Auteurs : Brisby & Anya
Disclaimer : Malgré tout ce qu'ils ont pu vivre avec nous, ils refusent obstinément de nous appartenir, allez savoir pourquoi !
Base: Gundam Wing
Rating: Des petites disputes, rien de bien méchant
Genre : UA (monde plus ou moins médiéval), angst, yaoi, aventure, vampires.
Couples : 3+4, 4+3… deux amis deviennent assez proches…
Remarque : A partir de maintenant, la publication des chapitres devrait être un peu plus lente, on s'en excuse à l'avance é.è Donc profitez de celui-ci, parce qu'après un délai de deux à trois semaines sera à prévoir... Pour septembre. On ne peut pas trop prévoir pour après étant donné qu'Anya pars à l'étranger et que Brisby a des exams à préparer. Mais on continuera à faire de notre mieux, c'est promis ! Non seulement on a beaucoup de plaisir à taper cette fic, mais en plus votre soutient nous motive ;p
Once upon a bloody time…
Chapitre 6 : Het portaal
Ca faisait maintenant une semaine qu'ils roulaient sans s'être vraiment arrêtés dans une ville. Les quelques commissariats qu'ils avaient visités ne contenaient aucune information sur un groupe de vampire ou une secte. Ils avaient finalement fait demi-tour pour se diriger vers Ashiblift. Wu Fei avait insisté pour que Duo soit le plus souvent à l'avant du van après une énième dispute avec Trowa. Certes, ses engueulades avec Heero étaient plus que fréquentes mais moins sérieuses. Enfin, ce n'étaient pas ce que pensaient les passagers quand le conducteur se mettait soudainement à faire des slaloms dans le but de se venger du prostitué...
La nuit était déjà bien avancée et le van roulait toujours sur une petite route de campagne. Heero avait un peu ralentit son allure, et le bruit des pneus sur la chaussée mouillée par la pluie berçait ses occupants. Duo somnolait à côté du conducteur concentré sur la route. Le brun prit son virage comme d'habitude, c'est-à-dire sans ralentir le moins du monde.
Il se retrouva soudain avec Duo contre lui ; en effet, emporté par le mouvement, il avait glissé jusqu'à lui. Sa tête était à présent calée dans sa nuque et sa natte battait de temps en temps contre son dos. Gêné, il repoussa le châtain d'une main et le poussa contre la porte opposée, le plus loin possible de lui. Au second virage, la tête de Duo se posa contre son épaule. Le brun serra les dents et le repoussa avec plus de force. Puis il lança un regard noir à son voisin ; il le faisait exprès ou quoi ? … Mais visiblement, Duo dormait vraiment. Les paupières closes, la bouche entrouverte, son souffle était régulier et paisible. Heero grommela. Même endormi, ce type trouvait le moyen de le déranger.
Au troisième virage, il ralentit. Et Duo se retrouva à nouveau collé à lui. Cette fois, il laissa échapper un juron et ne se gêna pas pour écarter brusquement le châtain. Il espérait que Duo se réveille et cesse de le gêner dans sa conduite, mais même pas.
Ce ne fut qu'après près de six virages que Duo ouvrit paresseusement un œil. Il bailla et se redressa. Il cligna des yeux et tourna la tête vers Heero pour demander où ils en étaient quand il croisa les deux yeux bleus à moins de dix centimètres de lui. Il sursauta et se recula, le cœur battant.
- « Putain, mais me fait pas peur comme ça, Heero !
- Tu te fous de moi ? Ca fait près de vingt minutes que t'arrêtes pas de me tomber dessus !
- … Comment ça ?
- Au moindre virage, tu te colles à moi ! Tu pouvais pas garder ta ceinture ! »
Duo aurait voulu lui répondre que ce n'était pas très agréable de dormir avec sa ceinture qui vous serrait le ventre, mais au lieu de ça, il cligna des yeux pour mieux observer son voisin. Un instant, il avait cru voir les joues du brun se colorer de rouge.
… Non, il avait dû rêver. Heero ne rougirait pas pour ça.
- « Tu vas arrêter de me regarder comme ça ! »
… Il avait mal entendu ou le brun avait l'air gêné ? Un grand sourire étira ses lèvres, et il remit tranquillement sa ceinture sans répondre au brun. Puis il se mit vraiment à pouffer.
Le brun se tendit et marmonna :
- « Quoi encore ?
- Dis, tu serais pas un peu prude ?
- PARDON ! »
Duo éclata de rire.
- « Hey, je n'ai pas fait exprès de te tomber dessus, tu n'as pas besoin de te sentir gêné ! Je n'avais pas l'intention de tenter quelque chose.
- Tu te crois si irrésistible ou quoi ? Ca va pas ! Je n'aime simplement pas qu'on me colle !
- Ca j'avais bien compris, merci. Mais ce que j'aimerai bien comprendre, c'est ce qui te fait rougir.
- JE NE ROUGIS PAS ! »
Duo fut pris de fou rire alors que le conducteur accélérait pour se venger et pour passer ses nerfs sur quelque chose. Dans le fond du van, Wu Fei se mit à râler alors que Trowa soupirait. Il n'y avait pas à dire, Duo mettait de l'ambiance.
Peu à peu, le van redevint silencieux.
Duo recommençait à avoir sommeil quand il se sentit étrange. Il avait l'impression d'avoir faim, alors qu'il ne ressentait pas le besoin de manger… Mais il n'avait pas envie de nourriture à proprement parler, rien de ce qui lui venait à l'esprit ne lui donnait envie.
En même temps, ce sentiment lui était étranger, comme si c'étaient les pensées de quelqu'un d'autre qui s'installaient en lui. Il se demanda un instant pourquoi il se sentait si étrange, et sans vraiment savoir pourquoi, il se retourna et ouvrit la porte menant à l'arrière du van pour regarder les trois passagers. Il jeta un œil au policier et au chasseur de prime, fidèles à eux-mêmes.
Lorsque son regard se posa sur Quatre, il vit ses mains serrées sur son pantalon, son corps tendu. Sa tête baissée fixait stoïquement le sol. Et là, Duo comprit.
C'était un peu des sentiments de Quatre qu'il ressentait, et apparemment, le vampire avait faim. Comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours, il avait besoin de boire du sang.
Duo se sentit immédiatement dans l'obligation de faire quelque chose pour le blond, il ne supportait pas de le voir dans cet état.
Il hurla :
- « STOP ! »
Heero freina brusquement, surpris par le cri.
- « CA VA PAS, NON !
- Pause pipi ! »
Il se précipita dehors et ouvrit en grand la porte latérale du van.
- « Quelqu'un a un besoin pressant aussi ? Quatre ? »
Le blond leva deux yeux surpris vers lui. Sans vraiment comprendre, il acquiesça et sortit avec le châtain. Duo rentra alors de nouveau pour chercher une veste dans le fond du van, et il claqua la porte en disant :
- « On revient dans cinq minutes ! »
Il s'éloigna rapidement, tirant le vampire par sa chemise pour qu'il le suive. Ils disparurent derrière un rocher avant que les autres ne sortent. Quand ils furent à une centaine de mètres du van, il le lâcha enfin.
- « Mais, Duo tu peux me dire ce que tu… »
Duo leva un doigt pour lui faire signe de se taire puis il déplia son manteau et en sortit une poche de sang synthétique. Il la donna au vampire en lui faisant un clin d'œil.
- « Quand tu as faim, il faut que tu le dises. »
Quatre le regarda avec de grands yeux, puis il prit lentement la poche.
- « Tu n'aurais pas dû y faire attention Duo… Ca… Ca arrive de temps en temps…
- Que tu aies faim ? Oui, ça c'est normal que ça arrive tu sais. »
Le blond secoua la tête.
