Hello ! Je voulais écrire un truc qui change un peu, qui soit drôle, léger, mignon… mais pas que ! Et puis comme c'est pour un anniversaire, j'ai pensé à deux univers qui plaisent à Dawlly – à voir ce que ça donne maintenant :D J'ai pensé à de nombreuses choses dont on avait parlé, et j'ai essayé d'en faire une histoire à ma manière ) À la base, je voulais faire un one-shot, mais y avait trop de trucs à raconter et pas assez de temps, alors voici déjà un premier chapitre ! Joyeux anniversaire encore, et bonne lecture à toutes et tous !
SATSUKI MOMOI À L'ÉCOLE DES SORCIERS
I
C'était un samedi après-midi des plus ordinaires. Sur leur terrain habituel, les anciens de la Génération des Miracles et Kagami disputaient un match acharné, observés d'un œil distrait par Momoi, qui lisait un roman adossée au grillage. L'air était doux et le soleil réchauffait agréablement la jeune femme, qui se détacha un instant de sa lecture pour lever les yeux vers un ciel d'un bleu lumine1ux. Ce qu'on était bien ici ! Un bon livre, des amis, un petit spectacle de streetbasket en prime. C'était le genre d'après-midi qu'elle aurait aimé voir se prolonger indéfiniment.
Soudain, une ombre passa sur le côté de son champ de vision, mais elle n'eut le temps que de voir une main tenant une sorte de petit bâton et un éclat de lumière jaillissant, avant que tout ne devienne blanc et qu'elle ne perde connaissance.
Quand elle reprit ses esprits, elle se trouvait debout en plein milieu d'une vaste salle haute de plafond aux ogives gothiques, éclairée par de grands chandeliers, et où régnait un brouhaha indescriptible. Face à elle, sur une estrade, une demi-douzaine d'hommes et de femmes les scrutaient, assis dans de hauts fauteuils derrière une table de banquet. Sur le devant de l'estrade, un vieil homme à l'air affable leva les deux mains, et le brouhaha cessa immédiatement. Intimidée, Momoi regarda autour d'elle, et lorsqu'elle se retourna, elle poussa un cri étouffé en apercevant derrière elle tous ses amis, qui portaient encore leur tenue de sport et ne semblaient pas avoir la moindre idée de ce qui venait de se produire. Tout autour d'eux, de nombreux enfants et adolescents étaient attablés et les dévisageaient avec curiosité. Ils étaient vêtus d'étranges capes noires, tout comme les adultes sur l'estrade.
« Pourquoi est-ce qu'on est à Poudlard ? demanda Kuroko, se matérialisant aux côtés de la jeune femme.
— Je n'en ai pas la moindre idée… » souffla-t-elle.
Un mélange de stupéfaction, de crainte et de pure euphorie s'empara d'elle. Elle était vraiment dans Harry Potter ! Tout était exactement comme elle l'avait imaginé ! Ça n'avait aucun sens, c'était impossible. Et pourtant, ses sens ne la trompaient pas, puisque Kuroko voyait la même chose qu'elle.
Le vieil homme qui avait demandé le silence – Dumbledore, pensa Momoi avec incrédulité – agita la main dans leur direction.
« Allons, approchez, ne soyez pas timides. Il est temps de vous attribuer une maison.
— Il y a méprise, nous ne sommes pas des sorciers, intervint Midorima d'un ton suffisant.
— Vraiment ? demanda Dumbledore, amusé. Alors d'après vous, qu'est-ce qui arrive à vos camarades ? »
Midorima suivit son regard et se tourna vers Kagami, qui était enveloppé d'une étrange aura rouge, comme des flammes sans chaleur, et dont les yeux jetaient des éclairs. Il arrivait la même chose à Aomine, mais en bleu.
« Ce n'est pas de la magie, constata Midorima. Ils sont encore dans la zone.
— Et ça se manifeste de cette façon d'habitude ? voulut savoir Dumbledore.
— Eh bien… Non, concéda Midorima. Étrange, on dirait une représentation métaphorique d'un état de concentration extrême.
— Ça aussi, c'est métaphorique ? » voulut savoir Kise, qui lui adressa un sourire lumineux… Au sens propre. Une étoile apparut même au coin de son œil.
« Ça veut dire qu'on a acquis de super-pouvoirs ? s'informa Murasakibara, apparemment peu impressionné par cette démonstration.
— Voyons ça. Tu n'auras pas à manger ce soir », déclara Midorima.
