Note de l'auteure : oui, je sais, mes délais d'update sont … astronomiquement longs. Je vais vraiment essayer de finir cette histoire au moins avant la fin du mois.
Chapitre 3 : Correspondant anonyme
Qui êtes-vous?
Ces trois mots brillaient d'une lueur surnaturelle sur le fond noir de l'écran. La petite barre horizontale était passée à la ligne en dessous, et attendait en clignotant la réponse de Broots. Ce dernier fixait l'écran, ne sachant quoi répondre. Il y avait donc quelqu'un, quelque part, qui pourrait l'aider tout de suite. L'idée était tentante. Plus besoin de chercher, il pourrait retourner tranquillement auprès de Melle Parker et de Sydney en attendant les secours. Mais une petite alarme au fond de lui lui criait la méfiance. Comment savoir si ce mystérieux correspondant était digne de confiance? Peut-être était-ce un agent du Centre envoyé pour les éliminer? Ou encore, un membre d'une organisation rivale? Voir même un ancien ennemi de Melle Parker - elle devait en avoir à la pelle. Tout comme il aurait pu s'agir de Jarod. Après tout, ce genre de coup serait bien de lui. Enfermer Melle Parker et l'envoyer jouer les héros. ça l'amusait, apparemment. A moins qu'il aurait dû être pris avec Melle Parker et Sydney, pour que le Caméléon puisse s'enfuir à son aise. Si c'était le cas, le piège s'ouvrirait de lui-même dans quelques heures. Mais si ce n'était pas le cas?
Broots jugea qu'il valait mieux tenter prudemment sa chance. Il posa les doigts sur le clavier et tapa rapidement :
Je m'appelle Henri.
Puis il retint son souffle en attendant la réponse. Celle-ci ne tarda pas à venir. De nouveau, les lettres vertes s'inscrirent comme elles étaient tapées.
Que faites vous ici, Henri?
Broots décida qu'une demi-vérité suffirait. Mieux valait ne pas donner le nom de Melle Parker avant d'être sûr de ce correspondant. Le lien avec Mr Parker et la tête du Centre serait trop simple à faire.
Je visitais avec des amis, et nous avons été séparés.
Ce n'était, après tout, pas si éloigné de la vérité. Broots espérait que son interlocuteur goberait cette version des faits et lui viendrait en aide.
Personne ne vient jamais visiter.
La réponse mit Broots mal à l'aise. Il n'avait pas crû à son histoire. L'informaticien n'avait plus beaucoup de solutions : soit il prenait le risque d'avouer la vérité, soit il trouvait un mensonge plus cohérent - et il ne s'en sentait pas capable. Ou il se passait de l'aide de l'autre et recommençait à chercher la sortie. Aucune de ces solutions ne lui plaisait. Il se décida alors pour une autre approche : jouer la carte de la bonne foi. Il laissa courir ses doigts sur le clavier et composa un nouveau message :
Nous représentons une agence immobilière et nous pensons tranformer cet endroit en loft.
En appuyant sur le point final, Broots sourit. Cette idée ne pouvait que marcher! Qui soupçonnerait trois honnêtes représentants en immobilier?
La réponse ne se fit que peu attendre.
Alors, pourquoi êtes-vous armé?
Broots se figea. Quelques gouttes de sueur glacée descendirent entre ses omoplates. Lentement, il leva les yeux, à la recherche de la caméra de surveillance qui l'avait trahi. Il mis une bonne minute à la repérer ; elle était pratiquement invisible. Seul un reflet trahissait le rond de verre incrusté en haut d'un mur. L'informaticien s'épongea le front avec son bras gauche et revint à l'écran, à la recherche d'une idée lumineuse pour expliquer l'arme. Mais il n'eut pas le temps de se justifier. De nouveaux mots apparurent sur le fond noir.
Allez-vous-en maintenant!
Même sans voix derrière, Broots sentit la menace dans ces mots. Surmontant sa peur, il voulut taper une justification, une excuse, mais l'écran s'éteignit avec un petit bip. L'informaticien resta seul dans ce couloir sombre, dans une situation probablement encore pire qu'avant.
"Mais qu'est-ce qu'il fait?", soupira Melle Parker.
Elle s'était assise contre le mur du fond et avait enlevé la veste de son tailleur. Sydney était assis contre le mur à sa droite et lisait un document à la lueur de sa lampe-torche. Sans lever les yeux de son document, il répondit à son acolyte.
"Broots n'est pas parti depuis longtemps. Ne vous inquiétez pas."