- « Non, tu ne comprends pas… Tu as raison, j'ai faim. Mais en même temps, ce n'est pas une nécessité. Je… J'ai envie de boire du sang. Mais pas parce que j'en ai besoin. »
Ses yeux se teintèrent de rouge peu à peu.
- « Je n'ai pas besoin de boire du sang, mais j'en ai envie. »
Il baissa la tête.
- « Je ne sais pas si tu peux bien comprendre… Ou ne serait-ce qu'imaginer ce que je… »
Le châtain le regarda avec un sourire.
- Quatre… Je ne sais pas si tu te rends compte… Ton envie de boire du sang est tellement forte que ça fait dix minutes que je cherche ce dont j'ai faim. Alors je crois que je peux parfaitement comprendre et surtout imaginer ce que tu ressens. »
Le vampire lui fit un petit sourire gêné.
- « Allez, vas-y. Je doute qu'ils nous laissent longtemps tranquille, les trois autres gus.
- Uuh… Je préfèrerais que tu t'éloignes… Même si tu sais ce que je ressens, je ne suis pas sûr que tu saches ce dont j'ai envie et… Je préfèrerais que tu ne regardes pas. »
Duo parut étonné puis il lui fit un clin d'œil.
- « C'est compris, je file. Oh, et il doit y avoir un ruisseau en contrebas, si tu veux… Te rincer. »
Quatre se dirigea dans la direction que lui indiquait Duo tandis que celui-ci s'éloignait. Il rejoignit rapidement le van et jeta un coup d'œil à l'intérieur où Wu Fei et Heero discutaient.
- « Qu'est-ce que vous faites ? »
Les deux bruns se tournèrent vers lui.
- « On regarde à combien on est de Ashiblift. Tu peux nous dire ce qui t'a pris ?
- Moi ? Mais, uuh… J'avais envie d'y aller, c'est tout. »
Heero fronça les sourcils.
- « Alors… Soit tu nous prends pour des cons, soit tu as besoin que Quatre te tienne la main pour aller aux toilettes. »
Le châtain hésita encore un moment puis il soupira.
- « Quatre avait envie de boire du sang.
- Pourquoi ne nous l'a-t-il pas dis ?
- C'est compliqué… Où est Trowa ? »
Wu Fei leva les yeux au plafond.
- « Tu as disparu en traînant Quatre avec toi. A ton avis, qu'est-ce qu'il a bien pu décider de faire ? »
Duo fronça les sourcils.
- « Et merde… Il est parti par où ?
- On l'a vu se diriger vers les buissons à gauche mais… »
Le prostitué n'attendit pas qu'il en dise plus et il repartit en courant.
De son côté, Trowa cherchait toujours à retrouver Quatre et cet abruti natté, mais il ne voyait pas par où ils pouvaient être partis. Il pouvait toujours retourner au van, après tout ils étaient peut-être rentrés. Ca ne lui disait pas ce qui était passé par la tête de cet imbécile de prostitué… Bon au moins, il n'avait plus à s'inquiéter de la ténacité de Duo à donner de son sang au vampire, de toute manière il ne pouvait pas en boire. C'était toujours cette inquiétude en moins et il devait bien avouer que depuis qu'il savait cela, il se sentait un peu plus tranquille. Par contre, il avait toujours du mal à digérer l'existence de ce lien entre eux.
Il soupira et s'apprêta à retourner au van quand il entendit un bruit d'eau. Il s'approcha et aperçut alors le petit cours d'eau. Il le suivit pendant quelques mètres puis comme une haie haute et épaisse l'empêchait d'aller plus loin, il commença à s'en éloigner. Un mouvement entre les feuilles attira alors son attention, il s'avança et écarta quelques branches pour voir ce qu'il y avait derrière. Il se détendit en apercevant une tête blonde à plusieurs mètres derrière le buisson et il s'en approcha un peu plus pour mieux voir.
Le vampire était assis contre une pierre, à moins d'un mètre de l'eau, et il semblait seul. Trowa s'apprêtait à l'appeler quand Quatre enleva sa chemise. Il l'étendit sur un rocher et posa une longue montre à gousset dessus. Les mots du brun se perdirent dans sa gorge alors que la lumière de la lune accentuait la blancheur de sa peau. Il observa de là où il était les courbes que formaient les muscles du vampire sur son corps. Celui-ci se pencha alors en avant, le brun eut alors une pleine vue sur son dos. Il distingua vaguement quelque chose entre les mains du vampire mais ne vit pas bien de quoi il s'agissait.
Soudain, Quatre leva brusquement les mains vers son visage et planta violemment les dents dans une poche de sang synthétique. Le plastique éclata et des gouttes du liquide carmin volèrent sur son visage ainsi que sur son torse. Trowa fit un pas en arrière devant la violence avec laquelle le vampire avait mordu la poche. Pourtant, il y avait normalement une partie où le plastique était plus fin pour pouvoir ouvrir la poche sans s'en mettre partout. Il se sentait un peu mal à l'aise alors que le blond déglutissait bruyamment, il y avait quelque chose d'insupportable dans ce spectacle. Le vampire se redressa et replanta plusieurs fois ses canines dans la poche de plastique, répandant toujours plus de sang autour de sa bouche et sur sa poitrine. Beaucoup de sang synthétique tombait au sol et se répandait entre ses jambes mais il ne semblait pas s'en soucier. Ses ongles devinrent même de plus en plus crochus et il se mit à griffer la poche avec une frénésie presque hystérique. Il ressemblait à un animal affamé qui se jetait violemment sur sa nourriture, et cette ressemblance évidente fit mal au brun.
Il sentit quelque chose lui soulever le cœur à la vue de cette scène.
Ce n'était pas possible.
Ca ne pouvait pas…
Ca n'était pas Quatre.
Quatre n'était pas comme ça.
Une main se posa sur son épaule, il se retourna brusquement, se retrouvant face à Duo. Le prostitué lui fit signe de se taire et il l'éloigna du buisson. Une fois qu'ils furent assez éloignés, il s'assit sur un rocher tandis que le brun restait debout, le regard perdu dans l'herbe.
- « Ca va ? »
Le chasseur de prime se tendit et lui jeta un regard noir.
- « Pourquoi est-ce que ça n'irait pas ?
- Et bien, tu es tout blanc donc je me suis dis qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. »
Trowa ne lui répondit pas, trouvant à nouveau un superbe intérêt à l'herbe.
- « C'est le fait d'avoir vu Quatre boire du sang ?
- Ne sois pas stupide ! Je l'ai vu en boire un nombre incalculable de fois. Je l'ai même vu te mordre toi, alors franchement…
- Et donc ? Pourquoi tu trembles comme ça ? »
Le brun releva la tête brutalement et plongea sur Duo, le saisissant par le col.
- « C'est à cause de toi qu'il a fait ça hein ? J'aurais dû t'arrêter quand je t'ai vu partir avec lui ! Depuis qu'on t'a rencontré, Quatre n'a que des problèmes ! J'aurais dû te foutre dehors dès l'instant où tu es monté dans notre van ! Qu'est-ce que tu lui as fait encore ? »
Le prostitué n'esquissa aucun geste pour se défendre, se contentant de regarder le brun d'un air étonné.
- « Mais bordel pourquoi toujours moi ? Ca commence à devenir franchement agaçant, à chaque fois que quelque chose ne va pas, ça me retombe dessus. Surtout quand ça concerne Quatre. »
Trowa, déstabilisé par son calme, ne lui répondit pas.
- « Qu'est-ce que j'ai fait à Quatre ? Je lui ai donné une poche de sang parce qu'il en avait envie mais que comme personne ne l'avait remarqué il n'osait pas en réclamer. D'autres questions ? Je te préviens tout de suite, si ça concerne sa vampirisation ou la pauvreté dans le monde, je ne suis pas responsable. »
Le chasseur de prime soupira et le lâcha. Il s'éloigna un peu et alla s'asseoir dans l'herbe, bientôt rejoint à son plus grand malheur par le châtain.
