Hello !
Voilà le nouveau chapitre, qui n'est pas vraiment très gai, comme je l'avais spécifié à la fin du chap' 18. D'ailleurs, je me suis fait (gentiment) engueulée par la miss lillyjade, à qui j'ai fait part des grandes lignes de ce chapitre : « Quoi ? Ah non ! Tu ne vas pas faire ça ! Je suis triste maintenant ! C'est malin, espèce de sadique ! »
Donc, je m'excuse auparavant auprès de vous, afin que vous évitiez de me trucider une fois le chapitre terminé…
Un grand merci à lillyjade, Amand1, Miss Lisa Black, Eleonore-dem, pour leurs reviews !
Bonne lecture !
Chapitre XIX
Céline ouvrit les paupières, avec l'impression de ne pas avoir dormi. Erin l'avait réveillée deux fois pendant la nuit pour téter, et les épisodes de la veille l'avaient quelque peu chamboulée.
Elle se leva donc, les yeux mi-clos, et se dirigea vers le berceau de sa fille, qui dormait paisiblement. Puis, elle alla dans le salon, où elle trouva Maky et Finy en train de finir de préparer le petit-déjeuner.
"Bonjour, madame ! Salua Maky avec un grand sourire.
- Oh, vous êtes adorables, souffla la jeune femme en regardant la table. Vous avez bien dormi ? La chaise a été assez confortable ? Ajouta-t-elle avec un sourire malicieux.
- Maky et Finy ont très bien dormi, oui ! S'exclama Finy. Nous sommes en pleine forme !
- Ah… Vous avez bien de la chance… Marmonna Céline."
Après avoir déjeuné, la jeune femme alla dans la salle de bain, bien décidée à se passer de l'eau glacée sur le visage pour se réveiller. Puis, une fois habillée, elle allaita Erin.
Elle regarda l'horloge : pratiquement midi. Remus devrait déjà être rentré… Prenant Erin dans ses bras, elle sortit de l'appartement. Le calme du château la surprit. Les couloirs étaient vides. Soudain, elle entendit des pas, et les jumeaux firent leur apparition au détour d'un couloir, se dirigeant vers elle.
"Bonjour, leur dit-elle.
- Salut ! Répondirent-ils. Justement, on te cherchait !
- Ah bon ? Mais dîtes-moi, le château est désert…
- Les élèves sont à Pré-au-lard, expliqua George. Céline, c'est important, Harry, Ron et Hermione sont à l'infirmerie, on est passé les voir…
- Oui, je sais, Dumbledore est venu me voir hier soir pour m'en parler. Et… que vous ont-ils dit ?
- Que Sirius Black avait été capturé, et qu'il avait réussi à s'échapper.
- Ah… Souffla-t-elle."
Bon. Apparemment, Dumbledore souhaitait que le moins de personne possible soit au courant de ce qui s'était vraiment passé… Et Céline le comprenait parfaitement. Alors qu'elle réfléchissait, le visage soucieux des jumeaux la frappa.
"Il y a autre chose ? Demanda-t-elle en fronçant les sourcils.
- Oh… Et bien… Commença Fred. On voulait t'en parler, avant que… que tu l'apprennes par des bruits de couloirs.
- Oui, c'est tellement… Enfin… Balbutia George."
La jeune femme sentit son cœur s'accéléré malgré elle. Les jumeaux n'étaient pas du genre à parler avec des pincettes…
"Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Fit-elle.
- Ce matin, au petit déjeuner, le professeur Rogue a… Il a dit que…
- Qu'est-ce qu'il a dit, Fred ?
- Il a raconté aux Serpentard que le professeur Lupin était un loup-garou. Toute l'école est au courant à l'heure qu'il est.
- Quoi ? Souffla Céline, alors qu'une rage profonde s'emparait d'elle. Il a fait ça ? Il a vraiment dit que…
- C'est vrai ? Demanda George.
- Oui. Oui, c'est vrai, répondit-elle finalement après quelques secondes.
