Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.

Genre : Yaoi. Séquelle de « Nous ne sommes pas des bêtes »

Rating : K+

Acteurs : Heero, Duo, Trowa, Lady Une, Wufei.

Bêta lectrice : Arlia Eien.


J'ai eu si peur !


A 18h30, les larmes commencent à couler lentement sur les joues du métis. Il a joué une fois de trop avec la patience de Duo. Il a tout gâché, il ne sera plus jamais heureux. Heero finit par se coucher en chien de fusil devant le hall de l'entrée. Sa vie n'a plus de sens, si Duo ne revient pas autant rester là et se laisser mourir.

Les minutes s'égrainent lentement, il est à peu près 18h45 quand Maxwell introduit la clef dans la serrure. Il n'est pas au mieux de sa forme, il sait qu'il va devoir expliquer son attitude à Heero, s'il veut que les choses ne se reproduisent plus, il doit lui expliquer.

Il ouvre doucement la porte comme s'il pouvait repousser par ce simple geste un peu la confrontation seulement son paquetage lui glisse des mains d'étonnement.

Le bruit sourd fait relever un peu la tête du métis qui écarquille les yeux, il a l'impression de ne plus être seul, seulement il n'en est pas certain, qui pourrait bien venir chez eux ? Pourtant il y a ces boots qu'il connaît. Lentement, il s'appuie sur un de ses coudes pour se redresser et vérifier qu'il ne s'est pas trompé, il bloque sa respiration de façon inconsciente, tellement il a peur d'être déçu.

Pendant ce temps, le natté s'est remis de sa surprise et s'avance vers Heero malgré le poids qu'il a sur le cœur, il ne pensait pas que son départ précipité aurait pu mettre son amant dans un tel état d'abattement. Il vient s'asseoir sur la marche du hall, il met sa main sur la joue d'Heero et la caresse tendrement.

-« Tu es revenu ? » Demande Yuy en ravalant un sanglot.

-« Heero, la navette avait une heure de retard ! Calme-toi ! Je n'allais pas t'abandonner. Je suis juste parti pour me calmer, j'ai eu peur tu sais, tu as fait remonter trop de choses en moi, je me sentais tellement sale et dégoûtant … » Duo s'arrête pour reprendre son souffle et se calmer. « Je suis aussi fautif que toi ! J'aurai dû depuis longtemps t'expliquer pourquoi je ne voulais pas faire l'amour comme ça. J'aurais dû savoir que tes sentiments guident tes actes. Heero, si un jour on doit se quitter pour incompatibilité, je te donnerais les raisons de mon départ. Jamais je ne te laisserai ainsi dans le doute ! » Affirme le natté en passant inlassablement sa main sur la joue barbouillée de larmes.

-« Je ne peux pas vivre sans toi ! Si tu me quittes ! Ça me tuera ! » Répond le métis les yeux toujours humides.

Maxwell aide Yuy à se redresser, il passe ses mains sous les aisselles de son homme pour qu'il puisse s'asseoir et ainsi le prend dans ses bras, il le berce pendant quelques minutes avant de se mettre debout. Il enlève ses boots qu'il jette sous le porte-manteau avant de tendre la main à Heero en lui souriant tendrement. Une fois qu'ils sont debout, c'est avec une main autour de la hanche du brun qu'il se dirige vers le salon. Ils seront mieux pour discuter. Le dîner attendra.

Duo assied Heero dans le divan, avant de s'asseoir à côté de lui et de se tourner pour faire face à son capitaine qui le regarde comme s'il avait peur qu'il ne disparaisse à nouveau de sa vie.

-« C'est une chose dont je n'aime pas parler, mais tu dois savoir pourquoi je ne conçois pas l'amour physique de façon violente. »

Le brun attend la suite, en fixant son amant, oui il voulait comprendre pourquoi ce dernier avait pris la fuite.

-« Dès qu'on devient trop violent, qu'on veut m'attacher, j'ai l'impression de repartir vingt ans en arrière, de me retrouver dans cette salle avec des agents de Oz qui cherchaient à me faire avouer où vous vous cachiez et comment vous retrouver. J'ai subi des violences pendant une semaine avant que tu ne viennes me libérer. »

Heero écarquille des yeux, se mord la lèvre, une boule vient de se faire dans son estomac, il est honteux de ne rien avoir remarqué, honteux d'être passé à côté d'un fait aussi grave, scandalisé de ce qu'il avait fait revivre à son amant par pur caprice et pour se satisfaire personnellement.

