(deuxième partie du Ch
House: - Cherchez la femme… En l'occurrence sa mère…
Elle me haïssait. Je le lui rendais bien. Je n'étais pas du bon milieu, pas assez conventionnel, bref je n'avais pas le profil. Et surtout; malgré mon ambition, je n'étais absolument pas prêt à faire le lèche cul.
Un matin, sur un coup de tête, on est partis en moto se marier à Las Vegas.
Je ne sais pas si tu me croiras mais c'était son idée à elle.
On a tout fait: la chapelle miteuse, les machines à sous, le champagne et les gogos dancers.
Tout paraissait grotesque et démesuré mais on a adoré ça tous les deux.
Le soir, après ce chaos, on a passé notre nuit de noce dans le désert.
On avait besoin d'être l'un près de l'autre face à l'immensité.
Les jours d'après, on a roulé au hasard, jusqu'à l'épuisement de mes économies… Ce qui est arrivé, hélas, assez vite.
Tu imagines bien que l'on a eu porte close quand on a essayé de discuter au retour avec les parents de Frances.
Moi? J'en étais presque soulagé. Ma femme,elle, était triste mais résolue.
Sa mère a fait semblant de laisser tomber et nous a laissé tranquilles durant un peu plus d'un an.
Son père passait de temps en temps,en cachette, pour parler boutique ou simplement prendre un peu l'air.
On a acheté une bicoque, avec son aide, qu'on retapait sans se presser.
Tout cela ressemblait beaucoup au bonheur.
Frances rayonnait. Elle se sentait libre et ça la rendait belle la liberté.
On a commencé à se disputer un peu ;à cause du môme.
Il était en route et on était dingue de ce petit parasite qui remplissait petit à petit notre coquille…
Frances a voulu le dire à ses parents, enfin surtout à son père .Je l'ai laissée faire; première erreur.
Lui a cru qu'en parler à sa femme allait permettre de combler le fossé…deuxième magistrale erreur.
Simultanément; m'est tombé dessus le poste dont j'avais toujours rêvé mais à l'autre bout du pays. Impossible de dire non.
Je ne voulais pas dire non.
J'étais sur de le mériter ce poste, d'être le mieux placé pour l'obtenir.
En fait les appuis de la mère de Frances l'étaient encore mieux que moi.
Wilson: - pourquoi te faire ce plaisir?
House: - Aux échecs comme au poker, il faut toujours avoir plusieurs coups d'avance.
Le premier; c'était m'éloigner.
Le second; m'offrir sur un plateau ce qui me passionnait le plus dans la vie: un boulot avec tous les jours de nouveaux défis.
Le dernier mais pas le moindre: avoir la patience d'attendre que je bousille moi-même ce à quoi je tenais le plus. Elle avait reconnu cette capacité en moi au premier coup d'œil.
L'élément imprévu qui lui a facilité la tâche: Frances a commencé à avoir des problèmes de santé à la fin du premier trimestre.
Des symptômes relativement banaux; crampes, légers saignements, petites douleurs.
Elle ne m'en a pas vraiment parlé …ou peut être que je n'ai pas voulu l'entendre. Franchement, je ne sais plus.
J'étais complètement vampirisé par mon boulot et je rentrais de moins en moins le week -end.
Frances a été hospitalisée en urgence un soir.
Moi j'étais coincé au bloc, absolument injoignable.
Quand j'ai enfin pu l'appeler, l'alerte était passée , Frances sortie de l'hôpital.
Mais au lieu de rentrer chez nous, ma femme est retournée chez ses parents.
Surveillance médicale impérative, m'a asséné mon beau-père, pour une fois implacable.
Je suis revenu passer quelques jours mais c'était dur.
Je ne supportais pas cette baraque et j'avais envie de mordre à chaque fois que je croisais ma belle-mère.
Et puis je ne reconnaissais plus Frances. Elle me regardait avec un air si triste, comme si je l'avais trahie.
Pour la tester, je lui ai proposé de vendre notre maison et de venir vivre avec moi dans mon petit appart… Elle a hésité puis refusé.
A l'époque, j'ai cru que je l'avais déçue et qu'elle commençait à se lasser de moi.
Aujourd'hui, je sais qu'elle a eu peur de la solitude et qu'elle voulait protéger notre fils.
Wilson: - Elle manqué de courage!
House: - Non! Elle me connaissait, c'est tout. Comme Stacy plus tard.
Un impérial égoïste.
Wilson: - Elle a quand même manqué de courage.
House: - C'est bien entendu ce que j'ai cru et je lui en ai férocement voulu.
J'étais rassuré sur son état de santé , alors j'ai commencé à bouder comme un con.
