Chap. 03: Et quand l'inspiration s'en va
Et voila, je dois garder ce cadavre ambulant donc je ne peux pas sortir. Génial moi qui avait besoin d'un bon bol d'air frais c'est plutôt un bol d'air morbide que j'ai reçu sur le visage.
Harry Potter. Et bien et bien. Quel état. Dans d'autres circonstances je pourrais dire que ce t-shirt qui colle sur son torse est assez… affriolant dirais-je, mais vous serez d'accord avec moi… c'est pas le moment…
En fait loin de m'exciter la vue de ce pauvre Harry me donne plutôt la chair de poule.
Vous devez vous dire que je suis un monstre de laisser une pauvre loque humaine allongé dans un canapé alors que j'ai dans le manoir plein de lits qui pourraient faire honneur à cette célébrité bien amochée.
Et bien détrompez-vous. J'ai transporté ce cher ange déchu dans mes bras comme un prince charmant transporte sa princesse. Je l'ai gentiment allongé sur le merveilleux lit de ma chambre…
Et j'ai été prendre un grand verre d'eau froide pour lui jeter à la tête histoire de voir quel effet ça aurait sur cette créature déjà bien trempée…
Hmmmm… ouais ben c'est pas concluant. En plus d'avoir mouillé mon drap avec ce corps ressemblant déjà à une serpillière… j'ai fait une grosse flaque en lui jetant l'eau a la tête…
Et le pire dans tous ça…
C'est que j'ai plus d'elfe de maison ! Merlin me damne
Et bien, ceci étant dit je suis quand même un sorcier pour ceux qui en doutent. Alors en une ou deux formules magiques. Re voila mon lit sec et chaud. Harry quant à lui est dans un pyjama de coton (ben oui, le coton c'est plus chaud que la soie et je prête pas mes pyjamas à n'importe qui…). Il est mignon comme ça. On dirait qu'il dort paisiblement. La chaleur de mon manoir a redonné de la chaleur à ses joues, bon d'accord il est encore pâle mais bon…
Je m'assoies à côté de lui et le regarde. Qu'est-ce qu'il lui est arrivé pour qu'un verre d'eau froide sur la tête ne le réveille pas ?
De toute façon il a toujours eu cette manière morbide de s'attirer des ennuis. Bon c'est exact qu'à l'école j'aidais un peu les problèmes à venir à lui mais quand même je ne suis pas coupable de tout.
Pffff. Je suis fatigué moi aussi. Je m'allonge au côté de Harry (heureusement que j'ai un lit deux places). Je regarde le plafond. Mon bras droit frôle le gauche de Harry. Je sens sa chaleur (c'est un pyjama avec un espèce de t-shirt sans manches.) Je sens sa peau contre la mienne.
Etre sur ce lit, tous les deux sans réel contact autre que nos bras, nos esprits ailleurs, c'est comme être sur un petit radeau et se laisser porter par la mer. Sans fin, éternellement. Je me sens bien, reposé, calme. Je ferme les yeux…
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Je suis dans une pièce grise. Une pièce sans couleur, sans réels contours, sans véritable existence. Au fond de cette pièce il y a un miroir. Un magnifique miroir, le genre qui ferait très chic dans mon manoir. Je m'en approche. Mais j'ai beau être juste en face de mon miroir je n'aperçois pas mon reflet. Je vois deux personnes en train de faire l'amour.
Et là alors que cette vérité me saute aux yeux. La pièce disparaît d'un coup et c'est comme si je me retrouvais dans ce miroir. Tout est chaleureux ici. Le fauteuil moelleux dans lequel je suis assis, la moquette où sont posés mes pieds nus. Le lit dans lequel ces deux hommes font l'amour.
Je les regarde. Un des deux hommes est brun, la peau un peu bronzée. Sa voix et si rauque quand il prononce le nom de son amant, ses gémissements sont si doux à mes oreilles. Mais je ne le vois pas réellement.
L'autre homme le pénètre. Sa peau est blanche, ses cheveux sont blond platine. Je sais qui il est, je sais qu'il est moi.
Je me lève de mon fauteuil et m'approche des deux amants qui ne sentent pas ma présence. Je tends ma main vers mon propre corps en train de faire l'amour à un homme et là, c'est comme si ce corps m'aspirait.