- Mais… Erin, alors ? Ce n'est pas sa…
- Taisez-vous ! S'exclama-t-elle en levant sa main d'un geste impatient. Erin est la fille de Remus. Je n'ai pas le temps de vous expliquer. Pas maintenant. Vous avez des nouvelles de Remus ?
- Pas vraiment, mais apparemment, il aurait déjà donné sa démission, répondit Fred."
Le sang de Céline ne fit qu'un tour.
"Où est Rogue ?
- Dans la Grande Salle pour déjeuner, je crois.
- George, tiens-moi Erin, s'il te plaît dit-elle."
Puis, elle partit à grand pas vers la Grande Salle. Les jumeaux échangèrent un regard inquiet, avant de la suivre.
La jeune femme entra. Un silence de mort s'abattit sur la Grande Salle, et le peu d'élèves resté à Poudlard la dévisagèrent avec un mélange de compassion et de stupeur. Ne s'occupant pas d'eux, elle chercha Rogue des yeux. Celui-ci était à la table des professeurs, en compagnie de ses collègues et de Dumbledore. Elle remonta l'allée centrale d'un pas furieux, le visage blanc de rage. Sans un mot, elle se posta devant Rogue, qui lui jeta un regard narquois.
"Melle Garand, comme c'est aimable de vous joindre à nous, persifla-t-il. J'espère que vous ne m'en voulez pas trop d'avoir si malencontreusement laissé échapper que votre cher compa…"
CLAC !
De toutes ses forces, Céline gifla Rogue, dont la chaise vacilla sous le choc.
"Je réitère ce que je vous ai dit peu avant Noël, cracha-t-elle d'une voix forte, ses prunelles sombres jetant des éclairs. Vous êtes un monstre et vous ne lui arrivez même pas à la cheville."
Tremblant de fureur, elle jaugea Rogue de toute sa hauteur.
"Je vous hais, finit-elle d'un air froid et méprisant, avant de tourner les talons."
Elle passa devant les jumeaux, qui la regardaient, médusés, laissant un Rogue muet, le visage plus pâle que jamais, faisant ressortir la trace de la gifle, tel un tatouage écarlate.
Sortant de la Grande Salle, elle se retourna vers Fred et George qui l'avaient suivie.
"Merci beaucoup, dit-elle d'un ton tendu en reprenant Erin. Je vais voir Remus."
Sans leur laisser le temps de dire quoi que ce soit, elle partit.
Quelques minutes plus tard, elle entrait dans la classe de Défenses Contre les Forces du Mal. Elle savait qu'il était là. La porte de son bureau était ouverte. Remus leva la tête vers elle. Ils se regardèrent sans un mot. Il semblait fatigué, des cicatrices ornant son visage, et il portait un bandage à la main droite.
"Tu aurais du rester couché, finit-elle par lâcher.
- Il fallait que je range mes affaires, rétorqua-t-il."
Les yeux humides, Céline se dirigea vers lui et se blottit dans ses bras. Il répondit à son étreinte, la serrant avec force, avec trop de force peut-être… Un malaise s'empara d'elle, qui s'accru quand Remus lui souffla :
"Il faut qu'on parle."
Il se dégagea d'elle et entreprit de brûler plusieurs parchemins. Elle le regarda faire, attendant qu'il parle comme on attend une sentence inéluctable.
"Il vaut mieux que vous partiez, toi et Erin.
- Oui, je sais. On va partir avec toi, dit-elle prudemment.
- Non, tu n'as pas compris. Il vaut mieux que vous partiez. Seules."
C'était comme si un poids lui était tombé sur la tête. Ce n'était pas possible. Elle avait sûrement mal entendu… Et Remus qui se bornait à brûler ces foutus parchemins !
"Regarde-moi et répète ce que tu viens de dire, dit-elle d'un ton raide."
Au prix d'un effort surhumain, Remus releva la tête et croisa son regard.
"Il vaut mieux que vous partiez. Seules.
- Non… Non, tu ne peux pas me dire ça… Fit-elle en secouant la tête.
