Merci à Missterre, Lia Sail

(qui ont répondu les premières, à la vitesse de l'éclair, vers les 00h20… et vous avez eu le temps de tout lire ? lol),

lily forever, K-melwin, 'Lisbeth, Amand1, P'tite Lylyss et Cloé.

R.A.R

'Lisbeth : Merci beaucoup pour ta review, elle m'a fait chaud au cœur ! Et tu sais, j'ai bien posté le chap' le 29 juillet, puisqu'il était minuit et quelques… Tu peux donc bien changer de nom et t'appeler maintenant Trelawney ! Ou alors Sibylle, c'est quand même plus facile à porter… lol Donc, encore un énorme merci, et Bon Anniversaire (un peu en retard, j'en suis désolée…). Bises. Nyny's.

Cloé : Merci pour tes deux reviews, courtes, mais très gentilles ! Contente que mon histoire, et Muriel, te plaisent ! J'espère qu'il en sera de même pour la suite ! Bises à toi. Nyny's.

Chapitre XXIII

Vendredi 24 juin, fin d'après-midi. Céline, dans la cuisine en compagnie de Remus, Maky et Finy, finissait de préparer le dîner en jetant des coups d'œil frénétiques sur l'horloge.

"Ca fait la douzième fois en moins de cinq minutes, remarqua Remus, qui tenait Erin dans ses bras.

- Que quoi ?

- Que tu regardes cette pauvre pendule. Tu vas l'user à force."

La remarque de son compagnon parvint à lui arracher un faible sourire.

"Madame, pourquoi ne pas nous avoir laisser faire le dîner ? Demanda Maky.

- Elle a raison, ça aurait été plus vite, et tu aurais pu te détendre, souligna Remus.

- Je fais la cuisine, parce que justement, il se trouve que ça, ça me détend, répondit-elle.

- Oh oui, ça a l'air, souffla-t-il. Ca te détend de regarder cuire le poulet ?

- Ca me détend parce que ça me fait penser à autre chose !

- Alors c'est pour ça que tu regardes sans arrêt l'horloge ?

- Remus, tu commences à m'énerver ! S'exclama-t-elle."

Elle soupira et se tourna vers lui avec un regard d'excuse.

"Pardon, dit-elle.

- Leur train n'arrive que dans une heure, chérie. Le temps que Muriel les ramène, ils seront là dans une heure et demi, dans le meilleur des cas.

- Je sais…"

Remus se leva et vint la prendre dans ses bras.

"J'ai tellement peur que ça se passe mal. Je vous aime tellement tous les deux. Et j'aime mes parents. Si ma mère n'accepte pas, je ne sais pas comment je ferais…"

Elle se blottit encore plus contre lui en souriant à sa fille, qui ouvrait doucement les yeux.

"Tu sais quoi, je crois que tu aurais besoin d'une bonne douche, bien chaude, qui te relaxerait.

- Oui, bonne idée, approuva-t-elle. J'y vais de ce pas."

Elle lui déposa un rapide baiser sur les lèvres et se rendit dans la salle de bain. Alors qu'elle commençait à se déshabiller, Remus entra à son tour.

"Qu'est-ce que tu fais là ? Qui s'occupe du dîner et d'Erin ?

- Finy veille sur le dîner et Maky dorlote Erin, confortablement installée dans son berceau. Et moi, je me suis dit qu'une petite douche ne me ferait pas de mal non plus… Surtout avec toi, ajouta-t-il en l'attirant contre lui et en l'embrassant.

- Remus, tu sais bien ce qu'on a dit, pas avant la nuit de…

- La nuit de noce, oui je sais, dit-il. Mais ce n'est qu'une douche. Il n'y a aucun mal à prendre une douche."

Elle le regarda en penchant la tête sur le côté :

"Tu penses vraiment me faire croire ça ?

- Promit, je serais sage comme une image, souffla-t-il. Enfin, dans la mesure du possible, bien sûr…"

Elle éclata de rire suite à la chute de la phrase.

"Très bien, monsieur Lupin, finit-elle par dire. Mais à la moindre tentative de corruption, je mets le jet d'eau froide, c'est bien compris ?"

Plus d'une heure plus tard, ils finissaient tous deux de se préparer.

"Ca va aller, comme ça ? Demanda Remus."

Céline le regarda. Pantalon noir, chemise couleur beige clair, elle ne pu s'empêcher de se mordre les lèvres.

"Dois-je en conclure que oui, ça va ? Fit-il avec un air taquin.

- Oui, tu es très beau, répondit-elle en souriant. Et serais-tu inquiet, toi aussi ?

- Tu dois le sentir, non ? D'ailleurs, il n'y a pas que moi, tu redeviens tendue.

- Un peu… Mais bon, c'est un peu normal."

Lupin lui sourit, avant de se tourner vers elle, le regard ennuyé :

"Au fait, je ne t'ai jamais demandé si tes parents parlaient anglais ? Ils le parlent, n'est-ce pas ?

- Oui, il le parle. Ce ne sont pas des bilingues purs parce que Muriel essaie toujours de parler français avec eux, et leur accent est à couper au couteau, mais vous arriverez parfaitement à vous comprendre, rassure-toi !

- D'accord, c'est déjà un bon point.

- Il en faut bien, quand même… Et moi, ça va comme ça ? On ne voit pas trop mes kilos en trop ?

- Tu es ravissante… A croquer, même. Et non, tes kilos ne sont pas très visibles. Tu en as bien perdu avec la potion, non ?

- Oui, quatre. Mais j'en ai encore six à perdre, soupira-t-elle.

- Mais n'oublie que tu es en train d'allaiter, ça doit aussi s'ajouter dans la balance, nota-t-il.