À peine eut-il terminé sa phrase que Murasakibara devint soudain encore plus grand qu'il ne l'était déjà, sa chevelure soulevée par un vent imaginaire, ses yeux brillant d'un éclat violet presque insoutenable. Il leva une main menaçante qui recouvrit Midorima de son ombre, faisant reculer prudemment le jeune homme.
« C'était juste un test, rassure-toi », protesta Midorima en se recroquevillant.
Murasakibara reprit sa forme normale et constata, toute trace de colère envolée :
« Je suis plus terrifiant que d'habitude. »
À ces mots, tout le monde se tourna vers l'élément le plus terrifiant parmi eux, Akashi. Mais celui-ci semblait étrangement calme. Et Momoi aurait même juré apercevoir une lueur ravie au fond de ses yeux vairons.
« Voyons ce que le choixpeau magique nous réserve, dit-il simplement, une subtile trace de tension dans sa voix trahissant son impatience.
— Excellente décision, approuva Dumbledore. Approchez ! »
Akashi passa devant et regarda le chapeau avec convoitise. Le vieil homme le lui posa sur la tête, et après un conciliabule inaudible pour l'assistance, le chapeau proclama :
« Poufsouffle ! »
Des exclamations incrédules fusèrent dans leur petit groupe.
« C'est pas pour les gentils, Poufsouffle ?! s'offusqua Aomine.
— C'est une maison qui valorise également la loyauté et la fidélité, remarqua Momoi.
— C'est quand même pas son trait de caractère le plus frappant ! protesta la panthère.
— Ne soyons pas désagréables », tempéra Midorima, qui redoutait peut-être une surprise de ce genre.
Il y eut un instant de flottement durant lequel ils échangèrent des regards incertains, puis Kise s'avança vers Dumbledore.
« Allez, donnez-moi le verdict ! » lança-t-il avec enthousiasme.
Le reste du groupe fixa attentivement le choixpeau sur la tête du blond.
« Serdaigle ! s'exclama le choixpeau.
— Pff, tu parles d'un intello… marmonna Aomine.
— J'ai très bien entendu ça Minecchi ! se plaignit le blond.
— Toi qui es si prompt à critiquer, voyons ce que le choixpeau va dire pour toi », dit Kuroko en poussant la panthère en avant.
Celle-ci protesta, levant les yeux avec méfiance vers l'objet magique qu'il tenta d'esquiver par réflexe, si bien que Dumbledore dut le lui enfoncer de force sur la tête. Et le choixpeau n'eut guère à réfléchir avant d'annoncer :
« Serpentard !
— Hé ! Mais c'est pour les méchants !
— Tu préfères être à Poufsouffle ? railla Kagami.
— Nan !
— C'est bien un Serpentard de répéter à tout le monde qu'il est le meilleur », nota Kuroko en haussant les épaules.
Ensuite, ce fut le tour de Murasakibara. Dumbledore dut se hisser sur la pointe des pieds pour poser le chapeau sur sa tête.
« Serpentard ! déclara ce dernier.
— Ah ! Bienvenue au club ! » ricana Aomine.
La nouvelle indifféra le géant, qui se rangea aux côtés de la panthère d'un air blasé.
Kagami s'avança ensuite, jetant des regards inquiets autour de lui. Le choixpeau n'hésita qu'un instant avant de proclamer :
« Gryffondor ! »
Les autres hochèrent la tête, s'attendant à ce choix. Kuroko suivit et fut également envoyé dans la célèbre maison rouge et or. Midorima s'approcha ensuite d'un pas raide. Mais Dumbledore ne posa même pas le choixpeau sur sa tête :
« Non, non, pas vous. Votre dossier est exceptionnel, vous ne rejoindrez pas les autres élèves. Vous pouvez suivre des cours à votre guise, mais nous aimerions vous voir occuper un poste d'assistant pour notre professeure de divination, Madame Trelawney. »
Midorima ne parut pas surpris, et s'inclina bien bas.
« Je vous remercie. J'accepte avec joie.
— Lèche-bottes ! lança Aomine.
— Frimeur ! » compléta Kise.
Il ne resta plus que Momoi, qui sentit avec angoisse tous les regards se braquer sur elle. Depuis le début de la cérémonie, elle éprouvait un malaise croissant qui culmina à cet instant. Elle rougit violemment et bafouilla :
« Mais je… J'ai pas de pouvoirs magiques, moi… »
Un silence pesant enveloppa la salle, et après quelques secondes interminables, elle leva un regard implorant sur Dumbledore, qui lui sourit d'un air gentil.
« Bien sûr que si. Vous n'avez simplement jamais eu la place et l'occasion de l'exprimer. Mais vous le découvrirez bien assez vite parmi nous. »
Le vieillard avait l'air si sûr de lui qu'elle voulut le croire, et s'avança timidement vers l'estrade. Elle ferma les yeux tandis que le chapeau se posait sur sa tête, attendant son verdict en serrant les poings anxieusement.