- Si, je le peux ! Regarde ce qui c'est passé la nuit dernière ! J'aurais pu te mordre ou… ou même te tuer !"
- Tu… Tu ne te rappelles de rien ? Souffla-t-elle.
- Non, comme à chaque fois que je ne bois pas la potion ! J'ai quelques images, et elles me suffisent largement pour te dire que tu dois partir loin de moi !
- Remus, écoute-moi, il faut que tu saches que…
- Non ! Je ne veux rien entendre ! La coupa-t-il. Et ne me dis pas que c'était un accident ! Il suffit d'une fois ! Une seule fois ! Il est hors de question que cela puisse se reproduire !
- Mais… Tu ne peux pas ! Répéta-t-elle, alors que les larmes commençaient à couler le long de ses joues. Je t'aime !
- Je t'aime aussi… Rétorqua-t-il. Et c'est pour ça qu'il faut que tu partes ! Je suis beaucoup trop dangereux ! Si jamais je venais vous faire du mal à toi ou à Erin, je m'en voudrais toute ma vie !
- Remus, laisse-moi te parler, je t'en prie, hier soir…
- Hier soir a été sans nul doute un misérable coup de chance !
- Mais laisse-moi parler bon sang ! S'écria-t-elle, si fort qu'Erin commença à pleurer.
- Non ! Répondit-il d'un ton sec. Il faut que tu partes ! Pour une fois dans ta vie, sois raisonnable ! Va-t-en !"
Puis, il se détourna d'elle.
"Ce que tu peux être stupide ! Cria-t-elle. Remus ! Regarde-moi !"
Il ne bougea pas. Erin pleura de plus belle. Céline tenta de la calmer, mais la petite semblait sentir la profonde agitation qui s'était emparée de sa mère. S'en était trop pour Céline. Toutes les émotions de la veille, la rage accumulée contre Rogue, et maintenant Remus qui voulait se séparer d'elle, sans écouter ce qu'elle avait à dire sur l'épisode de la forêt ! Si elle pouvait, elle aurait cassé tout ce qu'il lui serait tombé sous la main !
"Très bien, souffla-t-elle d'une voix hachée et furieuse. Très bien. Tu veux être stupide. Soit. Je vais partir. Et tu n'entendras plus jamais parlé de moi !"
Sans un mot de plus, elle quitta le bureau en claquant violemment la porte, serrant sa fille tout contre elle.
Elle arriva dans l'appartement, et appela vivement Maky et Finy. Ceux-ci arrivèrent.
"Aidez-moi à ranger toutes mes affaires et celles de Erin, dit-elle d'un ton précipité."
Sans un mot, les deux petits elfes s'exécutèrent. Dix minutes plus tard, les bagages étaient prêts.
"Allez dans le bureau de Dumbledore avec mes valises. Je vous rejoints là-bas."
La jeune femme sortit ensuite de l'appartement, traversa plusieurs couloirs, arriva devant la gargouille qui gardait l'entrée du bureau du directeur, dit le mot de passe et monta. Par chance, Dumbledore était revenu de la Grande Salle et semblait l'attendre, le visage quelque peu soucieux.
"Maky et Finy sont arrivés. Avec vos valises. Que ce passe-t-il, Céline ?"
La jeune femme lui raconta son entrevue avec Lupin.
"Il ne m'a même pas laissée parler ! S'exclama-t-elle à la fin de son récit, faisant les cent pas devant son bureau, sa fille dans ses bras. Je peux comprendre sa réaction, mais il a été tellement borné !
- Il a eu peur de vous perdre.
- Je sais ! Mais il me perd quand même en me disant de partir !
- Calmez-vous, Céline, dit-il doucement."
Soudain, Fumseck laissa échapper une note douce. Céline s'arrêta de faire les cent pas, avec l'étrange impression d'être quelque peu… apaisée.
"Laissez-moi partir, dit-elle en regardant Dumbledore. Je ne veux pas restez ici…
- Soit. Je vais vous envoyer chez Molly et Arthur. Ils seront heureux de vous voir, et vous ne serez pas seule.
- Merci."
