Bonjour ! Alors, pas trop impatient(e)s ?
Merci aux revieweuses : lillyjade, Miss Lisa Black (ah ! pour une fois, ce n'est pas toi la première, question de secondes ! lol), lily forever, Eleonore-dem et Amand1.
Voilà enfin le chapitre tant attendu, après celui de la réconciliation, j'entends bien sûr l'accouchement !
Bonne lecture !
Chapitre XVI
"Ah… Très intéressant… Céline, vous allez respirez profondément.
- Quoi ? Pourquoi ?
- Respirez je vous dis. Cinq… Quatre… Trois… Deux… Un…
- Oh la vache ! S'exclama soudain la jeune femme en serrant la main de Remus.
- Félicitations, vous venez d'avoir votre première contraction ! S'exclama Charles.
- Quoi ? Mais… Enfin… C'est… Qu'est-ce ça veut dire ? Balbutia-t-elle.
- Qu'est-ce ça veut dire ? Répéta le médecin avec un ton bon enfant. Mais voyons, le travail commence bien sûr !"
"QUOI ! S'exclama Céline. Mais enfin ! Ce n'est pas possible ! Ce n'était prévu que pour dans deux semaines !
- Oui, oui, bien sûr, c'était prévu ! Mais vous en êtes à 38 semaines, c'est suffisant. J'ai vu des mamans accoucher à la 33ème semaine, comme d'autres à plus de 42 ! C'est bébé qui décide ! Et au moins, vous n'êtes restée couchée que deux semaines…
- Mais je… Enfin…
- Céline, vous allez vous calmer, dit doucement Charles. Ce n'est parce que vous avez perdu les eaux que vous allez accouchez d'une minute à l'autre. Rappelez-moi les étapes ?
- Heu… Dilatation du col. Expulsion. Délivrance.
- Parfait. La première étape est la plus longue et peut prendre jusqu'à…? Remus ?
- Douze heures en moyenne, mais peut aller jusqu'à vingt heures pour atteindre les 10 centimètres, répondit-il.
- Exactement. Ensuite vint l'expulsion, qui dure…?
- Une demi-heure en moyenne, dit Céline.
- Et la délivrance se situe…
- Après l'accouchement, dit Remus.
- Et intervient un quart d'heure plus tard, termina Céline.
- Bravo ! Vous avez été tous les deux très attentifs à ce que je vous ai dit au cours de mes visites, ça me va droit au cœur ! Plaisanta Charles. Alors aucune raison de paniquer. Je vais rester dans l'école, Mme Pomfresh sera à l'infirmerie… Tout va bien !
- Pourquoi vous ne restez pas avec nous ? Demanda Céline.
- Parce que pendant les premières heures de la dilatation, je trouve inutile de vous imposer ma présence. C'est important que vous les passiez tous les deux, seuls. Vous me remercierez plus tard. Et à la moindre accélération de travail, j'accoure ici !
- Et tout va bien ? La dilatation en est à combien ? Demanda Remus.
- Sachant que Céline était dilatée avant, elle n'en est pour l'instant qu'à 3 centimètres. C'est déjà pas mal de temps de gagner ! Vous vous rappelez les positions et respirations à prendre pour soulager les contractions et les douleurs au dos ?
- Oui, répondit-elle.
- Très bien ! Restez calme, marchez si vous le voulez. Remus, ne paniquez pas, je compte sur vous ! Allez, il est neuf heures quarante-cinq, je reviendrai d'ici une heure. A tout à l'heure !"
Charles tira les rideaux autour du lit et fit signe à Mme Pomfresh de venir le voir :
"Il est bien entendu que je veux le moins de monde possible, sauf vraiment si un élève ne se sent pas bien. Et il serait bien de prévenir les proches qu'elle connaît ici, ça lui sera utile de voir du monde avant que le travail ne soit trop épuisant.
- Je vais aller voir les élèves, dit Albus.
- Mais vous aviez dit qu'ils doivent être seuls ? Fit Mme Pomfresh.
- Je n'ai pas dit que les visites doivent durer des heures, Pompom, répliqua gentiment Charles. Juste pour lui faire penser à autre chose !
Dumbledore et Charles allèrent prendre un petit-déjeuner dans la Grande Salle.
"Bonjour Minerva, dirent-ils au professeur, déjà attablée.
- Oh bonjour Albus. Charles ! Mais qu'est-ce vous faîtes ici ? Céline ne va pas bien ?
- Oh si ! Parfaitement bien je dirais ! Disons que le travail a commencé !"
McGonagall lâcha sa fourchette qui tomba dans son assiette.
"Et vous n'êtes pas avec elle ?
