Titre - La tombe des lucioles

Pairing - DM/HG

Rating - Rating M. Les raisons? Peut-être un lemon, et dans tous les cas, langage vulgaire, scènes un peu choquantes/gores, disons qu'il y a du sang. Mais rien qui ne soit insurmontable non plus.

Résumé - Elle lui prit la main, doucement, amoureusement, avant de lui briser le poignet dans un geste qui avait perdu toute sa tendresse.

Mot de l'auteur – Je vous ai manqué ! Avouez ! –foule en délire qui répond : NAN-

C'est pas grave :D. En tout cas, voici la suite de La Tombe des lucioles. C'est l'avant-dernier chapitre, je me suis définitivement fixée, il y en aura bien trois. Je sais que c'est court, et j'aurais pu développer cette histoire très longtemps, cependant, je ne pouvais pas voir cette histoire débuter et finir autrement que de cette manière. Pour la fin, même si vous ne la savez pas encore, je ne suis pas sûre que tout le monde va l'aimer, mais j'essayerais de faire de mon mieux. Je dois dire que s'il y a une chose qui me plait avec cette histoire, c'est le fait que les personnages soient exactement comme je les vois. Je trouve que même s'ils ont changé avec l'âge dans ma fiction, ils ont une histoire et les conséquences morales qui vont avec qui demeurent humaines et logiques.

Et surtout, et j'en suis extrêmement ravie, je vois que certaines personnes partagent mon avis sur le fait que les DragoHermione gnangnan qui sont un remix d'un roman Arlequin joué par de beaux adolescents, c'est barbant. Enfin bien sûr je tiens à préciser que ce n'est pas tellement les auteurs que je critique là dedans, loin de là, vu qu'à un moment ce genre d'histoires étaient tout à fait le genre que j'aurais pu écrire, c'est juste que je trouve ça ni plus ni moins que profondément inintéressant à lire. J'ai aussi reçu deux trois messages privés me disant que si je n'aimais pas les DragoHermione, je n'avais qu'à ne pas en lire point barre, et d'autres choses dans un langage plus coloré dont je vous épargnerais les détails…

Voici donc la suite de l'histoire, ce chapitre fait un peu office d'intermédiaire, la véritable action débute et finit dans le prochain chapitre, mais j'espère que vous apprécierez la transition.

La chanson vient toujours du groupe The Midway State, s'appelle toujours A million fireflies ! Et il faut toujours autant que vous l'écoutiez d'urgence :p !

Bonne lecture !

La tombe des lucioles

How can you be so strong? And if you only knew I doubt that you'd be dying. Here I'm a selfish fool to think that you'd be lying here with me, and no one else... Now your death is coming, and you deserve it.

Contrairement à ce qu'elle avait affirmé, Hermione ne resta pas auprès de Drago cette nuit-là. C'était dans son projet au début... Le voir agoniser, le laisser mourir, ne rien faire pour le sauver, être l'unique témoin de cette déchéance. Fatale jouissance que de se sentir tout puissant, de contrôler la vie et la mort de la personne qu'on hait le plus au monde.

Surtout la mort...

Hermione quitta la chambre, laissant Malefoy à moitié agonisant sur son lit trop propre. Elle n'était pas sûre de supporter de le voir mourir, et l'idée d'arriver comme une fleur le lendemain pour constater son décès lui plaisait énormément.

Depuis combien de temps rêvait-elle de la mort de Malefoy? Il lui semblait qu'elle était née, qu'elle avait vécu, qu'elle avait tout exécuté et tout ordonné d'une telle manière qu'elle était faite pour le tuer. Cela n'était bien sûr qu'une illusion. En vérité, la haine avait commencé seulement dès leurs onze ans, à l'entrée à Poudlard. Enfin, haine... A l'époque ce n'était que des querelles d'enfants, méprisants ou trop hautains, fiers de leur sang ou de leur talent.

La vraie haine avait commencé bien après. D'un coup, un peu comme une explosion qui vous arrache bien plus que la vie. Le jour de la bataille finale, où Drago avait tué les personnes à qui elle tenait le plus. Ce jour là, quelque chose en elle s'était éteint.

Même si elle ne l'aimait pas, elle avait toujours ressenti pour lui une légère compassion. Comme de la pitié. Elle ne l'avait pas vu comme un être foncièrement méchant qui cherche le mal. Juste un petit con raciste qui avait grandit avec une cuillère en or massif dans la bouche. Et puis, tout de même, même si elle aurait préféré cracher sur la tombe d'Harry que de l'avouer, en gosse, il était plutôt mignon. Elle se rappelait avec une précision troublante son adorable visage quand il avait à peine douze ans.