- Oui, et ça, ils vont sûrement le voir et s'en étonner… J'ai quand même prit presque trois tailles de soutien-gorge !

- Rien de bien catastrophique, rassure-toi, dit-il avec un sourire carnassier.

- Evidemment, tu n'es pas un homme pour rien, souffla-t-elle sans s'empêcher de sourire. Je vais mettre la table, tu viens m'aider ?

- Bien sûr."

Ils s'affairèrent à tout terminer. Soudain, quand Céline mit le dernier couvert, Finy vint vers eux, quelque peu agité :

"Ils arrivent ! Je viens de voir la voiture de Madame Muriel se garer !

- Quoi ? Déjà ! S'exclama la jeune femme.

- Pile à l'heure, nota Remus.

- Vite ! Maky, Finy, dans la chambre avec Erin, fit Céline. Alors, je vous ai préparé des biberons, les couches sont là… On viendra vous voir de temps en temps, quand même, on ne va pas vous laisser seuls toute la soirée. Voilà, je crois que tout est prêt…

- Le sort d'insonorisation, rappela Remus.

- Ah oui, c'est vrai ! Vas-y !"

Lupin sortit sa baguette et insonorisa la pièce d'un mouvement du poignet.

"Bonne chance, lança Maky.

- Merci, souffla Céline en embrassant sa fille sur le front. Allez, à tout à l'heure tous les trois !"

Ils sortirent et fermèrent la porte. Un bruit de porte se fit entendre, puis la voix de Muriel :

"C'est nous !"

Remus et Céline se regardèrent et prirent une grande inspiration.

"Je t'aime, dit-elle.

- Moi aussi, je t'aime. Et tout va bien se passer, d'accord ?

- Oui. Et c'est là que ton tempérament calme va me soutenir…

- Qui te dit que je suis calme ?

- J'espérais que tu ferais comme si c'était le cas…"

Elle soupira et il lui prit le visage entre ses mains en l'embrassant tendrement.

"Allez, c'est parti !"

Et ils allèrent vers l'entrée.

"Maman ! Papa !

- 'Line ! Fit sa mère en venant vers elle pour la serrer dans ses bras. Oh ma chérie ! Tu m'as tellement manquée ! Presque un an sans te voir, tu te rends compte !

- Et si tu continues à l'étouffer ainsi, tu seras beaucoup plus longtemps sans la voir, se moqua son mari. Allez, c'est à mon tour, maintenant. Bonjour ma chérie, dit-il en la serrant contre lui.

- Bonjour, papa."

Ils se séparèrent et ses parents regardèrent Remus, qui leur avaient laissé le temps de se retrouver.

"Maman, papa, je vous présente Remus Lupin. Remus, voici ma mère, Valérie, et mon père, Alain.

- Ravie de vous rencontrer, salua Valérie en lui faisant la bise.

- Moi de même.

- Bonjour, dit Alain en lui donnant une franche poignée de main.

- Votre voyage s'est bien passé ? Demanda Remus.

- A merveille, une chance, il n'y a eu aucun retard !

- Vous devez avoir soif, on va prendre l'apéritif, d'accord ? Lança la jeune femme.

- Excellente idée ! Fit Muriel. Je vais t'aider, 'Line."

Elles allèrent dans la cuisine et Muriel sortit plusieurs bouteilles.

"Fait les boire, les nouvelles passeront mieux, dit-elle.

- Muriel ! Gronda doucement Céline avant d'éclater de rire et de prendre un plateau.

- Erin est dans sa chambre ? Vous n'avez pas peur qu'elle fasse du bruit comme avec moi ?

- Non, Remus a mit un sort d'insonorisation, et deux elfes de maisons sont avec elle.

- Vous avez des elfes de maisons ?

- Oui, on les a rencontré à Poudlard, ils sont adorables et ce sont de supers nounous, dit-elle en prenant le plateau et en revenant dans le salon, Muriel à sa suite."

Elle posa son plateau sur la table et se tourna vers ses parents et Remus en souriant.

"Vous venez vous asseoir, ou vous préférez rester debout ?

- On va venir s'asseoir, ça sera mieux, tout de même, dit sa mère. 'Line, je te trouve resplendissante, tu sais.

- Merci, maman.

- Non, c'est vrai. Tu ne trouves pas, Alain ?

- Ah, c'est l'Amour, ma chérie, fit philosophiquement celui-ci avec un regard complice vers Remus, qui sourit à son tour, avant de demander :

- Alors, qu'est-ce je vous sers ?"

Pendant que Remus faisait le service, Céline se tourna vers sa mère :

"Donc, comme ça, grand-mère est resté chez mon oncle ?

- Oui, elle est malade, et ne se sentait pas capable de prendre le train.

- On ne va pas s'en plaindre, murmura Alain, ce qui lui valu un coup de coude de Valérie. Quoi ? Je n'ai rien dit ! Donc, toi et Remus, vous vous connaissez depuis un an ?"

Céline esquissa un sourire. Les questions commençaient, et ils allaient devoir jouer serrer…

"Oui, bientôt un an, fin août.

- Et vous avez mis longtemps avant de vous mettre ensemble ?

- Oh oui… Un mois, à peine, répondit Remus.

- En effet, c'est vraiment très long, approuva Alain, avant de pouffer de rire. Et donc, vous étiez professeur ? Muriel nous a dit que vous aviez été obligé de démissionner.

- Exact, un collègue a tout fait pour me faire partir durant l'année, et il y est finalement arrivé.

- Un sale type, ajouta Céline. Ils se connaissent depuis l'adolescence, et à cause d'une mauvaise blague, ce collègue s'est mit à lui en vouloir à vie. Alors que ce n'était même pas de sa faute.