Un silence se fit.
"Albus, je… Je voulais vous dire merci pour cette année. Vous avez été très présent, et… Enfin, merci énormément."
Le sorcier esquissa un sourire.
"Mais… Madame ! Fit Maky d'une voix enrouée, les oreilles baissées.
- Merci à vous aussi, souffla Céline. Vous êtes de sacrés elfes de maison !"
Alors que les deux petites créatures se retenaient à grande peine de pleurer, Dumbledore lui indiqua la cheminée :
"Je crois que vous savez comment faire. Je vais envoyer moi-même vos bagages chez eux.
- Merci, dit-elle en entrant dans l'âtre."
Elle prit une poignée de poudre de cheminette, et se tourna une dernière fois vers Dumbledore.
"Dîtes à Hermione, Harry, Ron, les jumeaux et Ginny que je suis désolée de ne pas leur avoir dit au revoir et qu'ils me manqueront. Et… Dîtes-leur aussi la vérité sur moi et Remus. Ils ont le droit de savoir. Hermione est déjà au courant.
- Très bien.
- Saluez aussi Minerva et Pompom…
- Je le ferai.
- Au revoir, Albus.
- A bientôt, Céline."
La jeune femme serra sa fille contre elle, et lâcha la poudre en lançant d'une voie forte « Le Terrier ».
Un nuage de fumée verte lui obscurcit la vue, et elle retint sa respiration. Elle se mit à tournoyer, de plus en plus en vite. Des cheminées défilaient devant elle, dans un ballet flou qui lui donna mal au cœur. Elle ferma les yeux. Soudain, elle se sentit ralentir et se retrouva brusquement dans la cheminée de la cuisine des Weasley.
Son regard se posa sur Molly, qui était en train de laver sa vaisselle à coup de baguette magique. Celle-ci ouvrit des yeux ronds en la voyant sortir de sa cheminée, le teint pâle et les yeux débordant de larmes, tenant Erin qui hurlait, n'ayant visiblement pas apprécié le voyage par cheminée.
"Ma chérie ! S'exclama-t-elle en venant vers elle. Mais… Que fais-tu là ? Il s'est passé quelque chose avec Remus ?"
Ne pouvant plus se retenir, Céline éclata en sanglots et se réfugia dans les bras de Molly.
Pendant le dîner, vers dix-neuf heures, à Poudlard. Les deux seuls sujets de discussion étaient le départ précipité du professeur Lupin et de Melle Garand, et la gifle mémorable que la jeune femme avait envoyée à Rogue suite à sa triste révélation sur leur professeur préféré. Le trio, Hermione, Ginny et les jumeaux n'échappaient pas à la règle :
"On a vu le professeur Lupin partir, dit George, mais aucune trace de Céline.
- Il m'a dit qu'elle était partie avant lui, souffla Harry. Tout ça à cause de Rogue ! Il ne sait faire que du mal cette espèce de vieille chauve-souris !
- Vous auriez du voir la gifle que lui a lancer Céline, dit Fred. Je ne l'avais jamais vu aussi furieuse ! Il a encore la marque ce soir… Mais bon, je ne vais pas le plaindre, loin de là !
- Mais quand même, pourquoi ils ne nous ont rien dit, au sujet de sa lycanthropie…? Murmura Ginny. On aurait pu comprendre !
- Moi, ce qui me tracasse, c'est de savoir que les loups-garous ne peuvent pas avoir d'enfants… Soupira Ron. Ca voudrait dire qu'Erin n'est pas sa fille…
- Céline nous a dit quelque chose de bizarre, quand on a voulu lui en parler, révéla George. Elle nous a dit qu'Erin était la fille du professeur Lupin, mais qu'elle n'avait pas le temps de nous expliquer…"
Hermione se mordit la lèvre. Elle savait. Et elle ne pouvait rien dire… Soudain, elle vit McGonagall se diriger vers eux :
"Le professeur Dumbledore souhaite vous voir, tous les six, dit-elle. Suivez-moi."
