Bon ben voilà ... ce chapitre est le dernier :)
J'espère que cette petite fiction vous aura plu ... Un grand merci à ceux qui m'ont laissé une review =)
Bonne lecture ...
Il sortit du dortoir et se faufila hors de la Salle Commune. Il eut tôt fait de rejoindre la salle du miroir. Il s'arrêta devant l'entrée et entendit Hermione sangloter. Un frisson lui parcourut l'échine mais il ne fallait pas qu'il flanche maintenant ! Par chance Hermione avait laissé la porte entrebâillée, il se faufila à l'intérieur.
La pièce n'était éclairée que par les rayons de la lune qui filtraient à travers les carreaux. Dans cette atmosphère bleutée, régnait un silence pesant. Harry se déplaça sans bruit vers le miroir mais ne voyait pas Hermione. Un sanglot lui indiqua qu'elle était toute proche ... mais où ? Il l'aperçut, accoudée à la fenêtre. Elle tenait quelque chose de brillant dans sa main, un collier peut être ... Il s'approcha plus près et vit qu'il s'agissait du petit sifflet qu'il lui avait offert. Elle le serrait dans sa main. Elle le porta à ses lèvres et en joua. Elle attendit quelques minutes et Hedwige vint se poser sur le rebord de l'alcôve. Hermione la caressa doucement.
- Comment ça va Hedwige ? Je suis désolée de t'avoir appelée sans avoir de courrier à poster ... mais j'avais besoin de compagnie et les autres sont montés se coucher.
Harry sentit son cœur se serrer ... pourquoi n'avait elle pas demandé à ce qu'il reste un peu avec elle ? C'est vrai elle pouvait lui demander n'importe quoi, pourquoi faire preuve d'une telle timidité ? Cela ne lui ressemblait guère, se pouvait-il que ce qu'il soupçonnait puisse troubler Hermione au point de la rendre frêle et rougissante ?
- Tu sais Hedwige, je me demande vraiment comment j'ai pu laisser une chose pareille me tomber dessus ... je veux dire, moi Miss-Je-Sais-Tout ? Tu parles ! Pour ça je suis plutôt Miss-Qui-Ignore-Tout-Sur-Tout !
La chouette baissa le tête pour recevoir une caresse et frotta son bec contre la main de la jeune fille.
- Tu es exceptionnelle Hedwige. Il ne te manque vraiment que la parole. Tu es tellement belle ... tellement intelligente ... comme ton maitre ...
Harry sentit un gros frisson le parcourir. Il savait qu'elle avait beaucoup d'estime pour lui, mais dit de cette façon, cela lui faisait flageoler les jambes. Ce qu'il aimait entendre sa voix, ce tout petit compliment venant d'elle prenait des proportions démesurées. Il fut tiré de sa rêverie par un froissement d'ailes. Hedwige était repartie, sans doute pour aller chasser. Hermione retourna sur ses pas et se replaça devant le miroir. Elle laissa sa main parcourir la glace froide, et baissa la tête en soupirant.
Harry se rapprocha d'elle silencieusement, pour se retrouver sur sa gauche et la regarder de profil. Elle semblait si ... perdue, comme si un destin inéluctable pesait sur ses épaules. Aurait-il le courage de faire ce qu'il avait prévu ? Il se doutait qu'elle allait être furieuse de le voir ici, mais peut être que justement cela allait lui faciliter la tâche. Il en était là de ses réflexions lorsqu'elle releva la tête et essuya les quelques larmes qui sillonnaient sur ses joues. Harry resta scotché de l'expression que son visage reflétait. Son regard était sombre, rempli d'une détermination qu'il ne lui avait vu que très rarement. Elle venait apparemment de prendre une décision. Elle ouvrit sa main devant elle et pointa sa baguette. Quoi ? Il hallucinait là ! Elle n'allait pas abandonner alors qu'il venait enfin de comprendre ...
- HERMIONE ! NON !
Harry s'était précipité, laissant tomber la cape d'invisibilité et lui avait arraché la baguette des mains. Elle le regardait, interloquée.
- Harry ! Qu'est-ce que tu fais là ? demanda t-elle, le regard lançant des éclairs.
- Je t'empêche de faire une bêtise !
- Quoi ?
Harry désigna sa main et sa baguette.
- Qu'est-ce que tu comptais faire ? demanda Harry d'un ton autoritaire, comme si Hermione était une enfant qu'il devait sermonner.
- Je voulais juste réparer la chaine du sifflet que j'ai cassée !
Harry ouvrit de grands yeux, et regarda la petit chaîne d'argent au creux de sa main. Il ne l'avait pas vu, mais elle l'avait arraché du tour de son cou sous l'effet de la colère en entrain dans la pièce un peu plus tôt. Il réprima un sourire, elle n'avait pas abandonné, au contraire, elle lui offrait une chance inespérée. Il devait la jouer prudemment. Hermione joignit le geste à la parole et passa sa chaine autour de son cou.