A cette époque, il avait une peau trop pâle, marmoréenne, tellement translucide qu'elle en paraissait maladive et qu'on avait envie d'écarter ses cheveux presque blancs et de toucher son front pour voir s'il ne souffrait pas de fièvre. Pas vraiment une peau blanche qui soit naturelle, plutôt une pâleur qui venait du fait qu'il ne devait pas souvent sortir de son grand manoir. Ses yeux étaient gris; d'un gris banal, pas particulièrement beau ni transperçant, pas non plus glacé et pétrifiant comme adoraient le décrire certaines groupies. C'était plutôt la lueur et son regard qui changeaient tout; un air d'intelligence, de narcissisme, d'indépendance qui ne demandait qu'à sortir et hurler sa soif de liberté au monde entier.

Mais ce qu'Hermione haïssait le plus, et ce point n'avait pas changé avec les années, c'était l'ironie qui semblait toujours l'habiter. Cette manière qu'il avait de regarder les gens par dessous les cils, comme s'ils se foutaient royalement de leur gueule, comme s'il leur était en tous points existants supérieur.

Un regard qui semblait dire: "mais ferme là, de toute façon, ton avis ne compte pas, tu n'es qu'une sous-merde."

- Docteur Granger? Oh, s'il vous plait! Attendez, deux secondes! s'exclama une jeune femme en se ruant vers elle tandis qu'Hermione s'apprêtait à prendre ses affaires en salle de repos et à rentrer chez elle.

La femme était un peu plus jeune qu'elle; ses longs cheveux blonds et scintillants lui donnaient l'air de s'être noyée peu avant bien qu'il n'en fut évidemment pas le cas. Ses traits étaient durcis, crispés, mais derrière les torrents de larmes qui débordaient outrageusement de ses yeux félins, se trouvait une beauté naturelle. Elle était très belle, un peu trop au goût d'Hermione.

Cette dernière hésita entre faire sembler de l'ignorer pour rentrer chez elle au plus vite et s'arrêter brièvement. La dernière chose qu'elle avait envie de faire était de s'occuper d'un autre malade; le cas de Malefoy passait avant tout. L'idée qu'il ne serait bientôt plus de ce monde lui arracha un rapide sourire et elle décida de l'écouter.

- Oui mademoiselle? demanda poliment Hermione tout en ayant un certain mal à ne pas pousser un soupir d'énervement.

- Ecoutez, je m'appelle Kyria Eleison, mon petit ami a été transporté ici il y a quelques heures! Je le sais, je ... Oh mon dieu! Et on m'a dit que vous étiez le docteur qui vous en occupiez! Il s'appelle Drago Davies, il a... sanglota-t-elle en se mordant la lèvre jusqu'au sang. S'il vous plait! Dites moi comment il va, je... Je dois le voir!

Petit ami.

On raconte souvent que dans ce genre de situations, on sent notre sang se glacer. Ce n'était pas du tout le cas d'Hermione. Au lieu de cela, elle sentit soudainement un grand vide à ces mots. Petit ami. Puis, une sensation de chaleur, tellement puissante qu'elle faillit vaciller sous le choc. Malefoy avait donc une copine.

Cette idée même la fit violemment serrer les dents et expirer bruyamment.

Mais après tout, peut-être que cette Kyria ne parlait pas du même Drago. N'avait-elle pas parlé d'un Drago Davies?

"Allons Hermione, ne joue pas à la conne, tu sais très bien que ce salaud a dû utiliser un nom de famille d'emprunt. Comme d'habitude, il est incapable d'assumer et de montrer à la face du monde ce qu'il est vraiment. C'est à dire un connard qui ne mérite rien; rien de mieux que ce qui lui arrive..."

- Drago Davies? C'est... votre petit-ami? réussit-elle à articuler.

Elle ne comprit pas pourquoi mais cette nouvelle lui donna simplement envie d'envoyer par terre la première chose qui tomberait sous sa main. Comment une ordure, une abjection, une atrocité - un monstre comme lui pouvait aimer quelqu'un et pire, être aimé en retour?

- Oui, et je l'aime vraiment, je... Je ne supporterais pas de le perdre... Il est toute ma vie... Je vous en prie, conduisez moi à lui, et dites moi comment il va...

