Chapitre 4

Ziva conduisit doucement sur le chemin du retour, premièrement à cause de son bras qui la lançait terriblement et deuxièmement parce qu'elle n'avait pas envie de se faire arrêter par les flics.

Quand elle arriva chez elle, il était un peu plus d'une heure du matin et, malgré la fatigue, elle décida d'aller prendre une douche. Elle resta une demi-heure sous le jet puis sortit et se mit en pyjama. Elle jeta ensuite les vêtements qu'elle avait porté dans un grand sac poubelle qu'elle irait jeter plus tard dans la première benne à ordure venue. Enfin, elle entreprit de soigner sa blessure elle-même en réussissant après de nombreuses grimaces de douleurs à la refermer par cinq points de sutures avant d'enrouler une bande autour de son bras.

Après quoi elle se connecta sur Internet et regarda les horaires de vol Tel Aviv / Washington. L'avion qu'elle aurait du prendre si elle s'était réellement trouvée à Tel-Aviv atterrissait à 7h12. Un rapide calcul lui permit d'évaluer qu'elle ne devait pas compter se présenter à l'hôpital avant 8h00.

Enfin, elle éteignit son ordinateur et tituba jusqu'à son lit sur lequel elle s'écroula et réussit à grand peine à se glisser sous la couette. Quelques instants plus tard, elle dormait profondément.

Elle se réveilla à 7h00 en ayant l'impression d'avoir dormi trois minutes. Elle roula sur le côté et sortit de son lit, les yeux encore à moitié fermés. Un coup d'œil dans le miroir de sa chambre lui arracha un sourire. Ils n'auraient aucun mal à croire qu'elle venait de passer une nuit blanche dans l'avion.

Elle se traina jusqu'à la cuisine et mit la machine à café en route avant d'aller prendre une douche, après quoi elle enfila un fin chemisier à manches courtes sur un jean léger. Elle sortit également son sac de voyage et le remplit de vêtements légers puis glissa son passeport dans son sac à main. Afin de parachever son rôle de petite amie éplorée tout juste débarquée de Tel-Aviv, elle ébouriffa légèrement ses cheveux et les noua en une queue-de-cheval lâche comme si elle s'était coiffée à la va-vite.

Revenue à la cuisine, elle se servit une tasse de café et sortit un reste de pain du placard et mangea, adossée au meuble de cuisine en réfléchissant. Le plus important maintenant était de vérifier que personne ne pourrait remonter jusqu'aux Ombres. Elle espérait que Tony ne se rappellerait de rien, au pire de vagues détails.

Son portable sonna sur la table en affichant le nom de Kaleb. Ziva laissa sonner. Elle se sentait coupable de lui avoir crié après, mais ne se sentait pas d'humeur à s'excuser. A la place du jeune homme, elle savait qu'elle aurait fait exactement la même chose.

Enfin vint l'heure de partir. Elle se saisit de son sac de voyage et de son sac à main et sortit avant d'héler un taxi dans la rue. Elle lui indiqua le nom de l'hôpital où avait été transporté Tony et lui demanda de prendre le chemin de l'aéroport. Au cas où.

Vingt minutes plus tard, le taxi se garait devant l'hôpital. Ziva paya et entra dans le bâtiment. Prenant une mine affolée, elle se dirigea en courant vers l'accueil.

- Bonjour, dit-elle à la réceptionniste. Je m'appelle Ziva David, je suis du NCIS. Un agent a été transporté hier soir en urgence. Il s'appelle Anthony DiNozzo.

- Oui c'est exact. Puis-je voir votre badge je vous prie ?

- Bien sûr, répondit Ziva en le sortant de son sac.

- Très bien. Deuxième étage, chambre 208.

L'israélienne la remercia et se dirigea vers l'ascenseur. La première personne qu'elle vit en arrivant au deuxième étage fut McGee, assis sur un siège devant la chambre 208. Elle courut vers lui et se jeta dans ses bras quand il se leva.

- Comment va-t-il ? demanda-t-elle en le serrant fortement.

- Je ne sais pas. Il est resté au bloc opératoire toute la nuit. Il vient juste d'en sortir, et Gibbs est en train de parler au médecin. Tu as une mine affreuse.

- Merci, sourit-elle. Je n'ai pas dormi dans l'avion, j'étais tellement inquiète... Tes explications étaient très vagues...

- Je sais. J'en suis désolé mais quand je t'ai appelé, je venais juste d'avoir Gibbs au téléphone qui m'avait réveillé en me disant que Tony venait de se faire tirer dessus et était transporté d'urgence à l'hôpital. Il ne m'a expliqué qu'après. Tu ne sais rien ?