Sans un mot, ils quittèrent la Grande Salle en direction du bureau du directeur. Ils arrivèrent, et virent Dumbledore assit à son bureau, un sourire sur le visage.
"Asseyez-vous, je vous en prie, dit-il en faisant apparaître des chaises. Minerva, vous pouvez rester !"
Une fois McGonagall assise, les six adolescents regardèrent leur directeur avec appréhension.
"Avant de vous dire quoi que ce soit, il faut que vous me promettiez de ne pas révéler le contenu de cette conversation."
Ils acquiescèrent.
"Parfait. Alors, en premier lieu, j'ai un message à vous faire parvenir de Céline. Elle a été déçue de ne pas pouvoir vous dire au revoir avant de partir, et m'a chargé de vous le dire à sa place.
- Pourquoi est-elle partie aussi vite ? Demanda George avec inquiétude.
- Et bien, il se trouve que Remus et Céline se sont disputés…
- Disputés ? C'est grave ? Fit Hermione.
- Je préfère ne pas m'avancer pour le moment sur ce sujet, répondit Dumbledore. Mais ils sont partis séparément. J'ai envoyé Céline chez vos parents, ajouta-t-il en regardant les rouquins. Il ne vaut mieux pas qu'elle soit seule pour le moment.
- Mais… Et sa famille ? Demanda Harry.
- Cette question mène à ce pourquoi je vous ai fait promettre de ne rien dire. Céline n'est pas allée chez ses parents, pour la simple et bonne raison qu'ils ne savent pas qu'elle vient d'avoir un bébé. D'ailleurs, ils ne savent absolument rien de ce qui s'est passé pour elle cette année. Ils ne savent même pas que le monde magique existe. En fait, ils croient que leur fille est jeune fille au pair dans une région très reculée de Grande-Bretagne."
Harry, Ron, Ginny et les jumeaux le regardèrent avec des yeux ronds.
"Pourquoi ? Souffla Ron.
- Voilà la partie la plus secrète de l'histoire. Peut de personne la connaisse. Il y a, évidemment, Remus et Céline, moi-même, Minerva, Mme Pomfresh, Molly, Arthur, et… Miss Granger !
- Toi ? Mais tu ne nous as jamais rien dit ! S'indigna Ginny.
- C'est parce que Céline m'avait fait promettre de ne rien dire. A personne.
- Puis-je savoir dans quelles circonstances vous a-t-elle fait part de cette particularité ? Demanda Dumbledore.
- C'était vers la mi-novembre. J'ai découvert que le professeur Lupin était un loup-garou. En fait, j'en étais presque sûre, mais le fait de savoir qu'elle était enceinte m'avait intriguée. Alors je lui en ai parlé. Et elle m'a tout dit.
- Une particularité ? Fit Fred avec une grimace.
- Oui, propre aux loups-garous, dit Dumbledore. Comme vous le savez, ils ne peuvent pas avoir d'enfants. Et bien, il se trouve que cette affirmation est légèrement erronée. Ils peuvent en avoir, mais avec une seule et unique personne. Et pour Remus, cette personne est Céline."
Voyant le visage stupéfait de ses élèves, Dumbledore continua :
"La jeune femme ne connaissait pas notre monde, et aussi Remus, avant la fin du mois d'août dernier. Votre ancien professeur l'a amenée ici après avoir lu cette nouvelle dans un très vieux grimoire, dans le courant du mois de juillet. Et, après quelques anicroches, Céline a finalement décidé de rester. Le résultat est une charmante petite fille née il y a six jours."
Les cinq adolescents restèrent muets pendant quelques minutes, le temps d'assimiler la nouvelle. Ce fut Ginny qui rompit le silence :
"Mais… Ils sont quand même ensemble, non ?
- Oui, en effet. Enfin, il y a eu cette dispute, mais comme je vous l'ai dit, je préfère ne pas m'étendre sur ce sujet.
- Les autres professeurs ne sont pas au courant de cette histoire, mais ils savent que le professeur est un loup-garou, non ? Alors que croient-ils ? Demanda Harry.