- Et donc, j'ai préféré partir. Je n'aurais pas supporté qu'une mauvaise ambiance puisse ternir la scolarité des élèves.

- C'est très noble de votre part, dit Valérie avec un air navré. Et qu'est-ce que vous enseignez comme matière ?"

A ce moment, Muriel se mit à tousser bruyamment, comme si elle allait s'étouffer. Valérie se leva et lui tapa le dos :

"Muriel, ça va ?

- Oui, je… Un petit four est passé du mauvais côté… Mais ça va aller… Répondit-elle entre deux quintes de toux.

- Tu es sûre ?

- Oui, oui, rassure-toi. Tu me connais, je mange toujours un peu vite… En tout cas, ils sont délicieux, 'Line, ajouta-t-elle en désignant le plateau de petits fours."

La jeune femme lui sourit, et alors que son père commençait à taquiner sa mère sur le fait que, elle aussi, mangeait trop rapidement, Muriel lui lança un discret clin d'œil. Première question piège évitée…

Le dîner continua, et l'ambiance se détendit. Remus paraissait d'un calme olympien et jetait des regards confiants vers Céline, qui, elle, devait se faire violence pour réussir à avaler ce qu'elle avait dans son assiette.

"Ca ne va pas, 'Line ? Demanda Alain. Tu me parais un peu pâlichonne.

- Oh, c'est rien, papa, répondit-elle.

- C'est parce qu'elle est nerveuse, intervint Muriel. La rencontre entre les parents et le fiancé, c'est toujours stressant pour la jeune femme !

- Voyons, tu n'as pas à être nerveuse, dit son père avec un grand sourire, qui la rassura quelque peu, quand soudain, sa mère posa la question qu'elle et Remus attendaient :

- Au fait, dans ta lettre, tu nous écrivais que vous aviez trois ou quatre petites choses à nous annoncer. On peut savoir ce que c'est, ou vous nous en parlerez plus tard ?"

Le couple échangea un regard, et Remus lui prit la main avec tendresse.

"On va vous en parler ce soir, dit-il.

- Alors, première nouvelle, continua Céline en prenant une inspiration, on va se marier.

- Je m'en doutais ! S'exclama alors Alain. Je le sentais venir, j'en ai même parlé à ta mère dans le train ! C'est qu'on a un peu réfléchi à ce que pouvait être ces nouvelles, quand même… Ah, très bien ! Un peu rapide pour nous, parce qu'on ne vous connaît pas assez, bien sûr, ajouta-t-il vers Lupin. Mais si vous savez ce que vous faites, j'ai confiance ! Valérie, dit quelque chose, voyons !

- Heu… C'est… c'est soudain… Même si, comme l'a dit ton père, on en avait parlé dans le train… Et, vous… vous êtes sûrs de vous ?

- On ne peut pas être plus sûrs, répondit Remus en souriant.

- Dans ce cas, c'est… c'est bien. C'est très bien…"

A peine sa phrase terminée, elle se mit à pleurer.

"Maman ! S'exclama Céline en se levant pour venir près d'elle.

- Oh, gémit-elle. Je suis désolée… Je suis contente, vraiment, mais…

- Mais elle vient juste de s'apercevoir que sa fifille chérie est devenue une grande et belle jeune femme, termina Alain. Remus, elle va vous détester…

- Alain, ne dis pas de bêtises, gronda doucement Valérie en s'essuyant les yeux. Remus, vous êtes quelqu'un de bien, ça se voit. Et j'ai confiance en Céline.

- Dans ce cas, des félicitations s'imposent ! Fit Alain en se levant et en venant serrer la main de Lupin. J'espère au moins que toutes vos nouvelles ne vont pas la faire pleurer…"

Alors que sa fille lui déposait deux bises sur les joues, Valérie se tourna vers Muriel :

"Pourquoi tu ne dis rien, toi ? Tu… tu le savais ?

- Oui, en effet. Mais je les ai vu plusieurs fois avant vous, et ils n'ont pas pu tenir leur langue. Et j'ai du ne rien vous dire !

- Ca a du être un supplice pour toi, nota Alain en se rasseyant, avant de rire."

Céline reprit sa place, un tantinet soulagée. Plus que trois nouvelles… Et pas les plus faciles.

"Et quand comptez-vous faire le mariage ?

- Bientôt. Pendant le mois d'août, ça serait très bien, répondit Remus.

- Le mois d'août ? Répéta Valérie. Mais c'est dans un peu plus d'un mois, à peine ! On ne va pas avoir assez de temps pour tout préparer ! Et les invitations ? Et les papiers ? Parce que tu es française, il va falloir aller à l'ambassade, à la mairie… Ca risque d'être long !"

Cette fois-ci, Céline prit d'emblée la main de Remus dans la sienne et la serra avec force. Ils ne s'attendaient pas à dire la deuxième nouvelle aussi rapidement…

"Justement, tous ces petits détails concernent la deuxième chose que l'on a à vous dire, commença-t-elle. On a décidé de faire un mariage en petit comité. En très petit comité. Si tout le monde vient, on sera une vingtaine. Il y aura plusieurs de nos amis communs. Mais de la famille, il n'y aura que vous et grand-mère. Si elle vient, bien sûr. Et les papiers ne seront pas un problème, je vous assure.

- Et… pourquoi vouloir faire ainsi ? Demanda Valérie, quelque peu étonnée.

- Parce que Remus est un… un sorcier, dit enfin Céline."

Un silence s'abattit brusquement sur le salon, seulement perturbé par le tic-tac de l'horloge. Soudain, Alain éclata de rire.

"C'est une blague, non ? Vous n'êtes pas un sorcier ! Ca n'existe pas !