- « Ca va ?
- Oui…
- Tu es sûr ? »
Trowa commençait à se sentir vraiment agacé.
- « Oui je suis sûr. Tu ne voudrais pas aller emmerder quelqu'un d'autre maintenant ?
- Ca n'a pas l'air d'aller… »
Il lui jeta un regard noir.
- « Mais c'est quoi ton problème ? Tu as envie d'être un bon samaritain ce soir ? Ou mon psy peut-être ? A moins que tu ne te sentes en manque d' « amis ». Ou alors tu dois avoir ton quota de bonnes actions dans le mois pour contrebalancer le fait que tu te prostitues ?
- Moi ? Mais non. Si je fais ça c'est parce que tu es un connard. »
Le brun cligna des yeux.
- « Pardon ?
- Attends, tu as vu comment tu agis avec moi ? Dès que quelque chose ne te conviens pas, et surtout quand c'est chez Quatre, c'est de ma faute. C'est bon, je commence à en avoir ma claque moi. Alors oui, j'aimerais bien comprendre ce qui ne va pas pour pouvoir, si possible arrêter de m'en prendre plein la gueule. »
Il posa sa main sur l'épaule du chasseur de prime.
- « Allez, raconte-moi ton dernier rêve.
- Abruti ! »
Trowa se leva immédiatement et commença à s'éloigner.
- « C'est quoi le problème ? Qu'est-ce qui t'a énervé à ce point dans ce que tu as vu ? »
Il s'arrêta de marcher.
- « Qu'est-ce qui t'a dégoûté comme ça ? J'ai cru que tu allais vomir… »
Le brun serra les poings et il se retourna.
- « Très bien monsieur l'expert de la vie des vampires, réponds un peu à mes questions... »
Il le fixa un moment comme s'il hésitait à parler.
- « Pourquoi ? Pourquoi il a fait ça ?
- Fait quoi ?
- Bu du sang comme ça ! On aurait dit… Un animal. »
Le prostitué soupira.
- « Mais parce qu'il en avait envie…
- Non ! Non, Quatre n'est pas comme ça ! Il ne peut pas avoir envie d'une chose aussi…
- Quatre est un vampire. Tu sais, les petites bêtes qui boivent du sang. Ce n'est pas un humain. »
Le brun déglutit difficilement.
- « Il n'est pas comme les autres vampires…
- Ca, je ne te le fais pas dire. Il n'empêche qu'il a certains besoins. Il a tout fait pour ne pas boire de sang humain, libre à lui, mais il ne peut pas non plus réfréner toutes ses envies… vampiresques. »
Le chasseur de prime perdit peu à peu son agressivité.
- « Mais c'est…bestial…
- Et oui, c'est bestial et ce n'est pas digne d'un humain. Le truc c'est que justement Quatre n'est pas un humain, alors quoi de plus logique qu'il n'ait pas des envies humaines ? »
Trowa ne répondit pas, baissant peu à peu son regard jusqu'à ses pieds.
- « Tu ne l'as toujours pas digéré hein ?
- Quoi donc ?
- Le fait qu'il était un vampire ? »
Il leva les yeux au ciel.
- « Je sais qu'il est un vampire depuis la première fois où je l'ai rencontré, alors je ne vois pas en quoi…
- Je ne parlais pas vraiment de ça. »
Le brun fronça les sourcils en le regardant.
- « En tout cas pour un expert en vampire, je m'attendais à mieux… Tu m'excuseras mais « c'est comme ça, il en a envie » tout le monde pourrait le dire. »
Le châtain grinça des dents sous sa critique.
- « Ok… Tu veux une explication plus détaillée ? Alors c'est parti… »
Il prit une profonde inspiration.
- « Quatre est un vampire, comme tous les vampires, il devrait boire du sang humain mais, quand bien même il en ressent le besoin voire l'envie, il a décidé de ne pas en boire. Soit… Comme tous les vampires, il devrait avoir envie de chasser, de passer ses pulsions animales sur sa proie, d'avoir quelque chose de violent… Mais là encore il les réfrène alors que la plupart des vampires qui ne peuvent boire du sang humain faute de moyen ou de pouvoir, passent cette envie sur des proies animales. Vu son caractère, je pense que se déchaîner sur une bête le révulse au point qu'il contient ses pulsions. Du coup il ne lui reste plus qu'une chose sur laquelle les passer et c'est…
- Les poches de sang synthétique… »
Duo claqua des doigts.
- « That's right ! Voilà pourquoi tu l'as vu boire son sang synthétique de façon quelque peu… non conventionnelle… »
Le chasseur de prime resta pensif pendant quelques minutes après les mots du prostitué.
- « C'est un peu comme la masturbation en fait. »
Trowa acquiesça silencieusement sans bien écouter ce que lui disait le châtain puis il écarquilla les yeux en comprenant le sens de sa phrase.
- « Qu… Quoi !
- Comment ça « quoi » ? Tu m'as demandé une explication et c'est la meilleure image que je puisse te donner. Supposons que tu te masturbes… Vu ton âge et le peu de relations que ton travail te permet, j'espère pour toi que tu le fais mais bon…
- Je ne crois pas que ce soit le sujet de discussion. »
Duo ne put retenir un sourire.
- « Bref… Quand tu te masturbes, ce n'est pas parce que tu en as besoin, théoriquement on peut très bien vivre sans sexe… Et heureusement que ce n'est que de la théorie sinon je serais au chômage… Donc, normalement on n'a pas besoin de se masturber et pourtant on le fait. Du moins quand on est seul… Et si on le fait c'est par envie et non par besoin. Donc, pour conclure, ce que Quatre faisait tout à l'heure, tu peux considérer ça comme de la masturbation. »
Le brun se pinça la base du nez en fermant les yeux.
- « C'est une image un peu étrange… »
Duo haussa les épaules.
- « Tu voulais une explication… »
Il ne répondit pas et essaya de mettre de l'ordre dans ses idées. Ce qui s'averra assez difficile étant donné que Duo le fixait avec insistance.
- « Quoi ! »
Le châtain le fixa encore pendant un moment avant de répondre.
- « Je me demandais juste une chose… Tu es tombé amoureux de Quatre sans pour autant accepter le fait qu'il était un vampire ? »
Trowa haussa un sourcil.
- « Depuis quand je suis amoureux de Quatre moi ?
- Quand ? J'en sais rien, mais bien avant que je vous rencontre en tout cas.
- Et tu fumes quoi pour arriver à ce genre de conclusion ? »
Duo soupira.
- « La question serait plutôt : qu'est-ce que toi tu fumes pour ne pas te rendre compte que ce que tu ressens pour lui on appelle ça de l'amour. »
Le chasseur de prime se retourna.
- « Je ne veux pas rentrer dans ce genre de conversation puérile. Je sais ce que je ressens et tu ne m'en feras pas douter.
- Mais c'est pas vrai… Marlaguette elle au moins, elle savait ce qu'elle ressentait pour le loup.
- Je commence à être heureux qu'on ne m'ait pas raconté d'histoires étant petit. Si celles-ci parlent de zoophilie. »
Le prostitué leva les yeux au ciel.
- « Abruti…
- Et c'est toi qui dis ça. »
Duo se leva et alla se planter devant le brun.
- « Quoi qu'il en soit, que tu sois amoureux de lui, tu l'es, ou que ce soit de l'amitié, ça n'en est pas… On s'en fiche. Le fait est qu'il faut que tu te réveilles Marlaguette, ton loup à toi est un vampire.
- Arrête de m'appeler Marlaguette. Et je sais parfaitement que Quatre est un vampire.
- Admettons… Mais je pense que tu as essayé de l'oublier. »
Il lui donna un mouchoir en toile blanche.
