Bonjour à tous ! Je tiens à remercier tous ceux et celles qui me laissent des commentaires ...
Voilà un autre chapitre capital, après tout, nous sommes en Harry/Hermione, il fallait bien que ce moment arrive ^^

Bonne lecture ...

Cho se réveilla tôt le lendemain. Une fois habillée, elle monta à la Volière envoyer une lettre à ses parents puis se rendit à l'infirmerie. Elle resta auprès de Harry une bonne partie de la matinée. Elle le regardait et le trouvait très beau sans ses lunettes. Elle avait réfléchi longuement au cours de la nuit. Elle ne l'aimait pas comme un petit ami, ni comme un ami ; c'était plus fort que ça. Elle lui caressait le front de sa main et soulevait la mèche de cheveux qui dissimulait la fine cicatrice en forme d'éclair. Il était encore fiévreux mais sa respiration devenait de plus en plus régulière au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Mme Pomfresh écarta alors le rideau qui cachait le lit d'Hermione.

- Ah vous êtes là, dit-elle à Cho. Je viens de terminer les soins de Miss Granger. Je suis restée à son chevet toute la nuit. Elle a fait du bon travail avec son sortilège de coupe. Je n'avais jamais vu une sorcière de cet âge lancer un sort aussi puissant. C'est tout juste si elle ne s'est pas coupé la main.

Cho ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable et redevable. Pourquoi d'ailleurs se sentait-elle aussi mal en regardant Hermione ? En y réfléchissant, elle n'était pas vraiment responsable du geste de la jeune fille. Comment aurait-elle pu se douter une seule seconde qu'en embrassant Harry, elle provoquerait cette cascade d'évènements ? Non, pour être honnête, elle en voulait à Hermione car elle avait mis la vie de Harry en danger. Et en même temps, elle savait que cette rancune était mal placée car Hermione ignorait tout de ces crises. Cho était persuadée que si elle avait su que Harry serait touché, elle n'aurait rien fait, du moins elle n'aurait peut être pas enclenché cette "sécurité" qui avait failli les tuer tous les deux.

Pourquoi ?

Pourquoi tout devient si compliqué quand on aborde les sentiments amoureux ?

Dumbledore ne veut que ni l'un ni l'autre ne soit mis au courant par un tiers mais se rend t-il compte du risque qu'il prend ? Combien de temps Harry va t-il mettre pour réaliser qu'Hermione est son élue ? Il peut se passer tellement de choses en seulement une soirée uniquement à cause de l'ignorance.

Elle fut tirée de ses réflexions par un bâillement sonore de l'infirmière.

- Il faut que je la nettoie et que je la change, elle est couverte de sang, dit elle.

- Laissez moi faire ! Vous devriez aller vous reposer Madame.

- C'est très gentil à vous Miss Chang mais il va falloir utiliser la méthode moldue. Son corps a subi tellement de sortilèges cette nuit qu'il serait risqué d'employer la magie pour l'instant. Il faut lui laisser le temps de récupérer au moins une paire d'heures.

- Ça ne m'embête pas du tout de le faire je vous assure.

- Dans ce cas je reviendrai après le déjeuner. S'il y a le moindre problème n'hésitez pas à venir me chercher.

- Entendu Madame.

Mme Pomfresh fit apparaitre une bassine d'eau et une petite éponge de toilette. Elle versa dans l'eau une potion.

- C'est pour régénérer la force vitale, expliqua t-elle.

Elle quitta ensuite la salle laissant le silence s'imposer. Seules les respirations d'Harry et d'Hermione troublaient ce calme. Cho ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en constatant qu'ils respiraient tous les deux de manière absolument synchrone. Elle s'approcha du lit d'Hermione et tira soigneusement le rideau. Elle trempa l'éponge dans l'eau et sentit une force s'insinuer en elle, comme une douce chaleur. Elle n'avait pourtant que la main en contact avec le liquide. Elle resta scotchée devant la puissance qui l'envahissait. Hermione avait besoin de tellement de force pour se remettre ? Elle fit taire la petite voix de culpabilité qui montait en elle et commença à frotter délicatement le visage de la jeune fille. Elle avait du sang jusque dans ses cheveux. Elle ne put s'empêcher d'observer sa camarade tout en continuant sa tâche. Hermione était finalement très jolie. Elle ne se mettait pas vraiment en valeur bien qu'elle ait fait des efforts cette année. Elle avait un grain de peau très fin et ses cheveux à présent plus courts formaient de belles boucles brunes. Son nez était un peu retroussé, piqueté de petites taches de rousseur. Elle comprenait que Harry ait pu tomber amoureux d'elle, bien qu'elle sache parfaitement que le physique n'était pas prioritaire pour lui. Elle arrivait au niveau des bandages de son poignet lorsqu'elle entendit un gémissement provenant du lit d'à côté. Elle se leva en prenant bien soin de remettre le rideau et alla voir ce qui se passait. Harry était en train de se réveiller.