Il pouvait s'estimer heureux que Duo se soit suffisamment remis de ces viols pour faire l'amour comme ils le faisaient. Il se sentait horrifié de ne jamais l'avoir soupçonné ! Il savait que 02 avait subi des tortures sinon il ne l'aurait pas amené à l'hôpital pour un check-up, au vu de la façon dont il devait le soutenir, c'était sûr que le pilote du DeathScythe avait subi un véritable martyre. Mais jamais il n'avait imaginé qu'on l'avait torturé de cette façon.

-« Duo… » Commence Yuy.

-« Maintenant tu sais pourquoi nous ne coucherons jamais de cette façon et je ne veux plus que ça revienne sur le tapis ! » Lâche Maxwell en se levant.

Il doit s'éloigner, il se sent à nouveau sale rien que d'y penser.

Pour se donner une contenance, le natté se rend dans la cuisine et sort le plat du four. C'était bien les boulettes de viande, riz et coulis de tomates qu'avait préparé son amant, mais il avait placé le riz dans le fond du plat, déposé les boulettes sur ce dernier et mouillé le tout du coulis. Heero avait mis la table dans la cuisine, alors il appelle son homme pour qu'il vienne manger.

Tous deux sont un peu mal à l'aise, Duo parce qu'il doit évacuer la tension qui est montée d'un coup en parlant son passé et Heero parce qu'il ne sait pas trop comment s'excuser sans faire plus de mal à son amant. Qu'est-ce qu'il pouvait dire ? Que ce n'était pas grave, qu'il s'en était bien remis, non tout cela était déplacé. Et faire comme s'il ne s'était rien passé, ne lui allait pas non plus. Il restait là avec sa culpabilité et son impression de ne pas pouvoir aider son homme dans cette épreuve.

-« C'est très bon comme ça aussi ! » Finit par dire Maxwell. « Tu as eu raison de le maintenir au chaud de cette façon, le riz a fini de cuire dans la sauce tomate, ça en relève le goût. »

-« Merci. »

-« De rien ! » Sourit le natté. « On va clôturer cette histoire qu'on puisse tourner la page. J'estime que tu mérites une sanction, parce que je t'avais déjà dit plusieurs fois non et que tu as insisté. C'est pour ça que je vais sanctionner. Pour le mal que tu m'as fait. Pour la peur que j'ai eue, je crois que tu as déjà eu ta punition en croyant que je ne rentrerais pas, même si elle n'était pas intentionnelle. »

-« Qu'est-ce que tu as prévu comme punition ? » Demande le métis pas très rassuré.

Il espérait que ce ne serait pas de devoir dormir sur le canapé. Il avait envie de pouvoir tenir Duo dans ses bras, de le savoir de retour et qu'il lui avait pardonné. Sur le canapé il se sentirait rejeté, mais si c'était ce qu'avait prévu son amant, il accepterait la punition sans broncher, il ne voulait plus de cette tension entre eux, plus jamais.

-« Jusqu'à samedi soir, quand tu seras à l'appartement et que j'y serai, je veux que tu sois nu ! »

Maxwell avait débité cela d'une traite, sans quitter Yuy des yeux pour voir sa réaction. Ce dernier cligne des paupières comme si cela allait changer quelque chose à ce qu'on venait de lui dire.

Il dépose ses couverts sur la table et se lève sous le regard un peu médusé de Maxwell. Heero n'était pas persuadé que Duo ne punissait pas aussi pour le mal qu'il lui avait involontairement fait, parce qu'il allait se sentir fameusement humilié de se promener comme cela dans l'appartement.

Enfin c'était de bonne guerre, et il préférait cela à dormir sur le canapé. Encore une chance qu'il n'y avait pas de grandes fenêtres et seulement dans la buanderie et leur chambre, le reste de l'appartement donnant sur le couloir de l'immeuble. Mais avant de se dévêtir, il penserait à tirer les rideaux, qu'on ne puisse pas le voir depuis l'appartement d'en face.

C'est donc avec le rouge aux joues que Heero revient dans la cuisine pour finir son repas. Il est gêné de se retrouver en tenue d'Adam. Au moment de s'asseoir, il se crispe un peu quand ses fesses touchent le bois froid de la chaise. Puis il recommence à manger pour chasser sa gêne.