- « Va le voir et donne lui ce mouchoir pour qu'il puisse s'essuyer. Il doit certainement avoir du sang un peu partout. Met-toi face à sa condition de vampire une bonne fois pour toute. Au moins votre relation pourra repartir sur une vraie base et je crois que ça lui fera du bien de voir que tu l'acceptes en tant que vampire. »
Il se retourna et s'éloigna de lui. Trowa regarda le mouchoir et resta indécis pendant de longues minutes. Puis il partit dans la direction opposée au prostitué et avança parmi les arbres et les buissons. Au bout de quelques minutes, il se retrouva à une dizaine de mètres derrière le blond. Celui-ci semblait avoir bu tout le sang qui se trouvait dans la poche de plastique et il se léchait les doigts. Le brun se tendit presque automatiquement devant ce spectacle. Il inspira profondément, essayant de prendre sur lui, et il s'avança de la façon la moins raide possible.
Quatre se retourna en entendant du bruit et il se figea en voyant le chasseur de prime se rapprocher de lui. Celui-ci se sentit mal à l'aise devant la gêne évidente du vampire. Alors Duo avait raison, il avait poussé Quatre à avoir honte de sa condition de vampire… Il s'approcha finalement sans rien dire, se contentant de fixer le blond qui ne le lâchait pas non plus du regard. Il avait replié l'un de ses bras sur sa poitrine, comme pour cacher le sang qui y avait coulé.
Trowa tendit le bras pour lui donner le mouchoir mais il était tellement crispé que sa main ne lâcha pas le morceau de tissu quand le blond essaya de le prendre. Il se baissa alors et avança le mouchoir jusqu'au visage. Il essuya lentement le sang qui s'était étalé autour de la bouche du vampire. Quatre le regardait faire sans bouger.
- « Si… Si tu veux, il doit me rester quelques chemises propres. »
Le vampire mit un peu de temps à réagir aux mots du chasseur de prime.
- « Non… Non merci. J'avais mis ma chemise de côté pour ne pas la salir. »
Le brun acquiesça puis il lui fit un petit sourire.
- « D'accord... »
La gêne du vampire sembla peu à peu s'estomper, laissant place à un certain étonnement. Puis il se mit finalement à sourire également. Trowa s'arrêta un instant d'essuyer le sang, il ne lui semblait pas que Quatre lui ait déjà sourit comme cela avant.
Un certain agacement monta en lui. Pourquoi ce stupide prostitué avait-t-il si souvent raison ?
Encore qu'il se trompait sur un point : il n'était pas amoureux de Quatre ! Non mais franchement…
Heero tapota des doigts sur le volant, exaspéré. Ce qu'il détestait les grandes villes… !
Surtout en fin de journée, quand elles étaient pleines de gens sortant du travail, régulièrement embouteillées, encombrées de passants pressés et malpolis, avec pour décor leurs immeubles gris et tristes, la noirceur de la nuit n'arrangeant rien… Encore qu'Ashiblift n'était pas une ville aussi laide que la précédente, mais tout de même…
Une voiture derrière lui klaxonna pour la troisième fois. Le brun se tendit encore plus et serra les dents pour se calmer. Ce n'était qu'un ridicule embouteillage qui n'allait sans doute pas durer, donc ce n'était pas la peine de s'énerver pour rien, zen…
Un quatrième klaxon se fit entendre. Cette fois, il ouvrit son carreau en grand et sortit la tête du van pour se tourner vers le véhicule derrière lui.
- « T'ES PAS LE SEUL À ATTENDRE, DUCON ! »
Et il referma son carreau, agacé et nerveux. Il attendit un moment encore lorsqu'il sentit un regard posé sur lui. Duo l'observait en silence, les lèvres pincées, comme s'il s'empêchait de rire ou de dire ce à quoi il pensait.
- « QUOI ?
- Te laisser conduire est vraiment une erreur… Tu es un névrosé du volant, tu sais ? »
Heero ne prit pas la peine de répondre. Il était suffisamment irrité et ne voulait pas donner à Duo une nouvelle occasion de se moquer de lui. Il ignora sa remarque et soupira de soulagement lorsque la charrue en face de lui avança enfin.
Peu de temps après, le brun gara le van, à deux rues du commissariat.
Ils se scindèrent en deux groupes : Heero, Trowa et Wu Fei partirent chercher des infos au poste de police, alors que Quatre et Duo allaient chercher du sang synthétique…
Vingt minutes plus tard…
- « Inspecteur Chang Wu Fei ?
- Ici ! »
Il marcha rapidement jusqu'au jeune policier qui l'avait appelé. Il était heureux d'être enfin reçu par le commissaire en chef, cela faisait un bon quart d'heure que les deux chasseurs de prime et lui-même attendaient au milieu des visiteurs qui emplissaient l'entrée.
Ils suivirent donc le policier et entrèrent dans un large bureau où traînaient des tas de feuilles et des stylos et autres tampons. Leur guide referma la porte derrière lui et s'approcha de trois hommes qui discutaient à voix basse derrière le bureau. Ils se turent en voyant entrer les trois bruns et deux d'entre eux se reculèrent avec des dossiers dans les mains. Un homme corpulent et au crâne chauve se leva de son grand siège pour les accueillir.
- « Bonjour, inspecteur Chang. Qui sont ces deux hommes ?
- Deux collègues qui m'aident dans mon enquête.
- … Bien. Je vais aller droit au but. Après que le poste de police où vous séjourniez encore il y a une dizaine de jours m'ait appelé pour me prévenir de votre visite... A votre demande si j'ai bien tout compris… Je me suis un peu renseigné sur vous pour savoir à quel homme j'aurais à faire. J'ai demandé à ce qu'on me fasse parvenir votre dossier et les différentes enquêtes sur lesquelles vous avez travaillé pendant votre carrière… Mais même après avoir lu tout ça, je n'ai toujours pas de réponse à la question que je me pose depuis qu'un de vos subordonnés m'a contacté. Je vous la pose donc directement : que venez-vous faire ici au juste ? »
Un long silence suivit les paroles du policier. Il soupira et alluma une cigarette.
- « Vous avez la réputation d'être quelqu'un de droit, qui va toujours au bout des choses. Toutes vos affaires ont été classées et menées avec soin. Vos collègues n'ont pas tari d'éloges à votre sujet… Alors je me demande bien ce qu'un homme de votre trempe vient faire à Ashiblift. Vous n'ignorez pas que cette ville est l'une des plus tumultueuse du pays et la police n'a pas bonne réputation. Alors je répète ma question : qu'est-ce qu'un flic comme vous espère faire chez moi ?
- Vous l'avez dit, Ashiblift est une ville à problème, autrement dit, pleine d'affaires louches. Il y a tout un quartier réservé aux vampires, à la périphérie de la ville. Donc pleins de témoins potentiels pour les enquêteurs que nous sommes. Or l'affaire dont nous nous occupons concerne les vampires. Un petit groupe de vampires, plus précisément que nous soupçonnons extrémiste, voir terroriste et peut-être même recherché par le gouvernement. Nous espérons votre aide pour y voir plus clair, savoir si vous avez recensé des activités étranges dans votre ville, et si oui, où, quand et qui. »
Le commissaire éclata de rire et tira une longue bouffée de cigarette.
- « Vous êtes un comique. Avec tous les problèmes qu'on a à régler ici, vous pensez sérieusement qu'on va enquêter sur tous les minuscules groupes de suceurs de sang extrémistes qui n'ont encore jamais rien tenté de sérieux et dont on ne sait pratiquement rien ? On a déjà assez à faire avec les meurtres, plus souvent d'humains je précise, les vols et les flics corrompus avec lesquels je dois bosser. Parce que bosser en toute confiance est pratiquement impossible. On passe plus de temps à se méfier de son voisin et à chercher la petite bête qu'à enquêter. Et vous croyez que j'accumule les heures sup' pour lire tous les dossiers peut-être ? »
Il ricana.