La pièce était toute floue, puis peu à peu, Harry put distinguer la pièce dans laquelle il se trouvait.

L'infirmerie ? Pourquoi ?

- Harry ?

Cette voix était si douce. Qui était-ce ?

- Harry ? Tu m'entends ?

La pièce devint soudain nette, Cho venait de lui remettre ses lunettes.

- Cho ? dit-il d'une voix faible.

Il chercha la main de Cho avec la sienne. Celle-ci la lui prit.

- Que s'est-il passé ? demanda Harry. Pourquoi je suis à l'infirmerie ?

- Tu t'es évanoui à la bibliothèque, tu as eu une crise.

- Encore ! dit Harry d'une voix résignée.

Il se redressa sur son lit et s'approcha de Cho. Il l'embrassa mais la jeune fille eut un léger sursaut.

- Qu'est-ce que tu as ? demanda Harry, interrompant son baiser.

- Rien, répondit Cho avec un sourire qu'Harry n'eût pas de mal à savoir forcé.

C'est alors qu'il remarqua une tache de sang sur la main de la Serdaigle.

- Qu'est-ce que tu as sur la main ?

Les joues de Cho s'empourprèrent.

- Ce n'est rien.

- Mais si ! riposta Harry en prenant son poignet pour mieux regarder. Tu saignes !

- Ce n'est pas le mien.

- C'est le sang de qui ? demanda t-il incrédule.

Cho regarda en direction du lit voisin, incapable de sortir un son. Harry tourna la tête.

- Qui est ce ?

La brune mit plusieurs secondes avant de pouvoir articuler de manière cohérente.

- Hermione, dit elle à mi-voix.

- Quoi ? Hermione saigne ? Qu'est-ce qu'elle a ?

- Et bien ... elle ... enfin, elle a ...

- Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ? demanda Harry, inquiet en voyant Cho dans ses petits souliers.

- Elle a essayé de se suicider.

Ces mots firent l'effet d'une bombe dans l'estomac de Harry. Cho vit qu'il luttait pour se persuader que tout ça n'était qu'une blague. Il avala sa salive avec difficulté.

- Et ... elle a réussi ? dit-il en fermant les yeux, ayant peur d'entendre la réponse.

- Non ! se dépêcha de le rassurer la Serdaigle, on a réussi à la sauver.

- Qu'est-ce qu'elle a fait ? Elle s'est pas ...

Harry montra son poignet, incapable de prononcer à haute voix ce qu'il redoutait.

- Si ... répondit Cho en baissant la tête.

Harry ferma les yeux, essayant de respirer calmement. Cho le vit serrer les poings dans les draps.

- Je peux la voir ?

- Je ne sais pas si Mme Pomfresh serait d'accord.

- Je t'en supplie ! J'ai besoin de la voir !

Cho fut très émue par la note de désespoir que l'on pouvait percevoir dans sa voix. Elle n'avait jamais vu Harry craquer, ce qui prouvait à quel point son lien pour Hermione était fort. Elle se leva et écarta le rideau. Harry étouffa un cri d'horreur et se leva précipitamment.

- Hermione ! Non, pas toi ! Pourquoi tu as fait ça ! Non !

- Harry tu dois rester couché ! Tu es encore faible. Elle va bien maintenant, je t'assure qu'elle est hors de danger.

Harry regarda Cho, essayant de refouler les larmes qui lui brulaient déjà les yeux. Cho s'avança et le prit dans ses bras. Et en cet instant, il n'y avait plus de Harry ou de Cho, plus de garçon ou de fille, juste deux amis qui pleuraient face à la détresse d'un être cher. Harry regarda à nouveau Hermione, son regard s'attarda sur son poignet enveloppé de bandages. Cho ressentait la souffrance d'Harry au plus profond d'elle même. Le voir pleurer lui ! Lui qui avait déjà affronté tant d'épreuves ! Elle se réjouit intérieurement qu'Hermione soit inconsciente, la crise engendrée par la souffrance d'Harry en cet instant aurait pu lui être fatale si elle l'avait ressentie.