- Non, voyons ! La naissance aura lieu cet après-midi, dans le meilleur des cas, ou dans la nuit si le bébé se laisse désirer ! En attendant, inutile que je les encombre à rester avec eux. Les premières heures ne seront pas les plus difficiles !"
A la fin du petit déjeuner, Dumbledore se leva et se dirigea vers la table des Gryffondor. Harry, Ron, Ginny et les jumeaux le regardèrent venir vers eux avec un air étonné.
"Bonjour ! Leur lança-t-il. Miss Granger n'est pas avec vous ?
- Non, elle est déjà remontée dans la salle commune pour réviser, répondit Ron.
- Ah, donc, je compte sur vous pour lui apprendre la nouvelle. Mais je ne veux pas de hurlements, ni de cris surexcités…
- Qu'est-ce qu'il y a ? Les examens sont annulés ? Demanda Fred avec un air ravi.
- J'ai bien peur que ce ne soit pas cela, Mr Weasley, fit Dumbledore en souriant. C'est quelque chose de bien plus important que de simples examens. L'accouchement de Céline a commencé.
- QUOI ! S'exclamèrent-ils en même temps.
- J'avais bien précisé « pas de cris surexcités… »…
- Pardon, professeur ! Répondit Ginny. Mais… Enfin… Elle est en train d'accoucher, maintenant ?
- Non, le travail prend plusieurs heures en général. Mais il a commencé. Donc, si vous voulez aller lui rendre une petite visite avant que cela ne devienne trop dur pour elle… Mais toujours dans le calme !"
Les cinq adolescents coururent dans les couloirs pour se rendre dans la salle commune, vide pour l'instant. Ils se précipitèrent sur Hermione, seule avec une montagne de livres.
"Hermione ! S'exclama Harry. On a une super nouvelle !
- Quoi ? Fit-elle les lèvres pincées en levant son regard cerné vers lui. Qu'est-ce qu'il y a de si important pour débouler ici comme un troupeau d'éléphants ?
- Devine ! Fit Ron.
- Je n'en sais rien, Ronald ! Et d'ailleurs, je n'ai pas le temps de jouer aux devinettes !
- On te donne un indice, si tu ne trouves pas avec ça : bébé.
- « bébé » ? Mais qu'est-ce que vous… Oh non ! C'est Céline ! Le bébé ! Elle va accoucher ! S'écria-t-elle soudain en se levant.
- Pas tout de suite, apparemment ça prend du temps, fit Ginny.
- Mais on peut aller la voir si on veut, dit Ron."
Hermione rangea ses affaires en un clin d'œil et ils filèrent vers l'infirmerie.
Ils entrèrent en trombe et se firent stopper par Mme Pomfresh.
"Je me doutais que vous débarqueriez ici comme des brutes ! Je veux du calme, c'est compris ? Et vous venez par groupes de deux !"
Hermione et Ginny furent les premières à passer.
"Comment ça va ? Demandèrent-elles à Céline, sagement couchée sur le lit, Remus à ses côtés.
- Pour l'instant, je peux dire que ça va. Je n'ai eu qu'une contraction depuis que le médecin est parti.
- Ca va prendre du temps ?
- Plusieurs heures sans doute, comme tous les accouchements. Les plus rapides se font en trois-quatre heures…
- J'ai trop hâte ! Fit Ginny d'un air surexcité qui fit rire les futurs parents.
- Nous aussi, tu peux nous croire, répondit Remus. Mais pour l'instant, on est bien obligés d'attendre que la nature fasse son travail !"
Vers 10h45, comme promis, Charles revint à l'infirmerie.
"Tout va bien ?
- Impeccable. Quasiment pas de contractions, deux en une heure !
- Vous allez voir dans deux ou trois heures… Prévint-il avec un clin d'œil. Alors, voyons cette dilatation, dit-il en posant ses mains sur son ventre. Mmmh… Vous avez gagnés un centimètre. Le bébé va bien… La position est bonne… Tout est normal ! N'hésitez pas à marcher, ça vous aidera et ça fera passer le temps ! Je vous dis à dans une heure !
- Bon, et bien je vais marcher, dit-elle en se levant, une fois Charles partit. Pas trop anxieux ?
- Non, non…
- Menteur ! Ricana-t-elle.
- Ne te moque pas, c'est normal !
- Je plaisante, mon chéri. Je plaisante."
Elle fit quelques pas et Remus la regarda avec tendresse.
"A quoi pensez-vous, monsieur Lupin ? Demanda-t-elle avec un sourire.
- Je me dis que tu es belle.
- Tu vas me faire rougir… Dit-elle en venant vers lui."