- « Vous savez, dès je suis chez moi, j'oublie cette ville de fous alors tous vos petits problèmes, vous pensez bien que je m'en contrefous. Si vous voulez en savoir plus, enquêtez de votre côté, vous aurez plus de chance qu'auprès de la plupart de mes collègues, en cherchant lequel dit vrai et lequel ment. Et puis concernant votre groupuscule de vampire, vous cherchez au mauvais endroit. La plupart des vampires ici se sont habitués à vivre avec les humains, je ne pense pas qu'un groupe serait assez fou pour tenter quelque chose contre cet équilibre. Surtout qu'ils ne sortent jamais de leur quartier. »
Heero jeta un œil à Wu Fei, stoïque et muet depuis que le commissaire avait pris la parole.
L'inspecteur ne bougea pas, mais il soupira et se tourna vers ses deux amis, ignorant les autres gens présents dans la pièce.
- « On y va. »
Il marcha vers la sortie puis tourna la tête au dernier instant. Il dit sèchement :
- « Ravi de vous avoir rencontré, commissaire. J'espère que ma visite ne vous aura pas trop dérangé et qu'elle ne vous empêchera pas de dormir ce soir. »
Et il claqua violemment la porte.
Le commissaire sourit, et se tourna vers ses deux assistants, derrière lui.
- « Bon. On en était où dans cette affaire de vol ? »
Un assistant hésita, puis dit :
- « Mais monsieur le commissaire… Vous auriez pu au moins les laisser regarder dans nos rapports ou nos archives.
- Hors de question. Les deux types avec lui, tu ne les as pas reconnus, Gurton ? »
L'homme hésita, fouillant un instant dans sa mémoire.
- « Non, j'aurais dû ?
- C'était mentionné dans le dossier de ce Chang. Celui qui était décoiffé, c'était Heero Yuy, l'autre avec la mèche, Trowa Barton, tous deux anciens flics et coéquipiers de notre cher inspecteur, et aujourd'hui chasseurs de prime de leur état.
- … Et alors ? »
Le commissaire fit la grimace en recrachant une bouffée de fumée.
- « Ce qu'il y a de pire après un flic corrompu, c'est un chasseur de prime. Ca fout la merde pour avoir sa prime et ensuite c'est la police qui trinque. Et je ne veux pas d'anciens flics reconvertis en chasseurs de prime chez moi. Surtout quand il s'agit de ces deux-là. Yuy et Barton sont certes de bons chasseurs, mais ils ont foutu un sacré bordel plus d'une fois dans leurs enquêtes… Et encore, il manquait un troisième larron, le dossier mentionnait un autre chasseur de prime, dont on ne dispose que d'un nom : Winner. Alors s'ils pouvaient se décourager et partir, ça m'arrangerait, j'ai assez à faire. »
Il inspira longuement sur sa cigarette, pensif.
- « Ah, je comprends mieux, monsieur le commissaire.
- Oui, vous devriez d'ailleurs bosser un peu plus sérieusement, Gurton. Vous êtes mon assistant, pas un bleu, alors bougez-vous et bossez comme il faut, lisez les dossiers pour savoir qui vous avez en face de vous, et finissez-moi cette paperasse ! »
Le policier bégaya, tout rouge :
- « Ou… Oui ! »
Il disparu rapidement de la pièce pour finir son travail et retourna dans son petit bureau. Il referma la porte derrière lui et posa ses dossiers. Il s'appuya un instant contre sa chaise et soupira. Puis il s'étira et décrocha son téléphone.
- « Gurton à l'appareil. J'ai des infos intéressantes.
- Je t'écoute.
- Un inspecteur du nom de Chang Wu Fei et deux chasseurs de prime, Heero Yuy et Trowa Barton, nous recherchent. Le commissaire dit même qu'il y en a un troisième qui s'appellerait Winner.
- Bon travail. Trouve où est-ce qu'ils se dirigent et d'où ils viennent, ce qui les a amené à nous.
- Compris. Je vous tiens au courant. »
Et il raccrocha, fier de sa découverte.
Deux ombres sortirent d'une ruelle mal éclairée par les lampadaires.
- « Hé bé… On peut dire que tu sais marchander, Quatre.
- Dans ce genre de trafic on essaye toujours d'arnaquer le client. Surtout que là notre vendeur avait l'air d'avoir une sacrée expérience dans la contrebande… Il faut juste être plus malin et surtout oser. Si on les laisse mener le jeu dès le début c'est fini.
- Et puis comme ça tu as eu plus de poches de sang pour un prix raisonnable. Tu seras plus à la diète ! »
Le blond éclata de rire.
- « He ho, je suis tout de même pas à l'article de la mort, c'est bon !
- Mieux vaut prévenir que guérir ! »
Ils discutèrent encore tranquillement dans les ruelles, la bonne humeur de Duo contaminant la vampire, heureux d'être en sa compagnie. Cela faisait un moment que Quatre ne s'était pas sentit aussi… normal. Oui, c'était le mot. Duo savait le mettre à l'aise et il ne rejetait pas sa condition de vampire. Ca lui faisait du bien…
En voulant retourner au van, ils passèrent devant le quartier vampire. Duo observa les rues et ralentit involontairement le rythme. Le blond ne s'en rendit pas compte, trop occupé qu'il était à regarder lui aussi les vieux immeubles.
- « J'avoue n'avoir jamais compris comment les humains pouvaient vivre tranquillement en sachant que tout un quartier de vampire vivait à côté de chez eux…
- C'est une habitude à prendre. Et puis ça n'est sans doute pas plus dangereux que d'habiter sur un continent en guerre ou au beau milieu d'une forêt. »
Le vampire fronça les sourcils en regardant l'entrée du quartier marquée par un grand porche.
- « Quand même… Regarde, il y a des maison à moins de cent mètres du quartier. Comment les gens font pour vivre sans craindre qu'un vampire ne décide de venir les saigner dans la nuit ?
- Dans ce cas-là, il faudrait aussi avoir peur qu'un psychopathe choisisse ta maison pour frapper. Personne n'est à l'abri de ce genre de choses… Et puis les gens du coin protègent bien les entrées de leurs maisons contre les vampires. Ce ne sont pas les pauvres loques qui traînent dans ce quartier qui pourraient briser ces protections ou essayer de manipuler l'esprit des habitants, comme toi et Jack le faites. En plus, le porche est une bonne barrière. »
Quatre jeta un coup d'œil à la simple arcade de pierre, ne voyant pas bien quelle sécurité elle pouvait apporter, puis il se tourna vers le châtain.
- « Tu as connu des vampires de ce quartier pour en savoir autant ? Tu es déjà allé te vendre ici ?
- T'es fou ? Tu n'as pas vu l'état des vampires qui sont là-bas ? Tu crois sincèrement qu'ils ont les moyens de se payer un prostitué ? »
Le blond ne répondit pas, se contentant de fixer le porche. Il commença à s'en approcher, essayant de distinguer les inscriptions en fer forgé accrochées tout en haut du porche. Celles-ci se mirent à rougeoyer au fur et à mesure qu'il avançait. Il posa sa main sur l'arcade en pierre grise, comme attiré par cette somptueuse construction quand soudain, un bruit strident lui perça les tympans. Une main le tira en arrière.
- « Tututut, on ne touche pas Quatre… »
Il se retourna vers Duo qui l'avait suivi.
- « C'était quoi ?
- Quoi donc ?
- Le bruit ? »
Le prostitué haussa un sourcil.
- « Quel bruit ?
- Tu n'as pas entendu ce sifflement suraigu ? »
Duo secoua la tête.
