lycée et n'avait donc jamais vécus ces voyages scolaires où les élèves sortaient de leur chambre en douce. Ça devait avoir à peu près le même goût que ce qu'il était en train de faire.

Après quelques mètres, il arriva devant ce qui lui semblait être la chambre de Lisbon. Il plissa les yeux en lisant le numéro de la chambre, voulant être sûr que c'était la bonne porte. Il serait un peu délicat de se retrouver chez Cho. Ou pire, chez Erica.
Après avoir bien vérifié, il ouvrit doucement la porte, prenant garde à ne pas faire de bruit. La pièce était sombre mais la lumière de la lune lui permettait de distinguer les silhouettes d'une façon assez précise. Jane fronça les sourcils en voyant que Lisbon n'était pas dans son lit. Peut-être dans la salle de bain ?

- Teresa ? chuchota-t-il en s'avançant. Teresa, c'est moi…

Il fut pris d'un sursaut violent lorsque deux bras se refermèrent soudainement autour de son torse. Avant que son cerveau ait le temps de trouver l'explication logique à cet évènement, il se retourna vivement. Bien-sûr, c'était Lisbon qui l'avait piégé. Il ordonna à son cœur d'arrêter les soubresauts dans sa poitrine.

- Bon sang Lisbon, j'ai failli faire une crise cardiaque ! murmura-t-il.

Elle se détacha de lui, et il secoua la tête en la voyant essayer d'étouffer son fou rire. Comment avait-il pu se laisser piéger comme un débutant ? Comment avait-elle réussi à anticiper son plan ? Enfin, quand on y pensait, ce qu'il avait fait pouvait peut-être bien être qualifié de prévisible. Lorsqu'elle se fut calmée, elle annonça :

- J'ai attendu une heure et demie cachée derrière cette porte, c'était pas trop tôt…

- Je ne m'excuserais pas de t'avoir causé des fourmis dans les jambes, répliqua Jane avec un sourire. Mais je suis vraiment outré de ton comportement…

Elle haussa les sourcils, un sourire elle aussi au coin des lèvres. Jane s'avança vers elle et reprit.

- Je crois que tu vas devoir te faire pardonner pour ça, dit-il, toujours à voix basse.

Elle reculait au fur et à mesure qu'il avançait.

- Ah oui, vraiment ? chuchota-t-elle.

Oh, diable qu'il adorait quand elle se prenait au jeu. La jambe de Lisbon se heurta au lit derrière elle et elle dû s'arrêter. Jane était désormais en face d'elle. Il eut un léger rire avant de l'attraper par la taille et de l'embrasser aussi passionnément qu'il le pouvait. Elle ressentit son corps se tirailler dans tous les sens de bonheur. Elle accrocha ses mains à la nuque de Jane et elle se laissa tomber assise sur le lit sans le lâcher. Les mains de Jane trouvèrent les boutons de la chemise de nuit de Lisbon.

Pendant ce temps, Erica franchissait la porte de la chambre de Jane, trouvant un lit vide. Elle n'eut pas de mal à faire le calcul. Et alors que Lisbon et le consultant commençaient à passer aux choses sérieuses, trois coups furent toqués à leur porte. Erica entra sans prendre la peine d'attendre la réponse. Ils interrompirent immédiatement leurs baisers et se tournèrent vers l'intruse. Lisbon referma sa chemise sur ses sous-vêtements, et foudroya Erica du regard. Jane en fit de même. Là, elle dépassait vraiment les bornes.

- Sortez tout de suite de ma chambre Erica ! s'exclama Lisbon aussi fort qu'elle pouvait le faire en chuchotant. C'est… ce… ça ne se fait pas d'entrer comme ça !

Heureusement qu'ils étaient dans la pénombre, parce-que les joues de Lisbon étaient rouges de colère et de malaise. Erica fit mine d'être désolée.

- Je me suis trompée de chambre.

Jane sentit la colère le gagner. Il se tourna vers Lisbon.

- Je reviens dans une minute.

Il se leva et se dirigea vers Erica avant de l'entraîner dans le couloir. Il se positionna face à elle.

- Erica, écoutez-moi, s'il-vous plaît. Vous ne vous rendez pas compte que ce que vous faites ne sert à rien ? Vous trouvez ça amusant ? Est-ce que vous allez jouer à ce petit jeu avec tous les hommes que vous croisez toute votre vie ? Essayez de comprendre ce que veut dire le mot "authentique", parce-que vous êtes son parfait contraire. Ouvrez les yeux. Vous vous cachez derrière cette façade de femme fatale mais au fond, personne ne vous connait, et aucun des hommes que vous séduisez n'a de réels sentiments pour vous. Réfléchissez là-dessus, au lieu d'essayer de m'avoir, moi.

Erica garda le silence un instant. Le sourire avait disparu de son visage, elle avait l'air un peu blessée.

- Vous avez drôlement changé, Patrick Jane.

- J'ai trouvé une raison d'être tel que je suis vraiment. A vous de faire de même.

Devant le visage déconcerté d'Erica, Jane fit demi-tour et rentra dans la chambre. Il soupira et rejoint Lisbon. Il se laissa tomber sur le dos. La frénésie d'il y a quelques minutes était retombée.

- Ça a un peu cassé l'ambiance, n'est-ce pas ? fit Lisbon.

- Mmh.

Elle se mit à reboutonner sa chemise de nuit. Puis vint un long moment de silence.

- Bon, qu'est-ce qu'on fait ? demanda finalement Teresa.

Jane posa son regard sur elle.

- Je ne sais pas… Ça fait longtemps qu'on n'a pas joué au poker.

- Ça doit venir du fait que j'en aie marre de perdre à chaque fois.

- Je te laisserais gagner, promit, fit Jane avec un sourire taquin.

Pour toute réponse, il reçut une tape sur le bras.

- De toute façon, on n'a pas pris de jeu de poker. Ni de jeu de cartes, d'ailleurs, fit Lisbon.

Nouveau silence.

- On peut aller se balader dehors.

Lisbon le dévisagea.

- A cette heure ?

Jane se redressa.

- Une balade nocturne romantique dans la capitale…

Elle grimaça au mot « romantique » (eh oui, Lisbon ne serait jamais fleur bleue, jamais). Mais l'idée lui plaisait bien.

- Bon ! Va te rhabiller.

Il lui sourit posa un baiser sur ses lèvres avant de quitter la chambre.