Rappels : L'attaque de loups-garous et la mort de Mrs Longdubat ; les cours de l'AD que Ron et Hermione donnent officiellement en tant qu'association ; l'achat de l'appartement d'Harry sur le Chemin de Traverse et sa charmante logeuse (chapitre 8)
Chapitre 23 : Explosions
Hermione le contemplait de son regard le plus polaire.
'Je suppose que tu ne t'étonneras pas si je te dis : je t'avais prévenu !'
Harry poussa un soupir exaspéré.
'Hermione, je me suis déjà fait passer un savon par Rufus Scrimgeour, Hawkeye ne donne plus signe de vie et même Rogue est venu se plaindre, alors épargne-moi tes sermons, j'ai des choses importantes à te dire ! D'ailleurs, où est Ron ?'
'A son entraînement de Quidditch.'
'Et tu n'es pas avec lui ? D'habitude tu vas le voir presqu'à chaque fois !'
'Je travaille, les examens sont dans moins de quatre mois ! Mais ne change pas de sujet ! As-tu la moindre idée de l'état de Neville ?'
'Comment va-t-il ?' S'enquit Harry, inquiet.
'Mal. McGonagall l'a pris à part ce matin très tôt pour lui annoncer la nouvelle, avant que l'édition du matin de la Gazette n'arrive et on ne l'a pas vu en cours de la journée. Il n'est venu que pour la réunion de l'AD et euh… Luna est à l'infirmerie depuis qu'il l'a battue en duel.'
Harry se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise.
'Bon…' Soupira Hermione. 'Raconte-moi un peu tout ce qu'il t'est arrivé. Tu as parlé de Rogue…'
Le jeune homme s'empressa d'obéir, soulagé qu'elle ait cessé de s'adresser à lui comme à la banquise. Il décrivit en détails son duel avec Nagini et la mit en garde d'une tentative d'attaque de Voldemort, passant rapidement sur le point loups-garous…'
'Tu as jeté le kedavra ?' Murmura Hermione.
'Je n'ai pas vraiment eu le choix…'
Elle le regarda d'un air un peu effrayé puis lui fit signe de poursuivre.
Harry enchaîna sur sa rencontre avec Rogue, non sans avoir mentionné les sanctions imposées par le ministère, et expliqua son hypothèse sur la Coupe de Poufsouffle.
'Tu veux dire que le dernier horcruxe se trouverait à Poudlard ?'
'Ca semble plutôt logique, non ? Il cache ses horcruxes dans des endroits qui ont une signification particulière pour lui l'orphelinat, la maison de son grand-père, même la grotte en Albanie où mes parents ont trouvé la broche de Serdaigle qui rappelait l'endroit où il avait plus découvert sur la magie noire et les horcruxes qu'ailleurs ! Poudlard est l'endroit où il a tout appris sur son monde, le premier endroit qu'il pouvait considérer comme un foyer !'
'Mais l'école est immense ! La coupe pourrait être n'importe où ! Ca prendrait des jours et des jours pour la trouver, en admettant qu'on la trouve…'
'Oui, j'y ai réfléchi, mais si on s'en tient à la logique du symbolisme, elle ne doit être cachée que dans des lieux qui ont une signification particulière pour lui…'
Hermione fronça les sourcils, réfléchissant intensément.
'Si tu penses à la Chambre des Secrets…'
'Oui, ou à la salle commune des Serpentards.'
'Mmmh… Oui, ça se pourrait bien… Peut-être d'autres endroits aussi. Ron et moi, on peut s'occuper de la salle commune des Serpentards, en tant que Préfète-en-Chef, j'ai tout les mots de passe. On pourra s'en occuper la nuit ou pendant les cours… avec la carte du maraudeur ça devrait pouvoir se faire. Par contre la Chambre des Secrets, on ne peut pas y entrer, il faut être fourchelangue…'
Elle lui jeta un regard interrogateur.
'Le passage secret de la sorcière borgne, il est surveillé ?' Demanda-t-il.
La jeune fille lui fit un sourire complice, le premier depuis le début de la conversation.
'Non. Apparemment, Rusard ne sait toujours pas qu'il existe. Tu as l'intention de venir nous voir ?'
'Avec une cape d'invisibilité, ça devrait être facile de passer inaperçu…'
'On sera ravis de te voir.'