Dans un autre temps, voir cette femme en sanglots et le visage ravagé de perles larmoyantes l'aurait fait craquer et elle l'aurait immédiatement amené auprès de Malefoy et l'aurait consolé. Ensuite, elle aurait fait tout ce qu'elle aurait pu pour sauver l'âme depuis trop longtemps vendue au diable de Malefoy, même si elle aurait dû y laisser son honneur, sa liberté, sa fierté. Car elle savait mieux que personne à quel point perdre la personne qu'on aime était douloureux. Dans un autre temps, oui, peut-être...

- Drago va s'en sortir, affirma Hermione dans un sourire. Il est même en excellent état, ne vous inquiétez pas, il pourra rentrer chez lui dès demain. Par contre, je ne peux pas vous laisser le voir car cela risquerait de le perturber et il doit être au calme vous comprenez. Mais n'ayez crainte, dès demain matin, vous pourrez enfin le serrer dans vos bras...

Dans un autre temps, oui peut-être... Mais plus maintenant. Elle n'était plus cette gamine naïve et empreinte de bonté jusqu'à la moelle. C'était fini le temps où Harry, Ron, Ginny, ses parents, étaient là pour la faire sourire. Elle ne rirait plus jamais; elle le savait très bien. Elle était devenue égoïste, et même si elle ne l'avait pas dit à cette Kyria car il avait des limites malgré tout, elle se fichait complètement de cette femme en pleurs. Son coeur, le sien, pleurait depuis des années. Chacune son tour... pensa-t-elle avec un rire intérieur qui résonna tellement faux qu'il semblait presque être insulte à la définition du bonheur. Drago devait mourir. Rien d'autre ne comptait.

Et si le prix à payer était de mentir, de détruire la vie de cette femme, de se faire renvoyer pour mensonges et faute professionnelle...

Elle le payerait sans hésiter.

°°°°°°

"Granger va revenir. Bien sûr qu'elle va revenir... Ce n'est pas comme si elle pouvait me laisser mourir. Elle est trop gentille pour ça. Pas vrai?..."

Drago poussa un énième soupir, seul dans la chambre 483, le regard désespérément fixé au plafond comme dans une pathétique tentative pour se lever et s'en aller.

S'en aller.

Se barrer de ce putain d'hôpital, s'éloigner de cette connasse de Granger... Oh comme il la détestait, c'en était presque pathologique... Cette abrutie aux grandes dents qui refusait de le soigner, qui jouait avec sa vie comme si ce n'était qu'un jouet pour l'enfant naïve qu'elle était. Ne comprenait-elle pas? Il la croyait pourtant intelligente; était-ce si dur de capter qu'il allait crever si elle ne le soignait pas?

"Non, là c'est toi le con dans l'histoire mon vieux Drago. C'est toi qui ne comprends pas. Elle sait très bien que tu vas crever. Et elle s'en réjouit, oh oui, elle s'en réjouit: c'est là son but. Tu ne comprends pas?"

A vrai dire, il ne comprenait rien, et mit un instant à comprendre que le dit "Drago", c'était lui. La douleur était trop forte pour qu'il arrive à penser à quelque chose d'autre. Le seul mot qu'il arrivait à faire revenir dans sa tête, c'était "Granger".

Encore et toujours cette sang de bourbe...

De toute façon, il la connaissait, car même s'il essayait de s'en persuader, elle ne reviendrait pas. Normal qu'elle ait envie de le tuer en fait. Drago lui avait tout pris, sauf la vie. Mais ce qu'il lui avait volé était bien plus précieux: il avait tué tout ce qui donnait un sens à l'existence de Granger. Et étrangement, cette idée là lui provoquait comme un sentiment de vague satisfaction même s'il agonisait. De toute façon, même s'il crevait, cela ne ferait pas revenir les proches de Granger. Elle serait toujours aussi malheureuse - et ça, c'était vraiment réjouissant.

"Là aussi, Drago, tu es pathétique... Tu n'as donc aucun objectif plus haut que rendre cette sang de bourbe triste? Tu te laisserais mourir, si cela pouvait la rendre damnée à jamais? Voyons, ressaisis toi! On s'en fout d'elle. Elle n'est rien."

Oui... On s'en foutait... Puis, soudain, plus rien. Une sensation de vertige dont il avait perdu l'habitude ces derniers temps. Comme quand on tombe, qu'on se jette d'une falaise, et qu'on ne touche jamais le sol... Suspension douce et cruelle, presque ironique...