-« Relena était déjà avec Dorothy quand tu as fait la surveillance ? » Demande Duo quand il a fini de manger.

-« Oui, elles sont ensembles depuis presque dix ans ! » Admet Heero. « Tu l'as découvert comment ? »

Maxwell raconte la façon dont les choses se sont passées.

-« Je vois, elles n'ont pas changé de méthodes avec le temps. Je crois qu'elles aiment provoquer et en le faisant savoir à des personnes qui ne diront rien. » Complète Yuy en finissant son assiette.

Seulement il réalise après coup que si son assiette est finie cela veut aussi dire qu'il va devoir se lever pour débarrasser. Il sait qu'il n'y coupera pas, qu'il va bien devoir circuler dans la maison dans cette tenue, enfin plutôt absence de tenue, néanmoins il voudrait pouvoir retarder le moment de se sentir vulnérable.

-« Duo, et si on a de la visite ! » Demande le métis en se mordant la lèvre inférieure.

Le natté se penche un peu sur la table pour attraper les mains de son homme et il lui sourit.

-« Tu crois vraiment que j'ai envie que les autres te voient comme ça ! Si on a de la visite, tu pourras t'habiller, mais je n'ai pas l'intention d'inviter. Je ne cherche pas à t'humilier en public. » Rassure-t-il tendrement.

Et ce n'était sûrement pas la semaine pour demander à Duo s'il pouvait inviter l'un ou l'autre de leurs collègues et il ne le ferait pas même s'il en avait eu l'intention avant la sanction, il aurait donné l'impression à son amant qu'il n'acceptait pas la punition et ce n'était certainement pas le cas, ajoute mentalement le brun.

N'ayant plus trop d'excuses pour ne pas se lever, Heero se met debout et commence à débarrasser la table pour tout mettre dans le lave-vaisselle. Il sent les yeux de son amant sur lui et cela le met de plus en plus mal à l'aise. Il a l'impression que c'est presque ses mains qui le touchent, mais cela ne lui fait aucun effet sexuellement parlant.

Yuy vient de déposer la lavette dans l'évier que Maxwell se lève pour venir le prendre dans ses bras et lui donner un baiser sur le nez.

-« Viens, on va regarder un peu la télévision, puis on ira se coucher. » Lui dit le natté en le tirant vers le salon.

-« Ton sac est toujours dans le hall ! » Constate le métis quand ils passent dans le couloir.

-« Je m'en occuperai demain, je ne travaille pas. »

Le brun avale difficilement sa salive, cela veut dire qu'il devra se déshabiller dès son retour du travail, elle va être longue la soirée du jeudi.

-« Tu as combien de jours de congé ? » Demande Yuy en s'installant dans les bras du natté.

Il frissonne un peu au contact du cuir froid, mais se sent réchauffé quand son lieutenant dépose sa main sur la hanche nue.

-« Une seule journée ! Comme d'habitude ! » S'étonne Maxwell.

-« Parce qu'il reste encore les adresses postales sur la Lune à vérifier. »

Duo sourit, vole un baiser à son homme.

-« J'irai dimanche, tu es de toute façon plancton de dimanche 0h30 à lundi 1h. » Rappelle le lieutenant.

µµµ

Le lendemain, Duo se lève vers 10h30, il s'occupe directement de son linge. Il fait tourner la machine avec les vêtements sales, il pourra sûrement faire tourner plusieurs machines, il y a du linge en retard. Il se rend bien compte que son homme a été complétement déboussolé par son absence précipitée parce qu'il n'a pas fait autre chose que sa part de travail et à croire le frigo, il n'a pas tellement mangé non plus. Il se prépare un sac d'appoint pour le ramener au QG.

Après il regarde le courrier qui est arrivé durant son absence, fait les paiements qui doivent être fait. Après s'être occupé des animaux, Maxwell n'a plus grand chose à faire. Pour donner un coup de main à son homme, il lui épluche déjà les pommes de terre, qu'ils puissent un peu profiter l'un de l'autre quand le métis reviendra.

Quand Heero rentre à 15h, le natté lui sourit, néanmoins, il ne lui dit rien. Comme tous les jours en revenant du travail, la première chose qu'il fait c'est aller dire bonjour aux oiseaux après avoir embrassé son amant, même si cela il ne le fait pas tous les jours puisque ce dernier est souvent au travail.