'Très bien, je vous préviendrai alors, pour tout mettre au point.'
'Pas de problème. Je raconte tout à Ron dès qu'il revient.'
'D'accord. Je vais y aller, je vais voir ce qu'Hawkeye fabrique, je m'inquiète un peu ?'
'Oh, Harry ?'
Harry, qui avait déjà levé sa baguette pour effacer le miroir, interrompit son geste.
'Oui ?'
'Euh… pour le serpent… tu as bien fait.'
Le jeune homme attendit, mais elle n'ajouta rien. Sachant qu'il s'agissait d'excuses pour son comportement désagréable, il répondit à son amie d'un hochement de tête et un sourire.
'A bientôt alors.'
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Harry frappa à la porte à la peinture écaillée, désormais familière et attendit.
'Qui est là ?'
'Celui qui en bavera !' Répondit-il avec un sourire.
On se demandait où Hawkeye trouvait des mots des passe aussi idiots !
La porte s'ouvrit sur le couloir sombre. Le jeune homme s'y engouffra sans autre formalité et s'arrêta à l'entrée du salon où sa professeure, avec quelques coups de baguette, servait le thé.
'Pas d'entraînement aujourd'hui ?' Demanda-t-il, étonné.
'Non. Aujourd'hui, c'est repos.'
'Vous allez bien Hawkeye ?'
Question de pure forme : la théière était en train de vider l'intégralité de son contenu sur la table, à 10 centimètres de la tasse, et l'aveugle ne s'en apercevait absolument pas. Gêné, Harry écarta la baguette de la femme et prit la théière, remplissant deux tasses. Il avait été tellement habitué à la voir se déplacer aisément dans son environnement qu'il avait bien failli oublier qu'elle était incapable de distinguer quoi que ce soit.
'Bien ?' Répondit-elle. 'A dire vrai, je n'ai pas l'habitude de charcuter des hommes, même transformés en bêtes monstrueuses. Je déteste tuer.'
Harry lui tendit une tasse. Elle tâtonna légèrement et s'en empara.
'Moi non plus, je n'aime pas trop ça. Mais il arrive qu'un jour on n'ait le choix qu'entre tuer ou être tué…'
'Et tu sais de quoi tu parles.' Dit Hawkeye à voix basse.
'Pas encore, en fait'
Un long silence s'ensuivit, laissant Harry ruminer de sombres pensées tout en sirotant son thé. Il se rappela soudain ses découvertes sur son armultiple.
'Ah, au fait, ce matin…'
Il tendit la main par-dessus la table. Il y eut un sifflement et une lame se forma au bout de ses doigts et ne s'arrêta qu'à quelques millimètres du cou de sa professeure.
'… je me suis aperçu de ça.'
Les doigts d'Hawkeye remontèrent le long de la lame jusqu'à ce qu'ils touchent sa main. Contre toute attente, elle eut un large sourire.
'Je vois…'
Un éclat d'argent et la lame fut écartée de la gorge de la femme par sa jumelle, provenant de son bras.
'… Je crois que nous en avons fini avec les armultiples, Potter. Tu sais tout ce qu'il faut savoir.'
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Harry traversa le Chemin de Traverse d'un pas vif, furieux encore une fois contre Gawain Robards et son imbécilité congénitale.
Une semaine qu'il se rendait tous les jours de bon matin au ministère pour faire un rapport (à peu près) correct, et ce crétin continuait à se plaindre !
Il s'engouffra dans l'entrée de l'immeuble et monta les marches en bois, claquant violemment des talons à chaque pas pour évacuer un peu de sa colère. Peut être que si l'autre idiot faisait mieux son travail, il n'aurait pas à houspiller un « gamin », comme il l'avait appelé, parce qu'il ne les faisait pas correctement, se rapports !
Arrivé sur le palier, il tira la clé de s poche, l'introduisit dans la serrure et déverrouilla sa porte, tout en annulant le sortilège qui modifiait son apparence, abandonnant James Evans pour redevenir Harry Potter. De cela aussi, Robards s'était plaint :'Vous venez ici en tant qu'Harry Potter, je ne vois pas pourquoi vous reprenez votre déguisement sitôt que vous sortez de mon bureau !'