Il enroula ses bras autour de la taille de la jeune femme et posa sa tête contre son ventre.
"Je vais être papa. Papa, souffla-t-il.
- Un excellent papa qui plus est. J'en suis sûre.
- Je ne vais pas savoir par où commencer…
- Commence déjà par te laisser faire quand je planterai mes ongles dans ta main d'ici quelques heures, et ça sera un excellent début !"
Deux heures passèrent. Les contractions s'étaient rapprochées, intensifiées, pour revenir toutes les 15 minutes, et la dilatation en était à six centimètres. A chaque contraction, la jeune femme se mettait face au lit et se penchait en avant en respirant profondément, alors que Remus lui massait le bas du dos.
C'est ainsi que Molly et Arthur la trouvèrent, les mains posées sur la barre du lit.
"Contractions ? Fit Molly en s'approchant.
- Oui ! Répondit-elle en se redressant doucement. Vous êtes venus !
- Bien sûr ! Fit Molly en l'étreignant, pendant que Remus saluait Arthur. Comment tu te sens ?
- En dehors des contractions, je peux dire que ça va. Je marche, je prends les positions qui soulagent, j'essaye de me décontracter, Remus me masse le dos…
- Le docteur Donovan n'est pas là ?
- Non, il vient toutes les heures pour voir où en est le travail.
- Et tu en es où pour l'instant ?
- Contractions tous les quarts d'heures, dilatation à 6. Charles est content, je prends un centimètre toutes les heures. Si ça continue, le bébé sera là dans quatre heures…"
Vers quatre heures moins le quart, les visites furent interrompues. Après six heures de travail, Charles revint à l'infirmerie. Céline, agenouillé sur le lit, le haut du corps couché, souffla bruyamment sous l'effet d'une contraction.
"Respirer bien, dit-il en posant sa main sur son épaule.
- J'en peux plus… Dit-elle en se redressant lentement. Ca revient toutes les dix minutes maintenant.
- D'accord. Je vais d'abord voir où en est la dilatation…"
Deux minutes plus tard, il sourit.
"Et bé, deux heures pour avoir un centimètre ! On a atteint le huitième. Les deux derniers devraient arriver plus rapidement.
- Plus douloureusement aussi, se lamenta-t-elle en passant la main sur son front.
- Ah ça, vous n'y échapperez pas, sourit-il. Pour vous soulager, je peux vous proposer une potion. Ca atténuera la douleur.
- Oh oui ! S'exclama-t-elle.
- Très bien, dit-il en ouvrant sa valise. Vous allez me boire ceci. Je tiens à vous prévenir que le goût est particulièrement infect.
- Ah… Bon, ce n'est pas grave. Si ça peut soulager, dit-elle en prenant le flacon et en le portant à sa bouche."
Elle grimaça et avala le liquide.
"C'est horrible ! Dit-elle en tirant la langue.
- Peut-être, mais ça marche. Je ne dis pas que vous ne sentirez plus rien, bien au contraire, mais au moins, vous n'allez pas hurler à la mort et ça vous redonnera des forces."
Dans la salle commune des Gryffondor, le trio travaillait, comme Ginny ou les jumeaux. Enfin « travaillait »… Harry et Ron gribouillaient d'un air absent sur un bout de parchemin. Hermione relisait la même phrase depuis cinq bonnes minutes. Ginny suçait sa plume en sucre en regardant le plafond. Fred et George regardaient dans le vide en se mordillant nerveusement les lèvres.
"J'en peux plus ! S'exclama soudain George en les faisant sursauter.
- De quoi ?
- J'en peux plus de rester là à attendre bêtement ! Et pas la peine de travailler, je n'y arrive pas !
- Moi non plus, souffla Harry.
- Pareil pour moi, fit Ron.
- Idem, continua Fred.
- Pareil, dit Ginny en ôtant enfin la sucrerie de sa bouche.
- Je n'arrive à rien non plus ! Termina Hermione d'un air agacé. Je n'arrête pas de penser à Céline et au professeur Lupin… Et je crois que je ne suis pas la seule."
Les autres acquiescèrent.
"On pourrait aller à l'infirmerie ?
- On n'a plus le droit d'y aller, Ron, rappela Harry.
- Mais… On peut quand même rester devant l'infirmerie. On prend des bouquins, et on attend ! Proposa Ginny.
- Bonne idée ! Fit George. Allez, on y va !"
Le petit groupe arriva et trouva Arthur Weasley devant la porte.
"Qu'est-ce que vous faîtes ici ? Fit-il d'un air étonné.
- Oh et bien, on n'arrive pas à travailler, on s'inquiète un peu… Dit Hermione. Alors on a décidé de venir essayer de travailler devant l'infirmerie.