- Ils pensent que Céline est tombé enceinte peu de temps avant de venir à Poudlard, qu'Erin n'est pas la fille biologique de Remus, mais que c'est tout de même lui, son père adoptif. C'est l'histoire officielle, car si jamais la vérité venait à être mise entre les mains de loups-garous mal intentionnés, cela ferait de nombreux dégâts.
- Et pas seulement les loups-garous, intervint alors McGonagall. Si la communauté sorcière en général l'apprenait, il pourrait y avoir des retombés considérables, et des affrontements entre ceux qui dénigrent et ceux qui défendent les lycanthropes.
- Mais… Commença Hermione. Ca va sûrement se savoir qu'un loup-garou a enseigné ici. Et il risque d'y avoir des fuites au sujet d'Erin… Et même s'ils croient que Remus n'est que le père adoptif, vous ne pensez pas que le ministère voudrait mettre son nez dans cette affaire ?
- C'est une possibilité, répondit simplement Dumbledore.
- Tout ça, c'est à cause de Rogue ! Rugit George. S'il n'avait pas révélé que le professeur Lupin était un loup-garou !
- Le professeur Rogue, George, dit Dumbledore. Mais je connais bien le ministre de la Magie, et si jamais il y a un quelconque problème, je m'en chargerai, ne vous inquiétez pas, ajouta-t-il d'un ton rassurant. Bien, avez-vous d'autres questions ?
- Pourquoi nous dire tout ça ? Demanda Ginny.
- Céline me l'a demandé avant de partir. Elle vous apprécie énormément, et après cette année, elle a pensé que vous aviez le droit de savoir la vérité."
Dumbledore laissa passer un silence, puis reprit la parole :
"Je crois que vous devriez aller dans votre salle commune. Je vous souhaite une bonne nuit."
Deux jours plus tard, chez la famille Weasley. Molly était en train de préparer le petit déjeuner, épluchant avec hargne une orange, un œil posé sur Céline, assise dans le canapé de leur petit salon pour allaiter Erin. La jeune femme avait les yeux cernés, le teint pâle et le visage mortifié.
"Quel idiot, souffla Molly entre ses dents. Non mais quel idiot…"
Arthur releva la tête de son journal, se doutant bien de qui voulait parler sa femme… Depuis que Céline lui avait dit ce qui s'était passé, Molly ne passait pas une minute sans fulminer contre Remus.
"Franchement, je l'aime beaucoup, mais tout de même… Être idiot à ce point ! Continua-t-elle en s'attaquant aux tranches de bacon.
- Il a peur pour elle, soupira Arthur, c'est compréhensible.
- Ne le défends pas ! Gronda Molly dans un souffle. Il n'a aucune raison d'avoir peur !
- Mais il ne sait pas ce qui s'est vraiment passé…
- Il n'avait qu'à l'écouter au lieu de… de… de se comporter comme un pauvre idiot !"
A ce moment, une chouette blanche arriva.
"On dirait la chouette de Harry, nota Arthur. Oui, c'est bien elle !"
Hedwige se posa sur la table, et laissa tomber la lettre qu'elle tenait dans ses pattes. Molly la prit, et se dirigea vers Céline.
"C'est pour toi, dit-elle en la lui tendant.
- Tu peux l'ouvrir, s'il te plaît ? J'ai les mains un peu prises là, dit doucement la jeune femme en esquissant un faible sourire."
Molly ouvrit donc la lettre, pendant que Céline finissait d'allaiter la petite. C'était un mot de Hermione, Harry, Ron, les jumeaux et Ginny, lui disant qu'elle leur manquait, qu'ils s'inquiétaient pour elle et espéraient la revoir bientôt. En p.s, Hermione ajoutait qu'elle était sûre que tout allait s'arranger entre elle et Remus. Malgré elle, ses yeux s'emplirent de larmes à la simple évocation de Lupin.
"Oh ! Ma chérie ! S'exclama Molly en se penchant vers elle pour l'entourer de ses bras.