« Serdaigle !
— Yes ! » s'exclama spontanément la jeune femme en desserrant les poings.
Soudain remotivée, elle rejoignit Kise en sautillant de joie. Ils étaient à Poudlard ! Elle était peut-être une sorcière ! Peu importait si elle n'avait aucune idée de la façon dont ils étaient arrivés là… et comment en repartir ! Ils aviseraient tout ça en temps voulu.
II
Plus tard dans la journée, Momoi et Kise se retrouvèrent face à la porte de la salle commune de leur maison. Et un heurtoir en forme d'aigle s'adressait à eux.
« Mon premier est un objet de convoitise pour les basketteurs, récita le heurtoir, mon deuxième n'est pas étanche, qui suis-je ?
— Hein ? Qu'est-ce qu'il raconte ce piaf ? s'exclama Kise.
— C'est une énigme, dit Momoi. Les autres maisons ont de simples mots de passe, mais nous, on doit répondre à une énigme.
— Oh… Et si on sait pas, on est enfermés dehors ?
— C'est ça. Hm… Laisse-moi réfléchir…
— Les basketteurs ils aiment quoi ? Voyons voir… » Kise réfléchit, le menton dans la main. « La célébrité ? L'argent ? Et qu'est-ce qui n'est pas étanche… Un parasol ? Un parasol d'argent ? Un parasol célèbre ?
— Ki-chan, tu racontes n'importe quoi. Laisse-moi réfléchir. »
Le blond se mit à trépigner à ses côtés tandis qu'elle cherchait la réponse. Il devait y avoir un jeu de mots. Soudain, elle fut frappée d'une illumination :
« Un panier percé ! »
La porte s'ouvrit tandis que Kise protestait que cette énigme était totalement stupide. Ils pénétrèrent alors dans une salle circulaire abondamment éclairée par de hautes fenêtres, meublée de canapés confortables et réchauffée par un feu de cheminée qui jetait un éclat chaud sur les couleurs bronze et bleu dominant le décor.
« Wahou ! Trop classe ! s'exclama Kise.
— J'avoue… C'est à couper le souffle ! » s'enthousiasma la jeune femme.
Ils firent rapidement connaissance avec les élèves qui se relaxaient dans la salle commune, et qui les accueillirent chaleureusement comme s'ils étaient de nouveaux inscrits tout ce qu'il y a de plus banal. En quelques minutes, ils avaient presque oublié qu'ils ne venaient pas de ce monde… il y avait bien trop de choses à découvrir ! Et d'ailleurs, ils n'allaient pas tarder à expérimenter la véritable vie de jeunes sorciers, puisque c'était déjà l'heure de leur premier cours, en commun avec Serpentard : le cours de potions !
En un temps record, Kise avait déjà retouché son uniforme d'une main experte pour le rendre un peu plus « stylé », et il offrit de faire de même pour celui de Momoi, qui refusa. Pas de temps à perdre, elle ne voulait pas être en retard pour son premier cours ! Et puis, elle avait hâte de retrouver Aomine et de voir s'il s'accommodait à son nouvel environnement de Serpentard. Emboîtant le pas à leurs nouveaux camarades, ils descendirent d'impressionnant escaliers aux rampes sculptées d'hippogriffes, traversèrent de hautes salles voûtées et arpentèrent des corridors de vieilles pierres s'enfonçant toujours plus profondément dans le château. Momoi peinait à suivre le rythme, tant son regard était attiré de toutes parts : ici, un tableau la suivait des yeux, là, une plante chantonnait, plus loin, des flambeaux s'illuminaient à leur approche… La magie imprégnait chaque détail d'un environnement en perpétuel changement, et le mystère enveloppant l'antique édifice s'épaississait à chaque pas. La jeune femme ne put contenir son émerveillement et s'exclamait tous les dix mètres, provoquant les rires indulgents de ses camarades. Kise, quant à lui, semblait de plus en plus préoccupé, ce qui finit par attirer l'attention de la rose :
« Qu'est-ce qui ne va pas, Ki-chan ?
— Le cours de potions…
— Eh bien quoi ?
— Le prof… Il a l'air flippant ! »
Momoi se remémora le visage blafard et fermé de Severus Rogue, qu'elle avait aperçu dans la grande salle du réfectoire.