'Eh banane, tu ne croies tout de même pas que le Survivant va s'amuser à faire de la pub pour le ministère !' Siffla-t-il entre ses dents en ouvrant la porte de son appartement. Il referma derrière lui d'un geste nonchalant de la baguette et s'avança suffisamment pour avoir l'immense plaisir de contempler un rat longer le mur du fond en direction du réfrigérateur.
Harry jura, notant intérieurement qu'il allait avoir deux mots à dire à a logeuse, qui, il s'en rappelait à merveille, l'avait bassiné pendant une bonne heure sur la qualité de cet appartement.
Il tourna à l'angle de la pièce, déterminé à faire recracher au rat chaque miette de gâteau qu'il se serait permis de grignoter.
L'animal attendait immobile, sous la fenêtre. Harry n'eut que le temps de noter qu'une de ses pattes brillait étrangement avant d'être propulsé contre la table de la cuisine. Cette dernière bascula sous le choc, entraînant le jeune homme au sol. Sa baguette sauta de sa main, et, sonné, il vit le rat faire demi-tour, rejoignant Bellatrix Lestrange, qui, une cape d'invisibilité à la main, brandissait dans l'autre sa propre baguette et arborait une expression effrayante e joie perverse.
Le rat disparut et laissa place à Queudver qui vint se placer à côté de la mangemort, l'air mal à l'aise.
'Eh bien, eh bien, quel petit poisson Potter avons-nous pêché là ?' S'exclama-t-elle, visiblement exaltée.
Harry lui jeta un regard noir, tout en réfléchissant à plein régime. Il n'avait plus de baguette, à deux contre un, sans la moindre possibilité d'issue. Il avait encore son armultiple, mais il doutait qu'elle puisse mettre hors d'état de nuire deux mangemorts d'un coup. Non, la situation n'était pas mirobolante. Peut être Hawkeye viendrait-elle pour l'entraînement ?
Il fit mine de se relever, et aussitôt, un jet de lumière verte frappa le bois de la table à quelques centimètres de sa tête.
'Reste assis !' Cria Bellatrix.
Harry leva les mains d'un geste apaisant, s'efforçant de paraître calme et détendu. Peut être qu'en semblant sûr de lui, il parviendrait à inquiéter Queudver qui, comme il venait de le remarquer, ne cessait de jeter des coups d'œil nerveux en direction de la porte d'entrée.
'Alors, que me vaut cet honneur ?' Demanda-t-il d'un ton aimable – aussi aimable que lui permettait ses paumes moites dans ses gants de cuir.
'Tu fais ton malin, Potter, mais tu souriras moins devant le Seigneur des Ténèbres !'
'Oh, tout de suite les menaces ! Quel manque de diplomatie et d'éducation !' Soupira-t-il, faussement offusqué.
'Tu peux parler, toi qui a grandi chez tes porcs de moldus ! (NdA : Là, ma sœur a eu une remarque très amusante : « vaut mieux ça que chez un serpent, grognasse ! ») Peut être qu'un traitement de choc te fera ravaler ton insolence…'
Elle contempla amoureusement sa baguette, se demandant quelle torture elle allait bien pouvoir lui infliger…
'Le maitre a dit qu'il ne fallait pas lui faire de mal !'Protesta Pettigrow de sa voix couinante.
Bellatrix repoussa sa remarque d'un geste négligent.
'Le maitre ne nous en voudra pas si on l'aide à s'en débarrasser. Alors voyons…'
'Je… Non, c'est une mauvaise idée !'
'Pettigrow,' s'exaspéra la femme, 'le Seigneur des Ténèbres t'a placé sous mes ordres, alors fais-moi plaisir, ferme-la avant que je ne te fasse subir le même sort !'
L'animagus déglutit avec difficulté et recula d'un pas. Bellatrix se tourna à nouveau vers Harry.
'Bien… où en étions-nous ?'
'Tu allais me torturer de manière cruelle et inventive et tu cherchais le sort le plus efficace.' Répliqua le jeune homme.
Il ne savait pas d'où lui venait cette folle insolence qui risquait d'énerver davantage la mangemort déjà hystérique, mais elle lui permettait de surmonter sa propre angoisse. Et, il devait l'admettre, faire sortir la meurtrière de Sirius de ses gonds avait quelque chose d'extrêmement agréable.