- Où est maman ? Demanda George.
- A l'intérieur, répondit Arthur."
A ce moment, la porte s'ouvrit et Molly sortit.
"Comment ça se passe ? Demanda Harry.
- Céline va bien ? Fit George.
- Le professeur Lupin n'est pas trop nerveux ? Demanda Fred.
- Il reste encore longtemps à attendre ? Continua Ginny.
- On se calme ! S'exclama Molly en levant les mains en signe de silence. Le docteur est là. Ca ne devrait plus être très long maintenant. Céline va bien. Fatiguée, mais elle va bien. Et Remus -enfin, le professeur Lupin-, on peut dire que ça peut aller. Il se montre assez calme, même si au fond, je sens bien qu'il n'en mène pas large… Il faut attendre."
Dans l'infirmerie, Céline commençait à être vraiment épuisée. Après sept heures de travail, le col était dilaté à neuf centimètres, et les contractions revenaient toutes les cinq minutes. Couchée sur le côté, elle tenait fermement la main de Remus.
"Je suis fier de toi, dit-il doucement. Tu t'en tires très bien.
- Il reste combien de temps ?
- Une minute, dit-il en regardant sa montre. Tu devrais arrêter de te focaliser dessus. Ca ne sert à rien, à part te tendre un peu plus.
- Je sais… Mais j'y arrive pas…
- Alors pense au bébé, une fois qu'il sera là. A ton avis, il aura tes yeux ou pas ?
- J'aimerais qu'il ait les tiens, dit-elle en souriant.
- Ah oui ?
- Puisque je te le dis…
- Attention, prévint-il. Inspire profondément. Vas-y… Souffle !"
La jeune femme s'exécuta en gémissant sous le coup de la contraction.
"Là… Souffle… Dit-il en lui massant le ventre. C'est bien…
- Pitié, faîtes que ça s'arrête au plus vite, murmura-t-elle.
- Céline, regarde-moi. Tout va bien. On se calme, d'accord ?
- C'est toi qui dis ça ? Se moqua-t-elle doucement. Je sens que tu es aussi tendu que moi…
- Bon… Peut-être, avoua-t-il en un sourire résigné. Alors on va faire une chose : on va se détendre tous les deux. On inspire… On expire… On inspire… On expire…"
Soudain, Céline poussa un cri.
"Une contraction ? Déjà ? Fit Remus. Charles !
- Oui ? Dit celui-ci.
- Ca ne fait que deux minutes que la dernière contraction a eu lieu !
- Oh oh ! Dit Charles en se frottant les mains.
- Je ne vois pas ce qu'il y a de si enthousiasmant… Souffla Céline.
- Montrez-moi votre ventre, s'il vous plaît, dit-il en plaçant ses mains dessus. Ah ! Enfin ! La dilatation est à dix ! S'exclama-t-il. Et le rythme cardiaque du bébé est parfait ! Attention… Vous allez avoir une autre contraction… On respire profondément, et… On souffle !"
Céline serra fortement la main de Remus en fermant les yeux.
"Alors, il est 17h45, et les contractions reviennent toutes les deux minutes maintenant ! Parfait ! C'est parti pour une demi-heure de poussée ! Dit Charles avec un grand sourire ravi."
Il prit sa valise et enfila des gants.
"Pompom, dit-il en se tournant vers l'infirmière, il va falloir me faire chauffer de l'eau dans une bassine, et vous mettrez cette potion dedans ! Céline, quelle position préférez-vous ?
- Je m'en contre-fiche ! Dit-elle en grimaçant.
- Pas moi ! Rétorqua-t-il. Vous voulez être accroupie ?
- Peut importe !
- Bon… Vous allez vous mettre à genoux, mais rester sur le lit. Remus, mettez-vous derrière elle pour la maintenir droite, et elle pourra en même temps s'agripper à vous. La position verticale va aider le bébé à descendre. Mais avant, si vous tenez un minimum à votre pantalon, mettez cette blouse…"
Remus s'exécuta, puis vint se placer derrière Céline en l'enlaçant.
"Ca va aller, lui souffla-t-il à l'oreille.
- Mmmh… Murmura-t-elle en hochant la tête.
- Très bien ! Fit Charles en venant face à eux et en posant les mains sur le ventre de Céline. Première phase de l'expulsion, le passage de bassin. Quand je vous le dirais, vous allez inspirez, bloquez votre respiration et poussez jusqu'à la fin de la contraction.
- D'accord, dit-elle.
- Et n'hésitez pas à insulter Remus si ça peut vous soulager…
- Pourquoi je ferais ça ?
