Troisème OS de ma série Granger/Malefoy. Dans un registre quelque peu différent des deux premiers. Je vous laisse découvrir.
Je tiens d'ailleurs à vous remercier, vous qui prenez le
temps de me laisser une review, un message, ça fait un bien fou, ça
motive, merci, merci.
Bonne Lecture et accessoirement, bonnes
fêtes de Pâques.
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Affolée.
Dépassée. Respire, Hermione, respire. Tout va bien se passer. Ou
c'est toi qui vas trépasser, je le sens. J'abandonne ces
stupides exercices de relaxions de ma chère et tendre futur
belle-mère. Que j'inspire, que j'expire, bras levé, jambe droit
tendue, pied gauche arqué ou non, mon cœur ne peut pas battre plus
lentement. Narcissa, vous savez où je le mets, votre Magicyoga.
« Vous êtes stressée ? Enceinte ? Magicyoga a la
solution facile et instantanée pour une relaxation immédiate.
Inspirez, expirez, souriez. » C'est cela, oui.
C'est
donc avec un sourire plus que crispé, une démarche raide, que je
vais une nouvelle fois plisser de ma main la longue nappe
blanche.
« Seulement quelques invités mon amour, une
cinquantaine tout au plus, une bagatelle. » Je me souviens du
levé de sourcil sarcastique de Drago quand il m'avait gentiment
demandé d'organiser ma première soirée en tant que fiancée
Malefoy. Je le hais. D'ailleurs, où était-il cet abruti ? A
peine amorçais-je un pas en direction des escaliers, que le bruit
caractéristiques de plusieurs transplanages successifs se faisaient
entendre dans le sublime jardin du sublime Manoir du tout aussi
sublime Malefoy junior.
Grincement de dents. Et si je les laissais dehors ? Non, mauvaise Hermione.
Et ce
sont des invités qui succèdent à d'autres invités. Je n'en
connais pour la plupart, aucun, mais eux, visiblement me connaissent.
Des « Miss Granger » par-ci, des « Hermiiiione,
chériiiiie » par-là. Merlin, tuez-moi, la moitié n'est
pas encore arrivée que déjà, ça pullule de partout, des vieux,
des moins vieux, des femmes élégantes aux chignons sculptés, des
hommes en trois pièces, des visages connus, Harry et Ginny ont eu à
peine le temps de m'embrasser que Pansy me tirait déjà par la
main pour je cite « me présenter à sa tante Astride,
merveilleuse créatrice en vogue » de je ne sais quel
accessoire de mode. Et des transplanages, toujours et encore. La
salle au haut plafond, éclairée de lustres en cristal semble
bourdonner de monde, de tintements de coupe de pétibulle, de rires
charmeurs, de discussions discrètes. J'attrape un verre de boisson
non alcoolisée, le vide d'une traite, cherche un deuxième verre,
lorsque je recrache presque ma gorgée sur ma robe noire couture.
Tout réside dans le presque, heureusement. La raison de ma stupeur ?
Des petits êtres, là, devant moi. Pleins de petits êtres, que
dis-je ! Des petits monstres, affreux, brailleurs, mon Dieu,
Merlin, Maman, des enfants ! Je déteste les enfants, ça court,
ça casse, ça fait des plis à la nappe blanche, en voulant se
cacher sous la table. Des plis, non ! Parole d'Hermione
Granger, cette nappe ne connaitra aucun pli ce soir.
Cinquante
trois invités, sans compter leur progéniture, le compte est bon.
Voyelle. Consonne. Et voilà que je pars dans un délire de
jeu télévisé moldu. Je sens alors une main sur ma hanche. Un
souffle au creux de ma nuque. Drago.
- Où étais-tu ? Siffle-je entre mes dents.
- Sur les nerfs ma tendre ? Et laisse cette nappe tranquille veux-tu ? Me susurre-t-il. Langoureux.
- Tu m'espionnes maintenant ?
Je sens ses dents qui se referment affectueusement sur mon épaule dénudée. Et sa respiration fraiche sur la morsure. Seul geste tendre de la soirée, Malefoy oblige. Je le hais.
La soirée
défile, les connaissances aussi, mon futur mari me présente. Entre
chaque invité il me donne leur nom, statut mondain : homme
d'affaire, homme politique, bon à connaître, bon à éviter…
J'en ai déjà assez, il est vingt trois heures, le repas vient de
se terminer. Drago sent que je suis épuisée, il n'a pas ôté sa
main de ma cuisse du diner, l'amour. Deux elfes de maison viennent
débarrasser la table alors que deux autres emmènes les enfants se
mettre au lit, ils ne tiennent plus debout et la soirée n'est pas
encore terminée.
Ron est là. Voyez comme je saute du coq à
l'âne. Il s'approche, s'installe à côté de moi, prend ma
main dans la sienne et pour peu, je ne m'aperçois pas de celle de
Drago qui se crispe sur ma peau.
- Je vous laisse.
Je soupire. Je le suis du regard, il franchit les
portes en bois vernies, se retourne et me fixe froidement. C'est
tout lui, du feu au glaçon, en une seconde. Il me hait parfois, je
le sais.
Une heure, deux heures passent. Il n'est pas revenu.
Ron est parti depuis longtemps, avec lui, la totalité des invités.
J'ai du plus remercier, serrer des mains, embrasser, sourire ce
soir que tout au long de ma vie. Blaise et Sara, son épouse, restant
pour la nuit, me saluent et me souhaitent une bonne nuit.
Je souffre. Je quitte un escarpin. L'autre. Je ne sens plus mes pieds. D'un coup de baguette, j'éteins les centaines de bougie flottantes dans l'air et c'est dans le noir le plus complet que je monte les escaliers de marbre. J'arrive dans la chambre que je partage avec Drago.
- Lumos.
Personne. Chambre vide.
Lit intact. Froid. J'ai les larmes aux yeux, pas que je sois
triste. Je suis simplement très sensible ces temps-ci. Et il me
manque. Donc je pleure. Logique. Comme ce matin, quand j'ai cassé
ma biscotte et que j'ai fondu en larmes. Normal vous dis-je.
J'entends un bruit venant de la chambre adjacente à la notre. Mes
pas me guident dans le couloir. Je pousse la porte de quelques
centimètres. Une lueur étrange s'émane de la pièce. Ca ne
provient pas d'une baguette magique, non c'est beaucoup plus
doux, éclaté. J'entends des chuchotements. Sa Voix.
Je
n'hésite pas, je rentre sur la pointe des pieds, silencieuse. Des
Lucioles. Cette lumière, se sont des lucioles qui volent très
lentement et dans un calme absolu autour d'un berceau. Drago est
là, penché au dessus de Marisle, la petite fille de Blaise et Sara.
Il murmure une berceuse. Je m'approche encore et vient me caler
dans les bras de mon amoureux. Elle dort. Si belle.
Je sens le
regard de Drago sur moi. Ses lèvres effleurent ma joue.
- Je veux le même, mais avec ta bouche, tes yeux, ton nez, tes fossettes. Je veux le même avec mon nom.
J'incline mon visage de façon à encrer mes yeux dans ceux de Drago où brûle une flamme d'envie, d'amour.
- Attend encore un peu. 7 mois. Tu pourras ?
Ses yeux se troublent. Je recueille de mes lèvres, une goutte salée, une autre.
- Je t'aime.