Il était tout simplement, banalement, en train de s'endormir... Il n'avait pas dormi depuis quatre jours; et les effets de ces nuits éveillées commençaient à se faire ressentir. Mais il ne fallait pas qu'il dorme! Vu son état, il aurait très bien pu mourir dans son sommeil. L'idée était séduisante: s'endormir, ne jamais se réveiller, ne pas voir la face extatique peinte d'une joie malsaine de Granger dans son dernier souffle... Séduisante, certes. Mais pas assez.

Il ne devait... surtout pas... dormir... Vite, il devait penser à quelque chose... N'importe quoi qui le tiendrait éveillé... Penser à tout, tant que ce n'était pas Granger...

- Granger, je ne t'aime pas.

L'impression de revivre. Les sens qui s'éveillent comme pour revenir une dernière voir à la vie. Au monde réel. Ou plutôt à celui des songes qui ne meurent vraiment jamais... Ou encore... Les souvenirs enfouis qu'on a cherché à oublier…

Granger baissa soudainement les yeux. Fronça les sourcils. Elle tripota un instant son insigne de préfète en chef avant de relever le regard, l'iris brillant.

- Drago... souffla-t-elle. Je... Je ne sais pas comment je suis tombée amoureuse de toi, ok? Mais je sais que tu as du bon en toi. Tu n'es pas mauvais! Tu n'as pas à écouter ton père; tu n'as pas à devenir un mangemort! Tu es libre de choisir. Je peux t'aider. Oublie les sentiments que j'ai pour toi. Je me fiche qu'ils ne soient pas réciproques, tu sais... Je veux juste t'aider...

Drago sentit son coeur battre plus vite qu'à l'ordinaire. Il ne savait pas comment, mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Le fait que Granger lui dise qu'elle ait des sentiments pour lui paraissait presque irréel. Il s'imagina en train d'embrasser Granger.

Cette vision ne le dérangea pas. Même si elle n'était pas un canon, Granger l'attirait d'une certaine manière. Elle avait un charme bien à elle. Elle devait être un bon coup au lit, aussi.

Mais Drago n'était pas du genre à choisir ses petites amies sous ce critère. Il voulait qu'elles soient belles, de sang pur, dans leur camp, parfaites, et fidèles jusqu'au bout. Et Granger ne remplissait aucune de ces conditions.

- Ferme-la, répliqua-t-il, agacé. Granger, t'es tellement hypocrite. Si tu n'étais pas amoureuse de moi, tu n'aurais jamais proposé ton aide. Aurais-tu proposé ton aide à Pansy, ou encore à Crabbe ? Non. Tu te fous totalement de ce que les gens comme moi peuvent ressentir. T'es qu'une égoïste. Maintenant, barre toi, je n'veux plus t'revoir.

Elle le gifla. La force du coup le fit légèrement vaciller.

- De toute façon, Malefoy, t'es qu'un connard!

Surtout... Rester éveillé... Mais pourquoi fallait-il qu'il pense encore à elle dans ce moment critique! Il n'arrivait tout simplement pas à détacher son esprit de la haine qu'il éprouvait pour elle. Ce n'était même plus juste le mépris pour son sang, impur, bien entendu. Ni même le mépris pour elle-même. Non, c'était la haine, pure, dure, indestructible; la même haine que Granger.

- Que devrais-je faire, professeur Rogue? demanda Drago en soufflant sur sa tasse de thé.

- Donc, c'est bien vrai. La sang de bourbe Granger s'est entichée de toi Drago, sourit Rogue dans un rictus presque dégoûté. Je m'en doutais un peu. Vu les regards niais qu'elle te lançait durant mes cours... Et cesse de m'appeler professeur, voyons.

- Nous sommes encore à Poudlard, même si c'est la dernière année, vous êtes toujours mon professeur et je vous respecte pour ça, répondit-il simplement. Et oui, elle s'est entichée de moi. Je me demande comment une telle chose est possible. Elle me l'a avoué hier... J'ai l'impression de vivre en plein délire... Elle était presque en larmes et elle est partie en courant. Elle a dû oublier l'espace d'un instant que j'étais à Serpentard, et que je haïssais les gens comme elle.

- Ça ne me surprend pas tant que ça. Les filles sont toutes pareilles... Un peu de sucre dans ton thé?

Drago acquiesça et Severus déposa dans un geste élégant un carré blanc dans sa tasse. Ses longues mains fines, presque féminines contrastaient étrangement avec sa longue cape qui l'enveloppait telle une parure. Il fixa Drago ,l'air d'un roi sur son trône, impassible, comme à son habitude.