C'est moi qui couche avec ce brun. C'est moi qui le pénètre, c'est moi qui le fais gémir et se cambrer. Je regarde son visage et croise ses beaux yeux verts. Je lui souris alors que mes yeux ont du mal à rester ouverts tant le plaisir est grand.
Mais j'aime trop regarder son visage. Ses traits fins mais si virils, son petit nez, ses yeux émeraude. Rien ne semble pouvoir abîmer la beauté de ce visage, même pas cette cicatrice en forme d'éclair. Harry Potter est tout simplement parfait.
Dans un dernier coup de hanche je me déverse dans le corps de mon amant qui en fait autant sur mon ventre.
Je regarde son visage et je lui dit ce que je ne pensais jamais dire .
« Je t'aime… Harry Potter. Je t'aime. »
Et là c'est comme si j'étais projeté hors de ce corps, puis hors du miroir. Je suis là, dans cette pièce grise, juste devant ce miroir où je vois deux amants s'enlacer. Ou je me vois enlacer tendrement Potter. Ma main touche le miroir à l'endroit où se trouvent les amants. Je voudrais retrouver cette chaleur. Je voudrais rentrer à nouveau dans ce miroir. Mais j'ai juste froid. Si froid. Dans cette pièce aussi grise et déserte que mon cœur où seul un petit miroir me montre la vie que je pourrais avoir si j'agissais différemment.
Je sens les larmes couler sur mes joues. Et je pleure… et je pleure…
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« Draco, Draco ! »
J'ouvre brusquement les yeux. Et je le vois, là en face de moi son visage penché au-dessus du mien… Alors je ne peux m'empêcher de pousser un grand :
« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhhh ! «
Je vois Harry qui se lève d'un bond et me regarde comme si j'étais un demeuré. Et ben… il s'en remet vite le balafré… Je m'assois sur mon lit et le regarde ne fronçant les sourcils. Pas un de nous deux n'ose parler. Enfin bon moi c'est parce que je n'ai rien à dire donc je vais laisser l'ex Gryffondor parler pour moi. Ce qu'il fait d'ailleurs.
« Malefoy… Pourquoi j'étais dans ton lit ?
-Et bien pour résumer la situation mon Petit Potter, hier tu t'es étalé dans mon entrée. Et étant donné mes bonnes manières j'ai jugé plus correct de te trimbaler, avec plus de mal que de bien je précise dans mon manoir. Mais si ça te déplaît tu peux partir. Je ne raccompagne pas a la sortie parce qu'y a une fenêtre juste en face de toi pour t'en allé… et ne t'inquiète on n'est qu'au deuxième étage de mon manoir.
-Et bien..soupire Potter. D'accord… je m'en vais… »
Sur ce il se détourne et se dirige d'un pas lent et désabusé vers la porte de ma chambre. Je le regarde et d'un coup en moi je sens quelque chose se briser. S'il repart maintenant … le reverrai-je ?
« Potter… reste là. »
Harry s'arrête mais reste le dos tourné vers moi.
« Pourquoi je resterai ? Tu viens toi-même de me dire que je devais partir.
- Potter… si tu pars où iras-tu ?
-Je me suis débrouillé pendant trois ans… ce ne sera pas un problème…
-Potter…. Regarde-moi. »
Il se retourne et m'obéis docilement. Je soupire. Nos yeux reste soudés, dans un sens je crois que mourir maintenant ne me ferait pas moins souffrir. C'est comme si une horrible sensation engloutissait mon ventre et embrouillait mon cerveau. Mon pauvre cerveau je ne sais plus quoi penser. Si Potter s'en va je ne comprendrais jamais ce que je ressens quand je pense à lui ou quand je le vois.
« Potter tu vas rester ici…
-Non, je …
-Ce n'est pas une invitation. Tu es obligé de rester car j'ai besoin de toi pour m'être utile.
-Utile ?
-Oui Potter… utile. »
Il reste là, en face de moi figé avec une expression perplexe dans les yeux. Oui Potter. Tu vas m'être utile. Je vais comprendre pourquoi tu es parti, comprendre pourquoi te revoir me fait tant souffrir, comprendre ce rêve dénudé de sens et pour finir, quand j'aurais compris… je ferai bien ce que je peux faire de toi.
Je fais mon sourire « Made by Malfoy » et je te lance :
« Bon Potter, c'est vrai que t'es mignon dans mon pyjama et que te voir me réjouit les sens mais là je voudrais bien être un peu tranquille »
J'attends qu'il encaisse ma phrase. C'est amusant. Il rougit au mot « mignon », et ouvre la bouche aux mots « réjouit les sens ». Une fois que la phrase est enregistrée j'ajoute :
« Va prendre un petit déjeuner.
