Chapitre 3

Ziva était en train de préparer son sac de voyage, y mettant pour la plupart des vêtements noirs et confortables dans lesquels elle pourrait bouger facilement ainsi qu'une paire de ranger et une paire de boots en cuir souple. Elle cherchait ce qui pouvait lui manquer quand la sonnette de l'entrée retentit.

Se retournant brusquement, elle jeta quelques vêtements de couleurs vives et plus légers, plus propice au voyage qu'elle était censée faire, dans son sac et alla ouvrir. Elle sue en voyant Tony sur le pas de la porte qu'elle avait bien fait.

- Salut, dit-il en prenant son visage en coupe dans ses mains pour l'embrasser. Tu es partie bien vite toute à l'heure.

- J'avais ma valise à faire, s'excusa-t-elle. Mon avion pour Tel-Aviv décolle tôt demain matin.

- Je peux entrer quand même ?

- Bien sûr.

Elle s'effaça pour le laisser passer. Il fit quelques pas dans l'appartement puis retira son manteau et le déposa sur le canapé. Elle s'approcha doucement de lui.

- Pourquoi Vance vous a-t-il convoqué, Gibbs et toi ? demanda-t-elle.

- Oh, rien d'important, répondit-il sur un ton évasif en se penchant de nouveau pour l'embrasser.

Elle savait qu'il lui mentait. Cette cargaison devait vraiment être très précieuse pour qu'il n'ait pas le droit d'en parler.

Elle passa brusquement ses bras autour de son cou et l'attira à elle, l'embrassant comme jamais auparavant. Un baiser passionné, presque désespéré.

- Waho… souffla Tony quand elle le lâcha en passant sa langue sur ses lèvres. C'est en quel honneur ?

- Juste pour te dire que je t'aime…

Elle aussi elle mentait. Elle avait juste peur. Un horrible pressentiment lui serrait le cœur. Pour la première fois, ils seraient dans des camps ennemis. Et elle était la seule à le savoir.

- Je passais juste pour te dire au revoir. Tu vas me manquer pendant cette semaine. Amuse-toi bien.

- Merci.

Quelques minutes plus tard, il était partit. Elle retourna dans sa chambre, enleva les dernières affaires qu'elle avait mises et les remplaça par son arme et des munitions ainsi qu'une cagoule noire laissant juste voir ses yeux.

Une demi-heure plus tard, elle était partie.

* * *

Les trois jours de préparation passèrent très rapidement. Ils s'entrainaient au combat au corps à corps, sachant que les armes ne seraient pas utilisées, à la demande de Nasser, leur chef. Ce dernier resterait à la « base » pendant l'opération, surveillant le tout de loin.

Ziva avait passé les trois jours à cogner un punching-ball avec rage, sous le regard de Kaleb qui s'inquiétait pour elle. Elle avait également passé beaucoup de temps à crocheter le modèle de serrure utilisé pour le camion, jusqu'à réussir à l'ouvrir en moins de cinq secondes.

Enfin, le grand soir était là. Tous étaient réunis dans l'ancienne usine de textiles abandonnée qui leur servait de QG. Ils seraient huit en tout sur l'opération, Kaleb, Ziva et un autre homme étant les seuls appartenant aux Ombres, les autres étant de simples mercenaires.

Ziva se tenait assise sur une caisse dans le hangar, un peu à l'écart des autres. Deux 4x4 ainsi qu'une voiture noire étaient garés, prêts à être utilisés.

Concentrée, elle astiquait soigneusement son arme, même si elle n'avait pas prévu de s'en servir. Elle portait pour l'occasion un jean noir et des rangers, sous un pull et une veste de même couleur. Ses mains étaient gantées et une cagoule était posée à côté d'elle.

Kaleb s'approcha d'elle.

- Ça va ? demanda-t-il.

Elle le rassura d'un sourire quand elle vit Nasser s'approcher d'elle. Chef de leur cellule, elle ne connaissait pas son prénom. Agé d'une cinquantaine d'années, c'était un homme dans la force de l'âge qui en avait beaucoup vu dans sa vie. Fidèle aux Ombres, il était rentré à leur service après que sa femme et sa fille aient été tuées dans un attentat. Désormais, toute sa vie tournait autour de ce groupe.

- Tu es sûre que tu seras à la hauteur ? demanda-t-il à Ziva.

Pour toute réponse, elle arma d'un coup sec son révolver, ramassa sa cagoule, sauta de la caisse et alla s'installer à l'arrière d'un des 4x4. Kaleb retint un sourire amusé.

Nasser tapa dans ses mains, et en un clin d'œil, tous les véhicules étaient occupés. La mission commençait.

* * *

Ziva courrait aussi vite qu'elle le pouvait, à quelques mètres derrière Kaleb. Elle entendit Tony à quelques mètres derrière elle et redoubla de vitesse.

Soudain, elle entendit un coup de feu et sentit la balle la frôler sans la toucher, mais arrachant quand même de la chair. Hurlant de douleur, elle s'écroula au sol.

Kaleb fit volte face et se précipita vers elle, l'aidant à se relever. Regardant Tony, elle le vit qui ajustait de nouveau son arme pour lui tirer dessus. Puis Kaleb qui tendait lui aussi son révolver. Son habitude du terrain lui montra qu'il allait tirer en plein cœur.