- Oh ! Excuse moi ... dit Harry en prenant un air désolé, je croyais que ... enfin ... que tu allais ...
- Oui mais c'est pas ça ! Pourquoi es-tu venu ?
Sa voix se faisait orageuse, il l'avait espionnée, comment avait-il osé !
- Je me faisais du souci pour toi.
- Pourquoi ? Je vais très bien !
- Je n'en suis pas sûr ! Pour moi, aller bien ne signifie pas pleurer chaque nuit devant un miroir enchanté !
- Comment tu le sais ? C'est Ron je parie !
- Non ! Il ne m'a rien dit ! Je le sais c'est tout ! Ne sous estime pas l'affection que je te porte ! Je fais beaucoup plus attention à toi que tu ne le penses ! dit Harry la voix de plus en plus forte.
Il avait ça sur le cœur depuis trop longtemps. Il fallait que ça sorte et l'occasion était toute trouvée. Il jeta un sort d'insonorisation informulé sur la porte de la salle de classe pour ne pas attirer les professeurs et les Préfets en patrouille.
- Pourquoi tu cries ? répliqua Hermione hors d'elle ne sachant pas comment se tirer de ce mauvais pas.
C'était si embarrassant, depuis combien de temps était-il là ? Avait-il entendu ce qu'elle avait dit à Hedwige ?
- Tu oses demander ?! Parce que j'en ai marre tiens ! Tu souffres depuis des mois à cause de ce que tu vois dans ce truc à la noix ! Tu en es même arrivée à vouloir te suicider ! Je croyais qu'on était amis !
- Mais on l'est ! Qu'est-ce que tu vas croire ?
- Ce que je crois ?! Je crois simplement qu'entre amis on se fait confiance ! Quand un ami a des problèmes, il peut toujours venir en parler à l'autre ! Et toi, tu as des problèmes ! De gros problèmes même vu ce que tu es capable de faire pour ne plus subir la situation ! Et tu me les caches ! Comme si j'étais un vulgaire étranger ! Je croyais que notre correspondance de cet été nous avait rapprochés mais ce n'est pas ton point de vue apparemment !
Hermione tremblait de tous ses membres, sans s'en apercevoir, elle avait fait quelques pas en arrière, et se retrouvait bloquée contre une colonne de pierre. Elle n'avait jamais vu Harry se mettre en colère de cette façon. Mais elle n'estimait pas mériter de tels reproches, s'il savait ce à quoi elle était condamnée, il fanfaronnerait moins !
- Tu es injuste ! T'as pas le droit de me dire ça ! Comment peux-tu penser une seule seconde que tu ne représentes rien pour moi ?! Tu comptes plus que tu ne le crois !
- Eh bien tu as une drôle de façon de me le montrer !
- C'est vraiment là ce que tu penses de moi ? Tu penses vraiment que je bafoue notre amitié ?!
- Tu veux vraiment savoir ce que je pense ?
- Et bien tant qu'on y est ! Autant être honnête effectivement !
- Je pense que tu es égoïste ! Tu ignores les sentiments que les personnes qui tiennent à toi et s'inquiètent pour toi peuvent avoir ! Tu t'enterres dans ta situation sans demander conseil à ceux qui t'aiment ! C'est de l'égoïsme !
Hermione avait l'impression qu'il lui transperçait le cœur avec une lame. Elle ? Egoïste ? C'était faux ! Elle était tout sauf ça ! Sa main partit seule et s'abattit avec force sur la joue de Harry, qui chancela sous la gifle. Elle y avait mis toute sa rage et tout son amour. Mais aussitôt elle ressentit une douleur cuisante au niveau de sa joue à elle. Malédiction ! Le lien !
- Ouille ... s'exclama t-elle, ne pouvant retenir les mots de franchir ses lèvres.
Elle regarda en direction de Harry, qui loin de paraître furieux semblait au contraire aussi heureux que le jour où il avait cru aller vivre avec son parrain.
- Je le savais ! murmura t-il.
- Qu ... mmmmh !
Elle n'avait pu achever son mot. Harry avait comblé l'espace qui les séparait, collant ses lèvres contre les siennes dans un baiser vorace. Coincée contre la colonne de pierre, elle ne pouvait se dégager, à supposer qu'elle en ait eu envie. Son cœur éclata en un millier de papillons, et elle répondit ardemment au baiser. Harry, son meilleur ami Harry était en train de l'embrasser ! Elle n'arrivait pas à y croire ! L'émotion eut raison d'elle et elle sentit ses jambes se dérober sous elle, mais Harry la prit dans ses bras et la retint, la serrant aussi fort qu'il le pouvait. Il rompit le baiser en enfouit sa tête dans la nuque d'Hermione, respirant avec félicité l'odeur délicate de ses cheveux.
- Je t'aime ! murmura t-il à son oreille. Je t'aime plus que ma vie !
Hermione laissait ses larmes de joie couler librement à présent. Ces mots qu'elle n'osait espérer entendre, Harry les lui offrait.