- Si, les sorciers et la magie existent vraiment, dit Remus d'un air sérieux.

- Non, je ne vous crois pas ! Rétorqua Alain, toujours hilare."

Remus regarda Céline, puis se leva pour se rendre dans la chambre, et en revint quelques secondes plus tard, tenant sa baguette à la main. Alain cessa de rire, ouvrant des yeux ronds sur l'objet.

"Ceci est une baguette magique, dit Remus. Ma baguette magique. Chaque sorcier en possède une, et chaque baguette est unique, sauf cas exceptionnels. Et c'est avec que nous pouvons lancer des sorts."

Puis, il pointa sa baguette sur l'un des verres vides d'Alain et lança « Wingardium Leviosa ! ». Le verre s'éleva dans les airs sous les yeux médusés de son propriétaire, et revint doucement se reposer sur la table.

Le silence régna toujours quand Remus se rassit, visiblement tendu.

"Incroyable, souffla alors Alain. Stupéfiant. Je n'en savais strictement rien.

- Notre monde est caché. Les moldus -les gens sans pouvoir magique, comme vous- n'auront jamais vent de notre existence, sauf s'ils deviennent amis avec l'un de nous. C'est une règle d'or très ancienne dans notre société, et l'utilisation de la magie en territoire moldu est très réglementée.

- C'est vraiment… stupéfiant, répéta Alain, dont le visage reflétait l'émerveillement. Alors c'est pour ça que vous voulez faire un mariage discret, car ce serait imprudent de mettre toute la famille au courant ?

- Exactement, répondit Remus."

Les deux hommes se turent et se mirent à regarder alternativement Céline et Valérie. Toutes deux avaient le teint livide, mais sûrement pas pour les mêmes raisons…

"Maman ? Fit Céline sur un ton prudent.

- Chérie, tu n'as pas l'air ravie ?

- Ravie ? Ravie ? S'exclama-t-elle enfin, les lèvres pincées. Ma fille veut épouser un sorcier, et je devrais avoir l'air ravie !

- Valérie, réfléchit un instant, ils sont heureux tous les deux, intervint Muriel.

- Quoi ? Tu le savais aussi ?! Et tu le cautionnes, toi ! Tu devrais pourtant être la première à la mettre en garde ! Tu le devrais, Muriel, après ce que ce Donovan t'a fait ! Il t'a brisé le cœur, Muriel ! Fit-elle en se levant brusquement.

- C'était il y a plus de vingt ans, rétorqua son amie. Et ça aurait très bien pu m'arriver avec un moldu. Remus n'est pas Charles.

- Attendez deux minutes, intervint Alain. Vous connaissez le monde sorcier ? Fit-il d'un air éberlué en regardant sa femme et son amie comme s'il les voyait pour la première fois.

- Oui, j'ai fréquenté un sorcier il y a de très, très nombreuses années, et nous avons rompu au bout de six ans, se mit à expliquer Muriel. Ca m'a anéantie, comme toute rupture après six ans d'amour peut anéantir une personne, et c'est Valérie qui m'a soutenue. C'est comme ça que nous avons eu connaissance du monde magique. Moi en fréquentant un sorcier, et évidemment, c'était tout naturel pour moi d'en parler avec ma meilleure amie. Et depuis ce temps, Valérie ne supporte pas d'entendre parler de magie.

- Tu voudrais peut-être que je leur décerne une médaille ! Répliqua celle-ci. Rappelle-toi comment tu étais ! Une véritable loque ! Et c'est moi, moi, qui t'ai ramassée à la petite cuillère ! Je ne supporterai pas de voir ma fille unique vivre ça !

- Maman ! S'exclama Céline. Tu as au moins écouté ce qu'a dit Muriel ? Il aurait pu lui arriver la même chose avec un moldu. Charles et Remus sont deux personnes radicalement différentes. Et de toute façon, même si tu n'es pas d'accord, cela ne changera rien ! Avec ou sans ton consentement, j'épouserai Remus, parce que je l'aime et que j'ai une totale confiance en lui ! Mais je préférerai que tu l'acceptes, car je ne serai pas totalement heureuse en sachant que ma propre mère nous dénigrerai pour de telles stupidités !"

Valérie donna l'impression d'avoir reçu un coup sur la tête. Muette de stupeur, elle parvint à grande peine à rejoindre sa chaise et à reprendre place en fixant sa fille.

"Je pense avoir tout suivi, et je tiens à dire que je suis d'accord avec Céline et Muriel, lança alors Alain d'un ton badin."

Valérie le regarda un bref instant, toujours muette, puis son regard se posa sur Remus, sa fille, pour finalement revenir sur Remus. Il la laissa le regarder droit dans les yeux, avant de prendre la parole, tenant toujours la main de Céline dans la sienne :

"Je ne vous demande pas d'aimer la magie, je me doute que ce n'est pas possible dans l'immédiat, surtout après près de vingt ans à vouloir effacer de votre vie tout ce qui pouvait se rapporter de près ou de loin à notre monde. Maintenant, si pour vous convaincre, je dois vous dire ce que je ressens pour votre fille, alors c'est ce que je vais faire, déclara-t-il d'un air grave. Je n'ai aucune envie de quitter ou de faire du mal à Céline. Je l'aime infiniment et je tiens plus à elle qu'à ma propre vie. Elle m'a tellement apporté durant cette année, sûrement plus que quiconque ne m'a apporté dans toute mon existence. C'est pour ça, et pour toutes les innombrables petites choses qui font qui elle est, que je veux l'épouser et la rendre heureuse."

Lupin se tut. Il tourna la tête et vit Céline, les yeux embués, qui lui souriait avec tendresse.