-Mais…
- La cuisine est au rez-de-chaussée. Tu traverse le salon et y a une grande porte ben c'est la porte de la cuisine. Pour ce qui est des ustensiles libre à toi de fouiller… »
A ces mots il se retourne et sort de ma chambre. Mes yeux le détaillent de dos… hmmm, oui c'est vrai qu'il est « mignon » dans ce pyjama… Non ! Mais qu'est-ce que je raconte moi ?
Draco ce n'est pas le moment. Oui c'est vrai après le rêve que je viens de faire je ferai mieux de me calmer.
Je sors de ma chambre et me dirige vers mon bureau. Là sur une table en bois est posée ma machine à écrire. Vous vous demanderez qu'est-ce qu'un sorcier de ma classe fout avec une machine à écrire alors que même les moldus ont des outils plus perfectionnés ? Et bien moi je vous répondrez que la machine à écrire ça fais plus classe quand on est écrivain que ces conneries de plume magique. Et puis de toute façon je n'ai pas à me justifier parce que… tout ce que je fais suinte la classe…
Je me dirige vers la table et m'assois en face de cette machine à écrire. Je réfléchis un peu à ce que je vais bien pouvoir écrire.
Je vous précise que l'histoire que j'étais en train d'écrire quand Blaise m'avait dérangé pour la soirée moldus est finie et déjà publiée dans : « World of Gay ».
Non là je me lance dans une nouvelle histoire à publier. Je positionne mes doigts au-dessus de la machine généralement c'est comme ça que me vient l'inspiration.
Oui bien sûr mon inspiration première se situe dans mes rêves mais quand mes doigts sont au-dessus de la machine c'est comme s'ils prenaient vie et qu'ils formaient seuls les phrases que mon cerveau ne peut prononcer clairement dans mon esprit.
Mais là rien. J'ai beau tenter de faire le vide dans ma tête une seule image m'obsède. Potter.
Potter et ses yeux embrumés par le désir. Je sais que ce n'était qu'un rêve mais c'était comme une réalité. Merlin me damne. Je crois que pour une fois je vais aller déjeuner sans avoir écrit une ligne.
Je m'y remettrai après le petit déjeuner. Quand le souvenir sera moins présent…
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Je suis à la porte de ma cuisine et je regarde Potter. Il a posé deux tasses sur la table avec deux verres de jus d'orange. Une cafetière est en train de verser du café dans les tasses, un couteau est en train de couper du pain, les cuillères tournent toutes seules dans les tasses et pour orchestrer tout ça il y a Potter. Il a l'air concentré dans ce qu'il fait… il fait de la magie sans baguette. Il est puissant, je sens cette puissance irradiait de son corps et m'entourait de sa chaleur.
Potter n'a plus rien à voir avec la loque que j'ai recueillie hier soir. Il a l'air sûr de lui, dominant, fort, fière et prêt à conquérir le monde. L'emblème même du héros qu'il est devenu dans l'esprit des gens. Il est l'image du fort prêt à tout.
Mais d'un coup cette image même de la perfection se brise. Le couteau arrête de couper du pain, la cafetière tombe par terre et se brise sur le coup, les cuillères s'arrêtent de tourner et Potter s'écroule à genoux.
Je me précipite vers lui et l'attrape par les épaules. Son regard croise les miens, il a l'air fatigué mais un sourire se forme sur ses lèvres.
« J'ai voulu bien faire…, murmure-t-il. »
Je le prends par-dessous les bras et le soulève pour l'asseoir sur une chaise. Je soupire en regardant l'état de mon sol. Je lance un sort et les débris de la cafetière finissent dans la poubelle tandis que le sol se lave tout seul. Je vais m'asseoir en face de Potter qui a la tête baissée comme un petit enfant qui se sent coupable après avoir fait une bêtise. Je lève les yeux au ciel et dit :
« Ah la la, vous les gentils, vous voulez toujours bien faire mais finissez toujours par vous rater. »
Potter lève la tête. Je vois bien qu'il se sent coupable et devant son air de petit enfant je souris. Je vais un vrai sourire. Un de ses sourires qui vous réchauffe le cœur et qui sont sincères. Alors il me sourit aussi. Il est mignon. Réellement mignon. Moi je suis beau. Ma peau est parfaite, mes cheveux impeccables, mes yeux sûrs d'eux, mon allure digne et mes habits chics, même si actuellement il ne s'agit que d'un pyjama. Je suis beau…
Potter lui, a une peau avec des cicatrices (celle en éclair et d'autres que j'ai pu voir sur son torse fin), ses cheveux sont en bataille comme toujours, ses yeux portent une tristesse incroyable et ressemblent à ceux d'un enfant blessé, son allure est celle d'un homme qui a vaincu bien trop de choses en trop peu de temps et mon pyjama sur lui semble trop grand pour ses épaules. Mais malgré cet allure d'enfant qui a grandi trop vite sans profiter des joies de la jeunesse, Potter est mignon est donne envie de la réconforter, de partager sa peine.