- Les petites idiotes entre treize et dix huit ans tombent toutes amoureuses d'hommes qu'elles pensent "méchants". Comme tu ressembles physiquement à un pauvre petit ange, et comme je te l'ai dit ce sont des idiotes, elles tombent toutes dans le piège et se mettent dans la tête de te faire suivre le droit chemin. Elles veulent toutes te changer, et pensent vraiment y arriver. Elles croient que par amour pour elles, tu vas les suivre et renoncer à toutes tes convictions. Aimes-tu Granger?

Drago s'étouffa et dut faire un effort pour ne pas s'étouffer. Il reposa vivement sa tasse. Le détachement et la voix douce comme du miel empoisonné de Severus quand il avait prononcé cette dernière phrase étaient particulièrement singuliers.

- Vous savez que je n'aime personne, professeur.

Severus eut un imperceptible véritable sourire que Drago ne vit pas.

- Tu n'as pas vraiment répondu à la question, tu sais...

Soudain, la porte s'ouvrit.

°°°°°°

Après avoir renvoyée Kyria chez elle, l'envie d'Hermione d'aller dormir dans son lit bien au chaud dans son appartement s'était totalement dissipée. Elle était allée en salle de repos prendre ses affaires pour s'en aller, et avait faillit franchir les portes de la clinique quand quelque chose l'arrêta.

Un peu comme une corde rêche et noueuse qui la retenait irrésistiblement ici.

Depuis sa rapide conversation avec la présumée petite copine de Malefoy, elle n'arrivait pas à penser à autre chose. Les mots petite copine et Malefoy dans la même phrase paraissaient irrémédiablement incompatibles. Comment ce salaud avait réussi à se trouver une personne avec qui partager son quotidien - voir même, sa vie, qui savait?

Cette idée la rendait furieuse. Après tout, cela n'aurait pas dû tant la surprendre. Drago avait toujours aimé les très belles femmes aux longs cheveux chatoyants et c'était précisément le cas de cette traînée. Mais... Tout de même!

Et puis, quelque part au fond d'elle, l'orgueil, cette fierté, cet amour propre qui persistait au fond de son âme et qui s'était fait écorché par cette révélation. Elle se rappelait bien de l'époque de Poudlard; où elle s'était faite lamentablement repoussée par Malefoy. Y repenser la fit bouillir de l'intérieur. C'était un souvenir qu'elle avait réussi à oublier mais qui en même tant que l'ancien Serpentard avait réussi à revenir et à s'imposer.

Elle voulait des réponses à ses questions. C'était le moment où jamais. Demain, il serait mort, et ce serait définitivement trop tard... Alors... Une idée germa dans sa tête.

Elle monta rapidement les escaliers et arriva en courant à la chambre 483. Elle attendit quelques secondes, la main sur la poignée. La tourner pourrait tout changer. Peut-être même était-il déjà mort? Un sourire se peint sur son visage et toute hésitation disparue, elle ouvrit la porte.

Drago était sur son lit, les yeux presque clos. L'air fou et perdu. Mais surtout, malheureusement, vivant. Il sembla se réveiller d'un songe quand il entendit la porte se fermer et tourna faiblement la tête vers elle. Elle constata que toute trace d'arrogance avait disparue de son visage trop angélique pour ne pas appartenir à un démon.

- Granger... T'es là... On est déjà le matin? Je suis déjà mort? demanda-t-il avec un espèce de rire forcé mais qui avait plutôt l'air accusateur.

Elle s'avança vers lui et le regarda avec une telle intensité que ses yeux se troublèrent. Elle les ferma et déclara d'une voix où elle essaya au mieux de contenir toute la haine qu'elle éprouvait envers cet assassin:

- Non. Tu n'es pas mort.

- Je me disais aussi. Si je l'étais, ton sourire serait bien plus éclatant, pas vrai? Si j'étais enfin parti, tu serais vraiment heureuse. T'es qu'une peste, tu le sais, Granger?

- Demande-toi pourquoi j'en suis une, si tu ne le sais pas déjà, cracha-t-elle. Et dommage que tu m'insultes, j'allais justement te sauver.

- Tu mens si mal, Granger, susurra-t-il tandis qu'elle fut plus proche que jamais.

- Non, je mens bien, tu as juste un don pour déceler la vérité. Je te félicite. A force de mentir, il est vrai que tu dois avoir pris l'habitude. Tu n'es qu'un fils de pute...