"Ca, c'est de la déclaration, ou alors je ne m'y connais pas, souligna Alain, visiblement impressionné. Là, tu as encore moins de raisons de ne pas le vouloir pour gendre, ajouta-t-il à l'intention de sa femme.

- Valérie, la magie n'avait rien à voir avec ma séparation avec Charles, dit Muriel. Et si ç'aurait été un moldu, qu'aurais-tu fais ? Tu te serais mise à détester les hommes ou même l'humanité entière ?"

La mère de Céline continuait de fixer Remus, mais son expression s'était quelque peu radoucie. Enfin, elle consentit à ouvrir la bouche :

"Très bien, fit-elle. Si c'est ce que vous voulez, tous les deux. Après tous, vous êtes des adultes responsables. Et… Je… suis… désolée, Remus. Ce n'était pas contre vous, mais je garde un mauvais souvenir de ce qui c'est passé il y a vingt ans. Ca peut paraître étrange, parce que c'est Muriel qui devrait en garder le plus de rancune, mais… mais c'est ma meilleure amie, et…

- Et vous êtes quelqu'un de très maternel et protecteur avec votre famille et vos proches, termina Remus. Je comprends, et vous n'avez pas à vous excusez."

Un timide sourire vint étirer les lèvres de Valérie, et tout le monde se détendit sur sa chaise. Un ange passa, et elle demanda, l'air de rien :

"Donc, vous deviez sûrement enseigner à Poudlard, non ?

- Tout à fait, répondit-il.

- Poudlard ? Qu'est-ce que c'est ? Fit Alain.

- C'est une école, elle se trouve en Ecosse, répondit Céline. Il y a des professeurs, des surveillants et des élèves. Une école normale, mis à part le fait qu'elle sert à apprendre la magie aux jeunes sorciers.

- Alors c'est pour ça que vous ne m'avez pas répondu tout à l'heure, quand j'ai demandé quelle matière vous enseigniez. D'ailleurs, ta feinte a été très réussie, ma chère Muriel, lança Valérie avec ironie. Donc, dans quelle matière êtes-vous spécialisé ?

- Défenses contre les forces du Mal.

- Incroyable ! S'exclama Alain. Et comment marche cette école ? Qu'est-ce qu'il y a comme autres matières ?"

La suite du repas continua donc dans l'explication en détail du fonctionnement de Poudlard. Céline, amusée et nettement plus détendue, observait son père qui buvait littéralement les paroles de Remus, semblant vouloir en apprendre le plus possible sur le monde sorcier pendant la soirée.

"J'aurais une question, fit Alain. Donc si vous, vous êtes un sorcier, quand vous aurez des enfants –parce que vous allez nous en faire, non ?- ajouta-t-il avec un clin d'œil, il seront forcément sorciers eux aussi ?

- Il y a de fortes chances, en effet, acquiesça Remus. Et ils iront sans doute à Poudlard, dans l'une des quatre maisons dont je vous parlais il y a quelques minutes. Et peut-être Gryffondor, puisque c'est là où j'ai été.

- Oh, des petites sorcières et des petits sorciers ! Formidable ! Approuva son père avec un air ravie.

Céline et Remus échangèrent un regard complice, et la jeune femme se leva :

"Je vais apporter le dessert, je reviens dans quelques minutes."

La jeune femme se rendit dans la cuisine où elle commença à sortir le gâteau glacé du congélateur et à le couper pour le disposer dans des petites assiettes.

"Tu as besoin d'aide ? Fit alors une voix."

Elle releva la tête et vit sa mère debout dans l'encadrement de la porte.

"Oui, si tu veux, maman."

Elles s'affairèrent en silence à préparer le dessert.

"Ton collier est ravissant, lança alors Valérie.

- C'est Remus qui me l'a offert, pour mon anniversaire. Il était à sa mère."

Un autre silence passa.

"Tu as l'air heureuse.

- Je le suis.

- C'est un homme bien, ça se sent.

- Oui, mais il est plus que ça. Il est merveilleux.

- Au vue de sa déclaration, ça ne fait aucun doute, dit-elle sur un ton amusé. J'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir assez mal réagit ?

- Et bien, je t'avouerais que je m'attendais à pire. Il faut que tu t'habitues, et tu sais, je peux t'assurer que Remus est un bon sorcier, pas un mage noir. C'est vraiment un homme adorable, dit-elle avec un sourire rêveur."

Sa mère sourit à son tour devant l'attitude de sa fille, puis la regarda un instant.

"Tu as changé. Je trouve que tu as énormément mûrit.

- Remus est un peu plus âgé, ça doit aider, fit-elle remarquer en plaisantant.

- Mmmh… Mais il n'y a pas que ça. Tu as aussi changé, physiquement.

- Ah…? Fit Céline en se raidissant légèrement.

- Oui, continua sa mère, le ton de plus en plus suspicieux."

La jeune femme préféra se taire et continua de déposer les parts de glace dans les assiettes, comme si de rien n'était. Elle se doutait bien que sa mère avait du remarquer quelques petits changements… Et elle eut la réponse quelques instants plus tard :

"Mais enfin, 'Line ! S'exclama doucement Valérie. Arrête de faire comme s'il ne se passait rien ! Je suis ta mère quand même ! Je te connais par cœur ! Je vois bien que tu as prit quelques kilos, malgré ta tunique un peu large ! Et tu as aussi prit de la poitrine !"

Finalement, elle releva enfin la tête de la crème glacé pour regarder sa mère, l'air quelque peu anxieuse.

"Céline, réponds-moi franchement… Est-ce que tu es enceinte ?"

Si le sujet n'était pas si épineux, la jeune femme aurait littéralement éclaté de rire devant le comique de la situation… Mais ce n'était pas le cas et il fallait bien donner une réponse :

"Et bien… Pas exactement, souffla-t-elle.

