- Dragoooo !
Le visage
crispé, la tête enfoncée dans ses épaules, l'héritier Malefoy,
reposa délicatement la photo moldue qu'il avait retiré du manteau
de la cheminée pour l'examiner, tout en se demandant ce que la
jeune femme pouvait encore lui reprocher. Hermione Granger était
tout simplement la femme la plus anxieuse qu'il connaissait, et il
aurait du s'attendre à ce que leur déménagement dans leur nouvel
appartement ne soit pas une partie de plaisir.
De la chambre à
coucher au salon, le cri de la jeune femme résonnait très nettement
aux oreilles du blond. Il risqua un « oui chérie ? »
qui ne fut pas suffisant car Hermione pénétra brutalement dans la
pièce emplie de cartons et autres papiers à bulles, droite, les
dents serrées.
- C'est hors de question ! Hors-de-question ! Je n'en veux pas ! Comment ton père peut me faire ça, à moi ? N'ai-je pas fait des efforts ? Alors pourquoi t'offrir tous ces immondes bibelots empestant le sang et la magie noire !? Je n'en veux pas chez moi ! Et comment se fait-il que tout ce bric à brac poussiéreux est atterrit dans MA chambre à coucher ! HEIN ?
Drago examina les cheveux dressés de sa petite amie, ses joues rougies par la colère, et ne put s'empêcher de la désirer, aussi farouche fut-elle.
- Et ne me regarde pas comme ça ! Ca ne marchera pas ! Qu'est-ce que tu crois ? Qu'on va habiter dans un de ces magasins louches où les articles se vendent sous cape ? Non, non, non ! Vraiment, non. Je suis exténuée, j'ai mis un temps fou à tout préparer pendant que Môsieur ne faisait je ne sais quoi et voilà que tu installes dans MA bibliothèque, réservée pour MES livres, TON affreux et maléfique héritage ? Ca ne se passera pas comme ça, parole d'Hermione Granger ! Je refu…
- Arrête mon cœur, calme-toi. Souffla Drago complètement agacé d'entendre sa future femme s'égosiller et perdre son sang froid pour si peu de choses.
- Mon père a cru bien faire, et je t'en prie, ne recommence pas à dire que tout est à toi, si c'est ta chambre, je vais être obligé de dormir sur le canapé et je…
- C'est aussi MON canapé, je l'ai choisi seule, puisque tu étais occupé…
- Très bien, et le paillasson tu l'as acheté seule aussi ? Que je sache si j'ai encore quelque part où dormir…
Les yeux d'Hermione lui lancèrent des éclairs et telle une furie, elle s'élança vers la porte d'entrée. Drago cru un instant qu'elle partait, trop énervée pour lui répondre quoi que ce soit et s'auto-exaspéra de son propre comportement. Elle avait les nerfs fragiles depuis l'annonce de leur emménagement à Saint Plotter et Weasmoche et lui ne faisait que de mettre du pus de bubobulb sur le feu ! Mais avant qu'il n'est pu amorcer une phrase d'excuse, Hermione ouvrit violemment la porte et lui hurla, furibonde :
- On n'a PAS de paillasson !
Elle claqua la porte, lui jeta un regard outré, comme si l'oubli de ce fait était impardonnable, et se précipita dans sa chambre. Drago entendit alors quelques pops signifiant que sa fiancée faisait disparaitre un à un, chaque objet de valeur de l'illustre famille Malefoy.
Malgré tout amusé par le comportement emporté de la jeune femme, il reprit son activité d'avant carnage et tapota frénétiquement la photo de ses beaux-parents sous le verre. Ce n'était pas la première fois qu'il essayait de faire sortir du cadre les parents d'Hermione, mais ceux-ci restaient résolument en place, ne bougeant pas d'un pouce. Drago Malefoy n'arrivait toujours pas à assimiler que ce cliché resterait éternellement tel quel et c'est avec insistance qu'il tapota le crâne de Jean Granger.
- Allez bouge abruti ! murmura le jeune Malefoy ! Bouge !
- C'est une photo moldue Malefoy ! Si tu attends que mon père te danse la polka, tu peux toujours patienter une ou deux éternités ! lui cria Hermione, toujours cloitrée dans son refuge, à l'autre bout du couloir !
- Comment sais-tu que je… ?
Hermione venait de pénétrer dans le salon, visiblement calmée, un sourire d'excuse au bord des lèvres.
- Parce que je sais que tu le fais toujours.
Elle encercla Drago par derrière, passant ses bras sur son ventre et posa délicatement sa joue contre l'omoplate de son futur époux. Elle inclina son visage et déposa un tendre baiser à travers la chemise blanche du jeune homme. Drago sourit à ce geste, elle était si impulsive, mais par Merlin, comme il aimait la voir revenir vers lui, câline.
Il se retourna et fixa ses yeux dans les siens.
- Tu sais que je t'aime, toi. Murmura la brune, en déposant un nouveau baiser, sur les lèvres minces de Drago Malefoy.
- Je sais et je t'aime tout autant, et tu es excusée femme. Répondit-il, taquin.
Satisfaite, Hermione se détacha doucement de l'étreinte chaude et retourna finir d'arranger LEUR chambre à coucher.
Drago reporta son regard sur la photo couleur du couple Granger.
- Bouge !
Il lança une pichenette à son beau-père, les sourcils froncés de concentration et d'incompréhension.
- Allez, bouge crétin !