- Certaines femmes, sous le coup de la douleur, se mettent à traiter leur compagnon de tous les noms… Expliqua-t-il d'un ton badin."
Le couple ne pu s'empêcher de pouffer de rire.
"Parfait, le rire est un profond anti-douleur, sourit Charles. Ah… Une contraction. Très bien. On respire calmement… Inspirez… Poussez !"
La jeune femme bloqua sa respiration et poussa de toutes ses forces.
"Poussez, allez-y ! Oui ! Allez, on se relâche… Détendez-vous… C'est bien, pour une première poussée, c'était parfait !
- Je le sens passé quand même… Souffla-t-elle.
- Rien de plus normal, ma chère. C'est un bébé que vous allez mettre au monde, pas un noyau de cerise ! … Allez, c'est reparti pour un tour ! On respire… On inspire… Et on pousse !"
Elle poussa encore en s'agrippant à Remus, les ongles plantés dans ses mains.
"Pardon chéri… Haleta-t-elle après la contraction. Ca me fait du bien de faire ça !
- Ne t'inquiètes pas, dit-il. Je me suis badigeonné de crèmes anti-hématomes avant. Alors même si ça fait mal, vas-y !
- On y retourne, lança Charles. On inspire… Poussez !"
Devant l'infirmerie, un silence tendu régnait. Dumbledore, McGonagall et Hagrid étaient venus se rajouter au groupe. Maky et Finy étaient passés, avant de repartir aux cuisines préparer le repas de ce soir.
"Hermione, tu veux bien arrêter de faire les cent pas devant la porte ? Dit Ron. Tu vas finir par creuser une tranchée.
- Ca me soulage de marcher ! Rétorqua-t-elle. Je préfère ça à rester assise ! Il est presque six heures… Pourquoi c'est si long ? S'impatienta-t-elle.
- On pourrait aller voir Mme Pomfresh, soumis Ginny.
- Alors que Céline est peut-être en train de pousser ? S'exclama Molly.
- Ce ne devrait plus être très long maintenant, dit calmement Dumbledore. S'il y avait eu le moindre problème, je suis sûre que Pom-Pom serait venu nous avertir !
- Vous croyez qu'on entend quelque chose ? Fit George en se levant et en collant l'oreille à la porte.
- George ! Sois sérieux ! Fit Molly.
- Je le suis, maman… Marmonna-t-il. Mmmh… Je crois que j'entends quelqu'un parler ! Mais je ne comprends rien à ce qu'il dit… Quelqu'un a une bonne oreille ?
- George…! Répéta Molly."
A ce moment, Dumbledore se leva avec un sourire, et vint écouter à la porte à côté de l'adolescent sous les yeux médusés du petit groupe.
"Il paraît que mon ouïe est assez fine, dit-il d'un ton nonchalant. Ah ! Je crois que j'ai entendu un « Poussez ! »."
En l'espace de quelques secondes, Harry, Ron, Hermione, Ginny, Fred et Hagrid s'étaient rués sur la porte, l'oreille collée contre le bois. Molly leva les yeux au ciel. Elle échangea un regard avec Arthur et McGonagall… avant de venir eux aussi se coller contre la porte.
"Oui ! C'est bien ! On attaque la sortie de la tête maintenant !
- Seulement… Souffla Céline, le front trempé de sueur.
- Ca va aller, ma chérie, fit Remus à son oreille. Tu te débrouilles très bien.
- Tu n'es pas trop fatigué de me tenir droite ?
- Ne t'occupe pas de moi…
- Si justement !
- Ca va, dit-il en lui déposant un baiser sur l'épaule.
- Poussez à trois, dit Charles. Un… Deux… Trois !"
La jeune femme poussa encore une fois, le visage crispé par la douleur et la concentration.
"Stop ! On arrête de pousser, et on se détend. C'est bien Céline, vous nous faîtes du très bon boulot.
- J'en peux plus… Souffla-t-elle d'une voix épuisée.
- Encore un effort, d'ici dix minutes, tout sera terminé, lui dit Charles. Et on y retourne ! Un… Deux… Trois… Poussez ! Poussez encore ! Encore ! Encore ! On arrête !
- Bravo ma chérie, fit Remus avec tendresse. Respire calmement…
- La tête est là, révéla Charles.
- C'est vrai ? Fit Céline avec un sourire crispé. Oh… gémit-elle en se contractant soudain.
- Non ! Non ! Ne poussez pas pour l'instant !
- Mais j'ai envie de pousser ! Rétorqua-t-elle.
- C'est normal, votre périnée est distendu au maximum pendant le passage de la tête, je vous l'ai déjà dit. Ne poussez que lorsque je vous le dis ! Allez, un… Deux… Trois… Poussez, poussez, poussez !"