Les yeux de Bellatrix se plissèrent de fureur. Ceux de Queudver ne faisaient qu'aller et venir entre Harry et la femme à côté de lui ; il se dandinait d'un pied sur l'autre avec angoisse.
'Bellatrix… ?' Fit-il timidement.
Elle l'ignora royalement, toute à sa fureur et à ses projets de torture et, avec un sourire sadique, leva sa baguette.
'Non !'
Un jet de flammes jaillit, Harry roula sur le côté et se releva. Le sort, dévié par la main de Pettigrow, avait mis le feu à l'appartement. La kitchenette était en flammes et les mangemorts luttaient l'un contre l'autre.
'Qu'est-ce que tu fais, misérable… ?!'
Queudver avait saisi le poignet de Lestrange de sa main d'argent et tous deux se battaient pour maîtriser le sortilège de lance-flammes qui consumait allègrement le plafond, les murs, l'appartement tout entier, sans que les deux combattants ne semblent s'en préoccuper le moins du monde.
Harry se précipita sur sa baguette qui avait volé dans un angle de la pièce et s'efforça de la pointer sur les adversaires tout en évitant les flammes qui menaçaient de le rôtir à tout instant.
Un hurlement retentit soudain. Pettigrow était parvenu à retourner la baguette contre Bellatrix et avait mis le feux à sa robe. La mangemort se dégagea brusquement, et le sortilège s'interrompit. Prise de panique, elle s'efforçait d'éteindre les flammes qui la consumaient, recula, buta conte le rebord de la fenêtre ouverte. Dans une expression de haine, elle dirigea à nouveau sa baguette vers Harry qui contemplait la scène, horrifié, mais Queudver, avec une vitesse stupéfiante pour ses capacités, lui lança un sort qui la projeta par-dessus la balustrade. Son visage se crispa en un masque de terreur alors qu'elle basculait dans un tourbillon de robe et de flammes.
Il y eut soudain un craquement sinistre, qui sortit Harry d son hébétude. Autour de lui, tout n'était que brasier. Il se précipité ces Queudver, qui n'avait pas bougé et dont les mains étaient agitées de tremblements incontrôlables.
'Il faut sortir d'ici ! Tout brûle !' Lui hurla-t-il.
L'autre le dévisagea, les yeux écarquillés d'horreur.
'Je… je…'
'Tu te bouges ! Allez Queudver !'
Pettigrow finit par se réveiller et hocha la tête avant de s'enfuir par la porte. Harry faillit lui emboîter le pas, puis fit demi-tour, se précipitant vers sa chambre. Il prit son Eclair de Feu et la boite qui contenait les horcruxes détruits, ses objets les plus précieux avec sa cape d'invisibilité, déjà dans sa poche.
Lorsqu'il sortit de la pièce, il faillit suffoquer, tant la chaleur était étouffante. Le feu avait entièrement envahit la cuisine et les flammes lui firent monter les larmes aux yeux. Il protégea son nez et sa bouche avec le col de sa robe et se dirigea vers la sortie en courant.
La porte brûlait, lui barrant la sortie. Balai et boite sous le bras, il leva sa baguette :
'Aguamenti !'
Le jet d'eau ouvrit un passage dans lequel il s'engouffra. Le palier était obscurcit par une fumée âcre et noire. Il parvint à l'escalier et en descendit les marches aussi vite qu'il le put.
Ce fut à cet instant précis que la gazinière magique, attaquée par les flammes, finit par rendre les armes ; elle explosa, détruisant ce qu'il restait de l'appartement. Les souffle projeta des débris de bois, des braises et Harry, au bas des escaliers dans un tourbillon de feu. Le jeune homme sentit le choc lorsqu'il toucha le sol et la morsure de brûlures avant que le brouillard ne tombe sur sa conscinece.
La dernière chose qui lui vint à l'esprit fut les paroles que sa logeuse avait dit lorsqu'il avait pris l'appartement ; étranges pensées dans un moment pareil :
… la cuisine est équipée d'une cuisinière à gaz, importée de chez les moldus, dont le système est magiquement sécurisé afin d'éviter tout risque d'incendie…'
'J'aurais deux mots à lui dire à celle-là !' Songea-t-il.
Il sentit deux bras puissants le saisir, et ce fut le noir…