Au moment où il appuyait sur la gâchette, elle poussa très légèrement le révolver, faisant dévier la trajectoire de la balle. Celle-ci toucha Tony dans l'abdomen, qui s'écroula sur le sol en hurlant de douleur. Sans y faire plus attention que ça, Kaleb se remit à courir vers la voiture noire qu'ils avaient pris soin de garer plus loin dans la rue.

Ziva resta à regarder de Tony, écroulé par terre. Son cœur lui disait d'aller le secourir, mais sa raison lui hurlait de s'enfuir. Et elle choisit la seconde option. Elle fit à son tour volte-face et s'engouffra dans la voiture noire sur le siège passager. Alors qu'elle retirait sa cagoule et jetait un dernier regard sur Tony, Kaleb démarrait sur les chapeaux de roues.

Les mains crispées sur le volant au point de rendre ses jointures blanches, il conduisit vite et bien, se glissant avec aisance dans la circulation jusqu'à sortir de la ville. Il s'enfonça dans une forêt sur un chemin plein d'ornières et ils finirent par déboucher dans une minuscule clairière où se trouvait une petite maison à l'air délabré. C'était là que lui et Ziva avaient logé les trois derniers jours. La Mini de l'israélienne se trouvait d'ailleurs garée devant.

Les deux équipiers n'avaient pas échangé un mot durant le trajet : Kaleb car il était trop concentré sur la route, Ziva car elle était trop en colère.

La voiture n'était même pas encore tout à fait arrêtée qu'elle jaillit de celle-ci et se précipita à l'intérieur de la cabane en claquant la porte derrière elle. Kaleb entra de la même manière quelques instants plus tard.

- Je t'avais dit de ne pas tirer ! cria Ziva en faisant brusquement volte-face dès qu'il fut entré.

- Tu préférais quoi ? répliqua-t-il sur le même ton. Que je le laisse te tuer ?

- La question n'est pas là ! Quand je te donne un ordre, tu le suis !

- Au cas où tu l'aurais oublié, tu n'es pas mon boss Ziva ! cria Kaleb en la suivant alors qu'elle se détournait pour marcher à grands pas furieux à travers la pièce. Et entre la vie de ton américain et la tienne, mon choix est vite fait !

- IL S'APPELLE TONY ! hurla-t-elle en se tournant de nouveau pour regarder son équipier, les yeux pleins de rage.

Il y eu un brusque silence dans la pièce. Kaleb avait le souffle coupé par la violence du cri qu'elle venait de pousser et la rage qu'elle avait mis dedans. Quand à Ziva, elle respirait fortement, ne détournant pas le regard.

- Tu l'aimes ! réalisa-t-il brusquement. Tu l'aime cet américain ! J'aurai du m'en douter…

- Qu'est-ce que t'en as à foutre Kaleb ? Ce ne sont pas tes affaires, c'est ma vie ! Je ne vois pas en quoi ça te concerne !

- En quoi ça me concerne ? Peut-être parce tu es une taupe au NCIS et qu'il s'avère être ton équipier en plus de l'homme avec qui tu couches ? Peut-être que ça ne me concerne pas directement, mais je suis certain que Nasser sera très intéressé par contre !

- Tu n'as pas intérêt à dire quoi que ce soit à Nasser !

Une expression de peur était apparue sur le visage de Ziva. Kaleb se radoucit quelque peu, malgré la colère qui l'habitait encore. Il comprenait Ziva. Malgré le fait qu'elle soit la protégée de Nasser, ce dernier n'hésiterait pas à la faire abattre de sang froid s'il pensait qu'elle représentait un risque potentiel pour les Ombres.

- Je ne lui dirai rien. Mais j'aimerai juste que tu te souviennes où est ta place.

- Elle est au côté des Ombres, et je ne l'oublie pas ! Depuis le temps que l'on se connait, tu mets en doute ma loyauté ?

- Ce n'est pas ta loyauté que je mets en doute, mais ton intégrité ! répliqua-t-il.

Elle allait répliquer, folle de rage, quand son portable sonna. Le nom de McGee s'affichait à l'écran. Elle inspira un grand coup pour se calmer et se détourna quelque peu pour répondre.

- Allô ? … Oui McGee comment vas-tu ? … Quoi ? Comment va-t-il ? Oui… Très bien…. D'accord… Oui, je prends le premier avion pour Washington ! Je serai là demain matin au plus tôt… Oui… Merci… McGee ! Tiens-moi au courant… Merci.

Elle raccrocha et se tourna de nouveau vers Kaleb.

- Si tu veux bien m'excuser, mon petit ami viens de se faire tirer dessus, je dois donc rentrer de Tel-Aviv au plus tôt, ironisa-t-elle en se dirigeant vers la porte à grand pas après avoir prit son sac et ses clés de voiture.

- Ziva ! Tu es blessée, lui rappela-t-il. Tu saignes, tu ne peux pas prendre ta voiture !

- Et pourquoi pas ? répliqua-t-elle en ouvrant la porte.

- Et qu'est-ce que je vais dire à Nasser ?

- Dis-lui d'aller se faire foutre ! cria-t-elle en claquant la porte derrière elle.