- Couche toi Harry, sinon je vais me faire tuer par Mme Pomfresh. Elle va bientôt revenir.

Harry se remit dans son lit et respira profondément, essayant de se remettre les idées en place.

- On sait ce qui l'a poussée à faire ça ? demanda t-il.

- Non, mentit Cho. On l'a retrouvée dans les toilettes de Mimi Geignarde.

Harry regarda encore une fois son amie, presque aussi pâle que de la porcelaine. Cho reprit son éponge et termina de nettoyer son bras blessé. Mme Pomfresh entra alors dans l'infirmerie.

- Ah vous êtes réveillé Potter ? Très bien ! Vous prendrez votre déjeuner ici et vous pourrez partir.

- Comment va Hermione ? demanda t-il.

- Elle devrait se réveiller d'ici demain. On peut dire qu'elle nous a fait une belle peur. Je vous remercie beaucoup Miss Chang. Je pense pouvoir soigner son poignet maintenant.

- C'était rien, répondit Cho.

Elle embrassa Harry sur le front et quitta la pièce. L'infirmière s'assit près du lit d'Hermione et commença à défaire le bandage qui entourait son poignet. Harry eut un haut le cœur en voyant la plaie, nette comme un coup de hache.

- Comment a t-elle fait ?

- Avec un sortilège de coupe. Elle a déployé une puissance phénoménale. Elle devait être dans un état de choc intense, soupira l'infirmière, ... ou alors elle sera une des plus grandes sorcières de ce siècle, chuchota t-elle plus pour elle même que pour Harry.

Elle prit sa baguette magique et referma la plaie. Le poignet de la jeune fille redevint normal, à l'exception d'une ombre noirâtre qui suivait la trace de l'ancienne coupure.

- C'est le mieux que je puisse faire. Elle gardera cette marque toute sa vie. On ne peut pas effacer un geste pareil, même avec toutes les formules du monde. Maintenant reposez vous ! Je vais aller chercher votre repas.

Harry mangea à l'infirmerie. Cho revint après le déjeuner et Harry put sortir. Lorsqu'elle quitta le château en fin d'après midi, il monta à la Volière pour envoyer une lettre à Ron lui racontant ce qui c'était passé, puis retourna au chevet d'Hermione. Il y resta jusqu'au lendemain.

Cela faisait trois jours et Hermione ne se réveillait toujours pas. Harry occupait son temps comme il le pouvait. Il lisait, essayait de faire ses devoirs mais n'arrivait à rien de très concluant. Avant de partir, Cho lui avait donné la traduction du texte latin et lui avait fait une recommandation : " Ne lui pose pas de questions "

Harry était intimement persuadé que la clef du mystère se trouvait dans ces phrases latines. Les phrases, les crises, les crises, les phrases...

Il avait beau les lire et les relire, il ne voyait toujours pas. Il fallait dire que sa faculté de concentration était nettement diminuée. Et pour cause, il devait faire face à un nouveau sentiment. Son inquiétude pour Hermione était sans limite. Tous les jours, il passait plusieurs heures à son chevet et demandait pourquoi elle ne s'était toujours pas réveillée. En plus de tout cela, il ne pouvait s'empêcher de repenser à la réaction de Cho lorsqu'il l'avait embrassée. Elle avait sursauté comme si ce baiser l'avait mise mal à l'aise. Pourtant c'était bien elle qui avait fait le premier pas la veille. Pour une raison totalement inconnue, il n'était plus du tout sûr qu'elle veuille encore sortir avec lui ; et bizarrement cela ne le dérangeait pas plus que ça, ce qui lui apportait un sujet de réflexion supplémentaire. Il aimait Cho depuis trois ans et son geste de ... refus ? Oui de refus ne lui causait pas de peine. Pourquoi ?

A l'aube du quatrième jour, Harry se leva très tôt comme à son habitude. Il ne prit même pas le temps d'avaler quoique ce soit et monta à l'infirmerie. Mme Pomfresh était en train de s'occuper d'un première année qui avait eu la baguette un peu lourde. Lorsqu'elle eut terminé et que l'élève fut parti, elle s'approcha du lit de la Préfète et de Harry. Elle le regarda avec inquiétude.

- Comment allez vous Potter ? Vous êtes bien pâle !

- Pas autant qu'Hermione, soupira Harry en passant la main sur la joue de son amie.