« Oh, t'en fais pas pour ça. Il n'aime pas les impertinents, je parie que toute son attention sera tournée sur Dai-chan ! À tous les coups, il va se faire coller dès le premier cours ! »
Cela sembla rassurer un peu le blond, mais de toute façon, ils étaient déjà arrivés. Ils franchirent une porte inquiétante ressemblant davantage à celle d'un cachot que d'une salle de classe, et se retrouvèrent dans une pièce obscure, basse de plafond, où de multiples alambics, fioles et étranges appareillages de verre et d'acier à la fonction indéterminée encombraient les étagères, où se serraient dans les intervalles libres de vieux grimoires portant des titres en latin. Près des fenêtres poussiéreuses, des rangées de plantes que Momoi n'avaient jamais vu de sa vie capturaient la lumière avare dans leurs feuillages biscornus.
« Muracchi, Minecchi ! s'exclama Kise, tout heureux de retrouver leurs amis qui s'étaient installés tout au fond de la classe, tâchant de ranger leurs grandes jambes sous la table.
— Pff… On se croirait en cours de chimie… râlait déjà la panthère en reniflant d'un air sceptique les fioles disposées sur la table.
— Pourquoi on est en cours d'ailleurs, on n'est pas samedi ? demanda Murasakibara.
— Ça serait assez logique que les calendriers de deux dimensions différentes ne coïncident pas, réfléchit Momoi.
— Je veux rentrer chez moi, constata Murasakibara.
— Allez, dit Aomine en lui mettant une claque dans le dos. On va peut-être apprendre une potion d'invisibilité, comme ça quand tu veux sécher les cours, tu seras introuvable. »
Soudain, un silence glacial s'abattit sur la classe, tandis que Severus Rogue faisait son entrée comme un prince, suivi de sa cape à laquelle il avait sûrement lancé un enchantement pour qu'elle flotte avec tant d'élégance. Le professeur contourna son bureau et s'y appuya des deux mains, balayant la classe d'un regard aussi sombre que sévère.
« Bien. Ouvrez vos livres à la page 153. »
Aomine et Murasakibara ne bougèrent pas, tandis que Momoi et Kise sortirent sagement leur manuel.
Rogue haussa un sourcil : les deux rebelles de Serpentard étaient les seuls de la classe à ne pas avoir apporté leur livre.
« Monsieur Aomine. Monsieur Murasakibara, dit Rogue en détachant soigneusement les syllabes. J'ai entendu parler de vous. Allez-vous pratiquer votre 'basket' sans ballon ?
— Bah on peut pas jouer sans ballon, tss, marmonna Aomine, l'air de dire 'qu'est-ce qu'il est con ce prof'.
— Et vous ne pouvez pas étudier sans livre. CQFD.
— 'C' quoi ? »
Rogue produisit comme par magie – ou par magie tout court, allez savoir – deux manuels, traversa la salle, les posa devant les deux jeunes hommes ouverts à la bonne page, puis releva sèchement ses manches avant de les attraper par l'arrière du crâne pour les pousser littéralement vers le savoir. Étrangement, aucun des deux garçons ne protesta à ce traitement, et ils firent au moins semblant de lire leur page 153.
Momoi, elle, n'eut pas besoin qu'on l'y oblige. Les potions, c'était fascinant !
« Tu crois que je peux trouver comment fabriquer de l'autobronzant dans ce bouquin ? chuchota Kise.
— Sûrement », approuva-t-elle distraitement, ses yeux parcourant la page qui décrivait les propriétés de diverses plantes pour concocter une potion de concentration. Voilà qui lui serait bien utile dans son monde !
Après la théorie, ils passèrent à la pratique. Kise et elle firent de bons partenaires d'expérience, tous les deux très amusés par les réactions chimiques et consciencieux dans leurs dosages. En revanche, leurs voisins ne tardèrent pas à se retrouver pris d'éternuements incontrôlables tandis qu'une fumée verdâtre gonflait tout autour d'eux.
« C'est toxique ! On va mourir ! » s'affola Aomine, alors que le géant tentait de dissiper le nuage à l'aide de ses grandes paluches.
Rogue les regarda comme on examine un insecte vaguement dégoûtant, sans bouger de derrière son bureau.
« Mademoiselle Momoi, dit-il en se tournant vers la jeune femme. Pouvez-vous nous dire pourquoi la potion de vos camarades ne fonctionne pas ?
— Moi je sais, moi je sais ! s'excita Kise en levant la main, mais Rogue resta de marbre.
— Euh… Un surdosage de mandragore ? tenta timidement Momoi.
— Très bien, approuva Rogue sans sourire. On peut contrer cette réaction en ajoutant une goutte d'élixir de rosée de minuit. »
Entre deux éternuements, Aomine tâcha d'identifier le bon composant sur son bureau, puis en versa… trois gouttes. Il y eut une petite détonation, la fumée se dissipa, et les deux camarades réapparurent l'air ahuri, le visage noirci et les cheveux dressés sur la tête.
