Chap.5

Gregory House est à présent à son tour allongé dans une chambre d'hôpital.

Il n'y a aucune machine pour le faire respirer .Juste une perfusion pour l'hydrater et l'alimenter.

House dort depuis trois jours et ne semble pas disposé à émerger de cet état comateux.

Cuddy, le bras droit dans un plâtre, vient d'entrer dans la pièce.

Wilson émerge du sommeil et son attention se fixe immédiatement sur son ami; délaissant Cuddy.

Une hostilité tout à fait inhabituelle plane entre James Wilson et Lisa Cuddy.

James lui garde rancune de ne pas l'avoir contacté plus tôt. Même si intérieurement, il est parfaitement conscient d'avoir tout fait pour brouiller les pistes.

Il reproche aussi à Cuddy de ne pas avoir suffisamment mesuré les conséquences de son acte en injectant une dose aussi massive à House pour le neutraliser…

Cuddy de son côté culpabilise et se réfugie derrière un air glacial.

La décision médicale qu'elle a prise relevait du non sens. Du Dr house tout craché.

Sauf qu'elle n'est pas House….

Wilson se lève et pour la millième fois braque la lumière de sa lampe, espérant provoquer une réaction de la pupille.

Cuddy s'est rapprochée, guettant le moindre tressaillement.

Brièvement leurs corps s'entrechoquent au moment où Wilson se redresse … tous deux poussent le même soupir de déception et chacun ébauche un sourire vers l'autre.

Cuddy: James, personne ne savait ce qui arrivait à Greg. Tu le connais. Il pourrait décider un jour de disparaître de la surface de la terre sans que quiconque puisse soupçonner ses intentions.

Wilson: Je n'étais pas si loin. Je le connais. C'est mon ami. Je suis seul son ami.

Quand vous avez su pour Frances, vous auriez du m'appeler.

Cuddy: AH mais parlons en de Frances!!! Qui a gardé secret l'existence d'une ex femme?

Je suis bien placée pour connaître parfaitement les dossiers personnels et administratifs de mes employés. Il n'est fait état dans celui de House ni d'un mariage et encore moins d'un divorce.

Il a encore du truander ou séduire une secrétaire énamourée pour réaliser ce tour de passe-passe.

Il aurait fallu un décodeur pour comprendre l'importance de ce mail du Dr Myler et son impact réel sur Greg.

Wilson (entêté): C'est pour cela qu'il fallait m'appeler.

Cuddy (mi-moqueuse mi agacée): Wilson, House est un adulte.

Il a fait ses choix: le malheur, la codéine, la solitude, els secrets et toutes ces…Bref tout ce qui fait House: arrogant et imprévisible, détestable mais vulnérable ...seul du haut de son génial génie….

S'il m'était arrivé le quart de ce qui lui est tombé sur la tête dernièrement, je sera probablement déjà enterrée.

Mais pas House.

Après que Cameron lui ait transmis le mail de Myler, il a continué son travail à l'hôpital quasiment comme d'habitude. Peut-être un peu plus sombre et cassant.

Et puis il n'a pas rechigné pour les dernières consultations, ce qui aurait du m'alerter…

Cameron a fêté son anniversaire avec l'équipe de l'hôpital. Non seulement Greg ne l'a pas oublié , mais le matin en arrivant, il l'a prise doucement par la taille, s'est penché vers son oreille -j'imagine pour lui susurrer un moelleux happy birthday- et …il l'a embrassée…très près des lèvres…très …

Wilson: Et ça ne t' a pas mis la puce à l'oreille??? Enfin, ça parait évident qu'il n'était pas lui-même!

Cuddy: Non mais tu fais exprès de ne pas comprendre ?

Wilson ce baiser pour Cameron, ça m'a rendue malade…J'ai eu l'impression de revoir le Gregory House de l'époque Stacy…Après Stacy, Cameron…à qui le tour? Pas moi en tous cas.

J'ai quitté le service brusquement, je me sentais inutile, moche, vide…

Je suis partie à ce congrès en misant sur le soleil et les cocktails de fruits très alcoolisés…pour une fois , c'était à House d'assumer la plus grosse part du boulot.

J'ai fui, ok.

Wilson relève les yeux et regarde profondément Cuddy, qui ne parvient pas à retenir quelques larmes.

Il dit enfin: Je croyais que c'était un jeu entre vous…les blagues; les vacheries…le sexe…

Cuddy: Oh bien sur que c'est un jeu! Une mauvaise habitude- une drogue; à force de se faire la guerre on n'a jamais réussi à se dire l'essentiel…quand ce n'est jamais le bon moment…cela signifie sans doute que cela n'a aucune raison d'être…

J'ai toujours eu peur de ne pas être à la hauteur de Greg.

Wilson / Cuddy, c'est toi qui l'as dit tout à l'heure; vous êtes des adultes.

Les mots; les attentions;…les …les sentiments ça s'exprime!

Il faut juste pratiquer; faire ses exercices chaque jour.

Cuddy: oh la barbe Wilson! Je comprends mieux pourquoi House n'a pas tenu quinze jours avec toi dans son appartement!