Et bien, quel chemin j'ai fait depuis trois ans. Il y a trois ans j'aurais juste dit qu'il me faisait pitié le St Potter, mais là… oui il me touche… comme quoi, c'est vrai que le temps change les gens.
« Bon Potter, tu vas m'expliquer ce qui s'est passé… J'arrive dans ma cuisine je te vois faire le magie comme un dieu, me le fais pas redire… mais là d'un coup tu tombes. Pouf comme une poupée désarticulée…
- Je… soupire-t-il.
-Tu ?
-Je ne peux plus… »
Ok, pour la phrase la plus incompréhensible de l'année : one point for Mister Potter !
« Et cette phrase surréaliste est sensée vouloir dire ?
-Je ne peux plus utiliser de magie.
-C'est une blague… ?
-Non la magie, c'est comme si quand je l'utilisais elle me prenait toutes mes forces. C'est pour ça qu'hier j'ai fais comme un coma en arrivant chez toi. Je n'ai plus de forces… je n'ai plus de vraie vie. Je suis un cadavre ambulant ! »
Ouh la ! Le choc. Premièrement cette phrase et deuxièmement ces larmes qui coulent sans que Potter ne fasse rien pour les retenir. Avez-vous déjà vu une personne réellement mal ? Si mal que vous ne pensiez pas pouvoir même imaginer la douleur qui la ronge ? Moi je n'ai jamais ressenti ça. C'est la première fois de ma vie que je suis aussi désemparé face à une situation. Je pourrais le prendre dans mes bras et le câliner comme toute personne tendre aurait fait. Mais je ne suis pas tendre alors je lance la prière phrase qui me passe par l'esprit.
« Ben commence par manger et après je suis sûr que tu seras d'attaque. Quoi de mieux qu'un bon petit déjeuner pour vous remettre en forme ? »
Il me regarde et me sourit à travers ses larmes. Je fais paraître devant lui un mouchoir dont il se saisit. Oui, c'est cela… c'est un enfant… un enfant qui a tué trop jeune.
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On a fini de déjeuner. Je suis de nouveau dans mon bureau devant ma machine à écrire. En fait pour être plus précis ça fait à peu près vingt minutes que je suis là à regarder cette page blanche qui stagne devant moi. Me narguant de son vide.
J'ai laissé Potter aller à la douche. Je lui ai dit que j'irai après lui. C'est vrai qu'il y a plusieurs douches dans la maison mais je voulais écrire alors je n'ai pas cru bon de lui dire que je ne voulais pas aller à la douche. C'est vrai quoi, je ne pense pas que Potter soit au courant du genre de choses que j'écris alors je pense que moins il en saura et mieux je me porterai.
Enfin bon, toujours est-il que maintenant j'attends qu'il me dise qu'il a fini de se doucher pour avoir une excuse pour me retirer de cet enfer. Depuis trois ans c'est la première fois que je ne peux plus écrire. Quand j'essaye d'avoir des pensées… heu disons normal pour le genre d'écrivain que je suis, je n'y arrive pas. Seule cette foutue image de Potter apparaît devant moi. Je ne peux pas écrire d'histoires sexuelles parce que si j'écris ça j'imagine que les personnages sont moi et Potter et je ne peux pas. Mon dieu je ne peux plus écrire.
D'un seul coup la porte de mon bureau s'ouvre. Je me retourne brutalement et je vois Potter (vous me direz : Qui voulais-tu que ça soit et je vous répondrez aimablement de ne pas oublier ma menace du avada kedavra !).
« Draco, tu peux y aller si tu veux.