- « J'avais à peine posé ma main dessus que ça c'est mis à siffler.
- Ben évidemment… Vu toute la puissance que tu te trimbales, tu as dû déclencher tous les systèmes d'alarme.
- Les systèmes d'alarme ? »
Le châtain regarda le vampire en fronçant les sourcils.
- « Attends… Quatre, en tant que vampire et chasseur de prime, j'espère au moins que tu sais comment fonctionne la ville d'Ashiblift ?
- Je ne me suis jamais intéressé aux grandes villes de mon vivant, pas plus que pendant ma vie de vampire et mon boulot de chasseur de prime m'a plutôt amené à traquer des vampires de campagnes qui se planquaient dans leur grand manoir. Qu'est-ce qui est si important à Ashiblift et que je ne connais pas ?
- Ben le porche qui est juste à côté de toi… »
Quatre recula de quelques pas pour le voir en entier.
- « Qu'est-ce qu'il a de spécial ? A part le fait qu'il sépare le quartier des vampires de la ville humaine ?
- Il est bourré de sorts jusqu'à la moindre petite pierre. Il paraît que c'est la porte la plus ensorcelée du continent. Parce que si ça fait plus d'un siècle que les vampires creusent leur trou dans cette ville en s'installant dans ces immeubles abandonnés, ça ne s'est pas toujours bien passé… Les humains ont organisé de grandes battues pendant des décennies, ce n'est que récemment que ça c'est arrêté…
- Pourquoi les battues ont-elles cessées ? »
Le châtain se tut un moment, fixant les immeubles délabrés qu'ils pouvaient apercevoir derrière le porche.
- « Un vampire a sauvé un gamin… Il s'était perdu dans le quartier des vampires et il l'a ramené en ville. Les quelques personnes qui ont assisté à la scène ont compris que la plupart des vampires établis ici ne cherchaient absolument pas à se placer à proximité d'un garde-manger. Un pacifiste candidat à la mairie fut un des témoins, il a alors débuté sa campagne en prônant une entente entre les deux camps. Ca a assez bien marché… Je pense que les habitants étaient fatigués de toutes ces battues qui duraient depuis si longtemps et puis il y avait des morts à chaque fois... En plus, si je me souviens bien, ils avaient même réussi à y trouver un intérêt économique en leur envoyant les prisonniers qui avaient reçu la peine de mort… Je crois qu'ils continuent de le faire de temps en temps mais ça ne réussit pas vraiment… »
Il s'approcha et tapota une pierre du porche.
- « Bref, la base du programme de ce type était de construire une espèce de protection qui séparerait les humains des vampires. Parce que les habitants n'étaient quand même pas trop attirés par l'idée d'une telle proximité, même si officieusement, ça faisait des années que c'était le cas… Donc, ils ont passés plusieurs années à construire ça. Et c'est du solide, les vampires peuvent passer par là, mais pour sortir du quartier ils sont obligés de ressortir de la ville. On entre mais on ne sort pas. »
Quatre s'approcha à son tour.
- « Et comment est-ce que ça marche ?
- Alors déjà, le contour a été fait avec les pierres d'une église. Le clergé n'avait pas très bien pris le fait qu'on démolisse une église pour construire le porche… Ce qui se comprend un peu mais bon… Elles sont donc toutes bénies et ont appartenu à un lieu saint. »
Le vampire regarda sa main qui avait été légèrement brûlée par le contact avec la pierre.
- « Ca explique certaines choses…
- Ensuite de ce côté-ci du porche, il y a des écritures sacrées qui réagissent au passage d'un vampire. Je crois qu'ils avaient eu comme projet de les relier à un département de la police pour qu'ils soient au courant du nombre de vampire qui entraient mais ça n'a pas marché. »
Le blond observa les écritures en fer forgé qui se trouvaient en haut du porche.
- « Qu'est-ce qui est écrit ?
- Uh… Je crois qu'ils ont utilisé la langue des écrits sacrés… « Dat de stappen van de mensen hier stoppen »… Alors, attends… Que les pas des humains s'arrêtent ici… Uh… « Op deze verdoemde plaatsen » ça doit pouvoir se traduire par… En ces lieux de perdition… « Nosfera's » c'est vampire donc… « Zijn de Nosfera's verdwaald » … Des Nosferatus se sont égarés. »
Il s'arrêta un moment, relisant la phrase à mi-voix, comme pour vérifier son sens.
- « Oui ça doit ressembler à ça… Que les pas des humains s'arrêtent ici. En ce lieu de perdition, des Nosferatus se sont égarés. »
Quatre lui jeta un coup d'œil admiratif.
- « Je ne savais pas que tu savais lire les écritures sacrées. »
Duo se sentit rougir.
- « Oh… Oui, non c'est… On me les a apprises il y a longtemps… »
Il fit un clin d'œil au vampire et passa de l'autre côté du porche.
- « Et tu vois, de ce côté-ci il y a des gargouilles, encore choppées à une église sûrement… Elles empêchent donc les vampires de prendre cette porte dans l'autre sens et il y a encore quelque chose d'écrit … « De Cerberus zullen altijd hier zijn »… C'est… Les cerbères seront toujours là… Ils ont sûrement dû vouloir faire un parallèle entre la porte des enfers et ce porche, c'est d'un goût… Je crois qu'ils ont béni le fer avant de le forger et il doit être bourré de sort des deux côtés…
- Duo revient ici ! Je te signale qu'il y a des vampires assoiffés de sang humain dans ce quartier ! »
Le blond trépignait de l'autre côté du porche. Il s'approcha de la limite, faisant rougeoyer le fer forgé.
- « ²Mais c'est bon Quatre…En plus je te signale que de l'autre côté de la porte il y a également un vampire assoiffé de sang humain…Ah ? Attends, je ne vois pas bien ce qui est écrit tout en haut du porche… »
Le châtain recula de quelques pas.
- « Duo, tu reviens tout de suite ! »
Le jeune homme ne put s'empêcher de rire et il se rapprocha du vampire, repassant le porche.
- « Calme-toi Quatre…
- Duo c'est dangereux ! Tu es vraiment inconscient… A croire que tu aimes jouer avec ta vie…
- Tu as vu comme j'étais loin des premiers immeubles ? Il n'y avait aucun risque. »
Le vampire serra les poings pour essayer de contrôler son énervement.
- « Mais qu'est-ce que tu en sais !
- Je le sais parce que j'ai souvent fait ça. »
Il stoppa net, regardant le prostitué avec de grands yeux.
- « Tu as vécu dans cette ville ?
- Plus précisément j'y ai grandi. J'ai passé une grande partie de mon enfance dans cette ville. »
Passé son étonnement, le blond lui sourit.
- « Ca explique que tu connaisses aussi bien l'histoire de cette porte. »
Le châtain hocha la tête en souriant.
- « Finalement je me demande comment j'ai fait pour ne pas m'en rendre compte, tu es exactement comme cette ville.
- Pardon ? »
Le sourire de Quatre s'élargit un peu plus.
- « Tu mélanges les humains et les vampires tout comme elle. »
Duo leva la main et ébouriffa les cheveux du vampire en souriant. Celui-ci se dégagea rapidement et s'éloigna du porche dont les écritures rougeoyaient toujours dans la nuit.
- « Il faudrait qu'on y aille maintenant… Les autres vont finir par nous attendre. »
Il fit quelques pas avant de se rendre compte que Duo ne le suivait pas. En se retournant, il l'aperçut qui fixait les immeubles derrière le porche.
- « Duo ?
- Hm ? Oh, excuse-moi… J'avais cru voir quelque chose. »
Il le rejoignit et ils recommencèrent à marcher, le châtain ne cessant de se retourner.
- « Tu as vu quelqu'un là-bas ?
- Non, non… Rien. »
Quatre regarda Duo d'un air peu convaincu alors que celui-ci ne cessait de jeter des coups d'œil en arrière.