"Il n'arrête pas de dire « Poussez ! », marmonna Hermione, l'oreille contre la porte. Ca fait cinq minutes qu'il répète ça…"
Ils s'étaient mis d'accord et avaient décidé d'écouter à tour de rôle. Au fil des minutes, la tension se faisait de plus en plus pesante.
"Il ne doit plus rester très longtemps à attendre, fit Molly en consultant sa montre.
- Ca fait plus d'une heure que tu dis ça, souligna Fred.
- Il est quelle heure ? Demanda Hagrid.
- Dix-huit heures dix, répondit Molly."
Hermione revint s'asseoir à son tour.
"Ca sert à rien… A part entendre le gynécomage, il n'y a pas grand-chose de nouveau… Fit-elle en soupirant d'énervement."
A l'infirmerie, Céline peinait à reprendre une respiration normale entre les contractions qui revenaient toutes les minutes. Haletante, les cheveux collés sur son front et sur sa nuque, elle se cramponnait désespéramment aux bras de Remus qui l'encourageait à chaque seconde. Mme Pomfresh était légèrement en retrait, prête à intervenir si Charles avait besoin d'aide.
"Dîtes-moi que c'est finit… Souffla Céline avec difficulté.
- La tête est presque passée, dit Charles. Encore cinq poussées grand maximum ! Allez, on y va. Un… Deux… Trois… On pousse !"
Elle serra les dents et poussa sous les encouragements de Remus :
"Vas-y… Pousse encore, c'est bien ma chérie !
- La tête est sortie ! Bravo, c'est presque finit ! Il suffit juste de sortir les épaules maintenant ! Allez, on pousse encore ! Allez-y ! Poussez !"
Une fois la contraction passée, Céline bascula sa tête contre l'épaule de Remus.
"Je peux plus… Je peux plus… Répéta-t-elle d'une voix épuisée.
- Une dernière poussée, Céline, dit Charles. La dernière !
- Non… Pitié…
- Céline, regardez-moi ! Vous avez fait le plus gros, vous vous êtes comporté comme un chef ! Puisez au fond de vous-mêmes le peu de forces qu'il vous reste, parce qu'il vous en reste !
- Chérie, je sais que tu peux le faire, souffla doucement Remus. Je suis avec toi, aie confiance. C'est la dernière.
- Tu m'aimes ? Demanda-t-elle d'une voix faible.
- Bien sûr que je t'aime, dit-il en l'embrassant sur le front.
- Allez, Céline, on y va, encouragea une dernière fois Charles d'un ton paternel. Vous allez poussez de toutes vos forces, vous pouvez le faire. Crier si ça peut vous aider. Allez… Un… Deux… Trois… Poussez ! Poussez fort !"
La jeune femme poussa, poussa, poussa… Soudain, un cri de nourrisson se fit entendre.
"OUI ! Il est sorti ! Bravo Céline ! S'écria Charles en tenant le bébé dans ses bras."
Le couple poussa à l'unisson un soupir de soulagement.
"Remus, vous voulez couper le cordon ?
- Hein ? Heu… Oui !
- Très bien, reposez doucement la jeune maman, dit Charles."
Remus s'exécuta et vint couper le cordon en tremblant.
"Chéri… Souffla Céline en regardant son bébé."
Remus tourna la tête vers elle, et comprit ce qu'elle voulait.
"C'est une fille, lui dit-il. Une adorable petite fille !
- Où vous l'emmenez ? Dit-elle d'une voix inquiète.
- Je vais juste la laver un peu, je vous la rends dans une minute, c'est promis, répondit Charles en se dirigeant vers la bassine que Mme Pomfresh avait préparée. Remus, restez avec elle, ajouta-t-il avec un coup d'œil vers la jeune femme."
Lupin vint se placer à côté d'elle, un large sourire sur le visage.
"Comment tu te sens ?
- Vidée… Dans tous les sens du termes, fit-elle en esquissant un sourire.
- Et voilà la petite merveille ! Chantonna Charles en venant vers eux. Tenez, je crois qu'elle a hâte de faire connaissance avec sa mère, fit-il en lui déposant le bébé dans les bras, enveloppé dans une petite couverture.
- Oh… Mon cœur… Souffla Céline, les yeux débordant de larmes en posant les yeux sur son enfant.
- Mettez-la au sein dès maintenant, ça vous habituera toutes les deux. Le lait va arriver dans deux ou trois jours, pour l'instant vous n'avez qu'un liquide, le colostrum, qui est très utile au bébé."
Céline amena doucement la pointe de son sein à la bouche de sa fille.