Puis le natté le voit disparaître dans la chambre, pour le voir réapparaître nu comme un ver, c'est vrai que Duo s'était demandé quand il l'a vu venir dans le salon habillé s'il allait devoir lui rappeler la sanction et cela lui faisait encore plus plaisir, de le voir s'exécuter, que de le voir se promener dans cette non-tenue, même si c'est un plaisir des yeux de regarder les muscles bouger sous la peau, de les voir onduler. Maxwell ne peut s'empêcher de le dévorer du regard, de se mordiller les lèvres ou de les humecter tout en le regardant circuler dans la maison pour faire sa part de corvées.

Quand Heero se rend dans la cuisine pour commencer le repas, il est ravi de voir les pommes de terre dans la casserole, il les coupe en lamelles pour préparer un gratin dauphinois, il sort la boîte de petits pois et prend les saucisses dans le frigo. Dans son dos, il sent arriver son homme, tout comme le rouge à ses joues monter.

La sonnerie du séchoir se fait entendre, c'est avec soulagement qu'Heero voit Duo quitter le chambranle où il était adossé pour le regarder cuisiner tout en discutant.

Les pommes de terre étant presque cuites, Yuy décide de commencer à cuire les saucisses, un grésillon saute de la poêle pour venir finir sa course sur le ventre du métis.

-« Ouch ! » Lâche le brun en se reculant au moment où le natté revient dans la cuisine.

Il a fini de plier le linge qui ne doit pas être repassé.

Maxwell décroche le tablier qui pend au dos de la porte de la cuisine et le passe autour du cou de son homme en lui donnant un baiser sur la nuque.

-« Pendant que tu cuisines, tu peux mettre un tablier tu sais ! » Lui susurre-t-il dans le creux de l'oreille.

Heero se laisse aller contre son amant, il se sent réagir alors que tout le reste de l'après-midi, il était bien trop gêné pour laisser son corps prendre les commandes.

-« Tu avais dit nu ! »

-« Je n'ai pas envie que tu sois brûlé. » Avoue Duo avant de s'éloigner un peu.

Parce qu'une drôle d'idée vient de lui effleurer la tête et que ce n'est pas du tout raisonnable.

Le métis soupire, il avait bien senti son homme se gonfler de désir pour lui, alors pourquoi ne pas en profiter, déjà hier soir ils n'avaient rien fait. Il espérait ne pas être privé de sexe parce qu'il était sanctionné. Il en était là dans ses réflexions qu'il sent les mains de Maxwell passer sous le tablier. Heero avance déjà la main pour couper le bec de cuisson.

-« Laisse, je voudrais juste que tu te recules un rien que je puisse me mettre entre toi et la cuisinière. » Lui susurre-t-il dans l'oreille avant de la mordiller un peu. « Ne laisse pas brûler le repas. »

Mais qu'est-ce que son homme voulait faire ? Se demande Yuy en se sentant un peu tiré en arrière. Le natté s'agenouille devant les yeux écarquillés du brun. Il n'allait pas faire cela, lui donner du plaisir sans rien recevoir en échange.

-« Duo, je ne veux pas ! »

-« J'aurai mon heure après le repas ! » Justifie le châtain avant de partir à la recherche de ce qu'il convoite.

Le métis a toutes les difficultés du monde à rester concentré sur sa tâche et à ne pas laisser brûler les saucisses. Il finit par diminuer la flamme pour pouvoir laisser monter le plaisir en lui, cramponné à la cuisinière il attend la délivrance, mais surtout de pouvoir rendre la pareille à son amant après le repas. Il ne comprend pas comment il peut mériter un compagnon pareil avec tout ce qu'il lui en a déjà fait subir.

Duo vient d'avaler la semence de son homme, il se relève pour l'embrasser, en passant la main sur la nuque du métis. Ce dernier en avait presque les larmes aux yeux, il serre Maxwell le plus fort qu'il peut dans ses bras, il n'a plus envie de le lâcher.

-« Il faut qu'on mange, Ro', ça va finir par cramer et ce ne sera plus mangeable pourtant ça sent très bon. »

-« Je pourrais te faire l'amour après le repas ? » Demande Heero en lâchant à regret le natté.

-« Non, tant que tu es puni, je ne veux pas ! » Admet Maxwell en s'asseyant à sa place à table et attendant que son homme le serve.