- « Au fait Duo, tu ne m'as pas répondu tout à l'heure… Pendant les années que tu as passé dans cette ville… Tu as connu des vampires de ce quartier ? »
Le prostitué se retourna brusquement vers lui.
- « Pourquoi dis-tu ça ?
- C'est une simple question. »
Duo hésita à répondre.
- « Oui j'en ai connu…
- Mais le porche était déjà construit quand tu es né ?
- Non, il n'a été construit que plus tard… Mais, disons que… Mon habitude à le passer pour m'amuser ne date pas d'hier… »
Le blond resta silencieux un moment.
- « Mais… Tu m'as dis que les vampires qui vivent là-bas n'avait pas assez pour se payer un prostitué ?
- Uh… Quatre j'avais douze ans quand j'ai quitté cette ville… Je ne me prostituais pas encore.
- Comment tu as connu ces vampires alors ? »
Duo se retourna encore une fois avant de répondre.
- « C'est… C'est un peu compliqué… Mais au définitif je connais un bon petit groupe de vampire qui vivent là-bas.
- Tu les connais encore ? Si tu es parti à douze ans ça fait longtemps que vous ne vous êtes pas vu.
- Je repasse souvent ici. Je suis encore venu l'an dernier. »
Le vampire observa le jeune homme jeter encore un coup d'œil derrière eux.
- « Tu veux aller les voir ?
- Quoi ? Non, non… Ca va aller.
- Tu es sûr ? »
Le châtain hocha la tête.
- « Vraiment sûr ?
- Oui… »
Le jeune homme commençait à se sentir sérieusement agacé.
- « Duo si tu en as envie…
- Je te dis que c'est bon !
- Et moi je te dis d'arrêter de te foutre de ma gueule ! On est lié l'un à l'autre et je sais très bien que tu as envie d'y aller ! »
Duo évita le regard du blond.
- « C'est bon Quatre… Je reviendrais une autre fois. »
Quatre attrapa le bras du prostitué, le forçant à s'arrêter.
- « Ce qu'on va faire c'est que je retourne au van pour les prévenir et ensuite je reviens te chercher ici. Le temps que je fasse l'aller-retour ça te laisse le temps de passer voir tes connaissances.
- Non, Quatre je…
- Hey ! »
Le vampire plaça ses mains de chaque côté du visage de Duo.
- « On est lié Duo, ça implique malgré nous un minimum de confiance.
- Je le sais. Et je pense que je te fais plus confiance qu'avant.
- Alors pourquoi est-ce que tu ressembles à s'y méprendre à un chien qui a peur de se faire abandonner ? »
Le jeune homme leva les yeux au ciel.
- « Sympa la métaphore… Et je te rappelle au passage que vous me devez une somme faramineuse, que j'exaspère Heero au plus au point, et que même si ça va un peu mieux avec Trowa, je pense que je l'indiffère complètement lui et Wu Fei. Tu ajoutes à ça le fait que le peu qu'il me reste de mes affaires est dans le van… Excuse-moi mais ça ne me donne pas vraiment envie de m'absenter au risque de vous laisser déguerpir avec vos dettes et mes affaires. »
Quatre soupira et tira le jeune homme vers lui, les mettant front contre front.
- « C'est peut-être vrai… Et je pense que pendant la première semaine de voyage, je n'aurais pas protesté s'ils avaient décidé de te laisser dans une ville…
- Sympa.
- … Mais les choses ont changé Duo. Non seulement je t'apprécie de plus en plus, mais il y a aussi ce lien entre nous et… Je pense qu'il m'est désormais impossible de te larguer comme ça derrière nous. »
Duo qui le regardait très sérieusement éclata soudainement de rire.
- « Quoi ?
- Excuse-moi mais on fait très petit couple quand tu parles comme ça. »
Il s'arrêta de rire et posa sa main sur l'épaule du vampire, le fixant d'un air grave.
- « Promets-moi de ne pas trop pleurer quand ce sera moi qui vous larguerais après avoir eu mon argent. »
Il esquiva le poing du blond en se remettant à rire.
- « Allez file ! Je reviens dans une trentaine de minutes.
- Ok… Et, Quatre… Merci. »
Quatre lui fit un clin d'œil et se retourna, disparaissant peu à peu dans la rue mal éclairée. Duo se retourna à son tour et se dirigea rapidement vers le porche. Une fois en dessous, il le passa lentement, inspectant les alentours du quartier vampire mais les ruelles semblaient vides. Il avança avec précaution, regardant régulièrement autour de lui. Au moindre bruit, il portait la main à sa croix. Après tout, il ne connaissait qu'une minorité de vampires ici, et la plupart des autres ne supportaient pas vraiment de voir un humain dans leur quartier. Il passa devant plusieurs immeubles complètement délabrés après avoir été laissés à l'abandon pendant plusieurs siècles. Ca lui donnait toujours l'impression de faire un retour dans le passé quand il venait ici. Il arriva sur une grande place et passa devant la bibliothèque. Très imposante, elle se dressait au milieu des autres immeubles. Encore plus abîmées que les autres bâtiments, les innombrables gravures et les restes des vitraux prouvaient néanmoins qu'elle avait été somptueuse en son temps. Il fut tenté de s'arrêter pour la contempler une énième fois, mais un cri au loin lui rappela qu'il n'avait pas de temps à perdre. Il devait rapidement trouver quelqu'un qu'il connaissait. Il sortit donc de la place, se dirigeant vers le squat qu'ils occupaient la dernière fois qu'il était venu.
Apercevant de la lumière au bout d'une ruelle, il s'approcha silencieusement. Un groupe de vampires discutait en cercle autour d'un feu. A quelques mètres d'eux, des espèces de planches, empilées les unes contres les autres formaient des petits abris. Des bidonvilles pour vampires… Il n'y avait peut-être plus de place dans les immeubles. Le châtain réfléchit aux façons de les contourner étant donné que l'immeuble où les vampires qu'il connaissait vivaient la dernière fois qu'il était venu se trouvait juste derrière.
- « Qu'est-ce que tu fous là toi ! »
Duo sursauta et jeta un coup d'œil au groupe de vampires qui s'était tourné vers lui. Ils n'avaient pas l'air très commodes… Le mieux à faire était peut-être de ne pas fuir, sans se montrer trop arrogant pour autant. Autant dire qu'il était mal barré et qu'il allait tenter quelque chose d'assez suicidaire. Il fit quelques pas vers eux.
- « Je cherche les vampires qui vivaient dans ces immeubles l'année dernière. »
Un vampire couvert de boue et aux habits en lambeaux lui jeta un regard mauvais.
- « T'es pas un peu malade de te balader dans notre quartier comme ça ? T'es fatigué de vivre l'humain ? Et qu'est-ce que tu leur veux à ces vampires ? »
Le prostitué ne se laissa pas impressionner mais baissa la tête pour ne pas soutenir le regard du vampire.
- « Ce sont des connaissances que j'aimerais revoir. »
L'un d'entre eux se mit à rire de façon rauque et saccadée.
- « Tu vas pas nous dire que ce sont tes copains aussi ? Désolé l'humain, mais ton histoire ne tient pas vraiment debout… T'as sûrement fait une grosse erreur en venant ici. »
Il lui sourit, exhibant quatre canines jaunes. Le châtain serra la mâchoire pour ne pas lui balancer une réplique cinglante.
- « Ecoutez, je ne cherche pas à vous déranger. Je veux juste voir ces personnes qui… »
Un des vampires se précipita vers lui et l'attrapa par le col.
- « T'as pas compris je crois, on n'y croit pas à ton histoire ! On n'a aucune raison de te laisser passer comme ça ! Et même si on te croyait, je doute que notre estomac te laisse passer sous notre nez comme ça… »
Duo se tendit mais ne se débattit pas.