- Quoi ? Mais comment peux-tu être « pas exactement » enceinte ?"

Encore une fois, elle préféra ne rien dire et se contenta de regarder sa mère qui la fixait avec étonnement. Soudain, sa bouche s'ouvrit et ses yeux s'agrandirent, visiblement de stupeur.

"Tu… Tu… Vous… Toi… Et lui… Balbutia-t-elle."

Bon. Il ne restait plus qu'une seule chose à faire…

"Viens avec moi, maman, dit-elle en lui prenant la main."

Elles traversèrent le couloir et Céline poussa doucement la porte de la chambre, entra, sa mère à sa suite.

"Maky, Finy, je vous présente ma mère. Maman, voici Maky et Finy. Si vous pouviez allez vous occuper du dessert, ça serait vraiment super… J'ai peur que ça prenne un peu de temps, et comme c'est de la glace… Enfin, mes parents sont au courant, donc ne vous inquiétez pas pour mon père.

- Bien, madame ! Fit Maky."

Ils saluèrent Valérie qui les regarda sortir avec des yeux ronds.

"Ce sont des… des elfes de maisons ?

- Oui… Ils s'occupent de l'appartement, et ce soir, ils veillaient sur Erin, répondit-elle en désignant le berceau."

Les yeux de sa mère tombèrent alors sur la petite, qui dormait paisiblement. Le visage complètement figé par la surprise, elle se laissa tomber sur le rebord du lit.

"Maman, je comprendrais parfaitement que tu m'en veuilles de ne t'avoir rien dit, mais justement, je ne pouvais rien te dire. Pour différentes raisons. La première, était évidemment que Remus est un sorcier, et puis, une grossesse ne s'annonce pas dans une simple lettre. Pour les autres, je préférai vous en parler à tous les deux, en même temps."

Le rythme cardiaque de plus en plus rapide, Céline attendait la réaction de sa mère. Réaction qui tardait à venir, Valérie se contentant de fixer le berceau comme si elle avait été stupéfixer.

"Maman, dis-moi quelque chose, je t'en prie…"

Alors, pour la deuxième fois de la soirée, Valérie éclata en sanglots. Céline s'approcha et s'agenouilla devant elle, la mine inquiète.

"Maman…?

- Mais… 'Line, je suis ta mère ! S'exclama-t-elle enfin. Un bébé ! Tu as eu un bébé ! Et tu ne m'as rien dit ! Toi, ma fille unique, tu ne m'as rien dit à moi, ta mère ! Tu aurais dû me le dire ! Je devais être là ! C'était mon rôle ! De te soutenir ! De t'encourager ! Et tu as tout vécu sans moi !

- Maman, je t'assure que les raisons étaient plus qu'importantes. Et si j'avais pu, je te jure que tu aurais été avec moi. Tu ne peux pas savoir à quel point ta présence m'a manquée pendant toute cette année. Rien de tout ça n'avait été prémédité. Ca m'est tombée dessus comme ça, mais il y a une chose qui est sûre, c'est que si c'était à refaire, je n'hésiterai pas une seule seconde.

- Mais pourquoi ? Pourquoi, 'Line ? Demanda sa mère, toujours en pleurs. Quelle raison pouvait-elle être si importante pour me priver de ça ?

- Je t'ai dit que je voulais en parler avec toi et papa. C'est assez long et un peu compliqué, alors… Mais ne le prends pas contre toi. Vous êtes mes parents et c'est évident que j'aurais préféré vous avoir à mes côtés. Mais dans un sens, je n'avais pas le choix…

- 'Line, tu me fais peur… Souffla Valérie.

- Ne t'inquiète pas, il n'y a rien de dramatique. Et maintenant que vous êtes là, vous allez avoir tout le temps pour rattraper cette année."

Après avoir essuyé les joues humides de sa mère, Céline se releva et se dirigea vers sa fille, qui commençait lentement à s'éveiller. Elle dégagea doucement les couvertures et prit la petite dans ses bras.

"Ca va être l'heure de la téter, dit-elle à sa mère. Une chance, elle est quasiment réglée comme du papier à musique…!"

Comme pour lui donner raison, Erin commença à crier quelques secondes plus tard. Alors, la jeune femme prit place sur la chaise à côté du berceau, et commença à lui donner le sein. Sa mère se leva à son tour et vint se placer derrière elle, les yeux encore humides.

"C'est incroyable à quel point elle te ressemble… Je me rappelle de toi bébé, et j'ai l'impression de te revoir… Quel âge a-t-elle ?

- Elle va avoir un mois dans quatre jours.

- L'accouchement s'est bien passé ? Où a-t-il eu lieu ?

- Il a eu lieu à l'infirmerie de Poudlard, et il s'est bien passé. Un peu moins de neuf heures de travail."

A ce moment, la porte s'ouvrit et Remus entra. Son visage tendu se radoucit quand il vit que tout semblait bien se passer.

"Ca va aller ? Demanda-t-il à Valérie.

- Et bien… Oui, je crois. Disons que je ne m'attendais pas à ce genre de nouvelles ce soir… Mais il paraît qu'il y a une très bonne raison au fait que vous nous ayez caché ma… ma petite-fille. Ca fait bizarre de dire ça…

- Tu ne lui as rien dit ? Demanda Remus à Céline.

- Je n'ai pas vraiment eu le temps, et je préférerai que papa soit là aussi."

A ce moment, on toqua à la porte et celle-ci s'ouvrit, pour laisser entrevoir la tête d'Alain.

"Alors, qu'est-ce que vous manigancez tous les tro…"

Il s'interrompit quand ses yeux se posèrent sur le spectacle de sa fille allaitant Erin.