- Venez, je vais quand même vous faire un bilan. Il se peut que vous ne vous soyez pas complètement remis de votre crise cardiaque.

Harry écarquilla les yeux.

- Une crise ... cardiaque ?

- Oui ! Votre cœur a failli s'arrêter ! Miss Chang ne vous l'a pas dit ? Vous nous avez fait très peur vous aussi. Et puis bizarrement, dès que Miss Granger a été soignée, vous êtes allé mieux. Dumbledore s'y attendait.

- Je ne comprends pas. Comment ça Dumbledore s'y attendait ?

- A ce que vous guérissiez une fois Miss Granger hors de danger ! Comme si vous étiez reliés !

Harry avait l'impression que son cerveau allait exploser, des milliers d'idées lui traversaient le crâne à une vitesse folle.

- Je ... ne vous inquiétez pas Madame, je vais bien, réussit-il à articuler.

- Vous êtes sûr ?

- Oui je vous assure... Est-ce que je peux rester auprès d'Hermione ?

- Oui mais vous allez me faire le plaisir d'aller manger quelque chose ! Vous avez maigri et si vous ne prenez pas plus soin de vous, je vous interdis l'accès à cette pièce !

- Bien Madame, je vous promets de faire attention.

L'infirmière acquiesça, et disparut dans son bureau. Harry se laissa tomber sur la chaise, ses jambes avaient du mal à le porter. Il devait absolument faire le vide dans sa tête pour essayer de démêler tout ce charivari. Alors ... il avait pratiqué le sort avec deux personnes, Hermione et Cho. C'est alors que le voile qui obscurcissait son esprit se déchira. Toutes les pièces semblaient se mettre en place avec une étonnante facilité. Le sort de partage des cœurs ne présente aucun danger, mais si le cœur de ceux qui l'utilisent abrite l'amour, alors il se créé un lien.

" Comme si vous étiez reliés ! "

Cette phrase résonnait dans sa tête comme si elle était amplifiée par un Sonorus.

Mais ça ne pouvait pas être possible ! Il s'en serait rendu compte quand même !

Il prit le bras d'Hermione et ressentit une espèce de frisson, elle était tellement froide. Il la regarda, écoutant sa respiration, seul indice indiquant qu'elle était encore en vie. Il la trouvait tellement belle malgré sa mauvaise santé. Elle n'était pas ce que l'on pouvait appeler une belle fille, comme l'était Cho, mais à la voir comme ça, immobile, il se rendait compte qu'il ne l'avait jamais vraiment regardée. Les yeux fermés, les lèvres closes, ses cheveux entremêlés cascadant sur l'oreiller comme une couronne d'épines, accentuant le contraste entre la noirceur de ses boucles et son teint diaphane, il ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle avait tout pour plaire. Simplement, elle n'octroyait à personne la chance de la contempler lorsqu'elle n'érigeait pas cette barrière autour d'elle. La voir au repos, le visage dénué de la moindre émotion était un privilège, et il aurait pu en être heureux si ça n'avait pas été en de telles circonstances.

Il se rappelait parfaitement son émoi devant la grotte de Sirius, lorsqu'ils étaient sortis et qu'il s'était retourné pour l'attendre. Il avait senti son coeur manquer un battement lorsqu'il l'avait vue, le regard fixé au loin, le vent balayant le flanc montagneux soulevant ses cheveux et les rubans de sa robe, les envoyant sur son visage et ses épaules dénudées ... elle avait paru si mélancolique, si triste. Il avait immédiatement compris que c'était à cause de lui. Elle s'inquiétait de son escapade dans la grotte, elle avait de suite su où le chercher, parce que son sort l'inquiétait, et la touchait. Il avait été bouleversé par ce geste, et maintenant qu'il y pensait, à chaque fois qu'il avait eu une crise, elle n'était pas là ... et Ron qui lui avait conseillé de ne pas lui parler pour ne pas l'inquiéter ... et le fait que Cho ne lui manque pas ...

Il sentit son cœur se gonfler lorsque la seule conclusion possible à tout ça s'imposa dans son esprit, comme pour confirmer qu'il avait enfin compris.

- Alors comme ça c'est toi ... murmura t-il. C'est à toi que mon cœur est relié et c'est parce que ... je t'aime ...

Il prit sa main et y déposa un baiser, avant de laisser tomber son visage sur le drap. Un gémissement se fit alors entendre et la main d'Hermione serra celle d'Harry ...