"Ca va comme ça ?
- Oui, c'est très bien, répondit Charles. Regardez, elle commence déjà à téter !
- Elle est belle… Belle…"
La jeune femme leva un regard de pluie vers Remus, qui fixait le spectacle sans rien dire. Soudain, il se leva et se dirigea vers le fond de l'infirmerie, le visage dans ses mains, le dos secoué de sanglots.
"Remus…? Murmura Céline d'une voix inquiète.
- Réaction normale ! Fit Charles avec un clin d'œil. C'est le contrecoup ! C'est dur de se faire à l'idée -surtout pour un loup-garou je suppose- que ça y est, il est vraiment papa ! Il va pleurer comme une fillette pendant au moins une vingtaine de minutes !"
Deux minutes à peine plus tard, Lupin revint vers le lit et enlaça Céline et sa fille en pleurant. La jeune femme, à son tour, ne put retenir ses larmes de joie.
"Je t'aime, souffla-t-il à son oreille. Je vous aime toutes les deux. Regarde-la… Elle est magnifique…
- Et comment s'appelle cette petite ? Demanda Mme Pomfresh avec un sourire attendri."
Remus et Céline échangèrent un regard, et la jeune femme répondit :
"Erin. Elle s'appelle Erin.
- Très bien, je note, fit Charles en prenant un petit carnet : Erin Lupin, née le 28 mai 1994 à 18h15."
Devant l'infirmerie, la tension était à son comble.
"Je vous dis que j'ai entendu le bébé crier ! Fit Ginny en trépignant.
- Moi j'ai rien entendu, maugréa Ron.
- Arrêtez de vous disputer ! Gronda Molly, qui paraissait au bord de la crise de nerfs."
Soudain, ils se figèrent. La porte de l'infirmerie venait de s'ouvrir, laissant sortir un Remus toujours en pleurs, le visage pourtant souriant. Ils le regardèrent tous, le regard débordant d'une question muette.
"C'est une fille ! Elles vont bien toutes les deux ! Révéla enfin Remus."
Une véritable avalanche de cris de joie éclata à ses oreilles, qui se mirent à bourdonner. Dans un flou total, il vit plusieurs formes se jeter sur lui, avec des « Félicitations professeur ! », « Bravo ! », « Te voilà papa ! ».
"Vous pourrez venir les voir d'ici deux ou trois heures, dit-il entre deux bises de félicitations.
- Comment s'appelle le bébé, professeur ? Demanda Hermione.
- Erin, répondit-il. Bon, je… je vous laisse, à tout à l'heure !"
Remus revint vers Céline et s'assit près d'elle.
"Ils ont hurlé, dit-il en s'essuyant les yeux.
- Je les ai entendu, dit-elle en souriant. Tu as vu, elle tète toujours…
- Oui, nota-t-il avec un sourire béat. Ca va mieux toi ?
- Fatiguée, mais ça va. Comment ne pas bien aller d'ailleurs avec un trésor pareil ? Et toi, ça va ?
- Heu… Oui, je crois… Souffla-t-il. Ca fait bizarre… Pas toi ?
- Si…! Mais ça y est, tu es papa…
- Et toi maman… Dit-il en lui déposant un baiser sur le front."
Durant les deux premières heures qui suivirent, Charles vérifia que tout allait bien, autant pour Céline que pour Erin. La jeune femme se releva lentement avec l'aide de Mme Pomfresh et de Remus pour aller prendre une douche, et se recoucha ensuite dans un lit propre. Charles lui remit Erin, propre et habillée d'un petit pyjama, qui recommença à téter sur l'autre sein.
Pendant le dîner, le trio, Ginny et les jumeaux ne touchèrent presque pas aux plats, tant ils étaient surexcités. Au cours du repas, Dumbledore se leva et demanda le silence :
"Mes chers élèves, chers professeurs, je tiens à vous informer d'une grande nouvelle. Nouvelle, qui, je crois, est sans précédent dans l'histoire de notre école. Je suis heureux de vous annoncer que votre professeur de Défenses Contre les Forces du Mal est, depuis une heure environ, papa !"
Des exclamations ravies explosèrent dans la Grande Salle.
"En effet, reprit-il après quelques secondes, mademoiselle Garand a donné naissance en fin d'après-midi à une petite fille. La mère et l'enfant se portent bien ! Pour plus d'informations, je crois que vos camarades de Gryffondor seront ravis de répondre à vos questions ! Termina-t-il en désignant les six adolescents."
Des applaudissements fusèrent, et plusieurs vagues d'élèves se ruèrent vers la table des Lions.