"Oh, pardon ! S'exclama Muriel d'un air contrarié. J'ai essayé de le retenir, mais… Finit-elle en soupirant."

Alain ouvrait et refermait la bouche sans émettre le moindre son.

"Papa, je te présente Erin. Ta petite-fille, annonça Céline.

- Ben… Ben ça alors… Souffla-t-il. Je crois qu'il faut que je m'assois cinq minutes…"

Il se dirigea vers le lit et s'assit sur le rebord.

"Tu le savais aussi ? Demanda Valérie à Muriel.

- Depuis quelques jours, oui, je le savais."

Remus s'approcha lentement d'Alain, qui paraissait quelque peu ébranlé.

"Mr Garand, vous vous sentez bien ?

- Hein…? Oh… Je crois que vous pouvez oublier les « Mr Garand » maintenant, mon vieux, souffla-t-il. Appelez-moi beau-papa, ça sera quand même plus approprié, vu les circonstances."

Remus le regarda, sans savoir s'il devait rire ou se préparer à une explosion.

"Mais, quand je vous disais de faire des petits, je ne pensais pas maintenant, tout de suite… Remus, vous n'auriez pas quelque chose de fort ?"

Après un échange muet avec Céline, Lupin fit apparaître une bouteille de Whisky Pur Feu et un verre, qu'il remplit et tendit à Alain.

"C'est un alcool sorcier, le plus fort que je connaisse."

Alain hocha la tête en guise de remerciement, et vida le verre d'un trait… avant d'être prit d'une quinte de toux !

"Ah… oui… On peut dire… que… c'est fort… Articula-t-il entre deux toussotements. Et ça s'appelle…?

- Whisky Pur Feu.

- Ca porte très bien son nom, souligna-t-il en se raclant la gorge. Je vais peut-être en reprendre un deuxième… Ajouta-t-il en joignant le geste à la parole.

- Qu'est-ce que je t'avais dit ? Fit Muriel à Céline. Il fallait les faire boire."

La jeune femme leva les yeux au plafond, sans pouvoir s'empêcher de sourire.

"Bon… Et bien, maintenant que ma petite-fille est là, je crois qu'il serait inutile de vous faire une scène. Enfin, tout de même… Le mariage… La magie… Et maintenant, un bébé… Nous ne sommes pas venus pour rien, c'est le moins qu'on puisse dire, objecta Alain.

- Et ce n'est pas tout, continua Valérie. Il paraît qu'il y a une très, très bonne raison au fait que l'on ne découvre Erin qu'aujourd'hui.

- Oh, au point où nous en sommes, une nouvelle de plus, une nouvelle de moins, lança Alain en haussant les épaules.

- Tu es au courant pour ça ? Demanda Valérie à Muriel.

- Pour la dernière nouvelle ? Non, je ne suis pas au courant. Ou du moins, pas totalement… Céline n'a pas voulu tout me dire."

Alain, Valérie et Muriel se mirent alors à fixer le couple, visiblement en attente de plus amples explications. Céline et Remus se regardèrent en silence…

"Bon, très bien, on ne pensait pas tout vous dire ce soir, mais comme nous sommes plutôt bien partis sur notre lancée… Admit Lupin. Vous feriez mieux de vous asseoir, ça risque d'être long."

D'un coup de baguette, il fit apparaître quatre autres chaises, sur lesquelles ils prirent place.

"Tu commences, ou c'est moi ? Fit Céline, qui s'était elle aussi approchée, tenant toujours Erin contre elle.

- Je vais commencer, répondit Remus. Alors voilà, tout d'abord, comprenez bien que si on ne vous a rien dit, ce n'était pas contre vous. Disons que… que l'existence d'Erin n'était pas vraiment à mettre sous les projecteurs, pour la simple et bonne raison que, en plus d'être un sorcier, je suis un… un loup-garou."

Valérie porta la main à sa bouche en émettant une exclamation.

"Oh ! Mon pauvre !

- Quoi ? Ca existe, les loups-garous ? Fit Alain avec étonnement.

- Oui, j'en suis la preuve vivante…"

Le père de Céline ouvrit des yeux ronds, avant de se tourner vers sa femme, visiblement consternée.

"Et bien quoi ? C'est un loup-garou, et alors ? Fit-il.

- Que sais-tu exactement des loups-garous ? Rétorqua Valérie. Moi, j'ai connu le frère de Charles, et je peux te dire que ce n'était pas drôle pour lui tous les jours !"

Devant l'expression d'incompréhension de son père, Céline prit la parole :

"Très bien, papa, on va faire un rapide cours : le loup-garou est un humain parfaitement normal, sauf pendant la pleine lune, où la personne en question se transforme. Toute trace de conscience humaine disparaît et il peut attaquer n'importe quel être humain, sorcier ou non, même ses plus proches amis. En général, on devient loup-garou lorsqu'on est mordu par un autre. La personne doit ensuite prendre des mesures drastiques pour apprendre à gérer sa condition, car ils sont rejetés de la société, qui en a peur, en grande majorité.

- Attitude vraiment très stupide, fit Muriel. Comme l'a dit Valérie, Charles avait un frère aîné, qui était un loup-garou. C'était un jeune homme adorable, d'un calme et d'une patience d'ange. Il endurait les transformations sans se plaindre, et il faut savoir qu'elles sont extrêmement douloureuses et fatigantes. Les lycanthropes ne doivent leur mauvaise réputation qu'aux plus mauvais de leurs semblables."

Alain fronçait les sourcils, sans quitter Remus des yeux, assimilant chaque information. Quand Muriel s'interrompit, il prit la parole :

"Depuis quand êtes-vous un loup-garou ?