- Absolument rien.

- Gibbs et Tony ont été envoyés par Vance, qui lui-même recevait des ordres du Secrétaire de la Marine, pour surveiller l'arrivée d'armes militaires. Une opération banale top-secrète, dont très peu de personnes étaient au courant. Assez pourtant pour qu'ils se fassent attaquer. Un groupe armé et cagoulé les a attaqué et menacé. Un des hommes est mort. La cargaison volée. Et quand Tony s'est lancé à la poursuite de deux des voleurs, il s'est fait tiré dessus par l'un d'eux. A part celui qui est mort, les autres se sont envolés.

- C'est pas vrai...

- Comme tu dis. Comme tu peux le deviner, j'ai prévenu Abby, qui est furieuse après Gibbs, qui lui-même est furieux contre Vance, qui lui est furieux contre le Secrétaire de la Marine.

- Tout le monde est furieux contre tout le monde donc ?

- Exact.

Ziva allait ajouter quelque chose quand Gibbs et un médecin sortirent de la pièce voisine à la chambre 208. En voyant l'israélienne qui le regardait avec de grands yeux inquiets, Gibbs esquissa un sourire rassurant. Ziva s'autorisa à respirer. Le médecin s'approcha d'elle et tendit la main.

- Mademoiselle David, je suppose ? fit le médecin tandis qu'elle lui serrait la main.

- Oui.

- Vous êtes sur la liste des personnes à prévenir de Mr DiNozzo.

- Comment va-t-il ?

- Comme je disais à l'agent Gibbs, il a perdu beaucoup de sang, mais le coup n'était pas mortel et n'a perforé aucun organe vital. Cependant, il est encore fatigué et je préfère le garder en observation encore quelques jours.

- Est-ce que je peux le voir ?

- Bien sûr.

Le médecin s'écarta et elle entra dans la chambre 208, suivie de Gibbs et de McGee. Tony était allongé dans son lit, yeux mi-clos, le teint cireux. Il ouvrit les paupières en entendant la porte s'ouvrir et sourit en voyant Ziva entrer. Elle s'approcha rapidement de lui et se pencha pour l'embrasser. Tandis que McGee souriait à la vue du couple, Gibbs tournait la tête en feignant de n'avoir rien vu.

- Je ne peux vraiment pas te laisser une minute tout seul, plaisanta Ziva.

Tony sourit et grimaça aussitôt sous la douleur.

- On ne te donne pas de morphine ? s'étonna McGee.

- Je n'ai pas envie de la prendre et de ressembler à un légume, expliqua Tony. Boss, continua-t-il en regardant Gibbs. Il faut que je te dise... J'ai blessé la femme au bras. Superficiellement je dirai... Et l'homme... Je...

- Chut, repose-toi Tony, murmura Ziva en appuyant une première fois sur le bouton envoyant de la morphine dans le corps de l'agent.

- Je... continua cependant l'italien d'une voix un peu endormie. Je crois qu'elle ne voulait pas me...tuer... Elle a...

- Tu nous raconteras plus tard, il faut que tu te reposes, continua Ziva en appuyant une deuxième fois sur le bouton.

- Elle a...dévié...l'arme...termina-t-il avant de sombrer dans un profond sommeil, abruti par la morphine qu'elle lui injectait.

Ziva s'autorisa à respirer. Ce qu'il avait révélé n'était pas très capital, et les agents n'avaient pour le moment aucune preuve de sa culpabilité ou même de l'implication des Ombres dans l'affaire. Elle se tourna vers Gibbs, attendant de nouvelles directives qui ne tardèrent pas à arriver.

- McGee, Ziva, vous retournez au NCIS et vous essayez de me trouver qui nous a doublés et qui est responsable du fait que Tony soit cloué dans ce lit. Vous travaillerez avec Abby. Je pense qu'elle est déjà briefée, ajouta-t-il avec un regard appuyé en direction de McGee. On instaurera des tours de garde pour Tony, afin qu'il ne soit jamais seul. Je prends le premier. Ziva tu prendras le second. McGee le troisième. Je veux que l'on attrape les responsables. Et vite. Au boulot.


Une Ziva à double-face n'est-ce pas ? Plus préoccupée par le fait de faire taire Tony, maintenant que ce dernier est réveillé et se souvient qu'il a blessé la femme, ça sent légèrement le roussi pour notre israélienne, non ?

Review ?