Melle Parker lui lança un regard assassin.
"Je n m'inquiètes pas, Sydney. Mais je ne supporte pas de rester enfermée ici alors que votre singe savant est dans la nature!"
Elle se leva brusquement et commença à faire les cent pas.
"Et cet animal de Broots qui est Dieu sait où!
- Vous devriez jeter un oeil à ça", l'interrompit Sydney en désignant le document qu'il lisait.
Melle Parker le rejoignit et s'agenouilla à côté de lui.
"Quelque chose d'intéressant?", demanda-t-elle.
"Ces documents parlent d'expériences du Centre... Des expériences psychiques dont je n'ai jamais entendu parler.
- Oh, le grand méchant Raines ne vous a pas invité à cette petite fête?", grinça Parker.
Ailleurs, en un autre point du bâtiment, Broots était lui aussi assis contre un mur. Après que l'inconnu de l'ordinateur ait rompu le contact avec lui, l'abattement l'avait vite gagné. Il était persuadé qu'il ne retrouverait jamais la sortie. il était condamné à errer dans ces couloirs jusqu'à ce que la faim et l'épuisement viennent à bout de lui. Son seul espoir venait littéralement de lui raccrocher au nez. Et non seulement il allait y passer, mais Melle Parker et Sydney aussi, et ce serait sa faute. Non. Il ne pouvait pas l'accepter. Il fallait qu'il trouve une solution, et vite.
Décidé à braver le destin et à s'en sortir, Broots se leva. Il se planta droit devant la caméra de surveillance, prêt à sauver sa peau.
"Je vous en prie, laisez-nous partir! On s'en ira tout de suite et on ne reviendra plus! Je vous le promets!", dit-il d'une voix plaintive.
Peut-être qu'en appitoyant la personne qui l'observait, il arriverait à ses fins. Mais n'y eut aucune réaction autour de lui. L'écran de l'ordinateur restait obstinément noir. L'objectif de la caméra ne fit pas un seul mouvement.
"S'il vous plaît!", reprit Broots. "je sais que je n'ai pas été tout à fait honnête, mais comprenez-moi! Je ne savais pas si je pouvais tout vous raconter! C'est difficile d'avoir confiance face à un écran!
- Et en personne, c'est plus simple?", demanda une vois douce sur sa gauche. Broots se tourna brusquement. Une magnifique jeune femme blonde venait de passer le coin et avançait dans sa direction. A vrai dire, elle ressemblait plus à un ange qu'à une femme : elle avait les traits encore enfantins et des yeux bleu clair chargés d'innocence. La longue robe blanche qu'elle portait ajoutait encore à son aspect surnaturel. Broots en resta pétrifié. La simple vue de la jeune femme éclipsait tout le reste dans son esprit. Celle-ci le fixait avec un air interrogateur. Voyant qu'il n'allait pas lui répondre, elle répéta :
"C'est plus simple de faire confiance quand on voit les gens?"
Broots se secoua un peu pour sortir de sa transe.
"Hein? Euh... ça dépend, mais avec vous, c'est plus facile...", répondit-il avant de pouvoir s'en empêcher.
La jeune femme sourit, dévoilant de jolies petites dents blanches. Broots ne put s'empêcher de sourire à son tour. Elle avança jusqu'à être à quelques pas de lui.
"Alors, vous me faites confiance?"
Il n'y avait pas la moindre trace de moquerie dans la voix de la jolie blonde. Broots se gratta la tête, ne sachant que répondre. Il se sentait un peu idiot face à un être si parfait.
"Euh... Oui, je crois que je peux vous faire confiance..."
Le sourire de la femme s'accentua. Elle repoussa une de ses boucles blondes derrière son oreille avant de poursuivre :
"Vous voulez bien me raconter votre histoire, Mr Broots?
- Oui, si vous vou - hé! Attendez! Comment connaissez-vous mon nom?", s'exclama-t-il.
"Je l'ai entendu quand cette femme vous criait dessus... - Parker, c'est ça? - Mais on dirait que ça vous ennuie que je le sache... Voulez-vous connaître le mien? Nous serions ainsi à égalité...
- Euh... Oui, oui, parfaitement, je veux connaître votre nom", répondit Broots en essayant d'avoir l'air vexé.
La jeune femme lui sourit.
"Je m'appelle Lucy. Voulez-vous bien me raconter votre histoire?"
Et voilà ! Toutes les reviews sont les bienvenues ! La suite, rapidement (j'espère).