- Depuis quand tu m'appelle Draco ?
- C'est bien ton prénom non ? Alors pourquoi je ne t'appellerai pas comme ça ?
-Et bien… HARRY, dis-je en insistant sur le Harry ce qui fait sursauter l'intéressé. Oui, je vais y aller. Dis donc tu m'as pris des habit. Ils te vont bien… Mais bon, cet après-midi nous irons à Pré-au-lard histoire de te faire ta propre garde-robe…
-Mais…
-Pas de mais ! J'ordonne tu obéis c'est comme ça. Pour une fois que je suis gentil tu pourrais en profiter.
-D'accord »
Il me sourit à cette réplique.
« Je voulais aussi te dire merci, ajoute –t-il…
-Merci pour ?
-Pour m'avoir réconforter à ta manière tout à l'heure…
-Potter… ne …
-Ne dis rien ! Ça m'a fait plaisir ne me fais pas de peine… D'accord ?
-D'accord… décidemment je suis trop gentil comme mec… »
Je vois ses yeux regarder ma machine à écrire poser derrière moi.
« Tu écris ? Il me demande.
-Oui, c'est quand même mon métier…
-Ah bon ? Tu es écrivain ? Je n'ai jamais rien lu de toi. »
Et ben tu m'étonnes, j'imagine bien que pendant trois ans tu ne t'es pas vautré dans la luxure en lisant toutes mes œuvres… Ah ah pauvre petit Potter s'il savait, il me regarderait peut-être pas avec une lueur d'admiration.
« Et bien, disons que je commence tout juste à écrire…
-Moi une fois j'ai écris une histoire…
-Toi ? Une histoire ? Et une histoire de quoi… ?
-Une historie d'amour, qui commence bien…
-Qui commence bien … ah ah, je rigole. Et comment se termine-t-elle ? Par « ils marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants ? » »
Je souris mais mon sourire s'évanouie de mes lèvres quand je vois son regard sérieux face à moi.
« Non, elle se finit comme toutes les histoires d'amour…
-C'est-à-dire ? dans les larmes et la douleur »
Ouh la ! Deuxième choc de la journée… Il va finir par me tuer celui-la avec ses phrases tristes comme la mort. Son regard est sérieux et dans un sens je sais qu'il pense réellement ce qu'il vient de dire. Mais comment l'en blâmer, je n'ai jamais cru en l'amour et je ne suis jamais tombé amoureux. Mais moi contrairement à lui je vois l'amour comme une inutilité, une chose qui rend faible et gauche. Lui l'amour il le voit comme un mal, lui l'amour il le voit comme… la mort. Et bien que de réjouissance en ce matin…
Il s'approche de moi et regarde cette feuille banalement blanche…
« Alors ? Tu es en manque d'inspiration ?
-et bien… bon d'accord j'avoue. Je n'arrive plus a écrire… ça ne t'ai jamais arrivé d'avoir un manque d'inspiration ?
-Si… Une fois que mon personnage a souffert tous les maux du monde en perdant l'amour alors l'inspiration est partie…
-Tu ne crois vraiment pas en l'amour ?
-Et bien, dit il en souriant enfin… En fait je n'y croyait plus, mais finalement je crois que j'ai changé d'avis… »
Je le regarde qui s'éloigne avec un grand sourire. Et bien, qu'il est caractériel celui là, il est triste comme la mort et d'un seul coup… le revoilà tout content… mais quel crétin quand même ! Avant de sortir de mon bureau il se retourne une dernière fois et me dit joyeusement…
« Mais en fait je crois que l'inspiration quand elle s'en va il faut faire en sorte qu'elle revienne…
-C'est-à-dire, petit Potter ?
-C'est-à-dire que maintenant si je reprenais mon histoire… mon personnage retrouvait l'amour et qu'il aurait le droit à un happy end…
-Et pourquoi ce changement ?
-Parce que j'ai retrouvé une source d'inspiration… »
Et sur ceux il s'en va… Caractériel et complètement fou cet ex gryffondor. Il a fondu un plomb… Enfin bon s'il est content on ne va pas le punir pour ça.
Bon moi je me retourne vers ma machine a écrire. Je soupire… Harry a retrouvé une source d'inspiration. Peut-être qu'il a hérité de mon inspiration envolée ?
Parce que pour moi… l'inspiration s'en est allée… partie en fumée… Merlin me damne… c'est mon impresario qui va pas être contente…