- « Je souhaite juste passer pour aller voir des amis. »
Le vampire se mit à rire.
- « Mauvaise réponse. »
Tous les autres vampires se redressèrent tandis qu'il plongeait vers le cou de Duo. Le vampire étouffa un cri de douleur et recula en se tenant le ventre. Le châtain, le genou encore levé, le regarda d'un œil noir quand il releva la tête.
- « Alors toi, tu viens de signer ton arrêt de mort. »
Le prostitué serra les dents, sachant très bien que c'était vrai, mais refusant de le laisser transparaître. Tous les autres vampires se rapprochèrent de lui, l'encerclant à demi. Duo porta la main à son cou et en sortit sa croix, défaisant immédiatement l'attache pour en sortir la fiole d'eau bénite. Certains se mirent à sourire en voyant la croix tandis que d'autres se reculèrent un peu. Ils se replièrent sur eux-mêmes, s'apprêtant à lui sauter dessus pour pouvoir le mordre.
- « STOP ! »
Toutes les têtes se tournèrent vers un vampire qui venait d'apparaître à plusieurs mètres du feu.
- « Vous lâchez l'affaire les mecs… Je le connais… »
Quelques vampires reculèrent mais celui qui avait essayé de mordre Duo ne bougea pas.
- « Jerry, tu vires…
- Je suis pas d'accord ! Si des humains se mettent à se promener dans notre quartier, tout va se casser la gueule !
- Jerry tu vires. »
Le vampire hésita puis il s'éloigna un peu du châtain.
- « Si on commence à faire des exceptions ça…
- Si tu me fais répéter encore une fois je te préviens que ça va mal se passer. »
En voyant le regard noir du nouveau venu, Jerry retourna s'asseoir autour du feu. Le vampire se mit à fixer tous ses congénères.
- « Ce type, tenez-vous le pour dit, vous n'y touchez pas. Sinon vous risquez de ne plus jamais revoir la lumière de la lune. »
Après un dernier regard noir, il s'approcha de Duo. Le châtain avait un peu reconnu sa voix mais quand il passa près du feu, il n'eut plus aucun doute. Le crâne dégarni, la petite barbichette ainsi que les lunettes de soleil en pleine nuit lui laissaient peu de place à l'incertitude, mais la chemise criarde sur le pantalon noir effaçait les derniers doutes. Il s'approcha de Duo et posa sa main sur son épaule.
- « C'était plutôt kamikaze comme percée ça, petit. Pourquoi tu n'as pas attendu qu'on vienne te chercher ?
- Pas le temps. Je repars dans vingt minutes, c'est pour ça que je suis allé à votre rencontre. »
Le vampire haussa les sourcils.
- « Vingt minutes ? Ben on peut pas dire que tu restes longtemps… T'as intérêt à repasser une prochaine fois et plus longtemps. Bon… Je suppose que tu veux aller le voir. »
Le prostitué ne put retenir un sourire.
- « Il est ici ?
- Tu l'as souvent vu sortir du quartier ? Il est en haut de l'immeuble. File, il aura du mal à te laisser partir au bout de quinze minutes. »
Duo s'éloigna vers l'immeuble qu'il lui indiquait, en lui faisant signe de la main.
- « Merci Howard ! Et puis ne t'inquiète pas, je repasserai dès que j'aurais le temps ! »
Le vampire acquiesça et sourit en voyant le jeune homme s'éloigner en courant. Il alla s'asseoir près du feu et se tourna vers les autres.
- « Bon… Qui a réussi à trouver des rats ? »
Le châtain atteignit l'immeuble en quelques minutes et grimpa les dix étages à toute allure. Il s'arrêta, essoufflé, sur le palier et se dirigea vers une des portes. Il avança dans la pièce sombre en marchant le plus silencieusement possible… Il se retourna d'un coup, pensant avoir entendu un bruit. Mais il n'y avait absolument rien dans son dos. Rassuré, il s'avança jusqu'au centre de la pièce et observa les quelques meubles qui s'y trouvaient. Rien n'avait changé. Toujours la même table au centre, la chaise au fond, le vieux fauteuil avec les ressorts et l'armoire qui…
Une ombre tomba de l'armoire et Duo sentit un poids le plaquer au sol.
Il se débattit et mit un coup de pied dans les jambes de la personne qui le maintenait contre le vieux parquet. L'autre le lâcha et Duo en profita pour se relever et se jeter sur lui. Il réussit à lui faire perdre l'équilibre un instant, et il en profita pour l'attraper par le cou et essayer de lui faire plier les genoux. Cependant, il n'avait pas assez de force et son assaillant prit vite le dessus en lui faisant lâcher prise en serrant ses poignets si fort que le châtain en en grimaça. Ils s'éloignèrent de quelques mètres puis se jetèrent de nouveau l'un sur l'autre. L'ombre attrapa l'un des bras du prostitué et le tordit dans son dos, le jeune homme prit sur lui pour ne pas hurler. Il relâcha alors tous les muscles de son corps, comme s'il abandonnait. L'autre, surpris, s'arrêta de bouger, maintenant le bras du châtain dans son dos. Soudain Duo se pencha, laissant partir un de ses pieds en arrière. Il frappa violemment la jambe de son assaillant qui le lâcha et perdit l'équilibre. Le prostitué se retourna immédiatement et fonça sur lui pour s'assurer qu'il tomberait bien au sol. Une fois qu'il fut à terre, il se précipita sur lui et tint ses poignets au dessus de sa tête. Il le fixa un moment, reprenant son souffle tandis que l'autre remuait sous lui.
- « Arrête ! Je t'ai vaincu ! »
L'autre se mit à rire.
- « C'est ça… »
Il se redressa d'un coup de rein et Duo tomba à la renverse, lâchant ses poignets. L'autre l'attrapa par le col et le plaqua contre le mur. Ses doigts se resserrèrent sur la gorge du jeune homme, le soulevant légèrement du sol.
- « Alors qui c'est qui est vaincu ? »
Le châtain essaya de se défaire de la prise du vampire mais il commençait à manquer d'air.
- « Arr… Arrête… C'est bon…
- Dis-le…
- Tu as gagné… Arrête je n'ai plus d'air ! »
Le vampire le lâcha et retira sa capuche pendant que Duo reprenait son souffle. Ses yeux passèrent lentement du rouge au vert. Il se pencha vers Duo et ébouriffa ses cheveux châtains.
- « Et bien crapule… Tu t'es encore amélioré…
- Tu parles… »
Duo le regardait avec un sourire sarcastique.
- « Ah, c'est sûr que ce n'est pas aujourd'hui que tu réussiras à me vaincre, mais tu as fait des progrès. Un peu… »
Le poing du prostitué s'abattit sur le crâne du vampire, faisant voler quelques mèches blondes. L'autre le regarda avec un sourire.
- « Ca fait un bail que tu n'es pas venu…
- Hm… Content de te revoir Solo… »
Tsukusu…
Notes des deux folles :
A : Comment ça c'est sadique de vous laisser sur une phrase pareille ? XD Je tiens à préciser qu'il s'agit là d'une idée de Brisby… (Comment ça on appelle ça se décharger sur autrui ? Mais pas du tout ! XD)
B : Gloups… Euh… Oui, non en fait… Heum… Je crois qu'un « adios amigos ! » s'impose…
¤ partent en courant ¤
PS : pour la langue sacrée utilisée dans cet univers, pour une fois il ne s'agit pas du latin (il n'y a pas de raison pour que ce soit toujours la même langue, et puis, ce monde est tellement tordu de toute façon...). En fait, la langue qu'on a utilisé c'est... Oh... Encore que... Est-ce que ça servirait à quelque chose de vous le dire ? Avec un peu de bon sens en plus, vous devriez pouvoir le deviner ;)