Enfin, vers neuf heures, le petit groupe se présenta à l'infirmerie. Céline était couchée, Erin dormant paisiblement dans ses bras, Remus les regardant avec tendresse.
"Oh ! Ma chérie ! Fit Molly en embrassant Céline, les yeux embués. Comment vas-tu ?
- Très bien, merci.
- Elle est magnifique, dit-elle en joignant ses mains devant le bébé. Combien pèse-t-elle ?
- 3kg120 pour 50 centimètres, répondit Charles."
Ils se regroupèrent autour du lit et s'extasièrent sur la petite.
"Tu veux la prendre, Molly ?
- Oh… Heu… Bien sûr !"
Doucement, Céline lui déposa le bébé dans ses bras.
"Elle est vraiment belle. Vous avez fait du bon boulot tous les deux, félicita Arthur.
- Oh regarde ! Elle a plein de petits cheveux bruns, fit Ginny avec les yeux brillants."
Tour à tour, ils embrassèrent la jeune maman en la félicitant. Hermione et Ginny insistèrent pour prendre Erin dans leurs bras. Enfin, Hermione remit le bébé dans les bras de son amie :
"Je crois que c'est sa meilleure place pour l'instant, dit-elle en souriant. Et j'ai pris l'appareil photo ! Vous les mettrez dans l'album comme ça !"
Docilement, le groupe se prêta à une séance de pose.
Soudain, le bébé commença à s'agiter :
"Ah, fit Charles en regardant sa montre. Je crois qu'elle a faim !
- On va vous laisser, dit Dumbledore avec un sourire paternel. Je crois que vous avez besoin de restez au calme et de vous reposez tous les deux !"
Le groupe acquiesça et quitta l'infirmerie. Charles se tourna vers Remus et Céline :
"Je rentre chez moi, mais je reviendrais demain, ne vous inquiétez pas. Si jamais il y avait un problème pendant la nuit, mais je ne pense pas que ce soit le cas, Pompom se fera une joie de vous aider ! Dormez bien. Les premières nuits seront tranquilles, mais ça ne durera sûrement pas ! Dit-il en riant.
- Merci, Charles, lui dit Céline. Vous avez été super… Je ne vous remercierai jamais assez !
- C'est vous qui avez été super, répondit-il avec un clin d'œil. Tous les deux ! Remus, soignez vos mains… Je vous ai préparé un petit berceau, mais vous pouvez la garder avec vous.
- Je ne risque pas de l'écraser en dormant ?
- Absolument pas, rassurez-vous ! Une maman n'écrase jamais son enfant en dormant, c'est instinctif ! Allez, je vous souhaite une bonne nuit. A demain !
- A demain, dirent-ils."
Charles salua Mme Pomfresh en lui plantant deux grosses bises sur les joues, et quitta à son tour l'infirmerie.
"Tu vas dormir ici cette nuit ? Demanda Céline.
- Oui, je ne veux pas vous laisser toutes les deux, répondit Remus en l'embrassant doucement. Tu ferais bien de dormir, il faut que tu reprennes des forces après tout ça.
- Ne t'inquiète pas, dit-elle en baillant, la tétée endort naturellement la mère. Si tu pouvais m'aider à m'allonger…
- Ca n'a pas l'air de trop la déranger, nota-t-il en regardant Erin.
- Non, et elle a raison, nota la jeune femme. C'est aussi confortable que d'allaiter assise !"
Il sourit et s'agenouilla pour être à sa hauteur.
"Elle te ressemble, dit-il. Les mêmes cheveux bruns, la même bouche… Mais je crois, pour le peu qu'elle les a ouvert, que ses yeux sont bleus.
- Tous les nouveaux-nés ont les yeux bleus, dit-elle. La couleur va changer et sera définitive vers le deuxième mois."
Pendant plusieurs minutes, ils regardèrent la petite avec un air béat.
"Je suis papa… Souffla-t-il.
- En effet, monsieur Lupin, dit-elle en souriant.
- Tout ça c'est grâce à toi… Je pourrais te dire « Je t'aime » toutes les secondes, ça ne suffirait pas pour te montrer à quel point tu as tout changé…"
Ils restèrent de longues secondes à se regarder, les yeux brillants. La jeune femme sentit ses paupières se fermer.
"Tu restes là ? Murmura-t-elle.
- Oui, rassure-toi. Je suis là. Je ne vous quitte pas."
Tendrement, alors qu'elle plongeait calmement dans le sommeil, il déposa un baiser sur son front.
"Mais je te le dis quand même. Je t'aime… Je vous aime."
A suivre…
J'espère que tout cela vous a plu ! Pour donner votre avis, les reviews sont là !
Bises à toutes et à tous.
Nyny's.