Le repas est savoureux, ils mangent tous les deux avec appétit. Heero est impatient de débarrasser la table pour pouvoir se mettre au lit pour rendre la pareille à son amant.

µµµ

Le dimanche matin, Duo s'envole pour la Lune afin de vérifier les deux adresses restantes. Heero avait circulé toute la journée de samedi en tenue d'Adam dans l'appartement, il ne s'était rhabillé qu'au moment de mettre sa tenue Preventer pour partir au travail, ravi également que la punition soit finie, même s'il l'était moins de devoir effectuer sa garde de 24h qui était stressante et fatigante. Lundi, Yuy serait en congé pour récupérer.

Pour l'instant, Maxwell descend de la navette et se rend à l'ancien Centre Lunaire. Depuis la fin de la guerre, elle a été transformée en centre de revalidation, comme l'apesanteur est moindre sur la Lune que sur les Satellites, les Colonies ou la Terre, les personnes qui doivent suivre un traitement lourd sont souvent envoyées sur la Lune pour leur convalescence.

Le natté se dirige directement vers l'accueil pour exposer son problème et avoir l'autorisation d'investiguer les boîtes postales. Il avait prévu son coup et passé sa tenue Preventer, même s'il n'était pas de service. En montrant son badge, il se fait ouvrir l'accès sans aucun problème et cherche dans les milliers de casiers qui garnissent plusieurs pans de mur, celui qui correspondrait à sa clef dont il avait le numéro.

Au bout d'une petite demi-heure, comme la chance lui sourit, il trouve son bonheur et peut introduire sa clef dans la serrure qui tourne difficilement depuis le temps qu'elle n'a pas fonctionné. Dedans le châtain à la joie de voir l'écriture de G, il avait le bon casier. C'est avec impatience qu'il ouvre l'enveloppe pour lire ce qu'elle contient et il reste avec la bouche ouverte par la stupeur.

Après avoir remercié la personne de l'accueil, Duo reprend la direction de l'aéroport pour prendre sa navette, puis il se rend à son appartement, il ne pourra même pas en parler avec Heero directement, il devra attendre lundi que lui revienne du travail. Cela allait être long, encore une chance que sa journée était remplie rien qu'en faisant l'aller-retour jusqu'à la Lune.

µµµ

C'est avec impatience que Maxwell rentre chez lui après sa journée de travail. Il y trouve son amant tout souriant qui l'accueille avec un tendre baiser.

-« Tu as laissé un mot pour me dire que tu avais trouvé le bon casier, qu'est-ce qu'il y avait dedans ? » Questionne presque aussitôt le métis.

Duo soupire et sort la lettre qu'il tend à Heero pour qu'il puisse la lire. Ce dernier la parcourt rapidement et relève son visage pour regarder son homme, il est tout aussi surpris.

-« Je ne m'attendais pas à ça ! C'est un fameux code. Il faudra qu'on y réfléchisse ensemble, ça ne fait pas partie des codes qu'on t'a donnés jadis ? » Finit par demander Yuy en repliant la lettre pour la rendre à son compagnon.

-« Si c'était un code courant, je l'aurai décrypté ! »

-« Je l'encoderai tout à l'heure dans mon ordi pour qu'il fasse une recherche, on verra bien ce qu'il peut déjà trouver. » Propose le métis pour essayer de remonter le moral de son binôme dans la vie.

C'est ce que fait le brun avant de préparer le repas, il commence à encoder la série de chiffres longue de plusieurs centaines de nombre avec l'aide de Duo qui lui dicte en cochant les numéros au fur et à mesure qu'il les donne. Au bout d'un certain temps ils s'aperçoivent qu'il y a une redondance, ils sont soulagés également de voir que le code tient sur deux lignes.

Heero appuie sur 'enter' et l'ordinateur commence à analyser les chiffres

06 08 10 04 04 20 00 25 13 10 12 21 07 20 04 14 25 24 13 10 04 08 11 20 06 21 04 10 04

07 05 24 04 08 20 00 17 14 24 25 23 14 20 20 21 22 04 21 13 00 07 06 20 08 20 (1)

-« Tu crois qu'il en a pour combien de temps avant d'avoir tout analysé ? » Questionne Maxwell en suivant son homme dans la cuisine.

-« Tout dépend du code qui a été utilisé. S'il ne trouve rien il faudra qu'on cherche par nos propres moyens. » Avoue Yuy en sortant les blancs de poulet du frigo.