Au moment même où elle dit ces mots, elle comprit qu'elle avait fait une erreur car un faible sourire vint sur les lèvres du jeune homme. Oh, non, il n'avait quand même pas...

- Tu as tort, je ne décèle pas toute la vérité. Je n'ai pas réussi à voir que tu m'aimais à Poudlard avant que tu te déclares... Comme c'était touchant...

- Tu ne me demandes pas pourquoi je viens te voir? répliqua-t-elle en faisant claquer sa langue, sachant parfaitement bien que ce geste allait l'énerver profondément, bien plus que toutes les insultes au monde.

- Mais vas-y, je vais crever, je n'ai que ça à foutre que de t'entendre dire des conneries! se fâcha-t-il effectivement.

Elle s'assit à ses côtés sans la moindre peur. Elle savait qu'il ne cherchait qu'à la faire sortir de ses gonds, mais elle ne le ferait pas. Enfin, pas encore.

- Je vais te proposer un marché, connard. Je te laisse une chance de vivre. Une seule. Si tu n'acceptes pas, alors...

Il la scruta étrangement, sans hargne, cherchant à voir si elle se fichait de lui. Quand il fut absolument sûr qu'elle était sérieuse, il articula:

- Et quel intérêt aurais-tu à ce marché? Ça n'a pas de sens... On sait tous les deux que tu ne souhaites rien aussi fort que de me voir crever.

- J'ai des intentions bien précises, mais tu verras bien. Acceptes-tu? Je vais te poser quelques questions très importantes. Si tu refuses de répondre à l'une d'entre elle, ou que tu me mens sur les informations que je désire, je te tuerais. Tu n'as pas le droit à l'erreur.

- Je n'ai pas le choix, cracha-t-il. Tu parles d'un marché, c'est typique de toi, sang de bourbe. J'accepte...

Elle eut un sourire satisfait, se leva, s'épousseta, et pencha le visage vers lui. Ses cheveux bruns balayèrent son épaule dans une caresse empoisonnée et il sentit à nouveau l'odeur de café enivrante éveiller ses sens. Fatalité.

- La nuit va être longue, soupira-t-il avec une pointe d'ironie.

Il fut surpris de voir le visage de Granger s'animer dans une surprise feinte.

Elle sortit sa baguette et la pointa sur son cou. Ses traits devinrent prédateurs, presque cruels, et pour la première fois de sa vie, elle lui fit peur. Son sourire restait triomphant, vainqueur, à la limite de la fierté. Mais contrairement à la dernière fois, son sourire n'était plus brisé. Il était parfaitement intact, et même plus éclatant que jamais. Elle eut soudainement un rire. Lumineux, fort, presque dérangeant. Dénué de joie, de compassion. Mais débordant d'indifférence.

- Longue? Peut-être pas...

How can you be so strong? And if you only knew I doubt that you'd be dying. Here I'm a selfish fool to think that you'd be lying here with me, and no one else... Now your death is coming, and you deserve it.

Damn me for loving you, it burns a million fireflies


Voilàààà j'espère que je n'ai déçu personne :(. En tout cas, moi, je l'aime bien ce chapitre.

Que veux Hermione? Quelles questions va-t-elle poser à Drago et surtout, dans quel but? Pourquoi ce revirement de situation? Vous le saurez dans le prochain chapitre :D

J'ai eu de nombreuses reviews me demandant si chambre 483 avait un rapport avec Tokio Hotel... AHAHHHHHH :D j'étais sûre que personne ne verrait ma référence à ce groupe, et bien, je ne suis pas déçue. En effet, pour ceux qui ne savent pas, le deuxième album du groupe s'appelle Zimmer 483 ce qui veut dire en Français Chambre 483. Bravo à ceux qui ont vu cette référence! Une autre référence (mais pas musicale cette fois) se trouve dans ce chapitre, je ne suis pas sûre que vous la verrez et ce serait normal, mais on sait jamais je peux me tromper :p

En parlant de reviews, je voudrais dire que je suis extrêmement contente d'en avoir eu autant pour tout vous dire et cela m'a fait énormément plaisir! Je n'en attendais pas autant pour une fanfiction qui bouscule un peu les stéréotypes au niveau du couple Her/Drag. Je ne peux que remercier les revieweurs à qui je répondrais ce soir ou demain :) les anonymes qui veulent une réponse, n'oubliez pas de mettre votre adresse e-mail!

Encore une petite review pour dire ce qui vous a plu ou pas? éè °chibi eyes°

Bisous et bonne semaine!

NalaH.