- Pardon… Je suis désolée… Souffla-t-elle d'une voix éteinte, avant de se lever. Je vais dans ma chambre…
- Mais… Et ton petit-déjeuner ?"
Pour toute réponse, Molly reçut un sanglot étouffé et le bruit d'une porte qui se ferme.
"Franchement… Mais quel idiot !"
De son côté, Remus était retourné chez lui. Il habitait une petite maison en pleine campagne, qu'il avait choisi pour son éloignement des autres habitations bien avant que la potion Tue-loup n'apparaisse.
Depuis son retour, le lycanthrope avait soumis sa maison à un nettoyage complet. Salle à manger, cuisine, salle de bain, chambres, fenêtres, et même la vaisselle… Tout y passait. Mais ceci était loin d'être du à une soudaine ardeur domestique. Non. Il voulait avoir l'esprit occupé. Mais ses efforts demeuraient vains… Ses pensées allaient inéluctablement vers deux personnes. Céline et Erin. Il pensait à elles toute la journée. Il rêvait d'elles la nuit. « Arrête de penser à elles, se disait-il. Tu es trop dangereux. Il aurait pu arriver n'importe quoi… N'importe quoi… Tu as prit la bonne décision. Arrête. Tu te fais du mal. » Mais loin de l'apaiser, ces pensées le tourmentaient encore plus. Il s'effondra sur son canapé, le regard vide. C'était indéniable. Sans Céline, il était malheureux. Même le loup en lui semblait lui en vouloir, tournant en rond, hurlant à la mort comme l'animal misérable et abandonné qu'il était… Des larmes se formèrent dans ses yeux. Ces larmes qu'il refoulait depuis que la porte de son bureau avait claqué, emportant la jeune femme derrière elle.
Soudain, on toqua à la porte. Il ne bougea pas. Il ne voulait voir personne. On toqua encore. Et encore. Puis une voix s'éleva :
"Remus, c'est Albus Dumbledore. Je sais que vous êtes là."
Avec un soupir las, Lupin se leva et alla finalement ouvrir.
"Bonjour, Albus, dit-il en le laissant entrer.
- Bonjour. Je ne vous demande pas comment vous allez, ce serait, je crois, très stupide de ma part."
Remus l'invita à entrer dans le salon, et lui proposa du thé.
"Oh, volontiers !"
D'un coup de baguette, Remus fit léviter deux tasses jusqu'à eux, et alla préparer la boisson.
"Que me vaut votre visite ? Demanda-t-il en revenant quelques minutes plus tard.
- Je viens voir mon ancien professeur de Défenses Contre les Forces du Mal. Vous êtes parti un peu vite vendredi dernier…
- Vous ne venez tout de même pas me demander de revenir ? Si c'est le cas, ma décision est irrévocable.
- Non. Non, ce n'est pas pour ça. Remus, écoutez, je vous connais très bien. J'ai été votre professeur, votre collègue, mais je suis avant tout votre ami. Et c'est pour ça que je me permets de vous dire que vous avez agi de façon, ma foi, très stupide."
Remus releva la tête en haussant les sourcils.
"Oui, très stupide, répéta Dumbledore. Vous n'auriez pas du laisser Céline s'en aller.
- Je suis trop dangereux. Il fallait qu'elle parte. Je n'ose même pas imaginer ce qui aurait pu se passer…
- Il ne se serait rien passé, Remus, fit Dumbledore avec un ton mystérieux."
Lupin le regarda sans comprendre.
"Céline m'a raconté votre dispute. Et elle m'a dit que vous n'aviez pas voulu l'écouter. Grave erreur de votre part. Elle vous aurait révélé une chose très intéressante.
- Laquelle ? Demanda Remus, le visage soudain crispé.