-« J'espère qu'il trouvera tout seul ! » Râle le natté en prenant la salade pour la laver.

Il n'a pas envie de rester sans rien faire. Heero avait fait plus que sa part pendant la journée, cela se voyait à l'état impeccable de l'appartement.

C'est quand le repas est fini que le portable sonne pour signaler qu'il a trouvé quelque chose. Devant les yeux des jeunes gens, il y a un tableau avec une correspondance de deux chiffres pour une lettre. Duo sourit à son homme, le travail sera moins fastidieux qu'ils ne l'avaient craint.

-« Tu veux faire ça maintenant ? » Demande le métis en s'asseyant déjà devant son ordinateur.

-« Non ce n'est pas ce que j'avais prévu pour la soirée, il y a un film humoristique à la télévision que j'aurai aimé revoir. »

Heero copie le tableau dans un document puis coupe son portable. Ce sera pour demain après le travail.

µµµ

La journée de travail, le lendemain, se passe sans véritable heurt, chacun est sur son dossier, ils se croisent dans les couloirs, même pas dans leur bureau, Maxwell travaillant sur une affaire concernant un trafiquant de stupéfiants qui exerce ses méfaits dans le centre de Sank et qui revend du crack à la sortie des écoles primaires.

Yuy complétait les dossiers en retard dont il avait la charge. Lady Une ne lui avait pas encore attribué un nouveau dossier depuis son retour d'Hawaï.

Au moment de partir, le brun aborde son lieutenant dans le couloir près de la sortie.

-« J'y vais, je peux décoder le message si j'ai fini mon ouvrage ? »

-« Oui bien sûr ! Amuse-toi, ce n'est pas ce que je préfère faire. » Ajoute Maxwell avant de disparaître pour rattraper Louis.

µµµ

Au soir, c'est un Heero radieux qui l'accueille.

-« J'ai décrypté ! »

-« Je n'ai pas droit à un bonjour ? » Demande Duo en enlevant ses bottes de service.

Yuy passe ses bras autour du cou du natté et l'embrasse.

-« Excuse-moi, j'étais tellement content de moi. »

Maxwell passe le revers de sa main sur la joue basanée.

-« Alors qu'est-ce qu'il dit le message, qu'on avance dans cette enquête ! »

-« Trouver mon seul amour et vous aurez la clef du mystère. » Cite Heero qui a difficile de masquer un début de sourire devant la tête que fait son amant.

-« Ha bon, il savait aimer ce vieux fou ! » Finit par dire Duo, trop ahuri pour pouvoir dire autre chose de sensé.

-« Il faut croire, mais comment est-ce qu'on va trouver ? »

-« Il faudra questionner l'entourage de G, enfin ceux qui sont encore vivants, il ne doit pas y en avoir des masses. » Râle ferme le natté en se rendant dans la salle de bain pour enlever son uniforme et passer un jogging.

-« Et toi tu ne vois pas qui ça pourrait être ? » Questionne le brun qui l'avait suivi jusqu'à la salle d'eau.

-« J » Lâche Maxwell

-« J il n'y avait que son travail qui comptait ! »

-« G aussi ça doit être pour ça qu'ils s'entendaient bien. Enfin je demanderai à Howard, il le connaissait mieux que moi et depuis plus longtemps. » Conclut Duo en tirant son amant vers le salon.

Cela l'avait mis de mauvaise humeur qu'il y avait encore un message crypté derrière le code tout comme son enquête qu'on venait de lui retirer sans aucune raison.

µµµ

En arrivant au travail, le capitaine regarde les messages qui s'amoncellent sur son bureau, une note de service attire son attention et le fait voir rouge. Il prend la note et se dirige d'un pas rageur vers le bureau de Lady Une.

-« Je n'irai pas en mission en Roumanie avec le lieutenant Maxwell. » Commence-t-il quand il se trouve en face de son supérieur.

-« C'est un dossier brûlant, il y a des disparitions d'enfants depuis presque un an, vous avez fait des merveilles sur le dossier Hawaïen, vous allez partir avec le lieutenant Maxwell et reprendre cette mission depuis le début, me trouver un fil conducteur que les autres puissent la clôturer le cas échéant. » Argumente le général le regard de plus en plus noir sur son vis à vis.