- J'ai été mordu quand je n'étais qu'un petit garçon, répondit Lupin, le regard perdu dans ses souvenirs. Mes parents ont tout fait pour m'aider, mais aucun traitement n'existait à l'époque, et je devenais un monstre à chaque pleine lune. Heureusement, grâce au directeur actuel de Poudlard, j'ai pu aller étudier là-bas, bien qu'il semblait impossible que ça se produise, de part le danger que je représentais. Mais avec certaines précautions, j'ai suivi une scolarité normale. Et c'est aussi grâce à lui que j'ai pu devenir professeur cette année, car sinon, ce n'est pas évident de trouver un travail, pour ne pas dire impossible."

Un ange passa, durant lequel Remus posa sa main sur celle de Céline.

"Mais… commença Muriel, il existe un traitement maintenant ?

- Un philtre, appelé Potion Tue-Loup. C'est une découverte récente. Il me permet de me contrôler. Si j'en prends dans la semaine qui précède la pleine lune, je reste lucide le temps de ma transformation. Pour faire simple, je ne suis plus qu'un loup inoffensif.

- Pardon, mais quel est le rapport avec Erin ? Demanda Alain après un instant d'hésitation, quand soudain, Valérie s'exclama :

- Mais, enfin ! C'est impossible ! Erin ne peut pas être votre fille ! Les loups-garous sont censés être stériles !

- Ils sont censés, oui, admit Remus. Sauf dans un cas bien particulier…

- Et c'est à partir de là que je n'en sais pas plus que vous, intervint Muriel. Mais il paraît que c'est très intéressant !

- Ce que nous allons vous dire est une information quasiment inconnue, et il faut qu'elle le reste, dit Céline. Promettez-nous de ne rien dévoiler de ce qui va suivre…

- Bien sûr, acquiesça Alain.

- Très bien, souffla Remus. Dans ce cas… Alors voilà, l'année dernière, au mois de juillet, j'ai découvert un ancien grimoire…"

Et ils racontèrent, pendant près d'une heure, à tour de rôle, toute l'année qui venait de s'écouler, en omettant certains détails, comme par exemple qui avait été le gynécomage ou comment Erin avait été conçue…

Les parents de la jeune femme et Muriel écoutaient avec attention, visiblement passionnés et impressionnés. Une ou deux fois, Valérie sembla sur le point de dire quelque chose, mais Alain lui fit signe de se taire. Enfin, Céline se tut. Ils se regardèrent tous les cinq, parfaitement silencieux. Alain fut le premier à ouvrir la bouche :

"On comprend mieux pourquoi vous ne pouviez rien dire… C'est… whao !

- Et… vous ne pouvez avoir qu'un seul enfant ou…? Demanda Valérie.

- C'est une très bonne question, souligna Remus. Il y a encore certains points assez obscurs, mais on sait au moins le général. Malheureusement, le grimoire est très vieux, donc usé, et soit certaines pages sont illisibles, soit il en manque. Le plus logique serait que oui, en effet, nous ne pouvons en avoir qu'un. Mais rien ne nous le certifie… Il faudrait faire d'autres recherches, et c'est loin d'être facile."

A ce moment, Erin émit un bâillement, et ses grands-parents posèrent sur elle un regard attendri.

"En tout cas, vous ne l'avez pas ratée, dit Alain, avant de bailler lui aussi. Quelle heure est-il ? Oh, minuit passé…

- Il est temps d'aller se coucher, dit Céline en caressant doucement le petit nez de sa fille. Et votre chambre est prête, ajouta-t-elle pour ses parents."

Tout le monde se leva, et Muriel leur dit au revoir, avant de partir. Alain et Valérie leur dirent à leur tour bonsoir :

"En tout cas, merci pour votre franchise, leur dit Valérie. Ca n'a pas du être facile de tout nous avouer…

- C'est rien de le dire, souffla Céline."

Plusieurs minutes plus tard, la porte de la chambre se fermait, les laissant seuls. Céline reposa Erin dans son berceau, et se tourna vers Remus.

"Ca ne c'est pas trop mal passé, dit-il. Aucun mort…

- Remus ! S'exclama Céline, avant d'éclater de rire, ce dont elle avait grand besoin après cette soirée. Mais oui, tu as raison, ça aurait pu être pire, et ma mère n'a pleuré que deux fois… Et ils ont l'air de t'apprécier !

- Oui, mais on aura le temps de tout approfondir dans les jours qui viennent. Ca va être un peu déstabilisant pour eux au début."

Céline acquiesça d'un mouvement de tête, avant de venir se blottir dans ses bras.

"Au fait, merci, dit-elle.

- Pourquoi ?

- Pour ta superbe déclaration de tout à l'heure.

- Ah… Elle t'a plu ?

- Je ne vois pas comment ça pourrait être le contraire, Mr Lupin.

- Ravi de l'entendre, future Mme Lupin."

Alors qu'elle souriait, il se pencha pour l'embrasser.

"Je t'aime, murmura-t-il.

- Tu sais quoi ? Moi aussi…!"

A suivre…

Bon, ce n'était pas si catastrophique que ça, cette petite réunion de famille, non ?

Et j'en profite pour me faire un peu de pub : je viens de poster le premier chapitre de ma deuxième fic « Mes amis, mes amours, mes emmerdes ». Ca se passe à l'époque des Maraudeurs, la narration est à la 1ère personne, et il y a pas mal d'humour (enfin, je crois… lol). Votre premier avis m'intéresse !

Bises à toutes et à tous. Nyny's.

P.S. : Je ne peux pas m'en empêcher, mais l'Ordre du Phénix sort DEMAIN ! J'ai déjà réservé mes places, et je suis impatiente, on dirait une vraie hystérique…! lol