- Ce qui s'est réellement passé cette nuit. C'est pour ça que je viens vous voir. Pour vous le dire. Peut-être m'écouterez-vous…
- Je crois que je n'ai pas le choix…
- Bien. Quand vous vous êtes transformé, Céline a su, de manière tout à fait instinctive, qu'il fallait qu'elle vous éloigne des autres, que c'était elle que vous alliez suivre. Elle vous a entraîné dans la forêt, et vous ne l'avez pas attaquée. Bien au contraire, vous lui avez obéi, selon elle, comme un animal apprivoisé. Mais, voyez-vous, j'ai mieux pour vous que mon récit quelque peu incomplet ! Vous ne vous rappelez de rien, car vous n'aviez pas votre potion, mais ce souvenir est toujours là, dans votre tête. Je peux vous aider à le retrouver.
- Par legilimancie ?
- Tout à fait. Vous devez le voir, Remus."
Finalement, Lupin acquiesça.
"Je me détacherai de votre esprit dès que je l'aurai trouvé.
- Vous pouvez regarder, ça ne me dérange pas…
- Oh, non, c'est entre vous et Céline, pouffa légèrement Dumbledore."
Puis, il se pencha en tendant sa baguette vers Remus.
"Détendez votre esprit… Essayez de le retrouver… Oui, c'est ça !"
Des images se mirent à défiler dans la tête de Remus :
Céline se mettait à courir vers la forêt… Il la suivait… Puis il se voyait courir, seul… La jeune femme réapparu devant ses yeux… Il fonça sur elle, mais elle cria soudain son nom… Il se figea… Sa main tendue… Cette lueur déterminée dans ses yeux… Cette sensation d'amour… L'odeur de sa main… De son cou… De ses cheveux… Il n'avait plus envie de mordre… Elle lui dit de rester dans la forêt, de ne pas en bouger… Il obéit…
Le visage de Dumbledore se dessina lentement devant lui. Le souvenir était terminé. Incapable de parler, Remus se passa les mains sur le visage d'un air accablé.
"Dès que Céline m'en a parlé, j'ai fait quelques recherches dans le grimoire que vous aviez trouvé l'été dernier. L'information était écrite ailleurs que sur la page où vous aviez apprit que vous pouviez être père… La personne choisie pour le loup-garou sera non seulement la seule à pouvoir avoir un enfant de lui, mais sera également la seule à avoir un pouvoir sur lui en période de pleine lune, la seule que le loup-garou n'attaquera jamais. Céline a toujours su comment faire, c'était en elle, mais avec la potion Tue-loup, cet instinct n'a pas pu se réveiller avant cette nuit-là. Vous voyez, Remus, il ne se serait rien passé."
Un silence s'installa. Lupin regardait dans le vide, la gorge nouée. Il ne l'avait pas laissée parler…
"Et puis, dit soudain Dumbledore d'une voix mystérieuse, son regard planté dans celui de Remus, vous semblez oubliez ce qui était marqué sur le grimoire. Vous ne pouvez pas vivre sans elle, comme elle ne peut pas vivre sans vous."
La gorge de Remus se serra encore plus. Il avait tenté d'oublier ça… Il n'y avait pas pensé depuis longtemps…
"Je vous laisse réfléchir, dit Dumbledore en se levant. Et bien… A bientôt, Remus !"
Et il transplana, laissant Lupin seul. Celui-ci ne pouvait pas faire le moindre geste, figé dans sa douleur… Il avait été si idiot, encore une fois ! Il avait perdu Céline, et c'était entièrement sa faute… Les images de la jeune femme en pleurs, dans son bureau, tentant de lui expliquer ce qui s'était vraiment passé lui revinrent en mémoire…
Ses yeux le brûlèrent.
Il avait été si borné…
Il se prit la tête entre les mains.
Il n'avait rien compris…
Les larmes se mirent à couler avec lenteur.
Rien compris…
A suivre…
Je vous avais prévenu, c'était loin d'être joyeux… Mais je me suis excusée au début !
Alors, des pronostics pour le prochain chapitre ? Quelques questions sur les paroles mystérieuses de notre bon vieux Dumby ? Les reviews sont à votre entière disposition !
Bon… Aussi… Je peux au moins vous dire ça : je vous ai préparé une grosse surprise à la fin du prochain chap'… Bonne ou mauvaise ? Mmmh, je ne dirais rien !
Bises. Nyny's.