- Moi aussi ! Si tu savais à quel point ! répondit-elle en se blottissant davantage dans les bras du brun.
- Je sais ! Je le ressens ...
Hermione sourit contre le torse d'Harry. Qu'elle avait été bête, Ginny, Ron, et même Cho n'avaient pas cessé de lui faire des signes. Mais elle n'avait rien vu, trop enfermée dans son désespoir, elle n'avait pas entendu, ni vu les signes. Elle éclata de rire. Ils restèrent un long moment enlacés ainsi, profitant l'un de l'autre, et de l'instant. Mais Harry n'était pas entièrement satisfait, il manquait encore quelque chose.
- Alors, tu vas te décider à me dire ce qui te fait autant souffrir ? chuchota t-il.
Hermione sortit de sa délicieuse torpeur, le miroir ! C'est vrai il ne savait pas ! Voyant qu'elle ne répondait pas, Harry la repoussa légèrement, la tenant toujours par les épaules afin de croiser son regard.
- Je ne supporterai plus que tu souffres Hermione ! On partage tout dorénavant !
- Mais ce n'est pas ce que tu cr...
- Tutut ! Je t'aime tu entends ! Et quoique cela puisse être, nous l'affronterons ensemble !
Hermione ne put se retenir, elle éclata de rire, sous le regard ébahi de Harry.
- Mais enfin ! Qu'est-ce qui te fait rire ?
Hermione élargit davantage son sourire, ce qui fit chavirer le cœur d'Harry un peu plus. Elle se hissa sur la pointe des pieds et donna un baiser chaste à Harry, avant de lui prendre la main et de se placer devant le miroir.
- Partito Arcano !
Harry sentit alors pour la troisième fois de sa vie le picotement au niveau de sa main. Hermione le regarda, les joues un peu roses mais un tendre sourire toujours sur les lèvres.
- Tu veux savoir ? Alors regarde !
Harry regarda le miroir et il sentit une vague de chaleur l'envahir comme s'il venait de boire une Bièraubeurre.
- Hermione, c'est ... c'est nous ?
- Oui ...
Quelque chose d'inexplicable se passa alors en lui. Il avait l'impression que si Hermione n'avait pas tenu sa main, il aurait pu s'envoler tellement la joie qu'il éprouvait était grande. Mais il redescendit vite sur terre lorsqu'il réalisa que celui qui l'avait fait souffrir durant tant de mois, c'était lui ! Il se sentait misérable tout à coup. Il avait embrassé Cho, et elle, n'avait pas cessé de l'encourager, de le soutenir pour qu'il parvienne à ses fins. En fait c'était lui qui avait été égoïste !
- Alors c'est pour ça que tu souffrais autant ? demanda Harry.
Hermione ne répondit pas mais il savait bien que ce silence voulait dire oui.
Il la prit à nouveau dans ses bras, la serrant tendrement contre lui.
- Je m'en veux ! Tout ce que tu as enduré à cause de moi ...
- Shh ... c'est rien, l'essentiel c'est que tout soit terminé maintenant. Je t'aime et je n'aurai de cesse que de rendre cette vision enfin réelle.
Il regarda à nouveau le miroir et fut surpris de voir que la vision ne s'était pas estompée. Il ne put s'empêcher de sourire.
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
- Est-ce que cette demoiselle a déjà un prénom ?
Deux étages plus haut, dans le dortoir des Gryffondor, deux rouquins se laissaient tomber sur le lit en soufflant. Enfin !
- Tu viens avec moi aux cuisines ? J'ai trop la dalle ! dit le garçon.
- Oh que oui, j'ai l'impression d'avoir disputé un match de Quidditch interminable !
oOoOoOoOo
- Eh ben ! C'est comme dans les contes de fées maman !
- Mais s'en est un ma chérie ! Et maintenant au lit ! Ou je dis à papa de venir et tu vas voir ce qu'il va te faire !
- Quoi qu'est-ce qu'il va me faire ?
- Ah tu oses demander ? fit une voix près de la porte.
Hermione se retourna et vit qu'Harry se tenait dans l'embrasure.
- Papa !
- Non, ce n'est pas ton papa ... c'est le grand méchant Strangulot qui va te torturer de ses doigts fins ...
- Ah non ! Pas ça !
- Siiii ! dit Harry en s'approchant à pas de loup du lit de sa fille.
Puis tout à coup, il se précipita sur le lit et se mit à la chatouiller. Hermione quitta la pièce en entendant les cris et les rires étranglés de sa fille et de son mari. Elle ne put s'empêcher de sourire. Avant de sortir, elle passa devant une commode sur laquelle se trouvaient des photos. L'une d'entre elles attirait l'attention car contrairement aux autres, les personnages sur la photo ne bougeaient pas. On pouvait voir Harry enlaçant Hermione qui portait dans ses bras une petite fille qui devait avoir quatre ans. Sur le rebord du cadre, on pouvait lire :
A Kari, la petite étoile qui illumine notre vie