-« Il n'en est pas question ! J'y pars avec n'importe lequel de mes hommes mais pas le lieutenant Maxwell. »

-« Donnez-moi une seule raison valable ! »

-« Si je risque de perdre Duo pour une mission, je la refuse. Il ne veut plus que nous partions en couple en mission. »

-« Qui porte le pantalon ? Vous êtes son supérieur, à vous de le faire changer d'avis. » Lance Lady Une déterminée à faire céder Yuy pour que sa meilleure équipe parte sur le terrain.

-« C'est comme ça que vous avez épousé Minor, étant son supérieur, il n'a pas eu son mot à dire ? » Lâche le brun sarcastique

Le cœur du général rate un battement, seulement elle n'a pas le temps de répondre que le capitaine a quitté son bureau. Il avait mieux à faire. Avant que son amant ne vienne au travail, il devait avoir réglé ce problème.

La première chose qu'il fait s'est se rendre à la salle du tableau de service, pour voir où et sur quelle mission ses hommes sont en faction. Il fronce les sourcils en voyant qu'on a retiré son enquête à son homme pour le libérer pour partir en Roumanie avec lui. Un petit sourire se fait sur le visage de Yuy, il a trouvé son équipier pour la future mission.

D'un pas décidé, il se rend au bureau de Viralit. Ce dernier soupire devant un dossier ouvert sur son pupitre.

-« Tu dois tout reprendre à zéro, tu n'étais même pas sur cette mission avant ? » Demande le capitaine en se retenant de sourire.

Cela allait être encore plus facile.

-« Je ne sais pas pourquoi on me l'a attribuée. Surtout qu'il y avait déjà quelqu'un dessus avant moi ! » Affirme le jeune homme en soupirant une nouvelle fois devant l'ampleur de la tâche.

Il y a tellement de lieux à repérer. Il va devoir retrouver de nouveaux contacts parce que ce n'est pas dit que ceux du lieutenant Maxwell acceptent de collaborer avec lui.

-« J'ai un arrangement à te proposer. Je te décharge de ce dossier et tu viens avec moi, trois semaines en Roumanie. »

En voyant l'étincelle se faire dans les yeux bleus perçants de Viralit, Yuy sait qu'il a gagné.

-« Il faut partir quand ? Je préfère de loin être sur le terrain à l'étranger qu'à Sank. »

-« J'ai l'ordre de mission c'est dans trois jours. » Affirme le capitaine en quittant le bureau de son collègue.

Maintenant il ne lui restait plus qu'à retourner voir le Général et lui faire part de ses décisions. Il frappe au bureau et entre sur demande.

-« Mon général, je pars dans trois jours avec le lieutenant Viralit. J'ai attribué à nouveau le dossier trafiquant au lieutenant Maxwell. » Explique-t-il en faisant un signe militaire.

Heero voit bien qu'elle fulmine, mais ne peut rien y faire, elle ne le fera pas changer d'avis. Elle sait qu'il peut être déterminé et si c'est pour que les deux jeunes gens décident de se faire muter ailleurs, elle aura tout perdu.

D'un mouvement rageur, Lady Une lui montre la porte pour le faire disposer.

µµµ

Maxwell arrive à son bureau comme les autres jours vers 10h du matin, il vient regarder comme le font ses collègues ce qui a été déposé sur son pupitre. Il écarquille les yeux et secoue la tête.

-« Un problème ? » Demande Heero qui regardait son homme du coin de l'œil pour voir sa réaction.

-« On vient de me rendre mon enquête, on me l'enlève hier soir pour me la rendre ce matin. C'est du n'importe quoi. Mais je suis heureux, j'en rageais ! » Avoue en souriant Duo.

-« Lady Une voulait nous envoyer en mission en Roumanie, c'est pour ça qu'on t'avait retiré ton enquête. »

-« Voulait ? »

-« J'ai fait changer ça ce matin en arrivant au travail. » Admet le brun avant de reprendre son dossier, parce que maintenant il devait préparer sa mission.

-« Tu pars quand ? Et pour longtemps ? »

-« Je pars dans trois jours, pour trois semaines. »

-« Bien, j'essayerai de voir Howard pendant ce temps là pour notre enquête personnelle. »

Le natté se lève et vient l'embrasser.

-« Merci, tu ne sais pas à quel point ça me fait plaisir ? »

-« Je le vois dans tes yeux ! »

A suivre…


(1) Merci à Arlia pour avoir codé le message.