« Rahhhh, je hais les potions ! » s'écria la panthère.
— C'est un art qui exige intelligence, patience et minutie. De toute évidence, vous ne possédez aucune de ces qualités.
— J'en ai d'autres, se rengorgea le brun.
— Comme ? demanda Rogue en haussant un sourcil.
— La beauté, le charisme, l'habileté sur un terrain de basket », compta Aomine sur ses doigts, avant de suspendre son énumération, apparemment à court d'idées.
Rogue toisa son élève et ses cheveux raidis comme des piques, son visage tout sale de fumée, et déclara sobrement :
« Pour la beauté et le charisme, on repassera. Et on ne fait pas de basket ici. »
Aomine grommela et se mit à engueuler son camarade sur son manque de talent aux potions pour se distraire de sa frustration, sous les ricanements de ses collègues de Serpentard.
Kise pressa sa main sur sa bouche en retenant mal un fou rire à la vue des deux hurluberlus à la dégaine de chimistes fous, et Momoi se joignit à lui jusqu'à ce qu'un regard glacial du prof les fasse cesser et se reconcentrer sur la concoction de leur potion.
« Je crois que ça me plaît bien, Poudlard, déclara le blond tandis qu'il mélangeait avec soin leur fiole.
— Moi aussi… Mais après on a cours de quidditch… J'ai peur de tomber du balai…
— Mais non, tu vas assurer, tu vas voir. T'as jamais rêvé de voler sur un balai ?
— Oh, si », approuva Momoi, pensive.
Dans sa tête défilaient les images de la cérémonie du choixpeau, et la façon dont Aomine et Kagami brillaient d'auras enflammées, dont Kise avait su littéralement illuminer son sourire, ou encore Murasakibara et son numéro de Gandalf le Mauve. Elle ne pouvait pas faire ça. Personne ne la voyait, si ce n'était comme une jolie plante. Heureusement, les garçons de son groupe ne la regardaient pas comme ça, mais à côté d'eux, elle s'effaçait à son propre regard – tandis qu'aux yeux du monde, elle s'effaçait pour ne devenir qu'un objet de convoitise, un accessoire servant à mettre en valeur quiconque la prendrait comme ornement, ou pire, comme trophée. Elle était une femme, l'équivalent d'un Moldu dans Harry Potter. La deuxième race. Le deuxième sexe. L'ajout. Une elfe de maison qu'aucune chaussette ne libérerait jamais de sa servitude. Elle n'avait rien de remarquable qui soit vraiment elle, aucune façon de s'exprimer propre. Elle était juste une fille intelligente dans un groupe de grands gaillards qui braillaient. Les sourcils froncés, elle reprit :
« Dis, Ki-chan, tu y crois, toi ? À ce que Dumbledore a dit ?
— Que tu étais une vraie sorcière ? Évidemment ! Mais c'est vrai que… » Il se mordilla la lèvre, et la regarda d'un air contrit. « T'as l'habitude d'être avec nous, et nous on s'exprime par le basket et on attire les regards. Toi, tu restes dans l'ombre, un peu comme Kurocchi. J'imagine que parfois c'est dur de trouver sa place et de s'affirmer. Mais c'est pas parce que quelqu'un en met pas plein les yeux qu'il est pas intéressant. Parfois ça prend juste du temps de trouver le truc dans lequel on se sent briller, même quand personne le voit.
— Oh, Ki-chan ! s'écria Momoi, touchée par ce discours. T'es trop gentil. C'est vrai qu'entre des joueurs talentueux sur un terrain et une manager qui prépare des statistiques, y en a qui font plus rêver que d'autres… Mais la magie ça peut pas être aussi superficiel que ça, pas vrai ?
— Carrément ! Mais le plus important, c'est ce que toi, t'as envie de faire. Si t'avais des pouvoirs magiques, par exemple, ça serait quoi ?
— Je sais pas… souffla la jeune femme, perdue.
— Tu sais quoi, on a le temps de le découvrir. De toute façon, on sait pas comment rentrer chez nous ! » ajouta-t-il en riant.
Momoi hocha la tête d'un air résolu. Kise avait raison. En tant que manager, elle avait l'habitude de s'occuper des autres et parfois, elle s'oubliait. Elle savait que ses amis l'aimaient, mais elle avait besoin de penser un peu à elle. Aussi, alors qu'elle contemplait fièrement leur potion de concentration, Satsuki Momoi décida de devenir une sorcière.
